[Commune de Wukan] Offensive et solidarité

Des villageois chinois veulent marcher sur la ville voisine

Révolte | Une rébellion naît dans le sud de la Chine : des villageois accusent leurs dirigeants de corruption. Ils demandent la mort du leader local et la libération de prisonniers.

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Les habitants d’un gros bourg du sud de la Chine, en rébellion contre les dirigeants locaux qu’ils accusent de corruption, prévoient une marche de protestation si le corps de leur leader ne leur est pas rendu et les villageois détenus libérés, ont-ils indiqué dimanche.

Les 13’000 habitants de Wukan, un gros bourg située sur la côte de la province aisée du Guangdong, dans le sud de la Chine, sont en révolte ouverte contre les autorités.

Ils ont fait fuir les cadres communistes locaux, qu’ils accusent de voler leurs terres depuis des années.

Plusieurs commerces ont baissé leurs rideaux la semaine dernière et les écoles fermé les volets, alors que des troupes de police patrouillaient à travers les rues.

Les autorités ont promis de sévir contre les meneurs de ce dernier accès de révolte, provoqué par l’arrestation il y a neuf jours de cinq villageois, dont l’un d’eux est mort en détention.

Les autorités affirment que l’homme, âgé de 42 ans, est décédé des suites d’une crise cardiaque, mais la famille, qui a vu le corps, pense qu’il a été battu à mort.

Les villageois ont indiqué dimanche qu’ils prévoyaient de se rendre à pied à la ville voisine de Lufeng mercredi, à moins que le corps de Xue Jinbo leur soit rendu et les quatre personnes détenues libérées.

« S’ils ne nous rendent pas nos gens, nous marcherons sur Lufeng », a déclaré Zghang, un habitant de 44 ans, dont les terres ont été confisquées en 1995. Il s’agirait de la troisième marche de ce type depuis septembre.

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Les dirigeants de la communauté organisaient des collectes pour nourrir les plus démunis du village, bloqués par les cordons de police.

« Nous avons collecté hier quelque 10’000 yuans (14710 francs) en don pour les plus pauvres », a indiqué un villageois, Chen, devant un bâtiment où s’empilaient des dizaines de sacs de riz.

Les expropriations de terres sont source de colère et de révolte en Chine où des paysans accusent les cadres locaux corrompus de s’allier à des promoteurs véreux pour s’enrichir.

En dépit de la censure, le soulèvement de Wukan restait suivi de très près sur les sites de microblogs dans le pays.

Leur presse (Agence Faut Payer), 18 décembre 2011.

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