[Montpellier] Une réponse à l’expulsion du TTGC

Salut,

Une belle surprise pour les habitants de Figuerolles, quartier dans lequel se trouve(ait) le Squat Très Très Grand Cœur, expulsé jeudi matin, qui ont pu voir quelques banderoles sur les bâtiments vides de la SERM.

L’info a rapidement circulé, et quelques photos ont été prises.

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On peut y lire « Ci-gît le TTCG, squat ayant accueilli des centaines de gens pendant 4 mois. Expulsé le 25/01 par le GIPN sur ordre de la SERM » ou « Bâtiment laissé vide par la SERM. 1 toit pour 10 personnes »

Face à la répression, la solidarité est notre arme !

Mailing – 28 janvier 2012.

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[Chroniques grecques] N° 3 : Où, quand et comment naît la rupture ?

Athènes.

En parcourant les rues de la capitale athénienne, nous n’avons pas retrouvé cette perception maintenant courante de la situation grecque : pas d’explosions de bombes par attentats à tous les coins de rue, pas d’émeutes omniprésentes anarchistes et/ou populaires, pas de siège policier de l’école polytechnique, bastion historique des anarchistes révolutionnaires.

Mais un innommable chaos. Le chaos capitaliste établie en norme, en loi, en ordre. Une jungle éclatée où des centaines de groupes de migrants et chômeurs, munis de caddies, dépècent avec méthode chaque poubelle afin de trouver de quoi survivre. Une salariée d’un petit hôtel à proximité de la gare confirme ce que beaucoup de camarades nous avaient déjà signalé : la fuite, le chacun-pour-soi, la débandade chaotique. Tandis que 170’000 industries, usines et lieux de travail dans tout le pays ne paient déjà plus leurs salariés, ouvriers et employés, soit plus de 1’200’000 travailleurs concernés, que 1’000’000 de chômeurs parcourent sans repères des rues hostiles où se déchaînent de nouvelles formes de violences sociales, d’agressions, de dépouillages, voire de lynchages, plus de 5000 jeunes grecs d’environ 25 ans ont déjà fuit le pays en désintégration, vers l’Allemagne, l’Angleterre, ou les États-Unis. Alors que le gouvernement parle officiellement de 20% de chômage, beaucoup nous confirment qu’il y a en réalité entre 45 et 55% de chômage. Des familles déchirées par la misère, des individus broyés et abandonnés à l’épuration sociale, des jeunes déracinés et envoyés sur les routes des pays « encore riches », voilà la nouvelle norme du régime capitaliste en « restructuration » : une bourgeoisie qui se cache avec insolence derrière les patrouilles permanentes de brigades Delta dans les grandes avenues, une middle-class qui s’acharne à donner le change, à faire comme-si, à ne pas voir l’évidence de sa prolétarisation et de sa situation commune avec les couches déjà officiellement et publiquement laissées à la stricte extermination sociale.

Où, quand et comment naît le point de rupture ? Jusqu’à quand la population va-t-elle subir, encaisser, recycler la violence sociale extrême qui la pousse dans les caniveaux de la rue ? D’un pays déjà au bord du gouffre, l’angoisse du « on ne sait pas ce qui va se passer », « quelle sera la suite », les autres peuples européens restent incapables d’anticiper l’irrémédiable rouleau compresseur qui va également et inexorablement s’abattre sur eux. La logique capitaliste du « lui mais pas moi » pousse à la folie, au désespoir qui cherche un bord solide où s’accrocher, sans voir que ce bord lui-même est en pleine chute libre.

Un camarade nous raconte qu’il est ouvrier dans une usine de papiers, une grande industrie de production. Il y a encore deux ans, son lieu de travail comptait 40 ouvriers. Aujourd’hui ils ne sont plus que sept et cette semaine, par défaut de paiement de la part du patron, la banque a saisi les machines et fait fermer l’usine. Le patron a fui en Bulgarie pour relancer son business, quant aux sept ouvriers restants, ils se retrouvent à leur tour à la rue, comme les 36 autres licenciés un par un depuis deux ans. Les sept ouvriers se sont réunis et ont décidé d’empêcher la saisie des machines par les « vautours » de la banque et vont tenter dans les prochains jours de se les réapproprier pour continuer la production et redistribuer directement les profits entre eux. Cette tentative de réappropriation autogestionnaire, avant d’être celle-ci, est une tentative de survie qui cherche une solution dans une perspective collective : voilà une des formes de fracture « dans les consciences » dont beaucoup parlent, où face à l’abandon du peuple à lui-même et condamné à la mort sociale, il n’y a plus rien à attendre ni espérer d’autre que de soi-même. Et recréer une force à partir de soi-même, une autonomie collective, est un défi bien plus terrible que de fuir tout bonnement le pays à la recherche d’un travail en Allemagne ou aux États-Unis.  Durant les derniers mois, on compte encore 50’000 personnes qui ont migré des centres urbains vers les campagnes et les villages, où des Coopératives tentent de se créer pour une production et redistribution agricole locale et directe, avec un partage des profits et richesses. Ébauche encore une fois qui tente de faire ses preuves face à la désintégration totale.

Simultanément, une nouvelle forme de colonialisme capitaliste se concrétise : les moyens de communications ont été rachetés par une industrie allemande, le célèbre Pirée (port d’Athènes) a été racheté par des industries et actionnaires chinois, l’Acropole et autres sites sacrés et antiques sont aux enchères et la proie des actionnaires mondiaux. Même au sein des grands sièges de banques et ministères nationaux grecs, ce sont encore des actionnaires et conseillers allemands qui décident et imposent leur diktat pour tirer des profits pour le compte de l’Allemagne. Toutes les grandes industries de production et de distribution sont strictement mises en faillite, seules les industries pour l’exportation sont encore soutenues financièrement par l’État. Les écoles n’ont plus ni professeurs ni bouquins d’étude pour les enfants, les universités sont en phase d’application d’une loi de privatisation drastique, les hôpitaux n’ont plus de médicaments ni d’effectifs faute de moyens : c’est le retour à un régime féodal esclavagiste où une grande majorité de la population n’a plus accès ni à l’éducation ni à la santé, où il faut batailler pour avoir un toit et de l’électricité, et s’entre-déchirer pour avoir quelques nourritures dont les denrées les plus vitales sont tout bonnement inaccessibles.

Seul l’État anticipe avec méthode la nécessité de contenir les possibles troubles à venir, qui peuvent survenir par la moindre étincelle, car autant l’apathie et la résignation forcée accable le peuple grec que la moindre mèche allumée peut entraîner le brasier le plus incontrôlable. Les institutions sont toujours plus autoritaires et militarisées, fermées et cloisonnées, la police devient une force quasi autonome pour le maintien de l’ordre, cet ordre qui n’est autre que le Chaos érigé en Norme de sur-vie.

Seul le quartier d’Exarchia semble préserver et même développer une certaine solidarité collective, une force particulière où se mêlent migrants, sans-papiers, chômeurs et familles, avec les milliers de camarades qui sécurisent autant que possible la zone des raids policiers. Assemblées et réunions sont régulières pour libérer une parole populaire et horizontale en vue d’échafauder des perspectives collectives de renversement.

L’ordre des marchands se recycle sur la destruction de vies humaines, et avec une insistance acharnée se répète sans écho la terrible interrogation : où, quand et comment naît le point de rupture ? Comment changer la peur de camp ? Comment délimiter notre propre camp et lui donner une force offensive afin de créer des structures autogestionnaires et horizontales pour remplacer les organes de santé et d’éducation détruits et anéantis par le broyeur du Capital ? Comment créer des outils collectifs à échelle locale afin de renverser l’ordre des marchands qui appelle au travail en le détruisant, à substituer nos propres critères de vie aux leurs de survie ?

Certaines places et parcs sont occupés par des centaines de chômeurs et migrants à la rue, anéantis par la drogue et le marché noir, qui se développe comme en temps d’occupation et par lequel quelques commerçants malins développent un capitalisme de rue, un business de  mort où les exclus deviennent des « zombies » comme on se l’entend dire, des silhouettes silencieuses défigurées par la misère et qui survivent au jour le jour, sortant le couteau pour quelques pièces ou une cigarette.

Le chaos social érigé en ordre civilisateur par le capitalisme ne peut que pousser à une situation de guerre, et nombreux sont ceux qui pensent que les prochains mois, avec le déclassement généralisé et l’esclavagisme officialisé, le peuple manifestera dans la rue armes à la main. Beaucoup craignent ou attendent simplement avec une froide logique ce type d’affrontements sanglants, comme élément intégré dans ce chaos social érigé en Norme ou bien comme élément déclencheur du renversement des peurs. Beaucoup de travailleurs ont également l’œil tourné vers ces courageux ouvriers des grandes industries d’aciérie en grève sauvage illimitée depuis plusieurs semaines, qui ont le soutien officiel des syndicats et groupes de gauche mais ne doivent compter que sur eux-mêmes pour tenir et développer des caisses de grève, comme pour voir « si c’est possible », possible de tenir, possible de se serrer les coudes, possible de vaincre le diktat de la bourgeoisie et du Capital assassins.

Où, quand et comment naît la rupture ?

28 janvier 2012.

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[Sénégal] Wade dégage !

Sénégal/présidentielle : un policier tué dans des violences à Dakar

Un policier a été tué dans la nuit de vendredi à samedi à Dakar lors de violences qui ont éclaté après la publication de la liste des candidats retenus par le Conseil constitutionnel pour la présidentielle de février, a appris l’AFP de source policière.

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Ils ont tué un policier, a affirmé le commissaire de police Arona Sy, sans donner les circonstances de cette mort survenue lors de violences entre policiers et jeunes opposants à une nouvelle candidature du président Abdoulaye Wade qui a été validée par le Conseil constitutionnel.

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Dès l’annonce de la validation de la candidature du président Wade et du rejet de celle du chanteur Youssou Ndour, des jeunes rassemblés depuis des heures sur une place de Dakar à l’appel de l’opposition ont jeté des pierres sur les policiers qui ont riposté à coups de gaz lacrymogène et de matraque.

Les jeunes, armés de barres de fer, ont également mis le feu à des pneus et des courses-poursuites entre eux et les policiers se sont engagées dans les rues adjacentes à la Place de l’Obélisque.

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Les forces de l’ordre s'étaient déployées aux alentours de l’assemblée nationale, du Sénat, et aux abords de l’hôpital principal. Même décor du côté de la place de l’indépendance, à la chambre de commerce. Sans parler de la place de l’obélisque qui abritait la manifestation du M23 ce vendredi.

Les violences se poursuivaient dans la nuit de vendredi à samedi dans plusieurs quartiers de Dakar, selon un témoin et des médias privés.

Je vois des feux, impossible de passer. Ça brûle à Sacré-Cœur (centre), sur la VDN, une route menant au nord de la ville, a déclaré à l’AFP un témoin circulant en voiture.

Les télévisions privées montraient des jeunes érigeant des barricades, brûlant des pneus et des planches sur plusieurs artères, ainsi que des échanges de projectiles et gaz lacrymogènes entre des manifestants, essentiellement des jeunes, et les forces de l’ordre anti-émeutes de police et de gendarmerie.

Des manifestations de colère étaient en cours également dans les provinces, d’après les médias locaux : notamment à Thiès d’après l’Agence de presse sénégalaise (APS, officielle), et à Kaolack (centre), Matam et Ourossogui (nord) d’après la Télévision Futurs médias (TFM, privée).

Leur presse (Agence Faut Payer, 28 janvier 2012)


Sénégal : l’opposition appelle à marcher sur le palais présidentiel

Le Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis politiques de l’opposition et de la société civile contestant la candidature du président Abdoulaye Wade à la présidentielle de février, a appelé samedi les Sénégalais à marcher sur le palais de la République pour en déloger M. Wade.

Le M23 appelle le peuple sénégalais souverain à se mobiliser autour du Mouvement pour marcher sur le palais de la République et (en) sortir Wade qui est en train de le squatter, a déclaré à l’AFP Abdoul Aziz Diop, un des responsables du mouvement à l’issue d’une réunion de sa direction.

Cette réunion visait adopter une décision commune du mouvement à la suite de la publication de la liste des candidats autorisés par le Conseil constitutionnel à se présenter à la présidentielle.

Les dirigeants du M23 exhortent les Sénégalais à se joindre au Mouvement pour organiser la reprise du territoire occupé par Abdoulaye Wade et ses sbires. (…) C’est la seule direction prise à partir de ce soir, a ajouté M. Diop, précisant : Dès ce (samedi) matin, le M23 mettra tout en œuvre pour pouvoir organiser cette marche sur le palais et aller déloger M. Wade.

Le M23 regroupe des partis politiques et coalitions de partis ayant investi certains des candidats autorisés, dont les anciens Premiers ministres Moustapha Niasse, Idrissa Seck et Macky Sall, ainsi que le chef du Parti socialiste (PS), Ousmane Tanor Dieng.

À la question de savoir si ces candidats membres du mouvement allaient faire usage de leur droit de recours au Conseil constitutionnel, Abdoul Aziz Diop a répondu : Cela les concerne du point de vue individuel à partir du moment où ce sont eux les candidats.

Le mouvement leur a toutefois demandé de suivre la décision commune. Il n’y a pas d’autre stratégie que de regrouper le pays, d’appeler les Sénégalais et en marchant dans les prochains jours sur le palais de la République, parce que c’est le seul moyen de bouter Abdoulaye Wade dehors et de remettre la démocratie sénégalaise sur les rails, a-t-il conclu.

Leur presse (Agence Faut Payer, 28 janvier 2012)


Ça chauffe et ça brûle un peu partout à Dakar, Mbour, Thies, Kaolack

Après la validation de la candidature de M. Abdoulaye WADE à la présidentielle de février 2012, des émeutes ont éclatées un peu partout dans les artères de la capitale et sa banlieue, mais aussi dans les régions.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327717713.jpgDans la capitale à Colobane, Fass, Grand Dakar, les jeunes ont fait face à des policiers surarmés et surtout très déterminés. Ces affrontements ont même dégénérés poussant les policiers à être hors de contrôle, allant jusque se ruer sur tout ce qui bougent et nos confrères du Populaire en on fait les frais. En effet un policier, s’est dans un excès de zèle criard attaqué ces pauvres journalistes qui ne faisaient que leur travail.

Ces même policiers en un moment donné se sont permis de rentrer dans le siège du Parti Socialiste qui se trouve à quelques jets de pierres de la place de l’Obélisque après l’avoir « canardé » de grenades lacrymogènes pour déloger les jeunes qui y avaient trouver refuge. (…)

Leur presse (Rewmi.com, 28 janvier 2012)


Direct émeutes Dakar : Le chef de la police confirme la mort d’un agent et d’un blessé

Tout le pays est en train de s’embraser. Les jeunes contestent avec véhémence la décision du Conseil constitutionnel qui a validé la candidature du chef de l’État ce vendredi 27 janvier.

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Ces manifestations ont fait une première victime. Il s’agit d’un agent du Groupement Mobile d’Intervention (GMI) qui a été pris en otage par les manifestants à Colobane à hauteur de l’ambassade de Mauritanie. Il a été lynché à mort. Cet agent a été arrête en même temps que par les manifestants en même qu’un autre de ces collègues qui lui aussi a été sérieusement blessés.

Leur presse (Pressafrik.com, 28 janvier 2012)


Manif des jeunes du M23 contre l’avis du conseil constitutionnel : Dakar en flammes

Toutes les artères de la ville de Dakar étaient en feu hier soir, quelques secondes après l’annonce de la recevabilité de la candidature de Wade par le Conseil constitutionnel. Les jeunes du M23 ont mis le feu à Colobane, la Médina, à Fass, sur la Vdn aux alentours et en banlieue.

Des pneus calcinés au milieu de la chaussée, des débris déversés un peu partout, de la fumée noire à perte de vue. Tel est le décor hier dans les différentes artères de Dakar surtout aux alentours de la Place de l’Obélisque, lieu de rassemblement du M23. Les jeunes manifestants ont pris d’assaut les quartiers de Fass, Médina, Centenaire dès l’annonce de la validation de la candidature du président Abdoulaye Wade. Armés de pierres, l’insulte à la bouche, les manifestants en colères ont décidé de forcer la « barrière » des forces de l’ordre stationnées à quelques mètres de la place de l’Obélisque. « Nous n’accepterons pas la candidature de Wade, les gars, direction Palais ! direction Palais ! » crient-ils en chœur.

Acculés, les éléments du groupement mobile d’intervention ripostent. Ils balancent des grenades lacrymogènes et arrosent d’eau chaude, les manifestants. L’arme fait mouche, mais n’entame en rien la détermination des jeunes qui se dispersent et forment de petits groupes pour envahir les quartiers environnants (Fass, Médina, Centenaire etc). Comme s’ils se sont passé la consigne, ils brûlent et déversent des immondices sur leur passage. De leurs bouches sortent les mêmes slogans : « Y en a marre de Wade ! Le peuple en a assez de ce régime ».

Des pierres à la main, un foulard rouge noué au cou, Ismaïla, la vingtaine, confie : « Le mot d’ordre est clair : Pas d’élection si la candidature de Wade est validée. Nous sommes déterminés et nous allons montrer à Wade qu’il ne sera pas candidat contrairement à ce que veut son Conseil constitutionnel. »

Des camions bourrés d’éléments du groupement mobile d’intervention étaient à la poursuite des jeunes manifestants jusque dans les coins et recoins de Fass et de la Médina. Pour échapper à la furie des incendiaires, les taxis et autres véhicules particuliers empruntent des rues et ruelles détournées. Les habitants de ces quartiers jouaient le rôle de spectateurs. On les aperçoit du haut des terrasses ou des balcons en train de suivre le spectacle.

Leur presse (Y. Massaly – Walf Fadjri/L’Aurore, 28 janvier 2012)


Manifestations à Tambacounda : Pneus brûlés, barricades érigées sur les routes

La violence entre les forces de l’ordre et les jeunes manifestants contre la candidature de Me Abdoulaye Wade a progressé partout dans les différentes artères de la commune de Tambacounda où des jeunes jusque tard dans la nuit (0h42mn) ont brûlé des pneus et érigé des barricades sur les avenues. La police a usé par moments à des grenades lacrymogènes pour tenter de disperser les manifestants.

Le Conseil constitutionnel a accepté la candidature d’Abdoulaye Wade avant de dévoiler, hier vendredi la liste des candidatures retenues pour participer à l’élection présidentielle du 26 février. Celle du président sortant a soulevé des contestations. La capitale orientale n’a pas été en reste.

Après l’annonce des résultats provisoires, des jeunes sont sortis dans la rue, tard dans la nuit vers les coups de 22 heures à Tambacounda, pour brûler des pneus et ériger des barricades sur toutes les grandes artères du centre ville. Du grand carrefour Abdou Cissokho en passant par l’avenue Kandioura Noba au stop Tassangoro.

Les forces de l’ordre ont tenté de les contenir en lançant des grandes lacrymogènes mais les jeunes étaient décidés même à en découdre avec ces forces de l’ordre. Au moment où nous mettions sous presse, la situation était tendue à Tambacounda, poussant certaines familles qui étaient plongées dans les bras de Morphée à être réveillées par les grenades lacrymogènes.

Leur presse (Assane Diallo – Tambacounda.info, 28 janvier 2012)

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[Mort aux El-Assad !] Ambiance de fin de règne à Damas

Les combats se rapprochent de Damas

La contestation du régime de Bachar al Assad, accompagnée de plus en plus fréquemment d’affrontements armés, s’est rapprochée jeudi de Damas alors que les observateurs de la Ligue arabe ont repris leur mission malgré les doutes exprimés jusque dans les rangs de l’organisation quant à son utilité.

(…)

Un officier syrien a déclaré à Reuters que des combats étaient en cours depuis jeudi matin à Douma, foyer de contestation. Les forces de sécurité fouillent des habitations à la recherche d’armes et de suspects. Les autorités ont montré aux journalistes des grenades artisanales faisant partie, selon elles, des armes saisies.

Cet officier s’exprimait dans le faubourg voisin de Harasta, où les forces de sécurité se sont déployées en nombre.

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les forces du régime ont arrêté environ 200 personnes à Douma.

Durant la nuit, les fusillades étaient suffisamment proches pour être entendues du centre de Damas.

(…)

Selon des opposants, l’armée tente de contenir la propagation de la rébellion dans les environs de Damas.

« L’Armée syrienne libre contrôle quasiment complètement certains secteurs des environs de Damas et exerce un contrôle partiel à Douma et à Harasta », a dit un activiste disant s’appeler Hussein, interrogé au téléphone par Reuters. D’autres rebelles à Douma, Harasta et Irbine disent que les forces de sécurité se sont déployées dans leurs localités en profitant de la retraite des insurgés.

« L’armée d’Assad dispose de véhicules blindés et d’armements anti-aériens alors que nous n’avons que des fusils et des lance-grenades (RPG) », a expliqué un combattant de l’Armée syrienne libre disant s’appeler Abou Thaer.

On ignore si les combats signalés près de Damas ont fait des victimes.

Leur presse (Mariam Karouny, Reuters, 26 janvier 2012)


(…) Parallèlement, l’ancien vice-président syrien, Abdel Halim Khaddam, aujourd’hui opposant et réfugié à Paris, a affirmé jeudi dans un entretien au journal Le Figaro, que Bachar el-Assad regrouperait ses armes dans les régions alaouites, la communauté minoritaire dont il est issu.

« Bachar et son clan ont d’abord distribué des fusils et des mitraillettes dans les villes et les villages peuplés par leurs compatriotes alaouites. Depuis un mois, ils ont aussi commencé à transférer les armements lourds de l’armée, par la route, vers le littoral, en les dissimulant sur les collines et les hauteurs », déclare l’ancien dignitaire du régime syrien, qui avait fait défection en 2005. « Les missiles et les armes stratégiques ont déjà intégralement été transférés. Les tanks et l’artillerie, en partie seulement, car le régime en a besoin pour assurer la répression contre les manifestants dans les villes. Bachar a également prévu d’envoyer ses avions de chasse sur l’aéroport de Lattaquié », ajoute-t-il.

La communauté alaouite représente environ 8% de la population de la Syrie. « Les zones alaouites partent du sud-ouest de Homs et remontent, via Hama, jusqu’à la ville de Lattaquié, sur le littoral », précise au Figaro Abdel Halim Khaddam.

Selon cet opposant, Bachar el-Assad applique aujourd’hui un plan « qui vise à créer une guerre de religion, une guerre interconfessionnelle ». « La force ayant échoué, il ne lui reste donc plus qu’à mettre en place son plan de déstabilisation et de partition de la Syrie, qui entraînerait la destruction du pays », affirme-t-il. « Je sais qu’il y a un mois, il s’est confié à l’un de ses affidés libanais et lui a dit son intention de créer un État alaouite d’où il pourrait mener une guerre fratricide et confessionnelle », ajoute-t-il. (…)

Leur presse (L’Orient/Le Jour, 26 janvier 2012)

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Une semaine dans l’Azawad

1. Événements

Après 50 ans de spéculation sur le conflit tantôt appelé celui des Touaregs à travers les médias du monde, nous revoilà, une nième fois, face au traitement de cette info sous différentes formes. Faute du maintien d’un statu quo d’un mode de pensée unique, d’une pensée censurée sans objet et tant d’engagements jamais honorés par les régimes maliens, revoilà, le peuple de l’Azawad se lever vaillamment, en [brandissant] l’épée de l’honneur dans la dignité face à un État qui est considéré comme oppresseur et envahisseur.

Face à la pression tant exercée par le Mali à travers son invasion militaire dans l’Azawad, tant manifestée depuis le pacte national conclu le 11 avril 1992, le MNLA à travers son bureau politique donna l’aval à l’État-Major d’entamer l’offensive face à la déclaration de guerre du Mali au peuple de l’Azawad.

Pourquoi une telle invasion militaire, d’un pays qui n’a jamais voulu combattre les réseaux mafieux sous toutes leurs formes ?

L’État-Major militaire était prêt depuis plus de trois mois pour entamer les hostilités face à l’armée malienne qui renforçait ses positions, et son armement dans l’Azawad pour parer à la menace « MNLA » alors que cette même armée malienne a été qualifiée pendant des années par l’Algérie, les États-Unis, la France, la Mauritanie, et le Niger entre autres de maillon faible dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

• Au gouvernement malien

Monsieur Soumeylou Boubeye Maiga (bien connu pour avoir organisé les tueries, les saccages des domiciles et des commerces, les assassinats ciblés des cadres et des populations de l’Azawad, de 1991 à 1996) a déclaré à la presse a Nouakchott le mardi 24 janvier 2012, que le gouvernement du Mali, est ouvert au dialogue avec le MNLA.

Le président du Mali (ATT) a reçu plusieurs demandes du MNLA, en vue de la tenue de discussions sur les différentes propositions de dialogue qui lui ont été adressées. Au lieu de cela, il n’a jamais envoyé un haut responsable officiel au devant des représentants du MNLA. En outre, preuve de sa mauvaise foi, il n’a nullement informé les hautes instances qui dirigent le pays ni la classe politique.

Le monde entier connait le langage de bois, qu’affectionnent les autorités maliennes dans les règlements du problème de l’Azawad. Il en est d’ailleurs de même pour les problèmes de la bonne gouvernance, de l’état de droit, de la démocratie, de la corruption, de l’AQMI, de la drogue. Le même ministre a déclaré que le Mali fait face à une agression perpétrée par l’armée de Kadhafi.

La branche armée du MNLA est composée d’authentiques Azawadis. Il faut rappeler que c’est l’ancien président du Mali Alpha Oumar Konaré, qui avait demandé à Kadhafi, de retenir par tous les moyens, les combattants de l’Azawad afin qu’ils ne viennent grossir les rangs des rébellions de 1990 au Mali.

À la chute du régime de Kadhafi, il est tout à fait normal que ces mêmes combattants retenus malgré eux, en Libye, subitement libres de leurs mouvements reviennent dans leur pays. Le Mali, a toujours traité les combattants de l’Azawad de mercenaires venus de l’étranger.

Le monde entier, est suffisamment habitué d’entendre le Mali assimiler les combattants de l’Azawad, à l’AQMI, aux trafiquants de drogues, aux déserteurs de l’armée libyenne, dans le dessein de créer un vaste amalgame facile à vendre aux Occidentaux en vue d’obtenir une Sainte-Alliance contre le peuple de l’Azawad.

D’ailleurs, le gouvernement malien, par la démonstration qu’il vient de faire de son arsenal militaire sophistiqué, à l’encontre des Azawadis, vient d’apporter un démenti fracassant, à toutes ses déclarations antérieures sur son incapacité militaire à affronter l’AQMI sur son sol.

• À la presse malienne et internationale

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad rappelle, comme prétend le faire passer le régime malien à travers son ministre de la défense, celui des affaires étrangères et de la coopération internationale ainsi que différents journalistes à travers le monde entier que :
• Le MNLA est un mouvement révolutionnaire qui lutte pour le droit à l’autodétermination de l’Azawad ;
• Le MNLA rejette le terrorisme et l’extrémisme sous toute ses formes qu’il provient d’un groupe ou d’un État ;
• Le MNLA n’est pas non plus un mouvement touareg, ni une rébellion touarègue, mais un mouvement politico-militaire pour l’ensemble du peuple de l’Azawad.

Le MNLA, dément l’information [diffusée par] les nommés Baba Ould Ahmed respectivement correspondants pigiste de Jeune Afrique à Bamako et Serge Daniel, un autre pigiste de RFI. Ce dernier, plus il fait des papiers quel que soit le contenu, quelques centimes de plus lui sont versés par RFI et moins des papiers cela signifie moins des centimes et moins d’enveloppes de Bamako. Dommage qu’il est limité à ce rôle de pigiste et Monsieur Communication de Koulouba.

Pourtant il pouvait devenir un professionnel s’il jouait son vrai rôle. Cela fait plusieurs années que ça dure, toujours des informations complètement fausses, jamais vérifiées auprès des sources fiables, qui relataient entre autres sur les antennes de RFI et sur Jeune Afrique, AFP Bamako, journée du 26 janvier « … Les opérations qui ont été menées à Aguelhok sont dirigés par des islamistes radicaux dirigés Iyad Ag Aghaly et d’autres éléments AQMI… »

Nous informons qu’il s’agit d’une information gratuite qui traduit tout simplement la défaite, la débâcle de l’armée malienne face aux combattants de l’Azawad qui ont la motivation, même à mains nues de conquérir leur territoire.

Oui, nous confirmons par ailleurs, que plus de 40 Touaregs qui avaient été embrigadés par AQMI ont rejoint les rangs du Mouvement depuis plusieurs semaines et ont abandonné les rangs de l’AQMI. Il s’agit d’une victoire du Mouvement sur l’AQMI et sur l’armée malienne.

Monsieur Iyad Ag Aghali, est une notabilité de l’Azawad, ancien responsable de la première insurrection des années 1990 et il n’est pas étonnant qu’il appuie et/ou qu’il soutient la conquête de l’Azawad sans y participer physiquement. « … Les opérations qui ont été menées à Aguelhok sont dirigés par des islamistes radicaux dirigés Iyad Ag Aghaly et d’autres éléments AQMI… »

Voici un extrait de l’intervention du ministre français de la coopération au Sénat français : Mali: pas d’implication d’AQMI dans les combats touareg-armée, selon Paris (PARIS, 26 jan 2012 (AFP) – Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) n’est pas impliqué dans les combats qui opposent depuis la mi-janvier au Mali des rebelles touareg à l’armée malienne, a indiqué jeudi le ministre français de la coopération, Henri de Raincourt. « Il faut faire une différence entre les difficultés nées de la situation des Touareg et des relations avec le pouvoir central et (celles nées) de la situation d’AQMI. Ce n’est pas la même chose, d’ailleurs les deux ne collaborent pas ensemble, ne travaillent pas ensemble », a-t-il déclaré au Sénat.

« Une force d’interposition militaire étrangère dans l’état actuel des choses n’est naturellement pas possible parce que les pays concernés s’y opposent », a ajouté Henri de Raincourt. Il répondait à une question du sénateur Joël Guerriau (Union centriste et républicaine), inquiet des répercussions du conflit sur les régimes démocratiques de la région et qui lui demandait que la France porte le dossier des combats au Mali devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

2. Faits

L’État-Major du MNLA, informe qu’à ce jour, les opérations militaires pour contenir l’invasion de l’Azawad par l’armée malienne, et stopper les sévices, les tortures, les confiscations des biens, perpétrés sur les populations, se sont soldées par le bilan suivant :

Ménaka (région de Gao)
• 3 officiers et plusieurs soldats en renfort de l’armée malienne ont déserté pour rejoindre le MNLA avec 30 véhicules militaires ;
• Suite à ces défections, l’armée malienne a égorgé trois de ses soldats originaires de l’Azawad ;
• Lors des affrontements, deux morts dans l’armée malienne ainsi que 13 blessés ;
• Deux avions de l’armée malienne détruits.

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Aguelhok (région de Kidal)
Le vendredi 21 janvier, le MNLA a intercepté un convoi de l’armée malienne en renfort à la garnison d’Aguelhok ; seuls deux véhicules ont fui (vers Kidal) le reste du convoi a été détruit. Nous précisons que ce renfort malien transportait un arsenal important, et qu’il fut dépêché à la suite de la prise de la caserne d’Aguelhok par les combattants du MNLA.
• 50 morts côté armée malienne ;
• 25 prisonniers de l’armée malienne ;
• 26 véhicules récupérés ;
• 40 véhicules détruits ;
• 1 citerne ;
• 1 BRDM.
Ç quoi s’ajoute le bilan de l’assaut final sur cette ville le mercredi 25 janvier 2012, dont le bilan reste lourd.

Tessalit (région de Kidal)
Les combattants du MNLA encerclent actuellement le camp militaire de Tessalit et attendent que les formateurs militaires étrangers évacuent les lieux.

Anderanboukane (région de Gao)
• 3 véhicules blindés ;
• Un lieutenant et un adjudant-chef ;
• Assez de militaires maliens sont en fuite à travers l’Azawad.

Léré (région de Tinbouctou)
• 2 pickups de l’armée malienne ;
• 1 camion de transport de troupes de l’armée malienne ;
• 5 prisonniers parmi les militaires maliens ;
• 60 militaires maliens de l’Azawad dans l’armée malienne (gardes et policiers), ont fait défection, avant l’intervention de l’Etat-Major du MNLA, puisque déjà au sein de l’armée malienne des dispositions furent prisent pour les assassiner à Léré ;
• Quelques mitrailleuses lourdes et quelques armes légères.

Le MNLA durant cette semaine, déplore dix (10) blessés, ainsi que la perte d’un véhicule suite à un accident.

Le MNLA annonce également à l’attention de la communauté internationale et des militaires maliens, que ses troupes sont déterminées à continuer les opérations militaires jusqu’à la reconnaissance par le Mali du droit à l’auto-détermination du peuple de l’Azawad. Chaque militaire malien qui rend les armes pourra retourner chez lui sain et sauf. Aussi, les prisonniers de guerre détenus par le MNLA sont protégés et traités conformément à la convention de Genève 1949.

3. Hommes

• Perquisition, confiscation de matériel de populations civiles (voitures et téléphones des civiles) dans différentes villes de l’Azawad par l’armée malienne ;
• Désertion et défections d’officiers supérieurs et d’hommes de rang de l’armée malienne, pour les risques liés à leur appartenance sociale et ethnique, et suite aux actes d’assassinats ;
• Flux de populations civiles vers l’Algérie, la Mauritanie, le Niger, le Burkina suite à la pression exercée sur elles, par l’armée malienne.

Le MNLA, en appelle aux organisations humanitaires (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le Comité International de la Croix-Rouge, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde…) pour assistance aux populations civiles persécutées par l’armée malienne.

Gloire au Peuple de l’Azawad, aux Forces militaires et révolutionnaires de l’Azawad qui donnent leur vie chaque jour, à chaque instant pour que vivent femmes, enfants et hommes de l’Azawad.

Azawad le 27 janvier 2012

Pour le MNLA
Khoumeidy Ag Acharatmane

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[Ne dites pas « M. le juge », dites « Crève salope ! »] La gendarmerie travaille à Besançon

Besançon. Décès d’un retraité en garde à vue : trois mois de sursis pour un gendarme

Un gendarme a été condamné vendredi à trois mois de prison avec sursis à Besançon pour sa responsabilité dans le décès en 2010 d’un retraité placé en garde à vue dans une affaire d’empoisonnement d’animaux.

Le tribunal de Besançon l’a reconnu coupable d’homicide involontaire, estimant que le militaire avait placé dans une situation de stress la victime, âgée de 77 ans, sans avoir fait vérifier son état de santé par un médecin.

Un autre gendarme, poursuivi pour les mêmes faits, a été relaxé car il n’était pas directement impliqué dans la détention de la victime.

Le 22 juin 2010, cet ancien ouvrier Peugeot avait succombé à une crise cardiaque lors de sa garde à vue alors qu’il avait été laissé sans surveillance par les deux gendarmes, qui le soupçonnaient d’avoir empoisonné un chien et des daims.

Le septuagénaire, un homme sans antécédent judiciaire, avait été blanchi de ces accusations après sa mort.

L’avocat de la famille, Me Randall Schwerdorffer, avait dénoncé pendant le procès plusieurs humiliations génératrices de stress, dont « une fouille à nu », destinées selon lui à « obtenir des aveux ».

« En le plaçant dans une situation de stress dont il avait augmenté délibérément, substantiellement et fautivement la mesure, et sans en faire vérifier préalablement s’il était en état de le supporter, (le gendarme) exposait (la victime) à des risques d’une particulière gravité qu’il ne pouvait ignorer, ce qui correspond à la définition de la faute caractérisée », a expliqué le tribunal dans ses attendus.

Cette peine ne sera toutefois pas inscrite au casier judiciaire « afin d’éviter des conséquences professionnelles » pour ce gendarme « dont la carrière et la manière de servir paraissent avoir été exemplaires jusque-là », a souligné le tribunal.

Le tribunal a par ailleurs dénoncé « la force de l’habitude » dans ces situations de mise en stress, une « pratique très ancienne » chez les policiers et gendarmes « pour qui il est plus difficile sur le terrain de résister à l’emprise d’exigence de résultat ».

Leur presse (Agence Faut Payer), 27 janvier 2012.

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[Justice pour Ayoub Boutahra] Rassemblement Lundi 30 janvier à Montbéliard

RASSEMBLEMENT
LUNDI 30 JANVIER À 13H30 DEVANT LE TRIBUNAL DE MONTBÉLIARD
Cité judiciaire Rue Mozart (Petite Hollande)

En soutien à Ayoub Boutahra lycéen de 17 ans, victime d’un tir de flash-ball le 7 février 2011, qui lui a valu la perte d’un œil :

Son seul tort, attendre le bus !!!

La liste des bavures policières ne fait que s’allonger au fur et à mesure que la politique sécuritaire s’intensifie, avec de moins en moins de poursuites judiciaires, donc de condamnations.

Touchés par le malheur, des citoyens et des familles s’indignent.

Nous devons nous mobiliser afin que ces actes barbares ne soient pas considérés comme une fatalité, ni un coup du sort.

L’union et le soutien sont indispensables, pour que justice soit faite.

Comité de soutien à Ayoub Boutahra, Amis de l’Émancipation Sociale, comité vérité et justice de Delle (Contact).


Montbéliard. Affaire Ayoub : action devant le tribunal

« À la suite de la tragédie d’Étouvans, j’ai été émue par le témoignage de la procureure de Montbéliard. Mon frère n’a pas eu droit à autant d’égards », constate la sœur d’Ayoub, ce jeune lycéen qui a perdu un œil à la suite d’un tir de Flash-Ball en février dernier à Audincourt. Un comité de soutien s’est constitué. Première action le 30 janvier avec un rassemblement devant le palais de justice à Montbéliard.

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« Qui essaie-t-on de défendre dans ce dossier ? Jamais Ayoub », dénonce la sœur du jeune lycéen victime d’un tir de Flash-Ball le 7 février 2011 à Audincourt.

Elle est « très inquiète » la sœur d’Ayoub Boutahra. Inquiète « parce que nous sommes convoqués le 30 janvier chez la procureure de Montbéliard avec notre avocat. On se doute de l’issue de l’entretien. Sans doute un classement sans suite du dossier. Je ne sais pas comment je vais pouvoir expliquer à Ayoub que le policier qui lui a tiré dessus ne sera pas poursuivi… »

Pour que justice soit rendue

À l’heure actuelle, après un an de procédure judiciaire, d’investigations et d’auditions, rien ne dit que l’affaire sera classée. N’empêche que c’est la crainte de la famille. « Dites-vous qu’un classement ne signifie pas que l’affaire est terminée. Au contraire, ça ne fera que commencer car il y a des recours », s’élève une voix dans l’assistance. Une cinquantaine de personnes participaient vendredi soir [20 janvier] à Montbéliard à la première réunion du comité de soutien à Ayoub Boutahra. Le principe d’un comité a été acté il y a un mois, même lieu. « Il s’agit maintenant de lui donner une forme, de constituer un bureau et de décider des actions à venir, de ne pas laisser seule cette famille dans l’épreuve, de l’accompagner pour que justice soit rendue », résume Gérard Delavelle qui pilote ce comité aux côtés de Michèle et Bernadette Prost, enseignantes à la retraite. Dans la salle, des représentants d’Amnesty international et du Mrap, des Indigènes de la République et des Amis de l’émancipation sociale etc. Tous dénoncent « la banalisation des violences policières », « ces affaires judiciaires qui traînent en longueur dès que la police est concernée, doit rendre des comptes », réclament à l’instar de la conseillère régionale, Salima Inezarene, « un bilan sur l’utilisation des Flash-Ball en France, armes qui sont censées défendre mais qui sont agressives : onze victimes déjà en France ».

Réseaux sociaux activés

Ayoub, lui, n’est pas dans la salle. « Il lui est psychologiquement difficile d’entendre parler de cette affaire. A fortiori depuis qu’il a pris conscience qu’il est durablement handicapé ». Le lycéen en classe de terminale à Montbéliard a perdu l’usage d’un œil. Depuis qu’il a été atteint par un tir de Flash-Ball, victime collatérale d’une échauffourée place du Temple à Audincourt qui a opposé une centaine de jeunes à la police. « Il attendait son bus à l’écart de la rixe. C’est prouvé par la vidéosurveillance. J’ai vu les images. Les policiers de l’IGPN l’ont confirmé. Alors qu’il saignait, tenait son œil dans la main, les policiers l’ont fouillé », racontent sa sœur qui vient de saisir le défenseur des droits. Son ton est posé. Jamais haineux. La famille réclame simplement justice.

Si la police admet le statut de « victime » à Ayoub, dans le même temps, elle assure que le tir était « réglementaire. Or la distance du tir n’a pas été respectée. Il n’y a pas eu de sommation. L’enquête a été conduite à décharge du policier qui a tiré, présenté comme quelqu’un d’irréprochable. Qui essaie-t-on de défendre dans ce dossier ? Jamais Ayoub, désormais handicapé à vie… » Réaction du comité de soutien qui appelle au rassemblement le 30 janvier devant le palais de justice de Montbéliard « pour accompagner la famille Boutahra, dire que les citoyens, la société attendent une réponse de la justice ». Les modalités vont être définies dans les jours à venir, tandis que les réseaux sociaux sont activés sur le net. Le comité compte mêler à sa voix, celles d’autres actions collectives lancées en France contre l’utilisation du Flash-Ball. Un second rassemblement est envisagé le 7 février à Audincourt, date anniversaire du tir qui a abîmé la vie d’un jeune garçon.

Leur presse (Françoise Jeanparis, LePays.fr), 22 janvier 2012.

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[Mort aux El-Assad !] Les Syriennes en première ligne

Les Syriennes montent au front

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Communiqué de la formation de l'unité Khawla Bint Al-Azwar pour les femmes à Deraa, province du Hauran, le 25 janvier 2012

Vêtues de noir, le visage masqué et la Kalachnikov à la main, six femmes se présentent devant la caméra dans une posture guerrière. Originaires de Deraa, une ville de la province du Hauran située au sud-ouest de la Syrie, elles ont annoncé mercredi 25 janvier la formation de leur unité. L’unité Khawla Bint Al-Azwar, du nom d’une combattante des premiers temps de l’ère islamique. La première unité féminine à rejoindre l’Armée syrienne libre, composée des déserteurs des forces de sécurité syriennes qui protègent les manifestants et mènent la lutte armée contre le régime de Bachar Al-Assad.

L’image peut faire sourire. Et pourtant, le rôle des femmes dans la révolte qui fait rage en Syrie depuis le 15 mars 2011 n’est plus à démontrer. Et ce, même si elles sont moins visibles que les manifestantes des révoltes tunisienne, égyptienne ou même yéménite. Pour éviter les arrestations, les tortures et les viols, elles sont souvent cantonnées à l’arrière : à organiser les manifestations, s’occuper des blessés, préparer les banderoles et les drapeaux. Elles forment des cercles de solidarité pour collecter de l’argent, des kits médicaux, de la nourriture et d’autres biens pour les familles victimes de la répression. Certaines organisent de petites manifestations chez elles, qu’elles diffusent sur la Toile pour exprimer leur pleine solidarité au mouvement. D’autres vont au devant des observateurs de la Ligue arabe pour les intimer à venir à la rencontre des habitants.

Militantes, épouses, mères, sœurs, connues ou anonymes, elles sont de plus en plus nombreuses à participer au soulèvement, note Rima Allaf, chercheur à la Chatham House à Londres, sur le site Bitterlemons. De toute manière, poursuit-elle, « la répression meurtrière ne fait aucune distinction entre femmes et hommes, enfants et adultes. Il y a égalité dans l’oppression comme dans la souffrance ». Les Syriens gardent en mémoire ces trois femmes abattues froidement début mai 2011 à Banias. Des manifestations avaient été organisées en leur mémoire et celle des femmes victimes de la répression.

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Marche des femmes de Daria, le 14 janvier 2012

En dépit des risques, les femmes continuent à organiser leurs manifestations pour soutenir les victimes et réclamer la libération des prisonniers. À l’instar de cette marche (ci-dessus) organisée par des femmes à Daria, dans la région de Damas, pour réclamer la libération de leurs proches détenus par les forces de sécurité. Le visage masqué derrière un voile et des lunettes noires, elles ont organisé une procession silencieuse, avec pour seules armes des pancartes et des photos de leurs proches. Sur l’une d’elles, on peut lire en français, « Gilles Jacquier est dans nos cœurs ».

LES ICÔNES DE LA RÉVOLUTION

Aux côtés de toutes ces Syriennes anonymes, certaines personnalités politiques et culturelles se sont également engagées dans la lutte contre le régime. Publiquement, de gré ou par la force des choses. Certaines figures traditionnelles de l’activisme politique, comme Souheir Al-Atassi, Catherine Al-Talli ou Razan Zeitouneh, ont toujours ouvertement défié le régime. Elles ont ainsi naturellement été en première ligne du soulèvement.

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Souheir Al-Atassi s'adresse aux manifestants de Homs le 11 décembre 2011 (Al Jazira, en arabe)

Un engagement qui a un coût. Après sept mois passés dans la clandestinité, Souheir Al-Atassi a choisi de fuir la Syrie. Fille d’un opposant nationaliste arabe de renom, le Dr Jamal Atassi, elle accueillait à son domicile depuis 2000 les réunions du « Forum Jamal al-Atassi pour le dialogue démocratique », un cercle d’opposition initié par les socialistes arabes, partisans de l’Union arabe. Dès le début de la révolte syrienne, elle va jouer un rôle actif dans la structuration du soulèvement. Ce qui lui vaudra d’être condamnée à mort par le régime en avril 2011 et traquée par ses services de renseignement. Récemment réfugiée en France, elle a accordé un long entretien au site Mediapart (article en édition abonnés).

C’est aussi en France que s’est réfugiée l’écrivaine et journaliste syrienne, Samar Yazbek. Son ralliement aux manifestations de Damas en février 2011 a marqué les esprits, notamment du fait de son appartenance à la communauté alaouite, majoritairement soudée derrière la famille Assad. Le texte qu’elle publie alors « En attendant ma mort » fait le tour des blogs :

« La mort est partout ! Au village ! À la ville ! Au bord de la mer ! Les assassins s’emparent des humains et des lieux (…). Je n’ai plus peur, non parce que je suis téméraire — étant de nature très fragile —, mais par habitude. Je n’ai plus peur de la mort, je l’attends sereinement avec ma cigarette et mon café. Je crois que je peux regarder dans les yeux un franc-tireur sur la terrasse voisine. Je le regarde fixement. Je sors dans la rue et je scrute les terrasses des immeubles. J’avance posément. »

Au journal Le Monde, elle raconte comment, en mars, elle est arrêtée et interrogée cinq fois de suite par les moukhabarat, les services secrets. Ils veulent qu’elle se désolidarise des opposants et pour cela l’emmènent dans une prison où ils torturent les manifestants. Une expérience de « l’enfer » qu’elle décrit également au quotidien britannique The Guardian. Cellule après cellule, ses geôliers la rendent témoin du dernier souffle de jeunes hommes défigurés par les tortures et suspendus nus en pleine agonie. Elle n’oubliera pas l’odeur du sang et de l’urine, les cris effrayants des hommes torturés.

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Déclaration de Fadwa Souleiman, le 10 novembre 2011 (en arabe)

L’engagement féminin qui a le plus marqué les esprits en Syrie est celui de la célèbre actrice, Fadwa Souleiman. Elle soutient depuis le début les manifestations, organisant des manifestations de femmes et appelant à planter des oliviers en mémoire des victimes. Mais, elle « sort du bois » en novembre, exaspérée par le loyalisme affiché du monde du spectacle au régime syrien. Le 7 novembre, elle fait une apparition publique au milieu des manifestants de Homs et se met en grève de la faim pour dénoncer les « mensonges du régime ». Dès lors, le régime est à ses trousses.

Le discours de soutien à la contestation qu’elle prononce le 10 novembre [Une traduction en anglais est disponible sur le blog de Abu Kareem, Levantine Dreamhouse] va susciter sur la Toile de nombreuses réactions, de soutien comme de haine. Razan Ghazzawi, une célèbre blogueuse, va exprimer sur son blog Razaniyyat son soutien à cette « actrice alaouite, qui a fait le premier discours adressé par une femme à son peuple et débuté une grève de la faim ». Depuis, Fadwa Souleiman défie le régime depuis Homs, chantant parmi la foule des manifestants. Le 12 janvier, elle s’est à nouveau adressé à la foule pour demander au Conseil national syrien (CNS), qui représente une partie de l’opposition au régime, de soutenir l’Armée syrienne libre politiquement et financièrement. Cette armée qui possède désormais son unité féminine.

Leur presse (blog « Printemps arabe » du Monde.fr, 26 janvier 2012)

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[À bas le Maître des Phynances !] « Vous voulez ma peau, vous l’avez »

Suicide à Créteil : l’homme devait une forte somme aux impôts

Un homme de 55 ans, qui devait « plusieurs dizaines de milliers d’euros » au Trésor public, s’est suicidé mercredi d’une balle dans la tête dans la cour du centre des impôts de Créteil.

Selon plusieurs sources, le quinquagénaire s’est rendu aux alentours de 14h30 au guichet du centre des finances publiques et a remis à une employée un mot sur lequel était écrit : « Vous voulez ma peau, vous l’avez. »

Il est ensuite sorti du bureau et s’est suicidé dans la cour de ce grand bâtiment en briques, qui abrite la direction départementale des finances publiques. Selon une source policière, son revolver était chargé de six balles.

« On a entendu une grosse détonation et au départ on pensait que c’était un pétard », a témoigné Kevin, un employé du centre. « C’est vrai que les gens qui viennent ici sont souvent énervés, mais on n’avait jamais vu ça. »

Père de famille et architecte-urbaniste de profession, le quinquagénaire devait « plusieurs dizaines de milliers d’euros » au Trésor public, selon une source judiciaire. Un responsable de la CGT Finances publiques confirme que la victime devait « une somme assez conséquente » à l’administration fiscale.

D’abord masqué derrière une bâche blanche, son corps devait ensuite être amené à l’Institut médico-légal en vue de son autopsie. Le bâtiment a été bouclé par la police qui procédait à plusieurs relevés sur les lieux du suicide.

Une enquête pour recherches des causes de la mort a été ouverte.

Leur presse (Le Parisien.fr, 26 janvier 2012)

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Un internat d’État occupé publiquement par les migrants à Dijon dans la foulée d’une manifestation

Un nouveau lieu occupé par les migrant-es à Dijon

Dernières nouvelles : le bâtiment appartient en fait au domaine, donc à l’État. Le propriétaire est le Préfet qui est justement censé loger les demandeur-euse-s d’asile et ne le fait pas. Nous ne savons toujours pas comment le préfet en question va réagir. Toutes les pressions et soutiens sont les bienvenus.

Réunion de soutien à 17h ce vendredi sur place.

Soutien bienvenu à l’intersection du boulevard de la Marne et de l’avenue Arstide Brillant.

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Depuis plusieurs mois déjà à Dijon, la situation critique des demandeurs et demandeuses d’asile est de plus en plus médiatisée. La régionalisation des demandes d’asile, contraignant les migrant-es à faire leur demande à la préfecture de région et donc à Dijon, a entraîné une hausse du nombre de migrant-es présents dans la ville. La fRance, signataire de la convention de Genève, s’est engagée à accueillir les demandeurs et demandeuses d’asile dans les meilleures conditions, notamment en leur proposant un hébergement décent et des possibilités de s’alimenter convenablement. La préfecture de Côte d’Or, comme bien d’autres en fRance, ne respecte pas ses obligations. C’est ainsi que depuis l’été dernier, plusieurs centaines de personnes en attente de papiers vivent à la rue à Dijon. La préfecture a accordé deux rendez-vous aux associations qui soutiennent juridiquement et matériellement les personnes migrantes. Ces associations demandaient à la préfecture d’opérer des réquisitions pour les accueillir, mais aucune mesure n’est prise pour les loger, la préfecture prétextant l’inexistence de lieux pouvant accueillir tant de personnes. Aucune réquisition ni mesure d’urgence ne sont envisagées. Dans ce contexte, deux lieux avaient déjà été ouverts et occupés par des demandeurs et demandeuses d’asile, venant essentiellement de pays d’Afrique de l’Est où la situation politique est plus que fragile (Somalie, Éthiopie, Érythrée notamment).

Ce désengagement de l’État et le nombre important de personnes concernées associés au fait que ces personnes arrivent de pays en guerre (et donc risquent réellement leur vie dans leur pays d’origine, plus que si illes étaient de « simples » réfugié-es économiques, aux dires des membres de certaines associations) ont fait fondre la frilosité à laquelle les associations « citoyennistes » nous avaient habitué-es face à la « réquisition » non-officielle de logements vides pour les migrant-es. C’est ainsi que ce jeudi 26 novembre a eu lieu l’ouverture publique d’un nouveau squat de demandeurs et demandeuses d’asile à Dijon, avec le soutien des membres de ces associations (voir le texte de l’appel à la manif ayant amené au squat).

Pour les militant-es squatteur-euses habitué-es à ce type d’évènement, cette expérience était à la fois nouvelle et enrichissante : une nouveauté dijonnaise que d’ouvrir ensemble, entre personnes de tous âges et tous horizons sociaux, un bâtiment permettant d’héberger des migrant-es au sein d’un endroit adapté, propre, avec chauffage, eau et électricité.

Ce bâtiment n’est par ailleurs pas anodin, symboliquement, puisqu’il s’agit de l’ancien internat de l’École Nationale des Greffes, et qu’il appartient au Ministère de la Justice. Il est occupé depuis le mardi 24 novembre par une vingtaine de personnes.

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Ce jeudi 26, une manif organisée en soutien aux demandeurs et demandeuses d’asile s’est terminée sur les lieux occupés. Environ 150 personnes étaient présentes, migrant-es et soutiens confondus. À notre arrivée, l’occupation qui se déroulait clandestinement depuis deux jours a été rendue publique, une banderole a été déployée sur la façade du bâtiment, clamant « Un toit pour tous et toutes. Solidarité avec les migrant-es ».

Le directeur de l’École ne le prend pas sur le même ton enjoué, en voyant arriver une foule hétéroclite et ravie, qui, sur fond d’une sono poussive scandant des chants qui évoquent la situation des migrant-es en fRance (et ailleurs), visite et s’enthousiasme des capacités d’accueil du lieu. Les migrant-es téléphonent à leurs ami-es pour les inviter à les rejoindre. C’est l’effervescence à tous les étages, très vite les 50 chambres sont occupées.

Le directeur nous rencontre pour nous expliquer qu’une décision par rapport à cette occupation n’est pas de son ressort et qu’il va en informer sa hiérarchie, le ministère de la Justice lui-même. C’est nous faire trop d’honneur. De notre côté, nous lui expliquons que les personnes occupant le lieu y étant depuis plus de 48 heures, ce lieu est devenu désormais leur domicile, qu’il ne peut donc plus agir autrement qu’avec une procédure au tribunal…

D’ici à ce qu’il reçoive ses ordres de sa hiérarchie, et pour être sûr que nous ne pénétrions pas plus avant dans l’enceinte de l’école, il fait venir une patrouille de flics, qui nous chaperonneront toute la nuit, allant jusqu’à interdire le passage aux stagiaires et autres personnels du ministère de la Justice domicilié-es sur place et refusant de montrer leurs papiers pour rentrer chez elleux (ce qui fera repartir certains « fonctionnaires de justice » en criant « À bas l’État policier »…). Les flics continuent d’ailleurs leur manège le matin et refoulent les stagiaires qui amènent leurs enfants à la crèche interne voisine, obligés de passer par une autre entrée. En attendant, la nuit s’avance, une gamelle de pâtes apparaît miraculeusement, accompagnée de thermos de thé, de matelas et de couvertures. Les gens commencent à s’installer pour une nuit dont on espère qu’elle ne sera pas trop courte, et l’on aspire à ce que les pandores ne débarquent pas à six heures du matin pour expulser tout ce beau monde.

C’est la naissance d’un troisième lieu d’accueil pour les migrant-es à Dijon, qui s’ajoute à la Boucherie rue Bertillon et à une maison sur Chenôve, en attendant que les demandes de papiers prennent moins de temps et que chacun-e puisse vivre en fRance comme ille l’entend ; en attendant qu’il n’y ait plus ni frontières, ni papiers.

Brassicanigra, 27 janvier 2012.

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[Expulsion du TTGC à Montpellier] Médias aux ordres, procès à venir, et repas/infos/discussion Samedi 4 février

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Tout d’abord merci pour les divers messages de soutien ; sachez qu’il semble que personne n’a dormi à la rue hier soir, les un-es et les autres ayant été accueillis à droite ou à gauche.

Prévenus dès la veille par la police les médias livrent ce matin divers compte-rendus qui méritent guère qu’on dépense de l’argent. L’information principale que vous n’y trouverez pas consiste en l’interpellation d’une personne qui après une journée de garde à vue a été libérée hier soir avec une convocation au tribunal pour répondre d’outrage.

Quant au « saccage » des locaux de la mission Grand Cœur, c’est faire trop d’honneur à trois tags sur une vitrine, et quatre meubles déménagés sur le trottoir.

Par ailleurs nous aimerions être nombreux samedi 4 février place Salengro pour un repas et une discussion non seulement pour évoquer cette expulsion mais surtout la politique municipale qui vise à plus de « biodiversité » selon leurs propres mots (cf. l’article de La Gazette reproduit sur le site il y a quelques temps).

Mailing – 27 janvier 2012.


Montpellier. Le GIPN évacue seize anarchistes d’un squat

Le dispositif était impressionnant mais l’évacuation a été très rapide. Hier matin, en trois minutes la quinzaine de policiers du GIPN (groupe d’intervention de la police nationale) a procédé à l’expulsion d’un squat, rue du Père Fabre, à Figuerolles.

L’immeuble était une propriété commune de la société d’équipement de la région montpelliéraine et d’un particulier. Il était occupé depuis cinq mois.

« Nous avons évacué seize marginaux, des anarchistes, que nous avons neutralisé sans violence », explique un policier présent lors de l’intervention. L’expulsion a été décidée par le tribunal de Montpellier, malgré la trêve hivernale. Le recours au GIPN est lié « à la difficulté de l’intervention, selon la Police. Nous avons déjà tenté de les déloger, mais ils posent beaucoup de problèmes en se cachant dans les toits et en envoyant des projectiles pour empêcher notre progression. »

Les personnes évacuées et laissées libres, ont ensuite dégradé les locaux municipaux de la mission Grand Cœur.

Leur presse (20Minutes.fr), 27 janvier 2012.

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[Police partout] Intrusion policière chez des camarades à Nancy

Qui nous protège de la police ?

Nous sommes trois étudiants et vivons en collocation à Nancy. Ce matin, le 26 janvier 2012 à 7h30, des policiers en uniforme et en civil sont venus tambouriner violemment à notre porte en nous sommant d’ouvrir, sans aucune explication ni preuve d’autorisation justifiant leur présence. Pris de panique, nous n’avons pas ouvert la porte.

Devant notre réaction ils sont montés chez nos voisins du dessus. Ceux-ci ont ouvert alors que les policiers leur signifiaient qu’ils recherchaient un individu, leur ordonnant de les laissé rentrer à l’intérieur. Nos voisins ont demandé un document justifiant leur requête, les policiers ont rétorqué qu’ils n’étaient pas « aux États-Unis ». Ignorant leurs droits nos voisins les ont laissés entrer. Après un rapide état des lieux et voyant qu’il n’y avait personne, ils sont ressortis. Suite à cela, ils sont revenus à notre étage pour recommencer leurs sommations.

Au bout de trente minutes ils ont enfoncé la porte et environ quatre ou cinq policiers en civil et en uniforme sont entrés. Nous étions deux dans une chambre (une habitante et l’un de ses amis) et le troisième dans une autre. L’un des policiers est alors entré arme au poing dans la première des chambres sans demander nos identités. Une personne était dans le lit et l’autre debout, voyant que cette dernière n’était pas l’individu recherché le policier l’a écarté et s’est précipité sur le lit. La personne qui s’y trouvait lui faisait face et a immédiatement levé les mains en l’air ce qui n’a pas empêché le policier de le gifler violement, de l’immobiliser sur le lit avec ses genoux avant de braquer son arme sur sa tempe. Ne l’identifiant pas comme la personne recherchée, il a relâché son étreinte et l’a menacé du poing.

En même temps, d’autres policiers fouillaient l’appartement (fouille des placards, matelas retournés, toutes les pièces visitées et une valise d’ouverte). Une chambre dont la propriétaire était absente a été fouillée. À ce moment l’une des habitantes a demandé si ils avaient un mandat pour perquisitionner et un policier lui a simplement rétorqué que « nous n’étions pas dans une série TV » et que de toutes façons ils « avaient l’autorisation du parquet pour ouvrir la porte ». Cependant aucune autorisation officielle ne nous a été présentée. Après avoir pris nos identités et celles de nos voisins, ils sont ensuite repartis comme ils sont arrivés, sans plus d’explications.

En tant que militants politiques nous prenons part depuis un certain temps aux luttes sociales sur Nancy et ailleurs et sommes exposés à la répression policière. Depuis un an cette répression va crescendo, entre coups de pression dans la rue et convocations officieuses, les coups tordus se multiplient. Mais aujourd’hui nous avons franchi un nouveau cap et cela nous pousse à sortir de notre mutisme, à dénoncer cet usage abusif et illégitime de la force, cette violence policière tant psychologique que physique. Nous condamnons ces actes, malheureusement trop répandus à Nancy comme ailleurs.

Des personnes révoltées

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[PCC dégage !] Insurrection et sanglante répression sur le Toit du monde (2)

Chine : un autre manifestant tibétain abattu par la police

Un autre manifestant tibétain a été abattu jeudi par la police chinoise dans la préfecture d’Aba de la province du Sichuan (sud-ouest), ont rapporté séparément vendredi deux associations de défense des droits des Tibétains.

Ce manifestant, au moins le troisième tué par la police cette semaine dans la région, faisait partie d’une foule s’opposant à l’arrestation d’un jeune recherché par la police pour avoir distribué des tracts appelant au retour du dalaï lama, a déclaré à l’AFP Kate Saunders, porte-parole de International Campaign for Tibet (ICT).

Les mêmes faits ont été rapportés par une autre organisation, Tibet Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), dont le siège est en Inde.

Âgé de 20 ans, le manifestant décédé dans la localité de Rangtang (Dzamtang en tibétain) était un ami du jeune recherché pour son tract qui expliquait également que la récente vague d’immolations dans les régions tibétaines de Chine ne s’arrêterait pas avant que le Tibet ait recouvré la liberté.

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La Chine affirme avoir pacifiquement libéré le Tibet en 1951, mais le dalaï lama vit en exil depuis 1959 suite à l’échec d’un soulèvement contre la tutelle chinoise à Lhassa qui l’a contraint à fuir.

Très isolée, Rangtang est situé au bout d’une route de montagne à deux ou trois jours de route de Chengdu, la capitale du Sichuan.

Un responsable des autorités de Rangtang a assuré à l’AFP qu’il n’y avait pas eu de manifestation, ajoutant : « Ce n’est pas possible de parler de cela en ce moment. Cela ne sert à rien d’appeler d’autres personnes. Personne ne vous dira rien. »

L’ouest de la province du Sichuan (sud-ouest), qui compte 1,5 million de Tibétains, a été le théâtre cette semaine des troubles les plus graves dans les provinces de Chine peuplées de Tibétains depuis les grandes manifestations de 2008 contre la tutelle chinoise.

Les forces de l’ordre avaient tiré au cours de deux incidents séparés lundi et mardi dans les localités de Luhuo et de Seda, dans la préfecture de Ganzi, qui borde la Région autonome du Tibet.

Selon des ONG, ces tirs de la police avaient fait au moins trois morts, tandis que le gouvernement chinois en a reconnu deux, dont l’un par balles à Seda.

Leur presse (Agence Faut Payer), 27 janvier 2012.


Les Tibétains du Sichuan, une longue tradition d’insoumission

Les Tibétains des préfectures de Ganzi et Aba, dans la province chinoise du Sichuan, sont connus comme de fervents bouddhistes mais aussi des guerriers défendant âprement l’identité de leur région historique, le Kham. Gouvernés depuis des siècles séparément du Tibet central, constitué depuis 1965 en « région autonome » par le régime communiste chinois, les Tibétains du Kham ont toujours manifesté leur volonté d’indépendance à la fois vis-à-vis de Pékin et de Lhassa, selon des experts et des militants de la cause tibétaine à l’étranger. « Historiquement, c’est une région rebelle. Ces zones ont toujours fièrement arboré leur propre identité tibétaine », explique Stephanie Brigden, directrice de l’organisation Free Tibet, basée à Londres.

(…)

Leur presse (L’Orient-Le Jour), 27 janvier 2012.

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[Justice pour Ali Ziri] Les syndicats de police travaillent à Argenteuil

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Leur presse (Le Parisien), 26 janvier 2012.


Une plaque en hommage à Ali Ziri, retraité algérien mort en 2009 après un contrôle de police controversé, inaugurée le 14 janvier à Argenteuil (Val-d’Oise), suscite la réaction indignée d’un syndicat de police. Dans un courrier adressé au maire d’Argenteuil, Philippe Doucet (PS), Alliance demande à la municipalité de la faire retirer « dans les plus brefs délais », la jugeant « diffamatoire ».

Inaugurée en présence de 500 personnes, à l’initiative du collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri », cette plaque porte l’inscription : « Ali Ziri, 69 ans, mort le 11 juin 2009 suite à son interpellation par la police nationale ».

Pour le syndicat policier Alliance, « cette inscription indique très clairement que nos collègues seraient responsables du décès d’Ali Ziri. C’est inacceptable et l’état actuel de la procédure judiciaire ne permet en aucun cas de l’affirmer voire même de le supposer. » « Si nul ne peut contester le droit légitime des proches de Monsieur Ziri de connaître la cause de son décès, les policiers (…) n’acceptent pas que la présomption d’innocence qui leur est due soit bafouée », poursuit le syndicat. Le secrétaire départemental d’Alliance, Ludovic Collignon, entend « se réserver le droit de saisir la justice », au cas où la plaque ne serait pas retirée.

(…)

Leur presse (LeParisien.fr), 23 janvier 2012.


Mgr Jacques Gaillot a dévoilé hier [14 janvier] une plaque à la mémoire d’Ali Ziri, mort à 69 ans en juin 2009 à la suite d’une interpellation par la police nationale à Argenteuil. Le collectif Vérité et Justice a rassemblé environ 250 personnes hier à Argenteuil pour manifester contre les réquisitions de non-lieu prises par le parquet de Pontoise et réclamer un procès.

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« C’est maintenant au juge d’instruction de se prononcer, a indiqué l’évêque. Il a une occasion de manifester l’indépendance de la justice en France. » « C’est la seconde plaque de ce type en France, la première était pour Malik Oussekine », a précisé Omar Slaouti, animateur du collectif.

Leur presse (LeParisien.fr), 15 janvier 2012.

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[Bordeaux] Rassemblement contre l’ouverture d’un local « identitaire » Samedi 28 janvier

RASSEMBLEMENT SAMEDI 28 JANVIER – 18H30 – PLACE DE LA RÉPUBLIQUE
NE LAISSONS PAS LE BLOC IDENTITAIRE S’INSTALLER !

La manifestation contre l’extrême-droite du 21 janvier à Bordeaux a été un succès. 500 personnes dans un cortège unitaire, dynamique et bien visible, contre le FN de Marine Le Pen qui tenait un meeting à Bordeaux-lac le lendemain et contre le Bloc identitaire qui compte ouvrir un local sur la ville.

Ce groupuscule d’extrême-droite défend une idéologie raciste, sexiste, homophobe, au nom de  « l’Europe blanche ». Avec un local, ils veulent avoir pignon sur rue pour se développer. C’est d’autant plus inacceptable que ce groupuscule a déjà fait parler de lui :

À Lyon par exemple, depuis 2010 :
• Une dizaine d’agressions violentes (battes de base ball, cutter, flashball) ont été commises sur des militant(e)s politiques et syndicaux, dont certain(e)s gardent des séquelles à vie ;
• Des « chasses aux immigré(e)s » sont organisées, avec agressions physiques et vols de leurs titres de séjour ;
• Des commerces ont été détruits sur critères racistes ;
• Un concert néo-nazi a été organisé dans leur local ;
• Des manifestations ont eu lieu, accompagnées de slogans racistes et de saluts hitlériens.

À Lille, le même genre de faits a été commis par des individus se réclamant des mêmes idées politiques. À Périgueux, à la Réole, à Bordeaux, des faits identiques (agressions, manifestations racistes) ont déjà été perpétrés.

Le Bloc identitaire ayant déplacé l’inauguration de ce local bordelais (« Maison de l’identité ») au samedi 28 janvier 2012, une nouvelle manifestation est appelée.

RASSEMBLEMENT SAMEDI 28 JANVIER – 18H30 – PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

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[Égypte] La révolution continue

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L'obélisque où furent gravés les noms des martyrs, élevé le 25 janvier sur la place Tahrir par les manifestants

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Les petites minettes de la place Tahrir brandissant une pancarte qui s'adresse aux barbus leur demandant de nettoyer leurs cerveaux au lieu de s'occuper de leurs barbes

 

 

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[Carcassonne] Les Bac pro « Métiers de la sécurité » travaillent

Carcassonne. Lycéens et policiers simulent une émeute

Caillaser (avec des balles de tennis) et insulter (avec beaucoup de retenue dans les propos) les policiers impunément ! Un honneur que certains caressent sûrement, mais que les élèves de Bac pro section « Métiers de la sécurité » du lycée Jules-Fil, ont pu réaliser, hier après-midi.

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En participant, dans les usines désaffectées de la Someca, route Minervoise à Carcassonne, à des manœuvres de maintien de l’ordre, qui ont rassemblé une trentaine de fonctionnaires de Carcassonne, Narbonne et Castelnaudary.

Après une journée de cours théoriques à la CRS 57, les policiers sont passés à l’épreuve pratique, sur le terrain, encadrés, notamment, par deux enseignants du centre de formation de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP). La situation à laquelle devaient faire face les policiers : une bande de jeunes inonde de cailloux et d’insultes une patrouille de police. Des renforts arrivent, lesquels sont à leur tour copieusement arrosés de projectiles et conspués. Les jeunes, au départ peu nombreux, sont rejoints par d’autres, et affrontent en bataille rangée les policiers. Mais force doit rester à la loi, et les fonctionnaires doivent repousser leurs assaillants, tout en procédant, si possible, à l’interpellation de l’un des fauteurs de troubles. Une action qui peut s’avérer très utile afin de procéder, plus tard, à d’autres arrestations ! Portant casques, gilets pare-balles, jambières et boucliers, ils chargent, matraque au poing, les assaillants, qui finissent par reculer. L’un d’eux est monté dans un fourgon, tandis que les forces de l’ordre quittent les lieux, pied au plancher. Et pour couvrir leur retraite, l’usage d’une grenade de désencerclement est fortement conseillé.

L’effet est immédiat. L’engin claque très fort, et projette dans les secondes qui suivent l’explosion, des morceaux de caoutchouc très durs, qui vous caressent les tibias et les genoux avec une douceur peu commune. C’est toujours mieux que de faire donner la troupe !

Leur presse (Rémi Lebrère, LIndependant.fr), 26 janvier 2012.


Carcassonne. Une émeute fictive de lycéens pour entraîner les policiers

Lycéens et policiers ont simulé une émeute fictive, pour un entrainement, mercredi, dans les locaux désaffectés de la Someca, route Minervoise, à Carcassonne.

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Les élèves du bac Pro, section « Métiers de la sécurité », du lycée Jules Fil, ont joué les agresseurs en caillassant les policiers avec des balles de tennis et en les injuriant (avec modération toutefois).

Cette épreuve pratique sur le terrain, sous la direction de Pascal Dumas, le directeur départemental de la sécurité publique a permis aux fonctionnaires de police (une trentaine) de se retrouver en situation — souvent — réelle.

Les policiers sont parvenus à contenir « l’émeute » virtuelle et a interpellé les fauteurs de trouble.

Cette opération a permis, à l’évidence, de parfaire la technique des forces de l’ordre.

Pascal Dumas se déclarait satisfait de cette « simulation ».

Leur presse (Le Magazine du Carcassonnais), 26 janvier 2012.

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[Racisme d’État] Publication d’un rapport de Human Rights Watch sur « les contrôles d’identité abusifs en France »

France : Des contrôles d’identité abusifs visent les jeunes issus des minorités

Les abus de pouvoir commis par la police portent préjudice à ses relations avec les minorités.

(Paris, le 26 janvier 2012) – La police  française utilise certains pouvoirs trop étendus dont elle est investie pour procéder à des contrôles d’identité abusifs et non justifiés visant des garçons et de jeunes hommes noirs et arabes, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.

Le rapport de 62 pages, intitulé « La base de l’humiliation : Les contrôles d’identité abusifs en France », révèle que les jeunes issus des minorités, dont des enfants n’ayant pas plus de 13 ans, font fréquemment l’objet de contrôles comprenant des interrogatoires prolongés, des palpations portant atteinte à leur intimité, ainsi que des fouilles d’objets personnels. Human Rights Watch a constaté que ces contrôles arbitraires peuvent avoir lieu même en l’absence d’un signe quelconque d’infraction. Les propos insultants, voire racistes, ne sont pas rares, et certains contrôles donnent lieu à un usage excessif de la force par la police.

« Il est choquant que des jeunes noirs et arabes puissent être, et soient, obligés de se mettre contre un mur et soient malmenés par la police en l’absence de réelles preuves d’infraction », a souligné Judith Sunderland, chercheuse senior sur l’Europe occidentale à Human Rights Watch. « Mais en France, si vous êtes jeune et que vous vivez dans certains quartiers, cela fait partie de la vie. »

Le rapport se fonde sur des dizaines d’entretiens réalisés avec des citoyens français appartenant à des groupes minoritaires, dont 31 enfants, à Paris, Lyon et Lille.

La loi française confère à la police de vastes pouvoirs pour effectuer des contrôles d’identité même en l’absence de soupçons d’acte délictueux, entre autres dans des centres de transport et dans tout lieu désigné par un procureur. Ces contrôles ne sont pas systématiquement consignés dans un rapport de police, et les personnes contrôlées ne se voient remettre aucun document écrit expliquant ou rendant compte de la procédure. La plupart des personnes interrogées par Human Rights Watch n’avaient jamais été informées des motifs des nombreux contrôles qu’elles avaient subis. En raison du manque de données enregistrées, il est difficile d’évaluer l’efficacité ou la légalité des contrôles, a affirmé Human Rights Watch.

Les témoignages publiés dans le rapport viennent s’ajouter aux preuves statistiques et autres récits qui indiquent que la police française a recours au profilage ethnique — c’est-à-dire qu’elle prend la décision d’opérer des contrôles en se fondant sur l’apparence, entre autres la race et l’appartenance ethnique, plutôt que sur le comportement réel des personnes ou sur des soupçons raisonnables d’infraction.

Farid A., un jeune de 16 ans habitant Sainte-Geneviève-des-Bois, en région parisienne, a expliqué que lui et cinq amis avaient été contrôlés à trois reprises près de la Tour Eiffel. « On sort du métro, contrôle. On marche 200 mètres, autre contrôle. On marche 200 mètres, et autre contrôle. Il y avait tout le monde, mais ils ont contrôlé que nous. »

Une étude publiée en 2009 par l’Open Society Justice Initiative et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a établi qu’en France, comparativement aux Blancs, les probabilités de contrôle étaient six fois plus élevées pour les Noirs, et près de huit fois plus élevées pour les Arabes. Bon nombre de personnes interrogées par Human Rights Watch étaient convaincues que leur ethnicité, conjuguée à une tenue vestimentaire associée aux banlieues, jouait un rôle important.

« Contrôler les gens à cause de leur couleur de peau revient à gaspiller les ressources de la police et engendre du ressentiment à l’égard des policiers », a fait remarquer Judith Sunderland. « Les opérations de police devraient s’appuyer sur des preuves et des renseignements, pas sur des stéréotypes. »

Lors des contrôles, les jeunes issus des minorités doivent souvent subir des palpations humiliantes et une fouille de leurs objets personnels. Les palpations peuvent porter atteinte à leur intimité — Saïd, un jeune homme de 25 ans de Lyon, nous a confié, « Ils nous touchent de plus en plus les parties intimes » — et bon nombre de jeunes interrogés s’en sont plaints. Les membres des forces de l’ordre justifient les palpations en les présentant comme une mesure de sécurité nécessaire, mais leur utilisation, pourtant systématique, n’est pas clairement réglementée par la loi française.

Human Rights Watcha également recueilli des témoignages inquiétants de violence lors de contrôles d’identité. Des personnes ont notamment déclaré avoir été giflées, frappées à coups de pied ou visées par une arme à décharge électrique.

Ismaël Y., un jeune de 17 ans habitant en banlieue sud de Paris, a été contrôlé par la police en compagnie d’un groupe d’amis devant la gare de banlieue de Sainte-Geneviève-des-Bois début 2011. « Lorsqu’on était avec les mains contre le mur, je me suis tourné vers lui [le policier qui le fouillait] et il m’a frappé la tête. J’ai dit quelque chose comme “pourquoi vous me frappez”, et il m’a dit “ferme ta gueule, tu veux un coup de gazeuse [lacrymogène] ou quoi ?” »

Le refus d’obtempérer lors d’un contrôle d’identité, ainsi que le fait de poser trop de questions ou de protester contre la manière d’être traité peuvent déboucher sur des plaintes administratives ou pénales telles qu’« outrage à agent ». Cela ajoute une dimension coercitive aux contrôles d’identité et dissuade les gens de faire valoir leurs droits, a expliqué Human Rights Watch.

Yassine, un jeune de 19 ans de Lille, a déclaré que lors d’un contrôle d’identité, des policiers lui avaient asséné des coups de pied après qu’il leur avait prouvé où il avait passé la soirée. Il avait ensuite passé 15 heures en garde à vue pour outrage à agent avant que les charges ne soient abandonnées et qu’il soit libéré.

Les contrôles d’identité abusifs ont un impact profondément négatif sur les relations entre la police et les communautés, a souligné Human Rights Watch. La colère refoulée face aux abus de la police, entre autres face aux contrôles d’identité musclés, a joué un rôle significatif dans les émeutes dont la France a été le théâtre en 2005, et semble être à la base d’innombrables conflits de moindre intensité entre la police et les jeunes des zones urbaines défavorisées partout dans le pays.

Human Rights Watch a fait remarquer que les expériences de contrôles répétés tout au long d’une journée ou le fait d’être choisi pour un contrôle au milieu d’une foule d’autres personnes renforcent le sentiment qu’ont les jeunes issus des minorités d’être pris pour cible.

Le comportement irrespectueux de la police, entre autres l’usage habituel du tutoiement et d’insultes, accentue ce ressentiment. Certaines personnes interrogées en vue du rapport ont déclaré avoir été traitées de « sale bougnoule » ou de « bâtard d’Arabe ». Un jeune de 19 ans habitant Lille a signalé qu’il avait été traité de « sale bougnoule » tant de fois que « ça nous choque plus, c’est normal ». Un garçon de 13 ans d’Évry, en région parisienne, a confié qu’un policier l’avait traité de « sale négro ».

Le droit international et le droit français interdisent la discrimination, l’ingérence injustifiée dans l’exercice du droit à la vie privée, ainsi que les violations de la dignité et du droit à l’intégrité physique. Les normes nationales et internationales exigent également que la police traite les gens avec respect.

Human Rights Watch a appelé le gouvernement français à reconnaître les problèmes posés par les pouvoirs conférés à la police pour les contrôles d’identité, et à adopter les réformes juridiques et politiques nécessaires pour prévenir le profilage ethnique et les mauvais traitements lors des contrôles. Tous les contrôles d’identité et palpations devraient être fondés sur des soupçons raisonnables et individualisés. Toute personne contrôlée devrait se voir remettre une preuve écrite de l’interpellation, reprenant des informations pertinentes telles que ses données personnelles, les noms des agents ayant procédé au contrôle, ainsi que la base juridique de celui-ci.

La police devrait également consigner tous les contrôles dans un registre interne, et le gouvernement devrait publier régulièrement des données ventilées à ce sujet. Toute discrimination de la part de membres des forces de l’ordre devrait être explicitement interdite.

« Franchement, les relations entre la police et les minorités sont déplorables en France, et tout le monde le sait », a conclu Judith Sunderland. « L’adoption de mesures concrètes visant à prévenir les contrôles d’identité abusifs — l’une des principales sources de tension — constituerait un véritable pas en avant et apporterait un réel changement dans la vie quotidienne des gens. »

Témoignages tirés du rapport :

Ouamar C., 13 ans, Paris :
« J’étais avec mes amis assis dans un coin… et ils sont venus nous contrôler. Je n’ai pas parlé car si tu parles, tu es embarqué. Ils ont ouvert ma sacoche. Ils ont aussi cherché sur mon corps. Ça se passe comme ça chaque fois. Ils n’ont rien trouvé sur moi. C’est la première fois que ça se passe devant l’école. Ils disent “Mettez-vous contre le mur”, ils fouillent, à la fin ils disent merci et ils s’en vont… Ça fait peur au début quand on me contrôle. Maintenant je commence à m’habituer. »

Haroun A., 14 ans, Bobigny :
« J’étais dans le centre commercial avec des copains en train de s’amuser. Ils [les policiers] viennent avec leurs armes et ils nous braquent. Il y avait trois policiers. Ils nous ont dit “contrôle d’identité”. Deux avaient dans les mains les flash-balls [armes qui utilisent des balles de caoutchouc]. J’étais avec cinq ou six amis. On ne faisait rien. Tout le temps ils nous contrôlent comme ça. Quand on est en groupe tout de suite ils nous contrôlent. Ils ont demandé si on avait des trucs. Ils nous mettent contre un mur, ils nous fouillent même dans les chaussettes et les chaussures. Ils n’ont rien trouvé. Les papiers ils demandent, mais pas tout le temps. »

Halim B., 17 ans, Lille :
« Le bus s’arrête et la police monte. J’étais assis au fond. C’était à 7h20 du matin. Le bus était rempli… Ils ont désigné un mec et lui ont dit, “tu te lèves et tu descends avec nous”. Je regardais, je croyais que c’était un criminel, et ils m’ont désigné aussi pour descendre. Trois personnes sont descendues, et il y avait deux Arabes sur trois. Le bus était rempli, il y avait plein de monde debout. Il y avait plus de Français [Blancs] dans le bus (…) Les contrôles, ils [les policiers] ont le droit de les faire autant de fois qu’ils veulent mais franchement, j’étais gêné. Je me suis senti comme si j’étais un cambrioleur, un délinquant poursuivi. J’avais peur quand ils m’ont désigné pour descendre. Je me demandais ce que j’avais fait. Quand je suis descendu [du bus], ils ont dit “contrôle, est-ce que vous avez rien d’illicite sur vous, videz vos poches”. Ils ont fouillé mon sac, puis je suis parti. Je suis arrivé un peu en retard à l’école. Franchement, j’étais pas mal habillé ou quoi, j’allais à l’école. »

Communiqué de presse de Human Rights Watch, 26 janvier 2012.

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[Troyes] Vandalisme devant l’église Saint-Martin

Vandalisme devant l’église Saint-Martin

Les images parlent d’elles-mêmes…

C’est l’un de nos lectrices qui nous a alerté sur cet acte de vandalisme particulièrement visible, devant l’église St-Martin. La croix, qu’on croyait solidement fixée, est dans un bien triste état… et les palissades n’arrangent rien.

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Leur presse (auboisementcorrect.com), 24 janvier 2012.

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[Grèce] La police travaille

Incrimination d’un manifestant par la police grecque

La vidéo que vous allez voir, a été prise par un cinéaste qui était présent à la manifestation du 29 juin 2011 à Athènes. Le cinéaste confirme qu’aucun montage n’a été fait.

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Regardez bien au début de la vidéo (première flèche et deuxième flèche) le manifestant qui est sur ses genoux et juste derrière lui, vous pouvez voir son sac à dos noir et un sac en plastique rose.

Ensuite, un homme de la force policière Delta, ramasse le sac à dos du jeune homme.

Un autre policier rapproche et apporte deux bouteilles de bière. Encore une bouteille arrive par un autre membre de la force motorisée de la police grecque.

Puis, vous voyez que toutes les bouteilles sont regroupées pendant que le manifestant est immobilisé avec des menottes par terre.

Enfin, les forces policières ramènent son sac à dos et mettent les bouteilles dedans, dans le but d’accuser — incriminer plutôt — le manifestant en question de possession d’armes (cocktail Molotov).

Vidéo postée sur le site de RealDemocrady.gr, sous-titrée en anglais.

Nouvelles Hors Les Murs, 26 janvier 2012

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La police travaille à Rouen

Arrestations à Rouen : « Sale pute de gauchiste, on va te niquer »

Le Stardust, café populaire de la place du Vieux-Marché, à Rouen. Vendredi soir, c’est soirée électro. Quatre DJ locaux doivent s’y succéder. Musique numérique et bières belges au programme. Tout commence bien. Il est environ 20h00. Jusqu’à 23h30, rien à signaler. Le bruit est limité, les gens profitent de leur week-end. La soirée va pourtant dégénérer.

Vers 23h30, deux clients sortent du bar pour uriner sur une place située en face. Un premier véhicule de police arrive sur les lieux et interpelle dans le calme les deux contrevenants. « Vous êtes en train d’uriner sur le site historique de Jeanne d’Arc », annonce l’un des policiers. Les papiers d’identité sont confisqués, les deux fauteurs de trouble attendent de recevoir leur amende. Les flics font durer le plaisir.

Pendant une demi heure, les deux clients fautifs « poireautent »… D’autres clients du bar se rapprochent de la scène, demandent des explications. Le contrôle s’éternise. À ce moment, deux autres véhicules de police arrivent. Les forces de l’ordre annoncent qu’ils interpellent les deux « pisseurs » pour ivresse manifeste sur la voie publique. Tollé général. Les deux fautifs sont embarqués.

Une dizaine de clients se placent en face d’une des voitures, pour l’empêcher de repartir. Sans violence ni insulte. Mais les policiers sont nerveux. Ils sortent du véhicule et gazent à bout portant plusieurs personnes. Présent au concert, je me retrouve moi-même, après m’être manifesté comme journaliste auprès des policiers, pris dans les effluves de lacrymo. Une fois le « ménage » accompli, les voitures repartent avec les deux délinquants. Fin de l’histoire ? Pas encore…

Plusieurs véhicules restent en faction à 100 mètres du bar, tous feux allumés. Vingt minutes plus tard, sans raison apparente, l’assaut reprend : une vingtaine de policiers en tenue de « Robocop » arrivent en trombe sur la terrasse du café. Matraques, chiens, lacrymos… c’est reparti.

Sans distinction, des gens sont frappés, un jeune homme a le crâne en sang. Des grenades sont tirées. Un client du bar, rageur, jette une bouteille sur l’une des fourgonnettes de police. Au bout d’une heure, c’est le seul acte violent à déplorer côté fêtards. Les policiers, de leur côté, frappent les quelques femmes venues leur parler pour que cessent les violences. Ils éructent des insultes sexistes : « Bande de morue, salopes… »

Un des DJ qui repartait avec son matériel est poussé dans le dos par un policier. Il s’étale au sol avec ses affaires. Une jeune femme est violemment interpellée, traînée par terre, son pull et son tee shirt déchirés. Un policier lance : « Sale pute de gauchiste, on va te niquer. » La place est finalement « nettoyée ». Il est presque deux heures du matin.

Bilan de l’opération : trois personnes interpellées pour ivresse manifeste sur la voie publique (aucun taux d’alcoolémie n’a été communiqué aux contrevenants, aucune amende n’a été dressée pour cette infraction). Deux autres personnes devront répondre de dégradation de bien public, outrage, rébellion et violence sur agent de la force publique.

Contacté lundi, le commissariat principal de Rouen explique sommairement que « les policiers ont été pris à partie et ont du faire usage de la force ». L’officier en charge de la communication n’a pas eu connaissance d’éventuelles violences et insultes policières.

Les deux principales victimes, après constatation d’un médecin légiste du CHU de Rouen, devaient rencontrer un avocat mercredi. Elles présentent des hématomes, des brulures au visage et une entaille au crâne. Une ITT (incapacité totale de travail) de trois jours a également été retenue. De leur côté, les deux « pisseurs » ont écopé d’une amende de 68 euros pour miction sur les ruines de la place du Vieux-Marché. Jeanne d’Arc peut donc reposer en paix.

Leur presse (Manuel Sanson, LesInrocks.com), 26 janvier 2012.

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Blocage du Pôle Emploi de Rennes ouest par l’assemblée Occupons Pôle Emploi

Mercredi 25 janvier, le collectif « Occupons Pôle Emploi » composé de membres du MCPL, des Indigné-e-s de Rennes, du SLB et d’individus a occupé l’agence Pôle Emploi de Rennes ouest Atalante champeaux. Nous entendions manifester notre opposition à la culpabilisation et à l’infantilisation faites aux chômeur-euse-s et précaires en exigeant la fin des radiations, l’abrogation de l’offre dite Raisonnable d’emploi, un revenu décent sans conditions pour tous, la titularisation du personnel de Pôle Emploi, etc.

Devant l’absence de réaction de la direction de Pôle Emploi, nous avons bloqué physiquement, avec l’aide d’usagers de Pôle Emploi, le siège de la direction territoriale, situé à l’étage de l’agence. Nous portions quatre revendications immédiates :

• L’accès libre à un panneau d’affichage pour les collectifs de chômeurs et précaires ;

• L’engagement par écrit de ne procéder à aucune radiation à Rennes ce jour ;

• L’accès libre dans les Pôles à Internet pour connaître l’identité de leurs éventuels employeurs, les conditions de travail, etc. ;

• L’abandon des créances demandées par Pôle Emploi à Jean-Claude Bouthemy, chômeur poursuivi par Pôle Emploi pour avoir tagué sur le Pôle Emploi de Fougères : « Alinéa 5 : un emploi pour chacun », expression tirée de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

La direction de Pôle Emploi a pour l’instant plié sur la dernière d’entre elles. Elle s’est engagée par écrit à mettre fin aux menaces de sanction qui pesaient depuis plus de trois ans sur Jean-Claude Bouthemy alors qu’il rappelait simplement son bon droit. Par ailleurs, presque tou-te-s les chômeur-euse-s rencontré-e-s pendant cette journée d’occupation nous ont fait part de difficultés (notamment administratives) rencontrées avec Pôle Emploi. Les accompagner directement au guichet pendant cette journée a permis de débloquer plusieurs situations.

Une fois de plus, Pôle emploi ne cède que sous la pression collective. Nous en prenons acte.

Comme toutes nos revendications ne sont pas encore satisfaites, nous entendons bien poursuivre nos actions dès la semaine prochaine.

Prochaine assemblée au Bar « chez Ramon et Pédro » le vendredi 27 janvier à 18h.

L’Assemblée Occupons Pôle Emploi
Le 26 janvier

MCPL – Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte

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[Chroniques grecques] N° 2 : De la ligne de front

Période critique, période transitoire, période intermédiaire : celle de la visibilité croissante de la ligne de front, de sa mise en exergue toujours plus criante. Et de sa réappropriation offensive par la population.

Que ce soit dans les bars ou les universités, les places occupées par les chômeurs ou les appartements loués en collocation ; que ce soit dans les discussions animées dans les bus ou les supermarchés ; dans un ton mêlant fierté et angoisse, détermination joueuse et incertitude, défi et épuisement, la tension est palpable, la population dans sa grande majorité réalise que le régime capitaliste est non en phase de désintégration, et avec lui la démocratie représentative, mais qu’il devient à nouveau ce qu’il a toujours été fondamentalement : un régime de terreur sociale et militaro-policier.

La situation sociale en Grèce est actuellement en phase terminale de décomposition généralisée. Depuis trois ans de mesures antisociales et plans de rigueur forcés imposés par la force des matraques dans la rue et le sang des manifestants, nous sommes désormais arrivés à un point de fracture et de rupture généralisée. Pour l’heure, cette fracture s’ancre progressivement et principalement dans les consciences, où tous savent avec une patience déterminée et une voix sûre que l’embrasement irréversible surgira dans les prochains mois, mais sans pour autant savoir de quel côté proviendra cet embrasement, d’une junte militaro-capitaliste ou du soulèvement populaire. Outre les innombrables taxes et augmentations terribles des prix de denrées alimentaires et de loyers, le problème crucial qui sévit en ce moment est la généralisation progressive et sans marche arrière du non paiement des salaires. Les dernières privatisations et étapes de casse sociale sont quasiment atteintes et totales, et survient désormais la phase critique de l’annulation stricte de toute rémunération.

Telle est la suite logique des violentes attaques du Capital et la seule manière pour la bourgeoisie de sauvegarder sa capacité de stabilité marchande et de gouvernabilité étatique : le strict esclavage pour tous les secteurs vitaux de production et de distribution où les travailleurs ne sont tout bonnement plus du tout rémunérés, avec l’appel gouvernemental à accepter le diktat afin de « sauver » le pays en travaillant gratuitement pour la bourgeoisie ; et le chômage forcé et généralisé pour le reste de la population.

Face à cette situation, où les syndicats et partis de gauche se déchirent entre leurs bases militantes et les centrales directrices, presque paralysées depuis les événements d’octobre 2011, l’État durcit la militarisation de « l’espace public » et la répression contre toute forme de contestation à potentialité révolutionnaire. En effet, d’une part, la police occupe militairement des points stratégiques tels les moyens de communication (stations de TV et de radios), les bâtiments d’État et autres rouages de pouvoir (ambassades, ministères à Athènes, préfectures) en vue d’une protection rapprochée permanente ; d’autre part elle procède au quadrillage militarisé de secteurs « chauds », qui peuvent être temporaires ou permanents : quartiers étudiants, lieux occupés et squattés par des groupes actifs, des endroits tels le célèbre Quartier d’Exarchia à Athènes en tant que foyer d’agitation révolutionnaire, zones où les migrants exercent la vente ambulante, etc. Simultanément, la force de frappe répressive d’État s’acharne depuis quelques semaines à la systématisation quasi-militaire des rafles à l’encontre des groupes anarchistes. Avec l’arrestation récente de plusieurs membres du groupe armé Lutte Révolutionnaire et la multiplication des actions de solidarité à diverses échelles (occupation de station de radio commerciale, attaques de commissariats, manifestations, banderoles de solidarité, concerts de soutien, actions incendiaires, etc.), la police multiplie les interventions ciblées au cœur de Exarchia, les arrestations « préventives » ou avec incarcération immédiate sans aucun « mandat d’accusation » dans les squats politiques, et les camarades se retrouvent dans une position délicate. La guerre ouverte contre les groupes révolutionnaires est enclenchée et officielle spécifiquement depuis l’incarcération des combattants du groupe L.R.

Les patrouilles des Brigades Delta (voltigeurs à moto) sillonnent régulièrement les rues et représentent la force répressive la plus agressive et offensive contre la population.

Le dernier grand mouvement social fut le mouvement des étudiants avec 350 facs occupées sur 400 entre août et début octobre 2011, occasionnant une répression implacable. Aujourd’hui, les portes et fenêtres des universités gardent encore la trace des affrontements de la fin de l’été, détruites. Mais des luttes locales à l’échelle des quartiers s’organisent progressivement : ainsi, à Thessalonique, face aux nouvelles taxes concernant l’électricité, des Comités Populaires se mettent en place par quartier. Dans un de ces quartiers, par exemple, trois Comités différents se sont créés, chacun avec une assemblée de quartier hebdomadaire (le  samedi en général) : un Comité initié par les groupes staliniens du PAME et du KKE, un Comité où prédomine la tendance « socialiste modérée » et un troisième à influence anarchiste et appuyé par les groupes du squat libertaire « Ethernet ». Des luttes à l’échelle de quartier se développent ainsi avec manifestations de quartier, occupations et actions de blocage. Si ces trois structures horizontales et décisionnelles demeurent bien distinctes, il arrive que les trois se fédèrent pour des manifestations communes, qui ont déjà abouties à des actions d’occupation du siège des services municipaux de l’électricité. Lorsque ce sont des groupes anarchistes qui appellent à des manifestations de quartier, se joignent environ 1000 personnes, suivies d’une assemblée populaire décisionnelle.

Après toutes sortes de discussions avec de nombreux camarades, l’état de la situation sociale et révolutionnaire en Grèce peut être résumée de la meilleure manière à travers la traduction (non parfaite) de ce dernier communiqué des combattants d’Athènes :

« Nous traversons une période de crise économique “profonde” ; une autre crise artificielle. La durabilité du système capitaliste est évaluée, notamment sur le critère de “crises” semblables depuis de nombreuses années maintenant. Une expérience organisée par peu, d’habitude avec des citoyens dociles et apprivoisés comme des cochons d’Inde ; le peuple qui passionnément (et parfois sans aucune passion) supporte et loue son droit de choisir ceux qui l’appauvrira et le trompera pendant les quatre années suivantes. Mais ce “beau” flux du capitalisme est essentiellement détruit jour après jour, puisque la population commence à se rendre compte que le capitalisme ne mérite pas d’amélioration, mais la destruction : une fois que le rêve éloigné, cependant tangible de “la vie idéale”, à savoir la consommation gaspilleuse et constante, a commencé à s’effondrer pour une grande partie de la population. En réalité, ceux qui une fois peuvent avoir gardé leur bouche fermée, pour un rêve, sont maintenant progressivement contaminés par le virus contagieux de la révolte. À partir de là, le peuple se radicalise, comme l’histoire l’a montré dans les temps de crise systémique.

Mais le conte de fées a toujours une fin et nous retournons à la réalité la plus sauvage et brutale. Nous faisons face à un capitalisme septicémique, où la crise systémique s’approfondit à jamais, par lesquels des restes fascistes commencent à s’établir en des structures autoritaires, et la faillite désordonnée du pays semble voisine. Les fonctions permanentes du système sont l’appauvrissement économique ininterrompu de la société et les attaques répétées sur tout ce qui résiste. Cependant, malgré la dégradation continue “de la qualité” de vie, une partie énorme de la population est toujours incapable de tracer l’ennemi et la ligne de démarcation entre les deux camps. Nous ne savons pas s’il y aura un coup d’État, si on entendra des hymnes militaires, si des chars de l’armée rouleront dans le centre d’Athènes ou si les combattants seront envoyés au peloton d’exécution. Mais nous ne savons que trop bien que l’État essayera de se débarrasser de quoi que ce soit résistant à tout cela trop rapidement. De là, faisant face à la menace des masses et de heurts violents, l’État enlève le masque du capitalisme puissant d’autrefois et montre son vrai visage, impitoyable.

Ce que nous estimons être l’écroulement des structures économiques et financières n’est pas un processus d’autodestruction du système capitaliste mais sa barre logique de réajustement, sous les termes spécifiques de la survie, qui sont imposés à la plus grande partie de la population. Comment l’État infusera-t-il la crainte dans les parties radicalisées de la population, si ce n’est en envoyant les assassins des équipes de police de NATTE pour étouffer les manifestants avec des armes chimiques et battre les gens à mort pendant les manifestations ? Comment l’État bâillonnera-t-il l’effervescence libre d’idées révolutionnaires et empêchera-t-il l’aguerrissement des jeunes dans l’affrontement et dans l’action, si ce n’est en transformant le quartier d’Exarchia en une zone militarisée ? Comment faire pour que la colère sociale s’apaise, si ce n’est en mettant à jour des lois de terrorisme ? Comment envoyer ceux-là à la maison, ceux qui sont prêts à redresser leurs têtes, si ce n’est en infligeant “un coup” définitif aux combattants anarchistes, les soumettant à la justice criminelle et condamnés du simple fait d’être vindicatif, ou aux détentions injustes d’avant-procès ? Parmi tous ceux-ci, comme un nombre toujours croissant d’anarchistes emprisonnés peut être observé, nous pouvons maintenant dire avec certitude que tous ceux qui refusent obstinément de choisir leur camp dans cette guerre sont au moins incohérents avec leur camp dans l’histoire.

Pour faire un examen historique et bref du passé proche, pendant les deux dernières années (à la suite des arrestations dans Halandri), tout le milieu anarchiste a été soumis aux invectives d’un incontrôlable mécanisme répressif constamment mis à jour et amélioré, qui vise sa désintégration complète [guerre d’extermination stricte du milieu anarchiste révolutionnaire] ; par, et dans beaucoup de cas, des surveillances permanentes, par des raids et rafles dans des maisons, des lieux de prédilection et des squats, par la parade quotidienne de toutes sortes de flics dans le quartier d’Exarchia, par une criminalisation claire des relations amicales ; tandis que les détentions d’avant-procès des combattants sont accélérées via des procédures accélérées, sans même prendre en compte n’importe quelle fragile procédure ou même dans certains cas sans aucun  acte d’accusation. Bien sûr, nous n’avions jamais aucune illusion que, dans une période de junte secrète, les poursuites et accusations sont de pures inventions fabriquées de toute pièce.

De notre côté, nous avons voulu placer quatre dispositifs incendiaires samedi, le 14 janvier 2012, contre Audi et des concessions de voiture de Volkswagen, situées sur l’avenue Mesogeion dans la banlieue d’Aghia Paraskevi et vendredi, le 20 janvier, en ville contre le Ministère de la Culture dans Metsovou et Patission des rues se croisant, où ses bureaux financiers de gestion sont situés. Nous devrions clarifier que, malgré le mauvais temps samedi, le 14 janvier, nous avons décidé d’effectuer cette action, voulant envoyer un message de solidarité incendiaire aux camarades P. Masouras et K. Karakatsani, dont l’exécution  des sentences est suspendue par la Cour d’appel d’Athènes lundi, le 16 janvier. La pluie (certainement pas la brigade de pompiers) peut avoir empêché la destruction des véhicules, cependant nous sommes allés plus loin, assumant notre obligation d’effectuer une deuxième attaque et nous revendiquons les deux actions :

1- P. Masouras et K. Karakatsani, dans le cas où le fait vengeur de l’État combiné avec le démenti de l’Enquêteur M. Varela pour signer la cour dirigeant (ce n’est aucunement une coïncidence que, après le procès, elle a été promue président des juges d’appel !), décalent le processus mois après mois, remuant ainsi la guerre psychologique aux camarades.

SORTIE IMMÉDIATE POUR LES ANARCHISTES PANAGIOTIS MASOURAS ET KONSTANTINA KARAKATSANI

Sur le 19e et le 5 mars, respectivement, quand on entendra leur demande de nouveau.

Plus longtemps les camarades restent des otages, plus nous multiplierons les feux à l’intérieur de la métropole.

2- Stella Antoniou, qui est sous détention d’avant-procès dans la prison de Koridallos au cours de l’année passée, accusée pour le cas CCF, avec la preuve unique de ses relations personnelles avec le co-défendeur et le compagnon Kostas Sakkas. Et tandis que sont démenties ses réclamations à accorder une sortie de la prison, l’une après l’autre (elle attend actuellement encore une réponse), la santé de la camarade se détériore chaque jour, en raison d’une maladie rétinienne s’aggravant et qui exige une surveillance médicale rigoureuse et régulière ; quelque chose d’évidemment impossible tant qu’elle est incarcérée.

Stella Antoniou, dès le premier moment de son arrestation et à savoir le coût de ses choix, a fermement défendu ses positions politiques et ses relations amicales. C’est exactement pour cette raison qu’elle est toujours tenue dans la détention d’avant-procès, c’est exactement pour cette raison également qu’elle éprouve le bras vengeur de l’État.

La question est simple : combattre avec solidarité et dignité, ou se résigner avec soumission et crainte. Et la réponse est plus déterminée et impérative que jamais : nous sommes tout à fait côte à côte avec nos camarades, jusqu’à la victoire finale, jusqu’à la révolution, la démolition des prisons et au-delà du régime capitaliste.

Solidarité avec tous les combattants et camarades emprisonnés. »

(Intégralité du communiqué en anglais  sur Contra Info)

De nombreux groupes anarchistes décident de sortir de l’impasse défensive et appellent à une grande manifestation populaire contre leur crise et le régime capitaliste autoritaire le samedi 4 février prochain.

Pour une offensive internationale dans la guerre de classe.

L. et I., 26 janvier 2012.

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[Vive l’Azawad libre !] Victoire de la rébellion à Adaranboukane

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327599920.jpgAdaranboukane est libre

Nous informons l’opinion nationale et internationale que le MNLA a lancé une attaque contre l’armée d’occupation à Adaranboukane tôt ce matin, après quelques heures de combats, la ville est tombée sous le contrôle du Mouvement National de l’Azawad. Nous avons récupéré trois véhicules blindés, toutes les munitions et le matériel se trouvant dans la caserne que nous contrôlons actuellement est entre nos mains. Le drapeau de l’Azawad flotte désormais haut sur cette ville. Tous les militaires maliens sont entre nos mains et les autres ont fui.

Les opérations militaires pour la libération de l’Azawad continueront jusqu’à la reconnaissance du droit à l’auto-détermination de l’Azawad.

Le MNLA
Communiqué du 26 janvier 2012

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[Mali] Qui sont les vrais intégristes ?

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1305316080.jpg

Le nouveau Code de la famille au Mali : une véritable régression pour les droits des femmes
La FIDH dénonce la promulgation de ce texte discriminatoire

Adopté le 2 décembre 2011 par l’Assemblée nationale, le nouveau Code de la famille malien, qui entérine des discriminations à l’égard des femmes leur consacrant un statut d’infériorité, vient d’être promulgué par le Président, Amadou Toumani Touré (le 16 janvier).

Ce code, qui était au départ censé corriger les discriminations, en réduisant les inégalités et en harmonisant la législation interne avec les conventions régionales et internationales ratifiées par le Mali, représente dans sa version définitive un véritable recul en matière de droits humains des femmes.

« Avec la promulgation de ce texte, le Mali a perdu une opportunité de progresser vers le respect des droits des femmes. La FIDH, aux côtés d’organisations maliennes et de tout le continent [Voir les communiqués de la campagne « L’Afrique pour les droits des femmes : ratifier et respecter », réunissant plus de cent organisations basées dans 40 pays africains : Le Code de la famille ne doit pas être promulgué !, Lettre ouverte au Président de la République du Mali, Amadou Toumani Touré, 16 janvier 2012 ; Le nouveau Code de la famille malien : droits fondamentaux bafoués, discriminations consacrées, 8 décembre 2011 ; Deuxième présentation du nouveau Code de la famille au Parlement, Communiqué de presse, 11 octobre 2010 ; La Coalition de la campagne appelle à l’adoption du projet de Code des personnes et de la famille conformément aux obligations internationales, Communiqué de presse, 15 juillet 2010 ; Appel à l’adoption urgente du Code des personnes et de la famille sans appauvrissement de ses dispositions, Communiqué de presse, 15 juin 2010 ; Deuxième lecture du projet de Code de la famille et de la Personne, Lettre ouverte au président Amadou Toumani Touré, 24 septembre 2009.], n’a cessé d’appeler à l’adoption d’un Code protecteur pour les droits des femmes, conformément aux obligations internationales du Mali, et à alerter des conséquences néfastes d’une révision à la baisse de ce texte. Nous déplorons la promulgation de ce texte discriminatoire », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

La FIDH souligne la non-conformité de ce texte avec les principes garantis par la Constitution malienne. En effet, l’article 2 de la Constitution prévoit que « tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée ». Or, plusieurs dispositions du nouveau Code vont à l’encontre du principe de non-discrimination. À titre d’exemple, l’article 311 du Code dispose aujourd’hui que « la femme doit obéissance à son mari » et selon l’article 314, l’homme est considéré comme l’unique chef de famille. De plus, l’article 282 consacre l’âge légal de mariage à 16 ans pour les filles et à 18 ans pour les hommes.

Par ailleurs, ces dispositions violent les obligations internationales du Mali, et notamment la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, ratifiée en 1985, le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes, ratifié en 2005, ainsi que la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, ratifiée en 1990.

« La FIDH et ses organisations membres sur tout le continent africain continueront à se battre jusqu’à obtenir une législation véritablement respectueuse des droits des femmes maliennes », a conclu Souhayr Belhassen.

Communiqué de la FIDH, 23 janvier 2012.

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