[Congo Kinshasa] « Disparitions » d’opposants

République démocratique du Congo : les arrestations postélectorales pour museler les opposants doivent cesser

Les forces de sécurité de la République démocratique du Congo doivent mettre fin à une vague d’arrestations politiques, et en particulier aux arrestations arbitraires et illégales menées à la suite de l’élection présidentielle aux résultats contestés. Des dizaines d’arrestations ont eu lieu dans le pays depuis l’élection du 28 novembre. Les personnes visées sont souvent des membres et des partisans de l’opposition politique.

Les forces de sécurité congolaises semblent profiter du climat de tension et d’incertitude qui règne à la suite des récentes élections pour mener cette série d’arrestations politiques et procéder notamment à des arrestations arbitraires et illégales qui menacent d’étouffer la liberté d’expression et de réunion.

Ces arrestations doivent cesser. Les personnes interpellées doivent être libérées, à moins d’être rapidement inculpées d’une infraction reconnue par la loi et présentées devant un juge afin qu’elles puissent contester la légalité de leur détention dans le plein respect de leur droit à un procès équitable, qui inclut le droit de faire appel à un avocat.

Les informations dont dispose Amnesty International suggèrent que cette pratique est utilisée comme une méthode d’intimidation et que parmi les victimes se trouvent des civils, des journalistes, des avocats et des responsables de l’opposition politique, mais aussi des agents des forces de sécurité.

Quatre journalistes travaillant pour une radio communautaire ont été arrêtés par des membres de l’Agence nationale de renseignements (ANR) le 14 décembre au petit matin à Kabambare, dans la province du Maniema, dans l’Est du pays. Ils étaient accusés d’être passés outre une décision officielle ordonnant la fermeture de leur station de radio. Trois d’entre eux ont été libérés dans l’après-midi. Le quatrième a été relâché le 15 décembre, également dans l’après-midi.

Le 13 décembre, à Bukavu, dans le Sud-Kivu, des agents de la Police nationale congolaise (PNC) auraient frappé et arrêté l’avocat Eustache Nsimba et l’auraient emmené dans un lieu inconnu. Il participait à une manifestation organisée par l’opposition. Le maire de Bukavu avait été informé à l’avance de ce défilé mais l’aurait interdit lors d’une déclaration à la radio. Eustache Nsimba a été relâché plus tard dans la journée.

Amnesty International a également appris que des agents des forces de sécurité avaient participé à l’arrestation arbitraire d’au moins deux membres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UPDS) dans la province du Katanga. Ces deux personnes, qui appartiennent au principal parti d’opposition, sont toujours en détention. L’une d’elles est détenue au secret, dans le cachot de l’ANR.

Arrestations arbitraires

Selon une ONG locale, depuis le début du mois de décembre, des membres des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient aussi enlevé ou arrêté de manière arbitraire une dizaine de membres de l’armée et d’agents de la PNC ainsi que des civils à Kinshasa. Toutes les personnes arrêtées auraient été prises pour cible parce qu’elles sont originaires des provinces de l’Équateur, du Kasaï-Occidental et du Kasaï-Oriental, fiefs de l’opposition.

On ignore où se trouvent certaines personnes. D’autres sont en détention au secret dans des camps militaires de Kinshasa, notamment au camp Kokolo, ou dans d’autres lieux situés hors de portée des autorités judiciaires, comme le camp Tshatshi ou l’immeuble du Groupe Litho Moboti (GLM). (…)

Communiqué d’Amnesty International (21 décembre 2011)

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Expulsion du 68, Tours

Ce matin à 7h25, les flics sont venus défoncer la porte du 68 de la rue du Canal pour expulser ses habitants. La mairie pourrie des socialos tourangeaux a donc fait évacuer par la force les personnes qui occupaient le lieu, depuis le 17 décembre.

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Pendant ce temps-là, les flics continuent de terroriser les migrantEs au foyer ADOMA (CADA), instaurent un couvre feu,  défoncent les portes, et viennent les chercher jusque dans les chambres d’hôtels miteux payées (de temps à autres) par les fumiers du CCAS de Tours.

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Sabotons la machine à expulser !
Collaboration pourrie ! À la mairie, à la préfecture, qu’ils crèvent tous.
Des nouvelles pas tard, AdiShatZ !

Jeudi 22 décembre 2011.

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[Tahrir vaincra] L’armée, les islamistes et salafistes ne font qu’une seule main

6 avril

Poursuivant leurs tentatives de diabolisation et d’élimination du 6 avril, le ministère de l’Intérieur vient d’annoncer la découverte d’une cache d’armes appartenant au mouvement du 6 avril à Mokattam, ou Kataméya, je vais vérifier. Ainsi un petit mouvement de jeunes est devenu l’ennemi et le danger numéro 1 de l’armée du plus grand pays de la région.

Les vidéos et témoignages qui circulent depuis trois jours sur Facebook sont hallucinants, ils révèlent le sadisme inouï de l’armée égyptienne, une haine et une brutalité contre la femme qui sont tout à fait étrangères à notre culture. Même l’armée israélienne ne se comporte pas de cette façon contre les femmes palestiniennes.

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« Tantaoui, éloigne tes chiens de moi »

L’arrogance et la brutalité s’expliquent par le soutien des islamistes et des salafistes, ces derniers répandent leur venin sur leurs chaînes privées et multiplient des déclarations sur les chaînes publiques, mettant en cause les blessées, les  battues à mort, les traînées par terre et les déshabillées pour avoir osé sortir de chez elles pour protester, du coup, elles ont mérité ce traitement. Ce sont ceux-là qui seront au pouvoir demain. Ils le sont déjà. (…)

Galila – 22 décembre 2011.

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[Tunisie] Prise au tas au Kef

Tunisie : un entrepôt de gaz domestique saccagé au Kef

Un entrepôt de gaz domestique a été entièrement saccagé dans le gouvernorat du Kef. Face à la pénurie du gaz, des individus, ont pris d’assaut, lundi, le dépôt et pillé toutes les bouteilles avant l’arrivée des forces de l’ordre.

Une rupture des stocks du gaz à usage domestique a été enregistrée, ces derniers temps, dans les différentes régions.  Elle coïncide avec la vague de froid qui s’est abattue sur le pays.

Leur presse (EspaceManager.com), 20 décembre 2011.

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[La liberté ou la mort] Troisième journée d’émeute à Haimen

Chinese police fire teargas at power station protesters

Riot police block entrances to Haimen town to quell protests over a proposed coal-fired plant in southern China.

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Chinese police have fired teargas to break up demonstrations over a proposed power plant in a southern China town, where protests have escalated into clashes with police this week.

Riot police blocked entrances to Haimen town and aimed teargas canisters at lines of protesters on motorbikes to quell the unrest in the southern province of Guangdong, an economic powerhouse.

Haimen, a coastal town of about 120,000 people, is 80 miles east of Wukan, where a 10-day siege of villagers protesting against a “land grab” ended on Wednesday after the provincial government brokered a deal.

Protests in China have become relatively common over corruption, pollution, wages, and land grabs that local officials justify in the name of development.

Chinese experts put the number of “mass incidents”, as such protests are known, at about 90,000 a year in recent years.

The grip of Communist party rule is not directly threatened by such unrest, but officials fear they could coalesce into broader more organised challenges to their power.

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The Haimen tensions have flared for three days as residents protest against plans for another coal-fired power plant, some turning over cars and throwing bricks in clashes with police.

On Thursday, riot police sent teargas into an open space to hold back a large band of protesters on motorbikes, according to footage shown on Hong Kong’s Cable TV. As smoke billowed towards the crowd, some protesters could be seen riding away quickly.

A Reuters witness earlier saw that about 100 men on motorbikes had gathered to watch the wall of police, armed with batons and shields, who were blocking the highway near a large, shuttered petrol station.

“What place in the world builds two power plants within one kilometre?” said one of the Haimen residents as he watched police lines a few hundred metres away.

“The factories are hazardous to our health. Our fish are dying and there are so many people who’ve got cancer,” he said.

“We thought of protesting outside the government office but we know none of them has listened to us. So we had no choice but to block the highway. The police beat up so many of the protesters in the past two days.”

At one point on Thursday the Haimen residents screamed and surged forward when a riot policeman, waving his baton in the air, charged towards a man on a motorcycle who had been riding towards the police blockade on the highway.

“This place is very chaotic, I think it’s best for you to leave immediately,” a man who identified himself as a Shantou government official told a Reuters reporter.

Officials have said they would suspend construction on the project, but residents refused to back down, demanding the plan be scrapped completely.

The Haimen unrest is the latest challenge for Guangdong party chief Wang Yang, a contender for promotion to the highest echelons of the Communist party in a leadership transition in late 2012.

China’s top newspaper praised the defusing of tensions in nearby Wukan, suggesting that the handling of the dispute would not necessarily hurt Wang’s prospects.

The People’s Daily chided local officials for letting the dispute get out of hand in the first place, but also hailed the outcome as an example of how the government should handle an increasingly fractious and vocal society.

Residents of Wukan fended off police with barricades and held protests for days over the land dispute and death in police custody of a village organiser, rejecting the government’s position that a postmortem showed he died of natural causes.

But after talks with senior officials, village representatives told residents to pull down protest banners and go back to their normal lives — provided the government kept to its word.

Police in Haimen are using the more traditional method for breaking up protests in China — teargas and truncheons. Exits to Haimen from the expressway to nearby Shantou city were closed down.

But life appeared to be normal in other parts of Haimen on Thursday, with shops open and people going about their business.

Government officials, including those in charge of security, have been vague and played down the unrest. A Shantou official told Reuters by telephone there had been injuries in the clashes but no deaths.

An official at the Chaoyang public security bureau denied any deaths or injuries, although he said there had been a “gathering” the previous day. Haimen is under the jurisdiction of Chaoyang district.

State news agency Xinhua said several hundred people had protested on a highway on Wednesday.

According to Hong Kong’s Ming Pao newspaper, more than 1,000 residents had gathered at a toll gate to confront hundreds of police.

On Thursday, China’s main official newspapers published an account of a speech by Zhou Yongkang, chief of domestic security, who urged officials to ensure “a harmonious and stable social setting” ahead of the Communist party’s 18th congress late next year.

At that congress, President Hu Jintao and his cohort will give way to a new generation of central leaders, a sensitive transition for the one-party government.

Leur presse (Reuters), 22 décembre 2011.


Après les révoltés de Wukan, la colère de Haimen

Nouveau conflit social dans le sud de la Chine, à la Une de Dongfang Ribao, un quotidien de l’est, ce matin « le conflit entre la police et le peuple au village Haimen, dans la ville de Shantou, à Guangdong où 10’000 personnes manifestent contre la construction d’une centrale électrique. Six morts et 200 blessés. La police a utilisé des gaz lacrymogènes. »

D’après le site d’information Nanyang, « parce que la plupart des policiers sont envoyés à Wukan, il n’y a plus assez de forces de l’ordre au gouvernement local. Les manifestants ont brisé la porte et ont occupé tout l’immeuble du gouvernement de Haimen. D’un autre côté, des milliers des villageois ont bloqué l’autoroute. » Il y a déjà une centrale électrique à Haimen. « Elle a beaucoup pollué l’eau et l’air de Haimen », dit Wang, un commençant de fruits de mer.

Version officielle : « Hier matin à 10h, des centaines de personnes ont manifesté devant le siège du gouvernement de Haimen. À 12h, ils ont bloqué l’autoroute. Les villageois ont peur de la pollution de la centrale. Les officiels du gouvernement sont venus tout de suite parler avec eux. À 16h, les manifestants sont partis et la circulation sur l’autoroute a été rétablie », écrit Shantou Ribao, le quotidien de Shantou.

D’après Xincheng Diantai, une radio à Hongkong, le gouvernement local a décidé de suspendu ce projet de centrale électrique.

À Wukan, ce matin, un villageois est entré dans immeuble du gouvernement de Lufeng pour des négociations. « On a gagné. Le gouvernement a promis de rendre le corps de Xue Jinbo. Mais on ne sait pas encore quand », dit un villageois. « Le gouvernement a aussi promis de faire une investigation sur la raison de mort de Xue. Mais ils n’ont rien dit sur l’indemnisation de la terre. » (…)

Leur presse (RFI), 22 décembre 2011.


Chinese seaside town protesters in standoff with police, some detained

Chinese authorities have detained a number of people in a southern seaside town where protests against a planned power plant resulted in clashes with police, an official said Thursday, as riot police fired tear gas during a third day of unrest.

Thousands of people in the town of Haimen wanting to block a highway were locked in a standoff with riot police, said protesters contacted by The Associated Press.

A city Communist Party propaganda official surnamed Chen said some people who had participated in “illegal activities that endanger public security” earlier this week had been detained, but said he was uncertain how many.

A resident also surnamed Chen, who is not related to the official, said a few thousand people gathered to face a roadblock set up by police. “Police set up a roadblock at the highway and threatened to arrest anyone who dared to cross,” Chen said.

The protesters think an existing coal-fired power plant has contributed to what they say is a rise in cancer cases and heavy pollution in the seas, a serious problem for a town where fishing is a source of livelihood.

“We just want to ask the central government to order the construction of the coal power plant to be stopped,” said Lin Fujin, a Haimen resident who was at the scene. “The pollution has turned the sky black and the fish are dead.”

Footage from Hong Kong’s Cable TV showed tear gas canisters hitting the ground in front of a gas station as panicked residents fled in various directions.

The broadcaster also showed riot police with helmets and shields lined up around a large water cannon truck facing dozens of people on the other side of a road.

“The police hit me,” a woman with bloodied hands told Cable TV, surrounded by an angry crowd. “I just wanted to go over there to offer an explanation but they started to drag me on the road.”

In response to protests earlier in the week, the local government said it would temporarily suspend the power plant project, according to a report by the local Shantou Daily newspaper which could not be immediately verified.

But protesters say they did not believe the report and that they have not heard directly from authorities on the matter.

After three decades of laxly regulated industrialization, China is seeing a surge in protests over such environmental worries.

In September, hundreds of villagers in an eastern Chinese city near Shanghai demonstrated against pollution they blamed on a solar panel factory. In August, 12,000 residents in the northeastern port city of Dalian protested against a chemical plant after waves from a tropical storm broke a dike guarding the plant and raised fears that flood waters could release toxic chemicals.

Leur presse (The Associated Press), 22 décembre 2011.

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[Soudan] Les gens veulent changer le régime

Soudan : La police disperse violemment une manifestation contre un barrage

Khartoum — La police anti-émeute soudanaise a battu mardi à coup de matraques des jeunes qui lançaient à Khartoum des slogans anti-régime en soutien à des habitants déplacés par le barrage géant de Méroé, selon un journaliste de l’AFP. Quelque 100 manifestants s’étaient rassemblés à la principale station de bus de la capitale où ils brandissaient une banderole de soutien aux personnes déplacées par le barrage.

« Les gens veulent changer le régime », ont-ils notamment lancé. La police anti-émeute a fait usage de la force pour disperser la manifestation et a arrêté plusieurs protestataires. Cette manifestation intervient un mois après qu’un millier de personnes ont débuté un sit-in à Al-Damer (environ 300 km au nord de Khartoum) pour protester contre l’absence de compensations de la part du gouvernement après la construction du barrage de Méroé.

Achevé en 2009 pour un coût de 2 milliards de dollars, ce barrage, construit par les Chinois, a doublé la capacité de production d’électricité du Soudan. Mais sa construction a entraîné le déplacement de 15.000 familles. De violentes manifestations hostiles au projet avaient eu lieu en 2006, lors desquelles trois personnes avaient été tuées et des dizaines blessées.

Le Soudan est traversé par le Nil Bleu et le Nil Blanc, qui se rejoignent à Khartoum, et compte sur des projets de barrages pour se développer et compenser la perte de champs pétroliers à la suite de l’indépendance du Soudan du Sud.

Leur presse (AngolaPress), 21 décembre 2011.

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[Fin de la dictature !] Les ouvriers chinois se rebiffent

Les troubles se multiplient en Chine

La région manufacturière du sud-est est en proie à de vives tentions.

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Les troubles se multiplient ces derniers mois en Chine, notamment dans le sud-est du pays, région manufacturière dont les exportations inondent le monde, touchée par la crise qui mine la consommation en Europe et aux États-Unis.

Le malaise s’intensifie au sein de la classe ouvrière, dans un pays  pourtant réputé pour la docilité de sa main d’œuvre. Les grèves se multiplient à l’image du spectaculaire  arrêt des chaines de montage Honda en mai 2010, une première. Dans son usine de Shenzhen, le groupe Foxconn, sous-traitant d’Apple avait dû faire face à une série de 14 suicides à la même période. Ces mouvements sans précédent avaient révélé au monde le ras-le-bol qui se propage au sein d’une population de plus en plus fragilisée par les aléas de l’économie mondiale, mais aussi par l’attitude des patrons de plus en plus prompts à délocaliser leurs entreprises dans les régions du centre ou la main d’œuvre est meilleure marché. Le socialisme de marché à la chinoise n’a parfois rien à « envier » au capitalisme le plus sauvage.

Grèves quotidiennes

Depuis plusieurs mois, on recense ainsi des grèves presque chaque jour dans le pays. Les ouvriers protestent contre les licenciements et la baisse des salaires. Le gouvernement redoute que la situation économique n’aggrave le malaise social, et surveille de près chaque incident. De fait, la croissance chinoise a été ralentie par la crise économique et les investisseurs redoutent que la situation en Europe ne réduise encore les débouchés de l’industrie chinoise dans les mois à venir.

Il faut dire que les syndicats n’ont de comparable à leurs homologues européens que le nom. Aucun d’entre eux n’a réellement été constitué à l’initiative des ouvriers, et ils prennent bien souvent la défense des employeurs plutôt que celle des employés, devenant de fait des syndicats du patronat, d’où leur incapacité à mettre en place une médiation efficace lors des conflits. Le mouvement spontané des ouvriers de Honda s’était d’ailleurs passé de leur aide.

Tensions politiques

Mais les mouvements sociaux liés au travail ne sont pas tout. Ces dernières semaines des mouvements de nature politique ont également fait grand bruit dans la presse internationale, à l’image du soulèvement du village de Wukan, dans la province du Guangdong, au sud.

Le « village » — 20.000 habitants — est entré en résistance pour protester contre les expropriations qui se multiplient. Les autorités locales s’emparent des terres… et les revendent aux plus offrants, des promoteurs immobiliers le plus souvent. Après plusieurs jours de heurts contre le police, les membres du parti ont déserté et le hameau se retrouve de fait autogéré, situation inédite dans le pays. Malgré la répression qui continue, les autorités décident de lâcher du lest mercredi 21 décembre, en annonçant la fin partielle du siège de la ville qui dure depuis dix jours ainsi que la libération de trois leaders du mouvement incarcérés depuis plusieurs jours. Un opposant a par ailleurs trouvé la mort au cours de sa détention, des suites d’un arrêt cardiaque selon les autorités. Une version contestée par la famille du défunt.

À Haimen, une manifestation contre une centrale électrique accusée de pollution a dégénéré mardi 20 décembre, se soldant par la mort d’un adolescent de 15 ans et au moins une centaine de blessés. Plusieurs témoins indiquent que la répression policière a été particulièrement violente, utilisant des grenades lacrymogènes en quantité importante. En septembre, c’est le producteur de panneaux solaires Jinko Solar qui avait dû arrêter son activité après que des manifestations dénoncent la pollution au fluor et le très grand nombre de cancers suspects déclarés dans la région.

Des défis pour le régime

Corruption, clientélisme, impression d’une distance toujours plus grande entre les privilégiés et la population, dégradations des conditions de travail, de vie, augmentation des pollutions sauvages… Les mécontentements se multiplient en Chine.

Les manifestations révèlent que la population, jugée parfois docile, commence à se rebeller contre les potentats locaux. À Wukan, ont été scandés des slogans pour la « fin de la dictature ».

Le gouvernement central qui suit de très près ces mouvements s’inquiète sérieusement de débordements possibles. Et les dispositifs policiers démesurés mis en place à Wukan en témoignent.

Leur presse (Pascal Piedbois Lévy, Le Nouvel Observateur), 21 décembre 2011.


Chine : le ras-le-bol ouvrier

Faibles salaires, conditions harassantes… Les conflits sociaux se multiplient dans des usines où la production est touchée par le ralentissement de la demande européenne et américaine.

Dans une maison de thé de la banlieue est de Shanghai, Chen Ling, ouvrière en grève, parle au téléphone avec l’une de ses collègues : « Tu veux renoncer ? » demande-t-elle. Voilà une semaine qu’un millier de salariés ont cessé le travail dans l’usine du groupe Hi-P, un sous-traitant qui fabrique des pièces en plastique et des composants électroniques pour Apple, entre autres. Emmitouflés dans leurs manteaux d’hiver, les grévistes campent toute la journée devant les grilles de l’usine. Quelques-uns ont été arrêtés la veille par la police, et sont toujours en détention.

Les dirigeants de l’entreprise veulent déménager les chaînes de production vers un district éloigné, ce qui entraînerait trois heures supplémentaires de transport par jour. Impensable pour ces ouvriers qui travaillent douze heures quotidiennes sur les lignes d’assemblage, et bénéficient de trois ou quatre jours de repos par mois.

Pour eux, cette histoire de déménagement équivaut à un licenciement sans indemnités. « Pour moi qui ai 33 ans, confie Chen Ling, il sera difficile de trouver un emploi ailleurs. » Chaque semaine, avec une collègue, elle alterne le travail de nuit et celui de jour : « Le passage de l’un à l’autre est épuisant. » Elle se sent piégée. Par son employeur, bien sûr, mais aussi par la police, qui l’a détenue pendant douze heures pour avoir « troublé l’ordre public » du fait de sa présence sur le trottoir, devant l’entrée de l’usine.

À l’intérieur des terres, une main-d’œuvre bon marché

Les grèves se multiplient en Chine. L’année dernière, déjà, un mouvement sur les chaînes d’assemblage de Honda avait mis en lumière le malaise ouvrier. À la même époque, une série de 14 suicides sur son gigantesque complexe de Shenzhen (sud) a poussé Foxconn, un autre sous-traitant d’Apple, notamment, à réévaluer la paie de ses employés de 50 % et à installer des filets sur les toits de ses bâtiments.

Largement commentés sur Internet, ces événements ont provoqué une onde de choc : un an et demi plus tard, les salaires ont augmenté de 15 à 20 % selon les régions. Mais les bénéfices de cette hausse sont amputés par la progression des prix, qui a fait les gros titres de l’actualité pendant toute l’année. Plus que jamais, les entreprises sont tentées de délocaliser leurs usines vers des régions à l’intérieur des terres, où la main-d’œuvre demeure bon marché.

Le mécontentement social reprend de plus belle depuis quelques mois, alors que les gains des industriels sont affectés par le ralentissement de la demande en Europe et aux États-Unis. À Dongguan, dans le très industriel delta de la rivière des Perles, les ouvriers d’un fabricant de chaussures ont obtenu de leur patron qu’il leur garantisse un nombre suffisant d’heures supplémentaires pour compenser un salaire de base particulièrement faible. Fin novembre, plusieurs centaines d’ouvriers ont organisé un sit-in à l’entrée d’une usine du Sichuan (centre) en cours de privatisation et dont la distribution d’actions était jugée inéquitable. À Jinhua, au sud de Shanghai, une centaine d’ouvriers de Tesco protestaient au même moment contre la suppression annoncée de leurs emplois. « Il y a presque une grève par jour, résume Liu Kaiming, un activiste du droit du travail et de la responsabilité sociale des entreprises. Les salaires ont certes progressé mais le coût de la vie aussi ; au bout du compte, il est toujours nécessaire de manger à la cantine, de vivre au dortoir et d’accumuler les heures supplémentaires pour joindre les deux bouts. »

Les heures supplémentaires n’en finissent jamais

Le cas de Chen Ling est parlant. Si elle gagne environ 4000 yuans par mois, soit 480 euros, son salaire proprement dit n’est que de 1280 yuans, le minimum fixe imposé à Shanghai pour une semaine de quarante heures. Plus des deux tiers de ses revenus (2720 yuans) proviennent des fameuses heures supplémentaires, qui n’en finissent jamais. Or c’est la promesse des 4000 yuans mensuels qui les a décidés, elle et son époux, à quitter la province rurale de l’Anhui, il y a quatre ans. Attirés par les lumières de la ville, ils ont laissé leur fille, aujourd’hui âgée de 7 ans, à la belle-mère de Chen Ling, souffrante. La mère et sa fille ne se voient qu’une fois par an, pendant deux semaines : « Lorsque j’ai des soucis au boulot, je pense encore plus fort à elle », confie l’ouvrière.

L’idée de faire grève est venue aux ouvriers de Hi-P en observant un mouvement lancé l’été dernier par les mécontents d’une autre usine du quartier. D’un naturel peu vindicatif, voilà l’ouvrière Chen révoltée : « La police aide les patrons mais nous, elle nous arrête. Les grévistes abandonnent, ils pensent que personne ne les soutiendra », constate-t-elle, impuissante. Puis elle soulève la question sensible entre toutes, au pays du Parti « communiste » : « Pourquoi le gouvernement n’aide-t-il pas les ouvriers ? » Réputés pour leur docilité et leur capacité à ravaler leur peine et leur salive, les ouvriers chinois se rebiffent, d’autant qu’ils sont mieux informés grâce à Internet. À l’usine Hi-P, certains disposent désormais d’un smartphone et se renseignent sur leurs droits grâce à Baidu, le grand moteur de recherche chinois, pendant leurs heures de repos.

Quant à la réaction du gouvernement, elle varie selon les provinces. Les autorités de la province atelier du monde, le Guangdong, dans le sud-est du pays, essaient d’encourager la négociation entre patronat et ouvriers, afin d’éviter que les conflits fassent tâche d’huile. Autour de Shanghai, en revanche, la répression est plus fréquente.

Des organisations officielles, simples relais du pouvoir

Dans ce pays où les syndicats indépendants sont interdits, les organisations officielles sont de simples relais du pouvoir. « Je ne sais pas trop qui sont les représentants syndicaux, indique Chen Ling, mais ils sont du côté de la direction. » Elle a bien constaté cependant qu’une cotisation mensuelle obligatoire de 10 yuans était prélevée sur sa paie… Les grèves, dans ces conditions, ne sont pas toujours victorieuses. La plupart des ouvriers abandonnent le combat après un ultimatum du patron. Chen Ling s’apprête à rentrer chez elle, dans l’Anhui. Déçue et sans indemnisation.

Leur presse (Arthur Henry, L’Express), 21 décembre 2011.

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[Le père Noël est une ordure] Des cadeaux high-tech pour les Robocop

Riot shields that project a wall of sound to disperse crowds will reduce violent clashes with police, according to a patent filed by defence firm Raytheon of Waltham, Massachusetts.

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The device looks similar to existing riot shields, but it incorporates an acoustic horn that generates a pressure pulse. Police in the US already use acoustic devices for crowd control purposes that emit a loud, unpleasant noise.

The new shield described by Raytheon produces a low-frequency sound which resonates with the respiratory tract, making it hard to breathe. According to the patent, the intensity could be increased from causing discomfort to the point where targets become “temporarily incapacitated”.

Acoustic devices haven’t seen wide adoption because their range is limited to a few tens of metres. The patent gets around this by introducing a “cohort mode” in which many shields are wirelessly networked so their output covers a wide area, like Roman legionaries locking their shields together. One shield acts as a master which controls the others, so that the acoustic beams combine effectively.

Raytheon declined to comment on the work. (…)

Leur presse (David Hambling, New Scientist, 14 décembre 2011)

(…) This riot shield design provides multidirectional protection from incoming projectiles whether directly ahead or above. When counterattacks are necessary, nonlethal weapons like tasers & defense spray are built into the shield & can be operated by a triggered handle. The real goal here: providing a deepened sense of security to defense personnel in hopes that nervousness doesn’t escalate violence. Inspired by the armadillo’s natural shell, the design incorporates a layered visor into the shield for size adjustment.

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Leur presse (Troy Turner, Yanko Design, 13 décembre 2011)


Police to test laser that ‘blinds rioters’

A shoulder-mounted laser that emits a blinding wall of light capable of repelling rioters is to be trialled by police under preparations to prevent a repeat of this summer’s looting and arson.

The technology, developed by a former Royal Marine commando, temporarily impairs the vision of anyone who looks towards the source.

It has impressed a division of the Home Office which is testing a new range of devices because of the growing number of violent situations facing the police.

The developer, British-based Photonic Security Systems, hopes to offer the device to shipping companies to deter pirates. Similar devices have been used by ISAF troops in Afghanistan to protect convoys from insurgents.

The laser, resembling a rifle and known as an SMU 100, can dazzle and incapacitate targets up to 500m away with a wall of light up to three metres squared. It costs £25,000 and has an infrared scope to spot looters in poor visibility.

Looking at the intense beam causes a short-lived effect similar to staring at the sun, forcing the target to turn away.

“The system would give police an intimidating visual deterrent. If you can’t look at something you can’t attack it,” said Paul Kerr, the firm’s managing director, told The Sunday Times.

“If police spot someone trying to do something untoward, painting them with this would certainly make them think twice about it,” he said. He said it could also be deployed during hostage rescues.

The Home Office has been considering new forms of non-lethal equipment since the August riots, with the limited range of tasers and CS gas leaving a “capability gap”.

A Home Office spokesman said scientists at its Centre for Applied Science and Technology believe the use of lasers “has merit” and that it will be piloted by at least one police force. However, they will have to be satisfied the technology does not cause long-term health damage before it can be approved by the Home Secretary.

Other technology being studied includes ‘wireless electronic interceptors’ that can be fired a greater distance than Tasers, and long-range chemical irritant projectiles, the newspaper said.

The Metropolitan Police is exploring the possibility of buying three water cannons at a cost of £4m. Currently the only police force in the UK to operate water cannon is the Police Force of Northern Ireland (PSNI), which has six. Scotland Yard is also increasing the number of officers trained to fire plastic bullets, as a direct response to the riots.

Leur presse (Matthew Holehouse, The Telegraph, 11 décembre 2011)

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[Biélorussie] Le KGB travaille

Les trois militantes ukrainiennes de Femen qui ont manifesté lundi seins nus à Minsk (Le Matin d’hier) ont été torturées par des agents du KGB, les services spéciaux du tyran biélorusse Alexandre Loukachenko. C’est la terrible nouvelle qu’a reçue hier la présidente des activistes de Femen, Anna Hutsol.

Restée en Ukraine, à Kiev, la présidente s’est battue hier toute la journée pour tenter de leur venir en aide. Tard hier soir, elle a enfin reçu des nouvelles. Selon les autorités consulaires ukrainiennes en Biélorussie, les trois activistes ont été prises en charge par des policiers locaux et escortées dans un hôpital.

« Elles sont très mal en point et ont besoin de soins », a déclaré au Matin Anna Hutsol. La présidente respire un peu et attend que, comme promis, ses camarades soient escortées aujourd’hui jusqu’en Ukraine.

La journée a très mal commencé. En effet, les trois activistes n’ont pu, hier matin, passer qu’un seul coup de téléphone après leur passage à tabac par les sbires du régime biélorusse. Abandonnées nues dans une forêt de la région de Gomel à plus de 300 kilomètres de la capitale, Minsk, les malheureuses ont marché et trouvé un habitant qui leur a prêté un téléphone pour appeler au secours Anna Hutsol.

« Nous avons immédiatement contacté les autorités ukrainiennes pour les sortir de ce piège en Biélorussie, où on leur a retiré leurs papiers », raconte la présidente de Femen.

Présent à ses côtés à Kiev, le cinéaste romand Alain Margot, qui avait participé à les faire venir en Suisse et en Europe il y a deux mois, ne cache pas son angoisse : « Nous avons peur pour elles. Elles ont été battues et cela peut recommencer. J’aurais dû les suivre à Minsk, mais je n’ai pas obtenu de visa. »

L’action des Femen en Biélorussie a dérapé après une courte manifestation seins nus devant le quartier général du KGB à Minsk lundi après-midi. Il s’agissait de protester contre la répression du régime, un an après la réélection truquée du tyran Loukachenko. La police a d’abord arrêté les représentants des médias, alors que les trois activistes réussissaient à s’enfuir.

Mais au moment de prendre leur train pour repartir à Kiev lundi soir, elles ont été coffrées « par des policiers et des agents du KGB », selon Inna Shevchenko, une des trois activistes qui a pu téléphoner à la présidente.

Voilà son terrible récit : « Les agents nous ont bandé les yeux et jetées dans un bus qui a roulé toute la nuit. Puis, dans une forêt, ils nous ont forcées à nous déshabiller, arrosées d’huile et menacées de nous brûler vives. Ils nous ont aussi coupé les cheveux avec un couteau. Après nous avoir battues, ils nous ont abandonnées nues et sans papiers. » Toujours selon Inna, toute la scène a été filmée par des hommes du KGB.

Leur presse (Ludovic Rocchi, Le Matin, 20 décembre 2011)

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[Commune de Wukan] Un début de victoire – Nouveaux affrontements à Haimen

Chine : les autorités lâchent du lest à Wukan, un village rebelle

WUKAN (Chine) — Les autorités chinoises ont fini par lâcher du lest face à la rébellion des habitants d’un village du sud de la Chine excédés par les expropriations, en allégeant la présence policière et en promettant mercredi de libérer trois meneurs de la révolte.

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« Les trois vont être libérés l'un après l'autre aujourd'hui (mercredi) et demain (jeudi) », a déclaré aux résidents Lin Zulian, après des discussions entamées avec les responsables communistes locaux dans le but de faire retomber la tension dans ce gros bourg du sud de la Chine.

Cette volte-face, après plus de dix jours de blocus du gros bourg de Wukan, montre que le pouvoir s’inquiète du bruit que fait dans le pays ce soulèvement et qu’il redoute une possible contagion à d’autres villes, notamment dans le sud manufacturier où des graves conflits sociaux ont éclaté ces derniers jours.

Les 13.000 citoyens de Wukan, sur la côte de la province méridionale du Guangdong, avaient obtenu que leurs représentants puissent s’entretenir mercredi avec Zhu Mingguo, un responsable local du Parti communiste.

Cela avait conduit les habitants, qui accusent leurs cadres communistes locaux de corruption, à reporter une marche prévue ce même jour.

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Le résultat de l’entrevue a été annoncé par le porte-parole des résidents Lin Zulian. « Les trois vont être libérés l’un après l’autre aujourd’hui (mercredi) et demain (jeudi) », a déclaré M. Lin, qui a confié être « très satisfait ».

« Ce n’est pas une victoire mais un début de victoire », a estimé M. Lin. Selon lui les autorités communistes ont également promis de rendre au village, à une date non précisée, le corps d’un autre des meneurs de la révolte, Xue Jinbo, mort récemment en détention.

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Les villageois de Wukan accusent la police d’avoir battu à mort M. Xue, qui avait pris la tête de manifestations ayant dégénéré en violences en septembre contre des expropriations.

Les autorités ont affirmé que l’homme était mort d’une « défaillance cardiaque » à l’âge de 42 ans.

Les forces de sécurité, qui maintenaient un blocus depuis plus de dix jours autour de Wukan, ont par ailleurs levé certains de leurs barrages.

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Les résidents de Wukan sont en révolte ouverte contre les autorités pour demander des réparations après des saisies de terres qu’il jugent illégales.

En dépit de la censure, ce soulèvement est très suivi sur les sites de microblogs en Chine.

Selon M. Lin, Zhu Mingguo a promis que les villageois de Wukan recevraient des compensations pour les terres saisies, même si le responsable communiste n’est pas rentré dans les détails.

La révolte de Wukan est devenue une épine dans le pied du Parti communiste du Guangdong, province prospère située aux portes de Hong Kong et considérée comme la vitrine de l’époustouflante réussite économique de la Chine.

Dans cette même province, des milliers d’habitants avaient manifesté mardi contre la grave pollution causée selon eux par une centrale thermique au charbon.

Les policiers avaient frappé brutalement les protestataires et les avaient repoussés avec des gaz lacrymogènes, selon des témoins.

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Les autorités citées par la presse officielle ont annoncé suspendre un projet d’extension de cette centrale, mais cela n’a pas empêché les riverains de manifester à nouveau mercredi. Les policiers, visés par des jets de briques, ont encore frappé en retour les protestataires, ont rapporté des témoins.

Des manifestants parlant par téléphone à l’AFP ont affirmé qu’un adolescent de 15 ans ainsi qu’une femme avaient trouvé la mort. Selon la télévision Oriental TV, basée à Hong Kong, les violences ont fait six morts et près de 200 blessés parmi les résidents. L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer ces faits de façon indépendante.

Ces troubles mettent à mal en tout cas le thème central de « société harmonieuse » que tente de promouvoir le pouvoir chinois, alors qu’une nouvelle génération de leaders communistes doit prendre ses fonctions l’an prochain.

Les recherches sur l’internet contenant le mot de la ville « Haimen » étaient censurées mercredi.

Leur presse (Agence Faut Payer), 21 décembre 2011.

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[Le Caire] Des milliers d’Égyptiennes dénoncent les violences du régime militaire

Des milliers d’Égyptiennes ont manifesté dans les rues du Caire, mardi, pour dénoncer les abus commis contre les femmes lors de la répression des manifestations sur la place Tahrir au cours des derniers jours.

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De nombreuses vidéos et images ont été mises en ligne sur les réseaux sociaux, témoignant de la brutalité de l’intervention des militaires. Des manifestants ont été passés à tabac et frappés à coups de pied à la tête, tandis que des femmes ont été agrippées par les cheveux et projetées par terre. L’une d’entre elles s’est retrouvée à moitié nue sur le sol après s’être fait arracher sa robe par des soldats.

En marchant de la place Tahrir au centre-ville, des manifestantes ont brandi la photo de la jeune femme à moitié déshabillée par les militaires, où l’on peut la voir allongée au sol vêtue d’un soutien-gorge bleu.

« Tantaoui a mis nos femmes à nu, joignez-vous à nous ! », a scandé la foule, en référence au maréchal Hussein Tantaoui, chef du conseil militaire qui dirige l’Égypte depuis la chute de Hosni Moubarak, le 11 février. « Les filles d’Égypte sont une ligne rouge à ne pas franchir », ont crié les manifestantes.

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Avant même la fin de la manifestation, le conseil militaire a diffusé une déclaration inhabituelle exprimant ses regrets pour ce qu’il a qualifié de « violations » contre les femmes, un revirement inattendu après plusieurs jours de déni quant à la gravité des abus commis par les militaires.

Le conseil a exprimé ses « profonds regrets pour les femmes d’Égypte » et a affirmé son « respect et son appréciation totale » envers les femmes et leur droit de manifester et de participer à la vie politique. Le conseil a promis de prendre des mesures pour punir les responsables des violations.

Cette déclaration laisse penser que les militaires craignent que les attaques contre les femmes ne nuisent à leur réputation dans le pays et à l’étranger, une réputation déjà entachée par la répression violente des manifestations au Caire depuis cinq jours. (…)

La répression des manifestations au Caire a fait au moins 14 morts et des centaines de blessés en cinq jours, selon le plus récent bilan officiel.

Les violences ont débuté dans la nuit du 16 au 17 décembre, quand l’armée a délogé brutalement des manifestants qui campaient pacifiquement depuis trois semaines devant le siège du gouvernement pour demander le transfert du pouvoir aux civils. Depuis, la violence s’est déchaînée sur la place Tahrir, épicentre du soulèvement populaire de janvier dernier, et dans les environs.

Les images de la manifestante à moitié déshabillée, dont l’identité n’est pas connue, a touché une corde sensible chez les Égyptiens. Une bannière montrant la jeune femme violentée par les soldats a été affichée sur la place Tahrir pour que les passants puissent la voir.

« Cette fille est comme la mienne », a dit Um Hossam, une Égyptienne âgée de 54 ans vêtue d’une robe noire et d’un hijab, qui participait à la manifestation de mardi. « Je suis une femme libre, et attaquer cette femme ou tuer des manifestants revient à s’en prendre à mes propres enfants », a-t-elle dit.

Protégées par une chaîne humaine entièrement masculine, les manifestantes ont marché de la place Tahrir au syndicat des journalistes, à plusieurs coins de rue de là, en scandant des slogans demandant la démission du conseil militaire.

Plusieurs ont accusé les militaires de viser intentionnellement les femmes pour les effrayer et pour dissuader leurs proches de sexe masculin de participer aux manifestations contre les généraux.

Les militaires ont déjà laissé entendre que les femmes qui participent aux manifestations étaient des femmes aux mœurs légères. En mars, des soldats ont même contraint des manifestantes à se soumettre à des tests de virginité.

« Ils tentent de briser l’esprit des femmes, en commençant par les tests de virginité. Ils veulent briser leur dignité afin qu’elles ne sortent pas pour manifester », a estimé Maha Abdel-Nasser, une ingénieure qui a participé à la manifestation.

Leur presse (Associated Press), 20 décembre 2011.

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[Collectif Lieux Communs] CQFD

Le louche naïf Yves Coleman s’est fendu d’une réplique à la dernière tentative, assez maladroite et insignifiante, des petits hortefeux de Paris-VIII de sortir de la fosse à purin où nous les avons (re)poussés, dans laquelle il écrase (un peu trop ?) facilement ses ex-compères fargettistes, et balance un pseudo-provocateur nazi anonyme (« X ») tout en trouvant des excuses à son « ami » Fargette. C’est en tout cas un exemple édifiant de la misère abyssale des « discussions politiques » ou « militantes » organisées à Paris.

No pasarán !

F.

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[Algérie] Grève de la faim antisyndicale à la Sonatrach

Sonatrach : grève de la faim à Hassi R’mel

Environ 2000 travailleurs de Sonatrach au niveau de Hassi R’mel ont entamé une grève de la faim ce mardi 20 décembre. Cette action intervient à la veille de la réunion du syndicat national qui se tiendra mercredi à Hassi Messaoud.

En plus de cette grève, les travailleurs ont décidé lors d’une assemblée générale organisée au site dit des Mille studios de Hassi-R’mel de poursuivre leur cycle de rassemblement devant le siège de la direction régionale de Sonatrach commencé la semaine dernière.

Les travailleurs ont également décidé de boycotter toutes les réunions et les activités de leur syndicat d’entreprise. Dans une déclaration à El Watan.com, un travailleur qui a requis l’anonymat a estimé qu’il est plus judicieux pour le syndicat de l’entreprise de tenir sa réunion à Hassi R’mel qu’à Hassi Messaoud étant donné qu’elle assiste à la reprise de la grogne des travailleurs.

Notre interlocuteur a estimé que les travailleurs sont exaspérés par la non prise en considération des revendications qu’ils ont exprimé. Ainsi, il affirme que l’augmentation de 80% des salaires des travailleurs de la Sonatrach est une fausse augmentation étant donné qu’elle est basée sur la revalorisation des indemnités et non le salaire lui-même.

Les travailleurs réclament une augmentation de 50% de salaire. Figurent aussi dans la plate-forme de revendications votée par les travailleurs, la revalorisation des indemnités du travail posté, de la nuisance et de l’ISS, l’alignement des salaires du corps administratif sur ceux du technique, ainsi que l’attribution de la prime de risque.

Il est à rappeler que le conseil d’administration de Sonatrach a décidé, jeudi dernier, de porter le taux des indemnités à 80% au lieu de 53%, tel décidé en novembre dernier.

Leur presse (Mina Adel, El Watan, 20 décembre 201)


Ils radicalisent leur mouvement de protestation à partir d’aujourd’hui – Les travailleurs de Hassi-R’mel en grève de la faim
Le collectif exige désormais une augmentation de 50% de salaire.

Les travailleurs de Sonatrach de Hassi-R’mel ont décidé d’entamer une grève de la faim illimitée à partir d’aujourd’hui. La décision a été prise dans la soirée d’avant-hier, lors d’une assemblée générale des travailleurs organisée au site dit des Mille studios de Hassi-R’mel. Les protestataires ont également décidé de poursuivre leur cycle de rassemblement devant le siège de la direction régionale de Sonatrach commencé la semaine dernière. L’autre mesure prise à l’issue de cette assemblée consiste en le “boycott de toutes les réunions et les activités de leur syndicat d’entreprise”.

Les travailleurs, visiblement insatisfaits de la dernière décision prise par le conseil d’administration de Sonatrach relative à l’augmentation du taux de certaines indemnités, exigent désormais une augmentation de 50% de salaire. Parmi les autres points figurant dans la plate-forme de revendications votée par les travailleurs, figurent la revalorisation des indemnités du travail posté, de la nuisance et de l’ISS, l’alignement des salaires du corps administratif sur ceux du technique, ainsi que l’attribution de la prime de risque. Selon nos informations, les travailleurs ont écarté l’idée de l’observation d’une grève dans les chantiers en raison de l’attitude de l’Inspection du travail qui leur a signifié que cette action est du seul ressort du syndicat d’entreprise.

“Mais personne ne peut nous interdire de faire une grève de la faim, ni encore de protester”, nous dira un travailleur joint hier par téléphone. Les travailleurs de Hassi-R’mel ont critiqué, lors de cette réunion, leur syndicat d’entreprise et ont demandé à leurs quatre représentants qui siègent dans cette structure de ne pas assister à la réunion prévue demain mercredi à Hassi-Messaoud. “Nos représentants vont continuer à boycotter les réunions du syndicat d’entreprise tant que ce dernier ne daigne pas prendre en charge nos revendications”, dira un autre travailleur. De son côté, le chargé de la communication du syndicat d’entreprise nous a affirmé, hier, que l’ensemble des travailleurs de Sonatrach exerçant au Sud “sont satisfaits de l’augmentation des indemnités à 80% au lieu de 53% pour la période allant du 1er juillet 2008 au 31 décembre 2009”. Il nous dira que “des messages d’encouragement continuent de parvenir au siège du syndicat d’entreprise”, avant de préciser que le syndicat d’entreprise ne ménagera aucun effort pour prendre en charge les doléances des travailleurs. “C’est pour cela que nous avons décidé d’organiser, pour la première fois, notre conseil au Sud, et plus précisément à Hassi-Messaoud, pour monter notre bonne volonté à nous rapprocher davantage des travailleurs”, poursuit-il.

Pour rappel, le conseil d’administration de Sonatrach a décidé, jeudi dernier, de revoir sa décision prise le 13 novembre dernier, qui avait provoqué un tollé général parmi les travailleurs de Sonatrach et ceux des autres entreprises parapétrolières. Ainsi, sur décision du P-DG de Sonatrach, Abdelhamid Zerguine, une nouvelle résolution, qui porte désormais le taux des indemnités à 80% au lieu de 53%, a été votée. Donc, l’indemnité du travail posté (ITP), l’indemnité de nuisance et l’indemnité de zone et de conditions de vie passent de 53 à 80% avec effet rétroactif pour la période allant du 1er juillet 2008 au 31 décembre 2009.

Leur presse (Madjid T., Liberté, 20 décembre 2011)

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[Nique la police et son monde] Soutien aux copains de Toulouse à Montpellier

Si on les barres haut !!

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Il y a quelques jours, de petits zoulous ont dégradé les façades et les alentours de la MGP (mutuelle générale et retraites des keufs) avec des inscriptions comme « Feu aux prisons » ; « On voulait juste vivre tranquille, nique la police et son monde » ; « Crève la Justice »… Pourquoi ? La rage mon frère ! et en soutien aux gens de Toulouse et de Nantes.

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Ces petits voyous ont pu disparaître comme par magie malgré la caméra… Acabadabra…

YES FUTURE ! Que crève l’État ! Feu à l’EPPO de Nîmes !

Reçu le 20 décembre 2011.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec , , , , , | Un commentaire

Quelques informations sur les protestations du 10 décembre en Russie

Présence anarchiste le 10 décembre en Russie (après les élections législatives)

Pour information, le 10 décembre, des meetings ont eu lieu dans de nombreuses villes russes pour protester contre les falsifications aux élections législatives. Les anarchistes y étaient présents (à Nijni Novgorod, Vologda, Ekaterinbourg, Ijevsk, Vladivostok, Irkoutsk, Ufa, Kirov, Ijevsk, Tiumen, Voronej, Moscou, etc. [Selon le site des anarcho-communistes]). Dans de nombreuses villes de province, ces protestations ont rassemblé quelques milliers personnes. À Moscou, on parle de 50’000 à 70’000 (certains participants disent que, au total, durant toute la journée, à peu près 100’000 personnes ont participé à cette manifestation, les gens partaient et des nouvelles personnes venaient au fur et à mesure).

Certains militants anarchistes évoquent la possibilité d’une « révolution orange » en Russie (peut-être, pas tout de suite, mais dans les mois ou les années qui viennent). Pour le moment, il n’y a pas de front d’opposition unique. Mais il va certainement se former. Il y a une forte chance que des libéraux et des nationalistes trouveront un accord et essaieront de prendre le pouvoir.

Malheureusement, les anarchistes ne représentent pas, en ce moment, une très grande force en Russie actuelle. Mais ils vont profiter de la situation, pour propager au maximum leurs idées et pratiques tout en refusant de collaborer avec des démocrates et marxistes autoritaires.

Environ 400 anarchistes et antifascistes ont participé, le 10 décembre, au meeting sur la place Bolotnaya à Moscou.

Lors du rassemblement, les anarchistes ont crié des slogans : « Notre candidat c’est l’autogestion », « Tous les politiciens sont des escrocs et des voleurs », etc.  Les gens autour ont repris ces slogans.

Lors du meeting, ce sont principalement des libéraux qui ont pris la parole en exigeant des élections justes, la libération des personnes arrêtées lors des actions précédentes, la démission du gouvernement de Poutine et la dissolution de la Douma, en appelant la population à participer plus activement aux élections présidentielles. Pour le moment, il n’y a pas d’unité entre les différents mouvements libéraux, bien qu’ils soient tous unis par l’idée de mécontentement à l’égard du parti « Russie unie » et des résultats des élections. Les problèmes sociaux de la Russie n’ont quasiment pas été évoqués.

Il y avait quelques échauffements entre des anarchistes et nationalistes. Selon nos sources, aucun anarchiste n’est arrêté.

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Les anarchistes au meeting d’Irkoutsk (Sibérie), avec la banderole « Auto-organisation - voie vers la liberté ».

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La protestation du 10 décembre a rassemblé près de mille personnes à Irkoutsk.

Ci-dessous, nous avons traduit le tract diffusé par des anarchistes lors du meeting à Irkoutsk.

« IL N’Y A PAS D’ÉLECTIONS  CRÉDIBLES ! AUCUNE CONFIANCE AUX PARTIS !

Le peuple n’a pas son propre parti, seules les élites dirigeantes et les patrons ont les leurs.

Mais aucun d’entre eux ne représente nos intérêts : ni ER [Russie Unie, NdT], ni LDPR [Parti libéral-démocrate], ni SR [Russie Juste], ni KPRF [Parti communiste], ni aucun autre. Ils sont tous des marionnettes du capital, ils ne pourront jamais représenter les intérêts des gens ordinaires.

Les partis politiques sont prêts à alimenter le bavardage inutile, mais ils n’iront jamais lutter contre la brutalité policière, l’arbitraire des fonctionnaires, la crise économique !

Ils veulent des emplois pépères et de l’argent provenant de NOTRE budget qu’ils obtiennent grâce à ceux qui se rendent aux urnes et leur donnent leurs voix.

Nous ne devons pas accepter les résultats des élections, car, peu importe quels sont les résultats, ces partis y gagnent, c’est le peuple travailleur qui y perd. Il est difficile de gagner au jeu où vos adversaires en sont en même temps les juges.

Contre tous les partis ! Pour la démission du gouvernement !

Aucune confiance aux commissions électorales, la TsIK – démission ! [TsIK, Le Comité central des Élections, NdT].

Soutenez nos exigences :

— Amélioration des conditions de travail et amélioration du niveau de vie ;

— Transfert des usines, fabriques aux collectifs de travailleurs ;

— Liberté d’expression, de presse, de réunion et inviolabilité de la personne ;

— Protection de l’environnement.

Nous nous opposons à :

— Arbitraire policier ;

— Nationalisme ;

— Militarisme;

— Discrimination selon le genre et les particularités culturelles ;

— Capitalisme et mondialisation ;

— Politiques des sociétés transnationales, FMI, OMC.

Le peuple doit prendre son destin entre ses propres mains.
Le pouvoir au peuple, non aux partis ! »

Tract signé « Action Autonome – Irkoutsk », anarchistes d’Irkoutsk

Quelques photos des manifestations du 10/12/2011 : à Moscou ; à Irkoutsk.

Traduit du russe (Action autonome) – liaison Troyes FA, 17 décembre 2011.


http://pix.toile-libre.org/upload/original/1324416961.jpgVidéo de la manifestation organisée sur la place Bolotnaya à Moscou le 10 décembre. Les anarchistes et les antifascistes incitent l’extrême-droite à quitter la manifestation…

Voici une image qui suscite de l’incompréhension : les anarchistes et l’extrême-droite se trouvent côté à côte lors de la grande manifestation du 10 décembre à Moscou.

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Les différents ennemis des anarchistes n’ont pas hésité de profiter de ces cadres pour ouvrir une campagne de diffamation contre le mouvement anarchiste et antifasciste russe… Ci-dessous, nous publions la réponse des anarchistes (« Action autonome », anarcho-communistes russes)…

Malgré le fait que des organisateurs mous du meeting du 10 décembre ont considéré que les nazis peuvent être présents et affirmer leurs positions, les anarchistes de Moscou et antifascistes ont scandé, à l’unisson, un avis différent : « Allez, allez, cassez-vous, allez vous faire enculer ; les salauds nazis ne sont pas bienvenus ici ». Nous publions cette vidéo pour réfuter les affirmations propagées par les média du « système » comme quoi « les anarchistes se sont unis avec les nationalistes ». Cette vidéo démontre clairement que ce n’est pas du tout le cas.

Traduit du russe (Action autonome) – liaison Troyes FA, 17 décembre 2011.


14 décembre,  Saint-Pétersbourg : Une action de solidarité avec Philippe Kostenko

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1324392444.jpgLe 14 décembre, dans l’après-midi, les anarchistes de Saint-Pétersbourg ont tenu un rassemblement de soutien au prisonnier politique Philippe Kostenko. L’objectif principal était d’informer les habitants de la ville sur la situation dans laquelle s’est retrouvé cet activiste. En fait, la peine appliquée à son égard est indûment sévère. En outre, Philippe est en train de faire la grève de la faim. Les militants ont déployé une banderole « Liberté pour l’anarchiste Kostenko », ont allumé des torches ; une participante à cette action a énoncé  un discours passionné. Durant l’action, ont été distribués des tracts avec des informations détaillées sur le prisonnier, que des passants prenaient volontiers.

Le 6 décembre, avant la manifestation, Philippe Kostenko a été arrêté devant le métro Gostiny Dvor, lors de la protestation contre les élections (quelque 500 personnes y ont manifesté ; la police a alors interpellé quelque 200 manifestants). Il a été condamné à 15 jours de détention. En prison, il a entamé une grève de la faim.

Philippe, nous  espérons que tu as suffisamment de santé et de forces, et nous attendons ton retour. La lutte continue !

Traduit du russe (Action autonome) – liaison Troyes FA, 17 décembre 2011.


15 jours de prison : comment c’est.
15 days of arrest – how it is. Text by Filip Kostenko, arrested St. Petersburg anarchist on hungerstrike

Filip Kostenko is one of the hundreds of people, arrested in Russia during a crackdown against protests against bogus elections. He was singled out as a political activist, and given a 15 day arbitrary prison sentence. He has been in a hungerstrike since 7th of December.

Arch ceilings and windows, wrought bars with peaks, iron stairs, galleries connecting three floors of cells/. This is Zakharievskaya street, 6, view from inside, special police prison. The building looks as it was described in old books about revolutionaries of the past. This prison was built in the 19th century, at the tsar’s times, it still functions in the 21st century. No change. As if time has stopped here. All this time that the state has stolen from the prisoners.

The authorities did not expect so strong protests. When the results of the falsified election were published thousands went to the streets. The era of stability is over. As usual, the authorities’ reaction is panic. They seize everybody. They also seize me. It is a pity that they seize me before everything begins. They drag me into the bus where OMON checks how my ribs survive punches, and also takes away my firecrackers. In 20 minutes the bus is packed. There are activists of protest movements, people who have come to the street for the first time because they are fed up, many people were arrested arbitrarily. No difference, they carry everyone to the police station to spend the night there. For some people it is the first night in captivity. Now people see the state as it is. But this does not cause fear. On the contrary, it gives courage and the understanding of the necessity to struggle.

The bus window is broken and covered with plastic. Somebody must have left through it yesterday and this suits us fine. We are waiting for the court for a long time, the convoy become less watchful. It is easy to tear the plastic away. There is another guy with me who had been clever enough to leave his passport at home. We run a reasonable distance away and calm down. Too early. They see our route with CCTV cameras and the political police are after us. Now we are lying on the ground — our faces on asphalt.

The most humane court in the world is headed by judge Kouznetzov. About 200 detained people pass through his court, for most of them the hearings are laid off, but there are special orders. Political police are here and they are consulting him. I am recognized — takeover of cruiser Aurora, action at Vasilevsky, at Primorskaya… Some of them have been waiting for me undercover at the place of my official recidence. Different police departments even start competing, who will get me. Kouznetsov’s ruling is quick, no formalities: 15 days in prison, this is the order of the police chief. The guards make me put my hands to the back immediately, one of them is an Afghanistan war veteran and he promises to shoot me dead with one bullet.

The time moves very slowly. The heads of this humanitarian shelter are very polite, they strongly recommend me to taste their dinner, but my choice is hunger strike. I have not been eating for three days and I feel well. Why should man stay in prison, moreover why should one eat there?!

Those, who have been maximally deprived of freedom still can continue their struggle and we do continue. A cell mate who received 10 days in prison joins me. He is an activist of Strategy 31. They separate us very quickly, probably they are afraid of us agitating for a riot. Political prisoners are kept separately here, the guards say this is done to prevent them from spreading their ideas.

The lawyer comes and brings news. Many notes from friends and comrades. The feeling of support is practically physical. Frustration goes. We are alive and continue struggle. I am talking with the guard about the perspective. All parties are the same. People must decide for themselves. The guard seems surprised, he has not expected such an approach. A walk in the yard. I am given 15 minutes, will go to breathe some fresh air while I still have the strength. No sign of winter in our Northern city so far, let’s see what it will be in 15 days.

On Dec. 12 the lawyer visited Philip. She says that after 5 days of hunger strike he has become very thin. The doctor sees him every day. The prison head came to persuade him to give up. Philip remains unbending and is sending his salute to comrades.

Action autonome, 14 décembre 2011.

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[Reichstag remake] L’Institut d’Égypte

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75% des 200’000 documents ont été complètement détruits. L’incendie a duré 48 heures, aucune voiture des pompiers qui se trouvent à quelques mètres n’a bougé. Lors de l’incendie du Sénat en 2008, qui se trouve à proximité, des hélicoptères de l’armée avaient participé aux opérations de sauvetage.

Galila El Kadi – 20 décembre 2011.

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[Belgique] Grève sauvage des cheminots

Pensions : grève au finish à la SNCB de Mons et de Charleroi

L’assemblée générale des travailleurs de la SNCB à Mons vient de décider de la grève. Selon les syndicats, cette grève se tiendra au finish jusqu’à ce que les réformes concernant les pensions soient abandonnées. À Charleroi aussi, depuis ce milieu de matinée, la gare est complètement bloquée.

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Les cheminots ont manifesté dans Charleroi ce mardi matin

À l’origine des perturbations rencontrées sur le rail ce mardi matin en Hainaut occidental, un mouvement spontané des conducteurs, tous syndicats confondus. Ils protestent contre la réforme des retraites, réforme qui a poussé les syndicats à lancer un mot d’ordre de grève pour jeudi.

Les lignes Bruxelles-midi – Quévy, Bruxelles-midi – Tournai et Tournai – Mouscron sont fortement perturbées. Également touchée : la ligne Denderleeuw – Ath. En Hainaut occidental, 90% des conducteurs sont en grève.

Vers 10 heures 30, les cheminots carolos ont décidé de bloquer toute la circulation des trains en gare de Charleroi. Eux aussi sont tout à fait mobilisés contre la réforme des pensions.

Lundi soir, Vincent Van Quickenborne, le ministre des Pensions, avait affirmé qu’au terme de la réforme, le personnel roulant de la SNCB pourrait continuer à bénéficier d’une retraite anticipée à 55 ans, ce dont doutent les syndicats. “Comment serait-ce possible, avec des carrières de 40 ans”, s’est interrogé Luc Piens (CSC Transcom). Contactés par l’agence Belga, les syndicats affirment que la grève aura donc bel et bien lieu : une grève de 24 heures prévue à partir de 22h00 mercredi.

Les bureaucrates contre la grève

Claudy Deschaepmeester, secrétaire national CGSP, à propos de cette grève spontanée : “Je pense que c’est une réaction rapide aux menaces qui concernent la réforme des pensions et pour la SNCB en tout cas, en particulier. La loi doit être votée jeudi, nos affiliés décident de partir en grève aujourd’hui parce que, sans doute, ils se disent que jeudi, c’est trop tard de réagir, quoi. (…) Vous savez, c’était déjà très chaud hier matin. On a eu déjà beaucoup de difficultés à tenir le calme sur le terrain, quoi, je vais dire ça comme ça et bon, eh bien aujourd’hui, avec les annonces qui ont été faites, avec la rapidité avec laquelle, seront prises les mesures concernant les réformes des pensions, c’est quand même scandaleux !

— Il faut s’attendre à ce que le mouvement perdure jusqu’à jeudi ?

— Oh, certainement, certainement, certainement, oui, nos gens sont déchaînés, ça va être très, très difficile de rattraper la situation.” (…)

À l’issue de l’assemblée générale qui a réuni les travailleurs montois ce mardi matin, on apprend que le personnel roulant — conducteurs et accompagnateurs — a décidé d’arrêter le travail jusqu’à ce que les réformes touchant le volet “pensions” soient abandonnées.

Leur presse (RTBF), 20 décembre 2011.


Grève sauvage SNCB dans le Hainaut : Châtelet et Charleroi-Sud rejoignent le mouvement

Les gares de Mons, Ath, Tournai, Braine-le-Comte sont paralysées. Le personnel des gares de Charleroi-Sud et Châtelet ont rejoint le mouvement. Les trains qui passent par ces gares ont énormément de retard, quand ils ne sont pas tout simplement annulés. Les conducteurs ont débrayé spontanément pour dénoncer la réforme des retraites du gouvernement. Ils prennent de l’avance sur l’action organisée jeudi.

(…) Les lignes perturbées sont la ligne 96 Bruxelles-Midi – Quévy, la ligne 94 Bruxelles-Midi – Tournai, la ligne 75A Tournai – Mouscron, la ligne 90 Denderleeuw – Ath, la ligne 97 Mons – Quiévrain, la ligne 78 Tournai – Saint-Ghislain, la ligne 124 Bruxelles-Midi – Charleroi-Sud et la ligne 130 Charleroi-Sud – Namur. Des bus ont été mis à la disposition des voyageurs entre Ath et Enghien et un train navette a été mis à disposition entre Leuze et Mouscron. La circulation des trains est interrompue entre Lessines et Jurbise. Par contre, les trains entre Grammont et Lessines circulent normalement. (…)

Les jaunes travaillent

“Je regrette pour les voyageurs parce qu’ils sont un peu surpris. Moi, je ne suis pas surpris parce que j’avais eu des échos de ce qui se préparait hier. J’ai essayé de tempérer les gens et de leur dire qu’on faisait grève tous ensemble le jeudi parce qu’il est toujours mieux de prévenir les gens…”, a déclaré Léopold Duplat, permanent CGSP Tournai joint ce matin par Miri Huys pour Bel RTL. À la question de savoir s’il soutenait cette grève, le délégué syndical s’est montré particulièrement évasif, lisez plutôt : “C’est une question problématique avec les instances syndicales… On ne va pas dire… On reconnaît que c’était indispensable de faire grève… C’est dommage que ça arrive comme ça”, a-t-il tenté d’expliquer. (…)

Leur presse (RTL.be), 20 décembre 2011.

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[Révolution chinoise] La police travaille à Haimen (Guangdong)

Chine : une manifestation dégénère, violences de la police

Une manifestation contre une centrale thermique accusée de polluer l’environnement dans une ville du sud de la Chine, Haimen, a dégénéré, la police anti-émeute frappant brutalement les protestataires et les repoussant avec des gaz lacrymogènes, ont rapporté des témoins.

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Ces violences se sont déroulées dans la province du Guangdong (sud), où est concentrée une part importante de l’industrie manufacturière chinoise travaillant pour les exportations, et où une série de conflits sociaux ont éclaté ces dernières semaines.

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Des protestataires parlant par téléphone à l’AFP ont affirmé qu’un adolescent de 15 ans avait trouvé la mort et que plus de cent autres manifestants avaient été violemment frappés par les forces de l’ordre.

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L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer ces faits de façon indépendante. Les autorités locales n’ont pas répondu à des appels téléphoniques de l’AFP et une femme contactée au Bureau de sécurité publique de Haimen a nié que des troubles aient éclaté dans la ville.

La ville de Haimen se trouve à environ 115 kilomètres au nord-est de Wukan, un village actuellement en rébellion contre les dirigeants locaux qu’ils accusent de corruption.

Leur presse (Agence Faut Payer), 20 décembre 2011.


Chinese police “fire tear-gas and beat protesters”

(…) Photos posted online purportedly of the protest scene showed dozens of police armed with batons and shields lined up along a stretch of road.

Other photos showed protesters surrounding a government building with dozens standing on the roof of the entrance.

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“They are still firing tear gas right now, lots of people are crying and they are on the ground,” a protester told AFP, estimating that 100 to 200 riot police had confronted residents.

“If they continue, we will come out tomorrow and keep protesting. They are starting to beat people now,” he said, before hanging up.

Another demonstrator told AFP that 10,000 residents had blocked a highway into the town to “get attention” after the local government refused to see them.

“We are protesting because we want the power plant to move away. Lots of local people have illnesses such as cancer,” a resident said.

State media reported last month that a 7.4-billion-yuan ($1.17-billion) expansion of a power plant in Haimen had failed environmental tests.

Toxic metals found in local waterways, such as lead, zinc and nickel, “exceeded the standard level”, Caixin said.

Three decades of rapid economic growth have left most waterways in China severely contaminated and protests over environmental pollution are increasing. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer), 20 décembre 2011.

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[Tahrir vaincra] Ce mardi matin – 20 décembre 2011

Nouvelle charge des forces de l’ordre sur la place Tahrir

La police et l’armée égyptiennes ont tiré des coups de feu et fait usage de gaz lacrymogènes et de matraques mardi pour tenter une nouvelle fois, pour la cinquième journée consécutive, de déloger de la place Tahrir du Caire des manifestants hostiles au pouvoir militaire. D’intenses fusillades ont résonné à travers la place tandis que les forces de sécurité chargeaient des centaines de manifestants refusant de quitter les lieux.

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Avant cette intervention des forces de l’ordre, des manifestants ont tenté de briser un mur de briques érigé pour bloquer l’accès au parlement, situé non loin de la place Tahrir.

De sources médicales, on estime que 13 personnes sont mortes et des centaines d’autres ont été blessées depuis le début de ces nouveaux affrontements vendredi sur la place Tahrir, épicentre du soulèvement ayant abouti en février au renversement d’Hosni Moubarak. Des manifestants affirment que ce bilan va s’alourdir avec la dernière intervention des forces de l’ordre.

Leur presse (TF1 News), 20 décembre 2011.

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(…) « Des centaines de membres de la sûreté de l’État et de l’armée ont pénétré sur la place et ont commencé à tirer sans relâche. Ils ont poursuivi des manifestants et brûlé tout ce qui était sur leur passage, y compris du matériel médical et des couvertures », a dit Ismaïl, un manifestant, au téléphone.

(…) Des personnalités politiques et des membres du parlement ont tenté de se rendre sur la place mais ont fait demi-tour en raison des fusillades, a ajouté ce manifestant. Une source militaire a fait état de 164 arrestations. Une source au sein des services de sécurité a déclaré qu’un jeune homme de 26 ans était mort en détention sans que l’on connaisse la cause de son décès.

L’agence de presse Mena a rapporté que le Parquet avait placé en détention 123 personnes arrêtées pour refus d’obéissance, jets de pierres contre les forces de l’ordre et incendies de bâtiments publics. Le parquet a relâché 53 autres personnes. (…)

Leur presse (LeMatin.ch), 20 décembre 2011.


Egypt’s military attacks Tahrir in pre-dawn raid, 15-year-old in critical condition

CAIRO: In the second consecutive pre-dawn raid by Egypt’s military on Tahrir Square in an attempt to push protesters out of the iconic central Cairo location, a 15-year-old boy was shot and remains in critical condition, medical sources told Bikyamasr.com.

As the troops entered the square, gun shots could be heard raining out in the direction of the protesters, with any civilian in the area attacked and hit by the country’s ruling military in the fifth consecutive day of clashes in the Egyptian capital.

Initially, the raid appeared successful, but protesters would not be stopped, returning to the square a short time later through side streets and again taking up positions in Tahrir, in what has largely become a cat and mouse game between protesters, armed with only stones, and the military and police, armed with stones, live ammunition and on Monday tear gas.

“We will not be silenced,” said Heba, a 25-year-old activist who has been assisting field hospitals in their efforts to supply medical assistance to the streaming number of injured protesters in Tahrir Square and Sheikh Rihan street nearby.

“The military has to kill us all if they want to keep their power of the country,” she told Bikyamasr.com on Tuesday morning.

She added that the military stormed the square, attacking anyone in the area. “It was scary and after nearly the entire day of calm and little clashes when the sticks and troops attacked, we ran for our lives.”

At least 14 people have been confirmed to have been killed by the military and police since clashes began on Friday after the military forcefully dispersed a peaceful sit-in at the country’s Cabinet building.

The now five days of violence have left Cairo in a standstill, with numerous streets closed and walls being erected by the military in an effort to end the violence, which they accuse the protesters of using “excessive force.”

Egypt’s ruling military council said on Monday that Egyptian protesters used “excessive force” against its troops in the ongoing violence that has left 14 dead and over 700 injured.

General Adel Emarra, a member of the Supreme Council of Armed Forces (SCAF), told reporters that the military has not used any force against protesters in the past three days and called the soldiers heroes.

“No human being can tolerate what these heroes have tolerated during clashes with protesters,” he said. “They employed complete self control and were viciously attacked by protesters who claim to be peaceful.”

According to Bikyamasr.com eyewitness accounts of the ongoing violence, both the military and protesters have thrown rocks at one another, with the military also employing rubber bullets, live ammunition and attacking with batons.

On Saturday, Bikyamasr.com Editor-in-chief Joseph Mayton, during his 13-hour detention by the military, confirmed at least 25 beatings of protesters who had been detained by the military and taken to the Cabinet building under arrest.

Emarra asked reporters if peaceful means throwing Molotov cocktails, knives, gas containers and rocks against the troops and said “the troops were only armed with anti-riot equipment and that they have stopped using tear gas, which is internationally accepted to disperse crowds.”

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The general condemned the burning of the Egypt Scientific Institute and accused protesters of throwing “fire bombs threw the windows of the building” and accused them of injuring the fire department trucks’ driver.

He claimed the driver remains in critical condition.

“There is a systematic and methodical plan to burn down not just institutions in Egypt, but the state itself,” he argued.

He yelled that “this would never happen. Egypt is a 7,000-year-old country and these attempts will never succeed.”

Footage of protesters throwing rocks and internal interviews of teenagers detained by the military confessing that they were paid to throw rocks and Molotov cocktails at the army was then shown.

The general, however, admitted that the video showing a woman dragged by four soldiers and beaten after her dress was opened revealing her bra, was in fact real. He promised an immediate investigation into the incident and asked the Egyptian people to also “think about the circumstances behind the image and why was that taking place.”

The video has sparked massive outrage among the Egyptian population over human rights violations at the hands of the military in the violence.

When asked by a female reporter to issue an immediate and general apology to Egyptian women for the manner in which they have been treated at protests and their elimination from public life since the military came to power, the general said, “we will look into it” and then changing the subject.

The woman received a small round of applause for her question inside the press conference.

The general was completely defending the actions of the soldiers, confessing there were no direct orders to disperse the sit-in on Friday and that it was “circumstantial,” arguing instead that there was no dispersal of the sit-in at the Cabinet.

“The violence when a protester attacked a soldier and was taken inside the Cabinet building and beaten,” he said. He continued to argue that once the protesters saw the beaten protester they began to throw rocks at the military and attempted to break into the Cabinet building and destroy it.

Leur presse (Joseph Mayton, Bikyamasr.com), 20 décembre 2011.

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Onde du Canal 68 (squat Tours suite)

Communiqué du lundi 19 décembre – Squat du Canal 68

Les ondes sont un mode de propagation de l’énergie qui traverse la matière, matière dont sont constitués les murs et les portes. Une nouvelle source d’énergie a commencé à émettre sur le Canal 68 depuis l’ancienne halte de jour (68 rue du Canal, Tours). Un phénomène biochimique appelé « vie » et émettant de l’énergie sous forme de chaleur corporelle, de pensées et de mouvements s’y est installé.

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Une communication a été interceptée, le message est le suivant :

« Pour éviter une déperdition de chaleur nuisible à la vie, certaines personnes se sont réfugiées dans un bâtiment inoccupé appartenant à la mairie de Tours. Cette dernière n’a vraisemblablement que peu de considération pour les gens qui n’ont pas de toit. Elle préfère probablement que des gens dorment dehors plutôt que l’ordre tranquille de leur cité morbide soit troublé. Cette hostilité s’est manifestée ce lundi 19 décembre, dans la matinée, à travers le passage d’un agent EDF chargé de couper l’électricité. Il n’a pas été autorisé à investir les lieux pour effectuer sa sombre besogne. Dans l’après-midi, ce sont les sbires de la mairie, déguisés en policiers municipaux, qui accompagnaient le triste sire Morfoise, huissier de justice au jugement discutable et coutumier des procédures d’expulsions à la limite de la légalité. Cet oiseau de mauvaise augure était là sur ordre de la mairie pour constater l’occupation du lieu et vraisemblablement pour permettre à cette dernière d’engager une procédure d’expulsion.

Qu’est-ce qui justifie ce comportement de la part de la mairie ?
Le droit de priver des gens dans le besoin d’un local vide, que l’on nomme propriété ?
Les voisins ? Nombre d’entre eux ont pourtant manifesté un accueil globalement bon à cette initiative et n’ont aucun motif pour se plaindre de l’occupation.
Les températures acceptables, pour quelqu’un qui dort dehors, en-dessous de 0° pendant la nuit ?

Pourtant cette année, 40% des demandes d’hébergement d’urgence (via le 115) n’ont pu être traitées, laissant les gens sur le carreau. Malgré cela, la mairie, par l’intermédiaire de madame Bosch (adjointe municipale au logement), persiste en arguant que le dispositif d’urgence est efficace et qu’il n’y a pas de mesure supplémentaire à prendre. Elle qualifie cette occupation de déplorable et de regrettable.

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Dans tous les cas, les responsables municipaux n’ont pas daigné se déplacer pour constater la situation. Ils décident de mettre des gens dans la rue, mais eux ont l’assurance de dormir tous les soirs au chaud. C’est une bien étrange conception du socialisme qu’ils ont là.

Quoiqu’il arrive, nous sommes bien décidés à rester et notre rage suffit à réchauffer les murs de ce bâtiment sans chauffage. La mairie a décidé de prendre ses responsabilités en manifestant la volonté d’engager des procédures judiciaires à l’encontre de l’occupation. Nous prendrons également nos responsabilités.

Un toit pour tous, des papiers pour tous, pas de bâtiments vides, que des occupations !

Rendez-vous ce soir pour dormir au squat ou demain matin à 5h45 pour contrer une éventuelle expulsion (besoin de toutes les énergies disponibles)

Rendez-vous demain à 18h pour l’AG (à 17h pour rédiger un communiqué de presse qui sera à valider lors de l’AG)

Projection à 21h du film Comme un oiseau dans un aquarium sur les réquisitions du mouvement de soutien aux demandeurs d’asile et sans-papiers à Angers. »

Fin de la communication sur le Canal 68.

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[Contre « Intouchables »] In memoriam Vic Finkelstein

Les 30 ans de retard d’« Intouchables »

Zig Blanquer, formateur aux handicaps et aux autonomies, et Pierre Dufour, sociologue, dénoncent le discours sur le handicap présenté dans Intouchables. Selon eux, le film oublie les thèses de Vic Finkelstein, décédé le 30 novembre dernier, pour qui « être handicapé signifie faire partie d’un groupe en lutte pour son autonomie dans une société faite par les valides pour les valides ».

Chercher du sens aux coïncidences n’en a probablement aucun. Toutefois, certaines proximités donnent à penser. Au moment où Intouchables remplissait les salles, l’annonce de la mort de Vic Finkelstein, à la veille du Téléthon, passait en France inaperçue. Il est probablement nécessaire de rappeler quel était l’homme, car s’il fut l’un des pionniers du socle culturel qui permet de comprendre pourquoi Intouchables et le Téléthon sont politiquement critiquables, ce socle dans l’hexagone est majoritairement méconnu des personnes dont il pourrait pourtant soutenir les constructions identitaires.

Au début des années 1970, Vic Finkelstein et Paul Hunt élaborent au sein de l’activisme britannique un mode d’appréhension du handicap, aujourd’hui connu sous le nom de modèle social, et dont l’armature théorique sera formalisée ensuite par Mike Oliver dans le cadre des Disability studies. Alors qu’auparavant, parler du handicap impliquait des récits en termes de tragédie individuelle, de maladie dévastatrice et de réadaptation courageuse, le modèle social introduit l’idée qu’être handicapé signifie faire partie d’un groupe en lutte pour son autonomie dans une société faite par les valides pour les valides. En mettant en avant la dimension d’expérience partagée, il fournit aux personnes dont les capacités disconviennent aux normes de santé les moyens de s’appréhender non plus comme des corps à soigner ou à réadapter, mais comme des acteurs et des actrices aptes à mener des actions politiques, développer des dispositifs de soutien mutuel, accroître les autonomies individuelles.

Quelles qu’aient pu être les intentions de ses auteurs, Intouchables s’inscrit dans un agencement typiquement français des manières d’énoncer les spécificités corporelles. Inspiré d’une histoire vraie, d’un vécu individuel et donc exceptionnel, à la fois exemplaire mais priant secrètement de n’arriver à quiconque, le film réactive la corrélation biomédicale du handicap et de la tragédie personnelle qui n’a jamais réellement été abandonnée en nos frontières. Ce refus d’abandon, chaque édition du Téléthon l’atteste avec la transparence d’une « preuve vivante », pour reprendre le terme employé cette année par la présentatrice exhibant l’un des enfants présents comme la preuve de vie, l’exemplaire de vérité, le spécimen glorieux des espoirs qui s’exauceraient vers la tant promise guérison de maladies. Cibler une maladie génétique ou un accident de parapente invite immanquablement à saisir la biographie par le corps, la chair devenant alors décisive de l’échec existentiel et de l’urgence d’être sauvé, le passé brisé n’attendant alors qu’un futur salutaire.

Mais cette insistance à maintenir le lien entre handicap d’un côté, et tragédie individuelle de l’autre, les gesticulations récurrentes autour de l’assistance sexuelle l’attestent tout autant : un même souhait d’échapper à la situation présente, mais qui se décline diversement — guérir, être comblé sur les plans affectifs et sexuels — tient une trame discursive selon laquelle à moins d’être surpassée, vaincue, ou compensée de bienveillances valides, l’expérience du handicap ne saurait être vivable. Dès lors, isolée en des échantillons biographiques médiatiquement distribués au public, cette dernière s’offre en pâture comme un conglomérat d’histoires larmoyantes, emballées de courage et de leçons de vie postulées humanistes.

Or, la culture issue de l’activisme britannique des années 1970, mais également des Disability studies, des Disability arts, de mouvements comme Disabled People’s International, démystifie le caractère insupportable de l’altérité corporelle en distribuant les sentences défectueuses sur l’environnement. Cette distribution oriente la mise en place d’accessibilités multiples, la proposition de modalités possibles qui laissent à la personne concernée la disposition du choix, qui permettent une autodétermination appelant des positionnements décisifs, autant de la part des personnes éminemment valides que de celles qui le sont de manière moins évidente. Mais dans cette optique, « décisif » s’oppose à l’intrusif des séquences informées des perpétuels « je veux guérir / tu dois être rééduqué-e / je veux qu’on m’aime / ta vie est en institution ».

À notre connaissance, Intouchables bénéficie d’une unanimité peu critique envers l’éventuelle idée de l’autodétermination véhiculée par le film : que l’activité de l’assistant de vie bascule vers l’aide médico-psychologique au point que le personnage en fauteuil en devienne dépendant, que la rencontre amoureuse intervienne comme dénouement salutaire, tout ceci ne semble choquer personne. Au même titre que les éditions du Téléthon et que les suppliques à l’assistance sexuelle, le film d’Éric Tolédano et Olivier Nakache participe d’un agencement qui ne sait pas encore élaborer la créativité inhérente à l’altérité corporelle, qui ne parvient pas à l’envisager indépendamment de la relation d’aide, comme début imprévisible et non comme fin nécessiteuse. Hors des critères anatomiques et gestuels propres au corps standard, point de salut, semblerait-il.

Histoire vraie oblige, les auteurs éludent les contrôles administratifs, financiers et socio-médicaux incessants auxquels sont soumises les personnes dont le geste s’effectue en commun, et se privent en cela d’une portée contestataire. À défaut d’interroger l’imagerie de la masseuse asiatique, ils flirtent avec un colonialisme d’Épinal, autant qu’il n’est pas questionné de quelle façon ce métier d’assistant-e de vie est proposé inconsidérément à des populations précaires sous-formées et sous-payées. À défaut d’une réflexion politique sur leur objet, ils abordent le handicap comme un problème individuel et inscrivent leur ouvrage dans une énonciation qui a trente ans de retard. Vic Finkelstein ne verra pas Intouchables. Si cela avait été le cas, il aurait probablement grommelé. Mais par contre, il est possible qu’Éric Tolédano et Olivier Nakache lisent un jour les auteurs qui ont alimenté les apports du modèle social. Et peut-être se diront-ils alors qu’il n’est jamais trop tard.

Zig Blanquer, intervenant formateur aux handicaps et aux autonomies
Pierre Dufour, sociologue, Université de Toulouse le Mirail, LISST-CERS

Mediapart, 19 décembre 2011.


Le handicap, une norme à part entière !

Comment se construire en tant que personne handicapée lorsque la norme vous stigmatise, entre déficience et dépendance ? Dans sa thèse, Pierre Dufour défend l’idée du handicap comme vecteur de nouvelles normes et en appelle au militantisme.

Handicap.fr : Comment se construit-on en tant qu’homme lorsque les potentialités gestuelles de son propre corps éloignent l’idée de performance individuelle ?

Pierre Dufour : Pour se construire, il faut des matériaux et ce sont en partie les associations qui les fournissent. Mais les grandes associations françaises sont aussi des gestionnaires d’établissements spécialisés. Alors elles ont tendance à définir le handicap dans les termes de l’institution, en tant que problème que devraient résoudre les valides. Dans le monde anglo-saxon et les pays nordiques, un courant considère l’institution comme le symbole de l’oppression des valides qui maintiennent les personnes handicapées dans une situation de dépendance. Dans ce cadre-là, être handicapé, c’est faire partie d’un groupe en lutte pour son autonomie. Cela impacte forcément les constructions identitaires.

Vous considérez donc que certains ont tout intérêt à maintenir les personnes handicapées dans une situation de dépendance, notamment parce que c’est une manne financière à laquelle il est difficile de renoncer ?

Je ne suis pas spécialiste de cette question. Je crois que c’est plutôt une question de mentalité. Ce serait quoi ne plus être dans une situation de dépendance ? Ne pas avoir sa vie contrôlée par quelqu’un d’autre ? Tout le contraire de la vie en institution. L’Association des paralysés de France est la principale pourvoyeuse de ressources identitaires. Elle joue un grand rôle dans le mouvement Ni pauvres ni soumis, qui passe pour contestataire et subversif. Mais comment voulez-vous qu’un organisme qui gère des institutions mette en avant l’autonomie individuelle de manière crédible ?

Vous encouragez donc les personnes handicapées à se montrer plus militantes ?

Oui. Il manque un « nous » réellement crédible. Si l’homosexualité a aujourd’hui plus de légitimité, c’est que les associations n’ont pas hésité à monter au créneau. Il y a eu dans la mouvance libertaire des années 70 le journal Handicapés méchants qui clamait : « Ni quêtes ni ghettos », contre la vie en institution et contre les quêtes des associations au moment de Noël. Mais il n’y a pas l’équivalent aujourd’hui.

Est-ce une situation que l’on rencontre dans d’autres pays ?

C’est une spécificité bien française. Depuis 2009, la Coordination Handicap Autonomie fait partie du mouvement pour la vie autonome. Mais, globalement, toute la culture issue de ce mouvement pour la vie autonome et des recherches universitaires menées dans le cadre des Disability studies est presque invisible en France alors qu’elle a apporté une quantité de choses positives, notamment en termes d’affirmation de soi. Depuis les années 70, des réseaux de personnes autistes produisent des discours critiques sur la normalité valide. Affirmer une identité positive ne veut pas forcément dire surmonter son handicap ou le faire oublier. Sinon, cela signifierait que seuls les critères valides sont viables et positifs. Je suggère qu’il y a d’autres langages possibles.

Et quels sont, selon-vous, ces langages ?

Est-ce que les personnes handicapées doivent considérer leurs manières d’être en fonction des critères valides ou est-ce qu’il ne serait pas plus profitable d’affirmer : « Voilà comment je suis, voilà comment j’agis ! » ? Il manque du vocabulaire positif dans ce sens. Les Disability studies ont donné lieu à des publications qui fournissent ce type de ressources positives. Aucune n’est traduite en français. Les centres pour la vie autonome n’existent en France qu’au niveau embryonnaire.

Chacun a tendance à se penser par rapport à un modèle standard quitte à se dévaloriser ? Quels termes emploieriez-vous pour appréhender le handicap autrement ?

Qu’est-ce qu’on considère comme normal ? Il me semble nécessaire de promouvoir l’idée qu’il y a plusieurs modalités d’existence aussi légitimes les unes que les autres. Est-il normal qu’on plaigne systématiquement le « handicapé » ? Un malvoyant m’a dit un jour : « Le handicap, on l’a choisi parce qu’on a quelque chose à faire avec ! » Quelle vie n’est pas pleine d’aspérités ? Vivre allongé est une manière d’être normal. Sinon, on arrive à des discours qui justifient l’euthanasie.

Mais vous ne pouvez pas nier que le désir de mourir est parfois justifié ?

Justifié uniquement si la personne se pense en fonction des valeurs issues du corps valide. Le jour où il sera évident que nous sommes tous dépendants les uns des autres et tous dépendants d’outillages techniques, alors peut-être que nous cesserons de penser que certaines vies ne valent pas d’être vécues.

Dans votre thèse, j’ai retenu une belle image : plutôt que de parler de « manque d’autonomie » vous développez l’idée d’un geste fait en commun créateur de lien social.

Oui bien sûr. Si une personne a besoin du corps de l’autre pour accomplir certaines activités, elle crée un lien social. À l’inverse, il y a des situations qui me paraissent injustifiées. Par exemple, dans certaines gares, il existe des ascenseurs mais il faut se mettre en position de demandeur pour en obtenir la clé. La personne handicapée est mise en situation de dépendance alors que l’environnement technique est propice à son autonomie.


Désir, sexe et handicap : un trio controversé ?

La sexualité des personnes handicapées soulève un vaste débat. C’est bien là le problème rétorque Pierre Dufour qui en appelle à des réponses individuelles et intimes, débarrassées de toute polémique institutionnelle !

Il y a manifestement des représentations très négatives autour de la sexualité des personnes handicapées ?

On parle beaucoup de la nécessité de changer le fameux regard social sur le handicap mais quand il s’agit des sexualités, définir ce qu’il faudrait changer et pour le remplacer par quoi est loin d’être évident. Le discours du milieu associatif français est terrible sur ces questions. En mettant en avant par exemple la thématique de l’assistance sexuelle, que nous disent les associations ? Certainement pas que les personnes handicapées sont désirables. C’est même le contraire qui est sous-entendu : grosso-modo, certaines personnes ne pourraient jamais susciter le désir sexuel chez l’autre mais comme elles ont des besoins à satisfaire, l’assistance sexuelle serait la réponse toute trouvée. Il a bon dos le changement de regard !

Que pensez-vous de l’initiative de Cal’handis qui a édité, en 2010, un calendrier qui met en scène des personnes handicapées nues ?

L’initiative de Cal’handis est à ma connaissance la tentative la plus intéressante qu’il y ait eu en France ces dernières années. Il reste malgré tout un certain héritage très français qui fait que son discours colle encore parfois aux catégories médicales. Mais il y a quand même l’affirmation d’une légitimité à se montrer en tant que corps désirable et pas uniquement désirant.

Il existe un Collectif handicaps et sexualité (CHS). Quelles sont ses actions ?

Il regroupe quatre associations, dont l’APF, et milite, entre autres, pour une adaptation française des dispositifs d’assistance sexuelle qui existent déjà en Allemagne, au Danemark, en Suisse et aux Pays-Bas. L’assistance sexuelle est présentée comme quelque chose de subversif et de progressiste mais, à mon avis, cette pratique ne fait que dire et redire la suprématie du corps valide qui viendrait répondre aux besoins des personnes handicapées.

Vous ne semblez pas particulièrement partisan de cette solution…

Mettre sur la table cette question a au moins l’avantage de donner l’occasion de montrer les incohérences des discours communs sur le handicap. On a tendance à penser le handicap en fonction d’un mouvement unilatéral qui va toujours de la personne valide vers la personne handicapée. L’assistance sexuelle l’illustre bien. De mon point de vue, il est nécessaire de modeler l’environnement pour que chacun puisse y goûter, de promouvoir l’idée que de nombreuses manières de découvrir le monde sont légitimes. Si quelqu’un a besoin d’assistants et d’outils techniques pour découvrir le monde, c’est sa manière d’être et elle est légitime. Dans l’assistance sexuelle, je ne vois pas cet élan mais bien un retour au corps dans la pure tradition du modèle médical dans laquelle un professionnel formé aux spécificités des handicaps intervient sur l’individu en lui prodiguant quelque service spécifique dans un cadre confiné.

Mais c’est insoluble, comment faire entrer le sexe et le désir dans un milieu institutionnalisé ?

Dans les établissements, tout est réglementé et votre moindre désir est analysé en réunion de synthèse. Il faudrait donc faire en sorte que le résident soit libre de prendre ses propres risques, de tester le monde et cela vaut aussi pour sa sexualité. La vie, c’est un peu ça, non ? Expérimenter le monde et s’expérimenter soi-même. Est-ce que la réponse doit venir du secteur médico-social ? Je n’en suis pas certain.

D’accord mais techniquement, en attendant, on fait comment ?

Vous imaginez une sexualité qui devient un problème à résoudre techniquement ? On a toujours tendance à penser le handicap dans des termes pratico-pratiques. De mon point de vue, il manque une conscience collective qui fournirait de réelles ressources identitaires. Ces ressources existent mais elles sont mal connues. En France, Cal’handis est un premier pas. Le site britannique Disability arts online fournit des pistes intéressantes. La revue en ligne Disability studies quaterly, également. Les archives de l’université de Leeds, aussi. Et puis, le site d’Independant living… Se pencher là-dessus, c’est se donner les moyens de concevoir le handicap autrement que comme une chose négative tout juste bonne à compenser ou à se faire oublier.

Oui, mais j’insiste. Avant que les mentalités changent, et, on le sait, cela va prendre du temps, comment satisfaire les désirs immédiats ?

Je ne pense pas que la question se pose en ces termes. Dans votre question, j’entends : « Comment calmer le jobard ? » Là où la culture issue des Disability studies et d’Independant living est développée, les dispositifs d’assistance sexuelle n’ont pas lieu d’être.

Pourquoi n’avez-vous pas également orienté votre thèse vers la situation des femmes ?

Apprendre à être un homme, c’est souvent apprendre à être le plus fort. Et jouer le jeu valide, c’est un peu ça, aussi. Pour cela, l’entrée par les masculinités me semblait intéressante. Mais cette absence d’identité collective positive me parait concerner hommes et femmes. D’ailleurs, les hommes comme les femmes, qu’ils soient handicapés ou valides, ne sont-ils pas concernés par une culture qui cesserait de prôner la force et la performance individuelles ?

Pierre Dufour est doctorant en sociologie à l’université du Mirail à Toulouse. Ses travaux portent sur le handicap et les masculinités.

E. Dal’Secco – Handicap.fr , 4 octobre 2010.

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Nouvelles d’Égypte – 19 décembre 2011

Les affrontements continuent à la rue Kasr El Eini entre les occupants et les forces de l’ordre. Le nombre des morts a atteint 15, celui des blessés, 500.

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Des partis politiques ainsi que des nouveaux députés tentent depuis hier d’intervenir entre les deux belligérants et de mettre fin aux violences, mais en vain. La brutalité de l’armée ne cesse d’attiser les tensions et renforce l’entêtement des occupants. Ajoutons à tout cela les propos provocateurs du général Kato, qui s’indigne que « l’on défende des petits voyous qu’il faut envoyer dans les chambres à gaz de Hitler ». La conférence de presse organisée par un autre général fut une mascarade, du remake, mais avec moins de professionnalisme, des comédie de l’époque Moubarak : discours sur L’armée qui sacrifia sa vie pour la patrie, hommage aux révolutionnaires qui sont les citoyens les plus nobles de la patrie, dénonciation des éléments extérieurs, disculpation de l’armée qui n’a pas tiré une seule balle, et regret de la brutalité des soldats car ils faut comprendre leur état psychologique. Un film monté de toute pièce montrait des témoignages accusant le mouvement du 6 avril d’avoir financé des voyous (baltaguis) pour commettre des actes de sabotage contre des bâtiments publics. Il importe de souligner que ce mouvement compte 55 blessés graves tombés au cours des affrontements qui ont éclaté le 16 décembre. Le mouvement du 6 avril est le plus efficace et le plus radical, ce qui explique les attaques systématiques qu’il subit de la part du CSFA.

En ce moment, 30 personnalités politiques et des parlementaires de toutes les tendances politiques ont déposé une plainte contre le SCFA et ses membres qui ont commandé les récentes tueries et offenses contre les femmes. Ils ont ont décidé une occupation ouverte du parvis du palais de justice jusqu’à ce que les coupables soient traduits en justice. Cette action constitue un précédent dans la tradition des contestations en Égypte, parmi les parlementaires on trouve Amr Hamzawi (libéral), El Beltagui (FM), Mostapha el Naggar (libéral), le conseiller d’État El Khodeiri, ainsi que le l’activiste Georges Ishak et trois femmes. D’autres rassemblement ont eu lieu dans six villes de province en solidarité avec les Cairotes.

Un appel à manifester vendredi contre la brutalité du Askari vient d’être lancé.

Galila El Kadi, le 20 décembre 2011.

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[Kazakhstan] Manifestants face à l’armée à Aktaou ce lundi

Nouvelles manifestations au Kazakhstan d’employés du pétrole

(…) Près de 400 manifestants, dont certains étaient équipés d’armes automatiques, se sont opposés à la police sur la grande place d’Aktau, capitale de la région du Mangistau. (…)

Leur presse (Reuters), 19 décembre 2011.

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Kazakhstan : des milliers de manifestants contre la répression

Plusieurs milliers de personnes protestaient, lundi 19 décembre dans l’ouest du Kazakhstan, contre les violences des trois derniers jours dans cette région pétrolifère, survenues après la répression vendredi d’une émeute à Janaozen, faisant au moins quinze morts selon les autorités.

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Les forces de police anti-émeutes se déploient dans le centre-ville d'Aktaou, dans le sud-ouest du Kazakhstan, dimanche 18 décembre.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1324363483.jpgEnviron trois mille personnes étaient rassemblées à Aktaou, la principale ville de cette région située sur la rive orientale de la mer Caspienne, pour appeler les autorités à mettre fin aux violences et retirer les troupes de la ville de Janaozen. Les manifestants se tenaient près de la principale place d’Aktaou, bloquée par la police anti-émeute, en scandant des slogans tels que : « Ne tirez pas sur le peuple ! »

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Des employés des gisements de pétrole de Karazhanbas se sont joints au rassemblement lundi. « Les employés des gisements pétroliers ont arrêté le travail, mais les pompes sont alimentées à l’électricité, donc elles fonctionnent toujours », a expliqué le chef du parti non reconnu d’opposition Alga Vladimir Kozlov. (…)

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Leur presse (LeMonde.fr), 19 décembre 2011.

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Almaty

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Janaozen

Unrest in Kazakhstan on 20th anniversary of independence shows rare hint of instability

ZHANAOZEN, Kazakhstan — In his hospital bed, Ruslan Kenzhebekov writhes in pain. Instead of celebrating Kazakhstan’s independence, the 26-year-old took a bullet in his midriff.

An unemployed resident of Zhanaozen, he is one of 20 young men lying in hospital in the remote and dusty oil town at the centre of Kazakhstan’s deadliest violence in decades. At least 15 people — and some suspect many more — have been killed.

The clashes shattered Kazakhstan’s image of stability on the same day Central Asia’s largest economy was celebrating the 20th anniversary of its independence from the Soviet Union.

“We are encountering such a situation for the first time. Never before has there been a state of emergency in any Kazakh town,” said Amanzhol Kabylov, the commandant appointed to restore order in Zhanaozen.

About 150 km inland from the Caspian Sea, across arid plains where wild horses roam, Zhanaozen has been picketed for seven months by striking oil workers demanding higher hardship pay for the dangerous work that they do.

Frustrations have been building since state-controlled KazMunaiGas Exploration Production, which says the strikes were illegal, sacked nearly a thousand workers.

On Dec. 16, the town exploded. Protesters, many wearing their overalls from the oilfields, stormed a stage set up for an Independence Day concert before looting and burning down buildings. They clashed with police, with deadly consequences.

President Nursultan Nazarbayev, who has prioritised economic growth and stability over democratic freedoms in two decades in power, declared a state of emergency in Zhanaozen until Jan. 5. Movement in and out of the town is restricted.

Authorities have pinned the blame on “criminal elements” who infiltrated the town and are using the oil workers’ protests for their own interests. About 700 people have been brought in for questioning, mostly to establish their identity.

Armoured personnel carriers, army trucks and 20-strong squads of riot police patrol the town of 90,000 people. With such a heavy security presence, there were no signs of further violence. Reuters travelled with a police escort.

Armed guards kept around 150 relatives of those detained or killed from entering the police station grounds. Soldiers patrolled rooftops while the crowd of mostly middle-aged women stood silently, shielding their faces from the biting cold.

One woman, who had been allowed through the barricade, said her son had been arrested, beaten and robbed of 50,000 tenge (about $340) while in detention. She declined to give her name.

“Where’s the order they’re talking about, if they themselves are doing this?” she said.

A middle-aged man stood beside her on the steps outside the three-storey police building. He said a desperate search for his missing relative had ended in the town’s morgue. “That was my blood,” he said, also declining to identify himself.

Inside the police station, up a set of crumbling stairs, the commandant explained that tough policing was needed in such an unprecedented situation.

“There’s no other way to do this. For as long as the situation hasn’t normalised, everybody will be checked thoroughly,” said Kabylov, who is also the chief of police for Mangistau region.

Several young men were brought into the police station, hands clasped behind their heads. Of those brought in for questioning, 49 have so far been arrested. Some were allegedly in possession of stolen mobile phones and other property.

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BEATEN, DETAINED

It has been a trying few days for Zhanyl Aitmukhanova, a senior medical assistant at the hospital. She fought back tears as she described what happened to her two sons.

Her elder son, aged 22, was detained because he was not carrying identification. “They took him right in front of me,” she said, speaking through a surgical mask.

Her 20-year-old son remains in intensive care, having just regained consciousness after a severe beating to the head. Aitmukhanova said her son was nowhere near the square on Dec. 16: “He simply went out on the streets the next day.”

All of the victims still in hospital are young men, mostly in their twenties. Deputy chief doctor Raushan Zhaparova said most of the people on her watch had gunshot wounds or head traumas. In all, 99 people were admitted on December 16 and 17.

“I was lucky, because my relatives found me and took me to hospital. Otherwise I’d be dead,” a 30-year-old man said from his bed. He shared his room with two other gunshot victims.

“There were 500 people lying on that square,” he said, too afraid to give his name. He could not say whether those he saw were dead or wounded. Like others on the ward, he was unable to identify those who fired the shots.

Some residents, including those who have taken their protests to the regional capital Aktau, question the official death toll. Estimates, unproven, range up to 60 or 70 dead — although this is strongly denied by the authorities.

The town morgue, a squat whitewashed building just off the main square, was locked. Groups of riot police picked their way through a rubbish heap and debris nearby. Officials say that 14 people died in Zhanaozen itself, and one in the town of Shetpe.

Sairan Khangereyev, a doctor at the hospital, remembers the only woman confirmed among the dead. “She was here. She had a wound to her neck.” His voice tailed off. When asked whether she died, he just nodded.

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BACK TO NORMAL?

Approaching Zhanaozen from the west, cars that have just crossed the lowest point below sea level in the entire former Soviet Union are stopped and searched by masked special forces carrying automatic rifles.

There are 19 checkpoints around the perimeter of the town. The gas-processing plant, a tangle of pipes on the outskirts of town, is guarded round-the-clock and reinforcements have been sent to secure the oilfields.

Kabylov, the commandant, wears blue camouflage. He said he tours the town regularly to assess the security situation.

“Everybody has one question: when will we start living a normal life again?” he said. “Markets, shops, chemists, hairdressers, dentists — all of them will be working tomorrow or the day after.”

The clean-up operation has begun, but it will take longer than two days. Saken, a 50-year-old volunteer, gave only his first name while loading debris into a truck outside the burnt out shell of the local oil company headquarters.

“We’re collecting all the burnt documents,” he said, a cigarette dangling from his lips. “There’s nothing much else here. They looted most of it and then set the place on fire.”

Inside, broken glass crunched underfoot. The smell of charred wood lingered among the smashed-up desks and overturned chairs where employees of Uzenmunaigas, the local unit of KazMunaiGas Exploration Production, had sat a few days earlier.

A discarded box for a Hewlett Packard laser jet printer lay on the floor. Packets of pasta and parts of a destroyed computer keyboard littered the floor. New Year decorations had been ripped down and a tree toppled and burned.

The adjacent Aruana hotel and the akimat — the Kazakh word for local government headquarters — were also destroyed. The edges of the blue-and-yellow national flag still flying from the roof were singed, black and ragged.

Opposite, the stage for the ill-fated celebrations was still standing at one end of the enormous central square. The toppled New Year tree lay across its centre; another reminder.

“I live nearby. I’m just on my way home,” said an elderly woman crossing the square, gesturing at the four-storey Soviet-built apartment blocks behind the stage.

But like the other lonely figures crossing the empty space where thousands had stood a few days earlier, she said she wasn’t there on Dec. 16. Nobody appeared willing or able to say what happened.

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Leur presse (Robin Paxton, Reuters), 19 décembre 2011.


Kazakhstan protesters face armed police after bloody clashes

(…) On Sunday, about 500 angry protesters gathered near the main square of Aktau, a city of 160,000 on the Caspian Sea, some 1,600 miles south-west of the capital, Astana.

Braving biting frost, they faced a large force of black-clad riot police holding shields. Some policemen were armed with automatic rifles.

“Take the troops out of Mangistau,” read a banner in Kazakh held by a dozen protesters.

One protester, Sarsekesh Bairbekov, said he had been fired by oil firm Karazhanbasmunai (KBM) in May. “I worked there for 20 years. I was a welder and lost an eye,” the 58-year-old said. His wage was 120,000 tenge (£520) before he was fired.

KBM is jointly owned by the London-listed KazMunaiGas Exploration Production and Citic, China’s biggest state investment company.

“We want them to take away the troops,” Bairbekov said, referring to the state of emergency imposed in Zhanaozen after the riots. “They killed local people,” he added, still wearing maroon and blue KBM overalls.

Many protesters questioned the official death toll announced after the riots in Zhanaozen.

One oil worker, who declined to be named, said he had visited a blood donor centre in Aktau. “It is working round-the-clock. If only 10 people were killed, why is it working round-the-clock?” he asked.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1324367677.jpgNurlan Mukhanov, deputy chief doctor at the Mangistau regional hospital in Aktau, said 35 wounded had been brought from Zhanaozen and another three from Shetpe. “The majority have gunshot wounds,” Mukhanov said. “We should be ready for any situation.”

A large group of people supporting Zhanaozen protesters stopped a train carrying more than 300 passengers on Saturday, the Kazakh prosecutor general’s office said in a statement. Most later left but some 50 “hooligans” had set the diesel locomotive on fire and moved into the nearby village of Shetpe, setting the new year tree on fire, smashing shop windows and throwing petrol bombs at police.

“Taking into account the fact that the hooligans presented a real threat to the life and health of peaceful citizens and policemen, the latter were forced to use weapons.” One of the 12 people brought to a local hospital with gunshot wounds died later, the statement said.

In Aktau, numerous posters of Nazarbayev’s ruling party, Nur Otan, dot the dusty streets, which are lined by green and white painted Soviet-era apartment blocks.

“The authorities don’t really know what is happening in their own home,” said Ivan Rabayev, a 74-year-old retired construction worker. “Kazakhs are shooting Kazakhs.”

The riots began on Friday when sacked oil workers and sympathisers stormed a stage erected for an independence day party and smashed sound equipment in Zhanaozen, a city of some 90,000 people.

They later set fire to the city hall, the headquarters of a local oil company, a hotel and dozens of other buildings, including trade centres and houses. They also burned cars and buses and plundered cash machines.

The clashes soured national celebrations marking the 20th anniversary of independence from the Soviet Union and unnerved a government focused on stability and economic growth. State-controlled KazMunaiGas sacked 989 workers in Zhanaozen after staff went on strike for better pay and conditions in May. It said 2,500 people were on strike at the height of the dispute, but workers’ representatives put the maximum number at almost 16,000.

One sacked oilman, who declined to be named, said: “People have been on strike for seven months and the authorities are saying that hooligans and alcoholics are causing this trouble. It’s all lies.”

Leur presse (The Guardian), 18 décembre 2011.

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[Nos médias] Mégacombi revit, ce lundi à 22 heures

Après avoir sévit pendant 3 ans le lundi soir, ils avaient fait leurs adieux en juin dernier. Tel des vieilles stars de la variet’, ils ont décidé de faire un come back, ce lundi pour une nouvelle émission ultime à 22h sur le 102.2 de Radio Canut. L’occaz pour vous de passer une soirée d’hiver à veiller au chaud avec la radio… mmmm…

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Au programme de cette résurrection, des reportages et des documentaires qui nous emmèneront à Notre-Dame-des-Landes, à la poursuite des loups, sur le pavé des fachos, aux abords d’une maison d’arrêt ou dans une manif antinucléaire.

On parlera aussi de culture populaire, on entendra des indignés drôles et moins drôles, et puis des gens dans leur quotidien.

Il y aura des infos inédites, des sketchs pas-forcément-drôle-qui-font-rire-quand-même, il y aura les darons, le colombro, du rock de Givors, de la torture sonore, des histoires de cinéma, bref y’aura de quoi s’en mettre plein les esgourdes !

Rendez-vous donc sur les ondes du 102.2 à Lyon (et sur www.Radiocanut.org) ce lundi dès 22h et jusqu’à pas d’heure.

Prévenez vos amis et vérifiez les piles de vos postes !

D’ici là vous pouvez écouter les bandes annonce de cette résurrection et des vieilles émissions sur l’audioblog mégacombique !

Mailing, 18 décembre 2011.

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[Nique la police] Une solution pour les mauvais Français : le vrai-faux passeport infalsifiable

Plus de 10 % des passeports biométriques seraient des faux

Entre 500’000 et 1 million de passeports biométriques, considérés pourtant comme infalsifiables, seraient des faux. Pouvoirs publics, gouvernement et députés, se sont saisis du dossier.

« La création d’une nouvelle identité sur la base d’un extrait d’acte falsifié avec une simple photocopieuse est enfantine », explique son auteur, Guillaume Gardillou, maire adjoint à l’état civil et à la sécurité à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) de 2008 à avril 2011.

Cette note, que nous nous sommes procurée, a été remise au ministère de l’Intérieur en octobre dernier par Guillaume Gardillou. Contacté, celui-ci n’a pas souhaité nous répondre mais a confirmé que le document « (lui) avait été commandé par Henri Guaino ». Ce que démontre son étude ? Si le passeport biométrique lui-même — mis en place en juin 2009 — reste un cauchemar pour les faussaires, en revanche, les documents nécessaires pour l’acquérir sont facilement truquables. Conséquence : sur les 7 millions de passeports biométriques en circulation, 500’000 (selon certains criminologues) à 1 million (de source officieuse policière) seraient indûment obtenus.

Des chiffres « très alarmistes » catégoriquement démentis par le ministère de l’Intérieur et qualifiés de « totalement farfelus, à des années-lumière de la réalité ». La Place Beauvau, qui « ne nie pas qu’on puisse se faire indûment remettre un passeport », refuse de dévoiler ses propres statistiques « pour des raisons de confidentialité ».

Ces « vrais-faux passeports » sont majoritairement utilisés par des étrangers en situation irrégulière sur le territoire, pour s’offrir une nouvelle identité citoyenne, ou par des escrocs aux banques ou aux assurances. Selon nos informations, un groupe de travail a été mis en place au ministère de l’Intérieur pour étudier les suggestions de Guillaume Gardillou. À l’étude : le renforcement de la sécurité de l’acte de naissance, en sécurisant « ces supports papiers comme le sont les billets de banque et les formules de chèque dernière génération ». Une solution dont le coût global serait d’environ 1,5 M€ pour l’ensemble des mairies émettrices. Plus globalement, le problème de la « vulnérabilité des titres d’identité et de voyage » était à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale mardi 13 décembre, avec l’examen d’une proposition de loi visant à renforcer la sécurité de ce type de documents.

Leur presse (Roberto Cristofoli et Matthieu Pelloli, Le Parisien, 19 décembre 2011)

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