[« Antiterrorisme »] Un message de Sylvie Beghal : « Oui en France ON CONDAMNE POUR DES OPINIONS »

Je salue votre soutien à cette personne [= Adlène Hicheur], qui en effet est une victime des dérives de la politique anti-terroriste en France, il faut du courage pour se risquer sur ce terrain. Mais puis-je vous suggérer, l’union fait la force, l’affaire de mon époux Djamel Beghal pourrait être une troisième affaire avec des points communs.

En effet il a été condamné à 10 ans d’emprisonnement, on lit depuis bientôt 11 ans dans la presse qu’il a été condamné pour préparation d’attentat, alors que dans l’arrêt de la cour d’appel de 2005, il est écrit noir sur blanc que la preuve effective d’un projet d’attentat, n’est pas apportée en procédure sinon par le biais d’une déclaration de Beghal faite devant les enquêteurs émiratis, « reçue dans des conditions non conformes au respect des droits de la défense (comprendre sous la torture) et NE POUVANT AINSI ÊTRE RETENUE ». Il est expliqué plus loin que ce sont les positions religieuses qui sont condamnées en réalité. En décembre 2010 le journal Le Monde publiait les confessions d’un des juges instructeurs de l’époque, le juge Ricard, qui disait en toute impunité que les preuves pour condamner Beghal n’étaient pas normalement suffisantes, mais qu’il avait été condamné grâce à la réputation de ses services ! Aujourd’hui réarrêté, pour une seconde pseudo-affaire, les mêmes méthodes sont employées, et ce qui est planifié est malheureusement prévisible. C’est une histoire si longue à raconter, mais Djamel, comme Adlène et tant d’autres, sont DES PRISONNIERS D’OPINION, oui en France ON CONDAMNE POUR DES OPINIONS.

Je reste à la disposition de tout journaliste désireux de publier et défendre la vérité, car jusque-là, les médias n’ont participé qu’à la destruction de mon époux et de ma famille.

Sylvie Beghal, 17 mars 2012, 21h29 (commentaire à l’article d’OWNI)

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Mutinerie au centre éducatif fermé de Gévezé

Rennes. Les gendarmes interviennent au centre éducatif fermé de Gévezé

Une dizaine de gendarmes sont intervenus la nuit dernière pour rétablir l’ordre dans le centre éducatif fermé de Gévezé près de Rennes. Plusieurs mineurs s’étaient rebellés pour protester contre certaines conditions de vie dans la structure. Les gendarmes ont interpellé le meneur de la révolte alors qu’il essayait de prendre la fuite. Il a été placé en garde à vue et sera présenté aux magistrats demain. Le centre de Gevezé est une alternative à la prison pour des mineurs condamnés par la justice pour des crimes ou des délits graves.

Leur presse (Ouest-France.fr, 18 mars 2012)

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Nique la police un point c’est tout

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Anton Serra

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] « Dès le premier jour de la révolution, tous les sujets étaient discutables entre nous sauf un : la possibilité de retourner en arrière vers les temps de l’esclavage »

Ayman al-Aswad est arrivé en France il y a quelques semaines. Cet opposant syrien originaire de Deraa dans le sud du pays, a fui avec sa famille alors qu’il était recherché, listé parmi les opposants à éliminer. Il raconte l’étincelle qui mit le feu aux poudres : comment le régime arrêta et tortura des enfants pour un tag.

Quand êtes-vous sorti de Syrie ?

Je suis sorti clandestinement le 12 mai par la frontière jordanienne car j’étais activiste et étais poursuivi par le régime. Je suis resté sept mois ensuite dans ce pays, à relayer toutes les informations qui nous arrivaient en particulier les vidéos.

On dit que la révolution est partie de Deraa lorsque des enfants ont tagué des inscriptions contre Bachar al-Assad sur des murs de la ville. Pouvez-vous confirmer ?

Cette histoire est une raison directe du début de la révolution mais il ne faut pas occulter que la vraie raison réside dans les 40 ans durant lesquelles les Syriens ont vécu sous un régime despotique.

Quinze enfants avaient écrit sur les murs d’une école élémentaire « ton tour est arrivé docteur » [Bachar al-Assad est médecin ophtalmologiste, NDLR]. Ils ont arrêté tous ces enfants à l’exception de deux qui se sont cachés chez moi.

Ils ont torturé les enfants très violemment, ils leurs ont arraché les ongles, notamment. Il y a une vidéo bien connue qui montre le visage de l’un de ces enfants avec des hématomes.

Les parents ont demandé leur libération par l’intermédiaire des grandes familles de la ville. Mais la demande a été rejetée.

Au troisième jour, il y a eu une rumeur selon laquelle les enfants allaient être libérés pour essayer d’atténuer la révolution. En fait, ils ont apporté un groupe d’enfants dans des véhicules à l’endroit où il y avait un rassemblement de la population, à côté de la mosquée. Mais les gamins libérés n’étaient pas ceux qui avaient écrit sur les murs de l’école. Certains faisaient bien partie de ce groupe mais les autres avaient été arrêtés durant les jours précédents, aux premiers jours de la révolution. Ceux qui sont restés détenus ont été gardés longtemps.

Ils ont été libérés petit à petit, sauf un. Je ne me souviens plus de son prénom mais son nom est Abazit, c’est le fils de Saani Abazit. Ils l’ont gardé sept mois en détention car ils attendaient que les traces sur son corps disparaissent. Finalement il a été libéré lors de l’Aïd el-Fitr.

Quelle est la situation aujourd’hui à Deraa ?

À Deraa il y a toujours la présence de l’armée, il y a toujours des barrages partout. La sécurité est partout. Les centres sanitaires sont confisqués au profit des forces de sécurité, les écoles également. Même le stade est devenu le siège des forces armées et sert de centre de détention pour les habitants, dont certains sont envoyés ensuite à Damas. Il y a aussi des couvre-feux.

Et du point de vue humanitaire ?

La situation est déplorable. Cela fait onze mois que la population n’a pas de revenu, pas de travail. La seule chose qui atténue la situation c’est la solidarité entre les personnes et les dons des familles qui travaillent à l’étranger. Il y a des snipers en haut des bâtiments officiels. L’électricité et les communications sont rarement opérationnelles.

Le fioul est très rare, les bonbonnes de gaz également et lorsqu’on en trouve le prix est multiplié par quatre. Et il y a des manifestations tous les jours. Ils dispersent les manifestants avec des grenades lacrymogènes mais aussi parfois à balles réelles. Tout rassemblement à Deraa est une manifestation. Quand les élèves sortaient de l’école au début ils manifestaient.

Quelle activité aviez-vous dans la révolution ?

Je suis un opposant indépendant. Dès le premier jour j’ai participé aux manifestations et comme j’étais déjà militant j’ai aidé à formuler les revendications, à organiser le mouvement. Dès le premier jour, en fait, BBC arabic m’a appelé. Alors j’ai commencé à donner des informations à l’extérieur du pays, ensuite d’autres médias ont fait de même : France 24, Al-Jazeera… Nous étions plein d’espoir et je suis resté sous ma propre identité.

Les 20 premiers jours j’étais le seul à témoigner. On a essayé de m’arrêter le troisième jour des manifestations. J’étais visé mais j’ai pu m’échapper. J’ai appris que je figurais sur une liste des personnes à assassiner. Ils ont arrêté ma femme six heures et lui ont dit qu’ils allaient me découper en morceaux. Ma famille et mon voisinage ont subi un harcèlement. Leurs maisons ont été perquisitionnées plus de dix fois, mises sens dessus-dessous. Ils cherchaient même dans les tiroirs de la cuisine, comme si j’avais pu m’y cacher. C’était pour les effrayer. La télévision syrienne et la chaîne officielle Al-Dounia a démenti tout ce que je rapportais, affirmant que j’étais aveugle alors que je disais au téléphone avoir vu les choses de mes propres yeux. Comme vous le constatez, je suis parfaitement voyant.

Un an après, quels sont vos espoirs de voir la révolution bientôt aboutir ?

Dès le premier jour de la révolution, tous les sujets étaient discutables entre nous sauf un : la possibilité de retourner en arrière vers les temps de l’esclavage. Le peuple sait que le régime va tomber. Ce que nous ne savons pas c’est : à quel prix.

tempsreel.nouvelobs.com, 15 mars 2012

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[Paris] Un dangereux forcené retranché dans les bureaux du pôle « antiterroriste »

Fragnoli, la justice façon « Kill Bill »

Le juge antiterroriste Thierry Fragnoli constitue le clou de la galerie de portraits — entrecoupés d’extraits de procès-verbaux et d’impressions personnelles — dressés par David Dufresne, qui signe une œuvre originale sur le bazar de « l’opération » contre ces supposés « anarcho-autonomes » saboteurs de TGV. Au chapitre 37 de Tarnac, magasin général (1), le magistrat jusqu’au-boutiste se livre pour la première fois à ce journaliste très insistant. Cinéphile, Thierry Fragnoli conseille d’abord à Dufresne de voir Kill Bill de Quentin Tarantino : « Vous devez regarder ça si vous voulez me comprendre. » De quoi se demander si le puissant moteur de ce juge solitaire arc-bouté sur la thèse du « complot terroriste » serait une vengeance personnelle… Avec des armes juridiques bien entendu, contrairement à l’héroïne Uma Thurman qui liquide à l’arme blanche ses anciens complices du « Détachement international des vipères assassines » pour venger la perte sanglante de son bébé.

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Mais Thierry Fragnoli, 40 ans, sportif, « vif, direct et joueur » selon l’auteur, lui dit que c’est « la morale » du film qui lui plaît : « Tout se paye un jour… De manière moins violente — heureusement —, c’est un peu le fond de mon boulot : rattraper ceux qui partent en courant et leur présenter la facture. » Quand David Dufresne le titille « sur ses motivations profondes », le juge Fragnoli se gausse : « C’est comme si on demandait à un escargot pourquoi il ne sort que quand il pleut… C’est comme ça, parce que ça lui plaît plus que la sauce au beurre et à l’ail. »

En revanche, sa réplique favorite dans son film culte sent le guerrier invincible. Il s’approprie la phrase du maître japonais ayant forgé le sabre pour la vengeresse : « Je le dis sans vanité, c’est le plus beau sabre de ma carrière. Si en chemin vous rencontriez Dieu, il serait taillé en pièces. » Seul contre tous ou presque, le guerrier Fragnoli, qui se veut maître du temps, croise le fer avec Julien Coupat, qu’il tient pour le chef terroriste de cette prétendue « cellule invisible », et ses pugnaces avocats qui pilonnent son dossier. Si Coupat a traité en privé Fragnoli de « nazi républicain », le juge dit de Coupat qu’il se prenait pour « le Jean Moulin de l’anarchie ».

Il existe une sorte de lutte des classes entre le gosse de riches Coupat et le juge prolo. Dufresne se demande si l’obstination du magistrat ne relève pas « d’une revanche sociale ». Orphelin à 13 ans de son père routier, Thierry Fragnoli a été élevé par sa mère employée de la ville de Paris et fit des petits boulots (barman, archiviste, aide-soignant, animateur), en militant au PSU à 18 ans puis collant les affiches du PS à 23 ans. Le voilà instituteur puis conseiller d’orientation. À 33 ans, il devient magistrat, juge des enfants à Meaux (Seine-et-Marne), substitut du procureur puis juge d’instruction à Créteil (Val-de-Marne), enfin propulsé à Paris dans le sanctuaire de l’antiterrorisme.

Ce petit juge déçu de la gauche, laïc et jacobin, instruit dans l’ombre sur les Kurdes du PKK puis hérite de ce dossier déjà étiqueté terroriste. Submergé par « le tsunami médiatique » comme il dit, le juge Fragnoli prend des coups redoublés. De plus en plus isolé avec ses enquêteurs, il s’accroche désespérément pour trouver les preuves qui manquent. Il a tellement investi sur ce dossier qu’il ne peut se résoudre à s’en dessaisir pour le ramener à une affaire de droit commun.

Le juge Fragnoli, qui ne manque ni d’humour ni d’obsession, a illustré sa carte de vœux pour l’année 2011 d’une rame de TGV assortie d’une phrase de Michel Audiard sur les « emmerdeurs » en France. Il tendait à ses mis en examen pour signer leurs auditions un stylo publicitaire marqué « J’aime la SNCF ». Selon David Dufresne, Thierry Fragnoli « imagine bien un film sur l’affaire avec Brad Pitt dans son rôle ».


Quand le juge de Tarnac interloque

Les frasques du juge antiterroriste Thierry Fragnoli, qui instruit à la hussarde le dossier dit de Tarnac, vont-elles entraîner son dessaisissement ? Libération a appris que les avocats de Julien Coupat, mis en examen pour « organisation d’une association de malfaiteurs terroristes », déposent aujourd’hui une « requête en récusation », auprès du premier président de la cour d’appel de Paris, contre Thierry Fragnoli. Des « propos subjectifs » qu’il a tenus à des journalistes trahiraient un « parti pris en faveur de la culpabilité ».

Le dernier épisode désopilant du magistrat, révélé mercredi par le Canard enchaîné, vient « conforter » à leurs yeux le côté va-t-en-guerre et revanchard du juge contre les mis en examen. Fragnoli a envoyé un mail à des journalistes, depuis son adresse professionnelle, pour couper l’herbe sous le pied du Canard qui venait de l’appeler au sujet d’une sacoche bourrée de documents confidentiels oubliée par un des enquêteurs lors d’une perquisition. Le 23 février, à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen, le juge a débarqué avec une trentaine de policiers de l’antiterrorisme (SDAT) chez un forgeron suspecté d’avoir fabriqué les crochets ayant servi à saboter une ligne TGV fin 2008. Charles R. a été embarqué en garde à vue (puis relâché sans mise en examen), mais ses proches ont récupéré une sacoche avec les noms et numéros de portable des enquêteurs, les photos et adresses en Normandie de personnes  surveillées, et un PV de garde à vue en blanc estampillé par la SDAT, pas du tout réglementaire.

Après le coup de fil du Canard lundi, le juge Fragnoli s’est empressé d’alerter par écrit certains journalistes moins corrosifs du Nouvel Observateur, de l’Express et d’Europe 1, qu’il appelle « amis de la presse libre ». Précisant, entre parenthèses : « Je veux dire celle qui n’est pas affiliée à Coupat/Assous. » Cette allusion à Jérémie Assous, l’un des défenseurs de Julien Coupat, démontre, selon la requête de Thierry Lévy, Louis-Marie de Roux et Me Assous lui-même, « l’existence d’une animosité personnelle de M. Fragnoli à l’égard de l’un des mis en examen et de l’un de ses avocats, mais également un mépris total de la part du magistrat des obligations de sa fonction ».

Dans ce mail ayant pour objet « scoop Coupat/Canard », le juge alerte et informe des journalistes non-collabos — si l’on comprend bien — sur la perte de ces « documents policiers » qui n’ont « aucun intérê t» : « Bon alors avant que vous me demandiez ce que j’en pense — en OFF — depuis mes vacances (je pars tout à l’heure 2 semaines en Espagne)… » Du jamais-vu. Que des juges parlent en « off » (de façon confidentielle) à des journalistes, la presse ne va pas s’en plaindre. Mais quelle mouche a piqué le juge Fragnoli pour cumuler ainsi les imprudences ? Pour un de ses confrères, « ce mélange confondant d’aveuglement et de naïveté montre qu’il a pété une durite. Il a été blessé par cette affaire. Là, ça dérape, on est sorti du débat terro-pas terro [-risme, ndlr]. »

Depuis plus de trois ans, le débat fait rage autour de ce dossier censé illustrer « la menace de la mouvance anarcho-autonome » ou de « l’ultra-gauche ». Les policiers du renseignement (RG, DCRI) et de la PJ, ainsi que la ministre de l’Intérieur d’alors, Michèle Alliot-Marie, l’ont survendu en terrorisme, là où d’autres ne voient qu’une simple affaire de droit commun, une dégradation de voie ferrée comme il en existe 4000 chaque année. À force de s’enferrer dans la qualification de terrorisme pour ne pas laisser à d’autres « son » dossier, Fragnoli a peut-être dérapé avec ce mail. Un haut magistrat « n’en revient pas », un autre prédit « une sanction disciplinaire », mais « pas pour violation du secret », et la chancellerie ne « souhaite pas faire de commentaires ».

Dans leur requête, Mes Lévy, Roux et Assous — auxquels s’associe MeWilliam Bourdon pour Yldune Lévy, autre mise en cause —, visent également « les entretiens nombreux » que le journaliste David Dufresne a eus avec le juge entre 2009 et 2011(lire ci-contre), lesquels révèlent son « point de vue » et ses « émotions ». L’auteur y écrit que le juge « exultait » lorsqu’il a appris que des tubes en PVC ayant pu servir de perches pour poser les crochets sur les caténaires avaient été retrouvés au fond de la Marne.

Son « excitation » est comparée à celle « d’un orpailleur dans un champ de ruines, des perches pour pépites » alors que le dossier manque d’éléments bétons : « Il était persuadé de tenir enfin la preuve matérielle qui allait clouer le bec à tout le monde […]. Il serait réhabilité. À son entourage, il affirma qu’il était désormais persuadé qu’il ne prononcerait pas de non-lieu. » Pour les avocats, « en acceptant de se livrer ainsi, M. Fragnoli a cessé d’être un magistrat impartial qui doit, selon la loi, instruire à charge et à décharge. Il s’est publiquement comporté comme un chasseur poursuivant son gibier. » (…)

Publié par Tourancheau-la-journaflic (Libération, 16 mars 2012)

Publié dans Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec | 3 commentaires

Nouvelles de la révolution tunisienne

Un jeune s’immole par le feu sur la voie publique à El Menzah

Un jeune citoyen de la région d’Ettadhamen [Etthadamen (= »Solidarité ») se trouve en effet dans la banlieue de Tunis (à peu près à quinze minutes en voiture du centre-ville) ; c’est la grande cité des immigrés pauvres venus de la région de Kasserine. (NdJL)], dans le gouvernorat de l’Ariana, s’est immolé, samedi, par le feu sur la voie publique, au niveau de l’intersection d’El Menzah VI.

Le jeune homme s’est, en effet, aspergé le corps d’un produit inflammable avant d’y mettre le feu et de succomber à ses brûlures sur les lieux, devant la surprise générale des passants et des conducteurs de voiture. La circulation a été bloquée durant une courte période avant de transférer le cadavre vers l’hôpital Charles-Nicolle à Tunis.

Selon les informations préliminaires recueillies auprès du district de la sécurité nationale à El Menzah, le jeune suicidaire a fait l’objet de poursuite judiciaire, ce qui l’avait affecté psychologiquement, en plus de ses conditions sociales précaires.

Les autorités sécuritaires de la région et, tout particulièrement, les unités de la garde nationale dans la localité d’Ettadhamen ont pris toutes les dispositions nécessaires en vue d’assurer la sécurité des funérailles du jeune défunt, prévues, dimanche après-midi, dans le cimetière de la Manouba.

Publié par des ennemis de la révolution (Wafa Sdiri, TunisieNumerique.com, 18 mars 2012)


Commentaire choisi :

C’est bien, un article qui sort 36 heures après les faits.
Ça aurait été plus intéressant, si notre chère journaliste avait pris la peine de faire le suivi et de dire que cela s’est gâté lors des obsèques du défunt, et que d’un autre côté, ça craint toujours du côté d’El Menzah 6, où un important dispositif de sécurité est déployé pour empêcher les gars de la Cité Ettadhamen de se venger sur le poste de police d’El Menzah 6.


Une marche de protestation après l’immolation par le feu d’un jeune à cité Ettadhamen

Des habitants de la « Cité Ettadhamen » ont sillonné les rues de la région jusqu’aux périphéries de la région voisine d’Ennasr lors d’une marche pacifique organisée dimanche 18 mars 2012, en signe de protestation suite à l’immolation par le feu d’un jeune de la cité pour des raisons qualifiées de « professionnelles ».

Selon Kaïs Bouzouiziya, représentant l’Association nationale des sans-emploi, la marche a eu lieu juste après les funérailles du jeune qui a décidé de mettre une fin « tragique » à sa vie  après avoir été agressé par des individus qui seraient mandatés par son employeur originaire de la Cité Ennasr.

Publié par des ennemis de la révolution (Mosaïque FM, 18 mars 2012)


Des sit-inneurs bloquent les routes à Menzel Bouzayane

Des sans emploi se sont rassemblés, dimanche matin, devant la délégation de Menzel Bouzayane (centre, gouvernorat de Sidi Bouzid) revendiquant leur droit au travail.

Les protestataires estiment que le gouvernement n’a pas tenu ses promesses et affirment qu’ils vont continuer à manifester et à … bloquer les routes tant que leurs demandes ne seront pas satisfaites.

Depuis 4 jours, plus rien ne va à Menzel Bouzayane, village proche de Sidi Bouzid qui a donné le premier martyr de la révolution. Les chômeurs continuent à observer un peu partout des sit-in. Ils exigent du gouvernement de tenir ses promesses.

En janvier, lors de la visite du ministre du Transport, il a été convenu après des négociations avec des sit-ineurs, un accord pour la création d’une zone industrielle et de terrains irrigués aux sans emplois afin qu’ils créent leurs entreprises.

Selon les manifestants, il y a lenteur voire une absence totale du gouvernement dans la région et l’accord conclu, dans le cadre d’un agenda précis, n’a pas été respecté.

À l’entrée ouest de la délégation, un groupe de jeunes observent un sit-in sur la route nationale reliant Sfax-Gafsa. Un autre groupe bloque l’autre flanc de la délégation et empêchent la circulation des véhicules administratifs et des poids-lourds.

Vendredi, des représentants des manifestants ont rencontré le gouverneur de Sidi Bouzid mais les discussions n’ont pas abouti à un accord.

Le responsable s’est rendu dimanche sur place pour relancer les discussions avec les sit-ineurs et essayer de trouver avec eux un terrain d’entente.

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis, 18 mars 2012)


Les représentants d’une société pris en otage par les employés d’un hôtel à Tabarka

Une délégation d’une société mère propriétaire d’hôtels s’est rendue à Tabarka, jeudi 14mars 2012, afin de reprendre les clefs d’un hôtel loué à un Italien qui avait décidé de résilier son contrat de location, vu la conjoncture difficile.

Un certain nombre d’employés de l’hôtel les ont pris en otages et enfermés dans la loge du gardien jusqu’à tard dans la soirée. L’information a été largement reprise par les journaux de la place jusqu’à l’intervention du délégué du tourisme de Tabarka pour demander la libération de cette délégation, seulement ce dernier a été, à son tour, pris en otage.

Selon Mohamed Chaâbane, directeur de la société qui est intervenu sur les ondes de Mosaïque FM, tout le monde a été libéré dans la soirée du vendredi 16 mars 2012 grâce à l’intervention musclée des forces de l’ordre.

Slim Tifeoui, secrétaire général de l’Union régionale de l’emploi de Jendouba, a affirmé sur les ondes de la radio que les employés de l’hôtel ont été dupés et que leur acte était un celui de désespoir. Ces employés auraient signé un nouveau contrat de travail avec une nouvelle société leur promettant du travail au sein même de l’hôtel, une promesse qui ne peut être tenue pour l’instant puisque l’établissement n’a pas encore été loué.

Pour sa part, le ministère de l’Intérieur confirme l’information sur sa page officielle Facebook et précise qu’il s’agit de 50 employés. Selon le ministère de l’Intérieur, les forces de l’ordre sont intervenues vers 21h en présence du juge cantonal de la région de Tabarka.

Publié par des ennemis de la révolution (Z.D., Business News, 18 mars 2012)


Pour se faire entendre, ils coupent la route entre Sousse et Kairouan

Les habitants de Sidi Hani, ville située sur la route entre Sousse et Kairouan, ont interrompu ce vendredi 12 mars la circulation entre ces deux villes. Ils ont barré la route avec des pneus qu’ils ont brûlés, empêchant ainsi toute visibilité… à 100 mètres.

Deux raisons expliqueraient le courroux des habitants de Sidi Hani. D’abord, ils souhaitent attirer l’attention des autorités sur la politique d’exclusion à leur égard. Ils affirment souffrir d’un manque de services publics et sociaux, mais également d’opportunités d’emploi. Ils évoquent également la non résolution des problèmes fonciers qui datent des années 60 du siècle dernier.

Publié par des ennemis de la révolution (DirectInfo, 16 mars 2012)

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[Grigny] L’Anti-France travaille

Guerre d’Algérie : le secrétaire d’État « choqué » par la dégradation d’une stèle

« Je suis profondément choqué, cet acte insulte les soldats français morts en Algérie. » Ce dimanche après-midi, Marc Laffineur, le secrétaire d’État auprès du ministère de la Défense et des anciens combattants, a vivement réagi à la dégradation d’une stèle commémorative du 19 mars 1962 à Grigny (Essonne).

Cet acte de vandalisme a été découvert samedi matin par des membres de la Fnaca locale (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie). Ils ont retrouvé la plaque rappelant « le sacrifice des 30’000 camarades morts en Afrique du Nord » totalement brisée et avec sur la pierre l’inscription « Allah Akbar » taguée. Un événement qui choque élus et associations, tandis que doivent se tenir demain dans l’Essonne une cinquantaine de commémorations du cinquantenaire des accords d’Évian, qui ont mis un terme officiel à la guerre en Algérie. La municipalité PC s’apprête à porter plainte.

Leur presse (Cécile Chevallier, LeParisien.fr, 18 mars 2012)

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Expulsion du squat Elba à Varsovie

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EXPULSION ILLÉGALE DU CENTRE SOCIAL ELBA À VARSOVIE ET VIOLENCES POLICIÈRES

Le 16 mars le centre culturel squatté « Elba » rue Elblaska 9/11 à Varsovie a été illégalement expulsé par la société de sécurité précipita « Skrzecz » engagée par le propriétaire du site, une société finlandaise, « Stora Enso ».
 Plusieurs personnes ont été attaquées et forcées à sortir des bâtiments.

La sécurité a détruit l’intérieur de la maison, détruisant les biens des habitants et a jeté le reste dehors. Les habitants y ont aussi perdu de l’argent.

Cette invasion illégale a été soutenue activement par un groupe de policiers, qui a empêché les gens de se défendre contre cette agression. Les policiers ne sont pas intervenus contre de nombreux cas de violations commises par le personnel de sécurité comme ils auraient dû le faire. Aucun des représentants de la société, gardes de sécurité ou de policiers, n’a pu montrer d’ordre d’expulsion. À notre demande, il a été répondu que « tous les documents sont restés dans le bureau ». De plus les policiers ont refusé de donner une raison à cette intervention. Leur action était illégale.

Un résumé d’une personne qui était sur place :

 »Vers 10.30, des agents de sécurité employés par la société propriétaire des locaux ont cassé le cadenas du portail et y ont mis le leur puis la police est arrivée.
Les habitant du squat ont subi un contrôle d’identité, seuls 8 policiers étaient alors sur place, ne pensant pas subir de résistance.
Plusieurs personnes ont réussis à se réfugier sur le toit et d’autre venus nous aider ont réussi à rentrer.
Les CRS sont arrivés pour déloger les gens bloquant le portail contre l’expulsion, voyant une résistance, ils ont gazé tout le monde.
Comme les camarades essayaient de rentrer pour aider ceux restés à l’intérieur, d’autres policiers sont arrivés en renfort.
Pendant se temps-là, la sécurité était à l’intérieur de la maison détruisant tout et sortant tous les biens des squatteurs. »

Un groupe de plusieurs dizaines de personnes est venu soutenir en manifestant pacifiquement contre cette expulsion illégale.

N’ayant pas eu le temps d’être déclarée, la police a auto-déclaré la manifestation légale ce qui enfreint un texte de loi.

Les services de police ont utilisé la violence : Les manifestants ont été expulsés, frappés avec des matraques et aux coups de poing. Sans l’avertissement requis par la police, du gaz lacrymogène a été utilisé à plusieurs reprises par les forces de l’ordre. (L’utilisation de gaz lacrymo n’est pas courant en Pologne).

Un protestant a été “tazée”, un autre a dû être hospitalisé.

Face à l’émeute, la police a ensuite utilisé des canons à eau.

Les mesures étant insuffisantes face à la pression des manifestants, la police a appelé les manifestants à se disperser.

Ces derniers ont commencé un sitting, entourés par un cordon de policiers qui donnait des coups de poing, de matraques et a recommencé à gazer. 
Les responsables de la société propriétaire des bâtiments étaient au courant des activités d’Elba mais l’expulsion a été une surprise complète pour les résidents.

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De la part des gestionnaires, il n’y a eu aucune tentative de négociation avec le collectif du centre social, personne n’a été informé de plans à la propriété.

Les bâtiments n’étant pas utilisés par le propriétaire, dans ce cas, l’expulsion sans une décision du tribunal est illégale, et toutes interventions de l’administrateur doivent être faites avec le consentement de la municipalité, ou d’une ordonnance du tribunal.

Une situation similaire avait eu lieu à Wroclaw en 1998, la Cour Européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg avait alors déclaré que l’intervention de la police avait été illégale et qu’il y avait eu violation de la Convention pour la protection des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales. 
La police a enfreint la loi, protégeant les intérêts d’une société privée.

Cela démontre une action consciente contre les habitants, et fait partie de l’attitude inhumaine des autorités envers les citoyens et les habitants de Varsovie, une attitude basée sur la logique du profit au mépris total des Droits Humains fondamentaux.

Le squat « Elba » était un lieu très important dans la vie culturelle du quartier Zoliborz et de Varsovie. Depuis de nombreuses années, il a été géré sans subvention. Il y avait des concerts, expositions, spectacles, débats, projections de films, des festivals et des ateliers. Chaque semaine, des repas étaient préparés au squat pour les sans-abri. Toutes les initiatives ont été mises en œuvre sans subvention de l’État.

La destruction complète et définitive du centre culturel Elba serait une grande perte pour la culture de la capitale. Il est le seul endroit indépendant à Varsovie et sa valeur est inestimable sur le plan culturel.

Trois personnes ont été arrêtées et détenues injustement. Elles ont été chargées pour avoir frappé et envoyé à terre une policière (ce qui est évidement faux) et ont été libérées sontus contrôle judiciaire.


Nous vous invitons à une conférence de presse sur les événements et l’avenir du squat Elba le dimanche 18 mars, à 13h00 au squat rue Elbląska 9/11.

Mise à jour 20h00 : Les manifestants dans un moment d’inattention de la police ont ré-occupé le bâtiment et le toit.
Mise à jour 20h30 : Le nouveau propriétaire du site a annoncé qu’il permet aux résidents de récupérer leurs affaires et leur a donné une semaine de délai.
Les policiers ont quitté les lieux hier soir vers 21h00.

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Actuellement les bâtiments sont surveillés par les manifestants qui siègent sur le toit.

Luttons contre toutes les expulsions et soutenons nos camarades.

ELBA ZOSTAJE !!!! (Elba reste !)

Merci de monter des actions de soutien :

Ambassade de Pologne à Paris :
1, rue de Talleyrand – 75007 Paris
tel.: 01 43 17 34 22
Fax : 01 43 17 34 34
Consulat de Pologne à Strasbourg :
101 rte Schirmeck, 67000 STRASBOURG
03 88 30 17 51

Consulat de Pologne à Lille :
45 bd Carnot, 59800 LILLE
03 20 14 41 80

Consulat de Pologne à Lyon :
79 r Crillon, 69006 LYON
04 78 93 14 85
fax : 04 37 51 12 36

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[Révolution tunisienne] Sit-in à Menzel Bouzayane

Des sit-inneurs bloquent les routes à Menzel Bouzayane

Des sans emploi se sont rassemblés, dimanche matin, devant la délégation de Menzel Bouzayane (centre, gouvernorat de Sidi Bouzid) revendiquant leur droit au travail.

Les protestataires estiment que le gouvernement n’a pas tenu ses promesses et affirment qu’ils vont continuer à manifester et à… bloquer les routes tant que leurs demandes ne seront pas satisfaites.

Depuis 4 jours, plus rien ne va à Menzel Bouzayane, village proche de Sidi Bouzid qui a donné le premier martyr de la révolution. Les chômeurs continuent à observer un peu partout des sit-in. Ils exigent du gouvernement de tenir ses promesses.

En janvier, lors de la visite du ministre du Transport, il a été convenu après des négociations avec des sit-ineurs, un accord pour la création d’une zone industrielle et de terrains irrigués aux sans emplois afin qu’ils créent leurs entreprises.

Selon les manifestants, il y a lenteur voire une absence totale du gouvernement dans la région et l’accord conclu, dans le cadre d’un agenda précis, n’a pas été respecté.

À l’entrée ouest de la délégation, un groupe de jeunes observent un sit-in sur la route nationale reliant Sfax-Gafsa. Un autre groupe bloque l’autre flanc de la délégation et empêchent la circulation des véhicules administratifs et des poids-lourds.

Vendredi, des représentants des manifestants ont rencontré le gouverneur de Sidi Bouzid mais les discussions n’ont pas abouti à un accord.

Le responsable s’est rendu dimanche sur place pour relancer les discussions avec les sit-ineurs et essayer de trouver avec eux un terrain d’entente.

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis.com, 18 mars 2012)


La grogne sociale se poursuit à Sidi Bouzid

La nationale 14 reliant Sfax et Gafsa est coupée au niveau de Menzel Bouzaïene par des sit-ineurs qui réclament, pour le 3e jour consécutif, leurs droits au travail, à la dignité, à l’égalité des chances.

Au moment où des islamistes appellent devant l’Assemblée nationale constituante à Bardo, à l’adoption de la chariâ comme principale source dans la rédaction du nouveau destour (constitution), des centaines de jeunes observent encore leur sit-in à Menzel Bouzaïene (gouvernorat de Sidi Bouzid), entamé depuis mercredi.

Que réclament ces jeunes, dont certains étaient parmi les déclencheurs de la révolution ? Ils lancent un énième appel aux autorités pour qu’elles n’oublient pas les objectifs de la révolution, dite de la liberté et de la dignité.

Les jeunes qui coupent cette route à plusieurs niveaux empêchent surtout le passage des véhicules administratifs et ceux de poids lourds. Ils veulent que les membres du gouvernement s’intéressent à leur situation et respectent les promesses qu’ils ont faites pendant la campagne électorale. Ils protestent contre le dernier « recrutement anarchique » dans la région qui s’est effectué, selon leurs propos, sans aucun critère.

Où sont passés les objectifs de la révolution de la dignité ?

Parmi les demandes : la clarification de la situation des domaines de l’État afin que les diplômés chômeurs puissent en profiter. En lançant des projets. L’amélioration de l’infrastructure dans la région qui n’a rien vu venir, la facilitation des prêts pour ceux qui souhaitent investir et monter une petite entreprise, l’indemnisation des familles des martyrs de la révolution. Ainsi que les blessés et les commerçants victimes de vol et d’incendies.

Les jeunes sont décidés à ne pas céder. Il a été prévu une rencontre, vendredi après-midi, entre le gouverneur et des représentants des sit-ineurs afin de trouver un terrain d’entente et surtout des solutions aux demandes urgentes. Pour que ces derniers soient convaincus qu’il y a vraiment eu une révolution de la dignité dans le pays.

Voilà à quoi pensent ceux qui ont faim. D’autres sont complètement ailleurs. Ils pensent à la division du peuple entre croyants et mécréants, qui peuvent se permettre d’inviter des prédicateurs extrémistes, d’organiser des rencontres dans les hôtels les plus luxueux du pays et appeler au port du niqab et au califat.

Où va la Tunisie ? Où veut-on la conduire avec agitations de religieux appelant à la polygamie, et autres vétilles et vues de l’esprit ?

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis.com, 16 mars 2012)

 

Inscriptions anti-islamiques sur des bâtiments publics à Ben Guerdane

Les habitants de Ben Guerdane (sud) ont été surpris, vendredi, par la découverte, sur certains bâtiments de la ville, d’inscriptions portant atteinte à la religion islamique et à la moralité publique.

Ces slogans antireligieux étaient inscrits sur les murs de mosquées, sur des tombes, ainsi que sur la place des Martyrs au centre de la ville.

Une association caritative islamique de Ben Guerdane a également reçu une lettre contenant des sourates coraniques déformées.

Selon Jawhara FM, qui a diffusé cette information, les autorités sécuritaires de la région enquêtent sur cette affaire assez inédite dans la région, et même dans le pays.

S’agit-il de provocateurs, de manipulateurs qui cherchent à susciter la colère de certaines parties ou d’individus fous ou non conscients de la gravité de leur acte ?

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332110346.jpgPar ailleurs, un acte similaire a été commis dans la capitale, Tunis, vendredi après-midi. Selon le site Sabah News, un homme d’un certain âge a dessiné l’étoile de David sur une plaque à l’entrée de la mosquée El Fath, au quartier Le Passage, d’où une manifestation venait de partir, après la prière du vendredi, pour demander l’adoption de la charia comme principale et unique source de la nouvelle constitution.

L’auteur de cet acte a été interpellé par des passants et il a été livré à la police. Les motivations de son acte restent mystérieuses. A-t-il voulu ainsi exprimer son ras-le-bol face à l’activisme des fondamentalistes religieux monté d’un cran au cours des dernières semaines ?

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis.com, 16 mars 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Sit-in à Menzel Bouzayane

[Révolution tunisienne] Immmolation et protestation à Tunis

L’immolé par le feu d’El Menzah VI se sentait humilié

Le cortège funèbre du peintre de bâtiment de la Cité Ettadhamen qui s’est immolé, samedi, à El Menzah VI, s’est transformé en un rassemblement, avec blocage de la route vers Ennasr.

Les autorités sécuritaires dans la localité d’Ettadhamen (quartier populaire à l’ouest de Tunis) ont pris toutes les dispositions pour assurer la sécurité des funérailles du défunt (30 ans), dimanche après-midi, dans le cimetière de Manouba.

Malgré ces dispositions, les funérailles se sont transformées en marche de protestation. Les voisins du défunt, Khaled Jebali, ont profité de l’occasion pour protester contre la pauvreté, la marginalisation, le chômage et la « hogra » (le mépris), dont ils se sentent victimes.

Selon eux, le jeune homme s’est immolé par le feu parce qu’il s’est senti humilié. Il est allé voir un habitant d’El Menzah VI pour qu’il lui paye ses honoraires après avoir effectué des travaux dans sa maison. Mais l’homme a refusé et l’a même accusé d’avoir escaladé les murs de sa maison. Il semble même qu’il y ait eu une intervention de la police à cet effet. Se sentant blessé dans son amour propre, le défunt s’est aspergé le corps d’un produit inflammable et s’est immolé à la surprise des passants et des usagers de la route.

C’est là la version des faits telle que présentée par les voisins de la victime à la Cité Ettadhamen.

L’agence Tap présente, pour sa part, une toute autre version. « Selon les informations préliminaires recueillies auprès du district de la sécurité nationale à El Menzah, le jeune suicidaire a fait l’objet d’une poursuite judiciaire, ce qui l’avait affecté psychologiquement, en plus de ses conditions sociales précaires. » Et d’ajouter que la circulation a été bloquée samedi durant une courte durée avant de transférer le cadavre vers l’hôpital Charles-Nicolle à Tunis.

Les forces de l’ordre ont donc pris leurs dispositions et quadrillé toutes les issues pour que les funérailles se passent sans incidents. N’empêche qu’il y a eu une marche qui a bloqué la route vers Ennasr, dimanche en fin d’après-midi.

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis.com, 18 mars 2012)


Un jeune homme s’immmole par le feu à Tunis

Un jeune homme s’est immolé par le feu samedi en pleine journée sur une grande artère de Tunis, a rapporté dimanche l’agence tunisienne TAP.

Le jeune hommme d’une trentaine d’années, originaire d’Ettadhamen, une cité défavorisée de Tunis, s’est placé sur la voie publique, s’est arrosé de produit inflammable et s’est incendié, selon l’agence. Il est mort sur les lieux.

Le ministère de l’Intérieur a confirmé l’incident à l’AFP.

Selon la TAP, citant des sources sécuritaires, le jeune homme avait récemment été mêlé à une affaire judiciaire et était fragile psychologiquement.

Plusieurs immolations ou tentatives tentatives ont eu lieu en Tunisie au cours de la dernière année.

Quelles qu’en soient les raisons — intimes, sociales, psychologiques… —, l’acte en lui-même revêt une très forte charge symbolique en Tunisie. C’est l’immolation d’un jeune vendeur ambulant de Sidi Bouzid (centre), Mohamed Bouazizi, qui avait déclenché la révolution tunisienne le 17 décembre 2010.

Publié par la police (Agence Faut Payer, 18 mars 2012)

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[Montpellier] Comment la police a tenté de prélever son ADN à un simple manifestant

Comment la police a tenté de prélever son ADN à un simple manifestant

Et comment la justice l’a condamné pour avoir refusé. Au-delà de la question du fichage à grande échelle de la population, c’est des lois sécuritaires et de leur usage envers les militants syndicaux, mais aussi envers les simples manifestants, dont il est question dans cette affaire.

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Extrait du jugement du tribunal de Montpellier pour refus de prélèvement ADN

 

On est au cœur du mouvement contre la réforme des retraites. Dans la matinée du 21 octobre 2010, une petite centaine de personnes décide d’aller « occuper partiellement » l’agence Pôle emploi de l’avenue de Toulouse à Montpellier. Discussions, distribution de tracts. La police affirme que des dégradations ont été commises, ce que contestent les manifestants. Puis le cortège décide de rejoindre le centre ville en empruntant l’avenue (2×2 voies). C’est alors que des policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) interviennent – à coups de matraques affirmeront certains manifestants – et interpellent cinq personnes. Il est 10h30. Garde à vue. Motif : « Participation à un attroupement en vue de commettre des dégradations. »

« Contre-offensive » de l’État

Les policiers affirment que des poubelles ont été renversées sur la chaussée par les manifestants et obstruaient la circulation. Toujours selon les policiers, des voitures auraient même « subi des dégradations ». Ce qui n’est pas confirmé par les manifestants et les éventuelles victimes ne se sont jamais manifestées ni sur place ni après. La Confédération nationale du travail (CNT) voit plutôt, dans cette intervention de la police, une manifestation de la « contre-offensive » de l’État alors que « les actions de blocage de l’économie s’intensifiaient » dans tout le pays. Six heures après les interpellations, le procureur donne ordre aux policiers de libérer les cinq personnes car l’infraction est « insuffisamment caractérisée », leur dit-il.

L’affaire aurait pu s’arrêter là si, en France aujourd’hui, il ne suffisait pas d’être suspecté d’avoir commis une infraction [La liste est donnée par l’article 706-55 du Code de procédure pénale. Elle va des « crimes contre l’humanité » aux simples « menaces d’atteintes aux biens ».] pour que la police puisse prélever votre ADN en vue de l’inscrire au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Et si vous êtes blanchi par l’enquête ? Trop tard, vous êtes fiché pour 25 ans [Vous pouvez néanmoins tenter de demander l’effacement de l’enregistrement au procureur de la République qui peut le décider « lorsque leur conservation n’apparaît plus nécessaire compte tenu de la finalité du fichier » (article 706-54 du Code de procédure pénale).]. Et le fait que quelques heures d’enquête ont suffi à vous disculper, n’y change rien.

« Fichage généralisé de la population »

C’est exactement ce qui est arrivé à quatre des cinq personnes interpellées, lycéens et étudiants âgés de 17 à 25 ans qui ont accepté le prélèvement. Il faut dire que la peine théoriquement encourue en cas de refus est d’un an de prison avec sursis et 15’000 euros d’amende [Article 706-56 du Code de procédure pénale]. De quoi faire réfléchir. Et on peut faire confiance aux policiers pour ne pas oublier de le rappeler aux récalcitrants. Giorgos, le cinquième interpelé, militant à la CNT et à la Coordination des groupes anarchistes (CGA), n’a pas succombé à la pression et a refusé le prélèvement de son ADN. Lors de sa garde à vue, les policiers consignent sur procès verbal (non signé par lui) les explications qu’il leur aurait livré : « Parce que politiquement je suis en désaccord. Parce que je suis contre le fichage généralisé de la population. La procédure de prise d’ADN concerne les crimes dits « sérieux » et ensuite, comme c’est mon cas, elle s’étend à toute la population. Il y a donc une volonté claire de l’État de ficher la population. »

Si le classement sans suite de l’affaire de « l’attroupement » est notifié aux cinq interpellés, Giorgos, n’en a pas pour autant fini avec la justice : il est poursuivi pour refus de prélèvement ADN et port d’arme de 6e catégorie (un Opinel qu’il dit utiliser le midi pour casser la croûte). Certains de ses soutiens affirment que les poursuites pour port d’arme – à l’appréciation des policiers et du procureur quand il s’agit de ce type de couteau [Selon l’article 2 du décret 95-589 du 6 mai 1995, est considérée comme une arme de 6e catégorie, « tous objets susceptibles de constituer une arme dangereuse pour la sécurité publique ». Ceci dit, le décret ne précise pas, par exemple, si une feuille de papier – avec laquelle il est facile de se couper – est une arme de 6e catégorie. Lire aussi : Le couteau Laguiole est-il une arme ?] – lui auraient été infligées du fait de son refus du prélèvement ADN. Difficile à établir. Les manifestants pourraient cependant retenir de cette partie de l’affaire qu’il est préférable de manifester – ou d’aller voir un match de foot, de se rendre en boîte de nuit, etc. – avec le minimum d’objets sur soit. Évidemment, quand la forme même de la manifestation, comme c’est parfois le cas, est un pique-nique, ça devient plus compliqué. Mais l’essentiel n’est néanmoins pas là.

« Convictions anarchistes »

Le 22 septembre 2011, Giorgos comparaît devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Quelques heures plus tard, le jugement tombe : un mois avec sursis. La notification écrite de la décision est arrivée après un délai anormalement long, comme l’a raconté Montpellier journal. La patience a été récompensée : l’intérêt de sa lecture dépasse largement la simple question du fichage ADN (voir ci-dessous). On s’en doutait un peu après les déclarations de Clémence Olivier, l’assistante du procureur qui avait notamment lancé pendant son réquisitoire : « Le mise en cause refuse qu’on introduise ses empreintes génétiques dans un fichier par but politique parce qu’il a des convictions anarchistes. On peut donc penser que, à plusieurs occasions, il va participer à des manifestations, que peut-être il va y avoir de nouvelles dégradations. Le but est là. »

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Jugement refus prélèvement ADN Montpellier Giorgos

Me Jean-Jacques Gandini, l’avocat de Giorgos, après lecture de la décision commente : « C’est vraiment clair qu’ils l’ont coincé pour ce qu’il est plus que pour ce qu’il a fait. […] » La CNT et la CGA n’avaient d’ailleurs pas attendu les motivations du jugement pour, dans un communiqué diffusé quelques jours après le prononcé du jugement, s’insurger : « L’argumentation de la procureur suivie par la juge tient du délit d’opinion. »

« Un but légitime »

Une phrase du jugement peut d’ailleurs renvoyer à cette question : « Vu les circonstances de fait, le prélèvement et la conservation des empreintes visaient un but légitime,  la détection et la prévention d’infractions pénales. » On ne saura pas précisément de quelles « circonstances de fait » il s’agit mais on peut néanmoins souligner par exemple que les juges considèrent comme acquis que Giorgos a admis « que certains membres du groupe avaient renversé des poubelles sur la chaussée ». Or, si ces propos figurent bien sur son PV d’audition, il ne l’a pas signé et il conteste avoir dit cela. Idem pour de prétendues « dégradations » commises dans les locaux de Pôle emploi dont on ne sait pas en quoi elles auraient consistées et par quoi elles ont été matérialisées.

Et surtout, on ne voit pas en quoi le prélèvement permet « la détection et la prévention d’infractions pénales » puisque l’affaire de la manifestation a été classée sans suite pour cause d’ « infraction insuffisamment caractérisée ». Ou alors, il faut suivre l’argumentation de la procureur : anarchiste égal forcément manifestations avec dégradations. L’article de loi correspondant à ce raisonnement n’est pas cité et on doute fortement qu’il n’existe…

« Violences volontaires »

Reste l’article 222-14-2 du Code pénal qui motive la décision des juges. Il stipule : « Le fait pour une personne de participer sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens est puni d’un an d’emprisonnement et de 15’000 € d’amende. » C’est cet article qui était avancé pour justifier le placement en garde à vue des cinq interpellés et le prélèvement ADN.

Mais a-t-on bien lu ? « La préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires. » C’est bien la préparation des violences qui est visée. Les auteurs de la proposition de loi consistant à pénaliser ce délit étaient pourtant très clairs : l’article 222-14-2 « permettra de sanctionner les membres qui, en connaissance de cause, appartiennent à un groupement ayant des visées violentes, avant même que cette bande ne commette un délit déjà prévu par le Code pénal. » De plus, la préparation des violences doit être caractérisée « par un ou plusieurs faits matériels ». Où sont ces faits matériels ? Mystère.

« Indices graves ou concordants » ?

Ce point est d’autant plus important que l’article 706-54 du Code de procédure pénale précise : « Les empreintes génétiques des personnes à l’encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’elles aient commis l’une des infractions mentionnées à l’article 706-55 [dont le 222-14-2] sont également conservées dans ce fichier. » Bref, pour être fiché, il faut quand même qu’il « existe des indices graves ou concordants ». C’est d’ailleurs cette même expression que reprennent les juges pour justifier la pertinence du prélèvement. Mais où sont ces « indices graves ou concordants » ? Mystère.

Pour Me Gandini, « le but des tribunaux, et de manière plus générale de la politique pénale aujourd’hui, c’est de gonfler au maximum le fichier. Il y a de plus en plus de procédures où on poursuit des gens pour des faibles indices qui en fait s’avèrent infondés. Mais, entre temps, ça permet de réclamer l’ADN. Et donc pour un [Giorgos] qui va refuser – et qui aura un procès – combien font comme les quatre autres et sont fichés ? » Giorgos ayant fait appel, la condamnation n’est néanmoins pas définitive. Et si elle l’était, les motivations du jugement d’appel seront-elles les mêmes ?

Loi sur les « bandes »

Enfin, il faut savoir que l’article 222-14-2 vient de la fameuse loi sur les « bandes » [« Loi renforçant la lutte contre les violences de groupes et la protection des personnes chargées d’une mission de service public ». Ce texte a été déposé après des événements dans un lycée de Gagny (Seine-Saint-Denis) le 10 mars 2009.] votées en mars 2010 et dont la proposition a été notamment présentée par les députés héraultais Élie Aboud et Jean-Pierre Grand (le maire villepiniste de Castelnau-le-Lez). Rappelons déjà que la pertinence de faire une loi pour s’attaquer aux bandes est contestée par des sociologues (6)[Lire par exemple L’épouvantail politique des « bandes de jeunes » (Morwan Mohammed, sociologue, chercheur au CNRS sur le blog de Laurent Mucchielli). Ou L’invention de la violence, Laurent Mucchielli, Fayard, octobre 2011, 340 pages, 20 €.]. De plus, dans l’exposé des motifs et lors des débats à l’Assemblée nationale, la question des manifestations n’a été que peu évoquée même si la répression des « casseurs » et des « black blocs » était citée.

Le député Daniel Goldberg (PS) prévenait néanmoins lors de la discussion générale de la loi par l’Assemblée le 24 juin 2009 : « Une lecture de la proposition de loi pourrait conduire à considérer comme potentiellement violents toute une partie de la jeunesse, les salariés en grève pour défendre leur outil de travail, les manifestants qui se mobilisent pour des libertés publiques ou les parents d’élèves rassemblés pour défendre l’école, en les assimilant, tous, à des regroupements potentiellement violents ! C’est, de facto, la dissuasion de tout mouvement social revendicatif et le retour des fameuses « classes laborieuses, classes dangereuses » ! » Prémonitoire ?

Rapport gouvernemental introuvable

Un document pourrait nous éclairer sur ce qu’il en a réellement été globalement. En effet, l’article 1er de la loi prévoyait : « Dans l’année suivant la publication de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport d’évaluation des dispositions de l’article 222-14-2 du code pénal. » Montpellier journal s’est donc adressé à l’Assemblée nationale pour se procurer se rapport. Qui nous a renvoyé vers le Secrétariat général du gouvernement. Dont le service documentation nous a répondu : « Les services du SGG n’ont pas ce rapport dans leur fonds. »

Sans pouvoir affirmer que ces interpellations poursuivaient un autre but que celui de réprimer d’éventuelles dégradations, voire l’intention de les commettre, on peut quand même citer, pour mémoire, le passionnant « récit » de David Dufresne. Dans Tarnac, magasin général [Calman-Lévy, février 2012, 488 pages, 20 €.], le journaliste revient sur l’affaire des personnes interpellées le 11 novembre 2008 en Corrèze dans le cadre de l’enquête sur les sabotages de caténaires sur des lignes SNCF. Et, il relate, page 103, un entretien de février 2009 avec Bruno Laffargue, le patron des Renseignements généraux à la préfecture de police de Paris. Il y est question du « ratage de son service » dans l’affaire. David Dufresne écrit : « La section « extrême gauche », forte d’une vingtaine d’hommes, n’avait rien vu venir. Du coup, dans les mois qui avaient suivi, ça raflait à tour de bras dans les queues de manifs. Après toutes les gardes à vue, le moindre contrôle d’identité, le moindre contrôle d’identité, les RG faisaient remonter toutes les fiches des interpellés. »

Puis le journaliste cite Bruno Laffargue qui lui déclare : « Vous comprenez, monsieur Dufresne, les manifs, ça nous permet d’alimenter nos archives. C’est essentiel pour nous de savoir qui a été arrêté quand, où, avec qui, dans quel contexte. Ça nous permet de dessiner une cartographie des groupes, des tendances… » Qui en douterait ?

Jacques-Olivier Teyssier – Montpellier journal, 18 mars 2012.

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Objection votre honneur !

Réponse personnelle à l’article calomnieux : « Procès du 6 et 7 mars 2012 à Nantes… »

En réponse à l’article posté par « Murmures » ici.

Merci cher commissaire politique, en ce jour d’anniversaire de la Commune de Paris, de prodiguer une aussi brillante leçon de radicalité politique.

Merci pour ton courage, plutôt que de venir discuter de tes « irritations » et autres « déceptions » de vive voix, tu as préféré distribuer les bons et les mauvais points comme un petit juge, bien à l’abri devant ton écran.

Derrière ses faux airs de donneur de leçons, sur le ton d’un professeur ès radicalité, ce texte ne fait que reprendre le travail des flics.

Puisque nous n’avons pas vécu le même procès et que ce texte accumule les mensonges, les accusations et les omissions au point de concurrencer les articles de Presse-Océan, je me sens obligé de perdre mon temps pour répondre. Je demeure ébahi par le courage du commissaire de la pensée qui a écrit ce chef-d’œuvre en avançant masqué. Cagoulé, comme le policier qui m’a tiré dessus.

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La manifestation contre les violences policières le 7 mars, censurée par « Murmures ».

Au delà du ton professoral « irritant », ce texte est étonnant, car il abonde dans le sens de ceux qu’il prétend combattre : la police, les médias dominants, l’institution judiciaire. Je m’explique.

1- Ce texte va dans le sens des médias dominants

L’auteurE du texte assène d’entrée : « je ne parle pas de ce qu’illes ont pu dire en dehors de la salle d’audience ». Le ton est donné. Tout ce qui se jouait pendant ce procès était justement à l’extérieur du tribunal. Cette phrase est révélatrice de l’état d’esprit général du texte. Finalement, tout ce qui compte pour « Murmures » s’est joué dans la salle d’audience. Il disqualifie donc d’office, ou occulte sciemment, tout le travail politique, toutes les prises de paroles, et toutes les actions collectives qui se sont jouées avant, pendant et après le procès.

Autrement dit, selon « Murmures », seul le travail de l’institution judiciaire doit être abordé, le reste sera censuré : c’est d’ailleurs exactement ce qu’ont fait les journalistes de Presse-Océan, Ouest-France, et leurs amis.

« Murmures » persiste et signe par un mensonge éhonté : « Pire encore, cette volonté de ne « pas faire de politique » » : c’est une insulte pour moi, et pour tous les proches qui ont mené un travail politique de longue haleine autour des violences policières, qui ont préparé ce procès depuis plusieurs semaines, qui ont tenu une table d’information contre les violences policières devant le tribunal… voir l’appel à manifester.

« Murmures » a le mensonge aussi facile qu’un plumitif de Presse Océan : une vocation en devenir ?

À plusieurs reprises l’auteurE matraque sans vergogne mon nom complet, et occulte délibérément celui du policier tireur : Matthieu Léglise. L’auteurE du texte connait très bien le nom du policier — puisqu’il a assisté au procès — mais choisit de ne pas le nommer pour préserver l’anonymat du flic tireur. Il protège le policier. C’est un choix.

Le même choix journalistique que j’ai eu à subir depuis plusieurs années : être considéré par les médias comme un coupable (et donc d’avoir mon nom systématiquement cité, contre ma volonté) et en parallèle voir l’anonymat du policier Matthieu Léglise systématiquement protégé.

C’est un procédé rhétorique typique des chiens de garde type Presse-Océan/Ouest-France, que j’ai du subir, que l’on retrouve ici employé par « Murmures ». On note au passage le courage de l’auteurE, qui, s’il/elle s’amuse à répéter mon nom n’assume pas de son côté visiblement son torchon.

Surtout, « Murmures », dans son choix éditorial, occulte, censure sciemment deux éléments essentiels lors du procès.

• Pour sortir d’un procès « traditionnel » et victimaire justement, trois autres mutilés par la police sont venus en soutien : Joan, Joachim, et Geoffrey. Pour dire que les mutilations au flashball sont partie intégrante d’un processus, et non le fait de « bavures » isolées. L’occultation de ces présences et de la dynamique qu’elles induisent, de cette amorce de riposte collective en dit long sur la malhonnêteté du procès politique à charge mené par le petit juge « Murmures ».

• Avec de nombreuses personnes, nous avons quitté la salle du tribunal pendant la plaidoirie de l’avocat de la police. Nous sommes repartis la tête haute. Pour dire, après la demande de relaxe formulée par le procurreur, que nous ne supportions plus leur simulacre, que nous laissions le procureur et l’avocat du policier entre eux. Puis nous sommes partis en manifestation, 300 personnes étaient là contre les violences policières et ont défilé en ville derrière une banderole « solidarité contre les violences policières ».
Pourquoi l’occulter délibérément dans ce texte ? Comment oser prétendre que l’on s’est refusé à faire de la politique ? « Murmures » travaille pour la police ?

2- Mais ce texte va aussi dans le sens de l’institution judiciaire/du procureur

Quand il parle de la contre enquête autonome menée par le Groupe de Travail sur la manifestation du 27 novembre 2007, voici les termes baveux employés :

« leur « expert » était un ami de la famille, et illes ne pouvaient compter que sur des vidéos et des photos récupérées auprès des manifestant-e-s, sans avoir eu la possibilité de faire un réel travail d’enquête reconnu par l’institution judiciaire. Le contraste par rapport à une enquête policière traditionnelle »

Chaque mot employé est important. Chaque mot suinte l’insulte, le mépris. L’auteurE, à l’instar d’un petit juge autoritaire, distribue les bons et les mauvais points. Ce qui est intéressant est qu’il met en avant le fait qu’à ses yeux, une enquête de police vaut mieux qu’une contre enquête autonome comme celle qui a été menée. Il a donc plus confiance en la police.

« Murmure » va d’ailleurs beaucoup plus loin dans le mépris que le juge et le procureur lors du procès. Ceux-ci ont validé la contre-enquête comme un travail fiable, solide, étayé. Seule cette enquête a permis d’établir un rapport de force juridique qui aboutit à la mise en accusation du policier. Sinon l’affaire aurait été étouffée. Ce procès est bien le fruit d’un rapport de force. « Murmures » se fait donc l’avocat du policier tireur en discréditant tout ce travail. En discréditant aussi le « copwatching ». « Murmure » pourrait épauler Maître Liénard, l’avocat du policier tireur.

En détruisant le travail de contre enquête autonome mené par le groupe de travail, en invalidant/discréditant cette recherche pourtant essentielle, « Murmures » joue ni plus ni moins le rôle de l’avocat du policier, puisque ni le juge ni le procureur n’ont remis en cause tout le travail de contre enquête que nous avons dû mener.

Ainsi, « je ne parle pas de ce qu’illes ont pu dire en dehors de la salle d’audience » dit « Murmures ». Cette phrase est vraiment révélatrice, très intéressante. Après avoir invalidé tout travail d’enquête autonome de la justice, l’auteurE discrédite toutes les initiatives qui sortent du Palais de Justice, de l’officine étatique. Toute action politique collective est donc, selon « Murmures », inexistante. « Murmures » défend donc éhontément l’institution judiciaire, et lui donne le monopole de l’autorité sur la question du flashball en manifestation, et par extension des violences policières. De quel côté est « Murmures » ?

« Murmures » est un petit policier politique frustré, il se permet de juger, il se sent puissant, il assène : « Je pense donc que Pierre fait une erreur fondamentale », allant même, devant son clavier, jusqu’à m’accuser avec indécence de « légitimer l’institution policière », de « renforcer l’institution policière ».

Être accusé par un anonyme de collaboration alors qu’on a été mutilé par la police est très grave. Inacceptable. Insupportable.

Je n’ai pas baissé la tête face aux policiers, je ne la baisserai pas devant un cyber-commissaire politique. Et je me passerais évidemment de ses jugements pitoyables.

3- « Murmures » roule pour la police ?

Car « Murmures », en parallèle, alors qu’il mène un procès contre moi, contre le comité de soutien, contre mes proches, contre Joachim, un autre mutilé, occulte dans tout son texte la personnalité du policier tireur, Matthieu Léglise. Il a pourtant assisté au procès. Il sait ce qui s’y est dit.

À aucun moment « Murmures » ne dit que le policier Matthieu Léglise a fait feu à neuf reprises sur une foule de fêtards aux fêtes de l’Erdre, en septembre 2007.
À aucun moment « Murmures » ne dit que le policier, à la barre, a employé un vocabulaire militaire, disant qu’il avait « neutralisé la cible », « atteint l’objectif », et même que « tout aurait dû rentrer dans l’Ordre ».
À aucun moment « Murmures » ne dit que l’avocat du policier, Maitre Liénard, est un formateur du Groupe d’Intervention de la Police Nationale.
À aucun moment « Murmures » ne dit que cet avocat est l’auteur d’un guide de défense pratique et juridique pour les policiers qui ont fait feu : « force à la loi ».
À aucun moment « Murmure » ne raconte la violence du procès, l’arrogance et l’offensivité de l’avocat de la police, les mensonges des policiers, éprouvants à vivre.
« Murmures » choisit froidement, comme priorité, de faire mon procès, celui d’une « cible » de la police.

La personnalité du tireur est celle d’un fou de la gâchette, d’un individu dangereux. « Murmures » le sait, il était au procès, mais ne le dit pas. Pourquoi ? De fait, il protège le policier tireur, il protège la police.

Pourquoi « Murmures » fait-il/elle ce choix ? Pour qui travaille « Murmures » ?

Attaquer ce policier en particulier, ce fou de la gâchette au langage militaire, n’est pas incompatible avec le fait de s’attaquer à l’institution policière. Au contraire, n’est-il pas éloquent que la hiérarchie donne des armes aussi dangereuses et précises que le LBD aux policiers les plus violents et déséquilibrés ?

« La police n’est pas plus violente qu’avant, plus « offensive » » nous prétend ensuite « Murmures ». C’est (encore) un mensonge éhonté, qui ne sert que la police. La dotation massive de la police en armes dites « non létales » (taser, flashball…) participe d’une dynamique de militarisation de la police. Le Lanceur de Balle de Défense est une arme de guerre. La police tire à nouveau sur les manifestations, les précédents datent de plusieurs décennies. On est passé d’une stratégie de maintien de l’ordre « défensif » (relativement, à nuancer, bien sur) à une police ostensiblement offensive, qui attaque, qui terrorise plus encore qu’avant. La police française tirait-elle avec des armes de guerre dans le visage de lycéens mineurs il y a 20 ans ?

Cette militarisation de la police est accompagnée depuis des années par des gouvernements et une hiérarchie policière qui encourage l’impunité des policiers. Les policiers sont au dessus des lois.

Comment peut-on prétendre que la police n’est pas plus offensive qu’avant, alors que nous sommes justement dans une période d’accroissement de la répression ? Tous ceux confrontés de près ou de loin à la police le constatent pourtant. « Murmures » ne fait visiblement pas partie de ceux-là.

« Murmures » finit son texte par un autre mensonge, une nouvelle calomnie : selon lui, notre combat depuis le 27 novembre 2007 « peut aussi être synonyme de renforcement des séparations répressives pour d’autres ».

Comment oser dire cela, alors que justement, nous avons essayé précisément lors du procès de faire converger plusieurs personnes mutilées par la police, et ainsi de commencer un travail de riposte collective ?

« Murmures » fait de la promotion pour son blog minable sur mon dos, sur le dos des cibles de violences policières.
« Murmures » est un/e lâche.
« Murmures » est un/e menteur/euse.
« Murmures » s’amuse à occulter le travail politique du collectif contre les violences policières. « Murmures » s’amuse à salir des cibles de la violence policière.
« Murmures » a un cadavre dans la bouche.
« Murmures » ose tout.
« Murmures » n’a visiblement pas honte.
Pour reprendre le titre, les flics de la pensée et autres révolutionnaires en carton ne manquent, eux, aucune occasion pour se sentir exister.
Insulter quelqu’un qui a été mutilé par la police en le traitant de collabo, ça ne passera pas, « Murmures ». Celui qui travaille pour les flics, c’est toi.

Cher « Murmures », au plaisir de ne pas te rencontrer. Tu devras répondre de tes diffamations.

Pierre
Nantes, 18 mars 2012

Indymedia Nantes.

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Manif antifa à Toulouse

Toulouse. Les militants antifascistes mobilisent contre les identitaires

La manifestation antifasciste a réuni plus de 300 personnes hier à Toulouse. Un cortège bruyant, très encadré, qui ne s’est autorisé aucun excès ou dégradation. Les associations de l’ultra-gauche [sic], (CNT, No Pasara, Al, UAT, Libertat sud, etc.) ont largement mobilisé hier après-midi à Toulouse. La manifestation visait à s’opposer à la création de « L’Oustal », un local associatif maison « de l’identité toulousaine », selon ses créateurs. « Une succursale du Bloc identitaire », affirment au contraire les organisateurs du rassemblement, très remontés contre cette « organisation » qu’ils jugent « puante, ouvertement raciste, xénophobe et homophobe ! »

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Parti de la place Arnaud-Bernard, escorté par un service d’ordre important mais discret (policiers en civil), le cortège a progressé jusqu’au boulevard Armand-Duportal aux sons de slogans assez classiques : « Pas de fascistes dans nos quartiers », « Non au local des identitaires », « Toulouse restera toujours une ville antifasciste » « Toulouse mixité et populaire »…

Une fois arrivé sur les allées de Barcelone, où se trouve le local « L’Oustal », la tension est montée d’un cran. Pas à cause de l’imposant barrage mis en place par les CRS pour empêcher l’accès à l’adresse de toutes les colères. Mais très vite, les manifestants ont remarqué la présence de Matthieu Clique, qui filmait la manifestation depuis un balcon. Cet étudiant de 23 ans est le responsable du local des jeunesses identitaires. Sa présence, tous sourires, caméra à la main, a provoqué la colère de nombreux participants au rassemblement. Les gestes injurieux, les insultes, les provocations ont volé bas sous le regard stoïque des forces de l’ordre. Puis le cortège a repris sa route sans pouvoir emprunter la rue Lejeune, elle aussi barrée, cette fois par un cordon de gendarmes mobiles.

Un dernier tour sur les allées de Barcelone, à l’angle du boulevard Leclerc pour raviver les slogans antifascistes et le cortège a repris la direction de Compas Caffarelli via la place Heracles dans le calme. Les manifestants ont même observé un silence total et respectueux lorsqu’ils ont croisé sur le chemin pompiers et équipe du SMUR 31 en train d’essayer de sauver un motard blessé dans un accident de la route.

La manifestation qui, c’est une première, avait fait l’objet d’une déclaration en préfecture et avait son propre service d’ordre, s’est ensuite disloquée sans incident. Il est probable que les rencontres entre les deux camps vont se poursuivre dans les prochaines semaines. Loin de regards et des services d’ordre et pas seulement pour échanger des idées…

Publié par des amis de la police (Jean Cohadon, LaDepeche.fr, 18 mars 2012)

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[Justice pour Wissam El-Yamni] Die-in à Clermont-Ferrand

300 personnes réunies pour Wissam El-Yamni

Environ 300 personnes se sont rassemblées, samedi [17 mars] après-midi, à Clermont-Ferrand à l’appel du comité « Justice et vérité pour Wissam ». Un « die-in » a été organisé pour dénoncer la mort de cet habitant du quartier de La Gauthière, à l’issue d’une interpellation policière.

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« Que celui qui souhaite devenir Président de la République, quel qu’il soit, vienne nous voir, vienne nous parler ! » Deux mois et demi après la mort de Wissam El-Yamni, après une interpellation policière le soir du réveillon de la Saint-Sylvestre, les proches de la victime ne baissent pas les bras.

Alors que la justice suit son cours, le comité de soutien « Justice et vérité pour tous » poursuit ses actions. Près de 300 personnes étaient ainsi réunies, samedi après-midi sur la place de Jaude, en plein cœur du centre de Clermont-Ferrand, pour un hommage.

« On attend la justice, on attend la vérité, on attend l’égalité »

Après une longue prise de parole du secrétaire du comité et un point de la situation fait par les avocats, les personnes présentes ont été conviées à former un « W » et respecter un « die in », en s’allongeant par terre et en faisant le mort en signe de protestation sur une titre de rap enregistré pour Wissam. Certains portaient des t-shirts de soutien.

Les membres de la famille, très émus, n’ont toujours pas fait le deuil de leur fils : « Mon fils a été assassiné. On attend la justice, on attend la vérité, on attend l’égalité », a déclaré son père. Ils ont remercié le public présent, avant de se rendre aux côtés des membres du comité pour échanger avec les personnes venues soutenir leur combat.

Leur presse (Romain Coulangeon, LaMontagne.fr, 17 mars 2012)


Interpellation de la St-Sylvestre : plus de 300 personnes font un « die-in » à Clermont-Ferrand

Plus de 300 personnes ont manifesté samedi à Clermont-Ferrand en souvenir de Wissam El-Yamni, mort après son interpellation la nuit de la Saint-Sylvestre, la foule se couchant à terre sur la place de Jaude, en plein centre-ville, pour simuler la mort dans un « die-in ».

La manifestation a duré un peu plus d’une heure en présence du père et de la mère de Wissam El-Yamni. Son frère Farid a dit à l’AFP que la manifestation visait à « dénoncer les violences policières illégitimes ».

« On a l’impression que cela arrangerait tout le monde que ces (deux) policiers (chargés du transfert de Wissam au commissariat) s’en sortent. On demande l’égalité devant la justice », a-t-il ajouté.

Fin janvier, le parquet avait annoncé que l’autopsie de Wissam El-Yamni excluait une mort traumatique due à des coups des policiers. Le procureur avait néanmoins envisagé la piste d’une mort consécutive à une « compression des artères carotides internes » lors du transport en voiture de police.

« Nous n’avons toujours pas de policiers mis en examen. On voudrait que ces mises en examen interviennent rapidement », a déclaré Me Jean-Louis Borie, avocat de la femme de Wissam El-Yamni.

Devant les manifestants, Me Borie a souligné que la justice mettait du temps avant de passer et que les instructions prennent parfois un an ou deux. « Il faut faire confiance à la justice, mais celle-ci doit se montrer digne de cette confiance », a-t-il ajouté.

Me Jean-François Canis, avocat du frère et de la sœur de Wissam El-Yamni, a pour sa part estimé qu’il était « inadmissible que Wissam soit mort comme cela ».

La mère de Wissam El-Yamni a pleuré pendant la manifestation, soutenue par une proche.

« Voilà plus de deux mois et demi que notre frère est parti dans des conditions inacceptables. On veut que Wissam soit le dernier » à être victime de brutalités policières, a expliqué devant la foule Mounir Moulid, l’un des organisateurs de la manifestation.

Me Borie a assuré à l’AFP que le médecin légiste avait fait son autopsie sans le rapport médical du CHU de Clermont-Ferrand. Il devrait y avoir un rapport d’autopsie définitif jeudi prochain, a indiqué l’avocat.

Wissam El-Yamni, chauffeur routier, est mort neuf jours après être tombé dans le coma à la suite d’un malaise cardiaque lors de son interpellation. L’affaire a provoqué plusieurs nuits de tension dans les rues de Clermont-Ferrand et une forte colère contre la police.

Une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte. Deux policiers, actuellement en congés, sont visés dans cette affaire.

Leur presse (Agence Faut Payer, 17 mars 2012)

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[PCC dégage !] Nouvelles immolations au Tibet

Nouvelle tentative d’immolation au Tibet

Un jeune moine tibétain a tenté hier de s’immoler par le feu dans le sud-ouest de la Chine, avant d’être battu et emmené par les forces de sécurité chinoises, a annoncé samedi une ONG. Lobsang Tsultrim a levé le poing, un geste utilisé par les Tibétains pour revendiquer leur liberté, en se transformant en torche humaine, a indiqué dans un communiqué l’organisation Free Tibet.

Le bonze âgé de 20 ans a accompli son geste désespéré devant le monastère de Kirti, haut-lieu de la résistance tibétaine dans la préfecture d’Aba, dans l’ouest de la province du Sichuan à forte population tibétaine, a précisé cette ONG dont le siège est à Londres. La tentative d’immolation a été confirmée également par Radio Free Asia, mais le département de la propagande de la ville d’Aba, contacté aujourd’hui, a lui refusé de s’exprimer sur le sujet. Les départements de la propagande au niveau de la préfecture et de la province étaient eux injoignables aujourd’hui.

Selon des témoins cités par Radio Free Asia et Free Tibet, les forces de sécurité ont frappé le moine tandis qu’il était en flammes, avant d’éteindre ces flammes et d’emmener le bonze, encore vivant, vers une destination inconnue. Près de 30 Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire depuis début mars 2011 dans les zones tibétaines chinoises.

De nombreux Tibétains se plaignent de la répression de leur religion et de leur culture et de ce qu’ils considèrent comme une domination grandissante des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine.

Le mois de mars est une période sensible pour les Tibétains. Le dalaï lama, leur chef spirituel, avait en mars 1959 pris le chemin de l’exil après l’échec d’un soulèvement contre la Chine, traversant à pied l’Himalaya pour arriver en Inde. Et en mars 2008, des manifestations de moines bouddhistes à Lhassa, la capitale du Tibet, à l’occasion du 49e anniversaire de ce ce soulèvement, avaient dégénéré en émeutes et gagné les provinces voisines à forte population tibétaine.

Leur presse (Agence Faut Payer, 17 mars 2012)


Grande manifestation de Tibétains après la tentative d’immolation d’un moine

Des centaines de moines ont manifesté devant le monastère tibétain de Tongren (Rebkong en tibétain), dans la province du Qinghai à l’ouest de la Chine, mercredi [14 mars]. Un geste de solidarité envers Jamyang Palden, un moine de 34 ans qui avait tenté de s’immoler quelques heures plus tôt.

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Avant Jamyang Palden, 26 autres moines et religieuses tibétains ont tenté de s’immoler par le feu depuis un an. Un acte désespéré qui vise à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une domination de la culture chinoise, mais aussi à demander le retour de leur chef spirituel, le dalaï-lama, en exil depuis 1959 à Dharamsala, en Inde. La grande majorité de ces personnes sont mortes des suites de leurs brûlures. Jamyang Palden, lui, a survécu. Selon plusieurs sources locales, ce serait des membres des forces de sécurité qui auraient éteint le feu sur son corps avant de le conduire à l’hôpital. Craignant qu’il ne se fasse arrêter, un groupe de moines l’a ensuite ramené au monastère où il y est actuellement soigné par des médecins.

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Jamyang Palden

Selon notre Observateur, Zorgyi, un activiste tibétain en exil à Dharamsala et en contact avec des témoins de la scène, juste avant de s’immoler, Jamyang Palden aurait crié des slogans demandant la liberté de religion et de s’exprimer dans sa langue : « La langue tibétaine a été particulièrement malmenée par les autorités chinoises récemment et la totalité des cours se fait désormais en chinois [sauf les cours de tibétain et d’anglais ndlr] ».

Toujours selon Zorgyi, Jamyang Palden était dans un état stable vendredi. Le gouvernement local aurait par ailleurs demandé à ce qu’il retourne à l’hôpital, tout en prévenant que si sa santé se détériorait au monastère, les chefs de ce dernier devraient en prendre toutes les responsabilités.

Après avoir présenté ses condoléances aux moines tibétains, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a dénoncé ces procédés extrêmes lors d’une conférence de presse lundi, considérant qu’ils « sapaient l’harmonie sociale ». Il a par ailleurs insisté sur le fait que la province du Tibet, ainsi que toutes les zones fortement peuplées de Tibétains, restent « des parties indissociables du territoire chinois », ajoutant que « la liberté de croyance religieuse du peuple tibétain était protégée par la loi ».

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Jamyang Palden à l'hôpital après son immolation

Leur presse (Observers.France24.com, 16 mars 2012)

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[Révolution égyptienne] Le Caire contre les « tests de virginité »

Des militants égyptiens manifestent contre les « tests de virginité »

Des centaines de militants égyptiens se sont rassemblés dans le centre du Caire, vendredi [16 mars], pour dénoncer un récent jugement qui a blanchi un médecin militaire accusé d’avoir mené des « tests de virginité » forcés sur des militantes.

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La question des tests de virginité est devenue un point de ralliement pour les jeunes militants pro-démocratie, qui estiment qu’il s’agit d’un exemple de la façon dont leur révolution a été détournée par les militaires qui ont pris le pouvoir après le renversement d’Hosni Moubarak, l’an dernier.

Les généraux ont été sévèrement critiqués pour des pratiques qui violent les droits de la personne, comme les tests de virginité, qui s’apparentent à ceux autrefois menés par les forces de sécurité du régime Moubarak.

Les manifestants ont brandi des portraits de Samira Ibrahim, une jeune militante qui a publiquement dénoncé ces tests de virginité. Sa décision de dénoncer cette pratique au grand jour a ébranlé les tabous de la société égyptienne, où les femmes victimes d’abus sexuels sont plus souvent critiquées que leurs agresseurs.

Samira Ibrahim a porté plainte contre un médecin militaire, l’accusant de l’avoir soumise à un test de virginité l’an dernier après son arrestation par l’armée durant une manifestation.

« Tu es plus honorable que ceux qui t’ont humiliée », a scandé la foule de manifestants, qui comprenait des hommes et des femmes.

Des manifestants portaient une pancarte montrant une femme avec une main sur la bouche, symbolisant la façon dont les femmes égyptiennes sont forcées de garder le silence face aux agressions.

« Nous ne voulons pas que les femmes égyptiennes soient traitées comme des citoyennes de seconde classe », disait une affiche.

Les allégations au sujet des tests de virginité sont apparues après la manifestation du 9 mars 2011 au Caire, qui a pris une tournure violente quand des hommes en tenue civile ont attaqué les manifestants et que l’armée a vidé la place par la force. L’organisation Human Rights Watch affirme que sept femmes arrêtées ont été forcées de subir des tests de virginité.

Un tribunal militaire a innocenté le médecin militaire dimanche, citant des contradictions entre les témoignages des témoins. Samira Ibrahim, qui estime n’avoir presque aucune chance de gagner en appel, a annoncé son intention de porter plainte devant une instance internationale.

« Je suis déterminée à les poursuivre », a-t-elle dit lors d’une entrevue avec l’Associated Press jeudi. « Je n’abandonnerai pas et je porterai plainte contre eux devant des tribunaux internationaux. »

Parmi les sept femmes soumises à des tests de virginité, elle est la seule à avoir osé en parler publiquement et à avoir présenté un récit détaillé de l’incident.

La jeune femme, qui porte le voile islamique, affirme que le fait d’avoir parlé de ce qu’elle a vécu lui a coûté cher au plan personnel.

« Cette histoire a affecté mon emploi et ma réputation parce que je ne me sentais pas à l’aise d’en parler devant le public », a-t-elle dit.

Elle a remporté une autre poursuite en décembre, quand un tribunal civil a ordonné aux dirigeants militaires du pays de cesser de mener des « tests de virginité » sur les femmes détenues. Il s’agissait d’une rare condamnation d’une pratique militaire par un tribunal civil en Égypte.

La cour a fondé son jugement sur des commentaires faits par un membre du Conseil suprême des forces armées à l’organisation Amnistie internationale en juin. Selon l’organisation, le major-général Abdel Fattah al-Sisi a justifié les tests comme une façon de protéger l’armée d’éventuelles allégations de viol.

Leur presse (Maggie Michael, Associated Press, 16 mars 2012)

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[Vaulx-en-Velin] Un camp de Roms attaqué au cocktail Molotov

Les familles Roms de Vaulx-en-Velin vivent depuis plusieurs jours un véritable enfer.

Du squat parti en fumé au gymnase

Tout commence dans la nuit du 23 au 24 février 2012. Environ 140 Roms qui occupent une usine abandonnée sont réveillés en pleine nuit par un incendie qui détruit leur squat. L’origine du sinistre est inconnu. Il n’y a pas de victime. Relogés en urgence dans un gymnase municipal par la mairie de Vaulx-en-Velin, les familles qui comptent de très nombreux enfants, pensent trouver là un répit pour quelques jours, le temps de se retourner. C’est mal connaître les élus de gauche et leur politique vis-à-vis des Roms. À Vénissieux, déjà, en novembre 2011, madame Picard, maire communiste avait demandé au préfet d’expulser des familles qui occupaient son centre social pour réclamer… des places d’hébergements d’urgence.

Monsieur Génin, maire communiste de Vaulx-en-Velin accorde donc une nuit. Pas plus. Dès le lendemain, il affiche sur la porte de son gymnase un arrêté municipal de fin d’autorisation d’occupation des lieux. Dans le même temps, il engage une procédure en référé pour demander leur expulsion à un juge. Les familles doivent partir. Pour aller où ? « Ce n’est pas mon problème dit le maire. C’est le problème de l’État, de l’Europe… » C’est ce qui s’appelle se refiler la patate chaude.

Mais la mairie ne se contente pas de saisir la justice. Elle saisit aussi la préfecture. Pour sauver les apparences et expulser sans avoir l’air d’expulser, le maire de Vaulx-en-Velin et la préfecture inventent une méthode inédite : l’invitation à libérer les lieux. Avec le référé engagé, les familles ne peuvent plus être expulsées sans décision de justice. Mais si elles partent d’elles-mêmes… C’est gagné pour la mairie qui récupère son gymnase.

La mairie décide donc d’autoriser la police à rentrer dans le gymnase pour procéder à des contrôles d’identité. À la fin des contrôles, les policiers demandent fermement aux familles de sortir du gymnase. Et que croyez-vous qu’il arrive ? Oh surprise, les familles acceptent bien gentiment de quitter les lieux. La mairie s’empresse de nettoyer et de fermer le gymnase. Elle va aussi probablement brûler un cierge pour remercier la préfecture qui lui enlève une sacrée épine du pied.

Quand il s’agit des Roms, droite, gauche, centre, tout le monde apporte la même réponse : « dégage ! »

Du gymnase au nouveau squat

Les familles se retrouvent donc sur un petit square où elles passent la journée avant de prendre la direction d’un terrain avec des hangars abandonnés et une maison attenante. Le terrain appartient à Grand Lyon Habitat. À l’entrée est affiché un permis de démolir… Pour y construire des logements sociaux. Très rapidement un attroupement se forme. Les Roms prennent possession des lieux et la course aux 48 heures commence. Lorsqu’un squat est occupé, le propriétaire peut demander à la préfecture l’expulsion qui doit être réalisée dans les 48 heures. Au delà, le recours à un juge est obligatoire. La procédure peut prendre des mois. Les riverains sortent de chez eux et commencent à s’époumoner : « pas de ça chez nous… », « qu’ils rentrent dans leur pays », « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde », je vous passe la litanie, on la connaît tous. Des représentants de la mairie sont là ainsi que quelques militants associatifs. Après quelques minutes, la police elle aussi arrive. Un déploiement impressionnant de plusieurs dizaines de fonctionnaires qui commencent à se positionner devant le squat. Ils sont là pour expulser les familles. Bien que la loi exige une demande du propriétaire avant d’expulser des squatteurs d’un lieu, le préfet Carenco n’hésite pas à appliquer sa propre loi. En l’occurrence une disposition de la loi Loppsi2 qui avait pourtant été censurée par le Conseil Constitutionnel et qui permettait au préfet d’expulser des gens de votre jardin, même si vous étiez d’accord pour les accueillir. Face aux militants associatifs, aux riverains et à la présence de fonctionnaires municipaux, la police renonce finalement à expulser illégalement les familles et bat en retraite.

Comble de l’hypocrisie dans cette affaire, on apprendra plus tard par un représentant de Grand Lyon Habitat que la préfecture a bien été saisie d’une demande d’expulsion le lendemain de l’occupation mais que le préfet a choisi de l’ignorer. Ce faisant, il permet aux familles de s’installer sur les lieux pendant plusieurs mois, le temps qu’un juge décide de leur sort. Il ne faudrait pas croire que la préfecture permet aux Roms d’occuper des terrains. Il s’agit tout simplement d’une stratégie qui lui permet de fixer les personnes sur un site pour ensuite leur délivrer des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) en masse et les expulser du territoire français.

Jour après jour, le squat s’organise. Des palettes en bois sont récupérées pour construire des cabanes. Le terrain est nettoyé, de vieux pneus sur lesquels on installe des planches servent de sommier. Les enfants retrouvent le sourire. Un large mouvement de solidarité commence à s’installer. Les voisins qui le premier soir étaient très remontés reviennent discrètement pour apporter de la nourriture ou des vêtements. Ils se disent touchés par tous ces enfants. Des associations organisent des repas, des particuliers amènent des sacs de vêtements, des couches, des entreprises amènent du bois. Même la mairie participe à cet élan de solidarité en apportant une benne pour les détritus. La contribution municipale a tout de même des limites. Pas question d’apporter des toilettes ou de l’eau. « Ça coûte trop cher. »

Tout se passe à peu près bien jusqu’au 8 mars. Là, vers 7 heures du matin, une dizaine de véhicules de police arrive et de nombreux policiers rentrent sur le terrain. « Des policiers ont sauté par dessus le grillage comme des terroristes » dira un habitant. Un véhicule se positionne à l’entrée du bâtiment et allume ses feux pour éclairer le hangar plongé dans l’obscurité. Les fonctionnaires tambourinent aux portes. Certaines sont fracturées à coups de pied. Les enfants sont tirés de leur sommeil, c’est la panique.

Tout le monde est regroupé dehors contre le mur et les contrôles commencent avec une interprète. Nom, prénom, date de naissance, depuis combien de temps êtes-vous en France ? L’interrogatoire dure quelques secondes et le fonctionnaire de police demande aux gens de signer leur déclaration qui servira de base pour rédiger l’OQTF. Certains refusent de signer. Les Roms en sont pris en photo. Des policiers qui prennent leur beau métier particulièrement à cœur font des remarques : « Vous n’avez pas le droit d’être ici. De toutes façons, vous allez bientôt dégager. » Une heure après l’opération de police est terminée. La vie reprend.

Le lendemain, rebelotte. La police refait une descente. Mais cette fois, c’est pour délivrer des OQTF en s’appuyant sur l’opération de la veille. Les fonctionnaires de la préfecture ont du travailler sur le dossier toute la journée pour être prêts dès le lendemain. « Selon votre déclaration lors du procès-verbal du 8 mars 2012… » La boucle est bouclée. On laisse les Roms s’installer sur le terrain, on ne répond pas à la demande d’expulsion du propriétaire dans les 48 heures, on recense tout le monde, on leur fait signer un papier et le lendemain on distribue des OQTF. La méthode est bien rôdée. Le préfet applique à la lettre la circulaire illégale du 5 août 2010 demandant le démantelement des camps de Roms.

Attaque à coups de pierres

Le 9 mars au soir, lors d’une distribution alimentaire organisée par une association, un riverain très excité rentre sur le terrain. Il explique qu’il vient de se faire cambrioler et qu’il est certain que les auteurs sont des Roms. Le ton monte puis l’homme repart. Vers 23 heures 30, alors que tout le monde dort, plusieurs jeunes pénètrent dans le camp et commencent à jeter des pierres et des parpaings sur toutes les vitres. Dans la maison attenante au garage, les volets sont ouverts. Les pierres fusent et traversent les carreaux. Les vitres volent en éclat. Toutes les vitres de la maison sont détruites. Puis les agresseurs s’en prennent à une voiture qui est garée dans le squat. Quelques instants suffisent pour qu’elle se retrouve sans vitre. Un des habitants appelle la police. Quand celle-ci arrive sur place, les deux groupes se font face. D’un côté des jeunes très excités qui viennent de saccager le camp, de l’autre des femmes apeurées avec leurs enfants dans les bras. Selon plusieurs personnes présentes sur place, on assiste alors à des scènes pour le moins surprenantes. En arrivant, des policiers serrent la main de certains jeunes qui viennent de caillasser le camp. D’autres leur font signe de la main de partir discrètement. Un témoin choqué raconte : « Ils insultaient les Roumains et les menaçaient, la police n’a même pas essayé de les calmer. »

Soudain, une menace effrayante est lancée : « Nous reviendrons demain tout brûler ». Les policiers présents font mine de ne rien entendre. Les jeunes décident finalement de repartir. La police n’a procédé à aucun contrôle d’identité ni aucune arrestation.

L’heure est au bilan : plusieurs personnes dont des enfants ont reçu des jets de pierre. En traversant une des vitres, un gros caillou est tombé sur la tête d’une enfant endormie. Elle présente une bosse de la taille d’un œuf. Elle aurait pu être blessée beaucoup plus gravement. Toutes les vitres de la maison sont cassées, même celles des étages. Une voiture a été saccagée. La police repartie, la menace des agresseurs empêche de dormir beaucoup de monde. « Nous reviendrons tout brûler… »

Attaque aux cocktails Molotov

Le lendemain, comme on pouvait s’y attendre, les jeunes sont revenus. Et ils ont tenu parole. Alors que les familles se trouvent réunies dans la cour autour d’un feu et que les hommes font des rondes pour protéger le squat, un premier cocktail Molotov tombe dans le jardin qui se trouve derrière le bâtiment. Un second cocktail Molotov tombe sur le toit d’un atelier voisin et déclenche un début d’incendie. Soudain, plusieurs explosions retentissent. Les agresseurs viennent de mettre le feu à un véhicule appartenant à l’un des occupants du squat. Les riverains sont réveillés en sursaut : « J’ai entendu plusieurs explosions. Je suis sorti de chez moi et j’ai vu le véhicule en flamme. » Quand la police et les pompiers arrivent, les agresseurs, eux, ont déjà disparu.

Le lendemain, c’est l’heure des comptes. Tout le monde se réveille comme s’il sortait d’un mauvais rêve. La carcasse calcinée de la voiture et les traces du cocktail Molotov rappellent que tout cela est bien réel. Chez les roms, une vive polémique éclate. Certains reprochant à d’autres de ne pas avoir dormi sur place afin de mettre à l’abri leur famille. « Pour se protéger, nous avons besoin d’hommes ». Chez les riverains, le traumatisme est aussi important. « Voilà 20 ans que j’habite le quartier. Je n’ai jamais vu une voiture brûlée avant leur arrivée. » Et oui, pour les riverains, les coupables ne sont pas ceux qui ont attaqué le camp. Les coupables, ce sont les Roms. Du côté de la préfecture, on assure qu’une enquête est ouverte et que l’on recherche activement les responsables. Tiens, c’est bizarre. Deux jours avant la police avait tous les coupables sous la main, pas un n’a été arrêté. Aujourd’hui, ils les recherchent…

En attendant de retrouver les coupables, la réponse de la préfecture ne s’est pas faite attendre. Dès le lendemain matin, mardi 13 mars, une vingtaine de policiers se présente devant le squat. Des policiers cassent les cadenas qui protègent l’entrée et pénètrent sur le terrain. Comme l’autre matin, ils tambourinent aux portes réveillent tout le monde et procèdent à des contrôles d’identité. Recherchent-ils les agresseurs parmi les agressés ? Non, c’est juste une opération de police pour s’assurer qu’il n’y a pas de Roumains en situation irrégulière…

Selon une association de défense des droits des Roms, ces contrôles ne s’appuient sur aucune base juridique. Les policiers n’ont présenté aucune réquisition du procureur. Dans leur procès-verbal, on lira probablement qu’ils ont été invités à pénétrer sur le terrain par les occupants.

Et demain ?

La situation des roms de Vaulx-en-Velin est inquiétante à plus d’un titre. Tout a commencé par des menaces, puis des pierres et maintenant des cocktails Molotov. Où cela va-t-il s’arrêter ?

Aux menaces de mort et aux pressions des riverains s’ajoute maintenant le harcèlement policier. En pleine campagne électorale où un candidat président est prêt à tout pour récupérer les voix du Front National, on peut craindre le pire pour les familles roms. Sarkozy, dans son discours stigmatisant de Grenoble a clairement désigné les Roms comme boucs émissaires à une population toute entière, mais également à ses forces de police.

Les ravages de son discours et de sa politique se font très cruellement ressentir et les dérapages commencent à prendre des proportions incontrôlables. À force d’entendre que les Roms ne sont que des voleurs de poules, des délinquants incapables de s’intégrer, certains décident maintenant de les brûler.

Cette fois-ci, les cocktails Molotov se sont arrêtés dans le jardin et sur les toits. Que se passera-t-il quand les prochains atterriront dans la maison ? Personne ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu.

À Vaulx-en-Velin, comme dans de nombreux squats occupés par des Roms, la moitié des occupants sont des enfants. Le plus petit a 15 jours. Comment la France, « patrie des droits de l’Homme », si prompte à donner des leçons de démocratie à la terre entière, peut-elle infliger de telle conditions de vie à des enfants ?

C’est une honte.

Indymedia Paris, 17 mars 2012.

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[Union de la Mafia Présidentielle] « Tout ce qu’il me demandera je le ferai »

Nicolas Sarkozy a catégoriquement démenti vendredi 16 mars sur Canal+ avoir jamais aidé Gérard Depardieu dans ses affaires, contrairement à ce que l’acteur a récemment affirmé.

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« Je vous le dis franchement, Gérard Depardieu est un immense acteur, un homme qui a donné beaucoup de rêve aux Français, je n’ai jamais, ni de près, ni de loin, aidé M. Depardieu dans ses affaires. D’ailleurs, il ne m’a jamais rien demandé. Votre référence, c’est le Canard enchaîné ? Ca me fait bien rire alors… »

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Selon l’hebdomadaire satirique, qui rapportait une conversation de l’acteur dans son restaurant parisien, Gérard Depardieu a expliqué récemment lors d’un déjeuner qu’il soutenait le candidat Nicolas Sarkozy car ce dernier l’avait aidé à régler « des problèmes dans l’une de [ses] affaires à l’étranger ». « J’aurais perdu beaucoup d’argent s’il ne m’avait pas aidé pour ce problème […] tout ce qu’il me demandera je le ferai », a également assuré Gérard Depardieu, cité par le Canard enchaîné.

Leur presse (Le Monde, 16 mars 2012)

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Y’a pas de bavures, que des violences policières

Ce jeudi 15 mars,

La justice sarkocrate et bourgeoise a une fois de plus édicté sa vérité.

La manifestante frappée sous l’œil des caméras de télévision et des fachos lors de la Gaypride 2011 à Tours, doit être punie pour la charge policière, lourdement.

Les juges ont retenu l’accusation de Violences sur agent (niées par l’accusée, sans preuve et bien sûr sans séquelle pour la partie civile) et ont ajouté la Rébellion (demande du Procureur en cours d’audience), à propos des deux supposés coups de tête.

Les peines inculquées sont de 3 mois de sursis (pour une personne jusqu’alors sans antécédent, comme ça elle en aura !), auxquels s’ajoutent 800€ à verser à Cédric Darchy le civil matraqueur au front immaculé, plus 500€ en remboursement de l’avocate de celui-ci.

S’ils espèrent nous rendre isolé-es, muet-tes et impuissant-es, sachons rendre leurs matraques et leurs lois caduques !

Pasdebavure

Sur le délibéré :

NR 15 mars 2012 :
http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Services/Toutes-les-DMAs/n/Contenus/DMAs/2012/03/15/Trois-mois-avec-sursis-pour-les-violences-lors-de-la-Gay-Pride

TV-Tours du 15 mars 2012 :
http://www.youtube.com/watch?v=iwv6Gs9pqkw

– article NRCO « L’audience minutes par minutes » (sic) le 8 mars :
http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2012/03/08/Incidents-de-la-Gay-Pride-une-militante-devant-le-tribunal

– article NRCO « L’audience minutes par minutes » (sic) le 9 mars :
http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2012/03/09/La-jeune-militante-conteste-avoir-frappe-un-policier

– vidéos TV-Tours le 8 mars sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=F_0m6xChC-o (leur journal entier)
http://www.youtube.com/watch?v=97z4Pb7tnfQ (le « reportage » concernant l’audience)

Bonus :
un commentaire des ordures de Voxpopuli publié le 9 mars :
http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://voxpopuliturone.blogspot.com/2012/03/ils-sont-la-haine-acte2.html

– annonce du procès durant l’émission « Demain le grand SUD »

le 7 mars : http://www.box.com/s/0f7a45c6db07d69d5600

le 29 février : http://www.box.com/s/8f169feaaec079430335

– « reportage » de TV-Tours diffusé le 8 mars :
http://www.box.com/s/qfzrsxe8mgtkj6m9omth
http://www.box.com/s/tv0ne4dh6i4zgitrl5rm

– « reportage » de France Bleu Touraine diffusé le 9 mars :
http://www.box.com/s/6736f41a4fcecf9104dd

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[Champagne] Les comités d’entreprise se mobilisent pour les Sodimédical

Réunis hier à Plancy-l’Abbaye (Aube), les comités d’entreprise ont mis sur pied une semaine de quête dans les usines et les bureaux entre les 2 et 6 avril.

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Les premiers comités d'entreprise qui ont décidé d'agir en faveur des 52 salariés de Sodimédical : ceux de Méfro, Bonduelle, France Volets, Guy de Bérac, IVB, APPEI, etc. Ils espèrent maintenant faire boule de neige.

La solidarité en faveur des salariés de Sodimédical, sans paie depuis cinq mois, s’amplifie.

À l’initiative des Petitjean, une dizaine de comités d’entreprise se sont réunis hier matin à Plancy-l’Abbaye. Dans la salle des fêtes, avaient pris place les Méfro, Bonduelle, France Volets, Guy de Bérac, IVB, Flunch, Sauvegarde de l’Enfance et de l’adolescence, APPEI, etc.

Ces comités d’entreprise ont mis sur pied une semaine de solidarité en faveur des salariés de Plancy-l’Abbaye, du 2 au 6 avril. Elle se traduira par des quêtes à la sortie des usines et des bureaux. « Chaque comité d’entreprise choisira le jour qui lui conviendra le mieux », expliquent Emmanuelle Riani et Christophe Piat, du comité d’entreprise de Petitjean. Mefro a retenu le mercredi entre midi et 13 h, au moment du changement d’équipes, Bonduelle préfère, lui, le vendredi.

Maintenant que cette semaine a a été arrêtée, ces comités d’entreprise vont essayer d’en entraîner d’autres dans ce vaste mouvement de solidarité. « Nous allons contacter les entreprises qui se trouvent autour de nous, à commencer par Michelin », signalent Sylvain Berton et Bruno Ruelle, de chez Méfro.

Une collecte devant les hypermarchés le samedi

Salarié de la Sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence, Pascal Andrieux se réjouit de cette mobilisation à venir des entreprises. Et qui a même commencé dans certaines puisque Sitel, Tractel et la Cité de l’Auto ont déjà fait des collectes. « Ce sera une première dans l’histoire sociale récente de l’Aube », estime-t-il. Pascal Andrieux n’a pas souvenir que cela se soit déjà produit au cours de ces cinquante dernières années.

Cette semaine de solidarité se terminera le samedi 7 avril par une collecte s’adressant cette fois à tous les Aubois devant les hypers et les supermarchés. Les Petitjean, qui restent le fer de lance de cette solidarité, vont contacter les plus importants du département afin qu’ils autorisent cette journée de quête devant leur établissemment.

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Les Sodimédical à l'inauguration des foires, fin février.

La totalité des dons récoltés par les comités d’entreprise, aussi bien dans les usines que devant les hypermarchés, seront remis aux salariés de Sodimédical le 11 avril, à 17 h, devant la mairie de Troyes.

Après cette remise, se déroulera une manifestation de soutien aux Sodimédical. Le cortège partira de la mairie pour se rendre à la préfecture.

Aix-en-Othe a voté aussi 1000 euros

De leur côté, les communes sont de plus en plus nombreuses à voter une subvention au personnel de Sodimédical.

Et ce ne sont plus des petites (comme Longsols, Villemaur-sur-Vanne et Vailly) qui débloquent des fonds. Pont-Sainte-Marie et Sainte-Savine ont déjà voté 1000 euros. « Aix-en-Othe a décidé de la même somme au début du mois », signale son maire Yves Fournier. Mercredi soir, c’était au tour de la commune de La Chapelle-Saint-Luc de voter une subvention de 2000 euros. Une somme accordée à l’unanimité, comme celle du conseil régional lundi dernier (7500 euros).

En revanche, aucune commune du canton de Méry, où se dresse pourtant l’usine, n’a voté de subvention aux salariés. Maire de Plancy-l’Abbaye, James Lionnet l’attribue au courrier qu’a adressé Philippe Adnot aux maires et « qui a fait beaucoup de mal », dit-il. « Les gens ont du mal à imaginer qu’un président de conseil général et un préfet puissent ne pas refléter la réalité », expliquent les salariés.

Les premiers dons sont allés aux gens les plus en difficultés

Les Sodimédical vivent sans salaire depuis cinq mois et risquent de rester encore sans paie jusqu’au 23 mai. La solidarité s’est, depuis, mise en place.

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Les fers de lance de la solidarité : les membres du comité d'entreprise de Petitjean (ici avec ceux de Sodimédical).

« La première personne qui nous est venue en aide est un prêtre de Troyes. Il nous a apporté sa quête du matin », se souvient Angélique Debruyne. Depuis le mouvement s’est amplifié. Des particuliers adressent des chèques à la mairie de Plancy-l’Abbaye où un compte a été ouvert. Les dons sont à libeller : Solidarité Sodimédical.

« Il y a eu un moment de creux lorsque Philippe Adnot et le préfet ont semé le trouble dans les esprits. Mais le vote des communes, du conseil régional et la position de l’Évêque ont remis en confiance les Aubois », signale la porte-parole des salariés.

Les Sodimédical ont décidé de ne pas diviser les dons entre les 52 salariés. « Bien que nous soyons tous dans la panade », signale Angélique Debruyne. Après un vote, ils ont choisi de venir en aide à ceux qui sont le plus en difficultés. « D’un commun accord, nous avons décidé de régler d’abord des loyers en retard, l’électricité dûe, les cantines pour les enfants, les assurances pour les voitures. Tout ce qui peut permettre d’éviter le pire », explique-t-elle.

Le comité d’entreprise règle lui-même les factures impayées. « Si nous faisions un virement, les gens ne verraient pas l’argent car ils ont tellement d’agios en retard ». Un salarié, Pascal Busser, signale que le Crédit Lyonnais de Romilly lui a fermé son compte bancaire parce qu’il n’y avait plus de mouvement dessus !

Comme les dons sont plus importants maintenant, le comité d’entreprise a bon espoir d’éviter les expulsions vu que des gens ont cinq mois de retard de loyer.

Leur presse (Jorge D’Hulst, LEst-Eclair.fr, 16 mars 2012)

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Deux sorcières comme les autres

Cameroun : deux femmes poursuivies pour homosexualité et traitées de « sorcières »

« On nous traite de sorcières », confie Esther, une Camerounaise de 29 ans, poursuivie en justice pour homosexualité comme son amie Martine, 26 ans. Les deux femmes sont devenues l’objet d’insultes et de moqueries générales dans la petite ville d’Ambam, à 150 km au sud de Yaoundé.

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Leurs enfants ont dû quitter l’école et une grande partie de leurs familles respectives les ont bannies.

« L’affaire » fait grand bruit au Cameroun depuis février. Jeudi, le procès des deux jeunes femmes a réuni quelque 300 personnes à Ambam, près du Gabon. Elles plaident non coupables. La prochaine audience aura lieu le 29 mars.

Comme dans beaucoup de pays africains, l’homosexualité est illégale au Cameroun.

Vendredi, un autre procès médiatique débute, à Yaoundé : celui, en appel, de trois homosexuels condamnés à cinq ans de prison en novembre et dont deux sont incarcérés.

Esther, aide-soignante et maman d’une fillette de 6 ans, et Martine, coiffeuse et mère de deux filles (12 et 10 ans), ont été inculpées en février, après la plainte d’une femme mariée de Ambam, accusant l’un d’entre elles d’être lesbienne.

Cette inculpation avait été précédée d’auditions à la gendarmerie au cours desquelles les deux femmes auraient « avoué » leur homosexualité, selon le parquet d’Ambam. Gardées à vue pendant quatre jours, elles ont comparu libres.

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« Je subis les insultes et les regards des gens. Lorsque je sors pour faire mes courses au marché, on me bouscule, on me jette des cailloux », témoigne Esther.

« La situation est telle que je ne sors plus en journée », profitant uniquement « de la discrétion de la nuit pour me détendre un peu », ajoute la jeune femme, qui vit toujours à Ambam.

Martine en revanche a quitté la localité où les deux femmes vivaient dans la même maison, avec leurs trois enfants. Elle explique avoir « préféré (se) réfugier momentanément chez (sa) petite sœur à Yaoundé ». « Je ne pouvais plus supporter de vivre ici », dit-elle, les traits tirés. « Des pierres était projetées sur le toit de notre maison. »

« Un jour, une habitante a lancé : ‘Regarde comment elle a le démon en elle' », explique Martine.

Si sa sœur l’a accueillie « tous les autres membres de ma famille, dont mon père et ma maman, m’ont rejetée », dit-elle.

Esther elle aussi a été « bannie » par toute sa famille, à l’exception d’un oncle.

Les enfants des deux jeunes femmes, qui étaient scolarisés à Ambam, ont dû quitter la ville.

« Au début mes deux filles venaient me dire : ‘maman, nous sommes insultées au lycée. Les élèves disent que notre maman est lesbienne.’ Elles ne voulaient plus aller à l’école. J’ai dû interrompre leur scolarité pour les envoyer au village », raconte Martine. « Je leur ai demandé de ne pas croire à ce que les gens disent », ajoute-t-elle.

Esther a en outre perdu son travail dans un hôpital de Kyé-Ossi, ville camerounaise voisine à la frontière avec la Guinée équatoriale.

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Les deux femmes risquent jusqu’à 5 ans de prison, peine maximale prévue par la législation du Cameroun. En attendant le verdict, elles « vivent dans la peur ».

« Que Dieu nous aide pour cette affaire s’arrange à l’amiable », souligne Martine dont le souhait le plus cher « est de partir d’ici pour toujours ».

Quant à Esther, elle se désole : « Je sais que cette histoire me poursuivra partout où j’irai au Cameroun ».

Leur presse (Agence Faut Payer, 16 mars 2012)

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Sur la mafia nucléaire au Japon

How the Yakuza went nuclear

What really went wrong at the Fukushima plant? One undercover reporter risked his life to find out.

On March 11 2011, at 2:46pm, a 9.0 magnitude earthquake struck Japan. The earthquake, followed by a colossal tsunami, devastated the nation, together killing over 10,000 people. The earthquake also triggered the start of a triple nuclear meltdown at the Fukushima Nuclear Power Plant, run by Tokyo Electric Power Company (Tepco). Of the three reactors that melted down, one was nearly 40 years old and should have been decommissioned two decades ago. The cooling pipes, “the veins and arteries of the old nuclear reactors”, which circulated fluid to keep the core temperature down, ruptured.

Approximately 40 minutes after the shocks, the tsunami reached the power plant and knocked out the electrical systems. Japan’s Nuclear Industrial Safety Agency (Nisa) had warned Tepco about safety violations and problems at the plant days before the earthquake; they’d been warned about the possibility of a tsunami hitting the plant for years.

The denials began almost immediately. “There has been no meltdown,” government spokesman Yukio Edano intoned in the days after March 11. “It was an unforeseeable disaster,” Tepco’s then president Masataka Shimizu chimed in. As we now know, the meltdown was already taking place. And the disaster was far from unforeseeable.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331936285.jpgTepco has long been a scandal-ridden company, caught time and time again covering up data on safety lapses at their power plants, or doctoring film footage which showed fissures in pipes. How was the company able to get away with such long-standing behaviour? According to an explosive book recently published in Japan, they owe it to what the author, Tomohiko Suzuki, calls “Japan’s nuclear mafia… A conglomeration of corrupt politicians and bureaucrats, the shady nuclear industry, their lobbyists…” And at the centre of it all stands Japan’s actual mafia: the yakuza.

It might surprise the Western reader that gangsters are involved in Japan’s nuclear industry and even more that they would risk their lives in a nuclear crisis. But the yakuza roots in Japanese society are very deep. In fact, they were some of the first responders after the earthquake, providing food and supplies to the devastated area and patrolling the streets to make sure no looting occurred.

As the scale of the catastrophe at Fukushima became apparent, many workers fled the scene. To contain the nuclear meltdown, a handful of workers stayed behind, being exposed to large amounts of radiation: the so-called “Fukushima Fifty”. Among this heroic group, according to Suzuki, were several members of the yakuza.

The yakuza are not a secret society in Japan. The government tacitly recognises their existence, and they are classified, designated and regulated. Yakuza make their money from extortion, blackmail, construction, real estate, collection services, financial market manipulation, protection rackets, fraud and a labyrinth of front companies including labour dispatch services and private detective agencies. They do the work that no one else will do or find the workers for jobs no one wants.

“Almost all nuclear power plants that are built in Japan are built taking the risk that the workers may well be exposed to large amounts of radiation,” says Suzuki. “That they will get sick, they will die early, or they will die on the job. And the people bringing the workers to the plants and also doing the construction are often yakuza.” Suzuki says he’s met over 1,000 yakuza in his career as an investigative journalist and former editor of yakuza fanzines. For his book, The Yakuza and the Nuclear Industry, Suzuki went undercover at Fukushima to find first-hand evidence of the long-rumoured ties between the nuclear industry and the yakuza. First he documents how remarkably easy it was to become a nuclear worker at Fukushima after the meltdown. After signing up with a legitimate company providing labour, he entered the plant armed only with a wristwatch with a hidden camera. Working there over several months, he quickly found yakuza-supplied labour, and many former yakuza working on site themselves.

Suzuki discovered evidence of Tepco subcontractors paying yakuza front companies to obtain lucrative construction contracts; of money destined for construction work flying into yakuza accounts; and of politicians and media being paid to look the other way. More shocking, perhaps, were the conditions he says he found inside the plant.

His fellow workers, found Suzuki, were a motley crew of homeless, chronically unemployed Japanese men, former yakuza, debtors who owed money to the yakuza, and the mentally handicapped. Suzuki claims the regular employees at the plant were often given better radiation suits than the yakuza recruits. (Tepco has admitted that there was a shortage of equipment in the disaster’s early days.) The regular employees were allowed to pass through sophisticated radiation monitors while the temporary labourers were simply given hand rods to monitor their radiation exposure.

When Suzuki was working in the plant in August, he had to wear a full-body radiation protective suit and a gas mask that covered his entire face. The hot summer temperatures and the lack of breathability in the suits ensured that almost every day a worker would keel over with heat exhaustion and be carried out; they would invariably return to work the next day. Going to the bathroom was virtually impossible, so workers were simply told to “hold it”. According to Suzuki, the temperature monitors in the plant weren’t even working, and were ignored. Removing the mask during work was against the rules; no matter how thirsty workers became, they could not drink water. After an hour fixing pipes and doing other work, Suzuki says his body felt like it was enveloped in flames. Workers were not checked to see if they were coping, they were expected to report it to their supervisors. However, while Tepco officials on the ground told the workers not to risk injury, it seemed that anyone complaining of the working conditions or fatigue would be fired. Few took their allotted rest breaks.

Those who reported feeling unwell were treated by Tepco doctors, nearly always with what Suzuki says was essentially cold medicine.The risk of radiation exposure was 100 per cent. The masks, if their filters were cleaned regularly, which they were not, could only remove 60 per cent of the radioactive particles in the air. Anonymous workers claimed that the filters themselves were ill-fitting; if they accidentally bumped their masks, radiation could easily get in. The workers’ dosimeter badges, meanwhile, used to measure an individual’s exposure to radiation, could be easily manipulated to give false readings. According to Suzuki, tricks like pinning a badge on backwards, or putting it in your sock, were commonplace. Regular workers were given dosimeters which would sound an alarm when radiation exceeded safe levels, but it made such a racket that, says Suzuki, “people just turned them off or over and kept working.”

The initial work, directly after a series of hydrogen explosions in March, was extremely dangerous. Radiation was reaching levels so high that the Japanese government raised the safety exposure levels and even ordered scientists to stop monitoring radiation levels in some areas of the plants. Tepco sent out word to their contractors to gather as many people as possible and to offer substantial wages. Yakuza recruited from all over Japan; the initial workers were paid 50,000 yen (£407) per day, but one dispatch company offered 200,000 yen (£1,627) per day.

Even then, recruits were hard to find. Officials in Fukushima reportedly told local businesses, “Bring us the living dead. People no one will miss.” The labour crunch was eased somewhat when the Japanese government and Tepco raised the “safe” radiation exposure levels at the plant from pre-earthquake levels of 130-180cpm (radiation exposure per minute) to 100,000cpm.

The work would be further subcontracted to the point where labourers were being sent from sixth-tier firms. A representative from one company told Suzuki of an agreement made with a Tepco subcontractor right after the accident: “Normally, to even enter the grounds of a nuclear power plant a nuclear radiation personal data management pocketbook is required. We were told that wasn’t necessary. We didn’t even have time to give the workers physical examinations before they were sent to the plant.”

A former yakuza boss tells me that his group has “always” been involved in recruiting labourers for the nuclear industry. “It’s dirty, dangerous work,” he says, “and the only people who will do it are homeless, yakuza, or people so badly in debt that they see no other way to pay it off.” Suzuki found people who’d been threatened into working at Fukushima, but others who’d volunteered. Why? “Of course, if it was a matter of dying today or tomorrow they wouldn’t work there,” he explains. “It’s because it could take 10 years or more for someone to possibly die of radiation excess. It’s like Russian roulette. If you owe enough money to the yakuza, working at a nuclear plant is a safer bet. Wouldn’t you rather take a chance at dying 10 years later than being stabbed to death now?” (Suzuki’s own feeling was that the effects of low-level radiation are still unknown and that, as a drinker and smoker, he’s probably no more likely to get cancer than he was before.)

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Carte de l’impact de la radioactivité sur l’océan après Fukushima

A recent report in Japan’s Mainichi newspaper alleged that workers from southern Japan were brought to the plant in July on false pretences and told to get to work. Many had to enter dangerous radioactive buildings. One man was reportedly tasked with carrying 20kg kilogram sheets of lead from the bottom floor of a damaged reactor up to the sixth floor, where his Geiger counters went into the danger zone. One worker said, “When I tried to quit, the people employing me mentioned the name of a local yakuza group. I got the hint. If Tepco didn’t know what was going on, I believe they should have.” Former Tepco executives, workers, police officials, as well as investigative journalist, Katsunobu Onda, author of TEPCO: The Dark Empire, all agree: Tepco have always known they were working with the yakuza; they just didn’t care. However, the articles Suzuki wrote before his book was published, and my own work, helped create enough public outcry to force Tepco into action. On July 19, four months after the meltdowns, they announced that they would be cutting ties with organised crime.

“They asked the companies that have been working with them for years to send them papers showing they’d cut organised crime ties,” Suzuki says. “They followed up by taking a survey.” Tepco has not answered my own questions on their anti-organised crime initiative as of this date; they’ve previously called Suzuki’s claims “groundless”.

The situation at Fukushima is still dire. Number-two reactor continues to heat up, and appears to be out of control. Rolling blackouts are a regular occurrence. Nuclear reactors are being shut down, one by one, all over Japan. Meanwhile, there is talk that Tepco will be nationalised and its top executives are under investigation for criminal negligence, in relation to the 3/11 disaster. As for the yakuza, the police are beginning to investigate their front companies more closely. “Yakuza may be a plague on society,” says Suzuki, “but they don’t ruin the lives of hundreds of thousands of people and irradiate the planet out of sheer greed and incompetence.” Suzuki says he’s had little trouble from the yakuza about his book’s allegations. He suspects this is because he showed they were prepared to risk their lives at Fukushima — he almost made them look good.

Leur presse (Jake Adelstein, Telegraph.co.uk, 21 février 2012)


Japon : Tepco et les yakuzas

Un journaliste d’investigation raconte comment Tepco aurait recouru aux services de la pègre japonaise.

Ça aurait pu être le titre d’un thriller : « Les yakuzas et la mafia du nucléaire ». Hélas, il ne s’agit pas d’une fiction. Un an après la catastrophe de Fukushima, l’article de Jake Adelstein, un journaliste d’investigation basé au Japon, révèle de nouvelles zones d’ombre sur la tragédie. Selon lui, la nationalisation prochaine de Tepco, le géant du nucléaire japonais, ne serait en effet pas seulement motivée par le risque de faillite de ce dernier. Officieusement, l’idée serait de reprendre en main la gestion de la société, « contaminée » depuis des décennies par ses liens avec la pègre. Le journaliste cite notamment un sénateur libéral-démocrate : « L’énergie nucléaire ne devrait pas être dans les mains des yakuzas. L’implication de Tepco avec des forces antisociales et son incapacité à les écarter de ses affaires sont un enjeu de sécurité nationale. »

Une main-d’œuvre liée aux yakuzas

Le fait n’est pas nouveau : le recours aux yakuzas pour travailler dans les centrales remonterait aux années 1990. Ces derniers mois, ceux-ci se seraient distingués en ayant effectué la tâche quasi suicidaire de nettoyer le noyau dur de la centrale endommagée, s’exposant ainsi à des taux de radiation très élevés. Non pas qu’ils aient eu le choix : la plupart des « travailleurs » déployés sur le site et affiliés aux yakuzas seraient criblés de dettes et forcés pour les rembourser d’effectuer tout travail qui leur est imposé. Une main-d’œuvre docile, qui permet aux clans de s’imposer comme sous-traitants de choix auprès de Tepco. Mais les « services » ne se limiteraient pas à la sous-traitance du personnel : la corruption des clans et de politiciens aurait favorisé l’obtention de permis de construire, et certains clans, notamment le Matsuba-Kai — l’une des dix organisations criminelles les plus influentes au Japon, auraient été en charge de la gestion des déchets pour Tepco.

Depuis l’accident et le mea culpa de Tepco sur la question, la société a participé à une série de conférences sur le crime organisé avec la police nationale. Mais rien n’aurait changé. En juin, le groupe était encore soupçonné de ne pas avoir totalement rompu avec ses pratiques : près de 140 ouvriers attelés à la reconstruction du site auraient postulé sous une fausse identité.

Leur presse (Marie de Douhet, LePoint.fr, 16 mars 2012)

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Ne dites pas « Monsieur l’huissier », dites « Crève salope ! »

Le super-huissier lyonnais mis en examen pour détournements de fonds massifs

Après les super-flics ripoux (Neyret et compagnie), voilà donc le super-huissier pas très net. Derrière les dorures, y’aurait-il quelque chose de pourri à Lyon… ? En tout cas, une raison de plus de faire gaffe quand on a affaire à un huissier.

Rebellyon, 15 mars 2012.

Lyon : le président des huissiers en examen pour abus de confiance aggravé et faux

Me Gilbert Bénichou est soupçonné de détournements de fonds clients. Une somme qui pourrait dépasser les 1,5 M d’euros.

Une bombe. Et qui risque dans les semaines qui viennent d’entraîner des déflagrations. Me Gilbert Bénichou, 46 ans, huissier bien connu sur la place lyonnaise a été, samedi, au terme de 48 heures de garde à vue dans les locaux de la brigade financière de la police judiciaire mis en examen par un juge d’instruction pour abus de confiance aggravé en sa qualité d’officier ministériel mais aussi de faux et usage de faux. Il a été placé sous contrôle judiciaire malgré une demande de mise en détention du parquet.

D’après nos informations les sommes détournées sur des fonds clients dont l’un est un institutionnel d’envergure pourraient dépasser les 1,5 millions d’euros si les faits étaient avérés. Cette mise en examen est intervenue après l’ouverture d’une enquête préliminaire ouverte sur plainte il y a seulement quelques semaines. Une enquête extrêmement rapide dans ce type de dossiers qui semblerait indiquer que les faits reprochés sont relativement simples dans leur montage.

L’ampleur des préjudices éventuels n’est pas la seule raison qui risque de faire conversation dans les dîners du Tout-Lyon car la personnalité même de Gilbert Bénichou est particulièrement connue dans le monde économico-judiciaire. Gilbert Bénichou a été élu en décembre dernier président de la chambre des huissiers par onze de ses pairs pour représenter la centaine de professionnels enregistrés.

Une fonction éminemment importante dont il a été, au cours d’une réunion extraordinaire en début de semaine, suspendu dans la plus grande discrétion. Diplômé de l’école nationale de procédure pénale, titulaire d’un DEA de droit communautaire délivré à Lyon 3 et d’une maîtrise AES, Gilbert Bénichou a racheté en 1992 l’étude de Me Alexandre Clot quai Perrache avant de s’installer dans le troisième arrondissement à la tête d’une étude florissante. Son élection à la présidence de la chambre s’est faite dans la continuité puisque qu’en tant que membre il a été successivement rapporteur et secrétaire de l’institution.

Publié par des amis de la « justice » (Michel Girod, LeProgres.fr, 15 mars 2012)


Limoges : un huissier condamné pour n’avoir pas porté secours à un homme encore en vie après s’être pendu

Un huissier de justice a été condamné par le tribunal correctionnel de Limoges a six mois de prison avec sursis pour « non-assistance à personne en danger » pour ne pas avoir porté secours, en 2009, à un homme qu’il avait découvert pendu chez lui, mais qui était encore en vie.

L’huissier, condamné vendredi, avait découvert le 17 février 2009 la victime, âgée de 36 ans, pendue à son domicile, à Limoges, où il avait pénétré pour procéder à son expulsion en compagnie de deux témoins et d’un serrurier.

Lors de son procès, le 13 janvier, l’huissier, âgé de 60 ans, avait expliqué avoir immédiatement prévenu la police qui, selon lui, lui avait enjoint de « ne toucher à rien ». À leur arrivée, les pompiers avaient constaté que la victime, qui s’était pendue aux canalisations, était encore en vie. Elle était finalement décédée trois jours plus tard à l’hôpital de Limoges.

Publié par des amis de la « justice » (LeJSL.com, 25 février 2012)

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[Élections piège à cons] Le PS dans la merde

PS : Une permanence couverte d’excréments

La permanence du Parti socialiste à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) a été recouverte hier d’excréments et d’urine, a annoncé aujourd’hui la fédération départementale du PS, qui dénonce « un acte politique ».

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Grenoble, février 2007

« En fin de journée de jeudi, les militants du Parti socialiste de Charenton ont découvert leur permanence (…) couverte de projections d’excréments et d’urine. Façade, fenêtres, porte (y compris la poignée) avaient été aspergées et de l’urine avait même été glissée sous la porte inondant ainsi l’entrée du local », a expliqué le PS dans un communiqué.

« En pleine période électorale, il s’agit forcément d’un acte politique inacceptable qui va bien au-delà des graffitis qui fleurissaient depuis plusieurs semaines », est-il ajouté. Le PS du Val-de-Marne a dit vouloir déposer une plainte, que n’avait pas reçue le parquet de Créteil cet après-midi.

Leur presse (Agence Faut Payer, 16 mars 2012)

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[Devenir-prison du monde] Israël construit un camp de concentration géant dans le Néguev

Israelis build the world’s biggest detention centre

Thousands of African asylum-seekers fleeing persecution could end up in Negev desert camp.

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Israel is building a fence to stop migrants crossing from Egypt.

Israel is to begin construction soon on a vast detention facility in the Negev desert to house the thousands of immigrants that cross illegally into Israel from Egypt every year.

Human rights groups fear that the detention centre, the largest of its kind in the world, with a capacity to hold 8,000 migrants, will turn into a festering refugee camp, and deprive those escaping persecution at home of their rights to seek asylum in Israel.

The project was approved by Israel’s right-wing government 18 months ago, but many Israelis are uncomfortable about spurning asylum seekers from war-torn African countries given their own history as a nation of refugees.

« We’ll do all it takes to provide reasonably humane conditions, » an unnamed defence official told Israel’s Haaretz newspaper. « We all wish we didn’t have to build such a facility. But we’re in a certain situation due to certain circumstances, and we need a facility to address these needs. »

The facility, which will be built on the grounds of Ketziot prison near Israel’s southern border, will accommodate migrants, including women and children, for up to three years before they are deported to their country of origin; those from « enemy » states, such as Sudan, who cannot be repatriated, could be detained indefinitely.

The centre, which will include medical, community and sports facilities, is intended to tackle an immigration problem that politicians say threatens to overwhelm Israel’s population of 7.5 million. Speaking 18 months ago, the Prime Minister, Benjamin Netanyahu, said it was time « to stop this growing influx that threatens Israelis’ jobs and changes the character of the state ».

Every year, thousands of Africans, mostly from Sudan and Eritrea, begin the arduous journey to Israel via the arid Sinai Peninsula, a lawless territory where Bedouin traffickers extract huge fees to smuggle refugees past Egyptian border patrols.

Israel’s Interior Ministry estimates that 17,000 people crossed the Israel-Egypt border last year, many more than in previous years. They may have been spurred by Israel’s decision to build a sturdy border fence backed up with electronic surveillance equipment.

Reut Michaeli, director of the Hotline for Migrant Workers, said that building a detention centre would do little to deter those in genuine need. « People fleeing for their lives… will not stop coming because they face three years in detention, » she said.

Israel claims that most asylum seekers are economic migrants, a view reflected in the number that gain refugee status each year — less than 1 per cent of the total.

But human rights groups say that most of the Sudanese and Eritrean migrants are escaping persecution at home, citing worldwide figures from last year that claim 84 per cent of Eritreans seeking asylum, and around 60 per cent of Sudanese migrants, were eligible for refugee status.

At present, Israel has a policy of not deporting migrants back to Eritrea and Sudan because of the unstable situation there. However, it does not recognise them as refugees.

Leur presse (Catrina Stewart, Independant.co.uk, 10 mars 2012)

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