[Mort aux El-Assad !] Ambiance de fin de règne à Damas

Les combats se rapprochent de Damas

La contestation du régime de Bachar al Assad, accompagnée de plus en plus fréquemment d’affrontements armés, s’est rapprochée jeudi de Damas alors que les observateurs de la Ligue arabe ont repris leur mission malgré les doutes exprimés jusque dans les rangs de l’organisation quant à son utilité.

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Un officier syrien a déclaré à Reuters que des combats étaient en cours depuis jeudi matin à Douma, foyer de contestation. Les forces de sécurité fouillent des habitations à la recherche d’armes et de suspects. Les autorités ont montré aux journalistes des grenades artisanales faisant partie, selon elles, des armes saisies.

Cet officier s’exprimait dans le faubourg voisin de Harasta, où les forces de sécurité se sont déployées en nombre.

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les forces du régime ont arrêté environ 200 personnes à Douma.

Durant la nuit, les fusillades étaient suffisamment proches pour être entendues du centre de Damas.

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Selon des opposants, l’armée tente de contenir la propagation de la rébellion dans les environs de Damas.

« L’Armée syrienne libre contrôle quasiment complètement certains secteurs des environs de Damas et exerce un contrôle partiel à Douma et à Harasta », a dit un activiste disant s’appeler Hussein, interrogé au téléphone par Reuters. D’autres rebelles à Douma, Harasta et Irbine disent que les forces de sécurité se sont déployées dans leurs localités en profitant de la retraite des insurgés.

« L’armée d’Assad dispose de véhicules blindés et d’armements anti-aériens alors que nous n’avons que des fusils et des lance-grenades (RPG) », a expliqué un combattant de l’Armée syrienne libre disant s’appeler Abou Thaer.

On ignore si les combats signalés près de Damas ont fait des victimes.

Leur presse (Mariam Karouny, Reuters, 26 janvier 2012)


(…) Parallèlement, l’ancien vice-président syrien, Abdel Halim Khaddam, aujourd’hui opposant et réfugié à Paris, a affirmé jeudi dans un entretien au journal Le Figaro, que Bachar el-Assad regrouperait ses armes dans les régions alaouites, la communauté minoritaire dont il est issu.

« Bachar et son clan ont d’abord distribué des fusils et des mitraillettes dans les villes et les villages peuplés par leurs compatriotes alaouites. Depuis un mois, ils ont aussi commencé à transférer les armements lourds de l’armée, par la route, vers le littoral, en les dissimulant sur les collines et les hauteurs », déclare l’ancien dignitaire du régime syrien, qui avait fait défection en 2005. « Les missiles et les armes stratégiques ont déjà intégralement été transférés. Les tanks et l’artillerie, en partie seulement, car le régime en a besoin pour assurer la répression contre les manifestants dans les villes. Bachar a également prévu d’envoyer ses avions de chasse sur l’aéroport de Lattaquié », ajoute-t-il.

La communauté alaouite représente environ 8% de la population de la Syrie. « Les zones alaouites partent du sud-ouest de Homs et remontent, via Hama, jusqu’à la ville de Lattaquié, sur le littoral », précise au Figaro Abdel Halim Khaddam.

Selon cet opposant, Bachar el-Assad applique aujourd’hui un plan « qui vise à créer une guerre de religion, une guerre interconfessionnelle ». « La force ayant échoué, il ne lui reste donc plus qu’à mettre en place son plan de déstabilisation et de partition de la Syrie, qui entraînerait la destruction du pays », affirme-t-il. « Je sais qu’il y a un mois, il s’est confié à l’un de ses affidés libanais et lui a dit son intention de créer un État alaouite d’où il pourrait mener une guerre fratricide et confessionnelle », ajoute-t-il. (…)

Leur presse (L’Orient/Le Jour, 26 janvier 2012)

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