L’Église travaille en Espagne

Un archevêque espagnol : « Violez les femmes, parce qu’elles le méritent »

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Javier Martinez, l’archevêque de Grenade, a légitimé le viol pour les femmes qui ont avorté dans son sermon de Noël. L’auteur portugais Manuel António Pina, s’en émeut et condamne fermement ses propos dans le Jornal de Notícias  :

« Quand il s’agit de l’intolérance, l’Église espagnole n’a de leçon à prendre de personne… Maintenant que le [Premier ministre] Mariano Rajoy, proche de l’Église, a annoncé son intention d’éliminer “la corruption de la loi laïque sur l’avortement” que le gouvernement de son prédécesseur Zapatero a fait adopter, je me suis fait remettre l’homélie de Noël de l’archevêque de Grenade, Javier Jimenez, dans laquelle il affirme “qu’une femme qui a avorté donne à un homme la licence absolue, sans restriction, pour abuser de son corps, parce qu’elle a commis un péché comme si elle avait le droit de commettre ce péché”. … Pour l’archevêque, les crimes d’Hitler et ceux de Staline (il a oublié Franco) sont “moins épouvantables que l’avortement”. Dans ces moments-là, même un athée voudrait qu’il y ait un dieu pour condamner ces personnes. »

Leur presse (Express.be), 4 janvier 2012.

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[France génocidaire] Documents sur l’attentat du 6 avril 1994 à Kigali

Documents sur l’attentat du 6 avril 1994 à Kigali contre l’avion du Président Habyarimana

Mission d’information parlementaire française

Créée le 3 mars 1998, la mission d’information a établi dans son rapport que :

1. Les photos d’un lance-missiles fournies par la DRM révèle que celui-ci n’a pas servi. Elle conclut à une manipulation des ex-FAR.

2. Le FPR n’est pas passé à l’attaque aussitôt après l’attentat.

3. Selon un rapport de Human Rights Watch, les FAR disposaient d’entre 40 et 50 missiles SAM-7 et 15 Mistral, c’est à dire une capacité sol-air assez importante.

4. Les FAR, disposaient de moyens sol-air récupérés sur le FPR. La zone de Kanombe était essentiellement tenue par l’armée hutue, de même que la tour de contrôle. Même si le FPR pouvait accéder à cette zone en s’y infiltrant, il était assez difficile pour lui de le faire. Compte tenu de la portée d’un missile de type SAM-16, il est peu probable qu’un tel missile ait été tiré en dehors de la zone contrôlée par les FAR.

5. Le dénommé Étienne suspecté par Colette Braeckman d’avoir participé à l’attentat serait Pascal Estévada un militaire français qui « aurait participé à l’opération Noroît et serait réapparu au Rwanda en février 1994, avant de participer en mai 1994 à des actions de sécurité rapprochée que la France aurait initiées au profit des autorités burundaises ».

6. Gérard Prunier affirme que « les hommes qui auraient tiré les missiles sont des blancs ». Il ajoute : « on peut supposer que Paul Barril connaît les hommes qui ont abattu l’avion et leurs commanditaires ».

7. La mise en cause du FPR par M. Bernard Debré, Ministre de la Coopération du Gouvernement d’Édouard Balladur,  se fonde « sur des éléments qui n’ont pas pu être vérifiés et qui ne peuvent en aucun cas être considérés comme des preuves crédibles ».

8. Aucune preuve convaincante n’est venue étayer  l’implication comme « opérateurs » de militaires belges.

9. M. Georges Martres a fait observer que « retenir la responsabilité des extrémistes hutus, qui avaient déjà des difficultés à tirer au mortier et au canon, reviendrait à admettre qu’ils aient bénéficié d’une assistance européenne pour l’attentat ».

Mission d’information de la commission de la Défense nationale et  des Forces armées et de la commission des Affaires étrangères,  sur les opérations  militaires menées par la France,  d’autres pays et l’ONU au Rwanda  entre 1990 et 1994 (15 décembre 1998)

Chapitre du Rapport concernant l’attentat

Annexes concernant l’attentat

L’enquête du juge Bruguière

Commission rogatoire du juge Bruguière en Belgique, 9 avril 2002

L’ordonnance Bruguière

Réponse du gouvernement rwandais

« Un juge de connivence » Georges Kapler, Jacques Morel, La Nuit Rwandaise No 1, 7
avril 2007.

« Rwanda. L’histoire secrète » de Abdul Joshua Ruzibiza ou Mensonges made in France ? Pierre Jamagne,  La Nuit Rwandaise No 1, 7 avril 2008.

Accusations sans fondement Georges Kapler, Jacques Morel, 5 décembre 2008. Ce texte a été écrit en défense de Rose Kabuye, arrêtée en Allemagne le 9 novembre 2008 en exécution d’un mandat d’arrêt du juge Bruguière.

Message attribué au FPR par les FAR, revendiquant l’attentat

L’opérateur radio Richard Mugenzi, cité dans l’ordonnance du juge Bruguière, déclare que le message de revendication de l’attentat par le FPR qu’il a prétendument intercepté le 7 avril 1994, a été en réalité rédigé par le colonel Nsengiyumva, chef des opérations pour la préfecture de Gisenyi et très proche des militaires français.

L’enquête rwandaise

The Mutsinzi Report A Media Guide to the Committee of Experts Investigation of the April 6, 1994 Crash of President Habyarimana’s Dassault Falcon-­50 Aircraft.

Rapport de la commission Mutsinzi

Rapport des experts britanniques sur l’attentat

L’enquête du juge Marc Trévidic

Ce que devrait examiner le juge Trévidic à Kigali Jacques Morel suggère des sujets d’investigation au juge qui se rend le 13 septembre 2010 sur les lieux de l’attentat pour commencer l’enquête que le juge Bruguière n’a jamais faite.

Conférence de presse de Maîtres Léon-Lef Forster et Bernard Maingain Paris, 17 décembre 2010 à 10 h après l’audition de leurs clients par le juge Trévidic à Bujumbura. (pdf)

Livre La France au cœur du génocide des Tutsi

Déchargement du livre La France au cœur du génocide des Tutsi

Déchargement du chapitre sur l’attentat du 6 avril 1994 (12 Megs).

Documents cités dans La France au cœur du génocide des Tutsi

Documents cités dans La France au cœur du génocide des Tutsi et relatifs à l’attentat du 6 avril 1994 contre le Falcon 50.

Origine des missiles

À propos d’un missile Sam-16 « trouvé » par les FAR en 1991 Georges Kapler, Jacques Morel, 4 juin 2005

Autres sites d’information sur cet attentat

Site d’Emmanuel Cattier

Site de la Commission d’enquête citoyenne (CEC)

Wikipedia

http://rwanda94.pagesperso-orange.fr

Source : Rwanda, un génocide made in France, 7 janvier 2012

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[Déforestation] 10 kilomètres carrés de perte par jour dans le seul Chaco

Le Chaco : un « no man’s land » en voie de disparition

Le Chaco constitue, après la forêt amazonienne, la deuxième zone la plus boisée au monde. Contrairement au Brésil où la forêt tropicale est maintenant un peu mieux protégée, le Chaco, terre d’accueil pour la biodiversité, se fait quant à lui, grignoter à vitesse grand V.

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Le Gran Chaco ou Chaco (« territoire de chasse », en quechua) est l’une des principales régions géographiques d’Amérique du Sud qui s’étend sur près de 300.000 kilomètres carrés sur les territoires de la Bolivie, de l’Argentine, du Brésil et du Paraguay. Regorgeant de faune et de flore, le Chaco représente, après la forêt Amazonienne, la deuxième zone forestière du continent sud-américain.

« Musée de la diversité »

Ce sont les propriétés géographiques et climatiques du Chaco qui ont favorisé de manière impressionnante la diversité de la faune et de la flore dans cette région du monde, créant un écosystème unique, plus ancien que celui d’Amazonie. Avec ses fourmiliers géants, ses tapirs, ses loups à crinière, sa dizaine d’espèces de tabous et ses 600 espèces d’oiseaux, la région se trouve très privilégiée en ce qui concerne la biodiversité, l’écotourisme et l’observation de l’avifaune.

Mais la terre du Chaco est vivement disputée par trois groupes. D’un côté, les populations autochtones se battent pour conserver leur culture. D’un autre côté, les propriétaires de ranchs ou de fermes défrichent progressivement la forêt pour leurs activités et l’agriculture. Enfin, partant d’un bon sentiment, les scientifiques et les spécialistes de la conservation voudraient explorer la région pour répertorier et protéger sa biodiversité. Il y a encore quelques années, cette région était pourtant peu visitée comparée à la forêt amazonienne. Un facteur qui explique pourquoi cet écosystème unique au monde disparait aujourd’hui à vue d’œil.

L’équivalent d’un terrain de football disparait toutes les 90 secondes

Au sein du Chaco, la déforestation s’accélère de l’ordre de 10 kilomètres carrés de perte par jour. Les États ne se battent pas tous de la même manière contre la déforestation. Quand le Brésil semble avoir retenu la leçon de la forêt amazonienne, avec un taux de déforestation en diminution depuis des années, l’Agentine ne fait rien pour stopper ce grignotage et les autorités paraguayennes n’en font quant à elles qu’à leur tête en accordant à tous des permis de défrichement pour développer une agriculture et un élevage massif. Selon José Luis Casaccia, procureur en chef pour les affaires environnementales du Bureau du procureur général, « si la tendance actuelle se poursuit, tout ce qui n’est pas protégé aura entièrement disparu d’ici à 2025. Le Chaco sera réduit à un désert, et toutes ses espèces seront perdues ».

Mais avant même de vouloir se rendre compte des dégâts occasionnés par l’homme dans Le Chaco et de faire un recensement de toutes les espèces qu’il accueille, ne vaudrait-il pas mieux trouver une solution pour garder ce no man’s land tel que cette qualification l’indique ? Comme de nombreux autres cas en ont témoigné, le fait d’entreprendre un recensement de la faune et de la flore d’un lieu naturel ne permet pas nécessairement d’empêcher sa déforestation. Et sans forêt, non seulement la faune et la flore disparaitront, mais les derniers peuples autochtones devront également trouver un autre no man’s land quand les scientifiques devront eux découvrir un autre écosystème unique et vierge.

Un écosystème indispensable contre le changement climatique ?

Comme le souligne Le Courrier international, ce serait même peut-être grâce au Chaco que l’Amérique du Sud possède une biodiversité aussi riche. D’après l’hebdomadaire, pendant l’ère glaciaire, les mystérieuses espèces du Chaco ont proliféré, se développant sur des régions éloignées comme l’Amazonie. Elles auraient ainsi laissé des graines derrière elles donnant peu à peu naissance aux incroyables territoires végétaux d’Amérique du Sud.

Par ailleurs, il n’est plus à démontrer que ce genre d’écosystème unique joue un rôle majeur sur le climat environnant. Ainsi, il pourrait aussi participer à réguler le réchauffement climatique que traverse aujourd’hui notre époque. D’où l’importance de sa sauvegarde.

Leur presse (maxisciences.com, 7 janvier 2012)

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[Justice pour Ali Ziri] Ne dites pas « M. le procureur », dites « Crève salope ! »

Le procureur de la République de Pontoise a requis un non-lieu dans l’affaire d’Ali Ziri, un retraité algérien décédé le 11 juin 2009 à Argenteuil suite à son interpellation par la police. Ce réquisitoire définitif date du 14 décembre 2011.

Plusieurs éléments de l’information judiciaire, ouverte en 2009 pour « homicide involontaire et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », mettent pourtant en cause les policiers. (…)

Leur presse (Mediapart, 6 janvier 2012)


Cher(e)s ami(e)s et camarades

Vous étiez et vous êtes encore de nombreux militants de partis politiques, de syndicats, d’associations ou tout simplement de citoyens lambda à faire partie du collectif Ali Ziri ou à suivre de près ses combats, depuis deux ans et demi.

Au nom de ce chibani de 69 ans, arrivé en France à l’âge de 19 ans, rompu aux tâches les plus ingrates pendant quarante ans, derrière une machine dans une multinationale des transports, habitant dans un foyer Sonacotra, dans une chambre exigüe, au confort sommaire, avec comme uniques meubles : un lit, une table et une petite télévision, vous avez voulu, par de nombreuses marches pacifiques et de nombreux rassemblements citoyens, exprimer votre courroux quant au sort réservé à ce retraité algérien mort deux jours après son interpellation par la police nationale le 9 juin 2009.

Vous avez voulu manifester votre solidarité avec sa famille laissée au pays, avec ses enfants qu’il n’avait pas vu grandir. En tant qu’hommes et femmes épris de justice, vous avez tout simplement voulu faire éclater la vérité au grand jour et demander justice.

Eh bien, cette « justice » vient de décider d’un non-lieu, qui signifierait — si le juge d’instruction était amené à suivre les réquisitions du procureur de la République — tout simplement l’abandon des poursuites contre les policiers impliqués dans la mort d’Ali Ziri.

Ce que nous redoutions, il y a quelques jours, est bel bien arrivé. Dans un document de 10 pages (un ramassis de mensonges et de contre-vérités, fait à la va-vite, sans grand souci de l’objectivité, pour plaire à son maître) signé par M. Emmanuel  Gérard, procureur-adjoint du Tribunal de Grande Instance de Pontoise et adressé au juge d’instruction Mme Roche-Driencourt, avec copie pour la partie civile, il est donc question « d’un réquisitoire définitif de non-lieu ».

J’ai été navré de constater, en lisant ce document, que seuls les faits à charge contre MM. Ali Ziri et Arezki Kerfali sont mentionnés. Il est question surtout des circonstances de l’interpellation au volant de leur voiture par la police nationale d’Argenteuil, puis de leur arrivée au commissariat et de leur transport à l’hôpital d’Argenteuil. Mais jamais des conditions du trajet entre le lieu de l’interpellation et le commissariat d’Argenteuil.

Or, pour les avocats et notamment pour Maître Maugendre, c’est au cours de ce trajet que le drame est arrivé, du fait qu’une policière, parmi les trois policiers interpellateurs, avait utilisé ce que l’on appelle la « méthode de pliage ». C’est cette technique policière du pliage, consistant à plaquer le torse du prévenu sur ses genoux en exerçant une pression « qui est à l’origine de l’asphyxie ayant conduit au décès d’Ali Ziri ». Une technique pourtant interdite depuis la mort en 2003 d’un jeune éthiopien expulsé par la police aux frontières. À cela s’ajoutent les conclusions de l’autopsie de l’institut médico-légal de Paris, rendues le 24 juillet 2009, relevant l’existence de 27 hématomes sur le corps de M. Ziri.

Malgré le témoignage d’un jeune homme en garde à vue, à charge contre les policiers et publié par le site Mediapart le 25 novembre dernier, tous les actes demandés par les avocats de la famille, comme l’audition des témoins et des policiers par un juge d’instruction et la reconstitution des faits, ont été refusés par ce même procureur.

Dès lors peut-on encore parler de justice ?

C’est pourquoi, le rassemblement du 14 janvier prochain, en présence de l’humaniste et ancien résistant Stéphane Hessel et de l’évêque Jacques Gaillot, doit être un moment fort pour nous indigner tous ensemble et exprimer notre courroux et notre désappointement face à une justice à deux vitesses. Si Ali Ziri s’était nommé Pierre, Paul ou Jacques, sa fin tragique dans un commissariat aurait peut-être fait l’ouverture du 20 heures de TF1 — comme le vieillard tabassé avant le second tour d’une élection présidentielle.

Cher(e)s ami(e)s et camarades,

Soyons encore plus nombreux que les autres fois afin d’exiger la vérité et la justice. « Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres. »

Arezki SEMACHE
Pour le collectif Ali Ziri

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 6 janvier 2012.

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[Union de la Mafia Présidentielle] La Comtesse Dracula de Nagy-Bocsa suce le sang des séropositifs

Lorsqu’on entend parler de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, c’est surtout au sujet de sa fondatrice, mais qu’en est-il de ses activités ? Marianne publie cette semaine une grande enquête de Frédéric Martel : à y voir de plus près, l’action de la première Dame de France soulève quelques questions et prend même des allures de scandale international…

Si l’on connaît bien Carla Bruni, on connaît mal Carla Bruni-Sarkozy. Depuis 2008, la Première Dame de France fait beaucoup parler d’elle, mais personne ne sait vraiment comment elle agit. À la tête de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, elle est plus que discrète et aucune enquête sérieuse n’a été faite à ce sujet. On ne sait pas, par exemple, que la fondation ne s’intéresse qu’à la culture et à la lutte contre l’illettrisme — et pas du tout à la lutte contre le sida, dont Carla Bruni-Sarkozy parle pourtant souvent.

C’est qu’elle est aussi, et officiellement, ambassadrice de la lutte contre le sida, nommée à ce titre, bénévolement, par les Nations Unies (au titre du Fonds mondial de lutte contre le sida, d’ONU-sida et de l’Unicef). Enfin, Carla Bruni-Sarkozy entretient tout un réseau d’amitiés, ce qu’on peut appeler le « petit monde de la villa Montmorency », la résidence ultra luxueuse du XVIe arrondissement de Paris, où se trouve son hôtel particulier dans lequel elle vit, durant la semaine, le plus souvent avec le président Sarkozy.

Au terme d’une enquête de plusieurs mois aux Nations Unies et dans plusieurs pays, Frédéric Martel révèle dans Marianne les dysfonctionnements et le mélange des genres auxquels aboutit l’action — et l’inaction — de Carla Bruni-Sarkozy dans sa fondation et son comportement en tant qu’ambassadrice de la lutte contre le sida.

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La Comtesse Dracula de Nagy-Bocsa et Julien Civange en Tunisie le 29 avril 2008

En devenant philanthrope d’État en 2009, à la tête de sa fondation contre l’illettrisme et comme ambassadrice contre le sida, Carla Bruni-Sarkozy avait de bonnes intentions. Et semblait sincère, surtout en matière de lutte contre le sida (son frère aîné est mort de la maladie). Mais deux ans après sa création, sa fondation est dans l’impasse. Ses actions concrètes contre le sida sont rares. Pire, Carla Bruni-Sarkozy, révèle Marianne, est au centre d’un scandale international : 3,5 millions de dollars ont été versés par le Fonds mondial de lutte contre le sida, en marge de la légalité, et sans appel d’offre, à la demande de la première Dame, à plusieurs sociétés d’un de ses amis. Le musicien et chef d’entreprise Julien Civange est à la fois le principal conseiller de Carla Bruni-Sarkozy, il est officiellement dans l’organigramme de sa fondation et a un bureau à l’Élysée (où Marianne a pu joindre et être rappelé par sa secrétaire). Il fut le témoin de mariage de Carla Bruni-Sarkozy.

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La Comtesse Dracula de Nagy-Bocsa et Michel Kazatchkine au Salon du livre de Paris, le 18 mars 2011

Révélée au conseil d’administration du Fonds mondial à Accra, au Ghana, fin novembre 2011, cette affaire vient de coûter sa place à un ambassadeur français, le professeur Patrice Debré, qui vient d’être démissionné par Sarkozy. Le directeur général du Fonds mondial de lutte contre le sida, Michel Kazatchkine, vient d’être officiellement écarté aussi, à la demande d’Hillary Clinton même si sa démission réelle ne devrait intervenir que les 21 et 22 mai 2012 — soit après le deuxième tour des présidentielles. Nicolas Sarkozy est intervenu en ce sens, au plus haut niveau à Washington.

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE
L’enquête est publiée dans le numéro 768 de Marianne en kiosque demain 7 janvier et en version électronique à partir de 18h.

Leur presse (Marianne, 6 janvier 2012)

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[Tunis] Les blessés de la révolution contre le gouvernement

Dans la matinée d’aujourd’hui, une vidéo émise par la radio privée Shems FM a montré une foule de protestataires rassemblés sur la Place de La Kasbah, en face du Palais du gouvernement, venue exprimer leur mécontentement quant aux promesses du gouvernement Jébali sur l’indemnisation des blessés de la révolution.

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Les premières images montrent une dame assise à même le sol, entourée de policiers en tenue, décidée à se faire entendre, voulant coûte que coûte avoir une entrevue avec le Premier ministre du gouvernement issu de la Constituante pour étudier son cas, ayant reçu une balle dans la tête lors des journées noires de la révolution qui, à ce jour, ne fut pas extraite, et que malgré toutes ses tentatives pour se faire entendre afin de se faire soigner, elle n’a rien reçu en retour, précisant qu’elle connaît parfaitement le tireur, s’agissant d’un militaire.

Par la suite, ce sont de nombreux jeunes, des blessés de la révolution, qui se joignirent à elle pour crier leur colère et dénoncer le gouvernement Jébali et ses fausses promesses, appelant le peuple à agir pour mettre fin à cette mascarade, selon les protestataires, criant que la situation est devenue explosive dans des régions reculées, comme Gafsa, Sidi Bouzid, Gabès, etc.

Cette vidéo a provoqué un buzz sur les réseaux sociaux et les multiples réactions autour de ces images ont montré la dimension du mécontentement social et la déception populaire de ce parti pour lequel il a pourtant voté.

Des messages tels que « Les partisans d’Ennahdha déçus du gouvernement crient leur colère » ou « déçus du Gvt, et dire qu’ils ont été avertis », etc. ont été largement relayés. Depuis que le parti a raflé les élections, beaucoup de voix se lèvent pour dénoncer Ennahdha d’avoir profité de la « naïveté » du peuple en le soudoyant par des promesses…

Déçues du vote qui ne les représente pas, ces mêmes voix espérent qu’un jour le peuple qui a voté pour Ennahdha, et d’ailleurs pour le CPR et Ettakatol, se réveillera pour se retourner contre eux. Et cette effervescence sociale qui se traduit par un véritable mécontentement populaire sur l’action gouvernementale pourrait dégénérer en une explosion sociale… à une nouvelle révolution.

Leur presse (Dorra, Webdo, 6 janvier 2012)

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[Gafsa] Les réclamations des chômeurs ont fini à la poubelle

D’après une vidéo qui circule sur Facebook, le 5 janvier 2012, les citoyens de Gafsa envahissent les locaux du gouvernorat pour découvrir que les demandes et les réclamations adressées au gouverneur de la part des citoyens en détresse étaient déchirées et mises dans des sacs, ce qui a provoqué leur colère tellement que le gouverneur ainsi que le directeur de la CPG qui recevaient des envoyés ministériels, ont dû fuir avec eux pour éviter la rage de la foule. (…)

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Leur presse (Mohamed Anis Abrougui, Tiwinoo, 5 janvier 2012)

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[Nous n’avons pas peur des ruines] Les contr’architectes travaillent à Bruxelles

Bruxelles – Incendie volontaire au Palais de Justice

Tard l’après-midi, à deux endroits différents, le feu a été bouté à l’intérieur du Palais de Justice de Bruxelles. Les deux foyers d’incendie se trouvaient au deuxième étage, dans et proche aux archives de la greffe du tribunal correctionnel.

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Les pompiers sont descendus massivement sur place (12 camions) et ont mis plus de 3 heures à faire leur boulot. Le Palais était couvert d’une fumée épaisse. Les dégâts à l’énorme bâtiment ne semblent pas trop grands, mais un grand nombre de dossiers et de papiers ont brûlé. D’un nombre non-connu de dossiers judiciaires, il n’y aurait pas de copie digitale, ce qui provoquera des grands problèmes pour les procès prévus.

L’origine criminelle de l’incendie a été confirmée quelques jours après l’incendie par le Parquet, qui a également spécifié que les dégâts seraient plus grands de ce qui a été pensé jusque-là.

Compilé de la presse (3/1/2012) par les Brèves du désordre, 6 janvier 2012.

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[Chili] Politique de la terre brûlée contre les indiens Mapuche

Chili/incendies : l’État vise des Mapuches

Une vague d’incendies de forêts dans le sud du Chili a pris un tour tragique avec la mort d’au moins six pompiers, avec une dimension politico-ethnique, les autorités mettant sur le compte de militants indiens Mapuche l’origine criminelle des feux.

Le gouvernement a annoncé le dépôt vendredi d’une plainte en vertu de la loi antiterroriste, pour les incendies dont celui qui a coûté la vie jeudi à six pompiers, avec un disparu, près de Carahue à 700 km de Santiago.

Le ministre de l’Intérieur Rodrigo Hinzpeter a mis en cause un groupuscule Mapuche radical, la Cordination Arauco Malleco (CAM), qui avait revendiqué ces jours-ci l’incendie, le 30 décembre, d’engins forestiers et d’un hélicoptère de lutte contre le feu appartenant à une firme d’Araucanie, la région de Carahue.

« La CAM revendique l’attentat contre un hélicoptère forestier et peu après, il y a beaucoup d’incendies. Au bout du compte les choses commencent à s’emboîter », a déclaré M. Hinzpeter sur la chaîne TVN.

Six pompiers professionnels, contractuels d’un groupe forestier privé, ont péri dans les flammes, un autre restait disparu et deux ont été blessés, selon un bilan actualisé des autorités et de l’employeur. (…)

À Carahue, l’émotion était intense, notamment parmi les autorités convaincues du caractère intentionnel du feu. « Ça n’a pas de nom, c’est un crime », a grondé le préfet d’Araucanie Andres Molina, tremblant de rage, les yeux rougis.

Paradoxalement, l’incendie de Carahue était l’un des moins importants (1.300 hectares) des 19 encore actifs jeudi soir à travers le Chili, selon le dernier bilan du Bureau national des urgences. Dix-neuf autres feux étaient maîtrisés. Plus de 1.800 pompiers et militaires, luttaient à l’échelle du pays contre les feux de forêt, qui ont consumé 56.000 hectares en une dizaine de jours.

Ces feux, fréquents en été dans le sud boisé, sont aggravés par la chaleur et la sécheresse cette saison, mais des départs de feu simultanés ont soulevé des soupçons. « Nous sommes à une époque d’incendies de forêts, mais ce qui s’est passé n’est pas normal », a affirmé M. Hinzpeter. « Nous devons combattre non seulement les incendies, mais les criminels qui sont derrière les incendies », a lancé le président Sebastian Pinera.

L’invocation de la loi antiterroriste marque un raidissement : cet arsenal pénal datant de la dictature (1973-90) reste, bien qu’amendé, un outil très controversé, qui autorise des détentions préventives prolongées, des peines alourdies. Son dernier usage était en 2011 au procès d’activistes Mapuche, dont Hector Laitlul, leader de la CAM, condamné à 14 ans de prison pour des violences en 2008. Mais la Cour l’avait relaxé de « terrorisme ».

Les Mapuche sont la première minorité indienne (6 % des 18 millions de Chiliens). Leur frange la plus dure revendique une forme d’autonomie, et la restitution de terres « ancestrales » saisies par l’État au XIXe siècle, puis cédées au privé, dont des grands groupes forestiers. Leur radicalisation depuis sept à huit ans a pris la forme de sabotages, occupations de terres, heurts avec la police, lors desquels trois jeunes Mapuches ont été tués. L’un d’eux le 3 janvier 2008 : un anniversaire évoqué par la CAM dans sa récente revendication.

Une dirigeante Mapuche connue, Natividad Llanquileo, a accusé l’État de se servir des feux « pour justifier une militarisation de la zone » où vivent les Mapuches.

Leur presse (Agence Faut Payer), 6 janvier 2012.

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2012 à Toulouse : on lache rien !

Samedi 31 décembre, nous étions une soixantaine à aller hurler notre rage devant les murs de la prison de Toulouse-Seysses.

À partir de 22 heures, depuis leurs cellules, les prisonnièr-es ont pu entendre résonner des morceaux de la Mafia k’1 fry, Sean Paul, Dre, les Clash ou encore Befa… Et ce pendant près d’une heure ! On a fait péter nos deux kils de son jusqu’au quartier des meufs (à l’opposé de nous). Si si ! C’était bon de voir les réactions de l’intérieur : les cris de « Liberté ! », les briquets aux fenêtres, les signaux divers…

Les galets décoratifs des plates-bandes de la maison des familles se sont révélés fort utiles pour marteler les grilles au nez des matons. Ravalant notre envie de tout crâmer, on s’est quand même accrochés à un portail fermant la première enceinte grillagée, qui a fini par céder sous le poids de notre colère. Ok, c’est symbolique mais ça nous a pris aux tripes et on s’est sentiEs un peu plus fortEs l’espace d’un instant.

Au milieu de tout ça, trois pauvres gendarmes nous regardaient faire et ont fini par appeler du renfort. Ayant réussi à esquiver un contrôle d’identité massif, on est repartiEs sans encombre. Ça nous a mis la patate, même si ça fait chelou de se barrer avec le sourire d’une taule encore debout. Plus tard dans la soirée, des feux d’artifices ont brillé au-dessus de la zonz.

BIG UP à touTEs les prisonnierEs, aux enragéEs et à touTEs celleUX qui les soutiennent, ce soir-là comme chaque jour de l’année !

Indymedia Nantes, 5 janvier 2012.

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[Égypte] Le peuple veut une deuxième révolution !

C’est la nouvelle sensation de l’internet égyptien. Une vidéo de deux minutes qui appelle le peuple égyptien à faire de la date anniversaire de la révolution, le 25 janvier, le point de départ d’un deuxième soulèvement, contre le Conseil supérieur des forces armées qui a pris la suite de Hosni Moubarak. Depuis sa mise en ligne le 1er janvier, plus de 110.000 personnes ont visionné ce clip et près de 55.000 l’ont partagé sur Facebook.

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Le montage débute par le fameux discours d’Omar Suleiman, dans lequel cet ancien chef des services secrets égyptiens, éphémère vice-président, proclame sur un ton de voix sépulcral que vieux dictateur a démissionné. Mais l’intervention originale, qui s’achevait au bout de quelques dizaines de secondes sur l’annonce du transfert du pouvoir aux militaires, se poursuit, grâce à un habile imitateur de Souleiman, par l’énoncé de tous les crimes et violations des droits de l’homme perpétrés par l’armée depuis un an : bastonnades, tirs à balles réelles sur les manifestants, procès militaires, campagne de diffamation contres les révolutionnaires, jusqu’à la dernière provocation en date : la fermeture de nombreuses ONG pro-démocratie.

Cela suffira-t-il à convaincre les Égyptiens que leur révolution est en danger ? Et que la démission de Hosni Moubarak s’est doublée d’un coup d’État feutré ?

Réponse le 25 janvier, sur le bitume de la place Tahrir.

Leur presse (blog du monde.fr « L’Égypte à l’heure du choix », 5 janvier 2012)

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[Vive la mort] Dakar 2012

Pour ce Dakar 2012, il n’a pas fallu attendre longtemps pour compter un mort de plus pour la nouvelle session de ce rallye où, scandale ! les vaches peuvent errer en toute liberté et sans enclos (le lecteur trouvera un article de presse ci-dessous). « S’engager sur le Dakar, c’est dans une certaine mesure escalader son Éverest, boucler son tour du monde à la voile ou à la rame. Le podium d’arrivée représente un défi d’exception, parfois celui d’une vie. » ASO ne croit pas si bien dire ! Les « valeurs » du Dakar ? Prendre des risques, aller jusqu’à sacrifier sa vie pour arriver sur le podium en premier. Il n’y a pas trente six mille formes de compétition comme peuvent le prétendre des éducateurs sportifs ou des professeurs de sport un peu niais ; il n’y en a qu’une seule : celle qui abime les concurrents dans une logique mortifère. C’est cela le sport.

« C’est un vrai drame, dit Étienne Lavigne, le patron d’ASO. C’est un garçon que nous connaissions bien. Il y a beaucoup d’émotion ce soir au bivouac. C’est dur de repartir demain. Mais c’est le plus grand hommage à lui faire. La compétition continue. » Le cynisme de circonstance sous forme de ritournelle est toujours, lui aussi, au rendez-vous. Au nom du fric, la compétition doit continuer. Ce genre d’« accident » est tellement logique que l’émotion passera bien vite pour ne plus embêter les bivouaqueurs. Et puis pourquoi « le plus grand hommage » qui pourrait être rendu aux morts du Dakar, ne serait-il pas d’arrêter cette course absurde ? Des morts, il y en a eu puisque nous en sommes dorénavant à 59.

L’entreprise ASO présente son produit (le spectacle d’une course sportive autos-motos) comme « une aventure humaine incomparable ». Vanter sa marchandise de pareille sorte est de bonne guerre capitaliste mais sous la surface des choses, le mode de production recèle toujours une saveur barbare : l’édition 2012 de ce rallye-raid en est encore une preuve s’il en fallait ! De même, que penser du langage de la marchandise dont Lavigne est le représentant, lorsqu’il s’agit « (…) des concurrents amateurs, souvent venus réaliser un rêve (…) » ? Ou encore que « le Dakar est par nature attiré vers l’inconnu » ?

GrouCHOS – Groupe contre l’horreur olympique et sportive, janvier 2012.


Dakar 2012 : le pilote Bruno Da Costa grièvement blessé

Le motard français Bruno Da Costa (Yamaha) a été grièvement blessé, lundi 2 janvier après-midi, en heurtant de plein fouet un bovin, lors de la 2e spéciale du Rallye-raid Dakar entre Santa Rosa de la Pampa et San Rafael, en Argentine, ont indiqué les organisateurs. Le pilote de 38 ans, qui souffre selon un premier diagnostic d’une hémorragie rénale, a été transporté d’urgence à l’hôpital de Mendoza. La vache heurtée par le pilote a été tuée sur le coup lors du choc.

Dimanche, la première étape du rallye Dakar 2012 avait déjà été endeuillée par la mort du motard argentin Jorge Martinez Boero, 38 ans, tué dans une chute. Selon un décompte effectué par l’AFP, il s’agit du vingt et unième concurrent du Dakar à trouver la mort durant la course depuis l’édition 1979 de cette épreuve, organisée à vingt-neuf reprises en Afrique avant d’arriver en Amérique latine, en 2009. Bruno Da Costa était conscient lorsque les secours sont très rapidement arrivés et l’ont pris en charge. Il a été soumis dans un premier temps à un examen scanner qui a montré un très gros hématome rénal. La décision de transporter le motard à l’hôpital a alors été prise, a indiqué l’organisation du Dakar.

L’accident est survenu dans la partie la plus roulante de la spéciale, au km 126, où la piste en dur trace droit dans la pampa d’épineux et où les pilotes poussent leurs engins à fond. Comme a pu le constater un journaliste de l’AFP par hélicoptère, il n’y a quasiment pas de fermes d’élevage dans cette région, mais on peut voir ici et là quelques bovins ou caprins qui évoluent en toute liberté et sans enclos. C’est un de ces animaux que le motard français n’a pu éviter.

Leur presse (LeMonde.fr), 3 janvier 2012.


Dakar-2012 : mort d’un motard argentin

Un motard argentin, Jorge Martinez Boero, 38 ans, est mort dimanche durant la 1re étape du rallye Dakar 2012, lors de la spéciale chronométrée organisée au sud de Mar del Plata, a-t-on appris auprès de l’organisation de la course.

Le motard est décédé des suites de ses graves blessures après une chute à deux kilomètres de l’arrivée de la spéciale de 57 km courue dans les dunes de sable le long de l’océan Atlantique, près de la commune de Necochea, à 14h19 précise.

« Après la chute, le pilote a été victime d’un arrêt cardiaque. Il a été secouru à peine cinq minutes après l’accident par le personnel médical de la course, présent à bord d’un hélicoptère », a précisé l’organisation de la course, « mais il n’a pas été possible de le réanimer, et il est décédé lors de son transfert à l’hôpital ».

Boero, qui courait sur une Beta, avait déjà participé une fois au Dakar, l’an dernier, et il avait alors dû abandonner lors de la 6e étape, après avoir été victime d’une chute à un kilomètre de l’arrivée à Iquique, au Chili. À peine touché, tombé dans un précipice, il avait alors dû attendre les secours pendant près de huit heures.

Jorge Martinez Boero est le fils d’un champion argentin de rallye automobile, décédé en 2004.

Cette première étape du Dakar-2012, longue de plus de 800 km, menait les concurrents de Mar del Plata à Santa Rosa de la Pampa, dans l’ouest du pays.

Leur presse (Agence Faut Payer), 1er janvier 2012.

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Kaurismaki, la grande classe politique

Cet article a failli s’appeler : « Kaurismaki emmerde Zemmour » (pour ne pas utiliser un verbe plus grossier.) Mais l’élégance, espérons-le est contagieuse, et la leçon magistrale du maître finlandais décourage la trivialité.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325871431.jpgLe Havre nous est arrivé comme un conte de Noël — malheureusement pour ce moment de grâce cinématographique noyé dans les fêtes et leurs disniaiseries. Un conte de Noël thérapeutique et aussi, et surtout, un très grand film politique, autant que poétique. Quand quinze millions de Français se ruent sur Intouchables, le Finlandais renvoie le pseudo-humanisme aux vaches bien gardées dans les bas fonds de la grossière sociologie de comptoir.

Bien sûr, depuis une vingtaine d’années, les occasions ne manquaient pas de tomber amoureux de son cinéma hanté de loosers magnifiques, de lumineuses héroïnes atypiquement belles et de chiens sans collier, errant d’un Londres années 60 sinistre (J’ai engagé un tueur) aux zones industrielles d’Helsinki (Ariel, l’Homme sans passé) ou sur les parkings des motels les plus miteux (le savoureux Leningrad Cow boys go to America). Pourtant, le Havre, c’est autre chose :  le prisme d’un regard étranger qui s’aventure à concilier une France éternelle fantasmée et la réalité crue du pays d’aujourd’hui. Marcel Marx, le poète de La vie de Bohême — André Wilms, magistral — est devenu cireur de chaussures, son épouse s’appelle Arletty, le médecin (Becker !) prend le visage de Pierre Étaix, le flic — Darroussin, impeccable comme toujours — sort des Tontons flingueurs. Comme s’il fallait ressusciter l’imaginaire d’un certain cinéma français pour retrouver le peuple qui manque. Bienvenue en France de Renoir et Carné !

Peuple. Le mot est lâché. Je ne crois pas que dans un seul film, voire même dans un seul plan de Kaurismaki (que les cinéphiles me démentent si je me trompe !), il nous arrive d’être dans un décor bourgeois — ou simplement marqué des signes du confort contemporain. Les papiers peints, les chaises, les bagnoles, les murs, les fringues, tout est usagé, voire usé, poussiéreux, tout a vécu sans jamais tomber dans l’embaumement « confiture grand-mère » à la Amélie Poulain ; les visages eux-mêmes portent lumineusement leur usure. Les critiques l’ont noté à juste titre : l’enchantement nait du télélescopage entre cette patine cinématographique aux références assumées et le réalisme violent de la situation.

Car au milieu de cette fiction poétique débarque l’actualité la plus sordide : planqués dans un conteneur au port du Havre, des sans-papiers sont trouvés et arrêtés. Bienvenue dans la France des rafles présentes et passées ! Un gosse réussit à s’échapper. Et autour de lui, Marcel Marx tisse un véritable réseau résistant entre trois maisons, une boulangerie, une épicerie, un café, une cour et un chien… Délateur aux aguets, maladie tapie dans l’ombre, la situation va se compliquer. On ne gâchera pas le plaisir des futurs spectateurs, vivement encouragés à découvrir eux-mêmes un scénario qui ne se refuse aucune fantaisie dans une ville magnifiée par la caméra.

Mais au delà de la fable jubilatoire, il faut voir Le Havre comme une grande leçon politique. Un miroir embellissant et nostalgique tendu à une France dont le peuple sort comme un diable farceur de la boîte populiste où les démagogues tentent de l’enfermer. Car de la boulangère au grand cœur (Évelyne Didi) à l’épicier malicieux, en passant par les inévitables piliers de comptoir aux trognes et aux conversations mémorables, Kaurismaki ne se refuse aucun des stéréotypes du peuple usités des démagogues qui aiment tant parler en son nom. Et c’est précisément ce chromo national à la Gabin, à la Audiard, affectionné par les nostalgiques d’une France ouvrière  blanche, qui va se mobiliser autour d’un gosse africain, au son du rocker local (Little Bob proprement mobilisé pour la circonstance !) Là, les stéréotypes du cinéma de papa se muent en personnages complexes, de Cheng (collègue cireur de Marcel) au commissaire Monet.

Non, les gens dits simples ne sont pas simples, encore moins simplistes.  Au mensonge méprisant de ceux qui réduisent les prolos au vulgaire (coucou, Alain Minc ! salut Nadine !) Kaurismaki oppose l’impeccable phrasé du clochard céleste et de ses amis, giflant au passage les ganaches réacs qui, de Causeur à Marianne, du Figaro à TF1, opposent les « petits Blancs » aux sans papiers et réservent la solidarité à des « bobos » fantasmés.

Face au storytelling médiatique, il dégaine son cinéma du réel.

P.-S. : Rarement vit-on distribution fut juste. Rendons donc hommage à tous les acteurs : André Wilms (Marcel Marx), Kati Outinen (son épouse Arletty), Jean-Pierre Darroussin (le commissaire Monet), Miguel Blondin (Idrissa, le jeune clandestin), Elina Salo (Claire, patronne du bar « Le Moderne »), Évelyne Didi (Yvette, la boulangère), Quoc Dung Nguyen (« Cheng », le collègue cireur de Marcel), François Monnié (l’épicier), Pierre Étaix (le docteur Becker), Jean-Pierre Léaud (le dénonciateur).

Valérie de Saint-Do – blog Mediapart, 6 janvier 2012.

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Appel à la constitution d’un collectif anti-répression sur Nantes et sa région

Soyons solidaires face à la répression ! Appel à la constitution d’un collectif anti-répression sur Nantes et sa région

Première réunion lundi 9 janvier à 20h00 à B17 (Nantes)

Durant les échanges effectués entre les militant-e-s qui soutiennent les inculpé-e-s du 1er décembre et/ou qui se sentent révoltés par la répression galopante qui s’abat sur toute voix contestataire dans Nantes et ses alentours, il a été évoqué la nécessité de créer un collectif anti-répression sur Nantes.

En effet, depuis quelques mois, la répression sur le 44 prend une ampleur qui parvient à faire trembler certain-e-s militant-e-s et à réduire ainsi la liberté d’expression et d’action de pas mal d’entre nous.

Nous ne pouvions rester inactifs face à ce terrorisme d’État, bien accompagné par les collectivités locales !

Suite au rassemblement de soutien aux inculpé-e-s du 1er décembre (devant le local de Vinci), une date de réunion pour concrétiser cette idée de collectif anti-répression a été fixée. Un seul principe fondamental de lien de la répression avec une critique du système capitaliste et étatique, s’est dégagé dans la discussion. Il nous apparaît en effet important de ne pas omettre le fait que la répression est une arme de peur, pensée et executée par l’État afin de réprimer toute voix/voie dissidente, violente ou non-violente, au pouvoir hiérachique et à la poursuite du profit. Nos vies ne doivent pas être régies par les intérêts des multinationales et du pouvoir, mais au contraire par nos propres intérêts collectifs et individuels !

Ne pas lier critique de la répression et critique de l’autorité et du capital serait nous priver de toute possibilité d’en finir une fois pour toutes avec les lois liberticides, et par là-même avec les raisons de leur existence.

Cependant, la répression, bien que ses causes profondes soient politiques, ne prive pas seulement de liberté ceux/celles qui militent. Ainsi, la société actuelle par son individualisation des rapports sociaux, par l’accroissement des inégalités, par la réduction de l’accès aux droits fondamentaux, par la destruction de toute pensée collective ou toute tentative d’autogestion, crée chez de nombreux/ses personnes des angoisses, des frustrations, des envies viscérales de crever l’abcès qui s’expriment parfois par des actes considérées comme délictueux ou criminels. À qui la faute ?! Si ce n’est au capital/État qui fixe ces limites et pénalise quiconque les enfreint, et qui par la même occasion crée les situations qui génèrent ces « transgressions » !

C’est pourquoi nous ne pouvons être que solidaires avec tous les cas de répression !

Face à la montée du terrorisme d’État dans le monde, en France, et nous concernant plus particulièrement sur la région de Nantes, nous devons nous organiser ensemble pour que la peur change de camp !

Cette réunion anti-répression, ainsi que les autres qui suivraient, aurait pour buts, car rien n’est fixé :

— De recenser tous les cas de répression dans la région de Nantes ;

— D’élaborer des réponses collectives à ces cas de répression et/ou d’aider une réponse individuelle de l’inculpé-e, notamment par la création d’un collectif anti-répression sur la région de Nantes ;

— D’échanger autour de la répression, de son évolution et de ses caractères locaux, nationaux et internationaux ;

— D’élargir le champ de la critique de la répression à ses causes, que sont la volonté commune du capital et de l’État de ne pas être remis en cause dans ses dynamiques autoritaires et destructrices de l’environnement, de l’autonomie collective/individuelle… de réfléchir aux différents moyens de lutte face à cette répression galopante (actions, manifestations, concerts…) ;

— …

Nous vous appelons donc à une réunion le lundi 9 janvier 2011 à 20h à B17 (17, rue Paul Bellamy) pour discuter avec joie et rage de l’anti-répression !

Face au terrorisme d’État, nous ne céderons pas ! Solidarité dans tous/toutes nos combats !

Des membres du comité de soutien aux inculpé-e-s du 1er décembre et d’autres militant-e-s, 6 janvier 2012.

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[Congo Kinshasa] Vive la révolte des enfants des rues !

Des jeunes « Shégués » protestent contre leur séjour prolongé au centre de formation de Kanyama Kasese

Les jeunes enfants de la rue admis au centre de formation professionnelle de Kanyama Kasese dans le territoire de Kanyama, à environ 700 kilomètres de Lubumbashi au Katanga, sont en colère depuis deux jours. Ils protestent contre leur séjour prolongé dans ce centre alors que la formation a pris fin depuis plus de cinq mois. Dix-huit d’entre eux ont quitté nuitamment ce centre et seraient en route vers Lubumbashi.

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Des enfants le 20/11/2011 à Kinshasa, prennent place à bord d’un bus destiné à la campagne électorale d’un candidat aux élections de 2011 en RDC

Le commandant du centre de Kanyama Kasese, Sabin Tshunza, lance un cri de détresse à l’endroit des autorités provinciales pour qu’une solution soit trouvée dans les meilleurs délais : « On avait connu le même problème avec les enfants venus de Kinshasa. Cela avait commencé comme ça, après ç’a pris de l’ampleur jusqu’à ce qu’il y a eu mort d’homme. Alors, nous ne voulons pas que nous puissions arriver à pareille situation. Que le gouvernement provincial fasse diligence pour que ces enfants puissent rentrer à Lubumbashi. »

Le gouvernement provincial avait envoyé, en mars 2010, plus de deux cents enfants de la rue appelés « Shégués » parmi les 800 qui se trouvaient au centre de récupération de la Kassapa à Lubumbashi. Ces derniers devaient être formés à la menuiserie, à la mécanique, à la pâtisserie, à l’élevage, à l’agriculture… « Depuis qu’ils ont terminé la formation, ils ont des brevets. Le problème maintenant, c’est de leur donner du travail », a reconnu Sabin Tshunza.

S’inspirant de l’expérience passée, le vice-président de la société civile de Kanyama avait alors émis de craintes de voir notamment ces jeunes se comporter comme ceux venus de Kinshasa. Pour protester contre le non payement de leurs primes, ces derniers avaient pillé les récoltes des villageois avant de s’enfuir, avait-il rappelé.

Sabin Tshunza a, par ailleurs, affirmé subir des pressions de la part de ces jeunes : « La menace continue. Hier [mercredi] quand j’ai ouvert mon bureau, j’ai trouvé un petit tract où [ces jeunes] ont écrit : d’ici une semaine, s’il n’y a pas de solution l’un d’entre nous va se donner la mort. »

Leur presse (Radio Okapi, 6 janvier 2012)

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[Congo Kinshasa] L’usurpateur Kabila presque aussi riche que l’héritière de L’Oréal

La fortune de Joseph Kabila évaluée à 15 milliards de dollars

Les richesses du Congo sont tronquées ! L’article s’appuie sur les déclarations du député britannique Eric Joyce. Le député dans ses investigations se plaint que son pays, la Grande-Bretagne investisse environ 1 milliard, dans le fond de développement pour la République démocratique du Congo depuis quatre ans, alors que des politiciens véreux et corrompus ainsi que des hommes d’affaires bradent les richesses de la République démocratique du Congo.

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Depuis le scandale éhonté au tour de la fraude massive qui a caractérisé les présidentielles congolaises de novembre 2011, des langues commencent à se délier pour dénoncer le vol de richesses perpétrées par le régime politique congolais sortant.

Devant la misère criante qui menace la survie du peuple congolais, les consciences commencent à se révoltent face à l’insolence de la richesse accumulée par le clan Kabila, qui, en moins des 15 ans de règne sans partage, a plus volé que le clan Mobutu qui a mis 32 ans au pouvoir. Davantage des cercles scientifiques se demandent à quoi aurait au juste servi la fameuse révolution de Laurent Désiré Kabila si ses partisans font pire que le clan Mobutu qu’ils ont chassé du pouvoir à Kinshasa en mai 1997 !

Et plus particulièrement pour le président Joseph Kabila qui totalise 10 ans de règne d’un pouvoir politique sans partage, il a déjà, selon ces organes de presse suisse, plus des 15 milliards de dollars éparpillés dans les différents paradis fiscaux à travers le monde et qu’il a eu à mettre de côté sans se soucier de la misère du peuple qu’il prétend d’aimer et qui tire le Diable par la queue !

Et toujours selon ces mêmes sources, son homonyme, Joseph Mobutu, qui avait mis à la tête de ce pays 32 ans de règne, n’a eu à voler que 5 milliards de dollars !

Leur presse (Direct!cd, 6 janvier 2012)

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[Racisme d’État] L’Hongrois veut bouter les Anglois hors de France

Sarkozy célèbre Jeanne d’Arc, « résistante » et symbole de « l’unité nationale »

Nicolas Sarkozy a célébré vendredi la mémoire de Jeanne d’Arc, érigée en symbole de la « résistance » de la France dans l’épreuve et de son « unité nationale », en lançant en Lorraine les festivités du 600e anniversaire de sa naissance à Domrémy (Vosges).

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L'original, en mai 2008.

« En tant que chef de l’État, je me devais de rendre aujourd’hui, ici, sur sa terre de naissance, cet hommage solennel que la France rend à ceux auxquels elle doit sa liberté et sa grandeur », a déclaré M. Sarkozy lors d’un discours à Vaucouleurs, où elle a lancé sa campagne victorieuse contre les Anglais en 1429.

« Jeanne n’appartient à aucun parti, à aucune faction, à aucun clan. Jeanne c’est la France dans ce que la France a de plus singulier et de plus universel car Jeanne est sans doute la Française la plus connue, la plus respectée, la plus aimée dans le monde entier », a-t-il ajouté, « Jeanne c’est la France dans ce qu’elle a de plus noble et de plus humble. »

« Puissions-nous aussi continuer à penser à elle comme le symbole de notre unité et ne pas la laisser entre les mains de ceux qui voudraient s’en servir pour diviser. Diviser au nom de Jeanne d’Arc, c’est trahir la mémoire de Jeanne d’Arc », a lancé le chef de l’État en direction du Front national.

La présidente du Front national et candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, doit commémorer à son tour samedi, à Paris, avec son père Jean-Marie, le souvenir de celle qui a « bouté les Anglais hors de France ».

Depuis de nombreuses années déjà, le FN a fait de Jeanne d’Arc, comme avant lui l’Action française, l’un des symboles de sa geste anti-immigration et l’occasion d’un défilé chaque 1er mai.

Leur presse (Agence Faut Payer, 6 janvier 2012)

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À propos de l’appel « indigné » à occuper Pôle Emploi le 17 janvier 2012

Le 17 janvier 2012…

Ce n’est pas une info, mais un billet d’humeur et comme mon humeur est explosive et que je suis généreux, je vous fait profiter de mon trop plein « d’Indigné »…

Comme tout le monde, je reçois l’invitation à l’indignation : occupation des Pôles Emploi le 17 janvier 2012

Comme tout les exploités franchement véners de la liste, on me « hesselise » (du triste grabataire Stéphane Hessel dont le torchon de 30 pages finit de nous convaincre des nécessités de l’euthanasie face à la sénilité).

Comme beaucoup, j’en ai ma claque des appels à l’indignation quand nous n’en sommes plus à nous indigner… L’indignation ? — Mon cul ! Qui sont ces bonnes-sœurs zélées qui s’indignent du merdier du monde ?!? Me prendrait-on pour l’un de ces petits bourgeois qui fait de la politique en famille, le dimanche devant le rôti qu’a fait mamie ???
J’ai la rage, l’angoisse et la colère des expulsions de nos logements. J’ai la niak, le pillage dans le sang et mon caddie dans les starting-blocks pour pouvoir bouffer quelque chose qui a du goût, mais dont le coût m’est inaccessible. J’ai les lèvres écumantes et la roublardise qui se réveille face à toutes ces saloperies d’associations « solidaires » dont n’importe quel précaire n’est qu’une matière première, justifiant quelques salaires d’assistantes social (des parasites parmis tant d’autres) et à gaver de subvention.

Indignez-vous ? — Mais qu’est-ce que c’est que ce culot d’appeler les précaires à l’indignation ?!?
Le précariat ne s’indigne pas : ce n’est pas dans ses gènes !
Il se résigne ou il combat.
Demandez aux précaires de s’indigner, c’est comme demander aux Éthiopiens de faire la grève de la faim : c’est absurde et insultant.
Le collectif Exploités-Énervés est combatif (voire même plus…), et ceci n’est pas dans les promesses ou les vœux pieux, c’est vivant dans chacune des actions que nous avons menées. Des collectifs comme le nôtre, il y en a plusieurs en France, dans d’autres villes. La lutte des précaires existe déjà et elle a ses victoires réelles (demandez donc à ceux qui sont venus au collectif d’Alès pour résoudre leurs problèmes administratif : on est à 120 % de victoire depuis septembre).

Indignez-vous en occupant Pôle Emploi ? — Et allez ! En pleine période pré-électorale on nous sort le truc à la mode (« l’indignation ») pour nous envoyer encore une fois faire les petits soldats d’une gauche sans lendemains ni militants ! Que ces gens se rassurent : avec ou sans mouvement, ils seront élus aussi sûrement que la société française va leur péter à la gueule dans les mois qui suivront leur « victoire électorale ».
Le voilà le grand marketing politique de l’Indignation ! Un truc qui ne veut rien dire, qui est vide et qui n’est qu’un ultime recyclage d’un démocratisme où l’on exige des précaires d’avoir suffisament de sens civique pour servir de viande électorale et médiatique, à travers un mouvement artificiel.
Et ben moi, je dis : « Merde ! »
Je dis : « Indignés du monde entier : Prenez garde à ceux qui font les routes où vous manifestez pacifiquement ; Prenez garde aux caissières des supermarchés où vous payez votre bouffe bio ; Prenez garde aux maçons qui refont la façade de votre héritage… Prenez garde ! Car le prolétariat est encore dans la place. »

Occuper Pôle Emploi le 17 janvier 2012 ? Pourquoi pas… mais pas par indignation ! — On a les crocs et si l’on vient, ce ne sera pas comme vous voulez que nous soyons, mais tels que nous sommes réellement. Et notre réalité, notre condition, c’est une bombe à retardement. Avec l’invitation à occuper Pôle Emploi, il est probable que vous ayez ouvert la boîte de Pandore de laquelle les monstres que nous sommes pourraient surgir…

Enfin, et pour ne pas recommencer le mouvement des chômeurs de 1997-98 et la braderie par laquelle la CGT lui fit fermer sa gueule (=les 35 heures), il me semble impératif de partir sur le bon pied (si l’on part…) en ne demandant pas du boulot, mais du fric.
Le bourgeois s’indigne à ces mots… mais c’est que le bourgeois ignore la réalité du précariat.
La plupart des allocataires et chômeurs font plein de petits tafs (souvent non-déclarés) pour joindre les trois à quatre bouts de leurs budgets. Le boulot, on connaît et c’est nul. Le boulot, on connait et ça ne rapporte même pas le strict nécessaire. Le boulot que l’on voudrait nous faire demander n’existe plus et n’existera plus, car les structures économiques qui généraient le travail à l’époque de « papa », elles sont cuites, finies et définitivement mortes.
Arrêtez donc, chers Indignés, de vouloir faire plaisir à « Papa » et à son modèle économique qui n’existe plus : prenez-vous en main ou faites une thérapie, car vous êtes victimes d’un complexe d’Œdipe versant de plus en plus dans la pathologie aigüe (= déni des réalités).

Désolé si j’ai heurté certaines sensibilités, mais j’en avais gros sur la patate…
Désolé-bis, parce que j’ai de la suite dans les idées et dans LES TRIPES.

Joseph Kacem – 5 janvier 2012.

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[Scientifiquement prouvé] Les financiers sont les plus dangereux des psychopathes

Le monde financier serait-il dirigé par des psychopathes ?

Les personnages clés seraient-ils des psychopathes ? Selon un ancien professeur anglais, cela pourrait expliquer la crise que connaît actuellement le monde.

Alors qu’on annonce que 2012 sera (encore) l’année de la crise de la dette, de l’austérité, bref de la crise économique et financière, de plus en plus de voix s’élevent pour dénoncer le système financier, les marchés qui dirigent le monde. Des marchés souvent accusés de ne pas tenir compte des humains qu’ils broient. C’est ce qui fait dire à Clive R. Boddy, professeur à l’université de Nottingham, que beaucoup des hauts responsables financiers seraient en fait des psychopathes.

Selon ce professeur, cité par Bloomberg, les psychopathes sont des personnes « manquant de conscience, ne ressentant que peu d’émotions et incapables de ressentir sentiments, sympathie ou empathie pour les autres ». Ces personnes se montrent plus froides et calculatrices que les autres et « représentent donc une menace pour les entreprises et la société ».

Mais comment des personnes avec un tel profil psychologique ont-elles pu atteindre des postes si élevés ? Selon Clive Boddy, cela est imputable au monde actuel et à l’organisation des entreprises, avec un personnel qui bouge tout le temps, passe de sociétés en sociétés. Cela permet aux psychopathes de passer inaperçus et de monter rapidement, pouvant même apparaître comme de bons leaders là où, à une autre époque, ils auraient été vite repérés pour leur égocentrisme et leur manque d’éthique.

C’est l’ascension de ce type de profils dans des entreprises financières qui aurait causé la crise, selon le professeur. Car à des postes-clé, ces psychopathes sont dirigés par leur volonté de s’enrichir et de progresser, au détriment de toute responsabilité sociale. Peu importe, pour eux, les dégâts causés.

Ce n’est pas la première fois que des scientifiques mettent en avant le comportement dangereux des employés du monde de la finance. Ainsi, en septembre, une étude suisse affirmait que certains traders avaient des comportements plus dangereux que les psychopathes. 28 d’entre eux avaient été soumis à des tests psychologiques et les résultats avaient été comparés à ceux de 24 psychopathes hospitalisés dans des établissements sécurisés en Allemagne. Il en ressortait que dans un contexte de compétition, les traders étaient prêts à tout pour prendre l’avantage sur leurs concurrents. « Il s’est avéré qu’ils ont eu un comportement plus égocentrique et ont été plus enclins à prendre des risques que le groupe de psychopathes qui ont été soumis aux mêmes tests », expliquait l’un des chercheurs au Spiegel.

Leur presse (RTBF.be), 5 janvier 2012.


Les traders seraient plus fous que les psychopathes

Une étude suisse tente de comprendre comment des traders peuvent parier des milliards sur les marchés financiers dans le cadre d’opérations frauduleuses.

Alors que la banque helvétique UBS est empêtrée dans une affaire de fraude, une étude menée en Suisse révèle que certains traders auraient un comportement plus dangereux et manipulateur que des psychopathes. Dans le cadre d’une thèse préparée à l’école de management de l’Université de Saint-Gall, et dont Lefigaro.fr a eu la copie, Pascal Scherrer, un expert légiste, et Thomas Noll, l’un des administrateurs de la prison de Pöschwies au nord de Zurich, ont planché sur le profil de ces jeunes traders capables de miser des milliards d’euros sur les marchés financiers dans le cadre d’opérations frauduleuses.

Pour ce faire, ils ont soumis un groupe de 28 investisseurs professionnels issus de plateformes de trading sur produits dérivés, le forex et de capital investissement — à des tests d’intelligence et des simulations informatiques afin d’évaluer leur aptitude à coopérer et leur degré d’individualisme. Ont été également passés au crible leur capacité à se rebeller, leur désir de pouvoir, leur immunité au stress et à la peur. Les résultats ont été comparés à ceux d’une étude conduite auprès de 24 psychopathes hospitalisés dans des établissements hautement sécurisés en Allemagne.

Cette méthode n’est pas nouvelle. En 2004, déjà, la revue New Scientist comparait les employés désireux de grimper l’échelle hiérarchique de leur entreprise avec des psychopathes, à cause de leur manque d’empathie et de compassion dans un environnement de stress. « Évidemment, on ne peut pas dire que tous les traders sont dérangés », nuance Thomas Noll au journal allemand Spiegel. « Mais il s’est avéré qu’ils ont eu un comportement plus égocentrique et ont été plus enclins à prendre des risques que le groupe de psychopathes qui ont été soumis aux mêmes tests. »

Écraser leurs adversaires

Selon les chercheurs, le moteur principal des traders n’est pas de dégager les gains les plus importants, mais de prendre l’avantage sur leurs concurrents. Dans un contexte de compétition, ils abandonnent toute approche réfléchie et stratégique de l’investissement dans le seul but d’écraser leurs adversaires. Et ce, quoi qu’il en coûte ! Pour la Société générale, la facture laissée par Jérôme Kerviel en 2010 a atteint 4,9 milliards d’euros. À la City de Londres, le jeune trader Kweku Adoboli a fait perdre 2,3 milliards de dollars à UBS il ya deux semaines.

« Dans 99 % des cas de fraude, il faut savoir qu’il n’y a pas d’enrichissement personnel direct », souligne pour sa part Frédéric Boulier, expert chez NICE Actimize, spécialiste de la fraude financière. « Les traders sont parfois victimes d’un emballement des pertes dû à l’envie de “se refaire”, selon le jargon. » Et là, tous les paris sont bons. Interrogé sur la BBC lundi, Alessio Rastani, qui se présentait comme un trader indépendant de Londres, a créé le buzz sur Internet en avouant sans complexe : « La récession, c’est une opportunité pour nous. Je vais au lit tous les soirs en rêvant d’une nouvelle récession. » Au final, selon le Daily Telegraph, cette sortie choc n’aurait été qu’un coup de bluff. Le trader ne serait qu’un boursicoteur.

Leur presse (Isabelle de Foucaud, LeFigaro.fr), 28 septembre 2011.

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[Tunisie] Les sit-inneurs de Gafsa dégagent trois ministres

Tunisie. Un jeudi très agité à Gafsa

Un quadragénaire immolé par le feu. D’un côté, des jets de pierres et de l’autre, du gaz lacrymogène. Voilà à quoi a ressemblé Gafsa, jeudi, avec la visite de trois ministres du nouveau gouvernement.

Ces troubles, qui ont éclaté jeudi en fin d’après-midi, ont coïncidé avec la visite de trois ministres. Ces derniers, qui se sont déplacés de Tunis, devaient négocier avec les sit-inneurs de Gafsa. Et qui sont rentrés, en hélicoptère, quelques heures après, bredouille. Une première sortie ratée. De quoi vous dégoûter du pouvoir.

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Après que Ammar Gharsallah — un chômeur et père de 3 enfants, de Lala (délégation d’El Ksar), fatigué par un sit-in de plusieurs semaines devant le siège du gouvernorat en vain —, s’est immolé par le feu en pleine rue, des jeunes ont réagi en jetant des pierres sur les forces de l’ordre, s’attaquant au siège de la sûreté nationale. Pour disperser la foule, ces derniers ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogène.

Brûlé au troisième degré, Ammar Gharsalah a été transporté dans un état critique au Centre de traumatologie et des grands brûlés de Ben Arous (dans la banlieue sud de Tunis).

Le nouveau gouvernement a décidément beaucoup de mal à calmer les esprits dans les régions frondeuses où a éclaté la révolution. Il faut dire que Hamadi Jebali et son équipe n’ont pas plus de baguette magique que n’en avait le gouvernement précédent de Béji Caïd Essebsi.

Leur presse (Kapitalis.com), 6 janvier 2012.


Tunisie. Les sit-ineurs de Mdhila refusent le dialogue

Négociation ou pas, les chômeurs et ouvriers de la Société de l’environnement et du boisement à Mdhilla (Gafsa) sont restés sur leur position : leur sit-in se poursuivra.

Le ministre de la Formation professionnelle et de l’emploi, Abdelwahab Maâttar, a rencontré, mercredi les sit-ineurs au siège de l’usine du Groupe chimique tunisien (Gct), dont ils bloquent l’accès, et discuté avec eux de la nécessité de laisser l’entreprise reprendre ses activités.

Les protestataires qui, selon l’agence Tap, observent une grève de la faim depuis le 21 décembre, revendiquent un emploi au sein de la Gct ainsi que la proclamation des résultats du concours de recrutement.

Le ministre leur a expliqué que le souci du gouvernement pour le moment est d’accorder la priorité aux régions de l’intérieur, notamment au niveau de la conception des programmes et mécanismes de lutte contre le chômage. « Les sit-in qui perturbent la production et l’activité économique ne peuvent apporter aucune solution », leur a t-il dit.

Apparemment, c’était un dialogue de sourd. Le temps des promesses est révolu avec l’ancien ministre Saïd Aïdi et le gouvernement de l’ex-Premier ministre Béji Caïd Essebssi, les protestataires ont refusé catégoriquement la levée du sit-in. Et le ministre a dû rentrer, comme il est venu. La route semée d’épines semble pour le moment sans issue. (…)

Leur presse (Kapitalis.com), 6 janvier 2012.

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[« Cette fois-ci ça sera une grève très sauvage »] À la Miba à Mbuji-Mayi (Congo-Kinshasa)

Mbuji-Mayi : Colère des travailleurs de la Miba

Mbuji-Mayi (République Démocratique du Congo) : Les agents de la Minière de Bakwanga (Miba) ont entamé une grève sèche ce jeudi 5 janvier. Ils ont barricadé toutes les voies d’accès au polygone, lieu de production de diamant. Ils réclament le paiement de cinq mois d’arriéré de salaire. Les grévistes en colère s’en prennent à tous ceux qui ne respectent pas le mot d’ordre, a constaté un reporter de Radio Okapi.

Dans la matinée, ils ont empêché les chefs de sécurité d’accéder au polygone.

Un véhicule de la Miba, bloqué par les contestataires à l’entrée de la concession de la société, a forcé le passage, percutant un agent, qui a été admis à l’hôpital.

Furieux « d’avoir passé les fêtes de fin d’année sans sou », ils ont aussi jeté des pierres sur un bus de l’entreprise transportant des travailleurs du service de production.

La police est intervenue en tirant des coups de feu en l’air pour disperser les travailleurs.

Un enfant d’une dizaine d’années aurait reçu une balle perdue dans la cité Miba.

Le mercredi 4 janvier, un chef de service a échappé à un lynchage de ces grévistes.

Depuis trois jours, plusieurs travailleurs de la société se massent devant le bureau de département du personnel, lieu de la paie, pour exiger le versement de leurs arriérés de salaire ainsi que la démission de l’actuel comité de gestion.

« Cette fois-ci ça sera une grève très sauvage », a déclaré un agent qui se dit fatigué des promesses de paie données par la Direction générale de la Miba.

Des sources proches de la direction de l’entreprise annoncent une réunion avec la délégation syndicale le vendredi 6 janvier.

Leur presse (Radio Okapi), 5 janvier 2012.

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[Nos médias] La police de Poitiers saisit l’Épine Noire

Chronique de l’arbitraire : Quand diffuser de l’information devient potentiellement criminel

Ce mercredi 4 janvier au soir, la police politique de Poitiers était sur les dents. Un  petit nombre de personnes distribuait des tracts (soutien aux inculpées de Labège) et un canard local (L’Épine Noire) devant les marches du Théâtre-Cinéma de la place d’Armes au centre-ville. Pourquoi une distribution à cet endroit ? Parce qu’il y avait la  projection du film-documentaire Tous au Larzac  avec un débat organisé par les Alternatifs, écologistes et autres. Autant dire qu’il y avait un grand nombre de poitevin-es et des environs qui sont venues pour y assister. L’idée était donc d’informer sur la situation des camarades de Toulouse et de faire connaitre l’Épine Noire… Pas d’entrave à la circulation, pas de papiers par terre (le public était évidemment intéressé par ce que nous distribuions), pas de violence en réunion, pas d’alcool, pas d’armes par destination, que de bonnes intentions.

Nous ne sommes pas rentrés pour la diffusion du film, on aurait peut être dû, vu ce qui s’est passé ensuite. À peine le dernier spectateur entré dans le cinéma, la Bac et la police nationale avec pas moins de six bagnoles sont venues interpeller six personnes dans des rues adjacentes au Théâtre-Cinéma. Les gardiens de l’ordre ont contrôlé les identités vraiment pour la forme, vu que nos tronches leur sont familières. Puis, ils ont confisqué les journaux ainsi que de simples couteaux. Mais ce n’est pas fini : la police nous amène quand même au commissariat.

Au commissariat, rien de très alléchant, à part peut-être de voir le directeur de la police, Jean-Francois Papineau, et ses collègues avec, entre les mains, l’Épine Noire (c’eût été de belles photos pour le prochain numero). Les six personnes embarquées sont sorties, certaines ramenées jusqu’à leur domicile pour  vérification d’adresse. Une personne est sortie avec une convocation au commissariat pour port d’armes, reconvoquée aujourd’hui elle ressort avec un rappel à la loi et ils en ont profité pour prendre ses empreintes et lui tirer le portrait. D’autres personnes, vraisembablement, seront prochainement convoquées pour l’Épine Noire.

La venue du président de la République dans la région, aujourd’hui 5 janvier, à l’occasion des  vœux à l’Éducation nationale, est sans doute une des raisons de leur intervention. D’autres suggèrent que c’est la distribution fortuite du canard à un RG qui allait assister au débat sur le Larzac, qui a mis la puce à l’oreille de nos amis les bleus. Les pandores n’auraient-ils pas eu vent d’un article sur le successeur de notre cher Tomasini (P..on), Yves Dassonville qui, après avoir chassé le syndicat (« voyou », disait-il) USTKE en Kanaky entame une nouvelle campagne en terre pictave contre d’autres voyous. Encore un petit effort Dassonville et l’Épine Noire verra croître son audience comme l’USTKE a su résister aux assauts colonialistes.

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Cet acte est grave, car il s’agit plus que d’une énième provocation policière pictave à l’encontre de certains individus présumés anarchistes, terroristes, délinquants, voleurs, voyous, et mille autres qualificatifs qui ne sonnent finalement pas plus mal que « PAPON », « baqueux », « éducastreur », « parti de l’ordre » ou « serviteur de l’État ». En effet la police a saisi tous les exemplaires de l’Épine noire qui restaient sur chacun d’entre nous [Ça n’est  pas la première fois que les flics confisquent du matériel militant]. Il s’agit là d’une atteinte manifeste au droit d’expression et de diffusion d’écrits politiques. Et ça nous ne saurions le tolérer pas plus que le reste. Comme quoi leur démocratie est à géométrie variable…

Bref, en tout cas comme ça l’est souvent rappelé, Poitiers reste une ville où le pouvoir teste le degré de résistance, teste des méthodes relevant de la contre-subversion. C’est une confirmation d’un rapport que la police  entretient avec un certain groupe de personnes supposées appartenir à un mouvement politique qui est particulièrement dans le viseur actuellement à Poitiers et ailleurs. Tout est à surveiller comme du lait sur le feu. C’est une véritable chasse aux sorcières qui est à l’œuvre, le spectre des lois scélérates n’est pas loin.

Nous invitons toutes celles et ceux, individuellement ou collectivement à donner leur point de vue sur cette question s’ils le souhaitent.

Qu’ils sachent que ces méthodes qui souhaitent mettre à bas toute contestation du pouvoir, du capital et de ses chiens de garde ne nous décourageront pas. Au contraire cela nous donne encore envie de continuer de nous battre contre ce monde autoritaire et marchand.

L’Épine Noire, 5 janvier 2012.

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Feu (d’artifice) à la maison d’arrêt de Varces

Dans la soirée du 31 décembre, des feux d’artifice ont été tirés autour de la Maison d’Arrêt de Varces, accompagnés de phrases criées à l’attention des prisonniers : « Pour les bonnes résolutions : ni prison, ni maton, mais plein d’évasions », « Liberté ! Solidarité ! », « Détruisons les prisons », « Ni prison ni maton n’arrêteront nos rébellions ».

Les cris des prisonniers à l’intérieur sont rapidement venus s’ajouter aux bruits de pétards et aux cris à l’extérieur. On espère que cela aura un tant soit peu contribué à gâcher le réveillon des matons en poste ce soir-là et à briser la mortifère monotonie carcérale.

Alors voilà, ça s’est passé le 31 décembre mais on n’était pas là pour souhaiter une bonne année, parce qu’on pense que les vœux de fin d’année ne sont qu’une manière de se souhaiter que rien ne change alors qu’en vrai, nous, on veut tout changer.

On n’est pas venu souhaiter une bonne santé.

Parce que la réalité de la taule produit plutôt l’inverse : ça abime les corps à vitesse « grand V ».

Des plombes pour voir un.e dentiste pour une carie qui finira par tourner en rage de dent (en rage dedans ?…).

La bouffe dégueulasse qui, si elle n’est pas complétée en cantinant (cher…), ne permet pas d’avoir une alimentation équilibrée.

Le cercle vicieux de la fatigue psychique qui diminue les défenses immunitaires alimenté par le manque d’activité physique et les troubles du sommeil.

Les troubles de la vue générés par le fait qu’en cellule, le regard ne porte jamais bien loin ; les murs, les barreaux et les grilles fatiguent les yeux de celles et ceux qui cherchent l’horizon.

La réalité des soins en taule c’est aussi le cachetonnage massif, avec la complicité des soignant.es, de celles et ceux qui sont trop « agité.es » aux yeux de l’administration pénitentiaire.

Combien de rebelles endormi.es par la camisole chimique ne sont plus ainsi en mesure de se reconnaître les un.es les autres ?

La santé mise à mal par l’enfermement provoque parfois des malaises, réels… ou simulés, comme celui qui a permis à un taulard de s’échapper de Corbas (maison d’arrêt ultra moderne et sécurisée de Lyon), lors d’un transfert, le 8 décembre.

Il a pu se planquer durant deux heures sous un véhicule dans les environs, avant d’être balancé par un habitant du quartier. Même dans ces bunkers, il reste des failles…

On n’est pas non plus venu souhaiter la réussite professionnelle.

Parce que le travail en prison est un moyen d’occuper ses journées, de rapporter un peu de thunes, de dépenser son énergie, mais sous étroite surveillance et dans des conditions dégueulasses [L’absence de droit du travail en taule permet aux entreprises de s’enrichir grassement sur le dos des taulard.es qui bossent pour elles en les payant en moyenne 3 euros de l’heure].

Mais pour qui en fait ?

Pour des entreprises comme Eiffage, Sodexo au chiffre d’affaire extrêmement élevé (jusqu’à plusieurs milliards annuels) qui en plus de se faire du fric en gérant des prisons, imposent aux prisonnier.ères qui veulent bosser ce terrible paradoxe de devoir participer à l’entretien des murs qui les enferment.

Le travail en prison c’est des prisonniers.ères esclaves et une source de profit facile pour des entreprises comme Renault ou Orange qui font de la sous-traitance et peuvent éventuellement prétendre participer à la réinsertion de celles et ceux qu’elles exploitent. Il paraît en effet que c’est un bon moyen de s’intégrer, et pourtant c’est tellement difficile de trouver du travail après avoir été en taule.

Et puis s’intégrer à quoi ?

C’est plutôt un moyen de pacification en prison comme ailleurs parce qu’en travaillant on peut gagner un peu d’argent, être moins dans la misère.

L’administration pénitentiaire a tout intérêt à ce que les détenu.es passent leur énergie au travail, c’est encore un des meilleurs moyens pour mater l’esprit de révolte.

À l’intérieur, on peut malgré tout apprécier le fait de quitter la cellule, de voir d’autres prisonnier.ères, de savoir utiliser des machines et outils… ce qui peut avoir de multiples usages !

On n’est bien sûr pas venu pour souhaiter « du succès dans les amours ».

Parce que la taule isole de celles et ceux qu’on aime. Elle observe de ses sales yeux inquisiteurs les moments de retouvailles, en lisant les lettres échangées, en surveillant les parloirs, en transférant selon son gré les personnes loin de leurs proches. La taule cherche à abîmer les liens qui nous sont précieux, à créer / entretenir une misère affective qui isole et détruit encore plus.

En même temps, elle impose le contact avec d’autres qu’on n’a pas choisi, et en premier lieu avec les uniformes : contacts physiques imposés lors des fouilles à répétition, contacts quotidiens pour manger, aller en promenade, avoir son courrier. Quand le maton fait partie du paysage et que les personnes qu’on aime sont (généralement) de l’autre côté des barreaux, est-ce qu’on peut encore parler de « vie sentimentale » ?

Est-ce qu’on est libre de s’aimer dehors ?

D’aimer qui on veut, hommes et / ou femmes, comme on le veut, en dehors de la famille, de la religion et des conventions ?

Ces normes, si pesantes au dehors, sont encore plus lourdes à l’intérieur dans cet univers complètement hostile. À la misère affective et à l’isolement, nous voulons opposer la solidarité, et des cœurs qui battent sans foi ni loi !

On ne veut souhaiter ni bonheur, ni prospérité, ni réussite…

Images d’une vie parfaite dans un monde en toc, qui se garde bien de montrer l’envers de son décor !

C’est bien la réussite sociale individuelle, cette carotte qui nous fait accepter de perdre notre vie à la gagner, en espérant pouvoir s’acheter une maison, une voiture et fonder une famille, après avoir trimé des années.

Ce pauvre rêve de mettre un collier doré autour de son cou ne nous fait pas envie, et nous savons en plus qu’il reste inaccessible à beaucoup. Souvent, les heures passées au boulot ou à la débrouille ne servent qu’à payer difficilement les factures et maintenir la galère, et il faudrait en plus faire semblant d’aimer ça…

La carotte fonctionne bien parce qu’elle s’accompagne du bâton. Le bâton des contrôles réguliers sous ses différentes formes (la CAF, le Pôle Emploi, les travailleurs sociaux, les flics). Le contrôle plus diffus de la bonne morale, du voisinage, des caméras…

La peur de s’écarter du « droit chemin », d’être désigné du doigt, de finir en prison, la résignation à une pauvre vie.

Le capitalisme ne laissera jamais à tout le monde la possibilité d’avoir une place au soleil ; la démocratie laisse croire que si on en discute, on trouvera des arrangements.

C’est parce qu’il y a des prisons que ce monde en toc se maintient.

Nous ne voulons pas l’améliorer, mais le renverser !

Pour 2012, pas de réveillon, mais de belles rébellions !!!

Indymedia Grenoble, 5 janvier 2012.

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[Marseille] Manif de protestation contre le massacre de 35 Kurdes par l’armée turque

Plusieurs centaines de Kurdes ont manifesté sans incident vendredi à Marseille pour protester contre la mort mercredi, dans le Sud-Est anatolien, de 35 civils tués au cours d’un raid aérien turc, et dénoncer le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, a constaté un journaliste de l’AFP.

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Le rassemblement a donné lieu à un face-à-face tendu avec un cordon de gendarmes mobiles empêchant les manifestants de défiler sur la Canebière et de se rendre, comme ils en avaient l’intention, au Consulat de Turquie en empruntant une des principales artères commerçantes du centre-ville.

Porteurs de drapeaux aux couleurs du Kurdistan et à l’effigie d’Abdullah Öcalan, le dirigeant emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les manifestants s’étaient rassemblés derrière une banderole noire montrant des images des victimes du raid aérien, proclamant : « c’est un massacre ».

Durant plus d’une heure et demie, les 200 à 300 manifestants ont fait face aux forces de l’ordre aux cris de « Erdogan, terroriste », « Turquie fasciste » ou « nous sommes tous du PKK ».

Les manifestants ont aussi dénoncé l’attitude de la France, voyant dans l’interdiction de manifester la volonté de s’attirer les bonnes grâces de la Turquie, après les réactions provoquées par le vote, à l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi réprimant la contestation du génocide arménien.

Un portrait du Premier ministre turc Erdogan a été brûlé avant que la foule ne se disperse non sans mal sous la pression du service d’ordre de la manifestation.

La communauté kurde regroupe de 4.000 à 5.000 personnes à Marseille et dans ses environs.

Leur presse (Agence Faut Payer), 30 décembre 2011.

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À propos de la manif du 17 décembre à Toulouse…

Ok on est à la bourre

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Samedi 17 décembre a eu lieu une manifestation à Toulouse contre la répression et plus particulièrement pour exiger la libération et la levée des poursuites des inculpéEs du 15 novembre.

Depuis plus d’un mois quatre personnes sont incarcérées en détention provisoire suite à une opération d’envergure impliquant plus d’une centaine de gendarmes. Perquisitions opérées simultanément dans sept lieux de la ville, après une enquête menée avec tous les moyens techniques dont disposent aujourd’hui les forces de l’ordre. Écoutes téléphoniques, fadettes, ADN, filature, etc… Tout cela pour quelques malheureux tags et un charivari à la Protection Judiciaire de la Jeunesse en protestation contre l’incarcération des mineurs. Dès le départ dans cette affaire, les moyens répressifs sont utilisés sans compter.

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Ce samedi, nous voulions tout simplement protester contre le traitement fait à nos camarades incarcéréEs depuis un mois. Cela n’a pas été sans mal à cause d’un impressionnant dispositif répressif. Rien n’a été négligé pour qu’on se tienne tranquille. Des dizaines de cars de gardes mobiles et de CRS, une bonne trentaine d’énervés de la Brigade Anti-Criminalité ont été mobilisés dans l’objectif de nous empêcher de manifester mais aussi de nous faire peur. Effrayer en déployant le nombre et en donnant un avant goût de la violence dont ils sont capables. Alors qu’une centaine de gardes mobiles et CRS casqués et armés (flashball, lacrymogène, matraque) encerclaient la place les quelques manifestantEs qui n’avaient pas réussi à sortir de la nasse étaient harceléEs par les fonctionnaires de la BAC armés de matraques télescopiques.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325821545.jpgL’affaire a duré trois quart d’heure et un attroupement s’est formé tout autour du dispositif, les gens scandalisés et en colère qui n’ont pas facilité la tâche au force de l’ordre. Finalement les dernièrEs manifestantEs se sont libéréEs par un joli mouvement de poussée collective.

Tout cela pour nous empêcher de manifester et diffuser des tracts ? Manque de bol, on a peut être eu peur mais nous étions surtout déterminéEs à faire ce pourquoi nous étions là. Une fois que les casqués ont quitté la place sous les huées, le cortège s’est reformé et a réussi, moyennant quelques facéties, dont celles de quelques clowns, à circuler un peu dans la ville et à informer sur la situation. Combien étions-nous ? Entre ceux et celles qui ont perdu la manifestation, ceux et celles qui devant tant de haine ont préféré rester à l’écart, 200 à 300 personnes environ. Difficile de compter quand les forces de l’ordre cherchent à nous disperser. Il s’agissait encore une fois de nous isoler. De bien montrer que rejoindre cette manifestation, et les personnes qui l’organisent, c’est prendre des risques physiques et judiciaires. Pourtant nombreux sont ceux et celles qui nous ont rejoints malgré tout comme Urgence un toit qui avait décidé de mêler leur manifestation à la nôtre. Nous étions un nombreux et joyeux cortège à finir en plein milieu du marché de Noël par des lectures de tracts et l’affichage de slogans dénonçant les prisons, qu’elles soient pour les majeurs ou les mineurs.

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Nous ne nous surprendrons pas de la capacité de l’État à réprimer ce qui l’incommode, la répression est malheureusement une réalité quotidienne. Ce qui ne nous empêche pas de nous révolter à chaque fois, et de refuser cette répression spectaculaire sur une simple manifestation et, avant déjà, sur une simple action dénonçant l’emprisonnement des mineurs.

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« PJJ en boxon Noël en prison », « Non aux EPM », « Détruisons les prisons avec rage et joie », « chaque âge saccage sa cage », « État policier Dégage », « Police, justice, répression, dégage », « On était gosses avant d’avoir la rage », « Le père Noël n’existe pas et vous irez en prison à 12 ans ! », « La plus belle jeunesse crêve en taule ».

L’ampleur des moyens policiers, les vexations diverses et répétées (retards de courrier, difficultés à obtenir les permis de visite, rétention des mandats…) sur les personnes incarcérées et maintenant cette tentative d’intimidation nous révoltent et ne font qu’augmenter notre détermination à lutter pour leur libération et pour la levée des poursuites.

Et bien sûr à continuer à nous battre pour que tout cela finisse enfin…

Liberté pour les inculpéEs de Labège, 4 janvier 2012.

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