[Chroniques grecques] N° 10 : Temps suspendu

Accalmie résignée, prélude insurrectionnel, évidence du chaos très proche, l’autre évidence de la résignation populaire, spectre de guerre civile… On entend de tout en ce moment par rapport à la question grecque, où des évidences totalement contradictoires se confrontent au jour le jour. La seule certitude, la seule pourrait-on dire, est qu’il n’y en a aucune. Le temps est comme suspendu en Grèce, où tout peut changer d’un jour à l’autre, voire d’une heure à l’heure, où tout peut basculer de manière imprévisible. Et c’est finalement ce qui dérange, pour l’État, pour la police, pour la bourgeoisie internationale et la Troïka, pour les syndicats, pour les staliniens, pour les médias…

Temps suspendu où, comme à chaque période historique « instable » du genre, la question commune reste celle de la réaction populaire et, essentiellement, le positionnement de ladite middle class. Middle class qui ne cherche que la garantie de son maintien, et ne la trouve pas. Middle class prit et épris de peur : celle de la violence sociale dans la rue, celle de se prolétariser sans marche arrière, celle de la violence répressive et policière, celle surtout et enfin de l’évidence de devoir prendre position, bon gré mal gré. Middle class terrorisée de devoir choisir son camp, cherche encore et plus que jamais à l’heure actuelle à se réfugier dans le non-choix, dans la neutralité et la passivité, mais est surtout aujourd’hui terrifiée de n’avoir plus de repère, de ne plus savoir où se situe l’évidence. Parce qu’il n’y en a plus. Parce que tout est à faire, ou à fuir.

Tiraillée entre les événements parmi les plus moindres qui, de suite, prennent logiquement des proportions politiques démesurées et imprévisibles, car tout bonnement la situation est « démesurée » et « imprévisible », la middle class tente de se retrancher. Pour combien de temps ? Qui tranchera et brisera cette bulle de temps suspendu ? Comment fuir ? Comment agir ? Comment briser de manière la moins honteuse le miroir reflétant sa propre responsabilité collective ? La middle class ne connaît pas la honte. Elle est la donnée inconnue et ennemie, insupportable, tant pour l’État que pour les camarades. Elle est et veut demeurer masse, foule, et inverse complet de tout ce qui peut être ou surgir comme « peuple ». La middle class est l’annihilation même du peuple. Tant qu’elle existe, politiquement et spectaculairement, toute révolte sera écrasée, et le fascisme se consolidera. Pourtant, socialement, ladite middle class a déjà disparue.

Pour l’heure, en simultané, ça combat et ça réprime. Une résistance ouvrière commence à s’échafauder, prometteuse bien que trop faible encore. L’évidence pour les combattants de part et d’autre (tant pour les camarades que pour les grévistes occupants) d’être et demeurer une minorité active, combative, et l’évidence de devoir l’assumer, voire le revendiquer. Merde à la société, leur bateau coule et nous ne coulerons pas avec !

Pour l’heure, en simultané. Pour l’heure, de part et d’autre, la stratégie de la tension.

Tandis que cette middle class maudite, frileuse et refusant tant que possible à prendre l’initiative par elle-même et à choisir son camp, dans la rue, vis-à-vis des syndicats, de l’Etat et de la police, les camarades ramassent. Sans surprise.

Les assauts policiers sur Exarchia sont toujours plus réguliers : on dénombre 70 interpellations le soir du mercredi 15 février, et pas moins de 135 le soir du dimanche 19 février. Les camarades et combattants qui se savent et s’assument en guerre sont toujours seuls. Et, de nouveau, ils le savent et l’assument.

Les occupations tiennent toujours bon pour la plupart, et un grand quotidien grec (aussi influent que le Libé en France) tente une réappropriation autogestionnaire, et l’idée se tente dans divers secteurs du travail.

Dans leur camp, la Troïka applaudit la mise à mort du peuple grec, précisant cependant n’accorder les 237 milliards d’euros qu’avec la garantie à contre-partie de la mise sous tutelle allemande « officielle » du pays et la ratification préalable de 179 « petites » lois autoritaires et d’austérité, très précises. L’État cherche bien sûr à empêcher une validation « globale », brutale et en une fois, et de fait va les adopter graduellement. Ce qui occasionne une situation intéressante. En effet, un cycle de manifestations populaires risque de reprendre, avec d’ailleurs un premier appel à prendre massivement Syntagma dès demain 16h.

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Un des appels à prendre Syntagma le mercredi 22 février.

Pour les combattants, les questions sont multiples : celle de la stratégie de la répression ; celle de la stratégie syndicale ; celle de réactivité et force populaire. Avec bien sûr l’élément essentiel : du monde il y aura, c’est sûr ; affrontements il y aura c’est sûr ; mais qui sera sur la zone de front ? Et surtout cela va-t-il enfin entraîner une durée, un quotidien de manifestations tellement nécessaire ? D’autant que la massive mobilisation populaire en Espagne le week-end dernier a fortement marqué les esprits.

Les événements du dimanche 19 février, une semaine après la fameuse nuit insurrectionnelle du 12, sont assez significatifs : les syndicats minoritaires et gauchistes ont lancé au moins cinq appels (respectivement à 10h30, 16h, 16h30, 17h et 18h), donc séparés mais tous à Syntagma. Finalement, plusieurs milliers de personnes se rassembleront mollement, les anars choisissant de ne pas donner l’occasion d’une répression ciblée et préférant s’abstenir. Face à nous, l’État bloque les principaux accès vers le centre-ville, déploie de nombreux barrages policiers avec fouilles et contrôles systématiques pour les moindres « suspects ». Or, des affrontements éclateront malgré tout, en fin de soirée, et par les plus jeunes, lycéens et étudiants pour la plupart. Sans « présence anarchiste » affirmée, des jeunes lycéens ont défié les flics à coups de cocktails et de pavés, renvoyant les grenades lacrymogènes et tentant d’ériger des semblants de barricades de bennes enflammées. Ceci est important, et la donnée de la jeunesse fait peur. Surtout aux flics qui ont des ordres stricts et sévères de retenue pour éviter mort d’homme et d’éviter de ressusciter la rage et la détermination de décembre 2008, si fraiches encore. D’autant qu’un tout début de mouvement lycéen tente de démarrer, avec des petites manifs de quartiers et des blocages de lycée (très minoritaires, encore une fois, pour l’heure, mais notable).

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Photos des affrontements du dimanche 19 février.

Le 19 février, les syndicats minoritaires ont donc fait des appels épars à prendre Syntagma, et s’ils ne seront que quelques milliers à suivre timidement avec finalement des affrontements « classiques » (c’est-à-dire les rituels jets de pierre et de cocktails contre les gaz chimiques) à petite échelle, la police a malgré tout opté pour un nouvel assaut général sur Exarchia : nous dénombrons pour le moment au moins 135 interpellations préventives.

Il faut dire qu’il est logique pour l’État de déployer sa terreur et de la cibler principalement sur les anarchistes révolutionnaires, comme riposte logique aux événements du 12. En effet, le 12 février, il est désormais avéré que la police grecque (qui a déployé 6000 hommes dans toute la capitale) a complètement perdu le contrôle de la situation, et que le basculement était à portée de mains. Les images de flics avec armes au poing tirant en l’air tournent de plus en plus sur le net. Il est également avéré que rien que sur le front Omonia-Syntagma, plus de 500 cocktails ont été balancé sur les lignes ennemies, sans compter les bombes. Pour autant, « seules » 4 condamnations fermes ont été prononcées jusqu’à maintenant depuis le 12, ce qui, au vu des événements, est miraculeux. Ce à quoi l’État répond. Sans pitié.

Quelques liens pertinents, à nouveau :

> Sur le mouvement des occupations et du front ouvrier en Grèce

> Encore un très beau texte-témoignage et positionnement sur les événements du 12 février, « Je te cherchais dans la nuit, et je brûlais »

> Texte « nous n’aurons bientôt plus aucune raison de ne pas être violents »

> La « sisa », drogue de la crise qui ravage des vies par milliers

Merde à la Junte économique.
Crève l’État et le Capital.

Que la peur change de camp.

21 février 2012.

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Valence, Espagne : Des assassins en uniforme battent et détiennent des jeunes

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Le mercredi 15 février, une importante force policière a attaqué une manifestation d’étudiants aux abords de l’Institut Lluís Vives dans la ville de Valence. Les flics ont brutalement battu les étudiants qui s’étaient rassemblés pour exprimer leur opposition aux coupes budgétaires dans l’éducation, l’attaque s’est soldée par l’arrestation d’une personne.

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Le lendemain, lors d’une nouvelle protestation massive contre la charge brutale du jour précédent, les flics ont de nouveaux attaqué les manifestants qui coupaient la circulation dans la rue centrale de Xativa. Ils ont arrêté au moins six personnes. Peu de temps après, environ 300 jeunes solidaires se réunissaient devant le siège de la police pour exiger la libération des personnes détenues. Et les forces de répression n’ont pas hésité à charger une nouvelle fois, et au moins trois personnes furent détenues.

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Les personnes arrêtées ont été relâchées après de nombreuses heures, et quelques-unes d’entre elles sont accusés d’infractions mineures. Mais les porcs ne semblent pas satisfaits de la répression la semaine dernière, de sorte que les charges de la police se sont poursuivies hier, le 20 février, lors d’une nouvelle manifestation étudiante.

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Brigades anti-émeutes chargeant la jeunesse, le 20 février, dans le centre de Valence

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La police chargeant des manifestants dans la rue Jésus, le 20 février

L’assemblée de la Faculté d’Histoire occupée :

Grâce à des camarades de l’État espagnol, nous avons des mises à jour sur ce qui se passe dans les rues de Valence, les 20-21 février. Comme on peut le voir dans les vidéos, les policiers ont chargé les manifestants à partir de 15.00. Autour de 21.30 il est rapporté que plusieurs conteneurs dans l’avenue Blasco Ibanez et dans d’autres rues du centre ville ont été mis en feu, tandis que des centaines d’étudiants et quelques professeurs ont occupé la Faculté d’histoire dans le campus universitaire de la ville. Les occupants mènent une assemblée ouverte, tandis que la faculté était entouré de fourgons de police. Des manifestations de solidarité ont été menées à Madrid (Plaza del Sol) et à Barcelone (Via Layetana) et une cacerolada [ndt : manifestation bruyante] a marché dans les rues de Valence. Selon les témoignages, il y a au moins 21 arrestations à ce jour, et de nombreux tirs de balles en caoutchouc par les flics. Les [identités des] personnes arrêtées ne sont pas communiquées, et il y a aussi de nombreuses personnes blessées.

Restez attentifs aux appels des prochaines heures.
En avant la révolte ! Encourageons les jeunes manifestants et compagnons, qui peuvent avoir des informations de la rue véridiques et vérifiées, à contribuer a leurs diffusions.

Aux premières heures du 21 février : On parle de plus de 50 personnes arrêtées, mais il est impossible de certifier cette information, car s’approcher de tout poste de police serait un acte suicidaire en ce moment. Comme d’habitude, les personnes détenues ne sont pas identifiées. La ville de Valence semble être en état de siège : les trottoirs sont entourés de cordons et les vols d’hélicoptères ne cessent pas. L’institut Lluís Vives est toujours entouré par la police, empêchant ainsi les mères, les pères et les professeurs d’entrer en protestation de ces jours de répression policière brutale. Dans les rues de la ville s’entendent des cris de colère tels ceux-ci : “Les gris vont maintenant en bleu !” [ndt : les gris représentent la police du régime de Franco qui pratiquait la répression, la torture] ou “La police torture est assassine !”

Le problème est que les personnes détenues au commissariat sont mineures, ce qui rend plus grave la non communication.

[Valence] Mardi 21 février, dans les facultés de Blasco Ibanez. À 15h30 devant l’Institut Luis Vives.

[Cáceres] Mardi 21 février à 20 heures, rassemblement devant la Préfecture (Subdelegacion del Gobierno), avenue Virgen de la Montaña, en solidarité avec les représailles de l’institut Lluis Vives de Valence.

[Badajoz] Le mercredi 22 février à 20 heures, rassemblement devant la préfecture (Subdelegacion del Gobierno) de Badajoz (Av. de Huelva) en solidarité avec la répression de l’institut Lluis Vives de Valence.

[Barcelone] Mardi 21 février à 20 heures, rassemblement Pl. Cataluyna.

[Madrid] Mardi 21 février à 19 heures 30, rassemblement Plaza del Sol.

[Grenade] Mardi 21 février à 18 heures, rassemblement à la préfecture (subdelegacion del gobierno).

[Leon] Mardi 21 février à 13 heures 30 devant le conseil municipal (Ayuntamiento).

[Alicante] Mardi 21 février à 19 heures, rassemblement Plaza de la Montañeta.

Suit un extrait de la déclaration d’un groupe de camarades, racontant leur vécu dans les rues de Valence le vendredi 17 février :

[…] Le vendredi, nous nous sommes de nouveau rencontrés, nous en profitions pour créer notre propre espace dans la rue, en nous battant contre les béliers de la police. Ils nous diront que n’étions pas tous étudiants du Lluís Vives, et en effet, certains sont des étudiants d’autres écoles, et d’autre sont exploité par un travail à temps partiel ; mais tous et chacun d’entre nous, nous avons été surpris par la leçon de dignité de ceux et celles de l’institut, qui s’auto-organisaient et luttaient avec leurs propres moyens.

Et c’est que la lutte ne doit pas seulement être pour le chauffage dans les salles de classe, ou pour la réparation d’une fissure. La lutte doit être pour notre dignité, pour reprendre nos vies et construire notre avenir. […]

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Assemblée dans la Faculté d'histoire occupée

Aucune poursuite pour les étudiants arrêtés !
Aux violences de la police, se répond notre violence !
Aucune agression sans réponse !

Contra Info, 21 février 2012.

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[Mort aux El-Assad !] La plus grande manifestation à Damas depuis le début de la révolution (2)

Quand Damas ose à son tour la révolte

Récit – La capitale syrienne, jusqu’alors fief du régime, a connu samedi sa plus grande manifestation depuis le début du soulèvement. Un tournant.

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Capture d'une vidéo diffusée sur YouTube le 18 février 2012, montrant les funérailles à Damas de manifestants qui auraient été tués par le régime.

La famille de Samer Al-Khatib a été contrainte de l’enterrer en catimini, hier à l’aube, avec pour escorte une quinzaine de 4 × 4 des forces de l’ordre, remplis d’hommes armés jusqu’aux dents. Pas question pour le régime que les funérailles du jeune homme, tué la veille pendant la première grande manifestation en plein Damas, soient l’occasion d’une nouvelle mobilisation dans la capitale.

Ce qui s’est produit samedi sur l’autostrade de Mazzeh, une voie rapide qui relie des quartiers ouest de Damas, marque un tournant pour la révolution syrienne, près d’un an après son déclenchement. « La foule était impressionnante, effrayante, extraordinaire ! » raconte Salma, jointe par Skype. Elle se trouvait parmi les 15’000 à 30’000 manifestants de « ce jour historique où Damas s’est levé et [où nous avons] relevé nos têtes », dit l’opposante quadragénaire, qui agissait jusque-là dans l’ombre. Des rassemblements avaient été préparés à l’occasion des funérailles de quatre jeunes du quartier, tués par balles au cours d’une petite manifestation, vendredi, mais leur ampleur inespérée a provoqué un choc pour les forces du régime et a remonté le moral des protestataires.

Cortèges. Sous les flocons de neige, exceptionnels à Damas, des cortèges se sont formés à la sortie des trois différentes mosquées d’où sont sortis les cercueils des « martyrs » pour les accompagner vers le cimetière voisin. « Alors que les premiers « Allah akbar »ont commencé à fuser, la foule grossissait, il en sortait de partout, des hommes et des femmes », raconte un manifestant. Dans un souci de ne pas se heurter aux services de sécurité, les manifestants ont évité les slogans provocateurs que l’on entend souvent ailleurs — « maudite soit ton âme, fils de Hafez ! » — ou réclamant la chute du régime. Les premiers cris affirmaient « le peuple syrien est uni », et s’adressaient aux parents des victimes : « Nous sommes tous tes enfants, mère du martyr ! » ou « Sois fier de ton fils, mère du martyr ! » La foule a ensuite afflué vers le cimetière, où d’autres personnes étaient déjà rassemblées et, pendant deux heures, on a assisté au genre de manifestation que les Damascènes n’avaient vu qu’à la télévision à Homs ou Deraa, avec rondes de danse et chants révolutionnaires.

« Non, il ne s’agit pas d’une mobilisation contre le régime, affirmait contre toute évidence l’un des défenseurs du pouvoir de Bachar al-Assad, commentant en direct pour Al-Jezira les images des manifestations. C’est l’expression légitime de la douleur qui nous unit et de la colère contre les terroristes qui ont abattu les trois jeunes gens. » Ce réveil de la population de Damas est l’instant le plus redouté par le régime, qui fait tout pour l’empêcher depuis le début des troubles. Le calme dans la capitale, verrouillée par les services de sécurité à tous les coins de rue, est l’un des arguments majeurs utilisés par le pouvoir, tant à l’intérieur du pays qu’à l’égard de l’opinion internationale, pour minimiser l’importance de la révolte.

« Indignation passive ». Le mur de la peur solidement érigé tenait encore en respect les habitants de la capitale, où le régime compte encore des partisans, notamment dans la bourgeoisie et parmi les minorités aux intérêts très liés à ceux de Bachar al-Assad. « Ce soutien, qui n’a cessé de s’éroder ces derniers mois avec l’aggravation de la crise économique, se transforme de plus en plus en indignation passive face à l’escalade meurtrière de la répression, notamment à Homs, dit un expert européen basé à Damas sous couvert d’anonymat. Le basculement est sensible, y compris chez une grande majorité d’hommes d’affaires, qui défendaient encore les réformes de Bachar al-Assad il y a quelques semaines, et l’effritement se ressent dans les appareils de l’État. »

Toutefois, la transformation de cette opposition passive en mobilisation massive au cœur de la capitale, comme on l’a vu samedi, marque un cap. La retenue relative dans la répression de la manifestation de Mazzeh montre bien le souci de ne pas faire de nouveaux « martyrs », qui pourraient enflammer la population de Damas.

« Ils ont fini par tirer sur la foule, raconte Salma. D’abord avec des grenades lacrymogènes, qui nous ont obligés à nous abriter dans les ruelles et les entrées d’immeubles, puis à balles réelles. J’ai vu des blessés tomber autour de moi et j’ai accouru pour les secourir. Mais les miliciens qui étaient parmi nous n’osaient pas trop réagir, débordés par le nombre des manifestants. J’ai même eu la satisfaction de voir un « chabiha » [sbire du régime, ndlr] se faire tabasser par un groupe de jeunes. »

Damas et Alep (la deuxième ville du pays, située dans le nord de la Syrie), dont la tranquillité faisait encore la joie du régime et le désespoir du mouvement de protestation, bougent de plus en plus depuis une dizaine de jours. Vont-elles basculer de façon décisive dans la révolte ? Les comités de coordination locaux, qui animent la mobilisation, ont appelé les habitants des deux villes à une grève générale, hier, et à la désobéissance civile, en solidarité avec les autres régions syriennes insurgées et réprimées. Mais les états-majors du régime de Bachar al-Assad concentrent leurs efforts et leurs plans de bataille pour endiguer le mouvement.

Leur presse (Hala Kodmani, Liberation.fr, 20 février 2012)


L’armée syrienne quadrille Hama

SYRIE – Homs pilonnée, la répression s’étend…

Hama coupée du monde. Cette fois, c’est dans cette cité de l’ouest de la Syrie que les forces de sécurité ont dressé des dizaines de barrages pour isoler les quartiers les uns des autres. Ils y ont aussi coupé tous les moyens de communication. « Chaque jour ont lieu des descentes et des arrestations dans les maisons, parfois plusieurs fois par jour dans les mêmes quartiers », a affirmé l’opposition dans un communiqué. Dans le même temps, les forces gouvernementales poursuivent le siège de plusieurs quartiers de Homs. Enfin, toujours selon l’opposition, les arrestations se seraient multipliées à Deraa, ville du sud du pays, à la frontière jordanienne.

Face à la violence de la répression, la population de Damas se mobilise

Malgré la pression du pouvoir, la contestation ne se dément pas, voire s’intensifie. La violence de la répression provoquerait même l’indignation d’une population jusqu’alors peu mobilisée à Damas, la capitale. Des opposants ont déployé au-dessus d’un pont routier un grand drapeau syrien de la période antérieure au clan Assad, et samedi une manifestation d’ampleur a réuni des dizaines de milliers de personnes. Un symbole, aux portes du pouvoir.

Leur presse (Armelle Le Goff avec Reuters, 21 février 2012)

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[Lons-le-Saunier] Nique McDaube

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Images relevées dans la nuit du 7 au 8 juin 2011 sur le McDonald's de Lons-le-Saunier (Jura)

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[C’est bon le poulet grillé] La police travaille dans le Lincolnshire (Royaume-Uni)

Royaume-Uni : on externalise bien les commissariats et la police

G4S se prépare à signer un accord avec la Lincolnshire Police Authority (LPA) pour gérer le premier commissariat privé du Royaume-Uni. L’info, donnée par le Financial Times il y a quelques jours, a été confirmée par G4S et par les autorités policières locales.

G4S et son personnel vont se charger de toutes les missions jusqu’alors effectuées par des officiers de police de la LPA : patrouilles, police administrative, police criminelle, délivrance des autorisations de port d’armes, contrôles d’identités etc.

Ce transfert (d’une valeur de 200 millions de £ sur dix ans) ne semble être que le premier d’une longue liste puisque G4S anticipe plusieurs contrats avec d’autres forces de police locale.

Le vice-président de la Police Federation n’a pas caché ses réticences, s’interrogeant sur la disponibilité des personnels et sur leur capacité de réaction en cas de crise.

Leur presse (Philippe Chapleau, blog Lignes de défense, 21 février 2012)

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[Grèce] Des manifestants n’hésitent pas à recourir à une violence croissante contre les médias audiovisuels

Grèce : « Les photographes de presse ne sont pas des auxiliaires de police »

Après les émeutes du 12 février à Athènes, la police grecque a illustré des appels à témoin avec des clichés de l’AFP téléchargés illégalement. RSF et l’agence de presse condamnent cette pratique.

Les méthodes des forces de l’ordre en Grèce « scandalisent » Reporters sans Frontières (RSF). La police grecque a téléchargé des photos prises par des agences de presse lors des émeutes du 12 février, notamment sur la place Syntagma au coeur d’Athènes. Les clichés ont alors été postés sur Internet afin d’illustrer un appel à témoins. « Les photographes de presse ne sont pas des auxiliaires de police ! », s’est insurgé RSF.

Le président de l’AFP, Emmanuel Hoog, a envoyé une lettre de protestation à Athènes. « Grâce à l’intervention du bureau de l’AFP à Athènes, les images concernées ont été retirées », précise-t-il. Il revient sur le fait que la police grecque n’avait pas l’autorisation de télécharger ces clichés. « Non seulement cette pratique viole la loi sur le plan de la propriété intellectuelle, mais elle peut mettre nos équipes en danger. »

La sécurité des photographes en question

RSF craint que ces pratiques « alimentent une polémique stérile et non fondée sur la prétendue collaboration entre les médias et les services de police ». Et ce alors qu’une « partie des manifestants n’hésitent pas à recourir à une violence croissante contre les médias audiovisuels », déjà à l’heure actuelle. L’organisation élargit le débat aux autres agences, telles que Reuters, AP, EFE (Espagne), ainsi qu’aux reporters indépendants.

« Les services de police disposent largement de tous les moyens nécessaires pour procéder aux enquêtes qu’ils jugent bon d’ouvrir, à commencer par les caméras de sécurité », rappelle RSF. En août dernier, alors que des émeutes éclataient au Royaume-Uni, ce sont des images de ce type qui étaient utilisées par les autorités… et placées à la Une des tabloïds !

Le 12 février dernier, quelque 45 bâtiments, dont plusieurs joyaux néo-classiques rénovés ces dernières années, ont été incendiés et des boutiques ont été pillées à Athènes. Plus de 80’000 personnes protestaient à proximité du Parlement où les députés étaient réunis en session extraordinaire pour voter un nouveau plan de rigueur réclamé par la créanciers du pays en échange d’un nouveau plan de sauvetage du pays. Plan sur lequel les Européens se sont mis d’accord dans la nuit de lundi à mardi.

Leur presse (Marie Simon, LExpress.fr, 21 février 2012)

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[La liberté ou la mort] La mafia du nucléaire travaille

Éric Besson est rassuré, nous pas du tout !

Pour Éric Besson, le bilan sanitaire de la catastrophe de Fukushima est sans rapport avec les « chiffres astronomiques qui ont circulé ».

On rappellera juste au ministre ces quelques faits, puisqu’il apparaît qu’il n’est pas au courant !

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Afin de réaliser une cartographie précise des zones contaminées autour de la centrale nucléaire accidentée, l'université de Fukushima a émis l'idée d'utiliser des singes et des sangliers équipés de différents outils de mesures.

1143 enfants (plus de 30%) sur 3765 de Fukushima ont des anomalies de la thyroïde
– Nombre total d’enfants testés : 3765
– Nombre d’enfants trouvés avec des grosseurs de 5,1 mm ou plus : 26 (0,7 %)
– Nombre d’enfants avec des grosseurs plus petites que 5,1 mm : 1117 (29,7 %)
– Nombre d’enfants trouvés avec aucune grosseur : 2622 (69,6 %)

573 décès ont été certifiés liés à la catastrophe nucléaire
Par ailleurs, on ne sait toujours pas ce que sont devenus les centaines d’employés à la centrale de Fukushima en 2011 qui ont mystérieusement disparu des listes administratives de Tepco. Pas de noms, pas de morts.

Les victimes d’une catastrophe nucléaire ne se comptent pas en décès immédiats mais en malades à venir.
7 ans après la catastrophe de Tchernobyl, quelle était la santé des enfants ?

Aujourd’hui, 80 % des enfants sont malades dans les zones contaminées autour de Tchernobyl. Cette catastrophe mondiale a fait 985’000 victimes dans le monde entier entre 1986 et 2004.

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Dotés de GPS, de dosimètres et de compteurs Geiger, ces cobayes permettront de réaliser des mesures qui viendront compléter les données recueillies lors de survols en hélicoptère et en avion des zones contaminées.

Le blog de Fukushima, 21 février 2012.


AREVA : de nouvelles perspectives sur le marché du démantèlement

Le marché du démantèlement des centrales nucléaires dans le monde pourrait représenter 220 milliards d’euros, selon une étude conduite par Arthur D. Little et reprise dans Les Échos ce mardi. Depuis la catastrophe de Fukushima au Japon et la décision prise par l’Allemagne de stopper l’activité de huit réacteurs, ce marché est en forte expansion pour les acteurs traditionnels comme Areva, Onet, Westinghouse, Nukem ou Bouygues. Areva envisagerait d’ailleurs de créer un pôle d’expertise en Allemagne.

Le quotidien précise enfin qu’un total de près de 300 réacteurs devront être déconstruits dans les vingt prochaines années.

EN SAVOIR PLUS

Les points forts de la valeur
– Le groupe public (détenu à 83% par le CEA et l’Etat) se répartit désormais entre les Mines d’uranium, l’Amont (enrichissement, fabrication du combustible), les Réacteurs et Services, l’Aval (traitement et recyclage des déchets nucléaires) et les Energies Renouvelables ;
– Areva bénéficie d’un modèle économique intégré unique (amont / aval), résilient (fondé sur des contrats long terme pour les activités Mines/Amont, Enrichissement et Recyclage) et récurrent à plus de 80% pour la fourniture de produits et services à la base installée ;
– Les grandes puissances économiques sont devenues dépendantes du nucléaire. Hormis l’Allemagne et la Suisse, aucun État engagé dans le nucléaire ne pense à une remise en cause de l’atome comme source de production d’électricité, malgré l’accident de Fukushima ;
– Areva jouit aussi d’une présence dans les énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse) qui complète l’offre d’énergie propre du nucléaire et qui bénéficiera de la forte hausse des investissements dans le renouvelable ;
– La cotation, depuis fin mai 2011, sous forme d’actions ordinaires (en remplacement des certificats d’investissement – CI) va accroître significativement le flottant et renforcer, avec l’attribution de droits de vote contrairement aux CI, l’attrait du titre pour des investisseurs stratégiques.

Les points faibles de la valeur
– Le débat sur la sûreté nucléaire après le dramatique séisme au Japon et ses conséquences sur les centrales de l’archipel pèse sur la valeur ;
– Le recul du carnet de commandes, les revenus en baisse et les premières estimations de dépréciations d’actifs post Fukushima ont conduit Areva à décaler en fin d’année l’annonce du nouveau plan stratégique ;
– La relance nucléaire tant attendue sera quelque peu différée, le temps de pratiquer les audits de sûreté ;
– La participation dominante de l’État français dans le capital social d’Areva reste une source d’incertitudes considérables pour les investisseurs ;
– Il n’existe pas de comparable coté ce qui rend le dossier parfois peu visible pour les investisseurs ;
– L’activité d’Areva nécessite de très importants investissements, notamment en amont ;
– La situation financière de l’industriel reste contrainte ;
– La construction de réacteurs n’est pas rentable. Cette activité était en perte opérationnelle, même avant les provisions du chantier finlandais. Le groupe propose des réacteurs de troisième génération appelés EPR, qui sont encore des prototypes ;
– Depuis le début du chantier de l’EPR, le groupe a été contraint de passer des provisions supplémentaires (et conséquentes) à de nombreuses reprises. Les analystes en attendent de nouvelles d’ici à l’achèvement du chantier. La visibilité reste donc faible sur ce dossier.

Comment suivre la valeur
– Le débat sur la sûreté nucléaire est à suivre ; la dimension politique de la valeur s ‘en trouve encore renforcée ;
– Areva peut encore être considérée comme une valeur de restructuration ;
– Anne Lauvergeon, l’emblématique présidente d’Areva depuis l’an 2000 et à l’origine de la fusion entre Framatome et Cogema, est remplacée par le numéro deux du groupe, Luc Oursel ;
– Le projet de filialisation de la branche minière est à suivre ;
– Areva et EDF sont historiquement imbriquées. Areva est le premier fournisseur d’EDF et EDF son premier client. Mais leur relation n’est plus exclusive et les deux groupes sont en désaccord sur deux contrats. L’une des brouilles, dans le traitement du combustible usé, a été résolue. L’autre, l’enrichissement d’uranium, est encore en discussion.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Services aux collectivités
Les réorientations stratégiques sont à l’oeuvre parmi les énergéticiens allemands, lourdement impactés par l’arrêt des réacteurs nucléaires. En y ajoutant la taxe sur le nucléaire introduite le 1er janvier, E.ON estime que ses comptes ont été pénalisés de 1,9 MdEUR au premier semestre. L’impact sur les comptes de RWE s’est élevé à 900 MEUR. E.ON a publié la première perte nette trimestrielle de son histoire, à hauteur de 1,4 MdEUR. Le groupe a annoncé des restructurations qui pourraient concerner jusqu’à 11’000 personnes sur un total de 79’000. Comme son concurrent RWE, il a dû réviser à la baisse ses prévisions pour 2011. RWE a, lui, enregistré une perte de 229 MEUR au deuxième trimestre. Pour assainir sa structure financière, le groupe souhaite lever 2,5 MdEUR de capital. Il désire également renforcer son programme de cessions et entend désormais se séparer d’actifs d’un montant total de 11 MdEUR, soi t 3 MdEUR de plus que prévu.

Leur presse (Agence  Option  Finance – AOF, 21 février 2012)

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[Wade dégage !] À mort Ousmane Ngom !

Sénégal : la tension monte, la police et la gendarmerie déployées à Dakar

L’opposition sénégalaise ne désarme pas. Au lendemain d’une manifestation interdite qui a fait un mort lors d’affrontements avec des policiers, la police sénégalaise a bouclé lundi soir tous les accès à une place de Dakar où l’opposition sénégalaise a appelé à une manifestation interdite contre la candidature du président sortant Abdoulaye Wade à la présidentielle de dimanche.

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« Nous lançons un appel à manifester à 15 heures place de l’Indépendance », avait déclaré lundi matin Alioune Tine, coordinateur du Mouvement du 23 juin (M23), une coalition de partis d’opposition et d’organisations de la société civile. Abdoulaye Wade est devenu, « dans sa volonté de rester au pouvoir, sourd, muet et aveugle » a-t-il ajouté.

La répression par la police avec des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des canons à eau, a fait au moins une vingtaine de blessés depuis vendredi, deux morts en banlieue et en province. Depuis fin janvier, six personnes sont mortes dans des violences liées à la contestation de la candidature du président Wade au pouvoir depuis 12 ans. (…)

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Leur presse (Pressafrik.com, 21 février 2012)


Violences à Dakar : « la police ne se contente pas de casser du manifestant »

« État d’urgence », « le Sénégal s’embrase », « Dakar à feu et à sang ». A une semaine du 1er tour de la présidentielle, la presse sénégalaise déplore, lundi 20 février, un week-end de violences. Tout a commencé vendredi quand, en marge d’une manifestation, des policiers lancent une grenade lacrymogène sur la mosquée Zawiya El Hadji Malick-Sy, haut lieu de la confrérie Tidjane, blessant un fidèle. La presse sénégalaise dans son ensemble condamne lundi la profanation du lieu. Mais plus ou moins vigoureusement, selon son orientation politique.

Le Soleil, quotidien pro-gouvernemental, se contente de relater brièvement les faits. « Alors que la situation semblait se tasser avec l’entrée en action de la police d’élite sénégalaise, un groupe de manifestants se signale à quelques jets de pierres de la Zawiya d’Elhadji Malick Sy. Pendant des minutes, ils crient leur colère. Ils deviennent de plus en plus nombreux devant l’inaction de la police. Ce sera de courte durée puisque la charge ne tarde pas. Les manifestants se dispersent. Deux grenades lacrymogènes cassent les vitres d’une fenêtre de la mosquée et laissent échapper leur contenu dans la salle de prière. »

À l’inverse, Le Quotidien, journal à ligne éditoriale très critique vis-à-vis du président Abdoulaye Wade, adopte un ton beaucoup plus accusateur, en parlant « d’attaque de fidèles ». « La police ne s’est pas contentée de casser du manifestant. Elle a aussi vandalisé des maisons et profané des lieux de culte », rapporte le journaliste Omar Seydou Ba. Ce dernier livre un récit plus détaillé des événements : « Pris au piège, les fidèles tentent de se dégager comme ils peuvent. Mais c’est peine perdue. Certains sont asphyxiés, d’autres piétinés. Ils toussotent. Ils pleurent. Dehors, l’ambiance est indescriptible. (…) Des grenades tonnent. Pour effacer toute trace, les policiers ramassent leurs douilles. »

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MASSACRE, EMBRASEMENT, APOCALYPSE

Même constat de chaos pour le quotidien en ligne, Nettali.net (« raconter » en wolof) : « La situation dégénère à grande vitesse dans quasiment toutes les villes du Sénégal, embrasant un pays qui n’avait jamais connu pareille apocalypse. Depuis vendredi, c’est un Sénégal sans pilote que l’on voit à la une des journaux étrangers, donnant une piètre image de notre pays que l’on commence à désormais comparer aux pires dictatures du monde. »

Une inquiétude partagée par Sud Quotidien, qui consacre sa une à « l’état d’urgence ». Dans son éditorial, « Arrêtons le massacre », Madior Fall demande l’interruption des violences et l’ouverture d’un dialogue : « Il n’est pas trop tard. Il n’est jamais trop tard, pour un dialogue inclusif, franc, sincère, dénué d’arrière-pensées, d’esprit de ruse ou d’une quelconque fourberie entre tous les fils d’un pays. Le seul souci devant être de préserver le Sénégal, confronté aujourd’hui aux heures les plus troubles de son histoire postindépendance. »

Pour le site d’information indépendant Rewmi (« le pays » en wolof), l’attaque de la mosquée est signée des mains des officiers des forces de sécurité. « L’attaque contre la Zawiya n’est pas le fait d’incultes agents de maintien de l’ordre. L’homme, que toutes les images désignent comme ayant dirigé l’opération, est un officier, le colonel Abdoulaye Diop. Il ne peut et ne saurait avoir l’excuse de l’ignorance de ce principe sacro-saint de l’inviolabilité des lieux de culte. » Mais les accusations des journalistes vont plus loin : « Des jeunes ont été torturés, (…) des femmes tabassées dans leurs maisons où même des gaz lacrymogènes ont été jetés. Le colonel Harona Sy, à la tête du commissariat central où des manifestants sont retenus, dont les jeunes de « Y en a marre », aurait fait subir des actes de tortures à ces derniers. »

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FRONDE CONTRE LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR

Tout en haut de la hiérarchie, Ousmane Ngom, le ministre de l’intérieur, est lui aussi directement mis en cause. Samedi, il a été dépêché à Tivaouane, la ville sainte des Tidjanes, pour implorer le pardon des guides religieux. Un comité d’accueil l’y attendait. « Le scénario qui s’est déroulé à partir de ce moment est digne du siège de la Bastille. Durant près de quinze bonnes heures, la demeure (…) a été encerclée par des foules déchaînées et déterminées, criant « À mort Ousmane Ngom » ! La situation a pris des proportions telles que le ministre et ses hôtes ont trouvé plus sage de ne pas mettre le nez dehors », rapporte Malick Ndaw de Sud Quotidien. Le ministre Ngom a finalement dû être exfiltré par le GIGN.

Âgé de 56 ans, Ousmane Ngom a été nommé ministre pour la première fois en 1991. Membre du camps Wade, il le déserte en 1998 pour monter son propre mouvement, le Parti libéral, avant de rentrer dans le rang en 2003. Un retournement de veste que rappelle Nettali.net, qui demande par ailleurs sa démission. « Ngom est bien l’homme de la situation. Viré, puis mis au ban du festin libéral après son retour piteux et confus dans l’antichambre du PDS [Parti démocratique sénégalais de Wade], Ousmane Ngom est le préposé aux nobles œuvres, aux tâches difficiles à assumer sauf par des hommes qui doivent prouver qu’ils sont dignes de regagner la table où l’on festoie. »

Enfin, le quotidien Walf Fadjiri relaye les accusations du candidat de l’opposition Moustapha Niasse. Ce dernier affirme que le régime aurait recruté des mercenaires libériens au sein des forces de sécurité chargées du maintien de l’ordre à Dakar. « Il y a de fortes chances ou de forts risques que ceux qui, masqués, tirent sur les Sénégalais ne parlent aucune langue de notre pays, soient des mercenaires qui sont venus de l’extérieur. (…) Il y en a qui sont arrivés le lundi soir par le vol en provenance du Liberia, de Monrovia, avec escale à Banjul. Comme ils sont masqués, on ne peut pas les reconnaître », ajoute le candidat de la coalition Unité et Rassemblement.

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Dimanche après-midi, les violences se sont poursuivies autour de la mosquée. Dans la soirée, un jeune homme est mort à Rufisque dans la banlieue de Dakar, après avoir été blessé à la tête par une pierre lors d’affrontements. Ce décès porte à six le nombre de morts dans des violences liées à la candidature controversée du chef de l’État Abdoulaye Wade.

Leur presse (Pauline Pellissier, LeMonde.fr, 20 février 2012)

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[Mort aux El-Assad !] La bataille pour Homs

Traduction d’une chanson de rappeurs iraniens, Emad Ghavidel et Hamed Fard. La traduction est faite sur base du texte anglais en sous-titre de la vidéo Youtube. Traduction la plus fidèle possible.

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Qu’y a-t-il de plus précieux que la vie ! Perdre sa vie mais ne pas accepter l’injustice Ne sois pas triste, de meilleurs jours arrivent Parfois, il est préférable d’écouter plutôt que de chanter sur les problèmes dans son pays Parfois mieux vaut fermer sa bouche pendant que le monde schlingue comme des dessous de bras Cet homme fatigué qui se rend à la bataille, Comme un petit poisson capturé par une baleine Cette baleine dont je parle, elle s’appelle la « guerre » Cette guerre que notre génération sent bien Nous comprenons bien qu’il y a une raison derrière tout cela N’y a-t-il pas assez de problèmes à résoudre ? Tout leur est permis Des régimes autoritaires ont utilisé la force, ils continuent Tunisie, Égypte, Libye, et maintenant Syrie Pendant que les Nations Unies s’enivrent, les enfants de Homs sont bombardés Hey, Medvedev, je ne sais pas ce que tu comptes faire ? Mais la vérité, c’est que ton nom est souillé aux yeux de l’histoire !

Je jure aux lamentations des mères endeuillées, Je e jure aux larmes des mères en deuil : Tu payeras pour cela Bashar Al-Assad ! Même si je devais être noyé dans mon propre sang, je ne me tairais pas Tu ferais mieux de savoir que les Iraniens ne resteront pas inertes pendant que tu tues Ton nom Assad veut dire Lion en arabe Mais tu es un lion dépourvu de crinière Ce que je dis : tu n’es pas un lion, tu n’es pas même une hyène Tu ne mérites pas même d’être traité avec colère.

Bashar Al-Assad est devenu un autre Azrael (ange de la mort, en arabe), mais le monde parle d’Israël Mes mots ne peuvent rien Il n’y a rien que nous puissions faire N’entends-tu pas le peuple qui appelle à l’aide ? Pourquoi le peuple doit-il être tué par balles, bombes et tanks ? C’est un mensonge, de dire que Homs est la ville des personnes à la vie longue Je ne puis plus manger ni avaler de nourriture. Ils ont détruit la religion A Damas quelques personnes spéciales rient, mais le peuple de Homs pleure L’homme qui emmenait son fils à la gym peut maintenant le voir couché sur son lit de mort !! Medvedev, tu as fait de notre monde un film noir Mais ne penses pas que tu as gagné Car tu as perdu aux yeux de l’histoire.

Je jure aux lamentations des mères endeuillées, Je jure aux larmes des mères en deuil Tu payeras pour cela Bashar Al-Assad ! Même si je suis noyé dans mon propre sang, je ne me tairai pas Tu ferais mieux de savoir que les Iraniens ne resteront pas inertes pendant que tu tues Ton nom Assad veut dire Lion en arabe Mais tu es un lion dépourvu de crinière Ce que je dis : tu n’es pas un lion, tu n’es pas même une hyène Tu ne mérites pas même d’être traité avec colère.

Ne crois pas que tu as supprimé ton peuple, je perçois le jour où tu meurs de peur Le jour où les gens autour de toi s’enfuient, mais ceux que tu as tués sont immortels Même si tu les tues avec toutes tes roquettes, tu finiras comme un rat dans une bouche d’égout Ceux qui sont morts et que tu as engloutis Ceux qui sont morts et qui ont été libérés de tes mensonges J’ai lu la peur sur ton visage avant même d’avoir vu ta face Ces sentences sont mon poème, Même au sein du silence se cache une douleur secrète Dont les secrets sont derrière un paravent Je sépare ton propre compte de ceci, car je suis en colère contre quelqu’un d’autre (référence au régime iranien) Mais comment pourrais-je abandonner mon pays, même si je peux atteindre Medvedev Je veux lui cracher dessus, mais il ne le vaut pas même.

Dédicacé aux personnes courageuses de Homs et à tous les Syriens qui se battent pour leur liberté.

Indymedia Paris, 21 février 2012.

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[PCC dégage !] Contestation, répression et immolations au Tibet

Chine : Nouvel an tibétain dans un climat de répression implacable

PEKIN – Le nouvel an tibétain à partir de mercredi devrait normalement être un temps de festivités dans les zones tibétaines de Chine, mais beaucoup ont choisi de ne pas le célébrer dans l’actuel contexte de contestation populaire, de répression implacable et d’immolations en série.

Le gouvernement du Tibet en exil (en Inde) a officiellement appelé les Tibétains de Chine à ne pas célébrer cette année le Losar, nom du nouvel an tibétain qui commence cette année mercredi. Cette fête bouddhique est l’une des plus importantes au Tibet.

« (En temps normal) les Tibétains seraient maintenant en train de préparer les fêtes, les réunions de famille, avec beaucoup de nourriture et de boissons », a expliqué à l’AFP Kate Saunders, porte-parole de l’ONG International Campaign for Tibet (ICT), qui dispose de sources d’exilés tibétains maintenant des contacts sur le terrain.

« Mais cette année les Tibétains ont décidé de ne pas célébrer, mais plutôt d’honorer ceux qui ont trouvé la mort, en particulier par le biais des immolations, en priant et en rendant un hommage solennel aux traditions de leur culture », a-t-elle ajouté.

Au moins 22 Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire en moins d’un an dans les zones tibétaines chinoises. Ces suicides publics sont un phénomène relativement nouveau qui illustre le désespoir dû à la répression accrue menée par le pouvoir central.

Les Tibétains supportent de plus en plus mal les entraves à leurs pratiques religieuses et culturelles et la présence grandissante dans leurs zones d’implantation historique des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine.

Dimanche dernier, des centaines de Tibétains ont encore bravé les forces de sécurité dans une région du sud-ouest de la Chine en se rassemblant pour une veillée en hommage à un jeune moine bouddhiste qui s’est immolé par le feu.

Le bonze de 18 ans, nommé Nangdrol, s’est transformé dimanche en torche humaine dans la province du Sichuan et sa dépouille a été ramenée dans un monastère local, ont rapporté ICT et Free Tibet, une autre organisation de défense des Tibétains.

Selon ICT, le bonze aurait crié, juste avant son suicide, « puisse sa sainteté le dalaï lama vivre 10.000 ans ! » et « Tibet libre ! »

Selon les groupes d’exilés, les autorités ont imposé sans le dire la loi martiale dans le Sichuan et dans d’autres zones chinoises peuplées de Tibétains. Cela s’est manifesté par une surveillance accrue des monastères, la limitation des communications téléphoniques et de l’internet.

Les autorités chinoises ont de plus empêché ces dernières semaines la presse étrangère de se rendre dans ces régions tibétaines de Chine.

Robbie Barnett, un expert du Tibet à l’Université Columbia, estime que l’étau s’est resserré en particulier dans la région autonome du Tibet.

Leur presse (Angola Press, 21 février 2012)

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La révolution ici et maintenant

Quand on milite pour l’anarchie, on peut s’interroger parfois sur l’imprégnation de nos idées dans la société où l’on vit ; l’histoire n’étant pas linéaire mais faite de périodes de progrès, de ruptures… et de régressions. Au contraire d’une lutte syndicale (comme l’augmentation des salaires après 2 jours de grève), d’une action écologiste (abandon de la construction d’une centrale nucléaire, d’un incinérateur d’ordures ménagères…), il est parfois difficile de prendre la mesure des « résultats » de notre militantisme libertaire. D’autant plus quand la répression, diffuse ou brutale, côtoie nos vies ; quand les mouvements s’essoufflent ; quand la réalité de cette époque d’attaques antisociales et de destructions écologiques revient inlassablement saper non nos convictions, mais nos espoirs.

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Pourtant, notre besace n’est pas vide. Plutôt que de rebuter son monde – pas que les gens, mais aussi nous-mêmes – en invoquant de grandes idées, certes légitimes, mais qui nous font taxer (et parfois dériver) vers un utopisme idéaliste et dogmatique (quand bien même l’anarchisme est par définition un adogmatisme en actes), il peut être bon de réfléchir aux conquêtes en partie issues de nos pratiques, même si le chemin n’est jamais qu’à moitié parcouru. Ainsi, nous évitons de projeter nos rêves dans une eschatologie révolutionnaire (un avant et un après la révolution tant souhaitée), et nous pouvons nous recentrer sur une notion et une pratique de la révolution dans l’ici et le maintenant, une dynamique d’émancipation individuelle et collective. La vieille dichotomie réformisme et révolution se résout dans l’action directe, dans l’énergie d’émancipation et de réappropriation, à l’œuvre dans toutes les sphères de la vie individuelle et sociale. L’anarchie, c’est l’anarchisme. Et à bien y regarder, cette force, cette affirmation permanente de la vie contre la résignation, a œuvré pour transformer la société.

Jadis, la mixité à l’école a été promue et expérimentée dès la fin du XIXe et le début du XXe par des anarchistes, avant de devenir la règle dans le milieu des années 1960. La lutte pour l’objection de conscience au service militaire a donné le statut d’objecteur de conscience – lui-même tombé en désuétude du fait de la fin de la conscription obligatoire. Les anarchistes ont aussi milité pour l’autonomie de la classe ouvrière à travers une organisation fédéraliste des exploité-e-s, d’où furent issues en France les formes d’organisations fédéralistes et confédéralistes des syndicats. Fédéralisme de branche, mais aussi territorial, avec le mouvement des bourses du travail initié par des anarchistes. Malgré leurs dérives bien connues, ces organisations syndicales demeurent un outil de lutte et d’autonomie des « bases ». Bien des conquêtes ouvrières furent obtenues par cet esprit pragmatique d’indépendance et d’auto-organisation, les droits sociaux n’ayant jamais été conquis qu’en débordant les bureaucraties politiques (et syndicales). La laïcité elle-même fut un compromis étatique obtenu sous la poussée d’une lutte antireligieuse résolue. L’union libre fut issue de la popularisation des thèses anarchistes sur l’amour libre. Le droit à l’avortement fut concédé après la constitution de réseaux d’entraide autogérés par des militantes féministes passant elles-mêmes à l’action directe. Des gynécologues libertaires et des militant-e-s anarchistes ont ainsi pratiqué des avortements illégaux, au nom de la liberté de choisir des femmes et en solidarité avec ces personnes. À une époque où la contraception était inexistante, certains anarchistes sont allés jusqu’à la vasectomie pour éviter les grossesses non désirées et ont été condamnés pour cela (affaire des stérilisés de Bordeaux en 1935). Et caetera…

Aujourd’hui ? Sur les 10-15 dernières années, on peut encore relever des victoires, issues de la diffusion des idées et des pratiques portées par de nombreuses personnes aux idéaux anarchistes. Dans une émission de Daniel Mermet de début février, consacrée à un fictif « alter gouvernement » de gauche, avec des ministres militant-e-s d’Attac et autres, on a pu entendre le pressenti « ministre à la ville » (Paul Ariès) dire qu’il mettrait en place la gratuité des transports en commun, alors que ce catho de gauche et électoraliste n’est pas anar. Certaines villes sont d’ailleurs déjà passées à la gratuité des transports en commun. Or cette revendication politique a longtemps été portée par le mouvement libertaire, dont la Fédération Anarchiste n’était pas la dernière. Le cercle d’influence s’est donc bien élargi. De même, la pratique du prix libre est née dans la mouvance anarcho-punk et s’est depuis largement diffusée dans les forums sociaux locaux, y compris pour les repas. Dans cette mouvance anarcho-punk, la gratuité des cds et des concerts est expérimentée pour s’affranchir de l’esprit de marchandise. La prise de décision au consensus, avec attention portée au temps de parole de chacun-e, au contrôle en assemblée de l’action des commissions ou des mandaté-e-s, est aussi désormais pratiquée dans bien des forums sociaux, avec des participant-e-s venant pourtant d’horizons très différents, y compris de partis à la tradition beaucoup plus hiérarchiste… Chez les indigné-e-s aussi, malgré un manque parfois criant de « culture » politique, ces pratiques ont fleuri. Dans le film Tous au Larzac, on a pu voir que c’était la prise de décision au consensus qui prédominait dans les assemblées et apportait satisfaction (une seule fois il y a eu vote, à la fin du mouvement).

En ces temps de régression sociale, il est bon pour le moral de se rappeler que, si nous sommes pour une révolution réappropriatrice et autogestionnaire, pour autant une partie de nos idées vogue, que quelques-unes germent sans qu’on ne sache pourquoi celles-là plutôt qu’une autre.

L’anarchisme a toujours défendu une pratique d’alternatives en actes ici et maintenant, indissociable d’une aspiration révolutionnaire globale.

Continuons !

Stef (groupe Vannes / Lorient) et Juanito (groupe Pavillon Noir Poitiers), 21 février 2012.

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[No TAV] Lavanda

Ce texte a été diffusé dans la vallée à la fin du mois de septembre, sous la forme d’un petit journal de lutte. Pour en saisir tous les aspects, aussi bien les références que les analyses de la situation, une contextualisation serait nécessaire. Il apparaît cependant important de diffuser les idées qui circulent en Val Susa. D’autant que du côté français, si la mobilisation contre le TAV (le projet de TGV Lyon-Turin) semble inexistante, nombreux sont ceux qui sont sensibles à cette lutte, qui vont dans la vallée lors des grands rassemblements, ou encore pour passer au presidio rencontrer plus intimement les valsusains. Il faut se méfier de l’eau qui dort. Maintenant, c’est à Chambéry, où avait déjà eu lieu une manifestation en 2005, que se réunit un collectif no-TAV, l’occasion peut être de reprendre les mots d’ordre forts lancés par les Valsusains : bloquer la machine TAV et ses rouages, bloquer l’expansion de ces infrastructures qui viennent quadriller nos territoires et les rendre invivables.

« Giù le mani della Lavanda ! » a été le cri iro­ni­que par lequel les poli­ciers et les jour­na­lis­tes ont été accueillis, le 27 Juin, sur les bar­ri­ca­des de la Libre République de la Maddalena. Le fait que le mou­ve­ment NO TAV ait tou­jours pris soin des champs de lavande, alors que l’État les pié­ti­nait de ses arro­gan­tes bottes noires, conte­nait, à cette échelle, un signe, une ligne de par­tage. « Lavanda ! », ça res­sem­ble aussi à une sorte de cri de guerre, un peu étrange, bien loin des slo­gans triom­pha­lis­tes. « Lavanda », ce sont également des notes de voyage écrites à plu­sieurs dont les che­mins se sont croi­sés entre les pre­sidi et les bois du Valsusa. Certains se connais­saient bien, d’autres moins, d’autres encore pas du tout. « Lavanda » n’est donc pas l’organe d’un groupe poli­ti­que, mais l’expres­sion d’une exi­gence née et par­ta­gée durant la lutte NO TAV. Une exi­gence née avec les gaz lacry­mo­gè­nes. Ceux qui la cou­chent sur le papier sont des enne­mis de la Grande Vitesse, mais aussi du monde qui nous l’impose. Criminels ? Certainement, comme les rêves éveillés d’une vie sans forts ni coffre-forts, libre et sau­vage comme la lavande.

Correspondances.
Le monde est en ébullition. La liste des révol­tes qui carac­té­ri­sent le temps pré­sent serait agréa­ble­ment longue. L’ano­ma­lie val­su­saine, avec toutes ses par­ti­cu­la­ri­tés, n’est pas étrangère à cette géo­gra­phie du pos­si­ble. Et cela n’entre pas en contra­dic­tion avec son carac­tère de lutte éminemment locale.
La ran­cœur à l’encontre de la police qui anime la jeu­nesse dans la vallée n’est pas si éloignée de la colère des jeunes du Caire ou de Londres. L’amour des anciens val­su­sains pour leur terre — moi je por­tais les bombes pour les par­ti­sans, racontent cer­tains — n’est pas si dif­fé­rent de l’entê­te­ment des vieux de Gaza. La com­pli­cité des mères des rebel­les d’Athènes a la même cha­leur que le « vous êtes tous nos enfants » entendu à plu­sieurs repri­ses, à Chiomonte ou à Giaglione. Correspondances entre lieux et géné­ra­tions.

Saut.
Fin des média­tions. Voilà ce que dit le pré­sent. Ce n’est pas nous qui le déci­dons, mais les plans actuels du Capital, avec les Marchionne, Maroni et Fasino de ser­vice, confir­més par les bar­be­lés, les check-points et les lacry­mo­gè­nes tirés à tir tendu. En com­pa­rai­son, la bataille de Seghino, en Octobre 2005, a été un jeu d’enfants. Même la reprise de Venaus a lit­té­ra­le­ment fait son temps. Si, à ce moment, on pou­vait encore croire qu’aug­men­ter le niveau de pres­sion pou­vait suf­fire à ouvrir de déjà impro­ba­bles tables de négo­cia­tions (en réa­lité, si non signi­fie non, il y a bien peu à négo­cier), main­te­nant seuls comp­tent les rap­ports de force. Ce qui ne signi­fie en rien spé­cu­ler une insou­te­na­ble confron­ta­tion directe avec l’armée mais plutôt de faire un saut mental, de trou­ver une dis­po­si­tion qua­li­ta­ti­ve­ment dif­fé­rente. De nou­veaux nœuds et de nou­vel­les inter­ro­ga­tions à démê­ler.

Capacité.
Le ter­rain actuel de l’affron­te­ment a été imposé par l’occu­pa­tion mili­taire de la zone de chan­tier. Les vieilles cer­ti­tu­des du mou­ve­ment on été ébranlées par la force brute en uni­forme. Jusqu’à l’expul­sion de la Libre République de la Maddalena, on fai­sait confiance à la volonté. Maintenant, se pose la ques­tion de la capa­cité.
Avant, il sem­blait que la volonté popu­laire oppo­sée au chan­tier pou­vait être le prin­ci­pal obs­ta­cle au début des tra­vaux et que, si celle-ci s’expri­mait, per­sonne n’aurait pu l’arrê­ter. À la longue, on s’est trop reposé sur de telles convic­tions. Maintenant, face à la solide arro­gance de leur atti­rail une telle illu­sion se brise. Maintenant, il faut faire preuve d’une capa­cité à lutter, de manière effi­cace, contre une inva­sion mili­taire. Une toute autre paire de man­ches.

De l’autre côté.
Les résis­tan­ces contre les occu­pa­tions colo­nia­les ont quel­que chose à nous appren­dre. Ces der­niè­res ne se sont jamais posi­tion­nées sur le plan de la confron­ta­tion directe — symé­tri­que — avec les occu­pants, en les affron­tant en bataille rangée. On court à la défaite assu­rée. Il faut com­bat­tre sur un ter­rain plus pra­ti­ca­ble : non pas où et comme l’ennemi t’attends mais en jouant d’agi­lité, en étant impré­vi­si­ble. Au cours de la seconde guerre mon­diale, les répu­bli­ques par­ti­sa­nes des Alpes occi­den­ta­les ont été mises en déroute à la pre­mière série de contre-offen­si­ves nazi­fas­cis­tes. C’est alors que les par­ti­sans com­pri­rent que, en pré­sence d’un ennemi mieux armé et orga­nisé, il s’agit d’adop­ter une autre ligne de front : fluide, rapide et chan­geante, en mesure de péné­trer à l’inté­rieur des lignes enne­mies, en met­tant en doute ses cer­ti­tu­des. Le par­ti­san doit être par­tout et introu­va­ble. Faire jouer le temps en notre faveur, en don­nant son rythme à la lutte. Si, par exem­ple, l’État avait besoin de démo­bi­li­ser rapi­de­ment ses trou­pes (coû­teu­ses, har­ce­lées, reti­rées d’autres fronts), l’oppo­si­tion au TAV pour­rait avoir tout inté­rêt à faire se pro­lon­ger indé­fi­ni­ment la pré­sence des forces de l’ordre sur le chan­tier, leur mobi­li­sa­tion cons­tante (nuit et jour). Un para­doxe, évidemment. Une hypo­thèse à véri­fier.
Vivre en mou­ve­ment ce temps dilaté. Élargir la non col­la­bo­ra­tion active vis à vis de l’occu­pant — envi­sa­ger des actions qui nui­sent aux inté­rêts de ceux qui sont de mèche avec le projet du Tav, comme, par exem­ple, la société auto­rou­tière SITAF, avec des opé­ra­tions « péages gra­tuits » comme ce fut évoqué durant l’été. Quelque chose de simple à réa­li­ser, effi­cace quant à l’objec­tif et enfin « popu­laire » du point de vue com­mu­ni­ca­tif. Ou encore : par­ve­nir à un blo­cage géné­ra­lisé de la vallée et donc de l’appro­vi­sion­ne­ment des trou­pes. Donnant l’occa­sion d’une grève dif­fuse de la vallée. Une grève non syn­di­cale, une absence col­lec­tive au tra­vail et à l’école pour para­ly­ser la nor­ma­lité de l’occu­pa­tion mili­taire, un usage actif du temps. Encore une fois : des hypo­thè­ses à véri­fier.

Front de l’inté­rieur.
Autre signe des temps : la fron­tière entre guerre et paix, entre enne­mis de l’inté­rieur et enne­mis de l’exté­rieur, entre opé­ra­tion mili­taire et action de police devient de plus en plus ténue et indis­tincte. Les « Alpins », qui hier étaient en Afghanistan et pour­raient être n’importe où demain, sont aujourd’hui en fac­tion à la Maddalena. Par ailleurs, le fil bar­belé du fort-chan­tier est le même que celui uti­lisé en Israël. Les com­pé­ten­ces acqui­ses par les sol­dats au cours des conflits armés sont uti­li­sées pour gérer l’ordre public. Il y a tant d’exem­ples : contrôle des popu­la­tions dans les Abruzes après le trem­ble­ment de terre, ges­tion des déchets à Naples, trans­for­ma­tion de l’île de Lampedusa en camp, créa­tion d’un réseau de radars « anti-immi­grés » sur les côtes, des hommes en tenue de camou­flage qui patrouillent dans les rues de cer­tai­nes villes.
Chaque ter­ri­toire, chaque situa­tion, chaque « urgence » devient l’occa­sion d’une expé­ri­men­ta­tion comme le rap­port de l’OTAN « Urban Operations 2020 » le pré­voit expli­ci­te­ment. Les trou­pes qui défen­dent les chan­tiers sont un indi­ca­teur clair de la façon dont le sys­tème démo­cra­ti­que se pré­pare à affron­ter les rebel­lions qui le mena­cent, à l’exté­rieur comme à l’inté­rieur de ses fron­tiè­res.

Architecture de l’occu­pa­tion.
Ce qui arrive dans la vallée en terme de mili­ta­ri­sa­tion est tout ce qu’il y a de plus ordi­naire en ter­ri­toire métro­po­li­tain. Le sys­tème de vidéo­sur­veillance est comme une sorte de check-point uni­ver­sel, l’éclairage public joue en ville le même rôle que les pro­jec­teurs qui entou­rent le chan­tier, ce qui fait scan­dale sur un chemin de mon­ta­gne — le fait de devoir mon­trer ses papiers — arrive en per­ma­nence dans les rues des villes. Et ainsi de suite. À bien y regar­der, la com­pa­rai­son peut s’inver­ser : au fur et à mesure qu’il se trans­forme en quel­que chose de simi­laire à un mor­ceau de ville, le ter­ri­toire val­su­sain devient de plus en plus contrô­la­ble.
« Les Grands Travaux » ne sont pas seu­le­ment pré­texte à une mili­ta­ri­sa­tion ; ils sont aussi partis inté­gran­tes d’une archi­tec­ture de l’occu­pa­tion : les chan­tiers devien­nent des forts, les via­ducs des tours d’où tirer d’en haut ; les auto­rou­tes des voies impé­ria­les sur les­quel­les les trou­pes avan­cent rapi­de­ment et en toute sécu­rité. Heureusement, les bois sont grands, les pier­res par­tout, les che­mins sinueux, les pentes dif­fi­ci­les d’accès.

Parler clair.
La guerre fait son chemin, même dans les mots. On parle de « nou­vel­les règles d’enga­ge­ment » pour les forces de l’ordre, qui cla­ri­fient, par exem­ple, que l’ennemi, c’est nous, c’est à dire qui­conque n’accepte pas, tête bais­sée et en silence, les pro­jets des­truc­teurs du Capital.
Il y a ceux qui deman­dent la trans­for­ma­tion du chan­tier en « zone d’inté­rêt stra­té­gi­que mili­taire ». Et la sinis­tre insis­tance avec laquelle est évoquée la pos­si­bi­lité « qu’il y ait un mort » res­sem­ble bien à ces pro­phé­ties qui s’auto-réa­li­sent.
Quand les puis­sants et leurs valets par­lent clai­re­ment, il est de bon ton de les écouter. Bersani le men­teur dit vrai lorsqu’il affirme que ce qui se joue dans la vallée ce n’est pas le pas­sage d’un train mais bien la démo­cra­tie. Si des popu­la­tions pen­sent pou­voir arrê­ter un projet de l’État et qu’elles y par­vien­nent, adieu la démo­cra­tie réelle. Par un ver­tueux effet domino « fai­sons nous aussi comme dans le Val Susa », il y a le risque que la sou­mis­sion saute en même temps que les sièges de ses admi­nis­tra­teurs. Quand Emma Marcegaglia dit qu’il est tout sim­ple­ment inad­mis­si­ble que des gens, dans un État sou­ve­rain, occu­pent un ter­ri­toire, y érigent des bar­ri­ca­des, le décla­rent Libre République et ne lais­sent pas y péné­trer les forces de l’ordre, elle indi­que clai­re­ment le point focal de la Maddalena. Pouvons-nous lui donner tort ? Il n’y a aucune cons­ti­tu­tion qui nous auto­rise à pren­dre de telles liber­tés. Et il n’est pas de gou­ver­ne­ment au monde qui puisse le tolé­rer. Quand les syn­di­cats de police décla­rent qu’ils ne sont pas pré­pa­rés à une situa­tion qui n’est plus celle de l’ordi­naire « ges­tion de l’ordre public » ; quand ils récla­ment la dota­tion de nou­vel­les armes, la pos­si­bi­lité de tirer des balles en caou­tchouc et de chas­ser sans res­tric­tions les no tav hors du fort, ils en disent long sur la soit-disant phase his­to­ri­que dans laquelle nous sommes entrés, mieux que n’importe quel uni­ver­si­taire. Sans parler des poli­ciers qui tabas­sent les immi­grés à Lampedusa affu­blés de T-shirt avec écrit : « mer­ce­nai­res » ou encore : « Gênes 2001, j’y étais ».
À tous ceux-là, nous pou­vons et nous devons répon­dre comme on le fai­sait au temps où les luttes, elles aussi, par­laient clai­re­ment : « Vous ne pouvez nous concé­der de choi­sir où et com­ment vivre. Mais vous pouvez cepen­dant dis­pa­raî­tre ».

Métropoles de mon­ta­gne.
Il y a tant d’his­toi­res entre­la­cées qui impri­ment les temps et les lieux de la vallée, tant d’his­toi­res qui ouvrent sur tant d’autres encore. Nombre d’entre elles, pour­tant bien réel­les, res­tent à écrire. Ça se passe main­te­nant, dans la vallée. Antiques méan­dres, tem­pé­rés par les tor­rents et les vignes ; les pier­res des mai­sons cons­trui­tes loin des éboulements, les puits et les clo­chers. Viaduc gris et déme­suré, cons­truit par des machi­nes et des hommes pour des machi­nes et des hommes, ser­pen­tant de métro­po­les en métro­po­les. Il trace, tout au long de la vallée, trans­for­mant la mon­ta­gne en péri­phé­ri­que d’échelle régio­nale. Aucune dis­conti­nuité avec la Mole [Monument emblématique de la ville de Turin] turi­noise. Mais une forte ten­sion, quel­que chose qui hurle depuis les pro­fon­deurs.
Un ter­ri­toire habité, tra­versé, contrôlé — Ramifications de la domi­na­tion qui se déploient en force, qui érigent des postes de garde, et entrent dans les mai­sons et la vie des autres. La vallée, un ter­ri­toire contrôlé mais pas tout à fait sous contrôle. Un lieu géo­gra­phi­que­ment frag­menté, à 2 min à vol d’oiseau de Terzigno, à 1 km de l’épicentre de l’Aquila, au cœur de la zone rouge.
Qui y habite ? Une com­mu­nauté de mon­ta­gne ? Le fait d’être né et d’avoir grandi là, à une demi heure de Turin, n’est pas l’élément à partir duquel se défi­nir. Pendulaires, éleveurs, pay­sans, ouvriers de la sidé­rur­gie et tant d’autres : une foule d’exis­ten­ces défi­nies par le tra­vail. La police vou­drait bien qu’il en soit ainsi. Un peuple tran­quille qui sait rester à sa place, consomme dans les grands maga­sins, amène ses enfants à l’école et paye ses taxes.
Mais l’impo­si­tion des dis­po­si­tifs de pou­voir fait que ces exis­ten­ces vivent ensem­ble. Elle les fait se ren­contrer, dis­cu­ter et par­ta­ger. Une rup­ture est consom­mée, un saut et on entre dans un autre ter­ri­toire. Alors on se décou­vre la capa­cité de s’orga­ni­ser et de se doter d’une stra­té­gie. Une com­mu­nauté d’inten­tion : pre­sidi, assem­blées, cor­tè­ges, équipements en tout genre. Et puis la ren­contre avec ceux qui vien­nent de plus loin, por­teurs d’autres mémoi­res et d’autres pra­ti­ques de lutte et qui pren­nent tout ce qu’il peu­vent de l’expé­rience val­su­saine. Ici, tout le monde est jaugé sur ce qu’il dit et fait. On devient humble, capa­ble d’hon­nê­teté et de consis­tance. Les entre­lacs de la trans­pa­rence sont opa­cité pour l’ennemi. Pour la police, il est dif­fi­cile d’iden­ti­fier et donc de sépa­rer cette com­mu­nauté d’exis­tence et ses dyna­mi­ques. Elle s’y essaie : papier d’iden­tité, photos, plain­tes, inter­dic­tions de ter­ri­toire. Mais en Valsusa, les lan­ter­nes du pou­voir se dépla­cent dans le noir. « Nous sommes tous des Blacks blocs ».

Trame et Tissus.
L’his­toire d’une com­mu­nauté en lutte a une trame offen­sive. En effi­lo­cher le tissu fait le jeu du pou­voir. Cela peut arri­ver de plu­sieurs façons, le moyen le plus clas­si­que (typi­que­ment média­ti­que) consiste à évoquer les « infil­tra­tions » de tout ordre, corps étrangers, agi­ta­teurs et pro­vo­ca­teurs. Ils s’y essaient encore mais sans grands succès.
La com­pli­cité, qui est le flux vital d’une lutte, peut être brisée autre­ment. Un cer­tain manque d’intel­li­gence de la situa­tion, une approxi­ma­tion exces­sive de cer­tains gestes, l’inca­pa­cité à per­ce­voir la tem­pé­ra­ture du moment peu­vent donner lieu à des incom­pré­hen­sions, des non-dits, ren­dant fébrile la confiance réci­pro­que. Une pierre lancée n’a pas tou­jours le même poids, par­fois, mieux vaut se la garder dans la poche. Il faut savoir tendre l’oreille.
Les mots aussi ont leur poids. Souvent bien plus grand. Par exem­ple quand on parle au nom des autres. Plusieurs fois des com­mu­ni­qués sont appa­rus, par­ti­cu­liè­re­ment de prises de dis­tance avec quel­ques sabo­ta­ges sur­ve­nus dans la vallée. Ils étaient écrits par peu de per­son­nes, non par­ta­gés dans les assem­blées quo­ti­dien­nes et publiés au nom du mou­ve­ment notav. Avant tout, c’est un pro­blème de méthode. D’autre part, ils tra­cent une sépa­ra­tion là où agis­sent des dif­fé­ren­ces. Enfin, l’uti­li­sa­tion de termes comme « cri­mi­nels », « ter­ro­ris­tes » et « mafieux » pour qua­li­fier des gestes qui sont, que cela plaise ou non, l’expres­sion d’une oppo­si­tion au tav est sim­ple­ment inac­cep­ta­ble. Non seu­le­ment parce qu’en fai­sant ainsi on adopte les caté­go­ries du pou­voir, mais aussi parce qu’y sont confon­dus des plans éthiquement oppo­sés. Deux mondes inconci­lia­bles (ceux qui gazent et ceux qui sont gazés, ceux qui détrui­sent et ceux qui résis­tent) ne peu­vent être décrits avec les mêmes mots.

Sabot. [En français dans le texte]
Un mor­ceau de bois (sabot en fran­çais) qui bloque un engre­nage méca­ni­que comme forme de résis­tance. Le mot « sabo­tage » porte en lui ces images.
Comment arrê­ter le tav ? Il faut neu­tra­li­ser poli­ti­ciens et mafieux diraient cer­tains, ou la société du profit et l’État dirait l’autre. D’autres encore dési­gne­raient la police, le pou­voir, le contrôle. Mais si quelqu’un indi­quait les grilles, les engins de chan­tier et les foreu­ses, les routes qui mènent au chan­tier, l’appro­vi­sion­ne­ment, les lieux d’héber­ge­ment, il met­trait tout le monde d’accord d’un coup d’un seul.
Les routes ont été blo­quées, les grilles cou­pées, les trains arrê­tés dans les gares. Une belle série de gestes sim­ples et directs. Pourtant quel­que chose manque. Il a été ques­tion d’une car­to­gra­phie des lieux sur les­quels repose la logis­ti­que de l’occu­pa­tion. Quand le fort a manqué d’eau on a parlé que de ça pen­dant deux jours. On est allé avec enthou­siasme blo­quer l’entrée de l’Italcoge [Société de chantier participant au projet TAV], et tirer du lit les flics au repos à Aviglianna. De fait, toute action de ce genre a été un acte de sabo­tage nui­sant à la réa­li­sa­tion du tunnel. C’est une évidence si l’on cher­che à s’atta­quer à l’ensem­ble de la machine à impo­ser le tav.
Les véhi­cu­les car­bo­ni­sés à Meana di Susa font partie (ou plutôt fai­saient partie) de cette machine, ils avaient servi (selon les quo­ti­diens) lors de l’expul­sion de la Libre République de la Maddalena. Inutile de faire sem­blant, nous nous en sommes tous réjouis. Ou pres­que. Les gaz, les coups de matra­ques et les pro­mes­ses de revan­che, ça ne s’oublie pas. La Maddalena et l’inten­sité de ces 37 jour­nées, ça ne s’oublie pas.
Toutes les pra­ti­ques — du tract au cor­tège tran­quille, du blo­cage à l’assaut de masse, des pro­me­na­des diur­nes comme noc­tur­nes, du cisaillage des grilles à cent à l’atta­que fur­tive à peu — font partis de la même trame. Avec ses pas­sa­ges et les ouver­tu­res qu’ils sug­gè­rent. D’une his­toire contre l’Histoire.

Perfectionnement.
Les ser­vi­ces secrets, lais­sent fil­trer les agen­ces de presse, esti­ment que nombre d’âmes arden­tes ont vécu l’été Valsusain comme une occa­sion de s’entraî­ner à la gué­rilla. Au delà du ver­biage insi­pide des bureau­cra­tes de la répres­sion. Force est de reconnaî­tre qu’il y a du vrai dans ces consi­dé­ra­tions. Dans la mesure où nous serons capa­bles de porter en nous cette expé­rience. D’affron­te­ment certes, mais aussi de dis­cus­sions, d’échange, de com­pli­ci­tés.
Un exer­cice de tact. Une façon de dire, de com­po­ser, d’écouter grâce à laquelle, il ne faut pas l’oublier, s’est créée au fil du temps la confiance néces­saire pour vivre ensem­ble la lutte en Valsusa. Une ques­tion de pas, de rythme peut-être pour courir le risque de ren­contrer quelqu’un.
Après tant d’années de soi-disant mou­ve­ments qui ne furent sou­vent que la ver­sion agitée de la pas­si­vité poli­ti­que, la pers­pec­tive sub­ver­sive sort des rayons pous­sié­reux des biblio­thè­ques, pour deve­nir un ensem­ble de mesu­res à pren­dre. Le « je ne sais pas com­ment faire » et son dépas­se­ment sont la marque authen­ti­que d’une expé­rience. Le Val Susa donne des indi­ca­tions concrè­tes : on ne tient pas une posi­tion si on ne se dote pas des moyens adap­tés ; on n’avance pas dans les gaz sans maalox et mas­ques à gaz. Mais la vallée donne aussi des indi­ca­tions stra­té­gi­ques, comme tout mou­ve­ment qui s’ins­crit dans la durée. En cela, un abysse de sens s’inter­pose entre le 14 décem­bre 2010 à Rome et le 3 juillet 2011 Valsusain. L’ivresse du moment, l’ébauche d’un roman d’amour.

Question de classe.
L’effet d’entraî­ne­ment du mou­ve­ment sur plu­sieurs autres lieux de conflit ne peut rési­der dans la simple jux­ta­po­si­tion de Tav et guerre, Tav et Finances, Tav et pré­ca­rité. Ce qui veut dire rame­ner la vallée en ville, et la ville dans la vallée. La vallée en ville : connaî­tre d’avance les iti­né­rai­res, les pas­sa­ges et les anfrac­tuo­si­tés dans les­quel­les dis­pa­raî­tre ; repé­rer les hau­teurs par les­quel­les frap­per, s’entraî­ner à viser, ne jamais man­quer du strict néces­saire. Si on impro­vise dans les sen­tiers fores­tiers, on se perd, on s’agrippe pour monter sur des pier­res qui dégrin­go­lent. La ville dans la vallée : des pistes confu­ses encore à déter­mi­ner.
Pour qui rai­sonne en terme d’hégé­mo­nie poli­ti­que, le pro­blème res­tera celui d’auto-pro­mou­voir des grou­pes, des orga­ni­sa­tions, des dra­peaux. La Classe au contraire n’attend aucun éloge, elle appa­raît et dis­pa­raît à tra­vers ce qu’elle fait. Voilà bien pour­quoi le Val Susa n’est pas un ailleurs, la géné­ra­li­sa­tion du conflit cons­ti­tue une des meilleurs contri­bu­tions qu’on puisse donner à cette lutte. Non seu­le­ment parce que ça contrain­drait l’État, à allé­ger la Maddalena de la pré­sence de ses trou­pes, mais aussi parce que cela redes­si­ne­rait des lignes de front et avec elles la nature de la résis­tance no tav. La gué­rilla par­ti­sane n’est vic­to­rieuse qu’au moment de l’insur­rec­tion géné­rale.

Rebellyon, 21 février 2012.

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[Déforestation] Bilan de l’année 2011 (en anglais)

The year in review for rainforests

2011 was designated as « Year of the Forests » by the United Nations. While there was relatively little progress on intergovernmental forest protection programs during the year, a lot happened elsewhere. Below is a look at some of the biggest tropical forest-related news stories for 2011.

We at mongabay readily acknowledge there were a number of important temperate and boreal forest developments, including Britain’s decision not to privatize its forests and the severe drought in Texas, but this article will cover only tropical forest news.

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Brazil

Brazil announced forest loss during the 2010-2011 deforestation year fell to the lowest level since annual record keeping began in 1988, a continuation of a three-year trend. But enthusiasm for the news was tempered by other developments that could increase risks to the Amazon. In December the Senate voted to revise the country’s long-standing Forest Code, a move environmentalists fear could spark deforestation. The existing Forest Code, which is largely dysfunctional due to lack of consistent enforcement, requires landowners to main 80 percent forest cover on their properties. The new code, which will face a final vote in February or March before going to President Dilma Rousseff for approval, would maintain the headline 80 percent figure in the Amazon, but grant amnesty for illegal deforestation through July 2008 on properties up to 400 hectares (1000 acres) (some greens fear worry the deadline may shift in the future). The new Forest Code would also suspend fines — which fund law enforcement — and relax restrictions on forest clearing along rivers and on mountaintops. Green groups said the proposed code is unpopular, according to a poll they commissioned.

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Deforestation in the Brazilian Amazon, 1988-2011.

Another major development in 2011 was the decision to move forward on Belo Monte dam, a project that would block most of the mighty Xingu river, flooding more than 40,000 hectares of rainforest and displacing thousands of indigenous people. Most disturbing about Belo Monte is the precedents it sets for future large-scale infrastructure projects in the Amazon. For example a federal judge ruled in November that affected communities do not have the right to free, prior and informed consultation on the project. Meanwhile Brazilian companies continued to invest in projects that would drive large-scale deforestation in other Amazon countries, including dams, energy exploration, industrial agricultural developments, and new roads, suggesting that even though deforestation has been ebbing in recent years, there may be leakage to surrounding countries.

News of infrastructure investment and development came at the same time as a series of high profile assassination of anti-illegal-logging activists in the Amazon by ranchers and loggers.

Some positive news emerged on Brazil’s most threatened forest ecosystem. The National Institute for Space Research (INPE) and Fundação SOS Mata Atlântica announced the deforestation rate for the Mata Atlântica (Atlantic Forest) dropped significantly between 2008 and 2010, relative to the 2005-2008 period.

Finally there were signs some private sector actors continued to be motivated by the stigma of deforestation in their supply chains. JBS-Friboi, the world’s largest meat processor, announced it would stop buying beef from ranches associated with slave labor and illegal deforestation in the Brazilian Amazon, while several banks were sued for failing to follow lending safeguards designed to prevent public finance from being used to subsidize deforestation.

Indonesia

In Indonesia, environmental groups set their sights on the pulp and paper sector, which over the past twenty years has emerged as one of the biggest drivers of deforestation on the island of Sumatra. Asia Pulp & Paper (APP) and Asia Pacific Resources International Limited (APRIL), the two largest fiber suppliers, were the main targets. Greenpeace used fiber found in toy packaging and toilet as the main hook for their campaign, which relied heavily on social media, including a video suggesting that deforestation was the cause of a breakup between Ken and Barbie, popular Mattel toys. Meanwhile reports from Eyes on the Forest, a coalition of Indonesian environmental groups WWF-Indonesia, and Greenomics cast doubt on some of APP’s conservation claims, while an APP subsidiary in Australia was scandalized when caught in an astroturfing campaign intended to suggest broad public support for the company, when in fact there was little. The controversy, amid long-time complaints about APP’s environmental record, led Lego, Mattel, Kroger, and others to drop APP as a supplier. APRIL was hit hard by an investigative report by ABC (Australia) News, which raised questions about its forest management practices and a stalled illegal logging investigation.

But the forestry sector fought back. U.S.-based groups that advocate on behalf on APP launched a series of campaigns targeting Greenpeace, WWF, the Rainforest Forest Network, and companies that have dropped APP products. One even launched an anti-Greenpeace web site and hosted comments on its Facebook page calling for violence against members of the green group. In Indonesia, pressure was more direct, with both Greenpeace-Indonesia and Indonesia Corruption Watch suffering unusual levels of harassment.

More broadly, Indonesia finally passed its much heralded moratorium on new logging and plantation concessions on peatlands and in primary forests areas, but the moratorium was much weaker than expected, reflecting the influence of business-as-usual interests in the forestry sector on the Indonesian government. The moratorium had substantial loopholes, including exclusions for industrial agriculture and mining. But the passage of the moratorium at all, reflected Indonesian President Susilo Bambang Yudhoyono’s seemingly intensified commitment to reducing deforestation. President SBY touted his 7/26 initiative, which targets 7 percent annual economic growth and a 26 percent reduction in greenhouse gas emissions by 2020 relative to business-as-usual. Reducing deforestation and peatlands degradation is the centerpiece of his push toward low carbon development. Indonesia signed a Voluntary Partnership Agreement (VPA) with Europe to keep illegal Indonesian wood out of European Union markets.

Meanwhile one major palm oil producer broke ranks and took a bold step forward: Golden Agri Resources (GAR), which had been the target of an intense Greenpeace campaign, announced one of the most progressive forest policies in the palm oil sector, committing not to develop lands with carbon stocks greater than 35 tons per hectares and promising to seek « free, prior informed consent » in engaging with communities. Environmentalists hoped other forestry companies would follow GAR’s lead (another palm oil company ceded land in Kalimantan contested by local communities as part of sustainability pledge). Moreover, the Indonesian government said it would ‘recognize, respect and protect’ the rights of traditional forest users, including indigenous people, a move civil society believes is key to reducing deforestation.

Papua New Guinea

Papua New Guinea, the independent half of the island of New Guinea, saw several significant developments in the forestry sector.

In May, the government suspended its controversial Special Agricultural and Business Leases program (SABLs), which had granted logging and plantation development concessions to mostly foreign corporations across 5.2 million hectares of community forest land. SABLs had been widely opposed by community rights groups and conservationists.

In June, a court fined Concord Pacific, a Malaysian timber company, with a nearly $100 million (K225.5 million) fine for large-scale illegal logging. The firm was ordered to pay damages to four forest tribes. It was the first ruling of its kind in Papua New Guinea.

Sir Michael Somare resigned the office of prime minister, creating further uncertainty around the country’s faltering REDD program. Communities in PNG have been plagued by an influx of « carbon cowboys », unscrupulous forest carbon project developers that, at times, have swindled locals out of their land and savings.

Africa

The Republic of Congo announced it would seek international funding for a plan to convert up to one million hectares (2.47 million acres) of « degraded forest » lands into industrial plantations. While the government said the intent of the program was to to sequester carbon and take pressure off native forests, environmentalists immediately expressed concern that the proposal could drive destruction of native forests, to the detriment of biodiversity and carbon stocks.

Liberia signed a Voluntary Partnership Agreement (VPA) to facilitate timber exports to Europe by ensuring no wood has been illegally cut.

A group of African nations re-introduced a decades-old plan to establish a « Great Green Wall » to stem expansion of the Sahara Desert. The massive tree-planting exercise would be backed by donor funds.

A controversial oil palm plantation in Cameroon was put on hold after concerns were raised about its social and environmental impact.

Uganda resurrected a plan to hand over about a quarter of the Mabira Forest Reserve to a sugar cane company. The project had been shelved in 2007 due to public uproar.

India

The Indian government announced in February an initiative that will « expand » and « improve the quality » of its forests as a part of the nation’s National Action Plan on Climate Change. The reforestation plan, dubbed the National Mission for a Green India (NMGI), will expand forests by five million hectares (over 12 million acres), while improving forests quality on another five million hectares for $10 billion (460 billion rupees). It wasn’t specified whether the new « forests » would be native or exotic plantations.

Conservation officials will pursue « permanent » protection of Jeypore-Dehing lowland rainforest in Assam, following the release of photos revealing the presence of seven wild cat species. The forest is currently threatened by logging, poaching, oil and coal development, and hydroelectric projects.

The high profile push to protect tigers will hurt lion conservation in India. The Asiatic lion subspecies (Panthera leo persica) of Gir Forest National Park in the north-western state of Gujarat is losing their federal conservation funding to tiger programs.

A mess in Sarawak, Malaysia

Indigenous forest people in Sarawak continued their struggle against forestry companies backed by the state government. Forest-dwelling Penan set up several roadblocks against logging and plantation companies, but continued to see court rulings in their favor ignored by authorities. In June, Survival International reported a thousand Penan were forcibly moved from their rainforest home to palm oil plantations to make way for the Murum dam.

Meanwhile, evidence of large-scale corruption by Sarawak’s Chief Minister Abdul Taib Mahmud continued to grow. A handful of countries, including Malaysia, said they are now investigating Taib’s assets, which are believed to be worth billions of dollars, despite the minister drawing a civil servant’s salary for the past 30 years. The Bruno Manser Fund, which campaigns heavily against Taib, says much of the wealth is derirved from the minister’s close ties to the logging and plantation sector. The U.S. State Department apparently agrees, according to diplomatic cables released by Wikileaks.

Taib maintains his innocence and even claimed #&8212; in March #&8212; that Sarawak’s forests are « 70 percent intact ». He was quickly rebuked however by images on Google Earth, which reveal a stark contrast between Sarawak’s damaged forests and those in neighboring Borneo states. Taib claims were also contradicted by an analysis by environmental group Wetlands International and remote sensing institute Sarvision showing that more than one third (353,000 hectares or 872,000 acres) of Sarawak’s peatswamp forests and ten percent of the state’s rainforests were cleared between 2005 and 2010. About 65 percent of the area was converted for oil palm, which is replacing logging as timber stocks have been exhausted by unsustainable harvesting practices.

Intergovernmental forest activities

REDD+, a program proposed to reduce greenhouse gas emissions from deforestation and degradation, made mixed progress during December climate talks in Durban. Forestry experts said while some key issues were resolved, significant questions remain about financing and safeguards to protect against abuse. REDD+ offers the potential to simultaneously reduce emissions, conserve biodiversity, maintain other ecosystem services, and help alleviate rural poverty, but concerns over potential adverse impacts have plagued the program since its conception.

The U.S. announced a debt-for-nature swap worth $28.5 million to back forest conservation projects in Kalimantan. America also began distributing the first grants under a similar 2009 program in Sumatra. The U.S. State Department said it has pledged more than $450 million toward ‘green growth’ in Indonesia.

California approved cap-and-trade regulations for AB32, the state’s 2006 climate law. The move, which establishes the first compliance carbon trading system in the United States, opens the door for compliance-level carbon offsets generated via forest conservation projects. California has signed working agreements with several states and provinces in Brazil, Indonesia, and Mexico.

The World Bank announced it would resume lending to palm oil sector after 18-month moratorium sparked by complaints over social conflict between local communities and palm oil companies in Indonesia. Lending will be governed by a framework developed after months of consultations with stakeholders, including the private sector, NGOs, farmers, indigenous communities, development experts, and governments. A prominent lobbyist for the palm oil industry decried the safeguard provisions.

Lessons from the past?

Researchers at the American Geophysical Union (AGU) conference presented new evidence that the Maya ultimately did themselves in through deforestation. Climatologist Ben Cook reported the extent of forest clearing toward the end of the Mayan civilization may have been enough to reduce rainfall to the point that it unleashed devastating droughts.

On the drought front, troubling signs emerged out of the Amazon rainforest, according to new studies which examined the 2005 and 2010 droughts in the region. One concluded that nearly one million square miles (2.6 m sq km) of rainforest was affected by last year’s drought, making it worse than the 2005 drought, which until then had been the worst on record. Meanwhile a subsequent projection by Brazil’s National Institute for Space Research (INPE) and the UK’s Met Office Hadley Centre concluded that climate change and deforestation could decimate much of the Amazon by reducing the resistance of the rainforest ecosystem to natural and human-caused stressors, while increasing the frequency of extreme rainfall events and droughts. Amazon die-off could have dire implications for South America’s economy — roughly 70 percent of the continent’s GDP occurs within the rain shadow of the Amazon rainforest.

The high price of gold and other commodities

The surging price of gold drove expansion of mining in tropical forests around the world. In Peru the impact was particularly pronounced, with several massive surface mines metastasizing across the most biodiverse part of the Amazon rainforest.

Oil palm, industrial pulpwood, and timber plantations continued to expand around the tropics, stoking growing criticism from environmentalists and social justice movements. High prices for palm oil, timber, woodpulp, and other commodities make it more profitable to clear and convert forests.

Plans for new dams and energy exploration were put forth in tropical forests around the world. In Peru, conflicts between oil companies and indigenous tribes simmered, while Ecuador’s proposal to leave oil in the ground in Yasuni National Park failed to gain traction as the development community seemed unwilling to cough up funds for the initiative. Also in Ecuador, Chevron was ordered to pay more than $8 billion for damages allegedly caused by Texaco, a company it acquired in 2001. Chevron is appealing the case, which has dragged on for nearly 20 years.

Successful campaigns elsewhere

In Sri Lanka, fruit company Dole abandoned a controversial banana plantation within Somawathiya National Park after protests by local environmental groups.

After a protracted and embarrassing campaign that saw it censor its own members and shut down the ability to comment on its Facebook page, Girl Scouts USA announced it would change its palm oil sourcing policy. The group will now use only RSPO-certified palm oil, which is produced under stricter criteria than conventional palm oil.

In Bolivia, intense indigenous demonstrations forced President Evo Morales to drop plans to build a road through Tipnis, an indigenous reserve.

In Myanmar, protests astonishingly pushed the government to cancel a major Chinese dam.

In Cambodia, local campaigners successfully pressured the government to cancel titanium strip mine project.

In Sabah, Malaysia, local activists cheered the government’s decision to cancel a controversial a coal-fired plant on the edge of the Coral Triangle. The project, which the government had earlier said was ‘a done deal’ would have increased pressure to strip mine rainforests in Malaysia and Indonesian Borneo for coal. The cancellation followed a long campaign by a group of environmental and human right organizations dubbed Green SURF (Sabah Unite to Re-power the Future), which turned the coal plant into a political issue.

A large Brazilian construction company pulled out of a Peruvian dam project in November citing opposition from indigenous communities.

Certification

Commodity roundtables — multistakeholder bodies that aim to create production standards for commodities — continued to meet to discuss certification criteria and ways to create incentives to improve their environmental and social performance. Nevertheless roundtables continued to by criticized by non-members NGOs concerned about standards and oversight, as well as non-member producers worried about competition. Roundtables globally won support when McDonald’s launched a new sourcing policy — the Sustainable Land Management Commitment — for palm oil, paper, beef, coffee, soy, and other commodities.

The Forest Stewardship Council (FSC) met for its General Assembly, which weighed various changes to the organization, including a vote on a controversial motion that would open the door to sustainable-certification of companies that have been involved in recent forest destruction for pulp and paper plantations. The FSC faced questions over violent conflict in a certified concession in the Democratic Republic of Congo (DRC), its pursuit of carbon credits from forestry, and its certification of a plantation where large numbers of primates had been killed. FSC was buoyed by Danish shipping giant Maersk’s decision to transition to containers built from FSC-certified timber.

The Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO) announced record sales of certified palm oil and saw a number of high profile buyers commit to sourcing only certified palm oil by 2015, a continuation of a trend. Further support came from a Dutch industry group, which said it would seek import duty exemption for RSPO-certified palm oil, and new legislation in Australia and the E.U. requiring labeling of palm oil as an ingredient on packaging. The initiative however was tested by non-compliance by some members. RSPO suspended IOI, a Malaysian giant, for its role in a land use dispute with forest people in Borneo. Another prominent RSPO member, Wilmar Corp, was accused of misleading the public over a conflict between local communities and one of its subsidiaries in Sumatra. Finally, the Malaysian government announced its own certification standard based on compliance with Malaysian law. Naturally, the standard is mandatory for Malaysian palm oil producers. Indonesian proposed a similar legal compliance-based standard — the ISPO — in 2010.

A new assessment by the International Tropical Timber Organization (ITTO) concluded that more than 90 percent of tropical forests are managed poorly or not at all.

Community rights

Momentum seemed to build for increased community control over forest lands. A paper published in Science in March found that involving local communities in the governance of forest resources boosts economic returns and biodiversity relative to areas where locals have little participation, while research published in July by the Rights and Resources Initiative (RRI) concluded that giving local communities control over forest resources can help slow and even reverse deforestation. Shortly thereafter the Indonesian government said it would do more to strengthen and protect the rights of traditional forest users, after an initial false-start under the country’s moratorium. A subsequent World Bank study published in the open-access journal PLoS ONE concluded that protected areas in tropical forests are better at curtailing deforestation if they allow ‘sustainable use’ by locals. Looking at every official protected area in the tropics from 2000 to 2008, researchers found that multi-use reserves in Latin America and Asia lowered deforestation rates by around 2 percent more than strict protected areas.

An indigenous community in Malaysian Borneo took land rights into its own hands when it seized an oil palm plantation belonging to the IOI Group after the palm oil giant failed to respect the terms of a court ruling that the plantation was established on native customary land.

In September Peru’s newly elected president, Ollanta Humala, signed into law a measure requiring that indigenous groups are consulted prior to any mining, logging, or oil and gas projects on their land. If properly enforced, the new legislation will give indigenous people free, prior and informed consent (FPIC) over such industrial projects, though the new law does not go so far as to allow local communities a veto over projects. Still, the law puts Peru in line with the Indigenous and Tribal Peoples Convention of 1989, which the South American nation ratified nearly two decades ago.

In December, the Rainforest Foundation UK announced an initiative to help forest communities gain recognition of traditional land use. Similar community mapping efforts at large scale are underway in Indonesia.

Strange bedfellows

Gibson Guitars found an ally in the Tea Party when its CEO criticized the federal government for raiding its facilities during an investigation into alleged illegal wood-sourcing. Gibson was first raided in 2009 when it allegedly imported illegally logged ebony from Madagascar’s rainforests. Email correspondence from the time show that Gibson knew the timber was grey-market. But it was a subsequent raid earlier this year which sparked charges of government over-reach. The Department of Justice has been slow in pursuing the case, but Gibson now seems to have capitalized on the allegations as a promotional platform. Gibson has now become the cause célèbre for an effort to weaken the Lacey Act, which prohibits imports of illegally-sourced plant products. The push is backed by pulp and paper companies, which fear prosecution if protected timber species end up in their products.

BINGOs under pressure

Two big conservation groups landed in hot water when they were linked to controversial partners. The World Wide Fund for Nature (WWF) was the subject of a report from Global Witness which said the forest giant’s Global Forest and Trade Network (GFTN) has failed to improve the operations of several controversial logging companies, including one that is imperiling orangutans in Borneo and another which has been accused of human rights abuses in the Congo rainforest. WWF said it would commission an independent review of the program. Meanwhile Conservation International was criticized after an undercover video appeared to show a fundraiser for the group offering to greenwash for Lockheed Martin, an arms manufacturer. CI said the video was heavily edited with comments taken out of context.

The Rainforest Alliance was criticized for contributions it received from Gibson while serving as the instrument-maker’s auditor. The group declined comment on the matter.

Monitoring deforestation and forest degradation from logging

Advancements continued in efforts to monitor forests, including understanding the impact of drought and selective logging, measuring water flow through forest ecosystems, tracking deforestation and forest degradation, and even assessing biodiversity. The U.N. Food and Agriculture Organization (FAO) announced findings from its long-awaited satellite-based assessment of forest cover. Until now the FAO had based its bi-annual assessments largely on self-reporting by member nations. The preliminary work indicates that global forest cover, as well as forest loss, is lower than previously estimated. But the research indicates that tropical deforestation increased substantially between the 1990s and the first half of the 2000s. The FAO had previously stated the deforestation had declined between the two periods.

A comprehensive assessment of the world’s carbon stocks concluded tropical forests across Latin America, Africa, and Southeast Asia stored 247 gigatons of carbon — more than 30 years’ worth of current emissions from fossil fuels use — in the early 2000s. The research, published in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences by an international team of scientists, used data from 4,079 plot sites around the world and satellite-based measurements to estimate that forests store 193 billion tons of carbon in their vegetation and 54 billion tons in their roots structure. The study produced a carbon map for 2.5 billion ha (6.2 billion acres) of forests.

A separate study led by Mark Broich of South Dakota State University found Kalimantan and Sumatra lost 5.4 million hectares, or 9.2 percent, of their forest cover between 2000/2001 and 2007/2008. The research found that more than 20 percent of forest clearing occurred in areas where conversion was either restricted or prohibited, indicating that during the period, the Indonesian government failed to enforce its forestry laws.

The Carnegie Institution’s Department of Global Ecology unveiled a breakthrough remote-sensing technology that enables scientists to catalog individual tree species as they create three-dimensional maps of tropical forests. The newest version of the Carnegie Airborne Observatory (CAO), as the airplane-based system is known, will offer powerful insights into the composition and biology of tropical forests.

Biodiversity

A comprehensive assessment published in the journal Nature concluded that old-growth rainforests should be a top conservation priority when it comes to protecting wildlife. The research examined 138 scientific studies across 28 tropical countries. It found consistently that biodiversity level were substantially lower in disturbed forests and called primary forests « irreplaceable » for sustaining biodiversity. In a similar vein, a Frontiers in Ecology and the Environment paper found that ancient trees are essential for over 1,000 species birds and mammals.

A worldwide search for ‘lost frogs’ organized by Conservation International drew to a close. The effort, which employed 126 researchers to scour 21 countries for 100 amphibian species, provided further evidence of the dire outlook for many amphibian species, more than a third of which are threatened with extinction.

Researchers sounded the alarm that REDD could introduce a new extinction risk for wildlife: financial markets. The editorial, published in the journal Conservation Letters, argued that REDD could effectively link the fate of some species to the short-term whims of the carbon market. Conservation projects funded primarily by REDD are most at risk of being undermined by declining in carbon prices or changing investor preference.

In March, scientists partnered with one of the world’s largest palm oil producers to measure the impact of converting tropical forest into an oil palm plantation.

A plethora of species were described for the first time by scientists in 2011 and studies suggested many more lie in wait of discovery. One noted that despite hundreds of years of research, humanity still knows less than 15 percent of the world’s species. Another said that 3,000 amphibians and 160 land mammals remain undiscovered.

While new discoveries may raise hopes, over 900 species were added to IUCN Red List. Two prominent species — both rhinos — made their official exit. Both were driven to extinction primarily by habitat loss, but ultimately finished off by the rhino horn trade. An indeterminate number of other species also roamed the Earth for the last time in 2011, but we’ll never know how many left us without a final farewell. Scientists however agree that we are in the midst of an extinction crisis — a survey of 583 conservation scientists found that 99.5 percent believe a serious loss in biodiversity was either ‘likely’, ‘very likely’, or ‘virtually certain’. But at least one group was hopeful that the planet’s sixth mass extinction could be prevented.

Still the news elsewhere wasn’t inspiring. A paper in Conservation Letters recorded 89 instances in 27 countries of protected areas being downsized (shrunk), downgraded (decrease in legal protections), and degazetted (abolished) since 1900. Another warned that the global decline in top predators and megafauna is ‘humankind’s most pervasive influence on nature’. Still another reported that the world’s protected areas won’t be enough to stem the loss of biodiversity. It instead argued that society must deal with the underlying problems of human population and overconsumption if we are to have any chance of preserving life on Earth.

Rhett Butler, mongabay.com, 28 décembre 2011

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[Révolution tunisienne] Plus de 44 « sit-in » chaque jour en moyenne en 2011 (et ça continue)

(…) En réponse aux critiques adressées au gouvernement pour n’avoir pas appliqué la loi face aux sit-in [c’est-à-dire face aux mouvements de protestation en général, assis ou debout — ce que la mafia maoïste appelle, en Chine, des « incidents de masse »], M. Jebali a expliqué [lors d’un discours à l’Assemblée constituante] : « Si on appliquait la loi on serait accusé de retour à la dictature et si on évitait ce choix on serait accusé de laxisme ». Il s’agit là « d’une équation difficile » à laquelle le gouvernement provisoire aimerait trouver une solution, a-t-il dit. (…) Pour ce qui est de la situation sécuritaire dans le pays, M. Jebali a cité un bilan des mouvements de protestation faisant état pour l’année 2011 de 16.273 sit-in. Depuis le mois de janvier, on a enregistré un millier de sit-in et de mouvements de protestation. (…)

Leur presse (TAP, 24 janvier 2011)

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Un grand quotidien grec sous « contrôle ouvrier »

Un journal grec en autogestion !

Les travailleurs d’Eleftherotypia sont de retour avec leur propre journal !

Ça y est ! C’est fait! Les travailleurs d’Eleftherotypia, un des plus grands et plus prestigieux quotidiens grecs, vont de l’avant dans la grande entreprise de l’édition de leur propre journal, “Les Travailleurs à Eleftherotypia” !

Depuis le mercredi 15 février, les kiosques dans tout le pays affichent à côté des journaux habituels un journal de plus, écrit par ses propres salariés. Un journal qui ne cherche pas seulement à mettre en évidence la lutte des travailleurs d’Eleftherotypia, mais qui veut aussi être un journal d’information complète, spécialement en cette période si critique pour la Grèce.

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La Une du nouveau journal

Les 800 travailleurs et travailleuses à l’entreprise X. K. Tegopoulos, qui édite le journal Eleftherotypia, des journalistes aux techniciens, des nettoyeuses aux employés et aux concierges, sont en grève reconductible  depuis le 22 décembre 2011 puisque le patron ne leur  verse plus leurs salaires depuis août dernier !

Les travailleurs d’Eleftherotypia, voyant que le patron demande l’application de l’article 99 du code  des mises en faillite, en vue de se protéger de ses créanciers, en réalité ses salariés auxquels il doit un total d’environ 7 millions d’euros en salaires impayés (!), ont décidé parallèlement aux mobilisations et aux actions en justice de faire paraitre leur propre journal.  Un journal distribué  par les diffuseurs de presse dans tout le pays, au prix d’un euro (contre le 1,30 euro qui est le prix habituel des autres journaux), avec comme objectif de soutenir la caisse de grève.

Étant impayés depuis sept mois, les travailleurs et travailleuses d’Eleftherotypia sont soutenus par un mouvement de solidarité des diverses collectivités ou même des citoyens isolés qui font des dons en argent ou en espèces (nourriture, couvertures, etc.).  Avec l’édition de leur propre journal et l’argent de sa vente, ils pourront soutenir financièrement leur grève sans qu’il y ait la moindre médiation de personne : En somme, ils avancent vers une sorte d’autogestion.

Le journal a été confectionné  dans un atelier ami, dans une ambiance qui rappelait l’édition d’un journal clandestin, puisque la direction, dès qu’elle a appris que les journalistes vont de l’avant dans leur entreprise d’édition, a coupé d’abord le chauffage, ensuite le système employé par les rédacteurs pour écrire leurs articles et enfin, elle a fermé l’atelier lui-même, bien que pour l’instant l’accès aux bureaux du journal reste libre. Eleftherotypia des Travailleurs a été imprimé dans une imprimerie étrangère à l’entreprise avec l’appui des syndicats des salariés de la presse, parce que les travailleurs de sa propre imprimerie hésitaient à occuper leur lieu de travail.

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L'affichette annonçant la sortie du journal chez les marchands de journaux : "Les travailleurs d'Eleftherotypia sont de retour - Le journal des rédacteurs est ici ! Mercredi 15 février 2012"

La direction, qui a peur de l’impact de l’édition autogestionnaire du journal, menace de recourir à des actions en justice, elle intimide en menaçant de licencier les membres du comité de rédaction qui ont été élus tout a fait démocratiquement par l’assemblée générale des grévistes. Cependant, le public grec, et pas seulement les lecteurs d’Eleftherotypia, attendait avec grand intérêt sa parution — on a été submergé par les messages encourageant les journalistes à éditer seuls le journal — puisque la dictature des marchés est couplée avec la dictature des medias qui rendent opaque la réalité grecque. S’il n’y avait pas le climat consensuel cultivé par la plupart des medias en 2010, avec l’argument qu’il n’y avait pas d’alternative quand le gouvernement Papandreou signait le premier Mémorandum dont l’échec patent est reconnu maintenant par tout le monde, on aurait peut être vu le peuple grec se révolter plus tôt pour renverser une politique catastrophique pour toute l’Europe.

Le cas d’Eleftherotypia n’est pas unique. Des dizaines d’entreprises du secteur privé ont cessé depuis longtemps de payer leurs salariés, et leurs actionnaires les ont virtuellement abandonnées en attendant des jours meilleurs… Dans la presse, la situation est même pire. À cause de la crise, les banques ne prêtent plus aux entreprises tandis que les patrons ne veulent pas payer de leur poche, préférant avoir recours à l’article 99 — il y au moins 100 sociétés cotées en bourse qui l’ont déjà fait — afin de gagner du temps en vue de l’éventuelle faillite grecque et de sa probable sortie de la zone euro.

Elefthrotypia a été créée en 1975 comme un “journal de ses rédacteurs” dans la période de radicalisation qui a suivi la chute de la dictature en 1974.  Aujourd’hui, dans une époque marquée par la nouvelle “dictature des créanciers” internationaux, les travailleurs et les travailleuses d’Eleftherotypia ont l’ambition de devenir l’exemple lumineux d’une information totalement différente, en résistant à la “terreur” tant du patronat que des barons des médias, qui ne voudraient absolument pas voir les travailleurs prendre en main le sort de l’information.

Leur presse (Moisis Litsis, traduit par Giorgos Mitralias, Tlaxcala, 16 février 2012)

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[Bientôt dans vos assiettes] La viande de bœuf sans bœuf

Le premier hamburger créé avec des cellules souches bientôt une réalité

VANCOUVER (Canada) – Le premier hamburger créé à partir de viande bovine issue de cellules souches encore dans les éprouvettes d’un laboratoire néerlandais devrait être prêt cet automne, une avancée pouvant potentiellement bouleverser l’élevage, l’alimentation mondiale et bénéficier à l’environnement.

Le Dr Mark Post, un médecin de formation et patron du département de physiologie de l’Université de Maastricht (Pays Bas), prévoit de dévoiler ce hamburger en octobre, a-t-il dit à la presse en marge de la conférence annuelle de la Société américaine pour l’avancement de la science (AAAS) réunie ce week-end à Vancouver (Colombie Britannique, ouest du Canada).

Le coût pour produire ce premier hamburger expérimental se monte à 250.000 euros, a précisé ce chercheur ajoutant aussitôt que le second devrait être plus abordable à 200.000 euros.

Ce projet a été financé par un riche donateur qui souhaite rester anonyme, a-t-il dit, expliquant que ce dernier voulait voir diminuer le nombre d’animaux de ferme abattus pour leur viande et réduire ainsi les émissions de gaz à effet de serre résultant de l’élevage.

La production de viande devrait doubler d’ici 2050 pour répondre à la demande et mobilise déjà 70% de nos terres agricoles, a estimé le Dr. Post.

En outre, l’élevage contribue au réchauffement climatique avec les émissions de méthane, un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2) et compte pour 18% du total.

Mon projet vise à créer de la viande à partir de n’importe quelles cellules souches en utilisant une technologie développée dans le champ médical depuis plus de vingt ans et qui arrive à maturité, a souligné le Dr Post.

Pour ce premier hamburger, il a utilisé des cellules de bovins cultivés dans du sérum foetal de veau.

Les tissus produits ont exactement la même structure que les originaux, a assuré ce scientifique soulignant que la technologie était bien maîtrisée.

Nous allons présenter la preuve que cela est possible ce qui pourrait ouvrir la voie au début du développement de ce produit et à tous les processus pour en rendre la production plus efficace, ce qui est essentiel, a-t-il poursuivi.

La viande produite à partir des cellules souches doit ressembler exactement à celle que nous avons l’habitude de consommer, autrement il sera impossible de convaincre les gens de renoncer à ce qu’ils connaissent, a relevé le Dr Post tout en disant espérer réussir cela d’ici l’automne.

La viande produite en laboratoire pourra être contrôlée pour présenter certaines qualités comme par exemple contenir des niveaux élevés d’acides gras polyinsaturés (omega 3) bons pour la santé.

Cette technique peut aussi permettre de produire de la viande de tout animal, a précisé le chercheur qui a lancé ce projet il y a six ans et espère voir cette viande produite à grande échelle dans les dix à vingt prochaines années.

Patrick Brown, professeur de biochimie à l’Université de Stanford (Californie, ouest), a souligné durant la même conférence de presse l’importance selon lui de dénoncer l’agriculture actuelle — et surtout l’élevage — comme la plus grande catastrophe environnementale mondiale en cours.

Cette technologie (de l’élevage) n’a pas fondamentalement changé depuis mille ans et consiste à soustraire les éléments nutritifs des plantes pour nourrir des animaux pour leur viande, a-t-il dit.

J’ai décidé de consacrer le restant de ma vie de scientifique au développement de technologies alternatives afin de produire des aliments pouvant remplacer la viande et les produits laitiers, a insisté le biochimiste.

Il a créé dans ce but de deux starts up mais sans donner davantage de précisions sur les produits qu’il espère développer.

Leur presse (Agence Faut Payer, 20 février 2012)

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[Tunisie] Le siège de la délégation de Redeyef incendié

Des jeunes ont incendié, dimanche [19 février], le siège de la délégation de Redeyef dans le gouvernorat de Gafsa, après avoir été l’objet, la nuit dernière (samedi), d’actes de destruction qui ont atteint les meubles et les archives.

Des soldats gardaient le bâtiment depuis sa fermeture après la Révolution du 14 janvier 2011.  La justice militaire et la justice civile ont ouvert une enquête à ce sujet.

La ville de Redeyef n’a connu, tout au long de la révolution, aucun acte de violence, de vol ou d’incendie.

Leur presse (AfricanManager, 20 février 2012)

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[Climat] Qui sème le vent récolte la tempête

Une « tempête du siècle » tous les 3 à 20 ans ?

Si jusqu’à présent les tempêtes dévastatrices comme l’ouragan Irene ne se produisaient qu’une fois par siècle en moyenne, le réchauffement climatique risque de les rendre bien plus fréquentes. Des chercheurs américains affirment que « la tempête du siècle » pourrait survenir tous les trois à vingt ans.

Des climatologues du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de l’Université de Princeton affirment que le changement climatique va engendrer une augmentation de la fréquence des catastrophes naturelles, et notamment des tempêtes qui pourraient survenir tous les vingt ans, et selon les pires scénarios, tous les trois ans. « La tempête du siècle », telle que le dévastateur ouragan Irène qui a frappé la côte est des États-Unis et les Caraïbes en août dernier, ne sera plus cet événement d’une violence si rare qu’il ne se produit en moyenne que tous les cent ans.

Publiés dans la revue scientifique Nature Climate Change, les travaux des chercheurs américains ont été basés sur la combinaison de quatre modèles climatiques grâce à laquelle une simulation informatique des tempêtes récentes et à venir d’ici à la fin du siècle, a pu être réalisée pour un rayon de 200 kilomètres autour de New York. Quelque 45.000 tempêtes virtuelles ont ainsi été créées. Et les résultats indiquent que « la tempête du siècle » surviendra tous les trois à vingt ans d’ici 2010.

Les tempêtes plus violentes encore, qui surviennent jusqu’à présent tous les 500 ans en moyenne et engendrent à New York une montée des eaux pouvant atteindre trois mètres de haut, se produiraient quant à elles tous les 25 à 240 ans. Or, comme le soulignent les chercheurs, les digues de Manhattan ne sont hautes que de 1,5 mètres et seront inondées par de telles tempêtes si elles ne sont pas rehaussées.

Leur presse (Maxisciences, 17 février 2012)

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[Climat] Comment on désinforme l’opinion

Manipulation de l’information : une stratégie dévoilée

Après le climategate, le déni-gate ? Des documents obtenus par des blogueurs canadiens révèlent la stratégie « secrète » de manipulation de l’opinion publique pratiquée par un influent lobby climatosceptique, avec l’aide de quelques millions de dollars.

Dévoilés mardi soir, ces documents font notamment état de la volonté d’infiltrer le programme scolaire et de fonds versés aux scientifiques et blogueurs sympathiques à la cause. Déjà, des gros noms du mouvement climatosceptique, comme le blogueur Anthony Watts, ont admis avoir reçu le financement mentionné — dans son cas, 90’000$ pour un « nouveau projet ».

L’organisme victime de cette fuite est l’Institut Heartland, de Chicago. Se décrivant comme un « groupe de réflexion » libertarien, il est surtout un canal par lequel transite de l’argent vers des communicateurs et des firmes de relations publiques qui publient ce qu’ils appellent des « études » scientifiques — en réalité des opinions, des avis ou des recommandations à l’intention des politiciens et des médias. Cet organisme s’était fait connaître dans les années 1990 pour son opposition à toute réglementation du tabac, au prétexte que le lien entre le tabac et le cancer n’aurait pas été prouvé.

Les documents dévoilés le 14 février et mis en ligne par le blogue canadien DeSmogBlog — quelques mémos, procès-verbaux et budgets — ne surprendront donc pas ceux qui surveillent l’Institut Heartland. Mais la stratégie d’infiltration du cursus scolaire retient particulièrement l’attention :

Le Dr [David E.] Wojick propose de commencer à travailler sur des « modules » pour les classes allant de la 10e à la 12e année, consacrés au climat (« l’idée que les humains modifient le climat est une controverse scientifique majeure »), aux modèles (…) et à la pollution de l’air (« l’idée que le CO2 soit un polluant est controversée »…). Wojick produirait des modules pour les classes allant de la 7e à la 9e année sur l’impact environnemental (« est souvent difficile à déterminer »…), sur les ressources en eau et les systèmes météorologiques pour la 6e année, et ainsi de suite.

Le Dr David E. Wojick sera payé 5000$ par module, jusqu’à une possibilité de 20 modules. Simplement décrit par l’Institut comme un « consultant », il a été employé par l’industrie du charbon, précise DeSmogBlog. Il n’a jamais publié d’études en climatologie.

Heartland a confirmé l’authenticité de ces documents, sauf un, dans un communiqué envoyé le lendemain : « les documents volés semblent avoir été écrits par le président de Heartland pour une réunion du conseil d’administration qui a eu lieu le 17 janvier ». Heartland s’indigne du fait que ces courriels privés aient été « frauduleusement obtenus », un fait qui n’avait suscité nulle indignation de sa part lors du climategate en 2009, ont vite ironisé ses adversaires.

Heartland est également derrière le NIPCC, un organisme créé en 2008 à seule fin d’attaquer le GIEC (le Groupe des Nations Unies sur les changements climatiques). On lit dans un mémo que le NIPCC « verse 300’000$ par année à une équipe de scientifiques ».

Tous les « projets climat » sont financés par un budget difficile à évaluer. Un « donateur anonyme » a versé à lui seul 13,3 millions entre 2007 et 2011, dont 8,6 millions pour les projets climatiques. Les spéculations vont donc bon train sur cet anonyme : les compagnies pétrolières sont mystérieusement absentes de la liste des donateurs, et la fondation du milliardaire Charles Koch, chef de file des climatosceptiques, n’a versé officiellement qu’une somme minime en 2011 (25’000$).

À l’inverse, le New York Times rapporte mercredi que des compagnies identifiées, elles, comme des donatrices de l’Institut Heartland (GlaxoSmithKline et Microsoft) se sont empressées de dire qu’elles appuient l’urgence d’agir contre le réchauffement climatique.

Enfin, les paragraphes consacrés aux médias en disent également long sur leur importance stratégique :

[Nos] efforts en des endroits tels que [le magazine économique] Forbes sont tout spécialement importants depuis qu’ils ont commencé à autoriser des climatologues prestigieux comme [Peter] Gleick à publier des essais scientifiques réchauffistes qui vont à l’encontre des nôtres. Cette audience influente a été d’ordinaire fidèle dans son attitude anti-climat et il est important de garder éloignées les voix contraires.

La liste des documents.
Un article du Guardian (15 février).
• Une recherche distincte : la route tortueuse suivie par le scientifique Fred Singer au Heartland Institute.
• La revue britannique Nature avait consacré l’an dernier un reportage à l’Institut Heartland et à son congrès :
>L’organisme fournit un matériau aux politiciens et commentateurs conservateurs, désireux de bloquer toute réglementation gouvernementale sur les émissions de carbone. Et les conférences organisées par Heartland sont devenues un lieu de ralliement pour les climatosceptiques. (L’Institut) offre une fenêtre sur l’agitation politique en cours aux États-Unis et la façon dont cela aide les climatosceptiques à gagner l’appui de certaines parties du public.
Une critique dévastatrice du NIPCC (en 2008).
• Pour y voir plus clair dans la stratégie consistant à jouer sur le doute légitime face à la science : le Doubt Video, par le Climate Reality Project (2011).

Leur presse (Agence Science Presse, 17 février 2012)

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[Pétromafia] Nouvelles du golfe du Mexique

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1329698446.jpgDeepwater Horizon : une catastrophe écologique qui hante toujours les habitants

L’explosion en 2010 de la plateforme Deepwater Horizon a fait 11 morts mais le bilan s’avère plus lourd au fur et à mesure que l’on découvre les conséquences de la marée noire sur l’environnement et les hommes. C’est ce dont traite le documentaire de Joe Berlinger, Black Tide : Voices from the Gulf que Maxisciences est allé voir à l’occasion du Festival International du Film d’Environnement.

Survenue le 20 avril 2010, l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon à 80 km au large de La Nouvelle-Orléans, a fait 11 morts et causé le déversement de 760 millions de litres de pétrole brut dans le golfe du Mexique jusqu’à ce que les autorités arrivent à obstruer le puits quatre mois plus tard. Au total, environ 11.130 tonnes de composés de gaz et de pétrole se sont répandus chaque jour dans l’environnement.

Rapidement, l’accident s’est ainsi avéré être la pire catastrophe écologique que les États-Unis aient jamais connu. Pas de moins de 1.600 kilomètres de côte ont été touchés par la marée noire dégradant voire tuant l’écosystème qu’abritait le golfe du Mexique. Selon les spécialistes, il faudra ainsi à la région des décennies pour retrouver un semblant de ce qu’elle était avant le 20 avril 2010. Marécages, coraux, des milliers d’oiseaux et des centaines de tortues et de dauphins comptent dans les dommages directs de cet accident de l’or noir.

Les deux activités dont dépendaient les habitants du golfe du Mexique, le pétrole et la pêche, ont été toutes deux interdites dans les mois qui ont suivi la catastrophe ce qui a entrainé de nombreuses faillites et des désertions. Peu de gens touchés par cette crise ont été indemnisés à l’heure actuelle malgré les dommages auxquels ils ont dû faire face. Alors que la société Weatherford, un sous-traitant de BP, vient d’être disculpée par un tribunal américain de toute charge pour la marée noire dans le golfe du Mexique en 2010, des personnes souffrent encore actuellement de cet accident industriel.

Du pétrole écoulé toujours dans la nature

Certains ont perdu leur emploi, leur profession quand d’autres ont perdu la santé. Les pêcheurs ont tous mis la clé sous la porte. Les ostréiculteurs ont fait de même à part quelques survivants qui se sont attachés à trier minutieusement leur marchandise ou à l’importer d’ailleurs. Pourtant, le golfe du Mexique était réputé pour ces huîtres. C’étaient les meilleures de toute l’Amérique pour beaucoup. Une réputation aujourd’hui perdue. Sous la caméra de Joe Berlinger, se succèdent ainsi des témoignages bruts et touchants des habitants qui parlent de la misère sans fin dont ils souffrent aujourd’hui suite à la catastrophe.

Mais le documentaire Black Tide : Voices from the Gulf relance également le débat déjà entamé par les scientifiques sur la question des 780 millions de litres de pétrole. Une partie a été pompée, récupérée ou brûlée à la surface, une autre partie s’est évaporée ou s’est dissoute. Les autorités et BP se sont vite inquiétés face à l’ampleur de la marée noire et de ses dégâts. Ils ont alors décidé de répandre du dispersant chimique pour transformer les énormes plaques de pétrole flottantes en microgoutelettes. Mais le pétrole n’a pas disparu pour autant comme l’ont révélé de récentes études. Ainsi, une question reste dans les esprits : était-il réellement judicieux de régler le problème de la pollution par la pollution au vu du résultat obtenu ?

Selon l’Agence fédérale américaine National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), un peu plus du quart du pétrole écoulé subsisterait encore dans la nature. Encore aujourd’hui, les conséquences sont difficiles à déterminer sur le court comme sur le long terme. C’est cette peur de l’inconnu qui transparait désormais dans les discussions entre les habitants du Golfe alors même que l’incident est considéré comme clos pour beaucoup, à tort.

Leur presse (maxisciences, 19 février 2012)

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[Amiens] C’est bon le poulet grillé

Une voiture de la police municipale incendiée à Amiens

Une voiture sérigraphiée de la police municipale a été incendié dimanche en milieu de journée dans le quartier d’Amiens-Nord et une quinzaine d’individus ont ensuite lancé des projectiles sur les policiers, a-t-on appris de sources préfectorale et proche de l’enquête.

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Un deuxième véhicule a également pris feu, selon la préfecture, sans pouvoir préciser les causes de cet incendie.

Le véhicule de police a été volontairement incendié, a-t-on affirmé de source proche de l’enquête.

Chargés de la police des marchés, les agents municipaux avaient stationné leur véhicule dans une rue proche de l’esplanade où les commerçants déploient leurs étals, selon cette source, qui a indiqué qu’aucune raison ne pouvait expliquer cet acte.

Voyant leur véhicule en feu, les policiers municipaux se sont approchés et ont alors reçus divers projectiles de la part d’une quinzaine de personnes cagoulées, a expliqué la préfecture.

La police nationale est intervenue immédiatement et a mis en fuite les individus cagoulés. Elle a ensuite permis l’intervention des pompiers et l’enlèvement des véhicules endommagés.

Aucune interpellation n’a été effectuée. Une enquête a été ouverte. Il n’y a pas eu de blessés et aucun nouveau trouble n’a été constaté depuis les faits, a précisé la préfecture.

Un renfort de forces mobiles (gendarmes ou CRS) a été demandé, selon cette même source.

Dans un communiqué commun, le préfet de la Somme, Michel Delpuech, et le maire d’Amiens, Gilles Demailly (PS), ont condamné « avec la plus grande fermeté les incidents », évoquant des « actes inadmissibles et intolérables qui n’ont aucune justification » et apportant leur « entier soutien aux policiers municipaux pris à partie ».

Leur presse (Agence Faut Payer, 19 février 2012)

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[Congo K] L’impasse du légalisme et du pacifisme

RDC – L’opposition rate son rendez-vous avec la rue

La marche des chrétiens organisée en République démocratique du Congo (RCD) par l’Église catholique et soutenue par l’opposition n’a pas réussi à mobiliser la population. L’opposition misait beaucoup sur cette marche pour contester la réélection de Joseph Kabila, mais les manifestants ont été dispersés par un impressionnant dispositif policier. L’échec de cette manifestation renforce la légitimité du pouvoir en place. Signe des temps : les États-Unis, très critiques sur le mauvais déroulement du processus électoral, viennent de reconnaître la victoire de Joseph Kabila à la présidentielle.

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Rendez-vous manqué entre l’opposition et les Congolais. L’opposition espérait créer une vague de contestation populaire dans les rues de Kinshasa pour dénoncer « le hold-up électoral » que constitue à leurs yeux la réélection de Joseph Kabila. Le 16 février est une date de commémoration importante pour les catholiques congolais puisqu’ils rendent chaque année hommage « aux martyrs de la démocratie congolaise, tombés sous les balles des soldats de Mobutu ». Cette année la coloration de cette manifestation était clairement « anti-Kabila » et dénonçait le manque de transparence des élections présidentielle et législatives de novembre 2011.

Kinshasa avait interdit la manifestation, mais la marche a tout de même eu lieu dans différents points de la capitale. Très rapidement, la police, mais aussi les militants pro-Kabila sont intervenus à coup de gaz lacrymogènes et de machettes, selon les agences de presse présentes sur place. Les heurts ont été particulièrement violents et les ONG locales ont dénombrées 6 arrestations (4 prêtres et 2 religieuses).

Malgré ces affrontements sporadiques, Kinshasa est restée globalement calme ce jeudi. La foule attendue par l’opposition n’est pas venue et a été vite dissuadée par l’important dispositif policier déployé dans la capitale congolaise. L’opposition n’a donc pas réussi son pari « de faire parler la rue » le 16 février comme elle l’espérait.

Un échec qui s’explique par les hésitations de l’opposition sur la stratégie à suivre face à des élections qu’elle conteste. L’opposition est toujours divisée et le leadership naturel qu’Étienne Tshisekedi a su créer lors de la présidentielle s’essouffle un peu, faute de positions claires du « Sphinx de Limete » (qui se tait plus qu’il ne parle). L’UDPS hésite en effet sur la marche à suivre pour « déligitimer » le président Kabila. Tshisekedi prône la politique de la chaise vide à l’Assemblée nationale (boycott des députés UDPS) alors qu’une majeure partie des nouveaux élus à la chambre souhaitent y siéger. Les députés UDPS pensent qu’ils seront « plus utiles et audibles » à l’intérieur de l’Assemblée qu’à l’extérieur. Quant aux autres « ténors » de l’opposition (Kengo, Kamerhe), ils ont complètement disparus de la circulation. La population se demande à juste titre quelle opposition elle soutiendrait, si elle descendait dans la rue : Tshisekedi ? l’armée ? le général Munene ? En l’absence de réponse… elle semble s’abstenir.

L’opposition a donc raté une bonne occasion de se compter dans les rues ce 16 février. Une occasion manquée, qui pourra peut-être se représenter… mais pas de sitôt. Pendant ce temps le pouvoir en place se normalise. Les États-Unis, pourtant très critiques sur le manque de crédibilité du scrutin, viennent par la voix de leur ambassadeur à Kinshasa, de reconnaître « la victoire du président Joseph Kabila » à l’élection présidentielle « pour les cinq années à venir ». Une reconnaissance qui pèsera lourd dans le camp occidental.

Leur presse (Christophe Rigaud, Direct!cd, 18 février 2012)

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[Mort aux El-Assad !] La plus grande manifestation à Damas depuis le début de la révolution

Les forces de sécurité syriennes ont tiré samedi sur des milliers de personnes participant à des funérailles dans le quartier de Mazzé, à Damas, le premier rassemblement de cette ampleur tout près du cœur de la capitale depuis le début de la révolte en mars 2011. (…)

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À Damas, des milliers de manifestants anti-gouvernementaux sous la neige scandent : «Avec nos âmes et notre sang nous nous sacrifions pour vous, habitants de Homs».

Un manifestant a été tué et plusieurs autres blessés à Mazzé, un quartier stratégique du centre-ouest de Damas, dans les funérailles de manifestants tués la veille dans le même quartier, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Les funérailles se sont transformées en manifestation à Mazzé. C’est le rassemblement massif le plus proche de la Place des Omeyyades », la célèbre place du centre-ville, a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, chef de l’OSDH.

« C’est la première fois que des manifestations revêtent une telle ampleur jusqu’au centre de Damas », a déclaré à l’AFP Mohammad Chami, porte-parole des militants dans la province de Damas. Selon lui, les funérailles ont rassemblé « 15.000 personnes », malgré la menace des services de sécurité et la neige qui tombait samedi sur Damas.

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Le moment où les forces d'Assad ouvrent le feu sur des milliers de manifestants à Mazzé.

Il a évoqué des « tirs nourris » contre les manifestants. « Après les tirs, les gens se sont cachés là où ils le pouvaient », a-t-il ajouté. « La télévision d’État n’a pas couvert les faits alors qu’ils se déroulaient à quelques pas » de ses locaux.

Surplombé par le palais présidentiel, le quartier de Mazzé abrite de nombreuses ambassades, des bâtiments gouvernementaux et des services de sécurité.

Une campagne de perquisitions et d’arrestations était en cours dans le quartier, selon l’OSDH. Vendredi, des manifestations inédites avaient secoué le quartier avant d’être réprimées par les forces de sécurité, faisant au moins quatre morts. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 18 février 2012)


Les manifestants défient le régime jusqu’à Damas et Alep

Révolte L’armée s’acharne sur Homs ; au moins 56 civils tués hier.

Plusieurs quartiers de Damas et Alep étaient secoués hier par des manifestations inédites, se joignant aux dizaines de milliers de personnes à travers le pays pour réclamer la chute du régime. Aux cris de « Dégage ! », adressés au président Bachar el-Assad, les manifestants ont bravé la répression du régime à Damas. Mais les forces du régime ont à nouveau tiré sur les manifestants en ce « vendredi de la résistance populaire », faisant au moins deux morts, dont un enfant, et une dizaine de blessés dans le quartier de Mazzé, dans l’ouest de la capitale, selon une ONG syrienne. « C’est la première fois que les manifestations s’étendent aux quartiers chics », a affirmé Moaz Chami, des Comités locaux de coordination, sans préciser le nombre de manifestants.

Relativement peu touchée par la révolte, la ville d’Alep a également été mobilisée dans au moins 12 quartiers, ainsi qu’en province. « Liberté pour toujours, que tu le veuilles ou pas Bachar », criaient les habitants dans la localité de Kallassa. « Nous ne céderons pas face aux chars et aux canons », « Nous avons le peuple, ils ont l’armée », scandaient des manifestants dans la province d’Idleb, qui a connu des manifestations massives, à l’instar de la province de Deraa, où une personne a été tuée par des tirs. Les militants antirégime avaient appelé à entamer une « nouvelle étape » dans leur action et « ne plus rester les bras croisés » face à la répression de la révolte.

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Une image prise d'une vidéo montrant le corps criblé de balles de Samer el-Khatib, tué samedi à Mazzé.

Les manifestations ne se sont pas résumées à la Syrie. Des milliers d’Arabes israéliens étaient rassemblés dans la ville de Kafr Kanna (nord de l’État hébreu) aux cris de « Bachar el-Assad dégage » et « laisse le peuple vivre ». Au Caire, des centaines d’Égyptiens et de Syriens ont manifesté devant l’ambassade de Syrie, réclamant notamment l’expulsion de l’ambassadeur.

Les violences d’hier ont fait au total entre 27 et 56 morts civils, selon les sources, dont 13 dans le quartier de Baba Amr à Homs, touché par le bombardement le plus violent depuis deux semaines. « C’est d’une violence extrême, on n’a jamais connu ça. C’est en moyenne quatre roquettes tirées par minute », a affirmé Hadi Abdallah, membre de la Commission générale de la révolution syrienne. « Il y a eu 1 800 blessés en deux semaines », a rapporté le docteur al-Hazzouri à Baba Amr, joint via Skype, évoquant des blessés « qui souffrent en attendant la mort ». Des militants dénoncent régulièrement une crise humanitaire à Homs, dont plusieurs quartiers manquent de vivres et d’aide médicale et peinent à communiquer avec le monde extérieur. (…)

Leur presse (LOrientLeJour.com, 18 février 2012)

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Samedi 24 mars à Nantes, grande manifestation pour l’arrêt immédiat du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes

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Appel aux journées de solidarité avec les antifascistes et anarchistes de Nijni Novgorod (Russie) 16-18 mars 2012

Du 16 au 18 mars 2012, participez aux journées de solidarité avec les antifascistes et anarchistes de Nijni Novgorod (Russie), qui risquent jusqu’à 7 ans de prison pour une affaire fabriquée par la police politique, appelée « Centre Anti-Extrémiste » (Centre-E).

Artem Bystrov, Albert Gaïnoutdinov, Pavel Krivonosov, Dmitri Kolesov et Oleg Gembarouk ont plusieurs chefs d’inculpation. L’accusation principale est d’avoir créé l’organisation extrémiste « Antifa-Rash », qui aurait comme but, selon la police, d’agir violemment envers « les groupes sociaux » : « des skinheads, fans de foot » et « les citoyens riches de Russie ». Nous, leurs amis et camarades, anarchistes et antifascistes de Nijni Novgorod, déclarons que cette organisation n’a jamais existé et que l’affaire est fabriquée par le Centre-E pour affaiblir le mouvement libertaire.

Comment est apparu le concept « d’Antifa-Rash »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1329667800.jpgL’affaire est tellement absurde et maladroitement fabriquée, que l’on devine au premier coup d’œil, qu’elle a été fabriquée par de stupides policiers, qui n’ont rien compris au mouvement libertaire et à ses structures.

Par exemple, l’une des preuves de la culpabilité des antifascistes, ce sont des cartes de membre ! Des cartes de parti ont été créées, avec les noms complets des mes membres et le nom de l’organisation « Antifa-Rash. Red anarhia skinheads. » Remarquons la faute : « anarhia » au lieu de « anarchy », assez invraisemblable que des anarchistes écrivent le mot « anarchie » avec une faute d’orthographe, même en anglais. Encore plus étrange R.A.S.H signifierait « l’anarchie rouge des skinheads (Red anarhia skinheads) ». R.A.S.H signifie en réalité « Red and Anarchist Skinheads » : Skinheads rouges et anarchistes. Cette branche de skinheads de gauche est assez populaire au sein de la jeunesse militante, au même titre que l’antifascisme. Il y a beaucoup de graffitis dans les rues avec les mots « Rash » et « Antifa », suffisamment pour que des policiers aient pensé à inventer une organisation avec le nom absurde de « Antifa-Rash ».

Ces cartes ont été jetées par la police, en avril 2011, pendant les perquisitions aux domiciles des militants. Ces perquisitions se sont fait aux mépris des lois, par exemple : certaines ont été faites malgré l’absence des personnes, dans d’autres cas les témoins indépendants de la perquisition (indispensable selon les lois), ont été mis à la porte pendant 40 minutes, permettant aux policiers de faire ce qu’ils voulaient à l’intérieur des appartements.

Les autres preuves de l’existence de l’organisation et donc de la culpabilité de nos camarades sont les statuts de « Antifa-Rash », qui sont apparus en même temps que les cartes de membre — pendant les perquisitions. En les lisant, on reconnaît le style et la logique de la police. Dans ses statuts, l’organisation a une hiérarchie stricte, un leader autoritaire auquel on doit obéir et un système de punition contre les récalcitrants. Cela ressemble à une organisation libertaire? Non.

Ridicules sont aussi les accusations de violence. Au total, il s’agit de 3 banals affrontements entres antifascistes et néonazis (d’ailleurs ces même néonazis, ont été jugés pour violences racistes). Après ces affrontements, les fascistes n’avaient eu que de blessures légères. Ces « victimes » n’avaient pas d’ailleurs pas portées plaintes. Mais l’incident fut connu du Centre-E et il a de lui-même créé l’affaire, en terrorisant et torturant, pour faire parler antifascistes et fascistes. Pavel Krivonosov et Artem Bystrov n’ont jamais participé à ces rixes, ils ont des alibis indéniables, même les fascistes ne les ont pas reconnus comme agresseurs. Mais ils restent tout de même accusés d’avoir participé à ces bagarres pour des motivations « idéologique de haine contre des groupes sociaux ».

Les accusés :

Artem Bystrov est l’otage principal de l’affaire « Antifa-Rash ». Depuis avril 2011, il est assigné à domicile et n’a pas le droit de communiquer avec le monde extérieur. Pendant plusieurs années, Artem a participé à des actions antifascistes, écologistes et contestataires. Il a notamment participé au mouvement antimilitariste de « Food Not Bombs » (distribution hebdomadaire de repas végétaliens gratuits). Il a aussi organisé et fait le service d’ordre de nombreux concerts du milieu D.I.Y. (punk et alternative).

Albert Gaïnoutdinov est un militant antifasciste, que le Centre-E a qualifié de créateur et leader de l’organisation « Antifa-Rash ». Il est maintenant dans l’obligation de se cacher contre la répression en vivant clandestinement pour éviter d’être de nouveau torturé par le Centre-E.

Pavel Krivonosov est antifasciste, anarchiste, membre de l’organisation libertaire « Action autonome » et musicien. Il a joué dans plusieurs groupes D.I.Y de Nijni Novgorod et a participé à l’organisation de beaucoup d’événements libertaires : actions publiques, concerts, campements écologiques, festivals etc…

Dmitri Kolesov est musicien dans le groupe de Hardcore « Step To Freedom ».

Oleg Gemarouk après l’arrestation, en partie à cause de son manque d’expérience et aussi suites aux tortures physiques et psychologiques, a reconnu s’être battu avec les néonazis. Il a même reconnu avoir été dans cette organisation imaginaire « Antifa-Rash ». Maintenant, car Oleg travaille avec la police, nous avons rompu tout contact avec lui.

Comment aider ?

L’avocat des antifascistes Dmitri Dinze insiste sur le caractère purement politique de l’affaire « Antifa-Rash ». On le voit avec le silence complice voire l’approbation des pouvoirs sur les crimes commis par le Centre-E : « Il ne faut pas chercher de l’objectivité dans cette enquête ».

Début mars auront lieu les premières réunions au tribunal. Il ne reste aucun espoir que les innocents gagnent le procès… Sauf si vous participez aux journées de solidarité (16-18 mars) avec les antifascistes de Nijni Novgorod et organisez des actions de soutien dans votre pays !

Pendant les dernières années, on a vu de beaux exemples de solidarité internationale qui a aidé les anarchistes et antifascistes russes à rester libres malgré la répression sévère du régime Poutine-Medvedev. Il y eut les fameux « Otages de Khimki », accusés de l’attaque de la mairie de Khmiki (la banlieue de Moscou) pendant une manifestation antifasciste: ils ont été libérés. Il y eut aussi le professeur Andreï Koutousov, que l’on a accusé aussi d’extrémisme : il a été jugé coupable et fut licencié mais il a évité la prison.

Une autre façon d’aider c’est le soutien financier. Le procès « Anti-Rash » dure depuis un an et il n’est pas le premier contres les libertaires de Nijni Novgorod. Nous avons beaucoup dépensé pour payer les frais de la défense, nous avons toujours besoin d’environ 2300 Euros (3000 $). Même les participations modestes peuvent servir à notre tache difficile: faire éviter la prison à nos camarades. Le plus utile serait de créer un collectif de soutien qui organiserait événement et concert de soutien dans votre ville. Voir plus bas les infos pour nous contacter et nous envoyer de l’argent.

Nous revendiquons l’arrêt des persécutions des antifascistes à Nijni Novgorod ! Que s’arrête cette absurde affaire « d’Antifa-Rash » ! La reconnaissance de l’innocence des accusés ! Que le « Centre Anti-Extrémiste » soit puni pour sa pratique cruelle et récurrente de la torture, et ce nouveau crime — la fabrication d’affaire judiciaire ! Libération immédiate et disculpation de toutes les prisonnières et tous les prisonniers politiques à Nijni Novgorod, en Russie et ailleurs !

No pasaran !

Anarchist Black Cross Nijni Novgorod
Groupe de « L’action autonome » de Nijni Novgorod
Email – Tél. 007 910 874 0594

Information sur « Antifa-Rash » et campagne de soutien :
http://avtonom.org/antifa/nn
http://www.facebook.com/groups/215495161878537/

Pour envoyer de l’argent de France et d’autres pays :
Par le système SKRILL (MONEYBOOKERS):
Email – Customer ID: 28988570 (seulement en Euros)

Par virement bancaire :
Alfa-Bank
EURO Beneficiary’s bank Alfa-Bank Moscow S.W.I.F.T. ALFARUMM Beneficiary’s Acc. No. 40817978408350001060 Beneficiary ALEKSANDR FITASOV Correspondent bank of beneficiary’s bank COMMERZBANK AG, Frankfurt am Main S.W.I.F.T. COBADEFF Acc. With corresp Bank No. 400886894501EUR
DOLLARS Beneficiary’s bank Alfa-Bank Moscow S.W.I.F.T. ALFARUMM Beneficiary’s Acc. No. 40817840408350001059 Beneficiary ALEKSANDR FITASOV Correspondent bank of beneficiary’s bank WELLS FARGO BANK N.A. S.W.I.F.T. PNBPUS3NNYC Acc. With corresp Bank No. 2000193651652

Pour envoyer de l’argent de Russie, Ukraine ou Biélorussie:
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– Par distributeur d’ Alfa Bank:
40817810808350017770 (en rouble Russe)
40817840408350001059 (en dollar)
40817978408350001060 (en euros)

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