Réserve civile déployée à Strasbourg pour la sécurité des marchés de Noël – Pour un Noël des Précaires

Plusieurs camarades le confirment :

Outre les quantités oppressantes de patrouilles de CRS à pied et en car, de la police nationale et municipale à vélo et à pied, on peut assister à présent au déploiement officiel et militarisé de la « Réserve Civile Volontaire », ces fameux citoyens volontaires désormais intégrés comme forces de police à part entière. Ils portent un uniforme, avec l’écusson « réserve civile », et portent une arme de poing. Ce qui suppose qu’ils ont les mêmes droits d’intervention que toute police déjà existante : contrôle, « légitime défense » avec arme, intervention, bavure, etc. Nous signalons par ailleurs la présence en force de la PAF qui continue sa chasse au sans-pap au milieu des touristes et bobos avec leur bonne conscience.

Il semble que les Réserves Civiles épaulent la CRS et les polices nationales et municipales à quadriller, occuper militairement et sécuriser toutes les zones de Marché de Noël, réservées sans surprise à la classe bourgeoise par elle-même. Consommation, ville « propre » sans SDF ni bazanés, la police occupe militairement le centre-ville et protège les intérêts de la bourgeoisie et du Capital dans cette vaste mascarade dégueulasse du Marché de Noël capitaliste.

On espère bientôt fournir des photos pour illustrer la militarisation de la ville et la présence de ces nouvelles forces de « réserve civile » très inquiétantes.

Il serait intéressant de tenter d’organiser un « Noël des Précaires » offensif sous forme d’une grande soupe populaire anti-austérité en plein centre-ville pour se réapproprier la ville et la rue confisquée par les bourgeois, avec nos banderoles et notre musique, contre leurs guirlandes et leurs slogans publicitaires.

CHASSONS LES BOURGEOIS ET TOUS LEURS CHIENS DE GARDE !
RÉAPPROPRIONS-NOUS LA RUE !

Mailing, 30 novembre 2011.

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Sous le silence, la mémoire vive de Jean-Marc Rouillan

Privé de parole, Jean-Marc Rouillan continue néanmoins d’écrire. L’ex-membre fondateur du groupe Action Directe condamné en 1989 à la réclusion à perpétuité assortie d’une période de sureté de dix-huit ans pour les assassinats du PDG de Renault Georges Besse et du Général Audran, aura finalement passé plus de 23 ans en prison.

En effet, après avoir bénéficié d’un régime de semi-liberté le 17 décembre 2007, Jean-Marc Rouillan était à nouveau incarcéré le 2 octobre 2008 pour des propos tenus lors d’une interview au journal L’Express. La libération conditionnelle dont il bénéficie depuis le 19 mai 2011 est assortie de règles encore plus strictes que la précédente. Outre l’obligation de ne pas s’exprimer sur les faits pour lesquels il a été condamné en 1989, il lui est formellement interdit de s’exprimer en public et de parler aux journalistes.

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Dans ces conditions, vient de sortir le dernier tome de la trilogie De Mémoire publié aux éditions Agone. Le précédent volume nous avait laissé en septembre 1973, le jour où le militant anarchiste Salvador Puig Antich était arrêté à Barcelone au cours d’une fusillade avec la police de Franco.

La courte saison des Gari (Groupe d’actions révolutionnaires internationaliste) revient sur l’année 1974. L’objectif de la bande de copains est d’obtenir la libération des anti-franquistes condamnés à mort en Espagne. Braquages, attentats, enlèvement : les actions de « propagande armée » en France et Belgique se multiplient contre « tout ce qui touche de près ou de loin à l’Espagne Franquiste ».

La mémoire vive de l’écrivain Jean Marc Rouillan n’a rien oublié de cette histoire. Son récit raconte de l’intérieur la trajectoire de Pierre, alias « Tonton », Michel « Rata Pinhade », Christian « le Loulou », Aurore, Mario, Cricri. Le choix de la lutte armée n’empêche pas les délires sous influence du Velvet Underground et des bd des Freaks Brothers.

Les actions des Gari ne firent aucun mort, sinon quelques blessés. Elles n’empêchèrent pas non plus l’exécution de Salvador Puig Antich, garrotté le 2 mars 1974 dans la prison de la Modelo à Barcelone. Face à l’impressionnante vague d’attentats, le gouvernement de Franco annonça cependant le rétablissement de la loi sur la libération des prisonniers politiques arrivés aux trois quarts de leur peine.

Arrêtés et incarcérés à la Prison de la Santé à Paris, les membres du groupe obtinrent le statut de prisonniers politique. Ils seront libérés après la mort de Franco.

Libé Toulouse a rencontré Michel, l’un des membres des Gari. « Notre engagement dans la lutte armée n’avait rien de mortifère », raconte-t-il. Entretien.

LibéToulouse : Pourquoi avez-vous choisi la lutte armée ?

Michel : 37 ans après, faut-il rappeler qu’en 1974 l’Espagne de Franco vivait sous une dictature militaire ?  Pour moi, il s’agissait plus de propagande armée. L’objectif de nos actions (attentats, enlèvements, braquages) n’était pas de faire des victimes, mais d’attirer l’attention sur la situation des prisonniers politiques condamnés à mort en Espagne par le régime de Franco. Nous savions que le cadre légal ne les empêcherait pas. À ce moment-là, l’urgence des condamnations à mort de camarades emprisonnés en Espagne, l’imposait.

La lutte armée est un moyen d’arriver à un résultat. Ce n’est pas un but. Les armes et les explosifs étaient les outils. Nous n’avons jamais phantasmé là-dessus.

La forte mobilisation partout en Europe n’avait pas empêché l’exécution de Salvador Puig-Antich militant du Mouvement Ibérique de libération (MIL) exécuté le 2 mars 1974. En janvier 1974, quatre membres d’un groupe qui préparait des attentats contre des avions au sol et sans passagers de la compagnie espagnole Iberia étaient arrêtés à Paris. Cette opération aurait-elle pu empêcher l’exécution de Salvador ? Je n’en sais rien. En tout cas après cet échec et l’exécution de Puig Antich il était évident d’intensifier nos actions.

Que répondez-vous à ceux qui considéraient que votre engagement était mortifère ?

À eux, rien du tout ! Les GARI n’ont tué personne. Ils se sont battu contre un régime qui, lui, était mortifère. Nous ne sommes pas entrés en religion pour devenir des moines soldats. Beaucoup d’entre nous avaient à peine plus de 20 ans. Notre lutte était faite de partage d’amitiés et de rire. Il y avait des moments de tension. Mais il y avait aussi des moments de rigolade. Comme la vie, c’était une aventure de tous les instants. Il ne s’agit pas seulement de ceux qui un jour ont fait le choix des  armes.  Les grandes grèves, les manifestations servent aussi à se réapproprier sa propre vie. Je me méfie tout autant de ceux qui idéalisent la lutte armée. Il y avait dans notre entourage de l’époque des gens qui en parlaient beaucoup plus qu’ils n’y participaient.

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« La courte saison des Gari » s’est déroulée pendant l’année 1974. En quoi cette époque a-t-elle influencé votre engagement politique?

Toulouse en 1970 est une grande métropole et ce qu’on y vivait ressemblait à ce qui se passait ailleurs. Il y avait de nombreuses luttes sociales, des grèves lycéennes, une grande richesse militante. L’ensemble de la société était plus politisé qu’aujourd’hui. La consommation à outrance n’avait pas encore lessivé les esprits. Nous n’avions pas des centaines « d’amis » sur Facebook mais de nombreux copains que l’on côtoyait dans les manifs et les concerts.

Beaucoup de choses se passaient sur le mode de l’anti-conformisme et de la rigolade. Je ne sais pas si nous étions raisonnables mais nous étions vivants. Nous étions les enfants d’une époque qui n’était ni triste ni morose. Nous avions aussi en tête les récits de nos ainés résistants. C’était aussi le moment de la guerre du Vietnam.  Aux États-Unis, c’était aussi l’époque des luttes des Black Phanters et des Weathermen. L’épopée cubaine était encore toute proche.

La particularité de Toulouse était aussi d’être la deuxième capitale de l’Espagne. Celle des exilés opposés au régime de Franco. On baignait là-dedans. Alors, pour beaucoup d’entre nous l’engagement était une évidence.

Paradoxalement, certains exilés républicains espagnols étaient opposés à vos actions…

Je me souviens surtout du large soutien et des témoignages de sympathie. Mais plus tard, après la mort de Franco et notre sortie de prison, pendant la période dite de « transition » en Espagne, au nom de la négociation en cours, certains parmi les exilés espagnols, ont estimé que ce n’était plus le moment de recourir à la violence. Pour ces derniers, nous sommes peut-être devenus gênants. Nous dérangions leur confort d’opposants institutionnalisés.

Pour la police et l’État vous étiez des terroristes…

Pour la police, nous étions d’abord un gibier qu’il fallait arrêter très vite. L’État nous présentait comme des terroristes professionnels. Les autorités avaient tout intérêt à dire cela. Il faut bien que le pouvoir désigne la révolte de façon négative. Aujourd’hui, la régression est telle que l’on entend même parler de prises d’otages lors de certaines grèves.

Le mot terrorisme évoque bien évidement des attentats sanglants. Pour ma part je n’ai pas le sentiment d’avoir été un terroriste. Nous prenions beaucoup de précautions et de risques pour nous mêmes dans la préparation et les repérages pour éviter qu’il y ait des victimes. Il y a pourtant eu des blessés. Cela ne nous a pas réjouis, mais nous savions que cela pouvait arriver.

Que pensez-vous du silence imposé à Jean-Marc Rouillan ?

C’est la double peine. Je ne comprends pas ce que feint de craindre la justice à son égard. Que Jean-Marc Rouillan libre de parler monte sur une barricade pour appeler à la révolution ?  Que le peuple sensible à son charisme et à son charme naturel prenne les armes et plante les têtes de banquiers au bout de piques ? Jean Marc Rouillan a purgé sa peine. C’est aujourd’hui un écrivain ; les magistrats et l’État le savent  bien. Ils lui font payer son refus de passer au confessionnal. Pas de repentance : pas de pardon.

Aujourd’hui quelles sont les luttes qui vous paraissent justes ?

Celles qui résistent et combattent face à un système économique et politique basé sur le déni de la vie. Le pouvoir explique au prolétariat pressé comme un citron que c’est inévitable, que c’est la faute à la crise et à l’indispensable compétitivité. Ce discours semble de moins en moins convaincant.  Le mouvement des Indignés partout dans le monde en est un signe. L’indignation est peut être le prélude à la conscience…

Quid de la transmission de votre expérience militante ?

Je me méfie de la supposée transmission d’une expérience militante aux générations suivantes. Les vieux exilés espagnols ne sont pas venus nous tirer par la manche pour poursuivre leur combat. Nous sommes allés les chercher et nous nous sommes forgés notre propre expérience. Nous avons voulu mettre un grain de sable dans le système, c’était déjà pas mal. Pour ma part je ne regrette rien.

Propos recueillis par Jean-Manuel Escarnot
Leur presse (LibéToulouse), 30 novembre 2011.

De mémoire (3) « La courte saision des Gari » : Toulouse 1974, Jann-Marc Rouillan, Éd Agone, 345 p.

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[Éducation] En grève le 15 décembre

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[Angers] Les pompiers contre le management

À Angers, « des signes de mort sur les casiers des pompiers volontaires »

La direction du Sdis (Serive départemental d’incendie et de secours) de Maine-et-Loire dénonce ce mercredi soir « des actes portant atteinte à des élus et à l’encadrement » mais aussi à des sapeurs-pompiers volontaires.

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Visés, des pompiers professionnels qui font grève pour exiger des embauches dans les centres de secours d’Angers. Certains d’entre eux auraient dessiné des signes de mort sur les casiers de certains des pompiers volontaires, les accusant ainsi de « travail au noir ». C’est ce qu’assure le président des sapeurs-pompiers volontaires du département qui a décidé de porter plainte. Tout comme la direction du Sdis.

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Christophe Béchu a annoncé en début de semaine qu’aucun poste ne serait créé dans les centres de secours d’Angers. La CGT, leader du mouvement, dit ne pas cautionner ces dégradations. La poursuite ou non du conflit sera décidée vendredi matin par les grévistes.

Leur presse (Ouest-France), 30 novembre 2011.

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[Notre-Dame-des-Landes] Une quinzaine d’arrestations ce jeudi 1/12 pour dégradation d’un local de Vinci

Notre-Dame-des-Landes : six anti-aéroport interpellés et placés en garde à vue

Six opposants au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont été interpellés par les gendarmes ce jeudi matin.

Une importante opération a été menée ce jeudi matin par la compagnie de gendarmerie de Nantes, dans le secteur du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Six militants anti-aéroport ont été interpellés puis placés en garde à vue. Cinq d’entre eux ont reconnu avoir participé aux dégradations du siège de Vinci Construction, à Couëron, le 20 octobre dernier. Du fumier et de la peinture avaient été déversés sur la façade du bâtiment, ainsi que dans le hall d’entrée. Le préjudice pour le groupe a été évalué à 30’000 €.

Cinq des six opposants interpellés sont convoqués devant le tribunal correctionnel en février. Ils sont poursuivis pour dégradation en réunion et refus de se soumettre à un prélèvement d’ADN.

Leur presse (Ouest-France), 1er décembre 2011.


Une quinzaine d’arrestations ce jeudi 1/12 pour dégradation d’un local de Vinci

Ce matin, plus d’une quinzaine d’arrestations ont eu lieu dans le 44, suite à une plainte de Vinci pour dégradation d’un de ces locaux. Vinci se plaignant d’en avoir pour 40’000 euros de dégâts.

Pauvre petite multinationale aux sales bénéfices !

Pour rappel de l’action : http://zad.nadir.org/spip.php?article106

Les camarades auraient ainsi été identifiés à cause de caméras de vidéo-surveillance, et parce qu’ils/elles avaient le visage découvert (c’est ce que les flics ont dit à un camarade arrêté).

Rectificatif : ce sont les employés de Vinci qui auraient filmé et qui auraient ensuite filés les vidéos aux flics. On est collabo ou on l’est… chez Vinci.

Un membre du CLCA est aujourd’hui à la gendarmerie de Saint-Père-en-Retz, les autres camarades arrêtés auraient été emmenés au comico de Waldeck Rousseau.

Nous pouvons nous montrer solidaires avec nos camarades :

en appelant les commissariats concernés : 02.40.37.21.21 pour le commissariat central de Waldeck Rousseau
et 02.40.21.70.13 pour la gendarmerie de Saint-Père-en-Retz
en allant prendre des nouvelles directement à Waldeck ou à Saint-Père-en-Retz
et en relayant l’info.

Plus de nouvelles dès que possible.

Solidarité avec nos camarades !
Leur répression ne nous arrêtera pas !

Un membre du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL, 1er décembre 2011.

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[Chine] Le compte à rebours a commencé

Chine : le début d’une explosion sociale ?

Ce ne sont que quelques grèves, mais elles se multiplient depuis plusieurs semaines. Le plus inquiétant pour le pouvoir mais aussi l’économie chinoise, c’est que la plupart de ces débrayages ont lieu dans la province du Guangdong, le poumon économique de la Chine, considéré comme l’atelier du monde. Les salariés protestent contre les licenciements et les baisses de salaires, autant de symptômes des premiers signes d’un essoufflement de l’économie chinoise.

Véritable poumon économique de la Chine, la province du Guangdong gronde. Située dans le delta de la rivière des perles, dans le sud de la Chine, la région contribue pour 12% de la richesse nationale  (l’équivalent du PIB de la Turquie) et possède trois zones économiques spéciales. À ce titre, on la qualifie souvent « d’atelier du monde ». Pourtant depuis plusieurs semaines, l’atelier tourne au ralenti.

Les manifestations ouvrières se sont multipliées. Plus de 7000 salariés d’une fabrique de chaussures Adidas, Nike et New Balance ont fait grève contre des licenciements et des réductions de salaires avant de s’accrocher violemment avec les forces de l’ordre. Avec un salaire de base de 175 dollars par mois, ces salariés pouvaient espérer doubler leur salaire en multipliant les heures supplémentaires.

C’est bien là l’un des nœuds du problème social chinois. Le plus souvent, le salaire de base des ouvriers ne suffit plus, de très loin à subvenir à leurs besoins. D’où une obligation de travailler parfois jusqu’à 75 heures par semaine.

Des ouvriers, des paysans, mais aussi des cadres

À Shenzhen, 1000 ouvriers d’une usine d’électroniques ont débrayé le 23 novembre protestant contre la décision des dirigeants de l’usine d’obliger les travailleurs de nuit à faire des heures supplémentaires.

Selon le China Labor Watch, les ouvriers dénoncaient également une hausse importante des accidents de travail et les licenciements massifs des travailleurs les plus âgés.

Le South China Morning Post rapporte que la police antiémeute chinoise est encore intervenue en fin de semaine dernière dans une ville du Guangdong pour disperser plusieurs milliers de vendeurs de jade qui protestaient violemment contre une flambée de leurs loyers. Des agriculteurs ont également manifesté contre la saisie de leurs terres.

Les débrayages n’en finissent plus et la fièvre sociale s’étend. Au-delà du seul monde ouvrier. Les salariés d’une usine de Yucheng, près de Huangjiang, se sont mis en grève après le licenciement le mois dernier de 18 de leurs cadres, interprété par les ouvriers comme un signe de prochaine délocalisation. L’un des cadres licenciés a déclaré au China Business News, journal basé à New-York, que son départ faisait partie d’un projet de déménagement de la production dans la province de Jiangxi afin de réduire les coûts qui sont plus élevés dans la vaste province du Guangdong.

Des mouvements sociaux de plus en plus efficaces

Hausse des loyers, réduction des salaires, mauvaises conditions de travail, heures supplémentaires non payées, peur de délocalisations intérieures, saisie des terres. Autant de symptômes d’une Chine à bout de souffle ?

Les craintes concernant l’économie chinoise ont progressé après la diffusion par la banque HSBC d’un indice de production industrielle en fort recul en novembre, tombé à son niveau le plus bas depuis  mars 2009. La semaine précédente, le gouverneur de la province du Guangdong avait déclaré que les exportations de la province avait baissé de 9% en octobre. Et les mauvaises nouvelles ne cessent de tomber, d’après le site aujourd’huilachine « les statistiques de la fédération des industries de Hongkong prévoient qu’un tiers des 50’000 usines chinoises appartenant à des industriels de l’ancienne colonie britannique pourrait fermer et licencier en masse d’ici janvier ».

S’il n’existe pas de statistiques concernant les usines chinoises, d’après le China Labour Bulletin, une ONG de défense des droits des travailleurs basée à Hong-Kong, les salariés touchés sont, le plus souvent, des Chinois venus de l’intérieur du pays et qui ont quitté leur région natale pour trouver du travail. Ces ouvriers migrants, les « mingong » sont  la face cachée de la croissance chinoise. Victimes des inégalités quand la Chine affiche des taux de croissance à deux chiffres, ils pâtissent en premier de l’essoufflement économique chinois.

Dans un rapport publié en novembre, l’organisation constate constate que le mouvement ouvrier s’est développé rapidement « par un sentiment croissant que les travailleurs étaient exclus du partage des bénéfices que faisaient leurs entreprises mais également du développement de la société toute entière. Une nouvelle génération de travailleurs migrants a émergé comme l’une des principales forces dans le mouvement ouvrier en Chine. Ceux qui sont nés dans les années 1980 et 90 sont généralement mieux éduqués et plus “armés” que leurs parents pour revendiquer leurs ambitions. Ils ressentent également plus de pression et l’intense frustration d’essayer de s’établir en ville tout en étant classés et méprisés car résidants milieu rural. Employés principalement dans les entreprises modernes, ils constituent aujourd’hui le cœur de la  nouvelle classe ouvrière chinoise. »

Magazine spécialisé dans le marché chinois, destiné aux investisseurs étrangers, China Briefing a lu attentivement l’étude de l’ONG, incitant les entreprises qui souhaitent s’implanter en Chine à prendre en compte les évolutions de rapports de force dans le monde du travail chinois : « des concessions seront désormais obligatoires en Chine, l’amélioration des conditions de travail, de communication avec les salariés devront être prises en compte, de même que des réponses efficaces devront êre apportées lors de troubles sociaux sur les lieux de travail afin que les pertes puissent être réduites au minimum ».

En conclusion de son rapport, le China Labour Bulletin estime que les manifestations récentes ont souvent eu pour conséquence « des augmentations salariales substantielles et l’amélioration des conditions de travail, ou à pousser les employeurs à la négociation, certains parvenant à suspendre des processus de privatisations d’usines ». Et de conclure que « le mouvement ouvrier est désormais un facteur clé de justice sociale et économique ». Trente cinq ans après la mort de Mao — qui, en son temps, n’a eu de cesse que d’écraser les grèves ouvrières… — le mouvement ouvrier chinois se remet en marche. Jusqu’où ?

Leur presse (Régis Soubrouillard, Marianne, 30 novembre 2011)

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Intouchables : « Un film parfaitement réactionnaire »

« Intouchables » : Cendrillon des temps modernes

Ce conte de Noël, la rencontre entre un Black des banlieues et un richissime bourgeois de la capitale, trame d’autres fils : sadisme, pathétique (du mélodrame en barre) et déni de la réalité sociale. En fait, un remake de Cendrillon. D’où le succès.

Le fil sadique est le plus évident. Philippe, Crésus tétraplégique, vit un enfer. Sa richesse ne le protège ni de la douleur, ni de la souffrance, ni de la solitude. Dans le film, le bon Black chambre à fond le tétraplégique, à la limite du sadisme (la séquence « pas de bras, pas de chocolat », celle du rasage, etc.). Les rires énormes du public saluent son culot et attestent une jouissance sadique par procuration. Pour tous les spectateurs de cette mélasse mièvre et bien-pensante, c’est un soulagement de voir que richesse ne rime pas avec bonheur. On se vautre ici dans un bon gros proverbe à deux balles : l’argent ne suffit pas à rendre heureux. Ce qui requalifie la pauvreté (quelle joie de ne pas être handicapé, quoique pauvre !) et diminue la tension sociale due à l’abîme qui se creuse, dans toutes les sociétés, entre les pauvres, innombrables, et les riches que ce film protège.

La filière pathétique est chargée de cacher cette jouissance sadique. La détresse du handicapé est montrée sans fard mais suffisamment euphémisée. Elle est d’autant plus touchante que le personnage a plein d’humour, dispose d’un entourage adorable, d’une famille aimable. Rien n’empêche d’éprouver une émotion empathique, une pitié propre, bien-pensante, à son égard. Le Black des banlieues est lui aussi montré dans ses détresses, avec, constance oblige, un flot de clichés : famille décomposée, marmaille abandonnée à elle-même, pauvreté, précarité (pas trop élevée non plus), délinquance (mais pas trop grave). Driss est un bon gars, un type simple qui a une morale (des « principes » et des coups-de-poing), des manières grossières certes mais attachant. Et puis c’est un Noir, un bon garçon qui aime rire : un grand enfant, encore un qui n’est pas « entré dans l’histoire », comme disent les racistes à col blanc qui font les importants.

La leçon est simple : chacun souffre à sa façon, mon brave ! L’humaine condition universelle, vie de larmes et de souffrance, atteint tout le monde, indistinctement. Encore l’idéologie de la grande famille de l’homme ! Qu’on écarte tous ces discours malfaisants sur la lutte des classes, sur la violence par laquelle les bourgeoisies ont accaparé les richesses, les moyens de production et le pouvoir politique, sur l’histoire des décisions et des actes qui ont conduit à ces zones de relégation et à y enterrer vivantes des générations d’exclus, d’oubliés, d’humiliés, des générations entières qui se délitent dans le chômage organisé.

C’est un des effets principaux du film. Naturaliser la violence sociale et masquer cette opération par du racolage aux affects. L’ouverture du film, plan serré sur les visages, silence, complicité, piano romantique (dont la bande-son use à outrance, comme dans les mélodrames les plus lacrymogènes), fixe l’ambiance : sentimentalisme et désinvolture (un écho à Amicalement vôtre…). La mièvrerie plutôt que la complexité, les bons sentiments plutôt que l’analyse. Et le plaisir du comique dont il est naturel, viril et simple de jouir sans complications inutiles.

Ce film doit son succès public (des millions de spectateurs, doit-on s’extasier) à deux motifs. Cendrillon d’abord. Ce conte misogyne enseigne comment changer sa vie lorsqu’on est une pauvre fillette exploitée. La beauté de cette souillon ne peut suffire : il lui faut une jolie robe, de jolies chaussures, une belle bagnole avec de beaux canassons. Mais cela ne suffit toujours pas, il lui faut de la chance : un prince riche et puissant qui daigne la trouver ravissante et ne point s’émouvoir de sa basse extraction. Le message du conte est simple : l’instruction, la culture, le désir d’émancipation, la révolte sont inutiles ; la beauté cosmétique et le hasard ont seuls quelque puissance. Driss est une Cendrillon raccourcie : de la beauté mais des fringues banales et du chômage ; cependant, il tombe sur un prince charmant qui s’en énamoure, qui s’en entiche, l’habille en costard, et le sort ainsi du néant social où il croupissait. En chacun somnole un désir de régression, tout à fait satisfait par cette actualisation assez maquillée de Cendrillon.

Mais l’autre motif est l’exploitation du handicap. Le tétraplégique est un saint. Crucifié sur son fauteuil, sa vie est une longue, interminable et effroyable immobilité. Cette souffrance, qui émerge dans le film, est assez grande pour paralyser toute critique et forcer à l’éloge. Remarquer que le scénario marie ce que la langue commune appelle deux « déchets » sociaux (un Black des banlieues et un handicapé) déclencherait un sentiment de scandale. Pourtant, que signifie la pitié de crocodile sinon la peur panique de devenir comme eux ? Le handicap est, du point de vue imaginaire, le symbole d’une chute totale. Au fond de tout être humain, sommeille la peur de devenir handicapé, au propre et au figuré, socialement ou physiquement. Driss est le pendant social du handicap corporel de Philippe. Et ces deux éclopés s’associent, sous le signe de Cendrillon.

Le conte sert à excuser l’échec (qui n’est dû qu’au hasard) et l’utilisation du handicapé à déclencher des émotions et à diffuser une morale anesthésiante autant que légitime. Les gags viennent amortir l’éventuel excès d’affects. Un bon dosage, qui explique l’efficacité du film : une sorte d’unanimité obligatoire qui en dit long sur la détresse sociale dominante.

Le saint crucifié par sa tétraplégie et l’autre saint qui le sert, crucifié par son milieu de naissance et sa peau, forment un couple sacré, intouchable. Leur rencontre et leur amour sont une rédemption qui les lave de tous leurs péchés : l’arrogance et la hauteur sociale pour l’un, la délinquance et la déchéance pour l’autre. Un film religieux, sans autre Dieu que la richesse qui a permis cette rencontre. Un film parfaitement réactionnaire.

Jean-Jacques Delfour, Professeur de philosophie en classe préparatoire

Leur presse (Libération), 29 novembre 2011.

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Vérité et justice pour Abou Bakari Tandia, Lamine Dieng, Abdelhakim Ajimi, Ali Ziri et Mohamed Boukrourou

France : un rapport sur 5 cas de décès aux mains de la police

Dans son rapport « France : notre vie est en suspens. Les familles des personnes mortes aux mains de la police attendent que justice soit faite », Amnesty International se penche sur le cas de cinq personnes décédées, entre 2004 et 2009, aux mains de la police sans que la lumière soit faite sur les circonstances ayant entraîné leur mort.

Amnesty International se penche sur cinq cas de personnes décédées aux mains de la police au cours d’interpellations banales qui ont mal tourné en France, entre 2004 et 2009.

Abou Bakari Tandia, Lamine Dieng, Abdelhakim Ajimi, Ali Ziri, Mohamed Boukrourou ; ces cinq personnes sont mortes entre 2004 et 2009 au cours d’interpellations qui ont mal tournées.

Abou Bakari Tandia, Malien de 38 ans, décédé en garde à vue en décembre 2004, à Courbevoie ;

Lamine Dieng, Français d’origine sénégalaise âgé de 25 ans, décédé en juin 2007, à Paris ;

Abdelhakim Ajimi, Tunisien de 22 ans, décédé pendant son arrestation en mai 2008, à Grasse ;

Ali Ziri, Algérien de 69 ans, décédé en juin 2009, à Argenteuil ;

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Mohamed Boukrourou, Marocain de 41 ans, décédé pendant son arrestation en novembre 2009, à Valentigney.

Dans toutes ces affaires, les agents mis en cause sont à la connaissance d’Amnesty International (AI), toujours en fonction et les proches des victimes maintenus dans l’expectative et en souffrance du fait de la lenteur de la procédure et le peu d’informations dont elles disposent sur les faits qui ont causé la mort de leur proche.

Des collectifs de soutien travaillent d’arrache-pied pour continuer à sensibiliser et mobiliser à la mémoire des personnes disparues et batailler pour que la justice soit rendue et les victimes reconnues.

Pour Amnesty International, ces cinq affaires particulièrement dramatiques sont symptomatiques des dysfonctionnements qu’AI pointe du doigt dans son travail de recherche depuis 6 ans en France : usage disproportionné de la force, tendance à interpeller davantage les personnes étrangères et d’origine étrangère, manque d’impartialité des enquêtes, réticences des procureurs à poursuivre des agents de la force publique, sanctions sans commune mesure avec la gravité des faits, dégradation des relations de forces de l’ordre avec les citoyens. (…)

Amnesty International France (29 novembre 2011)

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[Pérou] Victoire de la population de Cajamarca contre ses assoiffeurs

Pérou : suspension du projet minier Conga au cœur de violentes protestations

Le projet de mine d’or et de cuivre géante Conga, au cœur de protestations violentes dans le nord du Pérou depuis six jours, a été suspendu par le groupe minier Yanacocha, a annoncé mardi celui-ci, dans un communiqué.

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À la suite des récents événements à Cajamarca (…) et à la demande du gouvernement péruvien, le groupe minier, contrôlé par le géant américain Newmont, a décidé de suspendre les activités du projet Conga, jusqu’à ce que l’entreprise et la société civile reprennent une relation de transparence et de respect.

Le communiqué a été présenté à la presse dans la soirée par le Premier ministre Solomon Lerner, qui a appelé la population de Cajamarca à revenir au calme après l’annonce de la suspension.

L’annonce de Yanacocha survient au soir de la journée la plus violente des protestations régionales en cours depuis six jours contre Conga, le plus grand investissement minier du Pérou, portant sur 4,8 milliards de dollars.

Sept civils ont été blessés par des balles en caoutchouc de la police et trois policiers par des pierres, lors de heurts entre manifestants anti-miniers et force de l’ordre, selon un bilan du préfet régional Ever Hernandez. Le président régional Gregorio Santos a fait état de 10 à 14 blessés.

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La province de Cajamarca, à 850 km au nord de Lima, tournait au ralenti depuis six jours, avec de nombreux axes routiers bloqués, des manifestations, et quelques problèmes de ravitaillement notamment à Cajamarca (220’000 habitants) capitale provinciale.

Les opposants, mobilisées autour de syndicalistes, paysans, écologistes, redoutent l’impact de la future mine, opérationnelle en 2014, sur les ressources en eau, déjà rationnée depuis trois mois à Cajamarca, au sortir d’une saison particulièrement sèche.

Yanacocha, dans son communiqué, s’engage à faciliter le rétablissement du dialogue et le retour de la confiance. Il réitère qu’il déploiera ses meilleurs efforts et respectera toutes les exigences du gouvernement du président (Ollanta) Humala en vue d’une activité minière responsable.

Leur presse (Agence Faut Payer), 30 novembre 2011.

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[Pour rappel :]
Projet minier au Pérou : Cajamarca vaut de l’or, ses habitants veulent de l’eau

Des Incas aux géants miniers modernes, l’or a façonné l’histoire de Cajamarca, dans les Andes du nord Pérou. Mais c’est l’eau, rationnée depuis des mois, qui est au cœur des préoccupations, de la colère contre un méga-projet minier, perçu comme une menace hydrique de trop.

« Écoutez, Monsieur, ce manque d’eau est une lutte de tous les jours ! » Piedad Rodriguez tente de déjouer les rationnements appliqués depuis août, et en principe jusqu’en fin de mois, par la Société locale des eaux, la Sedacaj.

« Il y a de l’eau une ou deux heures par jour, mais il ne sort qu’un filet d’eau du robinet, et souvent il ne sort rien », se plaint cette mère de 35 ans, qui arpente chaque matin Cajamarca avec une douzaine de récipients, pour couvrir les besoins en eau de sa famille.

À l’autre bout de la ville de 220’000 habitants, Max Mendoza, taxi, a trouvé la parade. Chaque jour, il transporte des locaux ou touristes à 6 km, aux Bains de l’Inca, une source thermale (70 degrés) qu’utilisaient déjà les empereurs incas.

« Comme ça j’en ramène de l’eau à la maison, chaude mais peu importe », explique-t-il à l’AFP. « Pas pour boire, parce qu’elle contient du soufre, mais pour les toilettes, laver les vêtements. Quoique les habits sentent un peu le soufre, après. »

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L’eau manque à Cajamarca pour maintes raisons, que les acteurs locaux de se renvoient : une saison sèche trop longue qui affecte le débit des fleuves Porcon et Grande, mais aussi selon la Sedacaj, des branchements sauvages sur le réseau.

Mais la Sedacaj elle-même est critiquée pour des années d’incurie pour une infrastructure vétuste, aux canalisations calcifiées.

Un suspect met tout le monde d’accord : les mines d’or, industrie goulue en eau, dans les hautes montagnes surplombant la ville. En particulier Yanacocha, l’immense mine d’or à ciel ouvert, la plus grande d’Amérique du Sud, contrôlée par le groupe américain Newmont.

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« L’entreprise est en altitude, 3000, 3500 m, où naissent les sources, et ce qui s’y passe a une répercussion immédiate sur l’eau en contrebas », assure Reinhard Seifert, ingénieur allemand basé dans la région depuis 35 ans, et conseiller d’un front d’activistes antiminiers.

Et une partie de Cajamarca est à présent dressée contre un nouveau projet d’or et de cuivre, Conga, que le consortium Yanacocha doit lancer en 2014, un investissement de 4,8 milliards de dollars. Et qui va sacrifier quatre lacs-réservoirs, pour en reconstruire quatre artificiels, plus grands.

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« Pour le malheur des paysans qui y vivent, cette zone d’altitude d’où provient l’eau est aussi là où se trouve l’or, disséminée en fines particules dans la roche », explique l’ingénieur. Que ce soit dans le sol ou dans le procédé d’extraction, « l’eau et l’or sont liés, et inséparables ».

Depuis l’exploitation du site en 1993, les relations entre Yanacocha et la région, entre conflit et dépendance, ont vécu maintes confrontations, parfois violentes, notamment après une pollution au mercure en 2000. Mais Yanacocha et Conga pèsent aussi 15’000 emplois direct et indirects…

Cette fois pourtant, c’est différent. L’eau manque aux robinets de Cajamarca et le président de gauche, Ollanta Humala (arrivé au pouvoir en juillet) s’était engagé en campagne électorale à défendre les communautés contre les abus des mines.

Mais s’il a promis de préserver « l’or et l’eau », il a également dit clairement que le projet Conga, approuvé avant sa présidence, serait maintenu.

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À pied, à cheval, 2000 paysans ont cheminé jeudi jusqu’à deux lacs condamnés, La Cortada et El Pérol, dans d’idylliques décors de prairie à 3800 m. Une procession aux slogans simples, loin des études d’impact contestées, des promesses d’investissement dans l’irrigation : « Sans or, on vit. Sans eau, on meurt. »

Leur presse (Agence France Presse), 25 novembre 2011.

[Et pour diverses informations complémentaires :]
Pérou : Manifestation massive contre le projet de mine à Cajamarca

Selon les informations envoyées à l’Agence Fides par Radio Marañón, aujourd’hui, 30 novembre, se prépare une mobilisation massive dans toute la région de Cajamarca. La ville de Cajamarca est isolée par une grève à outrance qui en est arrivée à son sixième jour et vise à refuser l’application du projet minier Conga (voir Fides 25/11/2011). De la sorte, l’entrée et la sortie de la capitale sont rendues impossibles. Les entreprises interprovinciales de transport ont cessé de vendre des billets et depuis hier aucun vol n’a été effectué. La route en direction de Chiclayo (chef-lieu de la région voisine) demeure bloquée tout comme les autres routes principales. Des milliers de litres de lait n’ont pu être collectés par les unités des grandes entreprises.

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La province de Bambamarca et les habitants de la vallée de Jequetepeque ont adhéré au mouvement de grève. Ces manifestants se situent à Ciudad de Dios, qui relie les villes de Chiclayo, Trujillo, Piura et Cajamarca. Les gens commencent à ressentir le manque de produits, le carburant est épuisé et les prix ont fortement augmenté. Entre temps, des milliers d’habitants qui veillent dans la partie haute de la ville de Cajamarca non loin des lacs qu’ils défendent, ont fait savoir qu’ils ne désirent la présence d’aucun ministre mais seulement celle du Président Ollanta Humala.

L’Église de Cajamarca s’est prononcée en faveur des manifestants, en défense de l’eau. La communauté franciscaine a placé deux banderoles devant son église portant les inscriptions : « L’eau est vie, pas Conga » et « Défends notre sœur la Terre ». Radio Marañón est la station du Vicariat apostolique Saint François Xavier à Jaén au Pérou. Elle est gérée par la Compagnie de Jésus qui œuvre dans la zone depuis 1976. Elle compte environ 600’000 auditeurs et tous ses programmes sont réalisés dans la perspective du thème de l’évangélisation.

Leur presse (Agence Fides), 30 novembre 2011.

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Liberté pour les inculpé-es de Labège – Blog d’info

Pourquoi ce blog ?

Le 15 novembre 2011, les gendarmes de Toulouse ont perquisitionné sept lieux de vie, interpelé une petite quinzaine de personnes et embarqué un paquet d’affaires (matos informatique, écrits divers, fringues, téléphones…). À ce jour (mercredi 30 novembre), quatre compagnon-nes sont en détention provisoire à la Maison d’Arrêt de Toulouse-Seysses, une en contrôle judiciaire, un sixième est « témoin assisté » (ce qui signifie qu’il n’est pas mis en examen comme les autres mais doit néanmoins rester à disposition du Juge d’Instruction Suc).

Cette massive opération policière ponctue les quatre premiers mois d’une enquête encore ouverte sur le passage éclair d’une dizaine de personnes dans les locaux de la Direction Interrégionale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) à Labège,  le 5 juillet dernier.

Deux mois plus tôt, l’Établissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur connaissait un mouvement de révolte généralisée. La version médiatico-républicaine des évènements visant à faire passer les jeunes détenus pour de dangereux « irrrécupérables » et le recours aux  Équipes Régionales d’Intervention et de Sécurité (ERIS, milice cagoulée qui fait taire la révolte en taule et pour qui tous les coups sont permis) comme tolérable voire nécessaire a mis en colère un certain nombre de personnes qui ont décidé de se retrouver  et de réfléchir les moyens d’exprimer leur solidarité avec les enfermés révoltés.

L’action consistant à manifester aux collaborateurs de l’enfermement des mineurs (ici le personnel de la PJJ, caution humaniste de la torture carcérale) le dégoût qu’inspire leur sordide besogne semble avoir piqué les autorités au plus profond de leur orgueil.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1322675888.jpgLa répression, vengeance étatique contre toutes celles et ceux qui ne tiennent pas leur place d’humilié-e sans broncher, veut nous isoler, nous dissuader, nous terroriser. La solidarité est notre arme. Elle revêt de multiples formes. Qu’on criminalise aujourd’hui la bordellisation de juillet à Labège montre, une fois de plus, la volonté des gens de pouvoir d’anéantir celles et ceux qui ne demandent pas d’autorisation pour s’exprimer.

Ce blog, c’est parce qu’on s’est dit que ce serait pratique de recenser  l’ensemble des écrits parus à propos de la journée du 15 novembre, sans jamais oublier qu’il ne s’agit pas d’une affaire particulière mais d’un des aspects de la répression exercée sur la lutte contre l’enfermement, sur les révoltes de l’intérieur et de l’extérieur.

Profitons de la situation qui nous est faite pour parler un peu de ces prisons pour mineurs qui, comme les autres, tuent.

Mis à jour régulièrement, ce site a pour vocation d’annoncer les rendez-vous du Collectif pour la Liberté des Inculpé-es du 15 novembre et de faire connaître les expressions et initiatives de solidarité amies, ici et là. Toute contribution est la bienvenue.

Ils veulent nous voir apeuré-es, silencieux-ses, affaibli-es, isolé-es…

C’est raté !

Contact

Liberté pour les inculpés-es de Labège, 30 novembre 2011.

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Manille (Philippines) : Des habitants de bidonvilles en cours d’expulsion affrontent la police

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Fin novembre 2011, à Quezon City, dans le nord de la capitale des Philippines, la police a utilisé des armes à feu pour disperser des habitants révoltés de bidonvilles en cours d’expulsion.

Soutenus par des activistes, les habitants se sont affrontés aux forces de police et aux travailleurs venus détruire leurs maisons de fortune (ces derniers assistant de près la police dans les affrontements). Barricades et caillassages, la police a eu fort à faire face à la rage des habitants menacés d’expulsion.

Une personne a été arrêtée, accusée d’avoir en sa possession un pistolet « fait maison » (!).

Bien sûr, la police a imputé les violences commises aux activistes « gauchistes », indiquant que de paisibles négociations étaient en cours avec les habitants. Bah tiens !

Antonio Marinas, un des activistes, également habitant du bidonville expulsé, a été blessé à la tête par un projectile venu du côté de la police pendant que les flics essayaient de briser une des barricades mises en place par les habitants en lutte.

George Quimpo, un habitant des bidonvilles menacés, a déclaré : « Nous allons nous unir et, si nous sommes expulsés, nous exigerons d’être relogés dans de bonnes conditions. »

Les bidonvilles expulsés devraient laisser place à un quartier de bureaux et de commerces… Environ 9000 familles sont concernées par la procédure d’expulsion en cours, dont une bonne partie vivent là depuis des dizaines d’années.

Manille étant une des villes les plus densément peuplées du monde, on peut imaginer que le capital s’y trouve forcé à dégager les pauvres avec encore plus de brutalité qu’ailleurs… Il faut faire de la place pour les riches ! Une vague d’expulsions a touché les quartiers pauvres de Manille cette année, et ce n’est vraisemblablement pas près de s’arrêter puisque les pouvoirs publics locaux ont annoncé vouloir faire de la place pour développer diverses infrastructures, notamment immobilières.

Squat!net [Infos reprises essentiellement d’un article paru en anglais sur le site de NTD, une télé sino-américaine], 1er décembre 2011.

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[Tours] Mouvement des logements – des papiers

Depuis plus d’un mois et demi maintenant, les familles de demandeurs d’Asile ou sans papiers et des personnes solidaires ont occupé : le centre de vie du Sanitas ; le palais des Sports ; l’hôpital Bretonneau ; la piscine Gilbert Bozon ; le centre de vie du Sanitas à nouveau.

La mairie et la préfecture ont donc mis des flics (police nationale et municipale) chaque soir devant tous les bâtiments publics de Tours afin que nous ne puissions plus y rentrer, dès 18H00, c’est à dire dès que le 115 avoue que les gens resteront dehors par faute de place en hébergement d’urgence. La ville est quadrillée tous les soirs. La ville est bleue.

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La faculté des Tanneurs a alors été occupée une nuit : les forces de l’ordre sont intervenues avec les clébards pour évacuer le hall Thélème de ses occupants. « Je te réveille avec le pied parce que je touche pas à la merde » (parole de flic).

La faculté des Tanneurs a été ré-occupée dans l’après-midi même : Les flics se répandent autour de la fac réalisent un contrôle d’identité massif et interpellent les demandeurs d’asile et les sans-papiers en les faisant monter de force dans leurs fourgons pourris.

Une femme se soustrait à l’arrestation et s’échappe du fourgon en courant.

La faculté des Tanneurs a à son tour fait appel aux flics et à une compagnie de sécurité privée pour garder, filtrer, contrôler à toutes les entrées.

L’Institut du travail social de Tours a alors été occupé durant trois jours.

Les cinémas Les Studios pour un soir.

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Le Centre Dramatique Régional de Tours a été occupé hier soir dans un joyeux bordel. Le directeur nous permet de nous réunir pour nos AG futures au CDRT.

Le foyer des Jeunes travailleurs de Tours a été occupé hier soir juste après le CDRT, et restera occupé durant trois journées et trois nuits. Les flics en civil se sont fait gerber du foyer des jeunes travailleurs. Tout ce petit monde gueulant « police dehors ! » est venu virer les RG de la salle de restauration.

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La mairie Socialiste pourrie comme la préfecture font appel à la flicaille.

Les Studios ont filé du fric pour payer des chambres d’Hôtel aux familles…

Mais depuis hier soir, nous ne voulons plus, ni police, ni charité !

Nous refusons de devenir invisibles dans des chambres d’hôtel. D’occupation en occupation, de manif en rassemblement, le mouvement grandit et se radicalise.

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Pendant ce temps-là, le préfet, par la voix de la Nouvelle Répugnante, fait savoir qu’il s’apprête à virer les déboutés du doit d’Asile des appartements ADOMA. Hier, la police est donc venue demander les plans, et a tenté d’enfoncer la porte de l’appartement de la famille Hovhanni Syan, qui s’apprêtait à tout cramer à l’essence… La mairie Socialiste envoie quant à elle des huissiers pour virer de leur logement les membres du collectif des travailleurs sans papiers. UMPS, même combat !

Abolition de toutes les lois racistes !
Solidarité avec les sans papiers, ni police, ni charité !
Des logements des papiers pour tous et toutes !
Flics hors de nos AG, hors de nos vies !

ADiSchatz !!

De Tours, le 1er décembre 2011.


Plus de 250 manifestants pour « un toit »

Une banderole, deux tambours, et des jeunes en majorité plus des militants associatifs : plus de 250 personnes ont manifesté, hier, à Tours, pour demander « un toit et des papiers pour tous », à commencer par les vingt migrants ballottés d’hôtel en hôtel depuis des jours.

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Parti de la place Anatole-France, le cortège est passé rue Nationale, devant la préfecture, puis a tenu une assemblée générale au Nouvel Olympia, ce qu’a accepté son directeur, Gilles Bouillon.

Il a proposé aux manifestants de réunir tous les acteurs culturels de la ville pour faire pression auprès de la mairie de Tours. Il a aussi accepté que se tiennent des assemblées générales dans la salle de spectacles à condition qu’il n’y soit pas prévu de représentation le jour même.

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Ensuite, les manifestants sont allés au foyer des jeunes travailleurs, rue Bernard-Palissy, où il leur a été proposé la mise à disposition, jusqu’à samedi, d’un gymnase situé juste sous le foyer. Une possibilité à laquelle les militants, après en avoir débattu, se sont finalement ralliés même si, plutôt que des solutions d’urgence appliquées au jour le jour, ils attendent un lieu pérenne.

De son côté, la préfecture estime que l’État fait son devoir avec 9,8 M€ consacrés dans ce département à l’hébergement d’urgence. Pour le préfet, le problème vient des places occupées dans ces structures par 79 demandeurs d’asile déboutés (voir NR de mardi 29 novembre).

Leur presse (la Nouvelle Répugnante), 1er décembre 2011.

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[Destruction de Paris] Le futur ministère de l’Amour

Paris : Bouygues va construire la future cité judiciaire

Le projet d’une tour de 160 m de haut, conçue par l’architecte Renzo Piano et qui sera édifiée par Bouygues aux Batignolles (XVIIe), a été choisi hier. Livraison prévue fin 2016.

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Les travaux pour construire le futur palais de Justice de Paris débuteront en 2013. D’un coût de 600 M€, il a été imaginé par Renzo Piano, créateur du Centre Pompidou.

Fin du suspense sur le projet du futur palais de Justice de Paris dans le nouveau quartier des Batignolles (XVIIe). Le groupement emmené par Bouygues Bâtiment Île-de-France avec l’architecte Renzo Piano (le père du Centre Pompidou) a été choisi hier par le conseil d’administration de l’Établissement public du palais de Justice de Paris (EPPJP).

Le futur palais de Justice implanté le long du périphérique, près de la porte de Clichy, culminera à 160 m de haut. « L’architecture contemporaine et originale de l’édifice imaginé par Renzo Piano ne ressemble en rien aux tours érigées au XXe siècle », assure Jean-Pierre Weiss, directeur général de l’EPPJP, soucieux de ne pas dévoiler le projet architectural tant que la procédure n’est pas arrivée à son terme.

La compétition qui opposait le géant du BTP à Vinci Construction France est donc désormais terminée. Le contrat devrait être signé, sauf surprise, en février pour un démarrage du chantier en 2013.

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Le coût de ce marché avoisinera 600 M€. « C’est le plus gros chantier jamais mené par le ministère de la Justice », a déclaré le garde des Sceaux, Michel Mercier, lors d’une visite du site en octobre. Ce projet, annoncé par Nicolas Sarkozy en avril 2009, lors de son discours sur le Grand Paris, sera achevé avant fin 2016. Le palais de Justice déménagera de son siège historique de l’île de la Cité, saturé et inadapté, dans le courant de l’année 2017.

Le futur bâtiment, construit sur une parcelle de 17’500 m², abritera 90 salles d’audience et accueillera quotidiennement 9000 personnes : des avocats, des juges, des fonctionnaires, des justiciables et des fonctionnaires [bis : sic !]. Il regroupera l’ensemble des services du tribunal de grande instance de Paris, le tribunal de police et sans doute aussi les tribunaux d’instance éparpillés entre le siège historique de l’île de la Cité et d’autres sites dans la capitale. Seule la cour d’appel de Paris restera à son emplacement actuel sur l’île de la Cité.

Brigitte Kuster, la maire UMP du XVIIe arrondissement, se réjouit de « la concrétisation d’un projet qui va incontestablement bouleverser le paysage urbanistique parisien et apporter un nouveau souffle au futur quartier Clichy-Batignolles ». « Le projet retenu est le meilleur à nos yeux, car il ne tourne pas le dos à notre commune, contrairement à celui de Vinci qui ressemblait en outre à un mausolée », commente de son côté Gilles Catoire, le maire (PS) de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine).

Leur presse (Christine Henry, Le Parisien), 26 novembre 2011.

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[Égypte] L’attaque des camelots de Tahrir

Mardi [29 novembre], une altercation a tourné à l’affrontement général entre manifestants et vendeurs ambulants, nombreux sur la place.

Ces derniers jours, sur la place Tahrir, les vendeurs ambulants couvraient presque les chants révolutionnaires. Sur un terre-plein, une mauvaise enceinte crachait des variétés devant un café improvisé, une quarantaine de chaises pour trois clients. À côté des drapeaux égyptiens se tenaient des montagnes de barbe à papa. On pouvait, bien sûr, acheter des drapeaux, à boire, à manger, mais aussi trouver des lunettes de soleil, des vêtements… La révolution n’est pas un dîner de gala — peut-elle être une fête foraine ? « On s’est réunis hier après-midi, explique nerveusement Gamal Fouda, un activiste. Il y a toujours eu des petits marchands sur Tahrir et on n’a rien contre eux, mais là, c’était trop. Certains vendaient de la drogue. Il y en a même qui criaient qui veut de la drogue en pleine rue. On a décidé d’aller les voir pour calmer le jeu. »

Les vendeurs ambulants sont des milliers au Caire et plus nombreux encore depuis la chute de Moubarak. L’économie en perdition et un certain sentiment d’impunité grâce à des policiers — un peu — moins brutaux rendent l’activité attractive. Indépendants ou encadrés par les multiples mafias égyptiennes, ils sont plus audacieux. Pour eux, Tahrir n’est pas un combat révolutionnaire romantique. C’est une bonne affaire. « Les touristes sont partis à cause de la révolution, confie un petit vendeur de thé. Ici, il y a des milliers de personnes qui viennent chaque jour, des dizaines de milliers peut-être. En ce moment, c’est grâce à Tahrir que je survis. »

« Mauvais coup du régime »

Hier, l’entrevue entre les manifestants et les vendeurs se passe mal. Vers 18 heures, le premier coup part. On se bat devant le placide musée du Caire. Les premiers blessés accourent vers les hôpitaux de fortune installés sur la place. Très vite, la situation se calme. Les vendeurs sont repoussés.

Mais vers 23 heures, ils reviennent, armés. Des bâtons, des couteaux, des cocktails Molotov. Le combat dure jusqu’à 4 heures du matin. Il y a environ 80 blessés. Cette détermination fait douter les manifestants de Tahrir. « On s’est un peu battus hier soir, mais rien de grave, finalement. Quand ils sont revenus, équipés, nombreux, ça ressemblait très fort à un mauvais coup du régime. Il suffit de donner quelques guinées à ces types pour les tourner contre nous », dit un activiste.

Les incidents se multiplient depuis la trêve négociée entre les militaires et les manifestants. Les agressions sont plus courantes qu’aux mois de janvier et de février, alors que les manifestants sont moins nombreux — donc a priori plus faciles à surveiller. Autour de la place, les baltagueyyas continuent à rôder. Si Tahrir est revenue à elle-même depuis le départ des vendeurs ambulants — quelques-uns restent, malgré tout —, la contestation n’a jamais semblé aussi fragile.

Leur presse (Samuel Forey, LePoint.fr), 30 novembre 2011.


Égypte : violents heurts sur la place Tahrir – quatre-vingt blessés

Près de quatre-vingt personnes ont été blessées mardi soir dans des affrontements sur la place Tahrir dans le centre du Caire. Des coups de feu d’origine indéterminée et des explosions de cocktails Molotov ont été entendus.

Mohamed El Baradeï, candidat à la présidentielle et figure du camp libéral, a déclaré que les manifestants hostiles aux militaires qui occupent la place depuis onze jours avaient été attaqués par des « voyous ». Vingt-sept blessés ont dû être hospitalisés, d’après l’agence de presse officielle Mena.

D’après le représentant d’un des mouvements à l’origine de l’occupation de la place emblématique du Caire, des jeunes ont tenté de s’infiltrer parmi les manifestants qui demandent le transfert du pouvoir aux civils. La télévision officielle rapporte pour sa part que les échauffourées ont opposé des vendeurs ambulants à des jeunes manifestants.

Calme lundi et mardi

Sous le règne d’Hosni Moubarak, le terme de « voyou » était fréquemment utilisé pour désigner des éléments favorables au pouvoir qui perturbaient les élections, ou encore ceux qui ont chargé les manifestants à dos de chameau pendant la révolution du Nil qui a conduit au départ de l’ancien raïs le 11 février.

Au moins dix coups de feu ont été entendus près du Musée égyptien, non loin du campement des manifestants sur la place Tahrir, où le calme était revenu jeudi dernier, grâce à une trêve conclue entre forces de l’ordre et protestataires après cinq jours d’émeutes qui ont fait 42 morts dans tout le pays.

Les manifestants qui campent place Tahrir depuis le 18 novembre, pour demander le transfert des pouvoirs aux civils, ont mis sur pied un service d’ordre pour « protéger les gens et les familles » des jeunes casseurs.

Si la place Tahrir a été le théâtre de violences, la première phase des élections législatives lundi et mardi s’est déroulée dans le calme.

Leur presse (ats), 30 novembre 2011.

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Les images que le gouvernement tunisien veut vous cacher

D’après le U.S. Geological Survey, les exportations de phosphates rapportent à la Compagnie des Phosphates de Gafsa 5 millions de dollars par jour, plus d’un milliard et demi de dollars par an. En dépit de ces profits, les habitants de cette région riche en minerais survivent dans des conditions indignes.

Le 24 novembre, les bureaux locaux de la Compagnie, qui appartient à l’État, ont été attaqués par les villageois en colère de Mdhilla après l’annonce des résultats d’un concours de recrutement.

Une équipe du site d’informations Tunisia Live, qui s’est rendue à Mdhilla, s’est vue interdire par trois policiers, l’un en uniforme et deux en civil, de filmer les installations de la Compagnie.

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Il est interdit de filmer cette usine

Dès leur arrivée à Mdhilla, les villageois ont entouré l’équipe de Tunisia Live pour dénoncer le népotisme pratiqué par la Compagnie, le chômage endémique, la pollution de l’air, l’eau empoisonnée, le nombre disproportionné de malades du cœur et du poumon et les conditions de vie odieuses dont ils souffrent.

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Les habitants de Mdhilla entourent l’équipe de Tunisia Live pour exposer leurs nombreux griefs

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Un jeune homme de Mdhilla : « Nous vivons ici comme des bêtes. » Du foin est entreposé dans la pièce principale de cette maison

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Quand il pleut, l’eau passe à travers le toit

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Les murs de cette cuisine s’effritent à grande vitesse

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Une famille de sept personnes dort dans cette pièce

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Tandis que son voisin l’observe, un homme travaille à reconstruire sa maison qui s’est totalement écroulée lors des dernières pluies

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L’une des nombreuses mères de Mdhilla dont le fils a été recalé par la Compagnie des Phosphates de Gafsa

Alors que le gouvernement tunisien prétend avoir construit l’usine suffisamment loin de toute habitation, les habitants se plaignent de vivre à trois kilomètres à peine du centre de production de phosphogypse, qui est considéré comme un dangereux polluant atmosphérique car il dégage un gaz radioactif, le radon, à l’origine d’un grand nombre de maladies dans la région. Nombre de maisons n’ont pas l’eau courante et les habitants soupçonnent l’eau qu’ils boivent de contenir des produits chimiques utilisés pour l’extraction du phosphate.

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Nombre d’habitants n’ont pas l’eau courante. Ils doivent s’approvisionner à un robinet à l’extérieur

Repris et adapté de leur presse (Kouichi Shirayanagi, Tunisia Live, 27 novembre 2011). D’autres photos visibles ici. Voir également la vidéo publiée ici.

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[Toulouse] Manifestation pour les inculpés du 15 novembre Samedi 17 décembre

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[Paris] Réouverture du Jargon libre + Expo-vente de soutien

Le Jargon libre : archives et documentation révolutionnaires

Le Jargon libre a rouvert ses portes à Ménilmontant au 32, rue Henri-Chevreau dans le XXe arrondissement de Paris. Il est en cours d’installation, d’organisation et d’agencement. Bientôt, chacun pourra consulter archives et livres sur le mouvement ouvrier et révolutionnaire, l’anarchie, le marxisme, le surréalisme, le situationnisme, l’éducation, le féminisme, la prison, etc., et les luttes, bien sûr. Il sera possible d’étudier sur place et de photocopier les documents (lorsque nous aurons une photocopieuse !).

Le loyer est de 850 euros par mois et, le but n’étant pas commercial, nous allons galérer ! Alors nous faisons appel à tous ceux qui pensent le projet utile.

Vous trouverez plus bas le RIB du compte de l’association. Nous vous proposons soit de faire un versement automatique de dix euros (minimum) par mois de votre compte à celui du Jargon, soit d’envoyer un chèque pour l’année, ou chaque mois, libellé au nom du Jargon libre. Nous vous tiendrons au courant de la réalisation des divers dossiers d’archives que nous envisageons de confectionner, et nous nous engageons à vous envoyer des photocopies (ou des versions numérisées) des documents qui vous intéressent et qui sont dans nos archives, lorsque tout sera déballé, rangé et répertorié.

Ce projet est ambitieux, les archives et documents qui seront consultables au Jargon retracent des années d’histoire.

Votre solidarité n’est pas seulement nécessaire, elle est vitale ! Sans vous, le Jargon disparaîtra à nouveau…

Brève histoire du Jargon libre

La librairie libertaire créée en 1974 a été contrainte de cesser ses activités en 1984, la libraire ayant été embastillée pour activités subversives (Action directe). Absente, elle n’a pu négocier la passation du bail. La librairie est perdue, personne n’ayant assuré la relève militante et financière. En 1990, le Jargon libre devient une association, à Avignon, et publie Front, revue de prisonniers révolutionnaires emprisonnés. En 1995, la librairie associative s’installe boulevard Voltaire à Paris, plus tard à Montreuil, puis à Vincennes. Transformée en bibliothèque, elle trouve refuge « aux condensateurs » dans les locaux de l’Insomniaque et enfin dans le local de Tiqqun, rue Saint-Ambroise. Elle remballe ses livres très peu de temps avant l’arrestation des camarades, le local changeant de destination. Armand Gatti lui a offert un refuge, mais le lieu sombre et humide au fond du théâtre ne permet pas la « permanence » et la fréquentation d’une bibliothèque. Les livres y ont dormi plus d’un an dans des cartons. Nous avons décidé de créer un lieu propice à la consultation de la richesse et de la diversité des expériences du mouvement à travers le temps, en espérant que ce lieu sera aussi celui d’échanges enrichissants et constructifs… et, bien sûr, une oasis de fraternité.

Pour le Jargon libre,
Hellyette

Association Jargon libre
Société générale
264, rue de Pyrénées
75020 Paris
RIB : 30 003 03 434 00 050 740 050 53

Par ailleurs, ce week-end aura lieu une expo-vente de tableaux pour soutenir le projet.

Elle aura lieu le vendredi 2 décembre de 18 heures à 22 heures,
et le samedi 3 décembre à partir de 14 heures.

Au Jargon libre, évidemment !

Infozone, 30 novembre 2011.

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[Strasbourg] Conférence-débat sur la vidéo-surveillance Jeudi 8 décembre

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NoTav Val Susa Jeudi 8 décembre

Une participation nombreuse de l’assemblée populaire, le 24 novembre pour discuter des initiatives et des programmes prévus pour un mois de décembre sous le signe de la lutte. Le Palais des congrès de Bussoleno (palanotav) était rempli de no tav qui pour trois heures se sont interrogés sur quel sera la meilleure tactique à employer dans la lutte « no tav ». La date du 8 DÉCEMBRE approche. C’est une date symbole pour le mouvement, qui chaque année remémore sa victoire à Venaus en 2005. Il y avait aussi des barrières et un chantier en devenir et aussi une bataille à faire qui vit sous la neige d’un hiver magique la fermeture temporaire du projet de train à grande vitesse pour au moins 5 ans. L’avancée de 2005 fut rude et maladroite et de ce fait, le gouvernement Berlusconi sous la pression médiatique et réelle d’initiatives et de mobilisations populaires a dû céder et se replier sur des arguments techniques comme celui qui depuis est devenu l’observatoire extraordinaire pour le Lyon-Turin présidé par Mario Virano.

Aujourd’hui à la différence de 2005, le lobby des affaires politiques et économiques qui veulent construire le Lyon-Turin dans la val de Suse (mais aussi en Maurienne) est devenu décidément plus expert en mesurant et en étudiant le mouvement « no tav » pendant des années. Et c’est comme cela qu’on se trouva en face à un appareil d’occupation militaire qui n’a pas brillé par sa rapidité d’exécution de cette infrastructure (au jour d’aujourd’hui, aucun chantier n’a encore vraiment commencé et les terrains pour creuser le tunnel de reconnaissance sont encore tenus par le mouvement « no tav ») mais se montre déterminé pour maintenir en place une occupation militaire et cela pour que ça soit un symbole pour l’Europe et l’opinion publique, une enceinte dans le val de Suse qui défend en mode réel la volonté supposée d’ouvrir le chantier.

Le 8 décembe 2011 arrive comme cela après 6 mois de résistance dans la val Clarea à Giaglione, à Chiomonte où le mouvement « no tav » et les militaires s’affrontent quotidiennement dans un conflit réel, déterminé et pour une longue durée. Une résistance qui a comme objectif la résistance en tant que telle, résister et s’opposer chaque jour à la construction de cette infrastructure en faisant tout ce qui est possible et en usant de manière pragmatique de toutes les énergies à disposition. Dans cette dimension continue se programment les initiatives et après des heures de discussion hier, le mouvement « no tav » a conclu de créer pendant cette journée une initiative double, une concentration qui se dirigera vers les enceintes et une à Suse qui se dirigera à l’autoport, zone où est le siège de la SITAF. Pourquoi la SITAF ? Cette société en partie publique est l’entreprise qui gère l’autoroute Turin-Bardonecchia et qui de fait a ouvert les portes à la militarisation de Chiomonte en fournissant un couloir et la couverture technique pour le mouvement de troupe de Turin vers la Madeleine.

Dans les prochains jours, se multiplieront les réunions pour définir la logistique et le programme d’une journée importante qui se poursuivra dans les jours suivants avec des actions. Les débats et les assemblées profiteront d’un long pont festif qui durera jusqu’au dimanche 11 décembre.

Seguiranno quindi aggiornamenti a breve per i dettagli del programma.

À rester vigilant pour la suite des opérations !

A SARA DURA !!!

Mailing – 29 novembre 2011.

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Déclaration internationale libertaire de solidarité avec la lutte populaire égyptienne

Lors du week-end du 19-20 novembre 2011, une nouvelle vague de protestation de masse s’est déversée sur toute l’Égypte contre la violence systématique du Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) sur les masses égyptiennes. Le peuple est fatigué du comportement dictatorial, de l’utilisation de la dure répression contre les manifestants, des tribunaux militaires qui en 10 mois ont réussi à envoyer 12’000 camarades pourrir en prison, de la censure, de la torture, des kidnappings et des assassinats d’activistes. Le peuple est fatigué du conseil militaire qui détourne les bannières de notre révolution pour continuer la même vieille dictature sous d’autres prétextes. Le peuple est fatigué de leur promotion du sectarisme pour nous détourner de notre vrai combat pour la justice, l’égalité et la liberté.

L’impérialisme a dicté une « transition ordrée » vers la démocratie en Égypte. Les militaires se sont montrés obéissant envers ce projet. Le peuple en Égypte demande la fin de la dictature et l’éradication de tous les vestiges du régime haï de Moubarak. Les masses égyptiennes veulent sentir, enfin, que leur pays est dirigé pour elles et par elles.

Les anarchistes égyptiens, et le mouvement de solidarité avec les révolutionnaires libertaires, soutient d’une seule et même voix la lutte justifiée du peuple égyptien pour continuer leur révolution et condamne le massacre des manifestants qui nous montre bien que le CSFA n’est en rien différent de Moubarak.

Contrairement à d’autres secteurs qui gardent leurs illusions à propos de la démocratie bourgeoise, nous croyons que la démocratie et l’État sont irréconciliables. La démocratie réelle a été mise en pratique par le peuple égyptien lorsqu’ils ont formé les comités populaires et ont fait fonctionner leurs propres communautés, leurs propres villes, leurs propres affaires par le bas. Nous appelons au renforcement de ces comités populaires, nous appelons à la décentralisation du pays, pour que chaque position politique soit révocable par les comités si elles ne reçoivent pas un mandat populaire.

Nous croyons aussi que l’aspiration à la démocratie est incompatible avec le système capitaliste, basé sur le contrôle d’une élite sur l’économie et la vie, et qui condamne chaque jour vingt-cinq mille êtres humains à mourir de faim. La démocratie réelle n’est possible que lorsque toute la société gère démocratiquement l’économie et l’industrie d’une nation. Cela requiert la propriété collective du territoire et des entreprises ainsi que leur autogestion par les travailleurs et les paysans. Si une minorité contrôle le bien-vivre du monde, cette minorité gardera son pouvoir sur la majorité. Le libre marché est une forme plus subtile de dictature.

Par conséquent, nous appelons les travailleurs et les syndicats à prendre un rôle majeur dans la lutte actuelle, pour occuper les lieux de travail, pour en faire des coopératives de travailleurs, et à préparer la complète autogestion de l’économie égyptienne.

La crise en Égypte ne se résoudra pas par des solutions sans conviction. Nous avons besoin de l’engagement des jeunes, des femmes, des travailleurs pour éradiquer les sources de la tyrannie et de la violence dans notre pays — le système capitaliste et l’État. Unissons-nous sous la bannière de la lutte contre le gouvernement militaire, mais défendons l’alternative révolutionnaire, libertaire pour le peuple égyptien.

25 novembre 2011

Libertarian Socialist Movement (Égypte)
Federazione dei Comunisti Anarchici (Italie)
Organisation Socialiste Libertaire (Suisse)
Workers Solidarity Movement (Irlande)
Zabalaza Anarchist Communist Front (Afrique du Sud)
Workers Solidarity Alliance (États-Unis)
Confederación Sindical Solidaridad Obrera (Espagne)
Grupo Libertario Vía Libre (Colombie)
Centro de Investigación Libertaria y Educación Popular (Colombie)
Instituto de Ciencias Económicas y de la Autogestión (Espagne)
Federación Comunista Libertaria (Chili)
Revista Política y Sociedad (Chili)
Melbourne Anarchist Communist Group (Australie)
Common Struggle – Libertarian Communist Federation (États-Unis)
Unión Socialista Libertaria (Pérou)
Common Cause (Canada)
Confederación General del Trabajo (Espagne)
Coordination des Groupes Anarchistes (France)

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[Nancy] Concert antirep & pour la création d’un local autogéré Vendredi 9 décembre

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Une réponse à l’article paru dans le Monde le 25/10/2011 à propos de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

En réponse à l’article paru dans le Monde le 25/10/2011 à propos de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes,

Avec les « enragés » de Notre-Dame-des-Landes

Veuillez prendre note que ceci est un message qui n’est pas représentatif de l’opinion globale des occupant-e-s de la ZAD mais seulement d’individu-e-s, à destination de la journaliste Anne-Sophie Mercier, de la rédaction du journal Le Monde, des personnes interviewées et des autres personnes en lien avec cet article.

Tout d’abord, sachez qu’il n’est pas surprenant pour nous de lire dans Le Monde un point de vue aussi politicard et étriqué, caricatural et orienté. Réduire une lutte d’une grande diversité à un aperçu des coulisses nauséabondes du jeu électoral entre Verts et PS, et surtout réduire la parole du mouvement à celle de représentants associatifs ne reflétant qu’une des multiples tendances de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, c’est faire montre d’une ignorance profonde des enjeux politiques de cette lutte. Comme d’habitude la presse nous gratifie de sa vision binaire, simpliste et manichéenne des mouvements sociaux, martelant sans cesse cette division convenue entre gentils manifestants et méchants « anars », écolos pacifistes et « ultras », altermondialistes et casseurs pendant les sommets internationaux. D’un torchon comme Presse Océan à un soi disant « journal de référence » comme Le Monde, le discours est le même.

La journaliste ne se focalise que sur une seule figure, celle du vétéran et héros médiatique du Larzac donnant une image policée de l’opposant qui omet toute la radicalité de la lutte du Larzac comme celle de Notre-Dame-des-Landes, celle du militant institutionnel : qui ne veut pas de l’aéroport dans son jardin, qui ne rejette pas la société qui le produit, qui prône l’agrandissement de l’aéroport actuel, qui fait de l’avion de tourisme à ses heures perdues et pour qui la lutte contre l’aéroport se résume à une succession de recours juridiques et de consécrations médiatiques.

Comme tous les journalistes, Anne-Sophie Mercier est imprégnée du discours dominant et engluée dans son ethnocentrisme de classe. Selon elle, la lutte a pour seul salut l’appui des partis politiques et l’action du militant modèle, un jeune normalien qui joue le jeu institutionnel et milite « scientifiquement » pour retarder le projet, Dorian Piette.

Cet été, lors de la lutte contre la ligne LGV Lyon/Turin en Italie (No Tav), la ligne artificielle de séparation, que les journaux ont tenté d’ériger entre gentils et méchants manifestants, a été mise à mal. Ce sont près de 70’000 personnes qui ont exprimé le refus de ce dualisme en criant : « nous sommes tous des Black Bloc ». Marquer les différences entre squatteurs/occupants et « extérieurs » et laisser transparaître une fantastique solidarité entre agriculteurs et occupants, est un double-jeu assez vicieux. C’est une falsification de la réalité. Nous ne voulons pas dire par là que la solidarité est inexistante, nous apprécions grandement ces moments où avec 20 tracteurs nous encerclons la mairie de Notre-Dames-des-Landes dans la joie.

Mais la réalité au jour le jour est bien différente de cette assertion de la journaliste, naviguant à tout moment entre citations et avis personnel : « à chaque fois que la gendarmerie, très présente sur la zone, effectue des perquisitions chez les squatteurs, les paysans, prévenus par courriels ou SMS, se précipitent, en voiture ou en tracteur, pour faire acte de présence, mettre en scène la cohésion du groupe, à toute heure du jour et de la nuit ». À cette vision idyllique, nous préférons les faits : les perquisitions ne sont pas (encore ?) monnaie courante sur la ZAD, les agriculteurs locaux ne sont pas prévenus 24h/24 et n’accourent pas en tracteur lorsqu’un événement survient dans un lieu occupé. Mais si une telle vision enchante les représentants de l’ACIPA et de l’ADECA, libre à eux qu’elle devienne réalité.

La journaliste écrit : « En revanche, la méfiance est viscérale envers les “extérieurs”, quelques dizaines tout au plus, qui se sont greffés sur ce combat et polluent les grandes manifestations. Ils sont issus de la région, mais quelques uns viennent d’Australie, d’Angleterre. On les dit “anars” mais ils veulent surtout en découdre, sont à l’origine de l’attaque de la caravane du PS à Nantes en août et du saccage des locaux de la fédération socialiste de Haute-Garonne il y a une dizaine de jours. Leur présence est un souci permanent pour les agriculteurs qui savent que leur combat peut en être décrédibilisé. » Nous espérons que ce paragraphe imprégné d’un chauvinisme confinant à la xénophobie reflète l’opinion de la journaliste engoncée dans ses stéréotypes urbains. Il serait en effet plus que surprenant que ces propos soient la paraphrase du discours off de ces très médiatiques opposants institutionnels qui affichent une solidarité sans faille envers les occupants.

Alors sachez que nous, occupant-e-s de la ZAD, sommes solidaires les un-e-s les autres, que nous ne considérons pas les personnes selon leur nationalité, leur origine ou leur moyen d’action comme « extérieurs » à la lutte mais comme partie intégrante de la lutte contre l’aéroport et, dans une mesure plus globale, dans la lutte contre le système capitaliste et l’État. Nous affichons clairement notre solidarité envers toutes ces personnes que vous et vos confrères journalistes catégorisez, et envers toutes les actions qu’il y a eu en France et ailleurs en soutien à la lutte contre l’aéroport et Vinci.

Zone À Défendre, 28 novembre 2011.

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[Paris] Procès en appel pour les camarades arrêtés à Fontenay suite au débat/concert sur le Val Susa

Le 7 décembre aura lieu le procès en appel de Mohamed, Florian et Damien, ainsi que la demande de mise en liberté de Mohamed, incarcéré à Fresnes depuis plus de deux mois.

RV le 7 décembre à 13h30, pôle 2, chambre 7, Cour d’appel de Paris.

Pour rappel, fin septembre, lors d’un concert de solidarité à Fontenay-sous-Bois, trois camarades dont un sans papiers ont été arrêtés puis placés en garde à vue au commissariat de Fontenay-sous-Bois. Déférés au tgi de Créteil ils sont passés en comparution immédiate. L’un (sans papiers) a été condamné à 4 mois de prison ferme avec mandat de dépôt (il est à Fresnes) ; les deux autres ont été condamnés à 8 mois dont 4 avec sursis pour outrage et rébellion sans mandat de dépôt (ils sont donc dehors).

Liberté pour Mohamed, Liberté pour tous…

Brèves du désordre, 27 novembre 2011.

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Dernières nouvelles d’Égypte : 28 novembre

Transféré du Caire

Ce matin [lundi 28 novembre], des pourparlers ont eu lieu entre les SCFA, et deux présidentiables, Baradei et Moussa, en vue de désamorcer la crise actuelle. Les manifestants qui occupent Tahrir depuis 8 jours ont appelé à une nouvelle manifestation aujourd’hui à partir de 14 heures pour réitérer leurs revendications. Un communiqué de l’ambassade de France a incité les miliatires à transmettre le pouvoir à un gouvernement civil sans tarder. Jusqu’à maintenant le premier ministre désigné n’a pas prêté serment, sa nomination si elle ne recueille pas consensus, est du moins saluéé par beaucoup pour sortir de la crise actuelle. La probable nomination de Baradei, risquerait d’enflammer le ministère de l’Intérieur, le chaos qui en découlerait serait intenable. Une réunion de Baradei avec les forces politiques, se tient à l’heure actuelle, son issue déterminera le déroulement du reste de cette journée et de cette nuit. On peut craindre le pire à la veille d’élections législatives mal préparées, dans un climat d’insécurité et de contestation, sur fonds d’affrontements sanglants prévus dans la nuit des 28/29 pour évacuer la place et les alentours du conseil des ministres.
Si le SCFA voudrait éviter ce scénario, il ne tentera pas d’évacuer la place, ceci semble impossible en prévision des violences qui auront lieu aux urnes des différentes circonscriptions. L’anarchie qui règne dans le pays et la débandade du corps de la police ainsi que sa soumission aux ordres des adeptes de l’ancien régime, ne permettent pas de laisser des milliers de manifestants à Tahrir, à deux pas de lieux de commandement sensibles, au moment du déroulement des élections.

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Barricade de la rue Mohamed Mahmoud, le 27 novembre : « La liberté viendra pour toujours ! »

Nous avons perdu les élections au syndicat des ingénieurs. Selon les premiers résultats, les frères [musulmans] sont gagnants dans 14 gouvernorats, dans 7 il y aura un second tour pour le poste du syndic régional, les indépendants ont gagné la totalité des sièges au Caire, au nord Sinaï, à Suez et à El Arich. Nous attendons les résultats pour le syndic général, un second tour est probable. De façon générale, la liste des frères a obtenu les deux tiers des sièges du syndicat.

Le syndicat des ingénieurs est le second syndicat en Égypte (600.000 membres après celui des enseignants (1,5 million). Mais c’est le plus riche avec un capital fixe de plus de 2 milliards de LE. Depuis le prise du pouvoir par Nasser, le premier ministre a toujours été désigné parmi les ingénieurs, ceux-ci occupent également les postes clé des ministères de l’irrigation et des ressources hydrauliques, de l’électricité, du logement et de la bonification des terres désertique. Le dernier premier ministre après la révolution du 25 janvier, Essam Charaf est un ingénieur. Outre leurs fonctions de  promotion de la profession et de la défense de leurs membres, les syndicats professionnels en Égypte jouent un rôle politique, en prenant position vis-à-vis des affaires de la cité et en mobilisant leurs membres. Il ne faut pas oublier que leur ralliement à la révolution le lendemain du mercredi sanglant du 2 février 2011 a accéléré le départ de Moubarak. L’émergence des ONG au cours de deux dernières décennies a relativement diminué leur rôle et leur poids respectifs dans la sphère politique et sociale, notamment en l’absence des syndicats des médecins et des ingénieurs qui étaient gelés pendant plus de dix ans. C’est ce qui explique l’importance et l’enjeu de ces élections.

Mailing – 28 novembre 2011.

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Pédagogie et révolution

Pédagogie et révolution, Questions de classe et (re)lectures pédagogiques

Grégory Chambat, préface : Charlotte Nordmann, Libertalia, Collection : Terra Incognita, 216 pages, octobre 2011, 14 euros (frais de port inclus),

À commander en ligne :

http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Pedagogie-et-revolution-Gregory
ou : http://editionslibertalia.com/Pedagogie-et-revolution.html

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1322562222.jpgCantonné à la seule question des moyens ou englué dans l’artificielle querelle opposant réac-publicains et pédagogistes, le débat autour de l’école est aujourd’hui dans l’impasse.

Proposer une relecture des « classiques » de la pédagogie et questionner leur actualité à la lumière des enjeux présents est une manière de réactiver cette inspiration révolutionnaire qui guidait les éducateurs d’hier. De Francisco Ferrer à Jacques Rancière, en passant par Célestin Freinet, Paulo Freire ou Ivan Illich, ce recueil de chroniques publiées dans la revue N’Autre école esquisse le bilan d’un siècle de pratiques et de luttes pour une éducation réellement émancipatrice.

Ce parcours pédagogique emprunte également des chemins oubliés ou plus inattendus : l’apport du syndicalisme révolutionnaire, de Fernand Pelloutier à Albert Thierry ou l’oeuvre éducative de la révolution libertaire espagnole. Car, si la postérité a conservé la trace de quelques-unes des figures convoquées ici, elle ne doit pas nous faire oublier que le combat pour une école de la liberté et de l’égalité fut toujours une pratique collective et sociale. Dans le domaine de la pédagogie, comme dans celui de l’action militante, ceux qui savent de quoi ils parlent sont ceux qui font… Montaigne l’affirmait : « Éduquer, ce n’est pas emplir un vase, c’est allumer un feu »… il est temps de souffler sur les braises !

L’auteur – Enseignant depuis 1995, Grégory Chambat travaille avec des élèves non-francophones dans un collège de Mantes-la-Ville (78). Militant de la CNT-éducation, il participe au comité de rédaction de la revue N’Autre école. Il a publié Instruire pour révolter, Fernand Pelloutier et l’éducation, vers une pédagogie d’action directe et coordonné le livre d’entretiens École : une révolution nécessaire (éditions CNT).

Sommaire – Introduction – Vers une pédagogie socialement critique… – Un mythe qui a la vie dure : l’école de Ferry selon Jean Foucambert – Aux sources du syndicalisme : ni curés, ni patrons, ni État – « Instruire pour révolter », Pelloutier ou la pédagogie d’action directe – Albert Thierry, l’homme en proie aux enfants – Francisco Ferrer : une école pour la Sociale ? – Espagne 1936 : l’école fait sa révolution – Korczak : l’autre insurrection de Varsovie – « Une société sans école ? » Ivan Illich – La pédagogie des opprimés de Paulo Freire – Bourdieu et l’école – Jacques Rancière : l’école ou la démocratie ? – Freinet… jusqu’où ?

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