[Tahrir vaincra] Six martyrs ce lundi matin

Lundi 19 décembre

(…) Un médecin de l’hôpital de campagne, installé place Tahrir, a estimé à six les victimes des violences de lundi. Ahmed Saad a précisé qu’ils ont tous été tués par balles. (…)

Leur presse (Associated Press), 19 décembre 2011.

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De nouveaux affrontements ont éclaté dans la nuit de dimanche 18 à lundi 19 décembre aux abords de la place Tahrir du Caire entre les forces de l’ordre égyptiennes et des centaines de manifestants hostiles à l’armée au pouvoir. En trois jours, dix personnes ont été tuées et près de 500, blessées. L’armée a déféré devant le procureur 164 personnes, dont neuf femmes et des mineurs, arrêtées pour implication présumée dans les heurts entamés vendredi matin autour du siège du gouvernement, et pour incendie de bâtiments, en vue de leur éventuelle inculpation, a-t-on appris de source militaire. (…)

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ÉVACUATION DE LA PLACE TAHRIR

Durant la nuit, des policiers et des militaires armés de matraques sont parvenus à expulser les manifestants de la place Tahrir, épicentre du soulèvement ayant abouti au renversement d’Hosni Moubarak en février, a constaté un journaliste de Reuters. Les manifestants ont pris la fuite dans des rues adjacentes, en s’éloignant des secteurs sensibles tels que les abords du parlement, du siège du gouvernement et du ministère de l’intérieur. Ils étaient auparavant revenus sur la place après en avoir été expulsés une première fois.

« À bas Tantaoui », ont scandé les manifestants dimanche soir en désignant le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, ministre de la défense d’Hosni Moubarak pendant vingt ans et désormais chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) supervisant la transition. De jeunes gens ont lancé des pierres et des cocktails Molotov contre les forces de l’ordre, au sein desquelles la police semble avoir remplacé l’armée en première ligne.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1324294596.jpgCes violences surviennent entre les deux tours de la deuxième phase des élections législatives. Le parti Liberté et Justice (FJP), émanation politique des Frères musulmans, a obtenu environ 40 % des voix lors du premier tour de cette deuxième phase la semaine dernière, selon le FJP. Dix mois après le renversement d’Hosni Moubarak, une partie de la population soupçonne l’armée de profiter de son rôle à la tête du processus de transition pour tenter de conserver le pouvoir. Un groupe de manifestants campe sur la place Tahrir depuis un rassemblement le 18 novembre contre une proposition visant à soustraire l’armée à tout contrôle civil dans le cadre de la future Constitution. Des incidents éclatent régulièrement depuis. Fin novembre, quarante-deux personnes ont trouvé la mort.

Dernier incident violent entre forces de l’ordre et manifestants : cette vidéo qui crée la polémique. Des militaires y traînent une femme sur la chaussée par son abaya (voile qui couvre tout le corps), dévoilant son soutien-gorge, avant de lui donner un coup de pied dans le ventre. (…)

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Leur presse (LeMonde.fr), 19 décembre 2011.


Dimanche 18 décembre

Le Caire, correspondance — Deux jours d’émeutes sanglantes entre manifestants et militaires au Caire ont transformé les alentours du siège du gouvernement en champ de bataille dévasté. La portion de la rue Qasr Al Ayni, qui mène de la place Tahrir au Parlement ne désemplit pas, malgré les assauts répétés de l’armée.

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Protégés de casques en plastique, de tabourets ou de plaques de métal, les jeunes révolutionnaires y ont affronté une pluie de briques et de pierres, lancées du haut des immeubles voisins par des militaires et des hommes en civil. Stationnées dans les rues adjacentes, des troupes de la police militaire armées de bâtons, de tasers et de pistolets, ont chargé régulièrement les manifestants, les forçant à refluer vers la place Tahrir, faisant 10 morts et plus de 500 blessés, selon le ministère de la santé.

Selon les révolutionnaires, les affrontements ont été déclenchés par l’arrestation et la torture dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 décembre, d’un jeune supporteur de football participant au sit-in tenu par les manifestants depuis trois semaines devant le cabinet du premier ministre Kamal Al-Ganzouri, pour protester contre le gouvernement nommé par le Conseil militaire.

Les soldats auraient autorisé le jeune homme à venir chercher son ballon égaré à l’intérieur du cabinet. Il en est ressorti en sang, le corps et le visage tuméfiés. La police militaire, qui soutient quant à elle que l’un de ses soldats a été attaqué par les révolutionnaires, a évacué le sit-in par la force à l’aube du vendredi.

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ACHARNEMENT

Parmi les manifestants se trouvent beaucoup d’activistes connus, des fils d’hommes politiques célèbres, des députés déjà élus ou des candidats aux élections en cours, soutenus par des supporteurs de football « ultras ». Aux premières lignes, garçons et filles défient l’armée à mains nues, paumes levées vers le ciel, ou avec un arsenal de fortune, répliquant à la violence des militaires avec des cocktails Molotov, des feux d’artifice, ou en renvoyant les pierres.

Beaucoup ont un œil bandé, conséquence des combats de la rue Mohammed Mahmoud qui ont fait plus de 40 morts et un millier de blessés entre le 19 et le 24 novembre, et au cours desquels l’armée a visé délibérément les yeux des protestataires. Leur arsenal est de peu de poids face à la brutalité des soldats. Les activistes arrêtés, hommes et femmes, sont battus sans ménagement, souvent jusqu’à l’évanouissement et traînés par les cheveux au milieu des gravats.

Les militaires s’acharnent à plusieurs sur les corps inertes. Les sources médicales font état de tirs à balles réelles, soulignant que les hôpitaux de fortune établis aux alentours, sur la place, dans les églises et les mosquées, ont aussi été pris pour cible.

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« FILS DE CHIENS ! ASSASSINS ! DESCENDEZ ! »

Cette brutalité indigne les activistes : « Mais qu’est-ce qu’ils veulent ?, s’étrangle Alia Ayman, jeune étudiante de 22 ans, cela fait deux jours qu’ils nous balancent des pierres et qu’ils nous provoquent ! Notre sit-in est pacifique. Nous avons le droit de manifester ! Je ne comprends pas ce qu’ils cherchent. »

Entre les manifestants massés au début de la rue Qasr Al Ayni, une femme d’une soixantaine d’années se fraie un chemin jusqu’au mur érigé par l’armée samedi après-midi afin de bloquer l’entrée de la rue. Arrivée aux premières lignes, elle lève un bras vengeur vers les silhouettes qui s’agitent sur les toits : « Fils de chiens ! Assassins ! Descendez ! » En guise de réponse, un militaire en treillis défait sa braguette et urine du haut du toit en riant. « Bravo ! bravo ! Très joli ! » répond la femme.

Autour d’elle, les doigts d’honneur se lèvent vers le ciel dans un tonnerre de sifflets et de clameurs. « À bas le régime militaire ! La révolution continue ». Une pluie de briques et de pierres leur répond, les forçant à s’éparpiller. Seuls quelques riverains s’aventurent dans l’artère enfumée à l’horizon de laquelle on aperçoit un ballet de projectiles qui scintillent à travers le rideau humide d’un canon à eau. (…)

Malgré la propagande du gouvernement et de l’armée qui les présentent comme des « voyous », les révolutionnaires continuent à défier les militaires. Ils ont reçu le soutien de plusieurs hommes politiques, dont certains ont démissionné du Conseil consultatif désigné par l’armée pour l’aider à gérer la transition. Le candidat à la présidentielle Ayman Nour a demandé la démission immédiate du CSFA. Les Frères Musulmans ont condamné la violence contre les manifestants et réclamé une enquête, tout en soulignant l’importance de continuer le processus électoral.

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« VOTEZ POUR PERSONNE »

Les manifestants font face à l’hostilité (…) des médias. Selon un sondage réalisé au début du mois de décembre par l’Institut d’études stratégiques Al-Ahram dans neuf circonscriptions égyptiennes, 88 % des sondés estiment que le conseil militaire assure « les conditions adéquates à une transition démocratique ».

« Mais qui sont ces casseurs ? », s’exclamait par exemple Hona Al-Asema, célèbre speakerine de la chaîne privée CBC à une heure de grande écoute, en s’indignant contre l’incendie qui a ravagé la bibliothèque de l’Institut d’Égypte, dont les révolutionnaires ont pourtant tenté de sauver les ouvrages.

Alors que les élections législatives se déroulent dans un climat relativement calme, ces affrontements sont révélateurs de la déception des jeunes révolutionnaires vis-à-vis du processus électoral en cours. Si les émeutes n’ont pour l’instant pas donné lieu à des revendications politiques, se présentant plutôt comme une manifestation de colère spontanée contre l’armée, beaucoup d’activistes estiment que le Conseil militaire doit abandonner immédiatement toute prérogative politique et que les élections ne déboucheront pas sur l’élection d’un parlement aux couleurs de la révolution.

Rue Mohammed Mahmoud, théâtre de la précédente bataille entre les jeunes et la police, des graffitis rageurs ont recouvert les murs : « Votez pour Personne : Personne tiendra ses promesses électorales, Personne écoutera vos problèmes, Personne dit la vérité, Tout le monde s’en fiche… »

Leur presse (Claire Talon, LeMonde.fr), 18 décembre 2011.

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Au Caire, 55 minutes chez les moukhabarat

Notre envoyé spécial au Caire a été arrêté près de la place Tahrir et soumis à un interrogatoire par les sbires du régime. Récit d’une heure interminable.

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C’est long, une heure. Surtout quand on ne contrôle rien.

Je comptais approcher les manifestations par le sud de l’avenue Qasr al-Eini, principal théâtre des affrontements hier. Au Caire, tout change en quelques mètres et quelques instants. Il faut se déplacer prudemment. Les autorités sont parfois des alliées, parfois des ennemies ; les civils, parfois des ennemis, parfois des alliés.

14h45. Je bute sur un solide barrage. Des chevaux de frise, des barbelés, des dizaines de militaires bloquent l’avenue. Impossible de passer. Je tourne à droite, marche cinquante mètres quand un moukhabarat me rattrape. Un moukhabarat, littéralement « informateur », est un membre des services de renseignements. Par dizaines de milliers, ils forment une police politique implacable. Il leur suffit de montrer une carte pour faire taire n’importe quel Égyptien.

Dernière tentative

La première fois que j’ai vu la situation se renverser, c’était en février, au Caire. Des moukhabarat, après m’avoir — encore — arrêté, m’avaient escorté hors du centre-ville. Un comité populaire nous avait stoppés. Des gens simples qui protégeaient leurs quartiers contre les criminels que Moubarak avait fait sortir des prisons. Ces gens simples ont donné des ordres à leurs maîtres. Comme une formule magique qui ne marche plus, les moukhabarat agitaient leurs cartes, criaient fort, mais ne contrôlaient plus rien. Ils ont dû fuir face à la colère de la population. Leur pouvoir immense s’évanouissait, soudain. Ils avaient peur. Peut-être se souviennent-ils de ce moment, à présent. Et peut-être se raidissent-ils dans une dernière tentative pour sauver leur pouvoir.

L’agent en civil me serre le bras, inutilement : je ne compte pas m’échapper. Le problème des moukhabarat, c’est qu’ils sont aussi implacables que compétents. En admettant que j’arrive à m’enfuir, je n’irai pas très loin. Sans un mot, il me ramène au barrage. Nous le franchissons.

Commune policière

Je rentre maintenant dans une industrie policière immense et puissante contre laquelle, seul, on ne peut rien. C’est pour cela que le soulèvement de février a été si gigantesque : il n’avait pas le choix. Il lui fallait être, littéralement, énorme. C’était la masse du régime contre la masse populaire.

L’endroit dans lequel je me trouve maintenant, entre deux barrages de l’avenue Qasr al-Eini, est pour un temps une survivance de l’ancien régime, une sorte de commune policière où règnent des centaines de militaires, de flics et de moukhabarat. C’est comme si on m’avait jeté dans un fleuve dont le courant accélère sans cesse. La seule chose que je puisse faire, c’est surnager. Ça vaut bien une cigarette. Je l’allume face au doux soleil de décembre pendant que mon moukhabarat parle avec un supérieur, un grand costaud avec un imper très Stasi.

« Je suis journaliste, c’est mon métier »

Il m’accuse : « Je t’ai vu à la manifestation hier. Tu étais devant le parlement. Tu prenais des photos. » « Bien sûr que je prenais des photos ! Je suis journaliste. C’est mon métier. » « Tes papiers ! » Je leur fourre sous le nez mon passeport et mon accréditation égyptienne. Répondre aux questions, montrer mes papiers et attendre seront mes principales activités pendant les trois prochains quarts d’heure. C’est ça, la vie, dans une commune policière.

Je remonte l’avenue Qasr al-Eini de militaire en policier, en moukhabarat, en militaire encore, en moukhabarat enfin. Sur le chemin, j’ai une vue imprenable sur le chaos laissé par les affrontements de vendredi. L’avenue semble avoir subi un tremblement de terre. Des pierres jonchent le sol, des morceaux de verre, restes d’incendies, brûlures d’asphalte. Des petits balayeurs s’affairent.

Occuper le terrain

J’aboutis devant le Majlis al-Choura, la chambre haute, l’équivalent du Sénat. C’est la mairie de cette commune policière. Les moukhabarat me font poireauter devant la grille. Ils me posent de vagues questions, j’y réponds vaguement. Nous sommes à deux cents mètres de Tahrir. La clameur des manifestants résonne. Ils sont si près ! En chœur, ils crient : « Le peuple veut la chute du maréchal. » En face, un camion approche. Dans la benne, d’énormes blocs de béton. Ils vont barricader Qasr al-Eini. Le régime est dirigé par le CSFA, Conseil supérieur des forces armées. Aux émeutes, ces militaires donnent une réponse de militaires : ils prennent les rues les unes après les autres, tiennent position, établissent des défenses et recommencent le lendemain. Ils occupent le terrain. C’est net, pas sans bavures.

J’attends, encore. Les militaires vont et viennent sans cesse tandis que les moukhabarat fument des clopes en se grattant les couilles. Ils sont entre eux.

Jolis tableaux, traces de sang

On me demande de franchir la grille. Le courant dans lequel je suis pris s’accélère ; je surnage toujours. Mon sac et moi sommes fouillés minutieusement. Les informateurs sont surpris de ne pas trouver d’appareil photo. Une pierre jetée hier du haut du parlement a eu raison de lui. Je pense « beau boulot, les gars », mais je préfère me taire.

J’entre dans le sénat après une énième série de questions. Le courant se fait plus fort. Je surnage toujours. C’est un beau bâtiment dont je ne verrai que les couloirs. La décoration est sobre, mais élégante. Des pilastres finement dorés montent jusqu’au plafond, dix mètres plus haut. Aux murs de pierre, de jolis tableaux. Sur le sol de marbre, des traces de sang. Des gouttes, des traînées de sang, sur ce sol de marbre.

Les habitants de cette commune policière ont transformé le sénat en kommandantur. On suit les traînées de sang dans le couloir. À un embranchement, elles se divisent. On prend la traînée de droite.

Ils veulent me faire peur

Tahrir est loin, soudain. Les seules clameurs que j’entends sont des hurlements. On s’approche. J’entends des coups, maintenant. Au bout d’un nouveau couloir, deux ou trois types se font tabasser. Derrière moi, un candidat au passage à tabac vient d’arriver. Il est déjà bien amoché. Il tremble. Il a peur. On le pousse au bout du couloir. Il se joint aux autres hurlements. Cette fois-ci, je suis dans les rapides. Je surnage à peine. Ça vient de commencer.

À quoi on pense, dans ces moments-là ? Au présent. Pas à ce qui peut arriver, pourrait arriver. Ils veulent me faire peur. Oui, je pense que j’ai peur, mais je ne veux pas le montrer. Alors, je ne ressens rien, sauf mon cœur qui bat, très fort. Même si, dans cinq minutes, je me fais tabasser, j’ai encore largement le temps d’être fier. C’est long, cinq minutes. Surtout quand on ne contrôle rien. Je m’adosse au mur, négligemment, pendant que le couloir hurle des cris et des coups. En face de moi, un moukhabarat me surveille. Du coin de l’œil, il regarde si je flanche.

Je ne pense à rien

À quoi pense-t-il, à ce moment-là ? A-t-il conscience d’être un bourreau ? Non, sûrement : moi-même, je m’habitue déjà aux cris et aux coups. Ils semblent s’éloigner — alors que la bastonnade continue, toujours aussi fort. On s’y fait. Deux agents passent devant moi en traînant un type tabassé. Je le regarde et ne pense à rien. Ce moukhabarat doit avoir une quarantaine d’années, dont une vingtaine en tant que bourreau. Il allume une clope, le plus naturellement du monde. Je bois une rasade d’eau, le plus naturellement du monde.

Voici venir le chef. Un vieux beau d’une soixantaine d’années, rasé de près, élégant dans son costume parfaitement taillé. C’est le maire de la commune policière. Il fume et me pose des questions en anglais. Les habituelles — ce que je fais, ce que j’ai fait hier —, puis les autres. C’est quoi ces cartes de visite de membres du parti al-Nour ? Du parti des Frères ? Du Wasat ? « Je suis journaliste, je couvre les élections égyptiennes. Je parle à tout le monde. » Il hausse la voix et son air poli et ennuyé semble dire : « Ces cris ! N’est-ce pas irritant ? » Il me couvre de questions : Où j’habite ? Qui je connais ? D’où je viens ? Je réponds. Il est aussi courtois que ses agents sont brutaux.

« Bienvenue en Égypte »

Le couloir continue à hurler. Il sourit et avertit : « Vous savez, je vous conseille vraiment d’éviter les points chauds. Les gens peuvent être dangereux… » Le couloir hurle encore. Je souris et réponds : « Je comprends, mais que voulez-vous, c’est mon métier. » Je fais une bataille de sourires avec le chef des moukhabarat dans un interrogatoire au sénat transformé en kommandantur et, à côté de moi, des types se font tabasser. Je surnage avec ça, ce brin de fierté. C’est ce que j’ai pour l’instant. Si je me fais tabasser, je trouverai autre chose. Le chef me rend les papiers : « Merci, bienvenue en Égypte ! »

Il fait demi-tour. Une chose dénote dans son costume élégant : un mouchoir s’accroche au talon de sa chaussure gauche, comme le sparadrap du capitaine Haddock. C’est le sang : ça colle.

Je sors du sénat. Il fait toujours aussi beau. Le moukhabarat m’envoie vers une sortie. Je franchis les barbelés escorté d’un soldat. Il est 15h50. Je suis dehors. Je suis sorti de la commune policière, je suis sorti des rapides.

J’allume une cigarette. Je rejoins les manifestants, place Tahrir.

Leur presse (Samuel Forey, LePoint.fr), 18 décembre 2011.

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[Mort aux pauvres !] Quand la CAF s’invite

CHASSE AUX FRAUDEURS
Quand la CAF s’invite

« Environ trois cent mille contrôles domiciliaires sont effectués chaque année par la Caisse d’allocations familiales [CAF] » , nous apprend la très instructive brochure réalisée par les CAFards de Montreuil. Hé oui ! À tout moment, un gus de la CAF peut se radiner chez vous pour éplucher vos déclarations, et vérifier que vous ne vous gavez pas de coquillettes discount sur le dos des aides sociales. En ces temps de traques aux fraudeurs — responsables, en vrac, de la crise, du chômage, du racisme, du réchauffement climatique, de la violence dans les cours d’école et des escarres de pépé —, ce « collectif de chômeurs et précaires qui se sont regroupés pour se défendre face aux institutions sociales » fournit là quelques infos de première bourre pour ne point être pris au dépourvu en cas d’inspection inopinée. « Celui que la CAF appelle “fraudeur”, précise le collectif, c’est le Rsaste qui se fait aider par sa famille pour arriver à la fin du mois, c’est la mère qui ne déclare pas son compagnon pour garder son indépendance et ses maigres revenus, c’est l’intermittent du travail au black qui veut éviter une chute de revenus catastrophique. » Pas vraiment l’univers de Bernard Madoff, mais bien celui des galériens à qui l’on octroie gracieusement quelques miettes tout en cherchant à les culpabiliser… « Il n’y a pas de règle formelle, les contrôles peuvent toucher tout le monde. Mais de fait, il peut y avoir des catégories ciblées. » Et la CAF a ses chouchous : « On sait déjà que la plupart des mères isolées se font contrôler régulièrement. Les Rsastes sont également plus ciblés que les autres allocataires. » Sans compter qu’il advient fréquemment qu’un voisin indélicat cafte auprès de l’institution.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1322816184.png« Souvent, c’est la panique », quand on n’est pas préparé à cette intrusion dans sa vie privée. Les CAFards donnent donc force conseils et éléments de droit utiles en pareille occasion. En cas de visite surprise, par exemple, il est tout à fait légal de refuser « l’accès et le contrôle à l’improviste, et de demander un autre rendez-vous ». Par ailleurs, s’il est vrai que « le contrôleur a le droit de demander des relevés de compte bancaire », l’allocataire a toute liberté de ne pas « montrer ses débits » !

Ce précieux document comporte moult témoignages d’allocataires ayant subi le passage de ces importuns. Et c’est instructif : « Lors du contrôle, je me rends bien compte qu’il veut prouver que j’habite avec le père de ma fille, alors que je déclare habiter seule avec elle. […] Malgré les trois heures “d’interrogatoire”, sans aveu de ma part, le contrôleur n’a rien pu prouver. » Surtout, ne jamais avouer !

Il en ressort que la meilleure défense, c’est encore le collectif. Et l’occasion d’organiser un petit dîner de cons à domicile… « Le jour du rendez-vous, nous sommes une dizaine dans la maison. Nous l’installons [le contrôleur de la CAF, ndlr] à une table dans le salon. Certains s’asseyent à la table, d’autres un peu plus loin sur le canapé. Avant même que ne s’estompe son premier sentiment de surprise, nous lui posons toute une série de questions sur ses objectifs réels. […] Bref, il comprend que nous sommes aussi là pour “contrôler” ce qu’il fait. […] Au final […], il ne prend finalement que quelques minutes pour vérifier mon numéro de Sécu qui était, selon lui, le seul objet de son passage au domicile. » Ciao, monsieur, au plaisir de ne jamais vous revoir !

Contact. Cette brochure est téléchargeable.

François Maliet – CQFD n° 95, décembre 2011.

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[Mort aux pauvres !] La campagne « anti-fraude » est une chasse aux messies

« Voler la Sécurité sociale, c’est trahir la confiance des Français. »

Déclaration de Xavier Bertrand, le 6 décembre 2011.

L’objectif de cette campagne anti-fraude ne vise pas la fraude elle-même. Dans un pays dont la dette se chiffre en centaines de milliards d’euros, quelques millions égarés ne deviennent pas soudainement indispensables. Cette broutille, c’est seulement l’objectif officiel, rien de plus qu’une stratégie électorale. Ce qu’est cette campagne, c’est d’abord la diffusion d’un climat : No one is innocent. Afin de réhabiliter l’économie, on fabrique la figure du fraudeur en tant que trader du quotidien, on fait peser la responsabilité sur l’ensemble de la population. Mais, là où Jérôme Kerviel est excusable, encore aimable, le fraudeur est une pure perte — menace. Il ne fraude pas pour enculer l’État, ce qui est de bonne guerre, il fraude pour organiser la désertion. Dans cette campagne, et jusque dans la mise en scène du « triple A », il n’est donc pas tant question d’argent [L’enjeu « purement » économique autour du triple A n’est pas l’écroulement généralisé du système financier mondial, mais un bouleversement dans l’ordre des puissances économiques. En cela, l’actuelle rhétorique catastrophiste du pouvoir est avant tout une manœuvre préventive à l’encontre des possibilités de révolte d’une partie de la population des pays qui ont à « perdre ».] que d’une opération de maintien de l’ordre. Derrière la fraude, ça déserte et c’est ça que le pouvoir vise.

Plus qu’il ne vise, le pouvoir quadrille. S’il parvient à savoir où chercher, jamais il n’est assuré de savoir ce qu’il cherche. Ça reste flou, et ça l’angoisse. Alors il tranche. Il coupe. Recoupe. Condamne. Il incarcère. Non pas tant dans l’espoir de mettre dans le mille, que d’effrayer tous ceux qui hésitent encore ou découvrent seulement. Le fraudeur est une facette de l’ennemi intérieur.

Toute tentative d’éradiquer la fraude est pour nous l’obligation de lui donner des formes toujours plus collectives ; c’est tant mieux. En vérité, là où le pouvoir voudrait nous esseuler, en plus de nous pousser vers l’excellence collective, il vient mettre en lumière le sérieux de ceux qui désertent malgré tout.

Les désertions inquiètent car elles se manifestent de plus en plus inévitablement en leur caractère communiste. Ça ne déserte plus seul. Ça déserte de plus en plus longtemps. Ça déserte de mieux en mieux. Dans les faits, beaucoup n’en sont toujours pas revenus. Aux dernières nouvelles, ils disent ne pas vouloir ou ne pas pouvoir revenir. Dans les deux cas, une même bonne nouvelle : voici venu le temps de la rencontre. Chaque existence qui échappe à la modalité marchande se fait rencontre au sein de la fuite. Rencontre, ici et maintenant, c’est à dire élaboration collective d’une réalité autre : fuir son existence, ce n’est pas s’exposer au chaos, mais s’ouvrir à une réalité fondée sur la mise en partage.

La désertion n’est pas une fuite du monde. Fuir, plus qu’une société, plus qu’une époque, plus qu’une civilisation, c’est fuir un regard sur le monde. Le regard qui se porte sur le monde doit être interrogé d’un point de vue pratique : quel usage peut-on faire d’un tel regard ? Ce que nous fuyons, c’est la vision marchande qui contraint à l’usage individuel de la vie. Nous fuyons, mais seulement pour voir autrement. Jamais nous n’avons souhaité quitter le monde. Plus ça fuit et plus nous venons au monde. Plus nous venons au monde et plus le monde, que nous avons chacun haï, s’éloigne. Nous, c’est donc un regard qui vient au monde et par là-même éclate les vitrines.

Si le vol relève bien d’une situation d’extrême nécessité, celle-ci ne se réduit pas au moment où l’économie vient à faillir. Refus en acte de la propriété, ouvrant simultanément sur un possible usage collectif, la nécessité extrême du vol s’inscrit en faux contre la vision marchande vécue comme vision d’horreur. Elle est donc en même temps que la révélation individuelle de l’économie comme souffrance, un abandon collectif à l’apaisement de cette souffrance. En cela, le vol participe d’une gestuelle révolutionnaire au sein de laquelle l’usage prime sur la propriété, simplement parce que « la vie n’est donnée en propriété à personne, à tous en usage ».

Cette année à Noël, les seuls cadeaux qui auront de la valeur sont ceux qui auront été volés.

Indymedia Grenoble, 15 décembre 2011.

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[Tours] Sabotons la machine à expulser

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[Commune de Wukan] Offensive et solidarité

Des villageois chinois veulent marcher sur la ville voisine

Révolte | Une rébellion naît dans le sud de la Chine : des villageois accusent leurs dirigeants de corruption. Ils demandent la mort du leader local et la libération de prisonniers.

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Les habitants d’un gros bourg du sud de la Chine, en rébellion contre les dirigeants locaux qu’ils accusent de corruption, prévoient une marche de protestation si le corps de leur leader ne leur est pas rendu et les villageois détenus libérés, ont-ils indiqué dimanche.

Les 13’000 habitants de Wukan, un gros bourg située sur la côte de la province aisée du Guangdong, dans le sud de la Chine, sont en révolte ouverte contre les autorités.

Ils ont fait fuir les cadres communistes locaux, qu’ils accusent de voler leurs terres depuis des années.

Plusieurs commerces ont baissé leurs rideaux la semaine dernière et les écoles fermé les volets, alors que des troupes de police patrouillaient à travers les rues.

Les autorités ont promis de sévir contre les meneurs de ce dernier accès de révolte, provoqué par l’arrestation il y a neuf jours de cinq villageois, dont l’un d’eux est mort en détention.

Les autorités affirment que l’homme, âgé de 42 ans, est décédé des suites d’une crise cardiaque, mais la famille, qui a vu le corps, pense qu’il a été battu à mort.

Les villageois ont indiqué dimanche qu’ils prévoyaient de se rendre à pied à la ville voisine de Lufeng mercredi, à moins que le corps de Xue Jinbo leur soit rendu et les quatre personnes détenues libérées.

« S’ils ne nous rendent pas nos gens, nous marcherons sur Lufeng », a déclaré Zghang, un habitant de 44 ans, dont les terres ont été confisquées en 1995. Il s’agirait de la troisième marche de ce type depuis septembre.

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Les dirigeants de la communauté organisaient des collectes pour nourrir les plus démunis du village, bloqués par les cordons de police.

« Nous avons collecté hier quelque 10’000 yuans (14710 francs) en don pour les plus pauvres », a indiqué un villageois, Chen, devant un bâtiment où s’empilaient des dizaines de sacs de riz.

Les expropriations de terres sont source de colère et de révolte en Chine où des paysans accusent les cadres locaux corrompus de s’allier à des promoteurs véreux pour s’enrichir.

En dépit de la censure, le soulèvement de Wukan restait suivi de très près sur les sites de microblogs dans le pays.

Leur presse (Agence Faut Payer), 18 décembre 2011.

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Relooking à la PJJ de Grenoble

Dans le contexte global de l’humanisation des prisons et de la démocratie participative, nous avons décidé d’apporter nous aussi notre petite touche personnelle au tableau.

Ainsi, depuis vendredi matin, six véhicules de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ / rue Élie Vernet) de Grenoble se balladent dans la ville en affichant une campagne de marketting peu ordinaire :

Lancez-moi des pierres, j’enferme des mineurs

J’envoie en prison pour un salaire

Pourritures – J’emmerde les Juges

Je suis un maton

L’EPM (Établissement Pénitentiaire pour Mineurs) tue

La prison tue

Nique la taule

Ne rechignant pas sur l’effort, nous en avons même profité pour leur offrir un ravalement de façade du même cru.

Pour permettre au personnel d’admirer de loin ces changements, nous avons englué les cinq serrures apparentes, et placé un cadenas sur le portail… pas pour lui donner congé, mais pour l’empêcher de faire son boulot de merde !

Tout ça par pure mesquinerie, juste parce qu’on n’aime pas les prisons !

Solidarité dans les luttes, et gros bisous…

La démocratie est moche

Des esthètes, qui n’ont pas de calendrier (la solidarité non plus d’ailleurs)

Indymedia Grenoble, 18 décembre 2011.

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[Afghanistan] La police travaille

Est afghan : un véhicule de police attaqué à la grenade, 20 blessés

Gardez (Afghanistan) – Au moins 20 personnes, surtout des civils, ont été blessées dimanche à Khost, dans l’est de l’Afghanistan, dans un attentat à la grenade visant un véhicule de police, selon la police, la deuxième attaque de ce type en moins de 48 heures.

Un homme a lancé au moins deux grenades contre un pick-up de la police, au milieu du marché très fréquenté de la ville de Khost, avant de parvenir à s’enfuir, a expliqué à l’AFP Mir Akbar Mangal, porte-parole de la police dans la province de Khost.

Vingt personnes (…) ont été blessées dans cette attaque. Personne n’a été tué, a-t-il déclaré. Il a ensuite précisé que les victimes étaient deux policiers et 18 civils.

L’attentat n’a pas été revendiqué. Les talibans, qui mènent une sanglante insurrection depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir fin 2001, par une coalition menée par les États-Unis, étaient injoignables dans l’immédiat.

Vendredi soir, un homme avait jeté plusieurs grenades contre un commissariat de Kaboul. L’attaque n’avait pas fait de blessé et son auteur était parvenu à s’enfuir.

Les attaques à la grenade sont bien moins fréquentes que les attentats suicide ou celles utilisant des bombes artisanales placées sur les routes, armes favorites des insurgés islamistes.

Les talibans avaient, vendredi, revendiqué l’attaque de Kaboul, mais affirmé qu’il s’agissait d’un attentat suicide.

La province de Khost et ses voisines de Paktia et de Paktika, toutes frontalières des zones tribales pakistanaises, bases arrières des insurgés afghans, sont des bastions du réseau Haqqani, lié aux talibans.

Samedi soir, trois policiers ont par ailleurs été tués dans l’explosion d’une bombe artisanale, déclenchée au passage de leur véhicule, dans la province occidentale de Farah, a indiqué à l’AFP le chef de la police pour la zone Ouest, Ghulam Dastqir Rustamyar.

Hier soir, un véhicule de patrouille de la police a été touché par l’explosion d’une bombe artisanale, alors qu’il revenait de la province voisine de Nimroz, plus au sud, a-t-il indiqué, précisant que trois policiers avaient été tués et trois blessés dans l’explosion.

Leur presse (Agence Faut Payer), 18 décembre 2011.

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[Tunisie] Dignes commémorations du premier anniversaire du 17 décembre 2010

Une marche silencieuse est partie de Bab Saadoun ce samedi 17 décembre, dans le cadre de la célébration du premier anniversaire du début de la Révolution. Les participants à la marche ont fini par rejoindre le Bardo où se sont mêlés à eux les sit-inneurs présents devant le siège de l’Assemblée Nationale Constituante. « Terre, liberté, dignité nationale », « Ni peur ni terreur, le pouvoir appartient au peuple », « Peuple tunisien, peuple libre. Ni USA, ni Qatar » et d’autres slogans ont été scandés par les manifestants, qui ont crié leur fidélité aux martyrs de la Révolution.

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Des revendications sociales comme la suspension du paiement de la dette, le gel des prix lors de cette période de transition, l’octroi d’un revenu au moins égal au salaire minimum aux demandeurs d’emplois, la récupération des biens mal acquis placés à l’étranger, la recherche de solutions aux problèmes des habitants du bassin minier et le respect des libertés individuelles ont été avancées par les manifestants.

Leur presse (Shems FM)

Le site web officiel du Président de la République tunisienne, Moncef Marzouki, a été piraté par un hacker au nom de « masterx » samedi 17 décembre 2011.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1324277764.jpg

Pour se justifier Le hacker a laissé un message sur la page d’accueil en affirmant que ses agissements ont pour but de demander des explications au président. Le haker, qui a nié son appartenance à un parti politique, a demandé au président de s’exliquer quant à sa déclaration à propos du président syrien, Bachar al-Assad, qui selon ce dernier aurait le droit à l’exil après son retrait. Une  déclaration qui vient à l’encontre de se qu’il pense du cas du président tunisien déchu, Zine El Abididine Ben Ali, qui selon lui, devrait être rappatrié et jugé devant les tribunaux.

Leur presse (Tunisie-news.com)

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[Corée du Nord] Le compte à rebours a commencé

Le président de la Corée du Nord, Kim Jong-Il, dont la santé était réputée chancelante depuis des années, est mort samedi, et son fils, Kim Jong-Un, a été désigné pour prendre sa succession, ont annoncé lundi les médias officiels du régime communiste.

Le dirigeant nord-coréen, âgé de 69 ou 70 ans, est décédé le 17 décembre à 08H30 locales (le 16 décembre à 23H30 GMT), a annoncé, en pleurs, un présentateur de la télévision d’État nord-coréenne. Kim est décédé dans son train au cours d’un de ses traditionnels déplacements sur le terrain, selon l’agence officielle nord-coréenne. La cause de son décès n’a pas été précisée mais le dirigeant de l’État stalinien avait subi un accident cérébral en 2008.

Son fils, Kim Jong-Un, né en 1983 ou 1984, a été désigné pour prendre sa succession, toujours selon l’agence officielle de Corée du Nord, qui a appelé les Nord-Coréens à le reconnaître désormais comme leur leader.

À Séoul, le gouvernement sud-coréen était placé en état d’alerte, selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap.

Leur presse (Agence Faut Payer, 19 décembre 2011)

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[Syndicat du crime] Qui paie les jaunes ? Combien ? Pour quoi faire ?

Les syndicats français ont fait vœu de transparence mardi après l’« enterrement » d’un rapport parlementaire potentiellement explosif sur le financement de leurs organisations.

Le rapport d’enquête, qui a demandé six mois de travail à commission dont le rapporteur était le député Nouveau Centre Nicolas Perruchot, a été rejeté le 30 novembre, fait exceptionnel, entraînant sa non publication.

Nicolas Perruchot estime que le sujet a été jugé « trop sensible à six mois de la présidentielle ».

« Je persiste à penser que les gens regrettent, comme moi, ce déni de démocratie », déclare-t-il dans Le Parisien.

Le député rappelle qu’il risque des poursuites judiciaires s’il évoque le contenu du document portant sur les budgets et circuits de financement des syndicats.

Le rapport parlementaire contenait « des chiffres qui, mis bout à bout, peuvent surprendre par leur ampleur », explique Nicolas Perruchot. « Et ce d’autant plus que l’opacité des financements, comme la quasi-absence de contrôle, rend ce système perfectible. »

Les dirigeants de la CGT et de la CFDT ont tous deux jugé la « situation insupportable » et réclamé la publication du document dont « la plupart des exemplaires ont été passés à la broyeuse », selon Nicolas Perruchot.

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, en a appelé au président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer.

« La non parution de ce document a multiplié les allégations et les suspicions à l’égard des syndicats », a-t-il déploré sur RTL.

« Je vais m’adresser au président de l’Assemblée nationale, M. Accoyer, et je vais lui demander officiellement au nom de la CGT la publication de ce rapport », a-t-il ajouté, précisant que 70% de l’argent de la CGT provenait des cotisations de ses membres et 12% de fonds publics.

Son collègue de la CFDT, François Chérèque, a rappelé qu’il était tenu au silence sur ce rapport.

« Je n’ai pas la possibilité de le commenter parce que j’ai juré devant la commission parlementaire que s’il n’était pas publié je n’avais pas le droit, sous peine d’amende, de pouvoir le commenter », a-t-il déclaré sur i>Télé.

Leur presse (Reuters, 13 décembre 2011)

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[Égypte] Documentation vidéo, photos des événements des 16 et 17 décembre

Vidéos montrant la sauvagerie de l’Armée égyptienne

Hier soir et pendant toute la nuit les affrontements se sont poursuivis entre les manifestants à la rue Kasr El Aini, face au parlement et au conseil des ministres et les manifestants qui ont afflué par milliers après les funérailles du cheikh Emad EFFat et l’étudiant en médecine. Les étudiants de cette faculté de l’université de Ain Chams ont levé leurs chaussures contre le général Roweini, un des 14 membres du SCFA, qui venait présenter ses condoléances.

Galila El Kadi – 18 décembre 2011.

This is a collection of some of  the available video evidence on what has happened
CRIMES OF THE MILITARY against EGYPTIAN CIVILIANS

شهادة عبودي الشرارة الاولى لاحداث مجلس الوزراء Aboudi
http://www.youtube.com/watch?v=MChw2kqlRG8&feature=related
Mosireen on Dec 16, 2011
Testimony of Aboudi, the young man who was viciously beaten by the Army on Dec 16th, sparking the violence that followed.

فض اعتصام مجلس الوزراء Occupycabient evacuation
https://www.facebook.com/#!/media/set/?set=a.284130508299411.65685.263543473691448&type=3

شهيد اخر من معركة مجلس الوزراء (١٦ عام)
http://www.youtube.com/watch?v=PaEjTBKbgOA&feature=related
Uploaded by Mosireen on Dec 17, 2011

إستشهاد الشيخ عماد عفت برصاص الجيش المصري
http://www.youtube.com/watch?v=0anjC2mE4tc&feature=related
Mosireen on Dec 16, 2011
Sheikh Emad Effat, killed by live fire from the Egyptian Army at #OccupyCabinet, December 16th

لحظات استشهاد طفل بمستشفي ميداني بعد ضربه برصاص حي
http://www.youtube.com/watch?v=lu1EqzEtE1U&feature=player_embedded&skipcontrinter=1
ahmedcarlos on Dec 16, 2011
لحظات استشهاد طفل اصيب بطلق نار حي علي يد الجيش في مواجهات بين المتظاهرين
وقوات الجيش بشارع مجلس الشعب بعد نقله للمستشفي الميداني بقصر الدوبارة
الساعه الثانية من صباح يوم 17ديسمبر 2011

فيديو فى قمة الالم من امام المشرحة واستلام اهالى الشهداء لابنائهم
http://www.youtube.com/watch?v=sJiDZFFhmGA&feature=youtu.be
altahrirtvchannel on Dec 17, 2011

مصابي مجلس الشعب – Occupied Cabinet Injured
http://www.youtube.com/watch?v=viTBkGPApPo&feature=related
Mosireen on Dec 16, 2011
من ضمن مصابين احداث مجلس الشعب صباح ١٦ ديسمبر، نساء ورجال.

The injured from the army’s attack on parliament, December 16th. Women and
men.

صورة من اسماء المصابين واصابتهم من مستشفي المنيرة العام
http://www.afteegypt.org/breaking_news/2011/12/17/466-afteegypt.html

انتهاكات المجلس العسكرى
http://www.youtube.com/watch?v=4iboFV-yeTE&feature=share
elfaresboda on Dec 17, 2011

الجزيرة تفضح المشير الكذاب والجنزورى الكذاب كذابون
http://www.youtube.com/watch?v=QQSrvH4moII
FREEHUMANTY on Dec 17, 2011
كالعادة وكان هناك بقر وليسوا بشر فى مصر اهلام ساقط كاذب ومشير كذاب ورئيس
وزراء كذاب ومجلس عسكرى كذاب , شريط الجزيرة من شرائط كثيرة تفضح المجلس
العسكرى والجنزورى الكذابون
أغنية كليب مطش كورة الأهلى الزمالك الأسماعيلى الاتحاد الالتراس بنت بنات شعب
مصر مصرى الفيلمفيلم مقطع التحرير الثورة الثوار العباسية الاخوان معتز عمرو
اديب منى الشاذلى محمد محمود قرج قوده مى المحور الليثى البلد محطة مانشيت
المجلس العسكرى اللواء ضابط ضباط الداخليه بلطجى

من معركة مجلس الوزراء يوم ١٦ ديسمبر OccupyCabinet violence | Dec 16th
http://www.youtube.com/watch?v=v2vXwnJw934
Mosireen on Dec 17, 2011
التطورات الدامية لاعتصام مجلس الوزراء، حيث قام الجيش المصري بضرب، و سحل و
اعتقال و قتل مئات المعتصمين. شهادة عبودي عن اعتقاله و تعذيبه، الواقعة التي
اشعلت المعركة، الي جانب مشاهد من استشهاد الشيخ عماد عفت و الشاب علاء
عبدالهادي

فضيحة الجيش منذ دقائق والقناة تقطع إذاعة الفضيحة 1
http://www.youtube.com/watch?v=EQzhVJd2Wi4&skipcontrinter=1
saedsalem on Dec 17, 2011

Egyptian Army Storm Tahrir Square
http://vimeo.com/33824496
by Tom Dale

شهادة اسماعيل عن احتجازه وتعذيبه من قبل الجيش
http://www.youtube.com/watch?v=j0NUjV0bZX8
Mosireen on Dec 16, 2011
إسماعيل، يعمل في شركة أدوية، سمع عن هجوم الجيش المصري على المعتصمين، و يروي
ما حدث له

عاجل جد شهداء اليوم بالصور تفاصيل عن عدد الشهداء
http://www.youtube.com/watch?v=86Sm1rfnmF8
TheBible150 on Dec 16, 2011

Mailing, 18 décembre 2011.

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[Mort aux pauvres !] Hôpital = abattoir

« J’ai assisté à ce qui semble être du troc à l’hôpital Bichat. » Maxime se souvient de sa dernière hospitalisation, fin novembre, comme d’une « expérience étrange ». Le lendemain de son arrivée dans le service des maladies infectieuses, ses draps n’ayant pas été changés, il s’en va signaler cet oubli au cadre infirmier quand il tombe sur deux aides-soignantes en pleine « conversation hallucinante : “je te donne des draps contre autre chose”». Impossible de tenir avec dix draps pour un service plein à craquer et le cadre n’a pas de solution. Seule alternative : demander aux aides-soignantes du service voisin. Mais là-bas aussi, on est ric-rac. Alors, la paire de draps se négocie. « Comme elles étaient au bord du burn-out à force de courir après le matériel, j’ai proposé qu’elles ne refassent mon lit qu’une fois en six jours. » Elles sont reconnaissantes et lui n’est plus à cela près : il a déjà dû apporter ses taies d’oreiller. Rupture de stock là aussi.

Une scène ordinaire et qui se répète partout. Bichat-Claude Bernard est peut-être le premier établissement français pour son « organisation et sa gestion des soins » (selon le palmarès 2011 du Guide santé et Le Figaro), mais il n’est qu’un exemple. À Paris, Marseille, Belfort, Strasbourg, etc., dans ces grands hôpitaux, fusionnés, réorganisés, informatisés, le personnel manque de draps, de couvertures, de couches, d’aiguilles, d’alaises, de bouteilles d’eau, de blouses… Les médicaments, quand ils sont disponibles, sont distribués au compte-gouttes. Partout on rationne, on compte, on justifie. Oui, il manque du personnel, mais parmi ceux qui sont encore là, combien disparaissent quotidiennement dans les entrailles des bâtiments en quête de leurs outils de travail? À Marseille, les infirmières estiment y consacrer 20% de leur temps.

« Je souhaite que les déficits des hôpitaux soient ramenés à zéro d’ici 2012 », annonçait Nicolas Sarkozy en janvier 2010 à Perpignan. Où en est-on aujourd’hui ? Eh bien, loin du compte, malgré toutes ces économies de bouts de chandelle. Les 1260 établissements de santé publics clôturaient l’année 2010 à –433 millions d’euros, contre –466 M€  en 2009. C’est 33 millions d’euros de gagnés, mais sur une dette s’élevant à 24 milliards d’euros ! 33 millions d’euros gagnés au prix d’un épuisement du personnel hospitalier, d’une hygiène dictée par les impératifs budgétaires. Quitte à égratigner au passage la dignité et la sécurité des malades.

Le système de santé français, classé au premier rang mondial par l’OMS en 2000, rétrograde à la septième place en Europe dix ans plus tard (selon le classement standard européen EHCI). Aujourd’hui, l’hôpital est malade de ces petits détails matériels, gangrené par cette pénurie organisée.

« Ce qui allait bien avant est devenu un énorme bazar », constate le Pr André Grimaldi, chef du service de diabétologie à la Pitié-Salpêtrière. « Le système dysfonctionne, alors le personnel essaie de contrôler ce qui est dans son environnement proche, se crée des petites cagnottes… Le matériel sort du circuit, les responsables administratifs s’affolent et envoient des mails incroyables. » À l’origine de ce « chaos » ? « Un mélange de bureaucratie et de mercantilisme », selon lui.

« On camoufle les endroits sales avec des morceaux de tissu »

Voilà un an que Carole, infirmière dans un des hôpitaux parisiens les plus en pointe, réclame davantage de draps, en vain. « Au lieu de les changer, on les retourne ou on demande au patient d’apporter son propre linge de lit. » Ça l’ennuie, parce qu’à l’école d’infirmières, on lui a appris qu’on ne faisait pas de soins dans une chambre sale. Le week-end, quand le système centralisé de blanchisserie desservant plusieurs hôpitaux ferme, le système D prend le relais. « On essaie de se mettre quelques piles de côté, on a repéré les chariots dans les sous-sols, on se sert discrètement et on les planque», raconte-t-elle simplement. Et de poursuivre : « C’est de la débrouille, on finit par s’y habituer. C’est une façon de travailler malgré tout. »

Au centre hospitalier Belfort-Montbéliard, on a une autre technique : celle dite du « carré ». « On camoufle les  endroits sales avec des morceaux de tissu », explique Wendy*, aide-soignante de nuit. Et pour elle aussi, c’est la routine : « Quand on se plaint à la direction, elle ne répond pas. Du coup, on ne pose même plus de question, c’est devenu monnaie courante » au point que « récupérer le matériel pour la nuit pourrait figurer dans nos fiches de poste ». Chercher un oreiller ou une couverture peut l’occuper plus d’une demi-heure. Elle prospecte par téléphone, se déplace. Et l’opération n’est pas toujours couronnée de succès. « Quand je ne trouve pas, on couvre le patient avec son manteau. » « C’est un temps perdu inutilement », à récupérer sur la transmission d’informations entre équipes, le soin, les échanges avec les patients…

Comme à Belfort et Paris, la blanchisserie à Marseille a aussi été externalisée, et ses horaires d’ouverture revus à la baisse. « La procédure normale voudrait qu’en cas de pénurie, on contacte le cadre de garde, qu’on remplisse tout un tas de paperasse pour faire rouvrir la lingerie et obtenir une livraison de draps. On se dépanne entre collègues, c’est plus simple », expliquent Marie*, cadre infirmière, et Catherine*, infirmière. Surtout, elles devraient justifier pourquoi elles ont besoin de draps supplémentaires alors qu’elles sont censées recevoir ce qu’elles ont donné à laver. « Des draps ne reviennent pas, disparaissent du circuit, pourquoi ? On ne sait pas ! Il y a plein d’éventualités : parfois ils partent à la poubelle après avoir servi à éponger le sol suite à une grosse catastrophe… Il y a aussi l’usure normale et puis on voit des sacs de linge oubliés, dehors, qui prennent la pluie et finissent par pourrir ! »

Chacune est dotée de cinq tenues, pour les cinq jours de travail hebdomadaire. « Sauf que nous les récupérons une semaine voire dix jours après les avoir envoyées au lavage, alors on est obligées de les porter plusieurs jours de suite… On transpire, on se tache, c’est très gênant », soupire Catherine. Et quand les blouses reviennent enfin, « le tour du col a l’air sale, elles sont grises, décrit-elle. L’image de soi et celle de l’institution en prennent un sacré coup. Avant les lingères faisaient un contrôle visuel systématique, aujourd’hui tout est automatisé. »

Comme beaucoup d’autres, Wendy, l’aide-soignante montbéliardaise, ramène désormais sa blouse chez elle. C’est normalement interdit. « J’utilise un désinfectant pour ma machine après l’avoir fait tourner… mais je lave quand même les vêtements de mes enfants derrière. » Elle s’inquiète. Et elle n’a pas tort. Une note très instructive du CLIN (Centre de lutte contre les infections nosocomiales), consacrée au « vecteur de contamination » qu’est le linge, révèle que 25% des blouses blanches sont contaminées par le staphylocoque doré, le plus pathogène de la gamme. Le taux grimpe à 65% quand les infirmières ont prodigué des soins à un patient déjà infecté. Porter sa blouse deux jours de suite multiplie par trois le risque de véhiculer des bactéries résistantes.

Les infections nosocomiales sont encore responsables de 4200 décès chaque année. Trois plans nationaux de lutte contre les infections nosocomiales se sont succédé depuis 1999. Des actions de prévention, de formation du personnel ont vu le jour, un système de signalement a été mis en place, cinq centres référents créés… « On nous rappelle sans cesse les procédures, mais à côté les choses les plus élémentaires ne sont pas assurées… Et ça démotive sacrément », souligne Carole. Quant à Wendy, c’est l’épisode grippe A qui l’a le plus « choquée ». Branle-bas de combat à l’hôpital : le personnel hospitalier non vacciné devait impérativement porter un masque jetable pour accéder à l’établissement. Du jour au lendemain, il n’y a plus eu de masque. Et du jour au lendemain, le risque de contagion s’est évanoui à l’hôpital de Belfort.

Si la couche n’est pas « saturée », les malades la gardent

À Paris, outre le « gros problème de draps », Carole se bat au quotidien avec les alaises bleues jetables, dont la qualité a tellement baissé au fil des ans qu’elles se déchirent au moindre mouvement du malade, salissant des draps qu’on ne peut plus changer. Les tabliers jetables des aides-soignantes se déchirent aussi, souillant leur blouse dont l’entretien est si compliqué. Puis il y a les nouvelles tubulures des perfs, impossibles à régler : c’est soit trop rapide, soit trop lent ; les cathéters dont l’aiguille ne se rétracte pas toujours et risque de blesser les infirmières. Les injections d’insuline deviennent douloureuses pour les diabétiques car les aiguilles adaptées venant à manquer, elles sont remplacées par de plus gros calibres. « C’est un retour en arrière généralisé », s’indigne l’infirmière.

Pour Léa*, infirmière polyvalente à Belfort-Montbéliard, « depuis trois ans, la situation se dégrade à la vitesse grand V mais les problèmes de matériel ont vraiment commencé il y a cinq ans, avec les formations sur les couches ». Durant sa formation sur les couches, Léa a appris qu’il ne fallait pas les changer « tant que la totalité des petits traits bleu clair imprimés dessus ne sont pas devenus bleu foncé. Avant on nous disait qu’il fallait changer régulièrement les patients âgés, pour ne pas les laisser dans l’humidité. Désormais on nous dit que les couches sont faites pour durer, on utilise trop de couches soi-disant. »

Alors, quand les patients se réveillent et appellent la nuit pour être changés, si leur couche n’est pas saturée, ils la gardent. « Humainement, c’est très dur. Je ne peux quand même pas avouer au patient qu’on le laisse dans cet état par souci d’économie. » Au petit matin, quand l’équipe suivante prend le relais, la couche a débordé et c’est tout le lit qui est à refaire. Dès lors, l’équipe précédente est soupçonnée d’avoir mal fait son travail, tandis que le patient se plaint au médecin des méfaits des infirmières de nuit. « Au bout du compte, ça nous retombe dessus. La majorité des infirmières disent venir pour la paie, c’est triste. Et les nouvelles recrues annoncent après trois semaines qu’elles ne tiendront pas. »

À la maternité aussi, les couches sont désormais comptées : quinze par nouveau-né, et pas une de plus, de quoi tenir deux jours si on ne leur inflige pas le même traitement qu’à leurs aînés. « Les mamans s’étonnent parfois qu’on en soit arrivé là. » Lors de sa dernière garde dans le service, le petit stock étant épuisé, Léa a dû se fournir auprès du service néo-natalité. Une autre paire de manches l’attendaient ensuite : faire rentrer les bébés dans les minuscules couches de prématurés. Il y a bien eu des pleurs et des irritations à cause des élastiques trop serrés, mais au moins, le service a respecté son budget couches. Par ailleurs, l’établissement de Belfort-Montbéliard (déficit 2010 : 6 millions d’euros) construit un nouvel hôpital de 70.000 m² pour un coût total de 375 millions d’euros, dont « seulement » 100 millions sont pris en charge par l’État. Des voix s’élèvent pour dénoncer des « zones d’ombre » dans le financement.

À l’établissement public de santé mentale de Ville-Évrard (93), le résultat de l’exercice 2010 (budget de 140 millions d’euros) est positif : + 1,2 million d’euros. « On est un des rares hôpitaux excédentaires et la direction nous impose de vivre dans des conditions de pénurie. Avec la loi HPST, j’ai l’impression que c’est notre outil de soin qui va être cassé », déplore Évelyne Lechner, psychiatre chef de service. La suppression de l’eau minérale en 2009 met le feu aux poudres. Les neuroleptiques et antidépresseurs augmentant la sensation de soif, les patients recevaient systématiquement une bouteille à leur arrivée. Aujourd’hui, il faut une ordonnance signée d’un médecin pour en obtenir une. « Ça a l’air ridicule mais c’est devenu symbolique. »

Les infirmières manquent tellement de linge et de serpillières le week-end qu’elles sont contraintes de les laver elles-mêmes, dans la machine normalement mise à disposition des malades pour laver leurs vêtements. Les affaires de toilette distribuées aux patients se font rares, les savonnettes ont rétréci et les pyjamas aussi. « C’est humiliant pour les personnes obèses ou un peu fortes », explique la chef de service. « Tout ce qui est du matériel paramédical n’est plus fourni, c’est très choquant. » Et la psychiatre de citer le cas de ce malade dont les escarres nécessitaient un matelas spécial. « On a dû lui faire une ordonnance pour qu’il aille l’acheter à l’extérieur. Il paie son forfait hospitalier et on fait marcher la sécu ! » Idem pour les bas de contention, les minerves. Il n’y a plus de kiné à l’hôpital, et aucun n’a voulu se déplacer pour faire des soins dans le service, « l’hôpital ne les rémunère que six mois ou un an après ». Alors, chaque jour, deux infirmières ont dû accompagner la patiente dans un cabinet privé. La facture a là encore été adressée à l’assurance maladie.

Si, auparavant, tous les infirmiers s’asseyaient à la même table que les pensionnaires pour les repas thérapeutiques, aujourd’hui seul un infirmier pour cinq patients peut le faire. Les autres soignants doivent s’acquitter de leur repas. « Certains continuent à le faire, en payant, d’autres refusent et mangent à part », raconte Évelyne Lechner. En revanche, l’établissement a investi en 2010 dans un nouveau système informatique. « En théorie c’était génial mais cela bogue en permanence, on perd beaucoup de temps. » Quand une admission est enregistrée, le nom du patient apparaît sur le logiciel de prescription un ou deux jours après. « Si pour les médicaments, on peut faire des ordonnances manuscrites, c’est impossible pour les examens biologiques. Leur nombre a baissé de manière significative, on finit par abandonner aux dépens de la sécurité des patients », se désole-t-elle. Les médecins ont réclamé un audit du système informatique, la direction a répondu que les soignants étaient « incompétents ».

« C’est le soignant au service de la logistique »

En revanche, la direction de Ville-Évrard n’est pas avare en notes de service, « et elle ne fait pas dans l’implicite quand il s’agit de suspecter le personnel de se faire sa pharmacie personnelle sur le stock de l’hôpital », précise Évelyne Lechner. Les médicaments sont comptés, comme le reste. Quand les médecins donnent deux jours de traitement à un patient partant en permission, la délivrance ne peut pas être enregistrée dans le logiciel et n’est donc pas compensée dans la livraison, entraînant une pénurie.

« Il faut justifier pourquoi on ne donne qu’un demi-comprimé à un patient et pas un entier. Comme si l’autre moitié c’est nous qui la mangions ! Et si le patient recrache, il faut expliquer aussi pourquoi le lendemain on réclame un comprimé supplémentaire dans notre panier ! », s’insurge Léa à Belfort. Avec le turn-over important des patients aux urgences, passer des commandes la veille pour le lendemain devient un vrai casse-tête.

Récemment, elle a dû faire le tour des services pour trouver un antiépileptique. Mais la date de péremption et le nom du médicament ne figurant pas sur l’emballage individuel, il est interdit de détacher les comprimés. Donc elle est repartie avec la boîte entière et a passé une commande urgente pour rendre ce qu’elle a emprunté. Parce qu’avec la tarification à l’activité (T2A), « désormais c’est chacun ses sous ! Le dépannage se fait au sein d’un même pôle. Seulement, c’est une entité administrative et financière mais les services ne sont pas voisins, il faut parfois aller loin », s’agace Marie, à Marseille.

Avec le « nouveau système », elle doit recopier plusieurs fois à la main les ordonnances pour dispatcher les médicaments en fonction de leur catégorie, et donc de leur lieu de stockage. « C’est le soignant au service de la logistique », résume-t-elle. Toutes le disent : « les anciennes stockaient plus » dans leur service. Aujourd’hui, l’hôpital est entré dans l’ère du flux tendu, qui permet de réduire les pertes et de surveiller la consommation. Une organisation qui fonctionne de manière optimale… quand il n’y a pas d’urgences.

Pour corser le tout, souvent, la livraison journalière de médicaments ne correspond pas à la commande. Quand elles ne manquent pas, les boîtes sont remplacées par d’autres. L’infirmière doit demander au médecin de changer sa prescription ou partir à la recherche du traitement. « Dans certains établissements, on demande aux médecins d’être vigilants sur les prix. Quand ils prescrivent, s’affiche automatiquement à l’écran le coût du traitement pour l’établissement », indique Nathalie Depoire, présidente de la coordination nationale des infirmières. À l’hôpital de Belfort où elle exerce, « on en arrive à demander aux familles d’apporter leurs médicaments ou d’aller les chercher en ville ».

« Quand on fait remarquer que les patients sont en danger, la direction répond “si vous n’êtes pas contente, rien ne vous empêche de partir”, répète Léa. C’est nous qui sommes mal organisées, qui ne savons pas gérer, qui consommons trop et, en haut, ils se défendent en disant qu’eux aussi subissent des pressions. » Maxime a écrit à la direction de l’hôpital pour se plaindre des conditions de son hospitalisation. Sa lettre — comme celles du personnel — est restée lettre morte. Pour lui, « les ARS (agences régionales de santé) sont les Standard & Poor’s de l’hôpital. Pour que chaque établissement garde son triple A, il faut faire des économies et ceux qui souffrent, ce sont le petit personnel et les malades. »

« Les malades assistent à la dégringolade de l’hôpital, mais ils sont déjà contents d’être pris en charge. S’ils râlent, c’est sur les infirmières qui sont en première ligne », constate Carole. Peu de patients font remonter leur mécontentement, bien que parfois les infirmières, à bout, leur mettent le stylo et la feuille en main.

Leur presse (Noémie Rousseau, Mediapart, 18 décembre 2011)

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[Le Caire] Dernières nouvelles de la révolution égyptienne

Dans le contexte de la seconde phase des élections marquée par des irrégularités et des fraudes qui rappellent tristement l’époque Moubarak, l’armée a de nouveau commis une répression féroce contre le dernier bastion de la révolution.

Rappelons la chronologie des faits, depuis la chute de Moubarak le 11 février 2011, l’armée a commis des bavures et des massacres de façon systématique contre les révolutionnaires tous les mois : le 11 février, le 25 février, le 9 mars, le 8 avril, le 15 mai, le 28 juin, le 23 juillet, le 5 août, le 9 septembre, les 5 et 9 octobre, le 19 novembre et finalement les 14, 16 et 17 décembre.

Les faits récents ont commencé la nuit du 14 décembre lorsqu’une femme inconnue a distribué des sandwichs de viande et du poisson avariés ou empoisonnés aux occupants des environs du conseil des ministres, quelques centaines de manifestants qui campaient autour du conseil des ministres depuis trois semaines empêchant le premier ministre et son gouvernement d’y accéder. En plus des revendications de la révolution jamais assouvies, les occupants réclamaient la traduction en justice des auteurs des massacres précédents ainsi que la libération des prisonniers qui furent traduits devant les tribunaux militaires et l’indemnisation des familles des martyrs et des soins adéquats pour les milliers des blessés. Complètement isolés de la population grâce à une campagne mensongère menée par le SCFA depuis des mois et dormant dans le froid, ils étaient  cependant prêt à aller jusqu’au bout, et ce en dépit des tentatives de négociations menées par des personnalités politiques pour les convaincre de déguerpir en paix pour éviter un nouveau bain de sang.

Le soir du 14 décembre, ayant appris la nouvelle de l’intoxication de 60 occupants par des sandwich empoisonnés, je me suis rendue  auprès d’eux en les mettant en garde contre une évacuation par la force qui n’allait pas tarder, et en les suppliant de quitter les lieux. Ils sont malheureusement demeurés sourds à mes appels. Vers 2 heures du matin le 16 décembre, les forces armées retranchées dans le bâtiment du conseil des ministres ont déclenché la bataille en les arrosant de jets d’eau froide, lançant des pierres, des morceaux de verre et en leur balançant des meubles à partir du balcon du conseil. Les attaques se sont développées sur le terrain le vendredi 16 par l’incendie des tentes, des tirs de balles réelles ; des jets de cocktails molotov, l’enlèvement des jeunes filles et leur torture dans le bâtiment du parlement et de nombreuses atrocités rapportées par deux nouveaux jeunes fraîchement élus : Amr El  Hamzawi et Ziad El Oleimi. Ce dernier a été férocement battu et porté immédiatement plainte contre l’armée qui lui a dit va te faire foutre avec ton parlement.

L’armée a ensuite mis le feu partiellement dans le bâtiment du Conseil des ministres, celui tout proche de l’entreprise des ponts et chaussées et l’édifice classé de l’association de géographie, dont le plafond est un des joyaux de l’architecture du XIXe siècle. À l’heure où je vous écris, la bataille continue sur la place Tahrir où les manifestants s’étaient retranchés suite à l’évacuation des alentours du CM.

Le scénario de l’empoisonnement, qui rappelle des méthodes d’un autre âge, était envisagé pendant la révolution, pour tuer les occupants de Tahrir le mercredi sanglant du 2 février, il était prévu de distribuer des jus empoisonné aux manifestants, avant d’opter pour l’attaque par les chameaux et les chevaux.

Le bilan provisoire de la répression des 16 et 17, plus de cents blessés ; 6 morts parmi lesquels un enfant, un médecin, un ingénieur et un jeune cheikh de l’Azhar, qui organisait la collecte des ordures pendant l’occupation. Ce qui dément les assertions des militaires qu’il ne s’agit que des voyous. À signaler le refus du ministère de l’Intérieur d’exécuter ce sale boulot.

La révolution égyptienne passe par un étape très difficile, mais ce n’est qu’une bataille perdue dans une longue guerre.

No Pasaran

Galila El Kadi
Le 17 décembre

L’institut d’Égypte, créé par les savants de l’Expédition de l’Égypte vient d’être complètement détruit par un incendie criminel. L’institut se trouve à proximité du conseil des ministres, le bâtiment n’a pas une grande valeur architecturale, mais contient des milliers de documents rares, plus rien ne subsiste.  Ce nouveau crime d’une junte militaire ignorante, arrogante et criminelle a été attribué aux révolutionnaires qui tentaient d’éteindre le feu, mais deux d’entre eux furent tués froidement par balles selon les dire des témoins présents sur les lieux hier soir.

Aujourd’hui, une grande manifestation a eu lieu à l’Azhar suite à l’enterrement du jeune cheikh azhari tué par balles hier devant le conseil des ministres. Le cortège funèbre regroupant près de dix mille manifestants, hommes et femmes de toutes les classes sociales, a emprunté la voie  voie express Salah Salem, avant de se diriger vers Tahrir, ses rangs grossissaient tout au long de son parcours de 5 km. Arrivé à Tahrir il fut rejoint par d’autres cortèges venant des universités de Ain Chams et du Caire.

À l’heure actuelle, des milliers de manifestants sont sur la place. L’armée l’avait évacué ce matin et interdit, comme en Syrie à toutes les agences de presse , les télévisions et les reporters de filmer la scène. Des agents de l’armée sont montés dans les immeubles donnant sur la place, se sont introduits par la force dans certains appartements, et saisi  tous les appareils photos et les téléphones portables de leurs possesseurs.

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[Toulouse] « Le Père Noël n’existe pas et vous irez en prison à 12 ans »

Manifestation. Face à face tendu au cœur de Toulouse

D’un côté, une centaine de soutiens aux « inculpé-e-s » de Toulouse. De l’autre, un fort contingent de policiers et de gendarmes mobiles. Entre les deux groupes, réunis à partir de 14 heures hier sur les allées Roosevelt, à deux pas de la place Wilson, à Toulouse, le face à face n’a pas tardé à se tendre hier en après-midi. Les policiers, sous la direction du directeur de la sécurité publique Lucien Pourailly, présent sur place, voulaient réaliser des contrôles d’identité. Les manifestants, eux, n’avaient aucune intention de présenter leurs papiers. Les policiers ont procédé à des interpellations décrites par de nombreux témoins comme « très musclées ».

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« Cette manifestation se déroule sans aucune autorisation, indique le directeur de la sécurité publique. Quand nous demandons leurs identités aux manifestants, comme nous le permet une réquisition du procureur de la République, ils refusent. D’où les contrôles. » Aucune des personnes contrôlées, sorties manu militari du groupe des protestataires après avoir été menottées, n’a été interpellée. Après les vérifications « d’usage », elles ont retrouvé le groupe.

Au marché de Noël

Les manifestants ont réalisé un petit tour en cortège avant de revenir place Wilson où la tension est remontée quand les gendarmes mobiles sont intervenus pour les obliger à dégager la chaussée. La confrontation, sous le regard de nombreux passants, a tourné court quand les manifestants se sont dispersés. Une quarantaine d’entre eux s’est retrouvée place du Capitole, au milieu du marché de Noël. « Comme ça, on évite de se faire taper dessus », explique un participant à une commerçante pas contente.

Un manifestant en échasse a accroché des slogans sous les vivats : « PJJ en boxon, Noël en prison », « Détruisons les prisons avec rage et joie », « Beau comme une prison qui brûle » ou encore « Le Père Noël n’existe pas et vous irez en prison à 12 ans ». Un dernier slogan très commenté par les visiteurs du marché de Noël, un peu surpris. Finalement, les manifestants se sont dispersés sans incident.

Parfois venus de loin, les manifestants soutenaient quatre « amis » interpellés mi-novembre par les gendarmes. Actuellement incarcérés, ces deux filles et deux hommes sont soupçonnés d’avoir participé à une descente début juillet dans les locaux de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) à Labège. Ils nient leur implication « et le dossier est vide », protestent leurs avocats. Mais jusqu’à présent, la justice a refusé de les remettre en liberté.

Leur presse (Jean Cohadon, La Dépêche), 18 décembre 2011.

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[Kazakhstan] Manifestants face à l’armée à Aktau ce dimanche

La contestation grandit dans l’ouest du Kazakhstan

Des manifestations inédites au Kazakhstan se déroulaient dimanche à Aktau, dans l’ouest du pays, où des centaines de manifestants faisaient face à l’armée sur fond de mécontentement d’employés du secteur pétrolier.

Dimanche matin, 500 protestataires s’étaient réunis à proximité de la principale place d’Aktau, la capitale régionale, qui compte 160.000 habitants. Bravant un froid polaire, ils ont défié des forces de sécurité présents en grand nombre, a constaté un correspondant de Reuters.

Un des manifestants, Sarsekesh Bairbekov, dit avoir été licencié par la compagnie pétrolière Karazhanbasnunai (KBM) en mai. « J’ai travaillé pour eux pendant vingt ans. J’étais soudeur et j’ai même perdu un œil », dit-il. « Nous voulons que les soldats partent. Ils ont tué des gens d’ici », a-t-il ajouté, en référence à l’instauration samedi pour 20 jours de l’état d’urgence à Janaozen à la suite d’un décret du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev.

Samedi, de nouveaux affrontements entre policiers et manifestants ont fait un mort et onze blessés dans la région, quelques heures après l’instauration de l’état d’urgence. Les violences de samedi portent le bilan [officiel — note du JL] de deux jours d’affrontements à douze morts et une centaine de blessés.

Des personnes soutenant les grévistes du secteur pétrolier ont arrêté samedi un train transportant 300 passagers, indique le procureur général.

La plupart des contestataires ont ensuite quitté les lieux, mais une cinquantaine de « hooligans », selon les termes du communiqué du parquet, ont incendié la locomotive. Ils se sont ensuite dirigés vers le village de Shepte, y brisant des vitrines des magasins et jetant des cocktails molotov sur des policiers. « Vu que les hooligans risquaient de tuer de paisibles citoyens et des policiers, ces derniers ont dû faire usage de leurs armes », explique le communiqué.

Un des douze contestataires hospitalisés a succombé à une blessure par balles, selon la même source.

Vendredi, des affrontements avaient éclaté à Janaozen entre des employés du secteur pétrolier qui avaient été licenciés et des policiers.

Selon les autorités, les manifestants ont incendié le bâtiment de l’administration municipale de Janaozen ainsi que le siège de la compagnie pétrolière Uzenmunaigas, filiale du groupe KazMunaiGas.

L’usine Uzenmunaigas a été touchée par une grève de trois mois cette année. Au total, 989 ouvriers ont été licenciés.

Les affrontements ont entaché les célébrations du 20e anniversaire de l’indépendance du Kazakhstan.

Les manifestations violentes sont rares au Kazakhstan, première économie d’Asie centrale. Le président Noursoultan Nazarbaïev, âgé de 71 ans, dirige le pays depuis son indépendance et y a supervisé d’importants investissements étrangers, notamment dans le pétrole et le gaz naturel.

Leur presse (Reuters), 18 décembre 2011.

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[Révolution mondiale] La bataille du Kazakhstan

L’attaque brutale et sanglante n’a pas vaincu les travailleurs en grève

Manifestation à Aktau, tirs à nouveau entendus dans Zhanaozen et la bataille qui fait rage à Shtepe.

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Zhanaozen est complètement bloqué

La commission du gouvernement a passé toute la journée sur ses investigations à travers Zhanaozen. Les arrestations en masse des participants aux manifestations d’hier sont en cours et il y a des tentatives pour identifier ceux qui ont organisé le désordre. Beaucoup de dirigeants et de militants bien connus sont dans la clandestinité, les jeunes travailleurs continuent à résister. Les forces de police criminelles chargent en masse, les gens sont arrêtés dans les rues et emmenés dans des « centres de filtration ».

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Un manifestant vient d'incendier un véhicule de police

Selon les travailleurs, jusqu’à 1500 grévistes du pétrole sans armes se sont réunis de nouveau dans le centre-ville, mais vers le soir ont été à nouveau forcés de quitter les bords de la ville. La ville est pleine de soldats, de véhicules blindés et de policiers.

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Nazarbaïev a annoncé samedi que 46 bâtiments avaient été pris pour cible et incendés. Ici, le siège de la compagnie pétrolière KazMunaiGas.

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Malgré cela, en dehors des travailleurs du pétrole, parents et sympathisants sont également dans les rues à la recherche de leurs proches, dont beaucoup ont disparus. Les autorités refusent de remettre les corps des morts, et les hôpitaux dans Zhanaozen et Aktau débordent de personnes blessées dans la fusillade. Il y a beaucoup de films vidéo montrant cela. Le personnel hospitalier utilise tous les prétextes pour renvoyer les blessés qui peuvent marcher, mais cela ne suffit pas à libérer assez de lits et les gens sont couchés dans les couloirs.

Selon les représentants des syndicats indépendants, le nombre de morts est compris entre 50 et 70 personnes, et le chiffre sera précisé demain, puisqu’il est prévu d’organiser une réunion pour tous ceux dont les proches ont été tués ou ont disparus.

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Le président Nazarbaïev a imposé un état d’urgence dans la ville jusqu’au 5 janvier. La ville de Zhanaozen est complètement bloquée. Mais à la périphérie et dans les villages alentours, on peut entendre le bruit des fusillades et des explosions de grenades. Les jeunes travailleurs ne sont pas prêts à renoncer à leur résistance. Les témoins essayent de filmer ces « opérations spéciales » sur leurs appareils mobiles. Dans la ville, comme auparavant, les lumières sont éteintes, les communications mobiles sont constamment interrompues, l’internet est bloqué. Bien que le centre soit sous le contrôle des troupes, toutes les stations de pompage de pétrole de « OzenMunaiGaz » sont à l’arrêt.

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Le 20e anniversaire de l'« indépendance » saboté

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Le village de Shetpe en flammes

Les combats ont fait rage dans Shepte pendant des heures, même si les autorités ont envoyé cinq bus supplémentaires de troupes spéciales ! Les habitants ont complètement détruit la voie ferrée, arrêté deux trains de voyageurs, bloquant complètement la communication ferroviaire et ont mis le feu aux wagons. Il n’y a plus de liens avec le village, ni avec Zhetybai, où on se battait aussi plus tôt aujourd’hui. Les représentants du syndicat indépendant de Aktau tentent d’y aller pour découvrir la situation.

Selon des sympathisants au sein des forces de l’armée/police, en plus des sept avions de troupes anti-émeute déjà à Aktau, trois autres sont en route. Il vient d’être annoncé que le Bélarus envoie certaines de ses troupes spéciales. La police anti-émeute a la liberté d’action, c’est-à-dire de tirer sur quiconque si nécessaire, y compris les femmes enceintes et les enfants. Il a aussi été annoncé que dans deux semaines vont commencer les exécutions de certains des militants les plus dangereux pour le régime d’Almaty — sous le prétexte de fusiller des terroristes.

Un certain nombre de journalistes russes et étrangers ont maintenant rejoint Aktau, et on espère qu’ils seront en mesure de documenter tout cela en photo et vidéo. Pour notre part, nous continuerons à suivre les événements et restons en contact avec les militants ouvriers et des syndicats indépendants dans la région.

Traduit de l’anglais (Socialist World) par Offensive libertaire, 17 janvier 2011.

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[Le Mât-Noir] Ouverture d’un squat politique autogéré à Caen

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Nouveau squat politique autogéré à Caen !!! Le Mât-Noir est ouvert !

L’arrivée à Caen de la ligne à grande vitesse (le TGV) et le réaménagement de la Presqu’île vont être pour les promoteurs immobiliers l’occasion de spéculer et donc de s’enrichir encore plus sur le dos d’une bonne partie de la population. Les politiciens au pouvoir, en relation étroite avec les professionnels de l’aménagement et de l’immobilier, planifient consciemment ces changements qui auront des impacts directs sur nos vies : hausse des loyers et du coût de la vie dans les quartiers du port et de la gare notamment, sécurisation de l’espace public, aseptisation accrue du peu de vie locale qu’il reste… Demain ce sera pire, alors que c’est déjà laborieux de se loger et de vivre décemment aujourd’hui. C’est pourquoi nous avons ouvert ce lieu, au 26 avenue de Creuilly.

Ce lieu était vide depuis bien longtemps et n’attendait qu’à revivre. Nous l’avons donc occupé ! Cet endroit est le domicile de plusieurs personnes depuis plusieurs jours, et n’est donc pas expulsable sans procédure judiciaire.

Nous souhaitons aussi y mettre en place des activités publiques, ouvertes à tous et toutes, gratuites ou à prix libre (tu donnes ce que tu peux, ce que tu veux) : ateliers divers, projections, débats, réunions de divers collectifs, diffusion de brochures et journaux subversifs, bouffes… C’est donc un lieu où nous essaierons de se réapproprier nos vies, de se transmettre des savoirs les un-es les autres, de créer, de modifier nos modes de vie et d’expérimenter d’autres rapports sociaux plus libres et plus égalitaires, sans hiérarchie et non marchands. Le collectif d’occupants et d’occupantes est indépendant de tout parti ou syndicat.

Si nous avons ouvert cet espace, c’est aussi pour créer des moments de coordination et de rencontres pour nous organiser de façon autonome et prendre part aux luttes sociales.

N’hésitez pas à venir nous voir, à proposer des activités, filer un coup de main, bouquiner ou boire un café !!!

Faites circuler l’info et à bientôt !

Le Mât-Noir, 26 avenue de Creuilly, 14000 CAEN (près du jardin des plantes)

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Un squat à Béziers

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C’est un squat qui n’est pas à Montpellier, mais comme « beziers.squat.net » n’existe pas, on se permet de relayer cet article très crapuleux de Midi-Libre. Si des gens ont un contact plus concret, on est preneurs. Squatter un chateau, c’est la classe !

Et aussi, tant qu’on y pense, vous pouvez voir la malhonnêteté d’un journaliste qui suit les flics de Montpellier. Adieu la présomption d’innocence… Quant à celles et ceux qui lui ont parlé au lendemain du Carnaval, ils s’apercevront que leur témoignage a été coupé au montage…

montpellier.squat.net, 18 décembre 2011.


Béziers : Les squatteurs « invitent » la propriétaire du château à rester dehors

Une douzaine de personnes squattent la demeure, qui dispose d’un parc à la française et doit bientôt être vendue. Le ton monte.

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Un huissier a fait mercredi un état des lieux de la propriété.

On croit rêver face à l’aplomb des membres du collectif Auguste de Cabanes qui a investi lundi et sans autorisation, le château de Cabanes. La propriétaire des lieux, Christiane Miquel, doit avaler là une couleuvre difficile à passer.

« Excusez-nous, madame, de vous causer des désagréments, mais nous ne pouvons pas vous laisser rentrer chez nous. S’il vous arrivait quelque chose nous en serions responsables. Où si vous décidiez de ne plus quitter les lieux cela poserait un précédent », lancent-ils tout de go. Et, même si le ton monte avec la propriétaire qui n’entend pas en rester là, l’accès à la propriété est fermement défendu.

Une chaîne maintient l’accès barré

Depuis lundi, une douzaine de personnes squatte la demeure, un château du XVIIe. Ils ont posé une boîte aux lettres à leur nom sur le portail d’entrée ainsi qu’un panneau expliquant leur démarche. Une chaîne maintient l’accès barré.

« Nous avons lancé une démarche d’expulsion, explique Christiane Miquel qui n’en revient pas de se faire spolier de son bien de la sorte. Ils ont un culot inimaginable. Je suis en relation avec la préfecture pour faire respecter mon bien et un avocat suit notre dossier. » La bâtisse doit être vendue dans les prochains mois à des acheteurs qui sont aussi particulièrement intéressés par le parc à la française.

« Je suis très inquiète »

Un projet d’hôtel, accompagné de chambres d’hôtes devrait alors voir le jour. « Si ces gens détruisent le parc et saccagent le bâtiment, la transaction sera perdue, ajoute encore Christiane Miquel. Il y a à l’intérieur des cheminées, des colonnes très belles dans ce bâtiment qui a accueilli Louis XIV. Je suis très inquiète. »

« Nous allons rester là quelques mois »

« Nous ne sommes pas là pour détériorer, mais pour entretenir cette bâtisse, insiste les membres du collectif Auguste de Cabanes qui ont refusé de nous accueillir dans la propriété. Nous sommes les nouveaux occupants et nous sommes désolés d’avoir recours à cette solution. »

Tous se présentent comme des intermittents du spectacle. Ils veulent préparer dans ce lieu un spectacle et le présenter au public. Ils assurent avoir ouvert une pièce qui servira de salle de sport et qui sera, elle aussi, accessible moyennant cotisation. Des chambres seront aussi prêtées aux voyageurs de passage et un potager bio sera cultivé.

« Nous appliquons l’article 432-8 du code pénal qui nous autorise à entrer dans une habitation non occupée »

Pour justifier leur action, ils expliquent : « Cette demeure était abandonnée depuis longtemps. Nous appliquons l’article 432-8 du code pénal qui nous autorise à entrer dans une habitation non occupée. Nous, nous n’avons pas de toit pour nous mettre à l’abri. Si nous faisons ça, c’est parce qu’il y en a qui ont des châteaux vides alors que beaucoup vivent dehors. Nous, nous allons lui redonner vie. Nous vivons dans un système où personne ne veut de nous. Nous allons rester là quelques mois. »

Le fait que la propriété soit à quelqu’un ne semble pas les gêner outre mesure. Le bâtiment était accessible, ils se sont servis. « Nous vous demandons de ne pas nous juger et de venir apprécier dans un mois le travail que nous aurons fait dans cette propriété. »

Rendez-vous est donc pris pour vérifier si les squatteurs ont tenu leurs engagements de ne pas couper des arbres et des buis centenaires, mais aussi qu’ils n’ont pas détérioré l’immeuble. À moins que tous aient été reconduits dehors. De gré ou de force.

Leur presse (Jean-Pierre Amarger, MidiLibre.fr), 16 décembre 2011.

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Réquisition à Tours

Suite à la requisition d’un bâtiment appartenant à la mairie à Tours voici le tract diffusé par des compagnons anarchistes, ainsi que le communiqué du mouvement des papiers et des logements pour tous :

Haro sur la propriété ! Ouvrons des squats et bottons le cul des bourgeois !

Trop de gens dorment dehors, chez un ami, un membre de la famille ou vivent dans des appartements dégueulasses et/ou trop petits et de toute manière beaucoup trop chers. Certains voudraient croire que la mairie ou la préfecture, comme ils en ont le droit, réquisitionneront des logements vides et fourniront des solutions à ceux qui ne peuvent pas se payer un toit. Il peuvent attendre longtemps ils seront morts de froid ou de faim avant que les parasites et les flics qui ont le pouvoir ne lèvent le petit doigt.

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L’État et ses sbires ne sont là que pour maintenir l’ordre et protéger la propriété privée, il est donc hautement improbable qu’il s’attaque à cette dernière en réquisitionnant des bâtiments vides. En plus il n’est pas question d’attendre quoi que ce soit de ceux que nous considérons comme nos ennemis. Nous n’aurons que ce que nous prendrons, et nous ne ferons pas de compromis. De toute façon la propriété c’est toujours celle des bourges et jamais la nôtre, nous n’avons que peu à perdre et tout à prendre ; pourquoi attendre ?

Parce qu’il y des bâtiments laissés vides, et qu’à côté de ça il y a parmi nous ceux qui ont besoin d’un toit pour se loger, ceux qui ont besoin d’un local pour se rencontrer, s’organiser, et faire vivre leurs rêves.
Parce que nous refusons le choix biaisé entre l’argent, la marchandise et la rue ou la prison ; entre les papiers, la soumission et la déportation ou la pendaison.
Parce que ouvrir un bâtiment c’est l’arracher à l’accaparation d’une personne pour le remettre à disposition de tous ceux qui en ont un usage. Que certains au nom d’une illusion — qui serait grotesque si personne n’avait besoin d’un toit — que l’on nomme propriété privée puisse priver tous les autres d’une chose dont ils n’ont pas l’usage nous le refusons, comme nous refusons de se soumettre aux lois iniques qui la défendent.

Pour ces raisons et pour toutes celles qui nous sont propres, nous ouvrons des squats !

Nous sommes les voleur-euses de poules, les pouilleu-se-x, les gueules cassées, les désillusionné-e-s, les envahisseur-euses et toutes celles et ceux qui n’entrent pas dans les catégories morbides que vous utilisez.

Nous ferons tomber les portes et sauter les serrures pour que fleurissent les squats comme des fleurs sur le fumier du vieux monde.

Notre rage consumera la capitalisme, et des flammes du brasier de notre révolte naîtra l’anarchie.


RÉQUISITION … LA SUITE

Depuis quelques mois plusieurs occupations d’espaces publics ont eu lieu par des familles à la rue soutenues par des personnes solidaires. Les pouvoirs publics n’apportent toujours aucune réponse adaptée pour résoudre la situation.

Face à l’immobilisme des politiques, les différents réseaux associatifs, sociaux et culturels ont été interpellés.

Parce que la question des papiers est indissociable de la question du logement : quand l’une est résolue, l’autre apparaît ;

Parce qu’il ne s’agit pas d’un manque imprévisible de places en hébergement d’urgence, mais d’une volonté politique de précariser un peu plus et pour commencer, les personnes étrangères ;

Parce que le préfet comme le maire refusent de réquisitionner les logements vides à Tours ;

Parce que des logements vides il y en a pourtant des milliers : au moins 109, rien qu’au Sanitas, comme différents collectifs et associations l’ont démontré ;

Parce que nous avons besoin d’un lieu pour nous rassembler, nous organiser et organiser la lutte concernant le logement et les papiers ;

Le 68 rue du Canal à Tours, ancienne halte de jour, locaux laissés vides par la Mairie a été réquisitionné samedi 17 décembre suite à la manifestation.

Pour faire vivre ce lieu et préparer un accueil adapté pour les familles,

Pour s’organiser ces prochains jours,

AG – 16h, aujourd’hui dimanche 18 décembre, goûter-apéro-bouffe au 68 rue du Canal (quartier Velpeau).

Le local reste ouvert à tout moment, n’hésitez pas à passer pour ramener vivres, idées, musiques, coups de main, discuter, dormir, etc.

Le mouvement « des papiers, des logements pour tous »
Contacts : Mouvement des papiers, des logements pour tous / Urgence un toit

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[Congo-Bruxelles] Kabila dégage !

83 arrestations après les manifestations à Matonge

La police a arrêté 83 personnes lors des accrochages qui se sont produits dans le centre de Bruxelles après la proclamation de l’élection du président congolais Joseph Kabila. Il s’agit de 69 arrestations administratives pour trouble de l’ordre public et de 14 arrestations judiciaires, notamment pour des faits de vandalisme.

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Dans le quartier de Matonge, à Ixelles, les dégâts sont visibles : des dizaines de vitrines sont brisées, une bijouterie a été dévalisée et plusieurs voitures ont été renversées. Les forces de l’ordre ont dû charger à plusieurs reprises, tant à pied qu’à cheval, pour maîtriser les fauteurs de trouble. Plusieurs d’entre eux se sont dispersés dans les rues adjacentes aux chaussées d’Ixelles et de Wavre où ils ont poursuivi leurs faits de vandalisme. Vers 19h, un calme relatif était revenu mais la police était toujours présente en nombre.

Les forces de l’ordre ont également usé de chiens et de chevaux. Des policiers en civil ont interpellé plusieurs fauteurs de trouble mais le nombre précis d’interpellations n’est pas encore connu. Des dizaines de vitres ont été brisées rue Belliard et des voitures ont été endommagées. Il était difficile de dire si des manifestants ont été blessés mais il semblerait que les échauffourées aient fait deux [puis seize] blessés parmi les policiers.

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Des accrochages ont également eu lieu dans le quartier de Matonge. Des trublions ont ainsi jeté un fumigène vers la police. Des échanges musclés ont eu lieu, samedi vers 17h00, sur le petit ring de Bruxelles, à hauteur de la rue Belliard, entre la police et le millier de manifestants. Ceux-ci ont jeté différents objets, comme des vuvuzelas, des pierres ou des poubelles, en direction de la police. Celle-ci a répondu à coups de matraque et de spray au poivre.

Un policier a été touché par un jet d’objet et aurait été blessé. Il était difficile de dire si des manifestants ont également été blessés. Les problèmes ont commencé après qu’un groupe de manifestants eut commencé à se frotter à la police, rue Guimard. Les esprits se sont alors échauffés et des jeunes se sont munis de pierres. Les policiers ont tenté d’isoler ces jeunes manifestants du reste du groupe mais se sont faits encercler dans la manœuvre.

Leur presse (Belga), 17 décembre 2011.


Un millier de manifestants à Bruxelles contre la réélection de Kabila

Environ un millier de personnes, selon la police, manifestent samedi après-midi, Porte de Namur à Bruxelles, contre la réélection de Joseph Kabila à la présidence de la République démocratique du Congo. Les manifestants n’acceptent pas le résultat officiel de l’élection présidentielle et considèrent comme président régulièrement élu l’opposant Étienne Tshisekedi.

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Parmi les manifestants, quelques-uns brandissent des drapeaux flamands et adressent des reproches aux responsables politiques francophones, accusés de soutenir Joseph Kabila.

Les manifestants, assez remontés, ont également importuné des journalistes présents sur place auxquels ils reprochent de ne pas faire de comptes-rendus objectifs sur les élections et la situation au Congo.

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La police bruxelloise est présente en masse, aussi bien en civil qu’en uniforme. Une auto-pompe a également été prévue sur les lieux. (…)

Leur presse (Belga), 17 décembre 2011.

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[Paris] Agressions d’extrême droite contre des lycéens

Ce mercredi 14 décembre vers 15 heures, un groupe d’environ trente personnes a agressé des lycéens du Lycée autogéré de Paris (L.A.P). Peu avant, un groupe d’extrême droite désigné comme le GUD s’employait à diffuser des tracts dans le secteur (Paris 15e), quelques lycéens les ont enjoints de cesser. Manifestement insatisfait de cet état de fait, le groupe est donc revenu en force afin de se livrer à une expédition punitive sur des lycéens au sortir de leur établissement. Quatre personnes ont été visées, deux ont du être hospitalisées, sans gravité pour l’un mais avec une blessure au crâne pour l’autre. Ce dernier a pris un violent coup de pied à la tête et s’est entendu dire « de la part du GUD ».

Ceci illustre très vraisemblablement la volonté de s’organiser pour la mouvance fasciste qui s’exprime librement ces derniers temps dans les rue parisiennes à l’occasion de diverses manifestations de protestations notamment contre des spectacles jugés blasphématoires.

Depuis quelques années et plus encore en 2010, la question de la réapparition du GUD est régulièrement évoquée. Ce mouvement avait évoluer vers le traditionalisme ; la mobilisation récentes de certains milieux catholiques dans les rues de Paris donnent sans doute à certains l’espoir d’une réimplantation pérenne.

De tels faits sont de nature à constituer un défi pour le mouvement ouvrier parisien en vue d’organiser les conditions d’une réponse adéquate.

COLLECTIF MISSAK & MÉLINÉE

Indymedia Paris, 17 décembre 2011.

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[Tahrir vaincra] Des ministères en feu au Caire

La place Tahrir au Caire s’embrase à nouveau

L’armée a chargé samedi à la matraque des manifestants sur la place Tahrir du Caire au lendemain de graves violences qui ont fait dix morts et 441 blessés en plein processus électoral en Égypte.

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Des incendies se sont déclarés dans deux bâtiments ministériels

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Des manifestants incendient le rez-de-chaussée d'un batiment abritant des services du ministère des transports et des communications.

Ces violences montrent que la tension ne retombe pas dans le pays arabe le plus peuplé, dix mois après la chute de Hosni Moubarak.

Samedi matin, des soldats anti-émeutes ont tiré des coups de feu en l’air. L’intervention des militaires s’est déroulée après l’incendie d’édifices situées à proximité du Parlement et dans lesquels ont brûlé des archives, dont certaines remontaient à plus de 200 ans.

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Les tentes de la place Tahrir brûlent, samedi 17 décembre.

Après la charge des militaires place Tahrir, des affrontements ont opposé des protestataires et aux soldats. Certains contestataires ont lancé des pierres à côté de camions de pompiers qui tentaient d’éteindre le feu.

Les militaires ont arrêté des protestataires et les ont frappés, parfois violemment, alors qu’ils étaient immobilisés ou à terre, a constaté un journaliste de Reuters. Les contestataires, dont certains campaient sur la place Tahrir depuis le mois dernier, ont dû s’enfuir dans les rues environnantes.

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L'armée égyptienne travaille, samedi 17 décembre

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Selon des images de la télévision égyptienne, plusieurs tentes installées sur la place emblématique de la « révolution du Nil » ont été incendiées par les militaires après en avoir extrait leurs occupants.

Un cadreur de Reuters a filmé un soldat dégainant un pistolet et ouvrant le feu sur des manifestants battant retraite devant l’armée.

Vendredi, les affrontements avaient éclaté à proximité du Parlement en raison de la dispersion dans la nuit de jeudi à vendredi d’un sit-in organisé par des militants pro-démocratie.

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(…) Dans une déclaration lue à la télévision, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) a démenti que les soldats aient ouvert le feu sur les manifestants. Il a affirmé que les incidents avaient commencé lorsque l’un des agents de sécurité postés devant le Parlement avait été attaqué.

De source militaire, on précise que 32 gardes du Parlement ont été blessés après avoir tenté de refouler les manifestants qui cherchaient à pénétrer dans l’édifice.

Le Premier ministre intérimaire, Kamal al Ganzouri, a imputé la violence aux manifestants, qu’il a accusés d’avoir attaqué le siège du gouvernement et du Parlement. (…)

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Un manifestant montre ses mains ensanglantées après avoir secouru un homme blessé, vendredi soir.

Selon le Dar al Iftah, organe religieux chargé de lancer des fatwas, un de ses membres, le cheikh Emad Effat, a été tué lors des affrontements, rapporte l’agence de presse officielle Mena.

« À bas le régime militaire ! », a scandé la foule lors de ses obsèques samedi. (…)

Leur presse (Reuters), 17 décembre 2011.

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[Nazarbaïev dégage !] État d’urgence, couvre-feu, Internet et téléphone coupés dans l’Ouest du Kazakhstan

État d’urgence dans l’ouest kazakh après une émeute matée dans le sang

Astana (Kazakhstan) — Le président du Kazakhstan a décrété samedi l’état d’urgence et instauré un couvre-feu à Janaozen, une ville de l’ouest de cette ancienne république soviétique d’Asie centrale où des émeutes ont fait la veille 11 morts selon les autorités, beaucoup plus selon l’opposition.

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Des policiers anti-émeute arrêtent un opposant lors d'une manifestation à Almaty le 17 décembre 2011.

Samedi soir, un site internet d’opposition, socdeistvie.info, a affirmé que des tirs en rafales étaient entendus dans la ville, ainsi que dans une localité des environs, Chepti, dont les habitants auraient « arrêté deux trains et commencé de brûler les wagons ».

Dans une video en ligne, présentée comme étant celle d’une conversation par téléphone avec un habitant, et entrecoupée de bruits de tirs, un homme s’exprime alternativement en russe et en kazakh.

« Les gens ont été forcés à rentrer chez eux. Il y a encore quelques foyers, les gars combattent encore un peu », dit-il.

Il n’était pas possible de vérifier cette information dans l’immédiat, les communications étant coupées avec Janaozen.

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Des forces de sécurité kazakhes en faction dans la ville de Janaozen, le 17 décembre 2011.

Dans un décret publié à l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité kazakh, le président Noursoultan Nazarbaïev a ordonné d’instaurer l’état d’urgence dans la ville de Janaozen du 17 décembre 18H00 au 5 janvier 2012 07H00 (…) à la suite des troubles massifs à l’ordre public le 16 décembre.

Le même texte ordonne de faire respecter un couvre feu sur la même période de 23H00 à 07H00.

Le président Nazarbaev, qui dirige d’une main de fer depuis l’époque soviétique ce pays riche en ressources minérales et en hydrocarbures et considéré jusqu’à présent comme le plus stable de la région, a par ailleurs affirmé samedi, dans une déclaration, que la situation était sous contrôle.

Un porte-parole du Parquet général kazakh a cependant indiqué que la situation s’était également tendue dans une autre ville de l’ouest du pays, Aktaou.

Il y a eu hier (vendredi) certains troubles à Aktaou, des gens se sont rassemblés, mais après l’intervention du procureur et de la direction de la police de la ville, ils se sont dispersés, a dit ce porte-parole, Nourdaoulet Souindikov, cité par Interfax.

Dans un communiqué [voir ci-dessous], l’ONG de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a affirmé de son côté qu’une centaine de personnes avaient été arrêtées dans cette ville puis libérées dans la nuit.

Le président Nazarbaïev a souligné dans sa déclaration qu’il ne tolèrerait aucun trouble dans le pays.

L’État empêchera dans toute la rigueur de la loi toute tentative de nuire à la tranquillité et à la sécurité de nos citoyens, a-t-il déclaré, affirmant que les coupables seront punis.

Vendredi, de violents heurts impliquant apparemment des milliers de grévistes du secteur pétrolier réclamant des hausses de salaires, et qui s’en étaient pris aux préparatifs de l’anniversaire de l’indépendance du Kazakhstan sur la place centrale de Janaozen, ont provoqué la mort de 11 personnes après l’intervention des forces de l’ordre.

Plusieurs grèves ont eu lieu ces derniers mois dans cette région qui regorge de pétrole, située sur la rive orientale de la mer Caspienne.

Selon plusieurs médias d’opposition, des manifestants employés de la société pétrolière Ozemunaigaz s’en sont pris à la tribune montée à l’occasion des festivités, après quoi les forces de l’ordre ont chargé et ouvert le feu.

Le Parquet général kazakh a fait état samedi d’un dernier bilan officiel de 11 morts, 86 blessés dont 6 policiers, et 70 personnes interpellées.

Le représentant du Parquet, dans un communiqué, a affirmé que les troubles avaient été organisés par des voyous qui se cachaient derrière les grévistes.

Selon lui, les forces de police ont été contraintes de faire usage de leurs armes après avoir essuyé des coups de feu de la part de participants aux troubles.

Des informations diffusées par des ONG russes de défense des droits de l’Homme et l’opposition kazakhe, qui ne donnent pas de sources, font pour leur part état de plusieurs dizaines de morts.

Des témoignages diffusés par la chaîne de télévision indépendante kazakh K+, basée au Kirghizstan voisin, ont fait état d’une cinquantaine de morts et de l’emploi d’armes automatiques contre la foule.

Dans un communiqué samedi, le Parti national social-démocrate (opposition) a accusé les forces de l’ordre d’avoir utilisé leurs armes contre des manifestants non armés.

Human Rights Watch a mis en garde les autorités du Kazakhstan contre tout recours excessif à la force, dans un communiqué.

Sans moyen de communiquer avec le monde extérieur, la population de Janaozen est extrêmement vulnérable, a estimé l’ONG, alors que l’internet et la téléphonie mobile sont coupés dans la région depuis vendredi.

Leur presse (Agence Faut Payer, 17 décembre 2011)


Kazakhstan: Investigate Violence in Oil-Rich Western Region
Communications Shut Down after Clashes Near Long-Peaceful Labor Protest

(Moscow) — Kazakhstan’s law enforcement officers should strictly observe human rights norms as they restore order in Zhanaozen, a city in western Kazakhstan, Human Rights Watch said today. Multiple injuries and deaths were reported after a violent clash between civilians and police on December 16, 2011, at the site of a peaceful oil workers’ strike at OzenMunaiGas in the city’s main square.

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In this framegrab image from TV station K-Plus a Kazakh police officer fires a pistol to disperse demonstrators in the center of Zhanaozen, Kazakhstan on Friday, December 16, 2011.

(…)

On the morning of December 16, the striking oil workers gathered on Zhanaozen’s central square, the site of their ongoing strike, and the location of an official Independence Day celebration scheduled for later that day. The estimated 100 to 150 strikers were peaceful, as they had been every day for the past seven months, a local human rights group said.

The group, the Kazakhstan International Bureau for Human Rights and the Rule of Law, said that the festivities began around midday and that at that point, 20 to 30 young men in burgundy oil company jackets went to the stage constructed for the Independence Day event, and began destroying sound equipment. A video clip broadcast on various news programs shows the men in the red jackets destroying the equipment.

A statement from the Kazakhstan Prosecutor General’s office said that those involved “overturned the New Year’s tree, tore down yurts and the stage and set a police bus on fire.” One of the workers who was at the square told Human Rights Watch that, around midday, gunshots could be heard and fighting broke out with police.

Human Rights Watch has not been able to confirm independently how the clashes began or who participated in the violence. One worker in Zhanaozen said that police at one point fired tear gas at striking workers. Other workers later told Human Rights Watch that buildings had been set on fire, including the Mayor’s office, the OzenMunaiGas office building, and a hotel. Workers also said that the police had used lethal weapons against unarmed protesters and other civilians, reportedly killing four or five and wounding dozens.

The government has apparently shut down access to at least some mobile, voice, and text services in Zhanaozen. By late afternoon, Human Rights Watch could no longer reach workers by mobile phone, and access to Twitter.com and other news sites reporting on the unrest had been blocked by the authorities.

“Without a means to communicate with the outside world, people in Zhanaozen are extremely vulnerable,” Rittmann said.

The statement from the Prosecutor General’s office said that, “Mass disturbances due to criminal actions conducted took place during celebrations,” blaming the violence on a “group of hooligans.” The statement confirmed preliminary information that 10 people had been killed, and others wounded, including police officers.

(…)

The Prosecutor General’s office statement said that a criminal case has been opened with respect to the mass disturbances in Zhanaozen. Human Rights Watch called on the Kazakh authorities to ensure that the investigation into the violence, and in particular workers’ allegations that police fired and killed several people and wounded dozens, is carried out in a thorough and impartial manner and that those responsible for the violence are held accountable in line with international fair trial norms. Human Rights Watch also urged the authorities to restore telecommunications services and ensure that independent human rights groups can investigate the incident without hindrance.

In Aktau, about 120 kilometers west of Zhanaozen, several hundred oil workers held a rally to support the OzenMunaiGas workers. A person close to the situation in Aktau told Human Rights Watch that sometime between 7 and 8 p.m., police detained about 100 protesters and took them to a temporary detention center. By 1 a.m., nearly all had been released. Workers in Aktau reported heavy police surveillance at the protest, which was held in front of the regional mayor’s office.

“Authorities have long restricted the right to peaceful assembly in Kazakhstan and detaining peaceful protesters in Aktau is an example of their intolerance to peaceful dissent,” Rittmann said. “In a democratic society, the people should be able to protest peacefully without fear of detention or harassment.”

The strike began in May at OzenMunaiGas, which is a subsidiary of Kazakhstan’s state oil and gas company KazMunaiGas. Over a dozen workers began a hunger strike, calling on OzenMunaiGas to review a list of complaints that included the company’s revision of the workers’ collective agreement, introduction of wage coefficients in their salaries, and changes to the system of remuneration that had been adopted the previous year. Workers told Human Rights Watch that thousands of other workers had joined the strike.

Strikes and labor protests at two other companies in Kazakhstan’s oil and gas sector also began in May. Local courts declared the strikes at all three companies illegal, and workers, including workers at OzenMunaiGas, were fined or sentenced to short term detention for violating the law on organizing and holding peaceful gatherings (article 373 of the Administrative Code) or failing to fulfill judicial acts (article 524 of the Administrative Code). On July 8, riot police dispersed striking OzenMunaiGas oil workers from one of OzenMunaiGas’ production units where they had begun their strike and, in the middle of the following night, rounded up workers who remained on a hunger strike, using force. The dispersed oil workers regrouped at Zhanaozen’s central square, where they have been striking daily ever since.

Authorities brought more serious criminal charges against the perceived leaders. On August 17, Akzhanat Aminov, one of the OzenMunaiGas workers, was givena two-year suspended prison sentence on grounds that he had led the strike by giving orders to workers over the phone. The verdict said that Aminov explained that “he gave advice to the workers by phone, but he could not imagine that this constituted organizing [the strike], he thought that he was just helping the workers restore their violated rights.”

On August 8, in Aktau a union lawyer Natalia Sokolova had been sentenced to six years in prison for speaking to oil workers from KarazhanBasMunai, another oil company in western Kazakhstan, on issues of wage disparity on charges of inciting social discord.

OzenMunaiGas has fired hundreds of employees — 989, media reports say — for participating in the strike. In an August 26 statement posted to its website, OzenMunaiGas’ parent company, KazMunaiGas, stated, “Given that the main objective of the Company is to ensure the normal production process… KMG EP had to continue firing those participants in the illegal strike who refused to perform their duties.”

Communiqué Human Rights Watch, 17 décembre 2011


Le Kazakhstan, ami du CAC 40

Les sociétés françaises peuvent se réjouir du passage en France du président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev, qui était à l’Élysée ce 19 septembre 2011. Des contrats juteux ont été signés à l’occasion de cette visite. En moins d’un an, c’est la seconde fois que Nicolas Sarkozy et Noursoultan Nazarbaïev se rencontrent.

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Palais de l'Élysée, le 19 septembre 2011. Noursoultan Nazarbaïev, président du Kazakhstan

La visite du président Noursoultan Nazarbaïev à Paris a porté ses fruits et les grands groupes français comme Alstom, Areva ou Total, se réjouissent des contrats qu’ils viennent de signer. À 71 ans, le chef de l’État kazakh, réélu en avril 2011, avec 95,5 % des suffrages, est très actif dans la recherche des partenariats économiques.

Le Kazakhstan, terre promise ?

Les investisseurs se rapprochent de plus en plus de cette République d’Asie centrale. Depuis la fin de l’Union des Républiques socialistes et soviétiques (fin 1991), les ressources du Kazakhstan suscitent les convoitises en Occident.  Pour l’économiste Anna Dobrec, le Kazakhstan joue un rôle économique crucial en Asie centrale.

« Le Kazakhstan est un pays riche en ressources naturelles. Il détient 3% des réserves mondiales de pétrole et 1% des ressources de gaz. En 2009, le Kazakhstan était le premier producteur d’uranium. Ce pays se trouve entre deux géants émergents, la Chine et la Russie. Cela représente des opportunités évidentes pour les hommes d’affaires européens. »

À l’occasion de la visite éclair du président Nazarbaïev à Paris, les partenariats stratégiques entre les entreprises françaises et kazakhes se sont renforcés. Prochainement, une ligne aérienne doit relier Paris et Astana. Ce projet symbolise le lien nouveau entre les deux pays. La France compte étendre ses exploitations d’hydrocarbures au Kazakhstan. Le groupe Total espère démarrer rapidement la production de pétrole du gisement de Kashagan, dans le cadre d’un projet Nord-Caspien. Et l’uranium est évidemment au cœur des discussions. Les entreprises Kazatomprom et Areva ont prévu d’étendre leur partenariat.

La demande de coopération économique n’émane pas seulement de la France. Le Kazakhstan cherche aussi des investissements colossaux pour exploiter ses ressources. Malgré une croissance économique soutenue, le pays reste toujours marqué par l’ère soviétique. Ses industries ont besoin d’être rééquipées et les infrastructures sont à développer. Ce pays aux portes de l’Europe se tourne de plus en plus vers l’ouest. Un accord de partenariat et de coopération entre l’Union européenne et le Kazakhstan est d’ailleurs en cours de négociations.

Une zone tampon entre l’Orient et l’Occident

Le Kazakhstan s’étend entre la Chine et la Russie. Il constitue une porte entre l’Orient et l’Occident dont l’Union européenne ne peut plus se priver. Le Kazakhstan a négocié pendant des années pour présider l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). En décembre 2010, c’était chose faite. Noursoultan Nazarbaïev ouvrait le sommet de l’Organisation, le premier depuis 11 ans, consacrant l’importance stratégique de la nouvelle République.

Lundi soir, lors de la rencontre à l’Élysée — la dernière remonte à octobre 2010 —, Nicolas Sarkozy n’a pas oublié de saluer l’action du Kazakhstan à la tête de l’OSCE en 2010. Le président français n’avait pas pu se rendre au dernier sommet organisé à Astana, l’an dernier, ce qui avait froissé le président Nazarbaïev. Nicolas Sarkozy a donc rattrapé son retard diplomatique envers le Kazakhstan. Et ce rapprochement passe par l’économie.

La France a besoin de l’amitié kazakhe

La France est un des partenaires importants du Kazakhstan, après la Russie et la Chine. Une commission intergouvernementale franco-kazakhstanaise a même été créée en octobre 2010. Mais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette relation entre la France et le Kazakhstan n’est pas exclusive en Europe.

L’historienne, spécialiste de l’Asie centrale, Catherine Poujol, souligne qu’Astana ne tient pas rigueur à Paris de l’avoir négligé pendant longtemps. L’essentiel pour le président Nazarbaïev est de développer des relations multivectorielles en France notamment : « comme le président kazakh est venu en France, on a l’impression qu’il se passionne pour la France. Mais en réalité, il cherche à avoir des relations fortes et fructueuses avec le plus de partenaires possibles. Il n’y a pas d’exception française dans la politique kazakh. Par contre, ce qui est plutôt rassurant, c’est que le Kazakhstan cherche à équilibrer ses relations et ne pas laisser de côté le partenaire français, qui a pourtant mis pas mal de temps avant de venir jusqu’à lui. »

Un hyperprésident sur internet

Si les entreprises françaises sont maintenant décidées à s’implanter au Kazakhstan, c’est aussi parce que le pays — souvent critiqué pour ses atteintes aux droits de l’homme — est en pleine transition politique.

Par rapport à ses voisins, il fait figure de régime autoritaire plus ouvert. À l’heure d’internet, le droit d’expression se développe peu à peu. « Ce pays et comme tous les autres dans le même cas, est irrigué par les réseaux sociaux, par internet, par Twitter. En une seule génération, voire deux, on va prendre l’habitude d’un pluralisme d’idées. D’où leur volonté de vouloir souvent couper les antennes. Le pouvoir n’y peut pratiquement rien si ce n’est de se former à ce genre d’innovations », rappelle Catherine Poujol.

D’un côté, le gouvernement censure internet ; de l’autre il ne peut s’en passer puisque lui aussi s’en sert pour communiquer. Le président Noursoultan Nazarbaïev — un ancien apparatchik de l’ère soviétique — utilise désormais, comme les présidents occidentaux, les réseaux sociaux pour communiquer avec ses électeurs.

Leur presse (Daphné Gastaldi, RFI, 20 septembre 2011)

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[Racket des « Fêtes »] Le Père Noël est un braqueur

Deux Pères Noël braqueurs arrêtés

La police de Rome pense avoir mis la main hier sur deux Pères Noël qui ont dévalisé, l’arme à la main, une demi-douzaine de boutiques depuis un mois. Lors d’au moins l’une des attaques, dans le quartier d’Appia, un Père Noël a menacé le gérant avec un pistolet, tandis qu’un compère, lui aussi déguisé, s’emparait de la caisse.

Les policiers ont indiqué samedi avoir découvert des armes et des costumes de Père Noël au domicile de l’un des deux supects. Les enquêteurs sont toujours à la recherche d’éventuels complices.

Leur presse (Agence Faut Payer), 17 décembre 2011.

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Au monde, à la France qui sommeille

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Temps d’encre, 17 décembre 2011.

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