[« Antiterrorisme »] La méthode italienne (5)

Bombe en Italie : une série de coïncidences

Plusieurs éléments pourraient faire penser à un attentat mafieux mais la prudence reste de mise. De notre correspondante en Italie.

L’attentat de ce matin à Brindisi (Pouilles) frappe évidemment par la technique utilisée (deux bonbonnes de gaz placées devant l’entrée d’une école publique), et par la gravité de son bilan : une étudiante tuée et huits blessées.

Mais par delà les scènes déchirantes qu’il a provoquées, il frappe surtout en raison de la série de coïncidences qui l’accompagnent. D’abord le nom de l’école : l’Institut Falcone-Morvillo, en souvenbir du juge Giovanni Falcone et de sa femme Francesca Morvillo, assassinés il y a vingt ans par Cosa Nostra.

Ensuite, justement, il intervient au moment où se tiennent des commémorations officielles, vraiment imposantes (entre autres la séance publique du 23 mai en présence du Président du Conseil et du Président de la République, dans la salle du tribunal de Palerme où Falcone célébra le « Maxi procès » contre la mafia en 1986).

Enfin, et c’est la troisième coïncidence, l’arrivée cet après midi à Brindisi de la « caravane antimafia » ou « caravane de la légalité » sous la direction du prêtre antimafia Luigi Ciotti, qui rassemble des centaines d’adolescents en guerre contre le crime organisé.

Tous ces éléments pourraient donc faire penser à un attentat mafieux. Mais la prudence reste de mise. D’abord parce que Brindisi n’est ni une ville stratègique ni une ville symbolique pour la mafia. Au contraire : ici et dans les Pouilles en général, le crime organisé, connu sous le sigle de Sacra corona unita, a été démantelé de longue date. Ensuite parce que la technique utilisée (des bonbonnes de gaz) est assez rudimentaire et approximative, et ne ressemble en rien aux moyens raffinés, précis et meurtriers utilisés dans les années 92/93 pour se venger de magistrats audacieux et efficaces comme Falcone et Borsellino. Enfin parce qu’à l’époque des bombes mafieuses et du climat trouble de « Mani pulite » (l’opération « Mains propres), qui avait déstabilisé le monde politique et créé les conditions pour un changement politico-institutionnel important, le crime organisé plaidait pour des choix conservateurs et cherchait à l’imposer avec la technique de la peur.

Aujourd’hui, la situation politique, économique et sociale est d’une gravité extrême et la politique d’austérité du gouvernement Monti, son choix de combattre avec force la fraude fiscale, créent des mécontentements profonds dans la population. Mécontentements qui peuvent se traduire par des attentats contre les agences de recouvrement de l’impôt ou par des « jambisations » accomplies par des groupes anarchistes. Mais ils n’ont rien à voir avec les mafias.

Le climat est certes à l’expression violente, anti partis et anti establishement, mais personne pour l’heure ne voit en quoi ce même climat pourrait impliquer les mafias. Avec quel but avoué ou caché ? Il vaut mieux donc attendre avant de cataloguer dans le rubrique « crime organisé » un attentat bizarre dans une ville périphérique du Sud de la Péninsule.

Presse mafieuse (Marcelle Padovani, tempsreeel.nouvelobs.com, 19 mai 2012)

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[Copwatch] À l’attention de Manuel Valls, ministre de l’Intérieur

« Sans peur et sans reproche, flics nous voilà » – 2e partie
À l’attention de Manuel Valls, Ministre de l’intérieur

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337424831.jpgNous avons appris sans surprise la nomination de Manuel Valls à la tête du Ministère de l’intérieur. Après Brice Hortefeux et Claude Guéant, ce sera au tour du 3e ministre de se casser les dents sur cet outil de lutte qu’est le copwatching. Manuel Valls arrive  à la tête d’un ministère ou policiers et gendarmes n’ont jamais été aussi racistes, aussi violents et aussi revendicatifs qu’à l’heure actuelle. Notre nouveau ministre également maire d’Évry souhaitait en juin 2009 lors d’une brocante dans sa ville qu’il y ait « plus de white, plus de blancs, plus de blancos ». Qu’il se rassure, ce n’est pas ce qui manque au sein des forces de sécurité française. Il va être servi.

Malgré le changement de présidence et de gouvernement, il est bon de rappeler à chacun que la police et la gendarmerie nationale, elles, ne changent pas. Les 140’000 fonctionnaires de police et 107’000 gendarmes n’ont pas été licenciés. Ils sont toujours bel et bien là avec leur idéologie nauséabonde. Ils seront toujours aussi violents et rien ne les empêchera d’assassiner et violenter qui bon leur semble. Les forces de maintien de l’ordre SONT ET RESTERONT LES MÊMES.

La lutte que nous menons ne risque pas de s’arrêter. Bien au contraire nous allons l’accentuer. On va donc immédiatement plonger dans le bain, Manuel Valls afin qu’il sache à quoi s’attendre, et revenir sur les évènements de ces dernières semaines.

Les revendications politiques de la police nationale

Depuis plusieurs semaines, la police nationale connaît une certaine effervescence. Les cours des commissariats se sont transformées en lieu d’AG, les rues en lieu de manifestations sauvages où se font face flics et gendarmes mobiles et enfin internet et les réseaux sociaux servent d’outils de propagande à leurs revendications. Ces revendications sont simples, les flics veulent encore plus de protection et plus de reconnaissance. Et cette fois ils ont fait fort en demandant la présomption de légitime défense, un véritable permis de tuer. Le fonctionnaire pourra continuer à toucher son salaire et exercer sa sale besogne.

Suite au rassemblement effectué par Alliance Police nationale à Paris ce vendredi 11 Mai 2012 face au TGI , nous tenons à apporter quelques précisions.

Tout d’abord, nous tenons à remercier les flics nous ayant envoyé des mails de menaces avec des photos d’une grande finesse. Il démontre un peu plus le vrai visage et la débilité consternante de la police française. Il confirme doublement l’utilité de notre combat face aux forces de sécurité et à la repression qu’elles exercent. Nous tenons également à informer que des ventes de ces tee shirt vont avoir lieu au sein de certains commissariats comme celui de Bobigny. La police s’amuse comme elle peut.

Ci-dessous, deux photos qui nous ont été transmises.

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Nous avons également été surpris de voir sur le site d’Alliance police nationale une vidéo montrant la capture de « deux copwatchers » par des policiers fiers d’exhiber leur trombine à côté de ces personnes.

Nous tenons donc à informer Alliance police nationale (diffuseur de la vidéo) que ces personnes n’ont rien à voir avec le collectif Copwatch Nord-idf. Comme nous l’avons dit redit dans un précédent communiqué, nous ne connaissons absolument pas ces individus. Les meuglements héroiques des flics sont donc stupides et inutiles.

En revanche, nous constatons qu’Alliance police nationale laisse des commentaires émanant de fonctionnaires de police particulièrement homophobes, incitant à la violence et au meurtre,  sur son groupe facebook, vis à vis des personnes utilisant comme outil de lutte le copwatching.

Voici plusieurs extraits de commentaires. Le niveau est toujours très haut. On s’aperçoit que l’utilisation basique du sujet+verbe+complément est difficile à appliquer chez les flics.

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Dans ce dernier commentaire, il y est explicitement fait un rappel à la manifestation du 17 octobre 1961 où des centaines d'Algériens furent jetés à la Seine.

Tout est encore consultable sur le facebook d’Alliance.

Mise en garde auprès de la Direction Générale de la Police Nationale

Nous avons également reçu dans nos mails des ultimatums nous demandant le retrait de l’integralité des photos présentent sur nos bases de données. Nous visons un fonctionnaire de police en particulier, très impliqué dans le mouvement en cours dans la police nationale, le dénommé Rodolphe Schwartz, gardien de la paix au Ciat du 19e arrondissement dont nous avons déjà brossé le portrait précédemment.

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Ce policier a la délicate intention de créer avec ses collègues un fichier personnel sur les individus considérés comme « observateurs de flics ». Nous avons reçu en pièces jointes les photos des deux energumènes présents. Nous prenons sérieusement en compte ces menaces pouvant concerner n’importe quelle personne ayant un appareil photo, même les journalistes. Si rien est fait contre ce fonctionnaire, nous utiliserons nos moyens de contrer afin de faire cesser ces menaces numériques.

L’identification des fonctionnaires de police

On a pris connaissance de la dernière circulaire interne du 10 mai 2012 sur l’usage de facebook envoyée par la Direction Centrale de la Police Nationale à 90’000 fonctionnaires. En moins de 2 ans, c’est la quatrième circulaire concernant le même sujet. C’est une preuve supplémentaire démontrant qu’en France, il n’existe aucun organe capable de surveiller les flics et leurs dérives. La DCRI, police politique en puissance, si prompt à inculper des taggeurs pour des faits de terrorisme, oserait nous faire croire qu’elle n’est pas capable d’identifier les dérives de ces hommes sur Internet ??

Nous on est parfaitement capable, c’est vrai. Nous ne pratiquons pas l’identification par amusement mais par utilité pour les personnes victimes de racisme, de violences et de toute autre forme d’abus. Certes, pour nous les réseaux sociaux sont de très beaux outils d’identification pour vous jauger, vous voir, mais ils sont juste un soutien et un instrument second. Nous avons réussi une chose, celle de vous instaurer un sentiment de surveillance et de paranoia ambiante. Vos activités sur facebook ont spectaculairement baissé, ce qui été notre objectif. Dernièrement, nous avons fait fermer le groupe « policer en colère » en 24h. Nous vous isolons un peu plus.

Dans la réalité, nous utilisons vos propres documents pour vous identifier. Nous vous en diffusons donc quelques-uns aujourd’hui.

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L’identification s’arrêtera lorsqu’un jour, et cela arrivera, nous pourrons savoir qui vous êtes dans la rue par l’intermédiaire d’une identification à l’anglo-saxone avec nom, prénom, numéro de matricule et grade présent sur un scratch visible sur le torse. Trop de personnes sont mortes ou ont été mutilées sans connaître leur coupable.

Le recoupement des informations

En décembre 2009 a été realisé en Allemagne un crack visant la marque de vêtement néo-nazi Thor Steinar. Une liste de 900 clients français en est ressortie. Parmis eux, des anonymes, des militaires et des flics. Toujours en cours d’étude, cette liste risque de nous revéler bien des surprises. Pour exemple, ce fonctionnaire de police denommé Xavier Lett, originaire de Fréjus. Nous avons actuellement des traces de lui du côté de Monfermeil.

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Extrait de la liste de client Thor Steinar

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Son profil sur Copain d'avant

Pour conclure, nous souhaitons dire à Manuel Valls qu’il devra faire avec les mouvements de Copwatching en France. Tenter de supprimer ou de sanctionner cet outil et les personnes qui assurent son fonctionnement reviendrait à tuer une hydre. Le site redevient progressivement accessible, nous demandons la levée totale de la censure.

Nous continuerons notre combat contre toutes les formes d’impunité policière.

Un bon flic est un flic qui démissione.
Que la peur change de camp.

Copwatch Nord-IDF, 17 mai 2012

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[Copwatch Calais] Procès contre CRS et PAF le 30 mai 2012 à Boulogne-sur-Mer – Éléments d’information

Une fois de plus et une fois de trop, la PAF de Coquelle a refait parler d’elle par l’intermédiaire de trois de ses flics à savoir Mat Mat Naget, Gaël Bertaux et Christophe Dahm.

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Mat Mat NAGET - PAF Coquelles

Alors que des Soudanais demandeurs d’asile se faisaient interpeller par la PAF le 29 mars dernier, quatre activistes se sont vu placés en garde à vue pendant une durée de 46 heures pour outrage et violence lors d’un contrôle d’identité. Pendant la durée de leur garde à vue, des techniques de harcèlement psychologique, bien connues de la PAF ont été utilisées à leur encontre comme l’utilisation d’une sirène dans les cellules afin d’empêcher de dormir ou encore l’obscurité totale.

Ces arrestations n’ont pas été commises par n’importe quel flic. Tous sont des récidivistes de l’outrage et tous ont connus récemment des revers vis à vis de la justice.

• Le gardien de la Paix Mat Mat NAGET s’est vu consacrer un article sur ses pratiques. Elle s’était vu récemment déboutée de son accusation d’outrage et rebellion et recadrer par le procureur de Boulogne-sur-Mer. Des doutes subsistaient sur l’honnêteté des procès verbaux.

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Christophe DAHM - PAF Coquelles

• Le gardien de la Paix Christophe Dahm, est connu pour ses clés de bras inutiles, son humour salace et bien crade.

• Le policier Gaël Bertaux fut aussi récemment débouté de ses accusations d’outrages et rébellions lors d’une audience au TGI de Boulogne-sur-Mer.

Au sortir de leur garde à vue, tous avaient été malmenés, molestés et des coups étaient visibles.

Plus tôt dans la matinée, une autre activiste s’était faite embarquer par trois flics de la CRS 39 de Nancy. L’un des policiers présents et identifiés lui a fait des menaces d’ordre sexuel. Elle ne faisait que marcher dans la rue. Elle a également été inculpée d’outrage et rébellion lors de son arrestation.

Toutes ces personnes passeront le 30 mai prochain à 8h30 en procès au TGI de Boulogne-sur-Mer pour outrage et rébellion.

Copwatch Nord – Île de France, 19 mai 2012

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] « Alep connaît un véritable soulèvement »

L’émissaire international Kofi Annan se rend « bientôt » en Syrie, théâtre vendredi de manifestations d’une ampleur sans précédent depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad notamment dans la deuxième ville du pays, Alep.

Les manifestations rendaient justement hommage à cette grande ville du nord, restée à l’écart aux premiers mois de la révolte populaire et qui était le théâtre vendredi des « plus importantes manifestations » depuis le début du soulèvement en mars 2011, selon des militants.

« Des milliers de personnes manifestent dans plusieurs quartiers malgré la répression », selon le président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. « Alep connaît un véritable soulèvement », commente de son côté Mohammad al-Halabi, militant sur place.

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Alep, 18 mai 2012

Malgré la poursuite des violences et du quadrillage des villes, des « dizaines de milliers » de personnes sont descendues dans tout le pays selon l’OSDH, soit les rassemblements les plus grands depuis l’annonce d’un cessez-le-feu le 12 avril systématiquement violé depuis.

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Les observateurs de l'ONU en Syrie

« Nous voulons la liberté que tu le veuilles ou pas, Bachar, ennemi de l’humanité », ont scandé des manifestants à Deir Ezzor (est).

Les troupes gouvernementales ont une nouvelle fois tiré sur les manifestants à Alep et dans la province de Damas, faisant plusieurs blessés, et continué de bombarder violemment les poches rebelles comme la ville de Rastane et des quartiers de la ville de Homs dans le centre du pays, selon l’OSDH, qui dénonce « le silence des observateurs » de l’ONU, déployés pour surveiller la trêve. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 18 mai 2012)

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[Nique la justice] Un innocent retourne en prison pour vingt à trente ans

Braquage de la poste de Joinville : Ferrara acquitté en appel

Le « Roi de la belle », Antonio Ferrara, a été acquitté mercredi en appel par la cour d’assises d’appel de Paris au « bénéfice du doute » pour le braquage d’un bureau de poste de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) le 28 juillet 1999. Ce procès, qui avait débuté le 9 mai, était capital pour Ferrara, à présent âgé de 38 ans et connu pour son évasion spectaculaire de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 12 mars 2003. Si une confusion de peines est prononcée, il pourrait sortir de prison vers 2025 au lieu de 2035.

En première instance, le 12 mars 2003, reconnu coupable de participation à ce vol à main armée, ainsi qu’à la course-poursuite qui s’en était suivie, il avait écopé de quinze ans de réclusion. En revanche, son coaccusé Issa Traoré, condamné en première instance à dix ans de prison, a été de nouveau jugé coupable. Sa peine a toutefois été abaissée à huit ans d’emprisonnement.

« C’est d’abord une victoire de la justice », a réagi l’avocat de celui qu’on surnomme également Nino, Me Eric Dupond-Moretti, rappelant que la loi prévoit que « le doute doit profiter à l’accusé ». « Il estime que c’est son plus bel acquittement », a renchéri son confrère Me Lionel Moroni. « Il en faisait une lutte de principe », car « il a toujours nié » sa participation, a-t-il ajouté. Après une semaine d’audience, la défense de Ferrara est finalement parvenue à convaincre la cour d’assises que, s’il y avait des éléments à charge contre l’accusé, ils étaient trop ténus pour démontrer sa culpabilité.

Aucune preuve irréfutable

Le président, Olivier Leurent, a notamment déploré, au nom de la cour, qu’il n’y ait eu « aucune identification photographique dans les jours qui ont suivi » les événements. Concernant la ligne téléphonique, il a été prouvé qu’elle était « utilisée par plusieurs personnes » et ne pouvait donc constituer une preuve irréfutable. Par ailleurs, l’enquête a omis de géolocaliser les appels, ce qui est fâcheux.

Enfin, « deux empreintes génétiques », dont celle de Ferrara, ont été découvertes dans le casque abandonné par le malfaiteur dans l’une des voitures ayant participé à la course-poursuite. Cette pluralité démontre qu’il a pu être utilisé par plusieurs personnes. Enfin, la cour a noté « l’absence de ses empreintes papillaires sur la moto » et les voitures qu’il a braquées pour sa fuite. Tout cela, a conclu le président, «  un doute sur l’identité du second malfaiteur ». Résultat : le Roi de la belle est acquitté.

Un seul braquage à son actif

C’est le troisième acquittement d’affilée obtenu par Ferrara pour des braquages. Ainsi, en avril 2009, il a été acquitté en appel à Évry pour le braquage d’un fourgon de la Brink’s fin 2000 à Gentilly (Val-de-Marne). Huit mois plus tard, il était acquitté par la cour d’assises de Paris pour l’attaque d’un fourgon blindé à Toulouse en 2001.

Celui que l’on qualifie parfois de « braqueur en série » n’est finalement condamné à ce jour que pour le braquage d’une banque de Soisy-sur-Seine, dans l’Essonne, en avril 1997. Il avait été acquitté en 2003 pour celui du Crédit mutuel de Yerres, commis le même jour dans l’Essonne.

Presse multirécidiviste (LeParisien.fr avec l’Agence Faut Payer, 16 mai 2012)

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[Globalisation de la famine] Swift roi de Corée

Les affamés nord-coréens se livrent au cannibalisme

Un rapport sud-coréen, étayé de témoignages précis, fait état d’exécutions pour consommation de chair humaine.

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Manifestation à la gloire du régime nord-coréen et de ses dictateurs, le 20 avril dans la capitale, Pyongyang.

C’est l’un des mystères les plus macabres de la tragédie nord-coréenne. De nouveaux témoignages inédits rapportent l’existence de plusieurs actes de cannibalisme récents en Corée du Nord, confirmant la fragilité de la situation alimentaire au royaume ermite.

Ces dernières années, les autorités ont exécuté au moins trois personnes pour cannibalisme, révèle un nouveau rapport publié mercredi à Séoul par un centre de recherche sud-coréen. Ainsi, en décembre 2009, un homme a été exécuté en place publique dans la ville de Hyesan, dans la province de Ryanggang, le long de la frontière chinoise, pour avoir tué puis dévoré une fillette de 10 ans, rapporte le Korea Institute for National Unification (Kinu). C’est la première fois que des témoignages d’actes cannibalesques sont étayés de façon aussi précise et publiés dans un rapport officiel.

Cet acte de cannibalisme serait la conséquence de la crise alimentaire aiguë déclenchée dans cette province par la réforme monétaire conduite la même année par les autorités, qui avait entraîné une hausse brutale des prix. « Une inflation énorme a soudain fait exploser les prix des denrées, poussant certaines personnes à bout », explique Han Dong-ho, l’un des auteurs du rapport.

En 2006, dans la ville de Doksong, un homme et son fils ont également été passés par les armes pour avoir mangé de la chair humaine, rapporte l’une des transfuges arrivée en Corée du Sud et interrogée par le Kinu. Cette femme fait partie des 230 réfugiés récemment arrivés de Corée du Nord, qui ont servi de sources aux experts de cet institut public, financé par le gouvernement sud-coréen. En 2011, un autre acte de cannibalisme se serait déroulé dans la ville de Musan, rapporte un autre transfuge.

Malnutrition aiguë

Le Kinu relativise l’ampleur du phénomène, soulignant qu’il s’agit de cas isolés, rapporté par seulement une dizaine de transfuges sur les 230 interrogés. « Il ne faut pas surestimer l’importance du cannibalisme en Corée du Nord », explique Han. « C’est un sujet tabou, mais je ne crois pas à une pratique à grande échelle et de façon organisée », ajoute Daniel Pinkston, expert de l’International Crisis Group.

Ces témoignages confirment ceux rapportés par des ONG comme Citizens Alliance for North Korean Human Rights (NKHR) et montrent qu’en dépit d’une relative amélioration des circuits de distribution depuis la fin de la grande famine des années 1990, plusieurs provinces souffrent toujours de malnutrition aiguë. « La faim m’a fait perdre la raison, j’avais entendu dire que la chair humaine était meilleure que le porc et je me suis dit que nous allions tous mourir de toute façon », se justifiait fin 2007 une mère accusée par les agents du régime d’avoir dévoré sa fille de 9 ans.

Ce témoignage effrayant est rapporté à NKHR par Kim Hye-sook, arrivée à Séoul en 2009 après s’être évadée du Nord. Il rappelle les récits de l’époque de la grande famine, qui aurait fait plus de 1 million de victimes, selon certaines ONG. En 1997, Kim Eun-sun, alors enfant, se souvient de cet homme condamné pour avoir égorgé puis mangé sa fille, dont il avait enterré les restes dans sa bourgade d’Eundeok, à l’extrême nord-est du pays. « La population avait pitié de lui, en fait, car la faim rend fou, elle vous transforme en animal », explique Kim, aujourd’hui étudiante à Séoul et dont le père a été emporté par la famine.

Presse cannibale (Sébastien Falletti, LeFigaro.fr, 17 mai 2012)

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Concert en soutien aux prisonniers de Villiers-le-Bel et au collectif Vies volées – Dimanche 10 juin à la Parole Errante (Montreuil)

La série de procès autour des révoltes de Villiers-le-Bel va toucher à sa fin, ce 29 juin au tribunal de Pontoise. Ce même tribunal qui, il y a deux ans, a condamné sans preuves les frères Kamara à des peines éliminatrices de 15 et 12 ans, lors du procès des « tireurs présumés » de Villiers-le-Bel. La justice va probablement tenter de protéger, lors de ce procès pour homicide involontaire, un des policiers responsables de la mort de Lakhamy et Moushin, le 25 novembre 2007 à Villiers-le-Bel.

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Ce procès intervient dans un contexte d’offensive policière, déclenchée suite au meurtre d’Amine Bentousi le 21 avril dernier à Noisy-le-Sec, et destinée à inscrire dans le droit ce qui existe déjà dans les faits : la « présomption de légitime défense » pour les policiers. Face à ces attaques, notre devoir de mémoire, de soutien et de résistance se fait chaque jour plus pressant.

Nous ne devons pas laisser disparaître dans un silence complice les vies incarcérées des frères Kamara. Les logiques répressives à l’œuvre dans l’enchaînement meurtre par la police / révoltes / couperet judiciaire doivent être dévoilées. Il faut expliquer, lier entre elles les morts de Lamine Dieng, Ali Ziri, Hakim Ajimi, Jamal Ghermaoui, Wissam El Yamni, Amine Bentousi et bien d’autres.

Le 10 juin, apportons notre soutien aux prisonniers de Villiers-le-Bel et aux familles de ces vies volées par la police et organisons-nous contre cette répression policière, contre cette machine judiciaire qui tente de nous mettre au pas.

Liberté pour les frères Kamara et tous les prisonniers !

Vérité sur les crimes racistes et sécuritaires perpétrés par la police !

Contacts :
anglesmorts
viesvolées

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Francfort Blockupy

Black-out des médias sur ce qui se passe à Francfort, présence policière énorme et disproportionnée, le centre ville est en état de siège.

Informez-vous :

cams21.de/livestreamsammlung-zu-blockupy-in-frankfurt/
http://blockupy-frankfurt.org/fr/frontpage
brussels.indymedia.org/articles/4674

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 18 mai 2012


Allemagne : 400 interpellations lors de manifestations anti-capitalistes à Francfort

Plus de 400 personnes ont été interpellées vendredi à Francfort pour avoir participé à des manifestations anti-capitalistes interdites par la municipalité, a annoncé la police.

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Le collectif « Blockupy Frankfurt » avait appelé à manifester de mercredi à samedi pour bloquer le centre-ville de la capitale financière du pays et gêner l’activité des banques et de la BCE. Quelques milliers de manifestants ont bravé l’interdiction vendredi.

Plusieurs rassemblements du collectif disséminés dans la ville, avec jusqu’à 1.000 personnes par action, ont eu lieu depuis la matinée. Très peu d’incidents étaient à déplorer et tout se passait jusqu’à présent « dans le calme », selon la police.

Attac Allemagne, l’une des organisations du collectif « Blockupy », a toutefois dénoncé l’entassement des personnes interpellées dans des bus de la police pendant des heures et leur envoi dans des centres de garde à vue dans toute la région.

Depuis mercredi, une forte présence policière est déployée à Francfort pour cerner les militants anti-capitalistes. Le centre-ville a pris des airs d’état de siège, avec des rues barrées, des stations de métro fermées et certaines boutiques de luxe barricadées par crainte d’actes de vandalisme.

Leur presse (Agence Faut Payer, 18 mai 2012)

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Réunion d’info anti-THT à Angers le 29 mai

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[Vive l’Azawad libre !] « Notre plus grande conviction est que c’est l’État qui doit s’adapter à la population, et non le contraire »

Droit de réponse du MNLA à l’article de Salima Tlemçani paru dans le quotidien El Watan en date du 16/05/2012

Le Chef d’État-major du MNLA a tout simplement déclaré que « Pour le moment nous travaillons sur la composition du Gouvernement de transition. Le point de vue de tous les Azawadiens sera respecté dans l’Azawad qu’ils soient Chrétiens, Juifs, ou Musulmans ».

Après la publication de l’article « Ançar Eddine impose l’application de la charia », le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad juge fondamental le rétablissement de la vérité non seulement auprès des lecteurs de votre journal mais aussi auprès de l’opinion nationale et internationale.

L’ensemble du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) fut stupéfait de constater une totale déformation des propos du Colonel Mohamed Ag Najim, Chef d’État-major du MNLA. En effet, il n’a pas tenu les propos suivants : « C’est vrai que Ançar Eddine est entré en conflit avec la population, mais sachez que le MNLA n’a aucun problème avec ce groupe. Il est du même niveau que le MNLA. »

Il a en fait déclaré, concernant l’incident de Gao, que « c’est un islamiste dont le groupe n’est pas déterminé, qui a provoqué des jeunes qui jouaient au ballon, et à partir de là la situation a dégénéré et c’est de cet incident qu’est parti la marche de Gao contre les islamistes. Pour ce qui concerne le MNLA sa démarche est à l’inverse puisqu’il est en train de mettre en place des politiques de promotions des activités sportives pour la jeunesse de l’Azawad, aussi bien pour les jeunes filles que pour les jeune garçons sans distinctions aucunes. »

Si le MNLA et ses prédécesseurs depuis 1963 combattent le colonisateur Malien, c’est justement parce que cet État formé de toutes pièces est en entré en conflit avec les populations Azawadiennes qu’il a toujours combattu non seulement avec les armes mais aussi à travers l’insécurité totale, l’acculturation, la destruction de tous les fondements des sociétés Azawadiennes, la privation des droits humains, le détournement des aides humanitaires offertes aux Azawadiens par la communauté internationale et en dernier lieu l’installation de AQMI sur le territoire de l’Azawad. Fort de ce constat, le MNLA ne peut accepter en aucun cas et sous aucune condition, qu’une personne ou un groupe quel qu’il soit rentre en conflit avec la population Azawadienne. Le jour où il le fera, il sera combattu exactement de la même manière que le MNLA a combattu l’armée Malienne.

Le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad est aussi surpris de voir que Salima Tlemçani a attribué à Mohamed Ag Najim les propos suivant : « Tout le monde sait que la religion ne peut être imposée par la force. Mais il faut aussi prendre en considération que l’islam fait partie intégrante de la société de l’Azawad. Il prendra une grande place dans la vie quotidienne. » Le Chef d’État-major du MNLA a tout simplement déclaré que « Pour le moment nous travaillons sur la composition du Gouvernement de transition. Le point de vue de tous les Azawadiens sera respecté dans l’Azawad qu’ils soient Chrétiens, Juifs, ou Musulmans. » Pendant que la journaliste d’El Watan attribue faussement des propos au MNLA pour supporter le thème de son article, nous ne pouvons que rétablir les propos tenus par Mohamed Ag Najim et rappeler que l’Azawad sera une démocratie dans laquelle il y a une complète séparation entre l’État et la religion.

Notre plus grande conviction est que c’est l’État qui doit s’adapter à la population, et non le contraire. Partant de là, ni le MNLA ni le prochain gouvernement intérimaire ne saurait imposer une quelconque configuration religieuse aux populations Azawadiennes qui ont pratiqué pendant des siècles un islam de paix et de tolérance aux côtés d’autres pratiques religieuses.

Mossa Ag Attaher
Chargé de Communication du MNLA

Tamurt, 18 mai 2012

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[Procès mauvaises intentions] Troisième journée

Troisième jour du procès antiterroriste : vous avez dit “anarcho-autonome” ?

Quelle est la nature de la “mouvance” citée par la police, à laquelle appartiendraient les prévenus qui comparaissent depuis lundi à Paris ? Le tribunal s’est concentré ce mercredi sur des tentatives de définition hasardeuses.

Tout tourne autour d’une absente au procès des six personnes accusées d’association de malfaiteurs “en vue de la préparation d’actes de terrorisme”. Sans cesse évoquée, jamais définie, objet de prises de bec à l’audience, “la mouvance anarcho-autonome francilienne” (parfois abrégée en MAAF) constituerait pour l’accusation le cadre dans lequel évoluent les prévenus, leur point de rendez-vous commun et leur matrice idéologique.

S’ils acceptent tant bien que mal l’étiquette “contestataire”, “anticapitaliste” voire “anarchiste” ou “communiste”, sans appartenir à aucune organisation, aucun d’eux ne se réclame de cette “mouvance anarcho-autonome” apparue pour la première fois dans un rapport des renseignements généraux au début des années 2000 et popularisée par Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, qui y voyait une sorte de résurgence-croupion d’Action directe. L’expression a été largement reprise depuis, avec ou sans guillemets, par des PV de police et des articles de presse. Elle a aussi été appliquée aux mis en examen de Tarnac.

Incompréhension

Les débats de mercredi, tout en abordant de manière un peu plus précise l’idée des policiers sur ceux qu’elle implique, n’ont fait que creuser l’incompréhension entre le tribunal et les prévenus.

La présidente, qui avait préalablement regretté cette absence de définition, donne lecture d’un procès-verbal de police répertoriant les actes attribués par la police à cette “mouvance” en 2007 et 2008. Dégradation de permanences de partis politiques, “appel à l’émeute et à l’insurrection” le soir du deuxième tour de l’élection présidentielle place de la Bastille, incendie de 27 véhicules la veille, contestation de la construction d’un établissement pour mineurs à Porcheville, contestation des lois LRU (sur la réforme des universités), lutte anticarcérale, dépôt d’un engin incendiaire à HEC où devait se tenir un congrès du Medef, “dégradations par graffitis”, etc.

“Des actions concertées à l’encontre des forces de l’ordre et du capitalisme”

Ces faits de nature et de gravité délictuelle très différentes ne sont pas imputés aux prévenus mais à “la mouvance” dans son ensemble. Sur le banc, Me Bedossa, l’une des avocates de la défense, s’impatiente : “Ils étaient tous en détention en 2008 !” La présidente se justifie : “je donne les éléments qui sont au dossier”. Si cette liste ne fait que donner un contexte au procès, elle n’est pas dépourvue d’intérêt informatif : on y apprend (enfin) ce que la police range sous la bannière de la “mouvance anarcho-autonome francilienne” :

“Un noyau d’une cinquantaine d’individus de 20 à 30 ans, auquel se joignent 150 à 200 personnes membres de différentes organisations libertaires, pour des actions concertées à l’encontre des forces de l’ordre et du capitalisme”.

Il faut bien admettre qu’on n’en apprend pas beaucoup plus sur la composition de ce “noyau”, ses liens avec ceux qui s’y “joignent”, les “organisations libertaires” en question et l’unité du tout. Pourtant, les services de renseignement observent une “radicalisation” due à plusieurs facteurs, notamment “une nouvelle génération née du conflit anti-CPE en 2006” et “l’hostilité au candidat de l’UMP” (Nicolas Sarkozy en 2007).

La quasi-totalité des prévenus est fichée depuis plusieurs années par les renseignements généraux comme “appartenant à la mouvance anarcho-autonome” ou “proche” d’elle, à l’exception d’Ines M., complètement inconnue. En vertu de leur propension à “se livrer à des actions violentes” selon les Renseignements généraux, certains sont même inscrits au Fichier des personnes recherchées (FPR). Les policiers qui les ont arrêtés trouvent dans cette appartenance “anarcho-autonome” la motivation politique de leurs actes, les prévenus voient dans le fichage politique la cause de leurs soucis. “Vous avez une façon de voir les choses à l’envers”, rectifie la présidente lorsque Xavier M. dit avoir été “ciblé” en raison de ses opinions politiques.

Arrêté en juin 2008 alors que sa sœur, Ines M., est déjà mise en examen et placée en détention, soupçonnée d’avoir participé à la pose d’un engin incendiaire sous une dépanneuse de police en mai 2007, Xavier M. a refusé de donner son ADN. Comme la loi le leur permet, les policiers le recueillent malgré lui en garde à vue sur son gobelet et ses sous-vêtements.

Il correspond à l’une des cinq traces ADN relevées sous la dépanneuse. Un peu plus tard, alors qu’il est en prison, son ADN est également mis en parallèle avec une trace retrouvée deux ans plus tôt, pendant le conflit anti-CPE, sur un autre engin incendiaire déposé dans une armoire électrique de la SNCF. Xavier “ne fait pas particulièrement confiance à la justice et aux expertises scientifiques”. Il se lance dans un long débat sur la fiabilité de la preuve génétique, en partie confus, et conclut :

“L’ADN qu’on ne remet surtout pas en cause arrange bien les choses. Ce que je peux dire c’est que ce n’est pas moi, et que j’ai appris que de nombreuses erreurs sont possibles, à différents moments de la procédure. Et vous n’avez que l’ADN.”

Agacée, la présidente évoque alors “les engins qui se ressemblent”, “les ouvrages retrouvés dans le sac à dos de votre sœur qui décrivent des systèmes de mise à feu utilisés sur ces engins”, “le transport de produits”, les liens entre les autres prévenus accusés des mêmes faits. Le procureur enfonce le clou :

“Pendant votre garde à vue, vous aviez dit : “si mon ADN correspond à l’un de ceux que vous recherchez, je m’expliquerai.” Je note que vous ne vous êtes jamais expliqué, il y a toujours eu une raison, soit la garde à vue ne vous convenait pas, soit vous êtes opposé au prélèvement ADN.”

“Ça n’a pas grand chose à voir avec le terrorisme”

Après une bonne demi-heure passée à lire le PV résumé plus haut sur “la mouvance anarcho-autonome francilienne”, la présidente passe au compte-rendu, publié entre autres sur Indymedia Paris, des actions de solidarité menées en faveur des prévenus dans toute la France et à l’étranger. “Je vais vous demander tout simplement si vous voulez vous exprimer là-dessus. […] Il est souvent fait référence à vous et à votre cause.”

Franck F : “Je pense que ça n’a pas grand-chose à voir avec le terrorisme.”
Ines M. : “Je n’ai pas grand chose à dire là-dessus. Je n’ai pas l’impression d’en être responsable.”
Damien B. : “Chacun exprime sa solidarité de la manière dont il le souhaite.”

Ivan H., lui aussi, “comprend bien que tout un tas de gens solidarisent”. Il préfère revenir sur la liste des actes imputés à “la mouvance” :

“Il n’y a pas de raison que tous ces faits soient mis en relation. Je ne comprends pas où commence et où s’arrêtent les actes de la “mouvance anarcho-autonome francilienne”.

Faute de définition, le malentendu reste entier. L’audience reprendra lundi prochain.

Presse terroriste (Camille Polloni, LesInrocks.com, 17 mai 2012)

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Le Conseil national syrien et le mouvement révolutionnaire

Les militants menacent de se retirer du Conseil national syrien

Les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain en Syrie, ont menacé de se retirer du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, en raison du « monopole » de pouvoir au sein de cette instance.

Cette menace intervient deux jours après la décision de maintenir à la tête du CNS Burhan Ghalioun, bien que contesté par certains au sein du Conseil et malgré les règles de fonctionnement qui imposent une présidence tournante tous les trois mois.

« La détérioration de la situation au sein CNS nous pousse à prendre des mesures qui pourraient commencer par le gel (de l’adhésion des LCC au CNS) et se terminer par le retrait s’il n’y a pas de remède aux erreurs et si les demandes de réformes de CNS ne sont pas satisfaites », affirment les LCC dans un communiqué.

Parmi ces « erreurs » figurent, selon les militants, « l’absence totale d’harmonie entre la vision du CNS et celle du mouvement révolutionnaire », « la marginalisation de la plupart des représentants » des LCC au sein du Conseil et la « monopolisation des décisions par des membres influents du bureau exécutif ».

Le CNS est critiqué notamment pour ne pas assez coordonner son action avec les militants sur le terrain et pour la grande influence des Frères musulmans en son sein.

Fin mars, la plupart des représentants de l’opposition syrienne ont reconnu au terme de laborieuses tractations le CNS comme le « représentant formel » du peuple syrien, tout en appelant à sa restructuration, en réponse aux appels de la communauté internationale à unifier les rangs de l’opposition.

Leur presse (Agence Faut Payer, 17 mai 2012)

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[Printemps érable] « Nous sommes devenus les bêtes féroces de l’espoir »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337244417.gifMontréal. Manifestation au centre de détention Tanguay

Une centaine de manifestants se sont rendus au centre de détention Tanguay, sur le boulevard Henri-Bourassa, mercredi soir, à Montréal.

Les trois jeunes femmes soupçonnées d’avoir lancé une bombe fumigène qui a paralysé le métro de Montréal, jeudi dernier, y sont détenues.

Vers 21h30, les manifestants, dont certains étaient vêtus de noir, cagoulés, ont commencé à s’avancer sur les terrains du centre de détention. Ils se sont approchés des portes donnant accès à l’établissement.

Préparée à cette éventualité, la Sûreté du Québec a déployé des effectifs qui surveillaient de près les manifestants.

Ceux-ci ont tenté de s’adresser aux jeunes femmes en utilisant des porte-voix. Ils se sont également montrés hostiles aux représentants des médias qui étaient sur les lieux.

L’incident s’est déroulé sans travers.

Les manifestants ont quitté les lieux vers 22h30, se dirigeant vers l’est sur le boulevard Henri-Bourassa.

Leur presse (Agence QMI, 16 mai 2012)


Une manifestation mouvementée afin de dénoncer la loi spéciale

Une manifestation en réaction à la loi spéciale sur le conflit étudiant annoncée par le gouvernement a tourné au vinaigre, mercredi, alors que plus de 7000 manifestants sont sortis dans les rues du centre-ville de Montréal.

L’ambiance s’est corsée environ une demi-heure après le lancement de la manifestation et au final, les policiers ont procédé à une centaine d’arrestations.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337244764.gifL’événement s’est mis en branle vers 23h à la place Émilie-Gamelin, peu après que la 23e manifestation nocturne eut pris fin. Cette dernière suivait une manifestation en sous-vêtements, qui avait eu lieu en début de soirée.

Même si la veillée avait commencé de façon plutôt festive, les gens n’entendaient plus à rire lorsque la marche pour bloquer la loi spéciale s’est ébranlée. Des dizaines d’individus cagoulés faisaient partie de la masse de protestataires rassemblés.

La manifestation a néanmoins commencé dans le calme. Certains participants se sont montrés hostiles envers les policiers une trentaine de minutes plus tard et les choses ont tranquillement commencé à dégénérer, alors que la marche se déplaçait vers l’ouest du centre-ville.

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Un citoyen qui a provoqué les manifestants a été pris à partie par ceux-ci avant d’être sorti de son mauvais pas par les policiers. Des manifestants auraient par ailleurs commis des voies de fait envers des policiers.

Les vitrines de certaines institutions bancaires ont été fracassées et plusieurs pièces pyrotechniques ont été lancées. Des poubelles ont aussi été projetées par des marcheurs, notamment sur la rue Sainte-Catherine Ouest.

Trois malfaiteurs s’en sont pris à un photographe de l’Agence QMI et ont tenté de lui voler son matériel, sans succès.

La manifestation a été déclarée illégale par la police peu avant minuit et demi. Des gaz ont été utilisés pour disperser la foule.

Vers 1h, les policiers ont commencé à effectuer des arrestations de masse à différents endroits au centre-ville.

Une vingtaine de minutes plus tard, une centaine de manifestants ont retraité vers la place Émilie-Gamelin.

Les participants à cette manifestation voulaient démontrer leur mécontentement face à la loi spéciale présentée plus tôt en point de presse par le premier ministre, Jean Charest, et la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne. La loi vise à suspendre la session d’hiver dans les cégeps et universités où il y a grève s’il n’y a pas d’entente conclue rapidement. Elle prévoit aussi des mesures pour favoriser le retour en classe de ceux qui le souhaitent.

Le calme à Québec

La manifestation qui s’est déroulée à Québec mercredi soir n’a donné lieu à aucun débordement.

Après avoir marché dans les rues pendant près de trois heures, les quelques centaines de manifestants sont revenus devant l’Assemblée nationale un peu après minuit. Des dizaines de policiers avec casques et matraques étaient prêts à intervenir dans le Vieux-Québec.

L’escouade antiémeute est cependant demeurée bien discrète à l’abri des regards dans quelques rues à l’écart. Les autorités se déplaçaient au fur et à mesure. Aucun vandalisme n’a été commis et aucune arrestation musclée n’a été nécessaire dans la capitale. Les autobus utilisés comme panier à salade sont restés vides.

Les derniers étudiants ont quitté les lieux vers minuit trente.

Les troupes ont promis de recommencer jeudi.

Leur presse (Carol-Anne Massé, Agence QMI, 17mai 2012)

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[« La colère vient de l’écœurement »] À propos du règlement antimasque à Montréal

Le règlement antimasque taillé en pièces en consultation publique

« Inutile », « dangereux », « arbitraire » : le règlement antimasque que s’apprête à adopter la Ville de Montréal a été dénoncé sur tous les tons par la vingtaine d’organismes et citoyens qui ont défilé ce mercredi en consultation publique.

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Quelques manifestants masqués se trouvaient à l'extérieur de l'hôtel de ville, cet après-midi. Sur la photo, un membre du Rabbit Crew.

Pratiquement aucun aspect de ce règlement n’a trouvé grâce aux yeux des intervenants, unanimes à le dénoncer. L’obligation de communiquer le lieu ou l’itinéraire d’une manifestation, par exemple, a été décrite comme une « porte ouverte aux jugements sélectifs » par le président de la Ligue des droits et libertés, Dominique Peschard.

« La mise en œuvre de ce règlement reposera essentiellement sur le pouvoir discrétionnaire des policiers qui auront à l’appliquer, estime-t-il. Nous demandons aux élus montréalais de refuser d’adopter un règlement jugé dangereux, attentatoire aux droits et libertés et potentiellement inconstitutionnel. »

Empoisonner le jardin

Parfois avec humour ou de façon poétique, de simples citoyens ont affirmé craindre que ce règlement jette de l’huile sur le feu et n’engendre encore plus de violence. « On veut brimer la démocratie avec des abus excessifs, estime Jean Lespérance. La colère vient de l’écœurement, n’en rajoutez pas. Cultivez la justice et la paix fleurira. Avec la paix, vous avez la sécurité. »

Un autre citoyen estime que ce règlement est une « présomption de culpabilité », alors que la majorité des manifestations sont pacifiques. « On est en train d’empoisonner le jardin parce qu’il y a des guêpes. On va vider la mer parce qu’il y a des requins. Il y a quelques manifestants qui sont des sauvages, des petits bandits masqués, et là on va écœurer tout le peuple. »

Plusieurs participants ont prédit que l’interdiction de porter un masque allait provoquer rapidement l’effet inverse. « Si vous passez ce règlement, je vous gage que dans les jours qui suivent, il va y avoir des manifs masquées simplement pour le tester », a déclaré Dominic Boisvert, qui s’est présenté comme « avocat et militant social ». « Il va créer beaucoup plus de problèmes pour la Ville qu’il ne va en régler. Il va ouvrir la porte à l’arbitraire et à l’aléatoire, ça va être le bordel. »

Le masque, un « moyen d’expression »

Le Barreau du Québec, qui n’a pas délégué de représentant à la consultation publique, a abondé dans le même sens dans son mémoire. Le règlement constitue « une restriction trop importante à la liberté de réunion pacifique » et « porte entrave au droit à la liberté d’expression et d’association ». L’interdiction du port du masque sans motif raisonnable « est trop large et mériterait d’être revue ou reformulée ».

Le porte-parole du Comité intersyndical du Montréal métropolitain, Gaétan Châteauneuf, a par ailleurs affirmé que le masque est un « moyen d’expression » souvent utilisé lors des manifestations de travailleurs. « Les mascottes, les foulards pour se protéger du froid ou des gaz lacrymogènes, les masques de politiciens… On peut avoir toutes les raisons valables pour les utiliser. Ce règlement ne règle rien. Ceux qui veulent commettre des méfaits vont les faire tout de même. »

Le vice-président de la Commission sur la sécurité publique, Réal Ménard, a d’entrée de jeu reconnu que le règlement avait besoin d’être peaufiné. « Je suis à la recherche d’un compromis. Je pense que le règlement doit être amendé. »

Selon le libellé actuel du règlement, une assemblée, un défilé ou un attroupement dont le lieu ou l’itinéraire n’a pas été communiqué aux policiers sera jugé illégal. Il sera interdit à toute personne qui y participe d’avoir le visage couvert par un foulard, une cagoule ou un masque « sans motif raisonnable ». Les amendes ont été multipliées par cinq et peuvent atteindre 3000 $ en cas de récidive.

Le président de la commission, Claude Trudel, a par ailleurs annoncé que l’application du règlement serait révisée dans deux ans. Il devrait être adopté vendredi au cours d’une assemblée extraordinaire à l’hôtel de ville. Le parti du maire Tremblay, Union Montréal (majoritaire) et l’opposition officielle ont annoncé qu’ils l’appuieraient. En point de presse, aujourd’hui mercredi, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a demandé le retrait du règlement et l’annulation de l’assemblée extraordinaire.

Leur presse (Karim Benessaieh, LaPresse.ca, 16 mai 2012)

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Balade antipub à Poitiers

[Poitiers] Détournements de pub par les Déboulonneurs 86

Hier mercredi à Poitiers, les Déboulonneurs 86 proposaient une promenade antipub, à laquelle nous avons participé. Il s’agissait d’aller de rendre visite aux hideuses sucettes publicitaires qui jalonnent le centre-ville, pour discuter ensemble des détournements possibles, puis de scotcher sur ces totems de la marchandise des papiers annotés de formes diverses, peints ou écrits au marqueur.

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Une vingtaine de personnes ont répondu à l’appel, entamant une déambulation sympathique, en compagnie d’une participante revêtue pour l’occasion d’une jolie robe en prospectus publicitaires.

Sous bonne escorte d’une demi-douzaine de flics notant scrupuleusement les phrases écrites, le cortège s’est arrêté un moment, en soutien à des personnes que les flics dégageaient du porche de Notre-Dame pour « chien non tenu en laisse », prétexte habituel pour harceler les sans-logis et mal-logé-e-s de Poitiers.

Onze sucettes publicitaires ont finalement été détournées. Des gens se sont arrêtés pour prendre le temps de regarder ces œuvres éphémères, et lire le tract des Déboulonneurs qui était scotché à chaque fois dans un coin (lire ci-après).

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Un papier est aussi paru aujourd’hui dans la presse locale (voir ci-après).

Pavillon Noir


Tract des Déboulonneur-euse-s 86
STOP LA PUB !

La publicité nous pollue
à plusieurs niveaux. Elle dévore d’énormes quantités de papier, dont la récupération et le traitement sont essentiellement facturés aux contribuables. Elle est aussi très énergivore : un seul panneau publicitaire tournant équivaut à la consommation annuelle d’un foyer de quatre personnes !

La publicité nous harcèle
pour nous faire rentrer dans le moule étouffant et uniformisant de la consommation, de l’ostentation et de la réussite. Dès le plus jeune âge, nul ne peut tenter de s’en extraire sans se sentir culpabilisé et marginalisé. L’un des exemples le plus frappant est l’image donnée des femmes, tenues d’être jeunes, minces, maquillées et richement parées. Comme aux Cordeliers, avec ce logo de « la Poitevine » rousse, consommatrice de l’enfance à l’âge adulte, pour « l’anniversaire » de laquelle des étudiantes distribuaient des tracts, revêtues de perruques rousses pour coller au « modèle ».

La publicité inonde insidieusement
nos lieux de vie, avec sa propagande héritée des régimes totalitaires, alors que l’espace public nous appartient de droit. La décision démocratique sur les emplacements voués à la publicité nous échappe complètement.

La publicité n’est ni une culture,
ni une expression libre : monopolisée par les diffuseurs et les riches, elle ne tolère aucun dialogue, elle répond par la répression à quiconque émet une critique contre le système qu’elle sous-tend. Les condamnations lourdes et répétées de militant-e-s antipub, obtenues à Poitiers par Decaux, démontrent bien que la publicité est une monopolisation violente de la (pseudo) liberté d’expression Elle n’est qu’une  colonisation des esprits.

La publicité n’est pas que le spectacle
du capitalisme, elle en est la condition essentielle. La concurrence et la recherche du profit maximal supposent l’alignement de la demande sur une offre définie par un productivisme effréné, qui n’a plus aucun sens social. Cette société de fausse « abondance » implique qu’une minorité se gave, tandis que l’immense majorité tente de poursuivre un miroir aux alouettes, et qu’un milliard de personnes crèvent de faim et tentent de survivre au beau milieu de ses déchets.

Sur Poitiers, la municipalité collabore
à l’envahissement publicitaire, et prend fait et cause pour Decaux dans les procès qu’il intente aux militant-e-s antipub. Les panneaux d’affichage libre sont absents du centre-ville alors que les « sucettes » publicitaires et les panneaux lumineux y prolifèrent. « Cœur d’agglo » est typique d’un projet social où la population est considérée comme du bétail à tondre.

La désobéissance civile,
comme pour la lutte des faucheurs contre les OGM ou des salariés contre les licenciements, est un moyen de nous défendre et de défendre l’intérêt général. Par des actions antipub assumées et publiques, nous revendiquons avant tout le droit pour tou-te-s de se ressaisir de l’espace public, de lui redonner un sens plus solidaire et plus humain.

Collectif des Déboulonneurs 86


Pour que la pub ne fasse plus partie du paysage

Les antipub sont de retour à Poitiers. Le collectif “ les déboulonneur-euse-s ” ont pris pacifiquement pour cible les sucettes publicitaires du centre-ville.

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Ça n’est pas sans humour que les « Déboulonneur-euse-s » Poitiers ont frappé, ici rue du Marché Notre-Dame.

Trois mois après avoir relancé leur mouvement, les « Déboulonneur euse-s » de Poitiers sont passés « à l’attaque », hier en fin d’après-midi avec pour seules armes du ruban adhésif, plusieurs mètres de papier, des ciseaux et quelques feutres ! Une petite vingtaine de « Déboulonneurs » a pris pour cible les sucettes publicitaires et les abris de bus de l’hyper centre de Poitiers. Et ce sont précisément les slogans qu’ils ont détournés et enrichis de bulles. À ne pas confondre avec l’action des antinucléaires (les « éteigneurs » de sucettes), le 17 mars dernier, cette déambulation – suivie par une demi-douzaine de policiers – a conduit le petit groupe, rue du Marché, place Notre-Dame avec la volonté d’inciter les Poitevins « à se réapproprier l’espace public, colonisé et confisqué par la publicité ». Ils n’ont forcé aucun des supports publicitaires et ne les ont pas badigeonnés de peinture.

Leur action se voulait « poélitique », sympathique pour dénoncer la publicité qui, expliquent-ils dans un tract, « pollue », « harcèle », « qui n’est ni une culture, ni une expression libre ». « Notre objectif, explique Sylvain, est de susciter un débat citoyen, de faire prendre conscience aux habitants que l’espace public leur appartient. Nous voulons que les gens sachent que la somme que rapporte cette publicité à la Ville est dérisoire. Nous souhaitons provoquer le débat et à terme interpeller les élus municipaux pour un Poitiers sans pub. Avec un euro supplémentaire par contribuable, on se passerait de publicité à Poitiers ! »

L’invitation lancée à ce qu’ils ont eux-mêmes appelé « promenade antipub » n’a guère trouvé d’échos auprès de Poitevins pressés de regagner leur domicile et d’entamer, pour un certain nombre d’entre eux, un long week-end comme ces trois étudiantes rencontrées, rue de l’Université que l’action n’a pas convaincues. « Les pubs, à force d’en voir, on ne les voit plus tout simplement. Elles font partie du paysage, c’est tout. »

Leur presse (Sylvaine Hausseguy, laNouvelleRepublique.fr, 17 mai 2012)

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Nique la police de 7 à 77 ans

Bordeaux : une mamie jette des casseroles sur les policiers

Cette Bordelaise de 77 ans ne supportait plus que les policiers viennent capturer des pigeons sous ses fenêtres.

Une Bordelaise de 77 ans ne supporte vraiment pas que les policiers municipaux viennent sous ses fenêtres, place Fernand-Lafargue, pour capturer des pigeons. Mardi matin, elle les a accueillis en leur jetant des casseroles sur la tête.

La femme, qui a refusé de répondre aux injonctions des agents, s’est barricadée à l’intérieur de son domicile.

Les policiers municipaux ont déposé une plainte au commissariat. La septuagénaire pourrait y être convoquée prochainement.

Leur presse (SudOuest.fr, 17 mai 2012)

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Rendez-vous le mercredi 30 mai au TGI de Boulogne-sur-Mer pour soutenir nos camarades

Suite aux arrestations du 29 mars dernier (pour plus de détails, voir ici), les 6 militants concernés sont convoqués en justice pour outrage et/ou rébellion contre la PAF ou les CRS le 30 mai à 8h30 au TGI de Boulogne-sur-Mer.

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Ce nouvel épisode d’intimidation policière et judiciaire ne fait que dévoiler, une fois de plus, les processus répressifs mis en œuvre. Ne soyons plus étonnés, ces violences organisées sont pensées politiquement pour détruire toute solidarité et lutte.

Il est temps de construire une réflexion et des actes pour se rassembler et enrayer la machine à procès et à isoler.

C’est pourquoi il importe d’être massivement présents le 30 mai 2012 au TGI de Boulogne-sur-Mer à 8h30 pour soutenir nos camarades !

La mouette enragée, 12 mai 2012

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[« Antiterrorisme », la méthode italienne (4)] Remarques anarchistes sur le communiqué de la FAI

LES POINTS SUR LES I
RÉFLEXIONS SUR LA REVENDICATION DE LA FAI

Quelques réflexions à propos et en réponse à la revendication F.A.I. et aux élucubrations médiatiques qui ont suivi
Par quelques anarchistes et libertaires à Gênes (occasionnellement “citoyennistes”)

Inévitable. Il l’est de prendre la parole lorsque l’on est directement mis en cause et par les ainsi-dits “anarchistes informels” et par tous les médias. Il est probable que ce que l’on dira suscitera d’autres polémiques, mais nous croyons sincèrement que cela aurait dû être fait depuis longtemps déjà.

Insupportable : être pris entre deux feux. D’un côté les journalistes, les politiques et les juges qui spéculent sur de présumés “bouillons de culture”, sur de fantomatiques passages qui verraient un saut qualitatif dans la lutte sociale, de rue – faite de contestations, manifestations, actions, et de toute la multiplicité de pratiques que la fantaisie peut mettre à disposition – et, de l’autre, d’apprentis luttarmistes (“lottarmatisti” dans le texte, c’est-à-dire pratiquants et partisans de la lutte armée, NdT) réduits à être la parodie d’eux-mêmes, qui viennent tirer pour ensuite dédier plus de la moitié de la revendication du geste à des polémiques internes au mouvement anarchiste, à croire que le but n’en soit pas la dimension politique ou sociale (en admettant qu’il puisse l’être), mais la démonstration d’être plus “purs” qu’un autre, plus anarchistes, plus durs, plus courageux. En somme de préparer d’un côté la fourche et de l’autre continuer à remettre la merde dans son propre étang.

Immoral. De se faire faire la morale sur comment un anarchiste devrait agir pour être “digne” de ce nom.

Investigations. D’une part être sous celles de la préfecture qui depuis des années pousse afin de réussir également dans cette ville à obtenir l’arrestation de plusieurs anarchistes et libertaires pour la seule “association de délinquants avec finalité subversive”, et de l’autre sous celle de la néo avant-garde fédérée qui nous espionne, évidemment, prête à mesurer le temps que nous passons à “blablater”, ce que nous faisons le soir et à quel point serait radical ce que nous disons et que nous faisons lorsque nous descendons dans la rue.

Avant tout. À Gênes, ces dernières années, nous sommes descendus dans la rue et nous avons participé à de nombreuses luttes sociales, nous avons organisé des manifestations et des contestations, nous avons occupé et secoué, nous nous sommes “bougés” avec le soleil comme avec la lune, et ce non pas parce que nous verrions ceci comme un bout d’un parcours graduel qui, sur une présumée ligne droite, porterait du tractage à la “lutte armée”, mais parce que nous pensons que ce mode d’action est le nôtre, celui que nous considérons comme le plus correct et le plus cohérent avec nos idées (… et nous sommes désolés si celles-ci ne se combinent pas avec celles des “noyaux durs de l’anarchie”).

Ensemble. Et ensemble ne signifie pas chercher le consensus, ne signifie pas non plus obliger les gens à applaudir ou à siffler. Ça ne signifie pas dire “ou avec nous, ou contre nous”. Cela signifie être complices pour un moment, sur un bout de rue, chacun apportant sa propre contribution et ses propres idées. Il ne s’agit pas de “complicité” lorsque l’on en vient à une “pensée unique” qui ne cueille pas le potentiel et la beauté des diversités qui réussissent à s’entrecroiser un court instant. Pour les “anarchistes fédérés informels”, complicité signifie devoir épouser de façon a-critique leurs méthodes et leurs (incomplètes) analyses sociales, sous peine d’être désignés comme politicards, réformistes, anarchistes de salon, collaborationnistes.

Insurrection. Se lever et renverser la table des obligations et des institutions sociales. Ceci se fait avec le partage et la participation active des personnes, chacune avec ses propres outils et ses propres temps. Se sentir exploité parmi les exploités, opprimé parmi les opprimés, penser et travailler afin que, tous ensemble, il soit possible de renverser les classes dominantes dans l’intérêt de tous. Construire une société nouvelle avec la contribution et la participation de chaque individu. Voilà, peut-être bien un peu coupée à la hachette, l’idée que nous avons d’insurrection et de révolution. Si la société future que “les tireurs” ont en tête est celle de qui regarde l’autre de haut en bas, de qui méprise tous les autres potentiels “complices”, eh bien alors nous ne combattons pas du même côté de la barricade.

Incontournable est donc pour nous le fait de revendiquer nos pratiques et nos contenus, les luttes que nous avons portées dans cette ville, comme des choix précis qui n’ont rien à voir avec des sauts en avant ou en arrière. Si nous voulions former un groupuscule armé nous l’aurions fait, et cela nous aurait probablement moins coûté en termes répressifs et de contrôle. On le sait : envoyer de temps en temps des petits mortiers par la poste ou faire un bobo au mollet d’un responsable du cancer nucléaire, avec son nom sur l’annuaire téléphonique et sans escorte, peut être décidément moins risqué que s’obstiner à aller de l’avant, en recommençant cent fois peut-être, comme des individus qui se sentent faire partie du monde et non pas être au-dessus de celui-ci. Nous continuerons donc dans nos rues, conscients que l’objectif n’est pas d’arracher le monopole de la violence à l’État pour le prendre pour soi mais faire en sorte, si nécessaire, que la violence devienne une arme diffuse de défense et d’attaque pour tous les opprimés.

Inconscience, des néo avant-gardistes. À lire sur le “plaisir d’armer le chargeur”, le “confluent de sensations plaisantes”, l’harmonie avec la nature et le nihilisme, en plus de quelques petites confessions de magazines adolescents, avec une première analyse, à bien lire et à mal penser, il apparaît évident que plutôt que la foi qui animait les nihilistes russes, on se trouve face à un malaise qui a plus à voir avec des traumatismes adolescents mal résolus qu’avec la volonté de renverser le tsar pour ouvrir la voie au peuple. Ce fétichisme mal caché pour la découverte des armes à feu et l’apologie de son propre courage (la prison ou la mort) nous renvoient à une dimension du martyr qui ont peu à voir avec la liberté et l’émancipation, mais également parce que nous excluons catégoriquement le fait que dans l’au-delà nous attendraient des fleuves de miel et, pour les petits mâles, 99 vierges.

Insensibilité. La violence révolutionnaire peut être une “tragique nécessité”, et nous ne sommes certainement pas ici à pleurer pour la jambe d’un homme qui, en travaillant activement dans la diffusion du nucléaire, a de graves responsabilités dans la destruction de la planète et dans l’assassinat de tant de personnes. Toutefois, sachant que de la tragique nécessité à l’exaltation du plaisir par l’arme passe la différence entre ce qui, historiquement, a été ce que nous appelons justice sociale et ce qui, dans l’actuelle situation historique et pour la revendication qui en a été faite, s’est montrée comme pure rancœur sectaire.

Incohérence. Peut-être que nos “nouveaux anarchistes” ne s’en sont pas rendu compte, mais pendant qu’ils écrivent qu’ils veulent “radicaliser le conflit”, dans les rues d’Italie et d’Europe le conflit se radicalise déjà de lui-même, sans qu’il n’y ait besoin de pseudo éclairés pour donner l’exemple. Dans tous les cas, la question que nous nous posons est : qu’a à voir cette vision “estropiée” du nihilisme avec le conflit social (phénomène étendu par définition) ? L’idée du conflit social et de la révolution comme phénomène purement et exclusivement militaire est dépassée et d’un autre siècle. Cela est clair, nous croyons une fois pour (presque) toutes que, sur le plan strictement militaire, qui détient le pouvoir a déjà vaincu. S’il ne fallait que la possession des armes pour assurer la possibilité de changement alors nous pourrions déjà nous avouer condamnés. L’équation pistolet = radicalité ne tient pas debout, d’aucun point de vue, elle est seulement une auto-célébration utile pour confirmer les thèses de la police. Dans les luttes sociales et partisanes il n’y a aucune hiérarchisation des moyens, dans certains cas les armes peuvent être utiles, dans d’autres les écrits et les mots, parfois les deux, parfois d’autres choses encore. Ce qui compte est la cohérence entre les fins et les moyens. Seul le fait de relever la tête entre tous les opprimés peut balayer l’actuel système social, et il n’est ni implicite ni exclusif que cela doive advenir “militairement”.

Le bœuf … qui dit de l’âne qu’il est cornu. Vu que les auteurs du “geste notoire” ont la prétention de juger notre cohérence et celle des autres, notons que le sous-entendu du geste susdit revient à “en frapper un pour en éduquer cent”, pratique d’intimidation qui est peut-être englobée dans ce que les “fédérés” nomment “nouvelle anarchie”, mais celle-ci ne fait certainement pas partie de la tradition anarchiste à laquelle, irréductibles romantiques, il nous plait de rester fidèles : ce qui veut dire que l’on tire pour arrêter concrètement une injustice, et non pour avertir et/ou estropier quelqu’un.

Individu, c’est-à-dire la personne dans sa complexité, son intégralité, la diversité dans ses relations. Cela vaut pour nous et cela vaut pour notre ennemi. Ce n’est jamais “sur les uniformes” que l’on tire mais toujours sur les personnes. En réduisant les personnes à de stricts symboles s’opère une opération totalitaire, l’humain se défigure en une responsabilité, et ce faisant la responsabilité que l’individu prend en charge devient son intégralité, et ainsi donc le monstre à abattre, l’ennemi à punir. Maintenant il ne s’agit pas de tirer ou de ne pas tirer mais d’arrêter de réfléchir en termes de symboles. Frapper là où cela nuit le plus ne devrait pas signifier frapper de la façon la plus symbolique ou spectaculaire, plus simple ou moins risquée, mais où il est concrètement possible d’arrêter l’injustice, d’entraver les engrenages de la mort. En frappant les responsabilités que les personnes assument en tant que rôle nous voyons le dépassement d’un obstacle, la fin d’une nocivité, et non – comme il ressort de la revendication des “anarchistes informels” – la punition d’une personne. Nous ne sommes pas juges, nous sommes révolutionnaires.

Irrédentisme. D’une certaine rhétorique et symbologie “d’annonce”, nous en ferions volontiers moins : l’apologie du “beau geste”, les mouvements intérieurs du nouvel anarchiste, un certain sentimentalisme protoromantique et l’auto-congratulation esthétisante, nous les laisserions volontiers à un passé qui, en outre, ne nous appartient pas. Du reste, chers “compagnons”, vous n’avez pas pris Fiume (un micro-État indépendant au début du siècle dernier, NdT) mais, si vous ne vous en souvenez pas, il y a seulement un ingénieur avec une béquille pour le prochain mois. La prose futuriste-individualiste était déjà embarrassante à son époque, et nous pensons que la reproduire aujourd’hui, en pire, n’est certainement pas une urgence.

Informalité. Il n’est pas obligatoire d’utiliser des termes simplement parce qu’on en abuse dans le milieu (en français dans le texte, NdT) anarchiste. Si l’informalité était (aussi) posée en antithèse au luttarmisme à une époque pendant laquelle les Brigades Rouges étaient sur le devant de la scène, c’est qu’alors il ne suffit pas de ne pas être comme les BR pour “être informels” ou déterminer une organisation informelle. Lorsque “nos auteurs d’attentat” nous balancent une revendication aujourd’hui, et qu’hier d’autres “fédérés” s’aventuraient dans des palabres, avec une ambiance de Donaldville, écrites avec tant de descriptions sur les méthodes, une ligne à suivre, des symboles et des sigles à intercaler et avec lesquels conclure, il ne suffit pas d’en nommer le résultat “spontanéisme armé” pour exorciser l’idéologie luttarmiste. Ce qui s’obtient est tout au plus un mauvais ressassé de l’idéologie génitrice en un succédané qui conserve en soi la logique de l’avant-garde mais lui ajoute l’aspect d’une irrationalité apparemment romantique mais qui, dans les faits, est d’un manichéisme simpliste. Spontanément, sur une impulsion, sans calculs ou rationalité peuvent se faire beaucoup de choses, mais il n’est pas dit que ces choses soient toujours la réponse la plus juste ou la meilleure.

L’équation spontanéité (dans l’action) = libre expression de l’individu = révolution est, comme dirait un illustre comique génois, “une connerie épouvantable”. L’action révolutionnaire est, et devrait être à notre avis, le résultat élaboré de raison et de sentiment de l’individu dans ses relations aux autres individus et au monde qui l’entoure.

Incommunicabilité. Et en effet quiconque lirait le communiqué de revendication pourrait ne faire qu’une demande : mais pour les auteurs de l’attentat qui sont les véritables ennemis, les technocrates sur qui ils veulent tirer ou les autres anarchistes ? Dans la logique dualiste citée ci-dessus il n’existe pas d’espace pour dialoguer avec les exploités, avec les exclus – si ce n’est de désigner ceux-ci comme complices résignés. La revendication est faite pour les médias et pour l’État ; les critiques sont pour les spécialistes du militantisme et pour les anarchistes. Nous ne savons pas à quel point les victimes du nucléaire, ce qui revient à dire les individus morts “placés” ici et là dans le texte de revendication, auraient pu comprendre à un moment les polémiques internes aux mouvements. Mais peut-être est-ce leur faute … ou bien ce sont “seulement” des indignés ou bien ils sont, précisément, morts … pas vrai ?

Idiotie, ou provocation ? Sincèrement nous n’en savons rien, mais de fait nous trouvons relativement grave qu’à l’intérieur d’une revendication de ce genre se trouvent des concepts et des phrases (extrapolées et collées comme un rafistolage) de textes d’autres, écrits avec d’autres objectifs, se projetant de façon différente, et surtout publics … avec tout ce que cela peut comporter au niveau répressif (et excusez si “nous raisonnons avec le code pénal à la main”). La proposition est donc simple : chers “anarchistes informels”, si – comme vous l’avez annoncé – vous deviez poursuivre dans votre entreprise, vous seriez priés de vous remuer un peu plus les méninges et d’exprimer des concepts qui seraient les vôtres plutôt que d’autres pris en-dehors de leur contexte originel (si ce n’est contre).

Incroyable. Malgré tout, après tant de critiques à la Fédération Anarchiste Informelle, il y a une chose que nous devons reconnaître : pour deux heures, la production de Finmeccanica s’arrêtera … les travailleurs feront grève en défense et en solidarité avec le “manager estropié”. En somme un grand résultat, de ceux qui s’obtiennent seulement quand les muets parlent avec les sourds.

En marche. Et ainsi, jeudi à Gênes aura lieu une manifestation “contre le terrorisme”. La toile médiatique, les institutions et les immanquables syndicats sont parvenus à mettre ensemble ce qui est par nature opposé : les actions contre Equitalia et la jambisation d’un administrateur délégué, le soulèvement – chacun à sa manière – contre les abus et l’avant-garde (mal) armée. Pire : les exploités et les exploiteurs. Cependant, pour être clairs, nous considérons que ni la jambisation, ni les molotovs, ni les assauts “de masse” sur Equitalia ne sont des pratiques terroristes. Le terrorisme c’est de semer violence et panique à l’aveugle afin de préserver ou de conquérir le pouvoir. Et cela appartient à l’État et aux “fascistes (nationalistes et/ou religieux) de diverses obédiences”. Cela étant dit, nous considérons la jambisation comme un acte d’intimidation et de cruauté qui n’appartient pas à notre éthique, alors que nous voyons les diverses attaques contre Equitalia accomplies par les exploités ces jours-ci comme une bataille bien plus partageable, fondamentale.

Identifier et regrouper toutes les pratiques de dissension, de la lutte contre Equitalia à celle contre le TAV, des pratiques de résistance contre la crise financière à la solidarité avec les immigrés pourchassés, dans le même sac que le luttarmisme, est une vieille carte que les États ont tout intérêt à jouer. Désigner le mouvement anarchiste et les mouvements antagonistes comme “bouillons de culture” (en France, il a été question de “terreaux favorables”, NdT), dépeindre les révolutionnaires comme jouant un double-jeu (en public tous ensemble avec les pairs, et en cachette une secte séparée et méprisante), dépeindre toute hostilité comme terrorisme est ce qui sert au gouvernement à continuer à faire passer ses “mesures anticrise” en réussissant à nous maintenir divisés. Ils ont déjà annoncé le renforcement des mesures répressives et des moyens d’investigation, ils ont déjà proposé de déployer l’armée en défense des “objectifs sensibles”. Si les exploités tombent dans ce piège, il y a un risque concret que toutes les luttes en cours implosent d’elles-mêmes.

En chemin. Ne pas se faire emberlificoter par les politicards et les syndicalistes, que soient laissées les avant-gardes séparées à leur aliénation. Nous avons besoin de regarder le monde avec réalisme, en sachant conjuguer les difficultés et le tragique de la situation avec les réponses adéquates, cohérentes avec nos rêves et nos désirs. Ne nous faisons pas prendre par la peur, et surtout ne nous laissons pas dévorer par la haine et la rancœur (qui donnent naissance à toutes formes d’aliénations). Le secours mutuel et l’appui mutuel, la capacité de comprendre, la solidarité et le courage de la cohérence (pour qui la fin ne justifie jamais les moyens) sont l’arsenal que les opprimés ont depuis toujours au cœur. Et ces armes, nos armes, nous ne les remettrons pas facilement à la police.

P.-S. : Enchantement. Puisque nous serons accusés de pratiques magiques, ou plus vraisemblablement de réussir à “nous dissocier” de quelque chose à quoi nous ne nous sommes jamais “associés”, nous soulignons que ce texte est né de quelques individualités et ne représente pas les positions des divers anarchistes et libertaires présents à Gênes. C’est évident, mais mieux vaut le préciser au vu de la stupidité débordante.

Indignés ? Beaucoup, bien que – nous vous le concédons – mieux vaut dire Enragés.

Traduit de l’italien (Informa-Azione, 14 mai 2012)

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[Saint-Girons] A voté !

Saint-Girons. Le siège du Parti communiste vandalisé

Lundi, aux alentours de 21 heures, le siège du Parti communiste, sis rue Saint-Valier, à Saint-Girons, a été vandalisé. Un témoin qui passait par là affirme avoir vu une personne de grande taille, qui se dissimulait sous une cagoule, briser la porte d’entrée du local René-Plaisant à l’aide d’une palette en bois.

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« Ce n’est pas le premier local du PCF qui se voit ainsi vandalisé ces dernières semaines en Midi-Pyrénées, précise Hervé Soula, secrétaire du PC saint-gironnais. Concernant celui de la capitale du Couserans, il avait déjà subi des dommages dans les années “80” après l’élection de François Mitterrand. Comment s’en étonner après la campagne délétère qui a vu les convergences entre la droite dite républicaine et son extrême souiller le débat démocratique ? Comment ne pas être révolté quand certains osent renvoyer dos à dos extrême droite et extrême gauche ? Il y a quelques jours à peine, lors de la cérémonie du 8-Mai, de jeunes écoliers lisaient un poème de Louis Aragon, membre en son temps du comité central du PCF !… » En attendant, même si aucun vol n’a été constaté, une plainte a été déposée et la gendarmerie mène l’enquête.

Leur presse (LaDepeche.fr, 16 mai 2012)

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[Maintenant, il faut des armes] La police britannique travaille

Riots may be controlled with chemicals

Police look at firing chemical irritants at rioters in search for ‘less lethal’ weapons, such as plastic bullets, to deal with civil disorder.

Future riots could be quelled by projectiles containing chemical irritants fired by police using new weapons that are now in the final stages of development.

The Discriminating Irritant Projectile (Dip) has been under development by the Home Office’s centre for applied science and technology (Cast) as a potential replacement for plastic bullets.

Documents obtained by the Guardian reveal that last summer’s riots in England provided a major impetus to Home Office research into new-generation riot control technology, ranging from the Dip to even more curious weaponry described by Cast technicians as « skunk oil ».

The briefing by Cast for the Police Service of Northern Ireland says that last year’s disorder sparked a surge of ideas to the Home Office from the public as well as companies manufacturing police technology. To capitalise on the interest, Cast convened a « brainstorming » event in October. Participants included police from London and Northern Ireland, the Police Federation, the Serious Organised Crime Agency (Soca) and the Ministry of Defence’s Defence Science and Technology Laboratory.

« No ideas too stupid or ‘off the wall’ to consider, » the briefing notes record.

The November briefing, The Development of New Less Lethal Technologies, suggests that the Dips would be loaded into guns used to fire the existing generation of plastic bullets. They would be intended to be accurate at a range of up to 65 metres.

It is understood that the Dip, which was originally supposed to have been introduced in 2010, would be loaded with CS gas, pepper spray or another irritant.

Other parts of the briefing, released under the Freedom of Information Act, refer to a need in the short term by police to develop « counter laser dazzle » technology to protect officers from being dazzled by people using lasers like those used in recent Greek riots.

Large sections of the briefing were redacted by the Home Office, which designated them as « commercially sensitive ». However, the Guardian understands that the « less lethal » technology discussed included heat rays and sound weapons. One weapon that particularly interested police officers was something Cast technicians referred to as « skunk oil ».

The system would involve pellets containing foul-smelling liquids being fired from weapons similar to paintball guns. Such would be the smell that individuals hit by the pellets would want to go home to change their clothes, while associates would be reluctant to stay close to them.

The Guardian has also obtained figures illustrating the extent of recent spending by police forces around the country on the existing generation of plastic bullets, now referred to as attenuating energy projectiles (AEPs).

Some forces appear to have decided to considerably boost their stocks. Leicestershire constabulary spent £19,630 buying AEPs in 2010-11, doubling its spending on the previous year. So far in 2011-12 it has spent more than £10,000. Even a relatively small force, Avon and Somerset, which faced serious disorder in Bristol last year during the English riots and on a previous occasion amid anger over a controversial Tesco store, has spent more than £70,000 in the last three years. It also currently possesses 28 AEP launchers. That is 16 more than the larger West Midlands police, which still nevertheless spend more than £53,000 stocking up on AEPs in the last three years.

Gloucestershire police, whose territory was the scene of one of the more surprising outbreaks of rioting last summer, decided to considerably boost its AEP stocks last year. It spent £32,060 doing so, more than double its combined spending in 2009 and 2010. Elsewhere, Greater Manchester said it had sufficient supplies last year after spending more than £76,000 in the previous two years, while Nottinghamshire has spent £74,000 in the past three years.

A number of forces, including Merseyside and West Yorkshire, declined to provide information. Merseyside used the Home Office’s claim that terrorism remains a « substantial » threat as a reason for not providing the information.

A final response has not been provided by the Metropolitan police. The Met commissioner, Bernard Hogan-Howe, told a meeting of the Metropolitan police authority last November that the force authorised the deployment of plastic bullets on at least 22 different dates last year.

Another freedom of information request from the Guardian found that the Home Office supplied £4.4m worth of AEPs between 2007 and March last year to police forces across England and Wales. The projectiles are supplied to the Home Office by the Ministry of Defence for police use.

While the Home Office invoiced forces for £700,000 worth in 2007-08, this rose to £1.2m in each of the following years and to £1.3m in 2010-11.

Leur presse (Ben Quinn, guardian.co.uk, 9 avril 2012)

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[Phynance] Les affameurs ont un nom et une adresse

Le chef de la « Task Force » pour la Grèce visé par des actes de vandalisme

Le chef de la « Task Force » européenne chargée d’aider la Grèce, l’Allemand Horst Reichenbach, a été la cible d’actes de vandalisme, revendiqués par un groupe grec, visant son domicile et son véhicule à Potsdam (nord-est), a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

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« Le véhicule de la famille a été incendié » et il y a eu des jets de peinture sur la maison de Horst Reichenbach, a expliqué à l’AFP Helmut Lange procureur du parquet de Potsdam (est), joint au téléphone. Il a ajouté que ces actes avaient été revendiqués par un groupe grec, sans plus de précision.

Ces actes, survenus dans la nuit de dimanche à lundi, ont été revendiqués mardi auprès d’un journal berlinois par un groupe appelé « Les amies de Loukanikos », selon l’édition internet du journal Die Welt qui évoque une organisation d’extrême gauche.

Dans un communiqué en cours d’authentification, ce groupe accuse l’Union européenne d’avoir provoqué une « dégradation extrême » du niveau vie des Grecs, selon Die Welt.

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Le parquet de Potsdam a indiqué avoir ouvert une enquête. « Nous en sommes au début de l’instruction, toutes les pistes sont possibles », a précisé Helmut Lange.

La « Task Force » européenne compte une quarantaine de hauts fonctionnaires chargés de coordonner l’assistance technique des pays membres pour aider la Grèce à mettre en œuvre les réformes destinées à sortir le pays de la crise.

Leur presse (Belga, 16 mai 2012)

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[Lausanne] « Une atteinte à la foi chrétienne »

Lausanne. L’église de Montriond vandalisée

Le Temple a subi des déprédations dans la nuit de dimanche à lundi. Des symboles religieux y ont été brûlés.

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Deux jours après les faits, le lieu de culte est encore imprégné de l’odeur de fumée. Dans la nuit de dimanche à lundi, une ou plusieurs personnes ont incendié la table de communion et une bible ancienne, après avoir fracturé la porte d’entrée de l’église protestante de Montriond à Lausanne. Ce sont des passants qui ont donné l’alerte. La paroisse a déposé une plainte. « L’identité judiciaire est venue relever des empreintes. Une enquête est en cours », indique Jean-Philippe Pittet, porte-parole de la police municipale.

« Dans notre mésaventure, nous avons eu de la chance que la paroi de bois derrière la table de communion ne s’enflamme pas », respire Laurent Jordan, le pasteur. Une bible ancienne de grand format et des parements (ndlr : une sorte de nappe tissée qui recouvre l’autel) ont été détruits. « Visiblement, ils ont fait un paquet avec la bible et les parements liturgiques pour y bouter le feu », détaille Charles Bagaini, l’ancien président de la paroisse.

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Des inconnus ont mis le feu à la bible et aux parements de Pâques peut avant minuit dans la nuit de dimanche à lundi. Ici Claire-Lise Corba, pasteure, avec les restes de la Bible.

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La porte a été fracturée.

Si les dégâts sont relativement mineurs, l’acte n’est pas anodin selon Laurent Joran. « Ce n’est pas du vandalisme gratuit, ils ont ciblé des symboles chrétiens. » « Je trouve que c’est très violent et très humiliant, renchérit sa collègue, Claire-Lise Corbaz. C’est une atteinte à notre liberté de croire. Cela touche où cela fait mal. »

« Ces dernières années, il y a eu quelques déprédations dans les églises, mais pas comme celui-ci qui aurait pu avoir des conséquences graves » remarque Jean-Philippe Pittet. En revanche, le porte-parole se rappelle qu’il y avait eu une vague d’actes similaires à Lausanne, il y a une dizaine d’années.

L’église de Montriond a, elle, déjà connu des ennuis. « L’an dernier, on nous avait tiré dans les vitraux avec une carabine à air comprimé », se souvient Charles Bargani.

Leur presse (24Heures.ch, 16 mai 2012)

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Manif antifa Samedi 19 mai à Bordeaux

Aujourd’hui, face à l’ordre moral, au fascisme, au racisme, à la xénophobie, au sexisme et à l’homophobie, en opposition à la « marche aux flambeaux » du Renouveau Français en l’honneur de Jeanne d’Arc.

Rassemblement samedi 19 mai à 20h place Pey Berland
Venez à vélo, en roller, en skate, en trottinette ou en baskets !

Le Renouveau Français est un groupuscule nationaliste, catholique et contre-révolutionnaire. Il prône une définition racialiste de l’identité française. Il participe à beaucoup d’événements unitaires de l’extrême droite et organise des actions violentes : tentative d’intimidation autour de la pièce de théâtre Golgota Picnic de Romeo Castellucci, tabassage de participant-es de kiss-in LGBT et gay pride qu’il qualifie régulièrement d’« aberrations anthropologiques ». Récemment il a également adressé ses félicitations au parti néo-nazi « l’Aube Dorée » pour son entrée au parlement grec. Localement le Renouveau Français a perturbé une conférence de Judith Butler pour dénoncer les théories sur le genre.

Depuis plusieurs années, on assiste en France comme en Europe à une progression de l’extrême droite et à la diffusion de ses idées nauséabondes au sein du champ politique traditionnel : des milices paramilitaires sévissant en Hongrie contre les Rroms aux néofascistes de Casa Pound en Italie, ses mouvances profitent partout des effets de la crise pour se rapprocher du pouvoir.

En France, les partis au pouvoir reprennent quotidiennement les discours fascisants et mettent en œuvre des pans entiers du programme du Front National, participant aux 18% de Le Pen aux dernières élections. Cette expansion se traduit aussi dans d’autres pays (Grèce, Italie, Hongrie notamment) par la participation directe aux gouvernements.

NI DANS LA RUE, NI AU POUVOIR, NI DANS LES TÊTES,
NE LAISSONS PAS L’EXTRÊME DROITE S’INSTALLER !

Mailing – 16 mai 2012

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[« Antiterrorisme »] La méthode italienne (3)

Italie : des anarchistes menacent Mario Monti

Des anarchistes ont proféré des menaces contre le chef du gouvernement italien Mario Monti dans une lettre adressée à deux journaux du sud du pays et signée de la Fédération anarchiste informelle (FAI), qui a déjà revendiqué un attentat il y a dix jours.

« Nous disons à Monti qu’il est l’un des sept qui restent », écrit dans cette lettre un groupuscule qui signe FAI Calabre, du nom de la région du sud de l’Italie.

Une cellule de la FAI avait revendiqué vendredi l’attentat qui a blessé lundi à une jambe le patron d’Ansaldo Nucleare, une filiale du géant public Finmeccanica, et annoncé de nouvelles actions pour venger huit anarchistes emprisonnés en Grèce.

Selon la missive reçue mercredi, qui n’a pas été authentifiée par la police, le principal visé est le directeur pour le sud de l’Italie d’Equitalia. Cette agence de recouvrement des impôts est devenue le symbole de la crise traversée par le pays et des actes désespérés, prises d’otages ou suicides commis par des entrepreneurs ou autres personnes qui se sentent étranglées par le fisc.

La lettre vise ensuite nommément le président du Conseil, ajoutant que « le peuple n’a aucun intérêt à rester en Europe et sauver les banques ».

Dans la lettre de trois pages, la FAI menace de considérer chaque suicide d’une personne désespérée comme « un meurtre commis par l’État » qui sera « puni ».

La ministre de l’Intérieur, Annamaria Cancellieri, « a déclaré qu’une attaque contre Equitalia serait considérée comme une attaque contre l’État », poursuit la lettre.

« Nous attaquerons donc l’État également à travers Equitalia, jusqu’à ce que l’État change sa politique et commence à protéger le peuple, les ouvriers et les entreprises », conclut la FAI.

Mardi, la sécurité de plusieurs magistrats de Bologne, au centre de l’Italie, a été renforcée après des menaces proférées la veille à leur égard par des anarchistes grecs visés par une enquête italienne.

Dimanche déjà, Mme Cancellieri avait annoncé que le gouvernement avait décidé d’élever le seuil d’alerte autour des objectifs sensibles dans toute la péninsule après l’attaque contre le patron d’Ansaldo Nucleare.

« Jeudi est prévue une réunion du comité pour l’ordre et la sécurité » au cours de laquelle sera présenté « un paquet de propositions », avait indiqué la ministre qui a également jugé possible « l’usage de l’armée » pour défendre « des objectifs sensibles ».

À la suite de l’attentat contre le directeur d’Ansaldo Nucleare et des menaces anarchistes, le patron de Finmeccanica, Giuseppe Orsi, a obtenu de la part des autorités italienne une protection policière ainsi que sept autres personnalités du monde de l’économie, dont des dirigeants d’entreprise.

Presse terroriste (Agence Faut Payer, 16 mai 2012)

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[Bombes fumigènes dans le métro de Montréal] Qui sont les terroristes ?

[Bombes fumigènes dans le métro de Montréal] Qui sont les terroristes ?

Le 10 mai au matin, des bombes fumigènes dans trois stations de métro ont paralysé le réseau au complet pendant plus de deux heures et demie en pleine heure de pointe.

La police de Montréal a appelée à la délation et les médias, entre autres la Presse, ont diffusé des photos de quatre personnes prises par des citoyens rats, ainsi que leurs identitées et leurs coordonnées.

Le lendemain matin les flics ont fait un raid dans un appart dans Hochelag. Plus tard, quatre personnes se sont livrées à la police. Les trois femmes et un homme ont été arrêté-e-s et demeurent détenu-e-s. Ils ont comparu samedi, le 12 mai, en après-midi par vidéo-conférence au palais de l’injustice de Montréal.

Ils/Elles sont accusé-e-s « d’incitation à craindre des activités terroristes » de complot et de méfaits de plus de 5000$.

Après avoir comparu-e-s lundi, sous les ovations du public qui se trouvait dans la salle d’audiences, elles/ils resteront otages de l’État au moins jusqu’au 23 mai.

À noter qu’une vigile d’appui avait lieu à l’extérieur pendant la comparution où les médias ont été confrontés et dénoncés pour les merdes qu’ils sont.

Des accusations de terrorisme quand personne n’a été blessé ni aucune vie n’a été mise en danger, venant de ceux dont le bras armé vise la tête des gens avec des balles de plastique et des grenades assourdissantes, laissant des gens hospitalisés avec des yeux en moins, des lésions graves, des contusions cérébrales, des fractures crâniennes, etc… etc… ajoutons à ça un projet de règlement municipal qui vise à rendre illégale toute manifestation qui ne donne pas de trajectoire, donc toute manifestation spontanée, improvisée, qui n’est pas dirigée, organisée et encadrée par un groupe qui collabore avec les flics en plus d’un règlement anti-masque dans une ville qui a foutu des caméras partout, qui comporte une police politique dédié au profilage politique des « anarchistes » et « marginaux » et où, pendant les manifs on se fait filmer et prendre en photos par des flics, des hélicos, des « journalistes » et les services de renseignements… et finalement des médias qui rendraient fier Joseph Goebbels…

Celles/Ceux qui n’enterrent pas leur tête dans le fond de leur propre cul voient bien que ce qui se cache derrière le voile de plus en plus mince de la démocratie c’est le totalitarisme, et comme tous les États totalitaires comme le nôtre qui ont appliqués les mêmes mesures pour écraser toute dissension, ils réussiront rien d’autre que d’amplifier et radicaliser la révolte.

Solidarité active avec les otages de l’État !

SabotageMedia, 15 mai 2012


Montréal : Semer la peur du terrorisme, un fumigène à la fois

En pleine grève étudiante, Montréal (Québec) a vu l’entièreté de son système de métro paralysé pendant près de 3 heures. Nous sommes le 10 mai, à l’heure de pointe matinale, lorsque trois canettes fumigènes déposées judicieusement dans trois stations centrales amènent les autorités à évacuer tous les usagers. S’en suivront trois heures de « chaos » de la circulation, générant plusieurs millions de dollars de pertes à l’économie de la ville.

En après-midi, la police diffuse des images de prétendus suspects, qu’aurait captés avec son téléphone une citoyen-flic, témoin de comportements louches de la part de quatre jeunes dans la rame de métro. Ces images seront reprises par tous les médias, et tourneront tout au long avec appel à la délation. En seulement quelques heures, la police rend publics quatre noms, qu’elle prétend avoir identifié grâce à la dénonciation « d’amis » des suspects. Il s’avèrera plus tard que l’un des noms révélés est en fait celui d’une personne ne se trouvant absolument pas sur les photos, mais peu importe, la police tient à montrer qu’elle a la situation bien en main. Le lendemain, l’appartement de deux des suspects est perquisitionné (apparemment sans mandat), pendant que les caméras de télévision rediffusent les images des policiers quittant les lieux les bras chargés de plusieurs cartons. Les médias s’en donnent également à cœur joie de révéler ce qu’ils considèrent comme les parcours des quatre suspects, bourré d’informations fausses. Suspects qui restent introuvables, jusqu’à qu’ils décident, à minuit, sous la pression médiatique, de se rendre d’eux-mêmes à la police. Il s’agit de Roxanne, Geneviève, Vanessa et François, des étudiants grévistes.

L’affaire continue de faire la Une de tous les journaux, alors qu’une équipe de télévision pousse le sadisme jusqu’à aller filmer les grands-parents en pleurs d’une des accusés. Les premiers chefs d’accusations déposés sont ceux, prévisibles, de méfaits de plus de 5000$ aggravés par la charge de complot, le tout passible de 10 ans de prison. Mais le lendemain, le procureur général décide d’ajouter le chef « d’incitation à craindre le terrorisme », faisant de facto basculer l’affaire dans les dispositions antiterroristes et rajoutant 5 ans de plus à la peine encourue.

Rapidement, plusieurs critiques se sont levés contre l’application d’une loi disproportionnée, votée dans la foulée de la psychose sécuritaire post-2001. Premièrement, parce que cette loi est tellement ambiguë qu’elle pourrait s’appliquer à tout acte de perturbation, qu’il mette ou non en danger la vie de qui que ce soit. De plus, la loi canadienne sur le terrorisme prévoit une dérogation contre les actes de perturbation (légaux ou non) commis dans le cadre d’une grève, du moment qu’ils ne visent pas à blesser ou tuer. Ainsi, il apparaît clair aujourd’hui que ce chef d’inculpation a été rajouté in extremis, afin de justifier de garder les quatre accusés en détention avant leur procès, détention préventive qui aurait été rendue plus difficile avec de simples accusations de méfait. De plus, la charge envoie évidemment un message répressif clair à l’ensemble du mouvement, pour qui serait tenté de porter au-delà des processions pacifistes le rapport de force.

Ce sera la première fois que cette loi se verra utilisée au Québec. Les spécialistes juridiques nous expliquent qu’elle aurait été votée au départ pour punir les menaces d’attentats et les appels à la bombe. C’est la raison pour laquelle ils s’opposent à son application pour le cas présent, parce que le la loi n’était pas prévue pour cela. Ce qu’ils oublient de mentionner, c’est que cette loi est le prototype même des dispositions antiterroristes actuelles, permettant de condamner à partir des intentions derrière les actes, sans qu’aucun fait brut n’ait à être produit par l’accusation. Même si personne ne s’est senti terrorisé par le blocage du métro, l’accusation n’aura qu’à plaider que les accusés avaient dans l’intention de produire de la crainte, puisque toute action politique non passive vise, par définition, à troubler l’ordre et la paix sociale.

Une stratégie claire se dessine derrière ses arrestations spectaculaires. Politiquement, il s’agit de mieux faire oublier à la population l’attitude terrible du gouvernement dans la grève actuelle. Comment effacer des mémoires le fait qu’un jeune homme a failli perdre la vie, que deux autres ont perdu des yeux, des dents, en plus du millier d’arrestations ? Tout simplement en s’emparant d’un acte de perturbation somme toute non dramatique, et en le montant, à l’aide des médias collaboratifs, en affaire terroriste. Au moment même où le gouvernement s’apprête à voter une loi spéciale pour criminaliser les grévistes, la lumière des médias est braquée sur les « groupuscules violents » qui prôneraient la violence, « ne laissant d’autre choix » au pouvoir que de les mater par l’état d’exception.

Au niveau policier, ces arrestations permettent à la police de consolider ses renseignements, en fouillant les domiciles, en saisissant les téléphones et ordinateurs des suspects. Elle espère évidemment faire parler les accusés afin de trouver tous ceux qui ont été impliqués dans l’action de blocage du métro. La première étape de cette cartographie policière des radicaux du mouvement étudiant a été d’associer les suspects au groupe Force Étudiante Critique, sous le prétexte qu’une des suspectes en aurait fait partie. Circonscrivant ainsi l’acte dans « la dérive d’un groupuscule d’extrême-gauche », elle espère couper l’appartenance de ce blocage à une radicalité dépassant largement les membres de Force Étudiante Critique, qui n’est que la partie visible de l’iceberg. Enfin, c’est peut-être au niveau du mouvement de grève que les dommages peuvent à long terme se révéler les plus graves. En réactivant le fétiche du terrorisme, la couverture médiatique a immédiatement créée de la dissociation de la part de tous les partis politiques et surtout, de la part du syndicat « de combat », la CLASSE, auquel appartiennent les suspects. Cet abandon public, pour une action qui s’inscrivait pourtant dans la stratégie de blocage de l’économie prôné par la CLASSE, n’est qu’un signe de plus de l’affaiblissement de cette organisation.

Les quatre accusés restent détenus jusqu’à l’audience de libération conditionnelle, le 23 mai 2012.

Depuis le début de la grève, il y a eu environ mille arrestations, plusieurs dizaines de blessés, des camarades en prison, d’autres sont sous le joug de lourdes poursuites.

Indymedia Paris, 16 mai 2012

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