[Grèce] « Pourquoi nous avons occupé l’hôpital de Kilkis », par Lela Zotakis

L’occupation de l’hôpital de Kilkis par ses travailleurs-ses a commencé le lundi 20 février 2012. Cette occupation entend défendre non seulement  les droits de tous–tes les salariéEs de Kilkis (médecins, infirmiers-ères, aides-soigants-tes, personnel administratifs) mais aussi le système national de santé qui est durement attaqué. Cette lutte s’inscrit aussi dans la volonté de défendre les Droits de l’Homme des classes moyennes et des classes populaires qui sont gravement menacés. La situation actuelle en Grèce donne l’image de ce que sera le futur pour les peuples du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie et de tous les pays du monde.

Celles et ceux qui travaillent non seulement à l’hôpital de Kilkis mais aussi dans la majorité des hôpitaux et des centres médicaux en Grèce ne sont plus payés à l’heure. Quelqu’unEs subissant une baisse tragique de leurs salaires, ne recevant même plus de quoi vivre. Par exemple, un de mes collègues fut transféré au service de cardiologique en situation de choc quand il a appris qu’au lieu de recevoir comme d’habitude sa paie de 800 euros, il a reçu une notice l’informant qu’il ne serait pas payé mais qu’au contraire il devait à l’État 170 euros. D’autres collègues sont payés 9 euros par mois. Celles et ceux d’entre nous qui continuent à recevoir leur salaire normal, organisent le soutien de nos collègues.

Il est évident qu’il s’agit d’une guerre declarée contre le peuple, contre la société entière. Ceux qui disent que la dette publique de la Grèce est la dette du peuple grec, ils mentent. Ce n’est pas la dette du peuple. Par contre cette dette est créée par les gouvernements successifs avec la collaboration des banquiers pour qu’ils mettent en esclavage les êtres humains. Les prêts donnés à la Grèce ne sont pas destinés pour les salaires, les retraites ou la sécurité sociale. En fait c’est l’inverse : les salaires, les retraites et la sécurité sont mis au service du remboursement de la dette aux banquiers.

Ils mentent parce qu’en effet ils ne veulent pas « une société libre de dettes » comme ils déclarent. Eux-mêmes provoquent l’apparition de la dette (avec l’aide des gouvernements pourris et des hommes politiques corrompus) pour leur propre profit. Ils ont placé comme premier ministre de la Grèce, un banquier pour qu’il gère notre spoliation. Ce premier ministre ne fut pas élu. Il a été placé par le FMI et les banquiers, avec la contribution des politiciens grecs et européens corrompus. Voilà comment ils perçoivent le terme « démocratie ».

Les banquiers, avec la participation des gouvernements, causent les dettes en créant de l’argent virtuel et s’emplissent les poches avec les taux d’intérêts prohibitifs. Et malgré tout, ils insistent que ceux et celles qui doivent payer cette dette, c’est nous, vous, nos enfants et nos petits enfants avec nos « fortunes » et nos vies. Mais nous ne leur devons rien. Par contre c’est eux qui doivent au peuple la plus grande part de leurs fortunes, nourris dans le lit de la corruption politique.

Si on n’ouvre pas les yeux devant cette vérité, on va bientôt devenir des esclaves en travaillant pour gagner juste 200 euros ou moins et sous la condition bien sûr qu’on sera capable de trouver un travail. Fini la sécurité médico-pharmaceutique, plus de retraites, nous seront sans abri et tous affaméEs. Cette réalité commence à prendre corps en Grèce avec des milliers de mes concitoyens qui vivent dans la rue et qui ont faim, et c’est à côté de chez vous !

Nous ne voulons pas apparaître comme désespéréEs mais la vérité est là. Cette « crise » ne peut être attribuée à une erreur financière ou monétaire. Non, c’est le début d’une phase extrêmement désagréable et qui va être de longue durée. Cette phase-là suit un chemin attentivement étudié qui fut élaboré il y a des décennies. Il nous faut lutter tous et toutes ensemble contre ce plan néolibéral. Voilà ce que nous voulons faire ici, à Kilkis mais aussi avec les gens de beaucoup d’autres villes dans le monde.

Pour le moment nous ne pensons pas ouvrir un compte pour un soutien économique. Cependant, une telle perspective est tout de même possible dans les semaines à venir, si la situation s’aggravait. Maintenant ce dont nous avons le plus besoin est d’un soutien moral et de la diffusion de notre situation. Les luttes régionales partout dans le monde doivent être propagées et obtenir un aide massive si nous voulons gagner cette guerre contre ce système corrompu. Ce serait magnifique si vous pouviez réfléchir à d’autres façons de diffuser de nos idées et nos nouvelles.

Pour nous contacter

Nous vous exprimons notre gratitude et nos remerciements pour vos pensées gentilles et vos paroles.

Toutes mes appréciations,

Leta Zotakis, directrice du Département d’Actinologie de l’Hôpital de Kilkis, membre de l’Assemblée générale des travailleurs, présidente de l’Union de Médecins des Hôpitaux de la région du Kilkis (ENIK).

Traduit de l’anglais (commentaire posté sur Contra Info), Nouvelles Hors Les Murs, 10 mars 2012.

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[Imiter] Hideux dans leur apothéose / Les rois de la mine et du rail / Ont-ils jamais fait autre chose / Que dévaliser le travail ?

Au Maroc, l’argent ne profite pas aux villageois

MINES – Des centaines de personnes font un sit-in près d’une immense mine d’argent…

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« Nous vivons à l’âge de pierre » : au fin fond du Maroc, des hommes, femmes et enfants protestent depuis des mois contre une société qui exploite, près de leur village, l’une des plus grandes mines d’argent d’Afrique dont ils veulent partager les bienfaits matériels. À deux kilomètres d’Imiter, un village berbère niché au pied du Haut Atlas marocain (sud), la Société métallurgique d’Imiter (SMI), filiale du groupe Managem, indirectement contrôlée par un holding de la famille royale, exploite ce gisement depuis 1969 et produit chaque année plus de 240 tonnes d’argent. Mais depuis août, des centaines de jeunes, femmes, enfants et personnes âgées tiennent un sit-in au sommet du mont Ablan, face à la mine, où se trouve le principal puits qui alimente depuis 2004 la mine en eau.

Protestations contre la misère

« Nous avons fermé les vannes de ce puits pour protester contre notre misère. Regardez autour de vous : on vit à l’âge des pierre. Cela fait 7 mois qu’on est là avec nos enfants. On n’a pas d’hôpital, pas de route, ni d’école pour nos enfants », déclare à l’AFP Moha Ouberka, l’un des habitants qui travaille à la mine. « Les habitants ne profitent pas de cette mine. Il n’y a pas un seul hôpital dans toute la région. Le plus proche est à Ouarzazate, à 200 km d’Imiter », selon le député de la région, Ahmed Sadqi.

La SMI a généré en 2010 un chiffre d’affaires de 74 millions d’euros, et un document interne indique que la mine d’Imiter place le Maroc au premier rang des producteurs d’argent en Afrique. Les manifestants demandent que 75% des recrutements soient réservés aux habitants de la région, mais la société juge cette demande « irréaliste ». « Nous leur avons proposé que 60% des recrutements d’ouvriers soient réservés aux gens de la région, mais ils ne veulent rien entendre », affirme Youssef El Hajjam, l’un des directeurs du groupe Managem. « Le recrutement des cadres obéit à une procédure transparente qui s’effectue au niveau du siège, à Casablanca », selon lui. La mine cristallise les frustrations des habitants de cette région parmi les plus pauvres du pays, et est emblématique des tensions sociales qui touchent le royaume, et se manifestent parfois par des actes de violences.

Assèchement de la nappe phréatique

Les villageois disent également souffrir de l’asséchement de la nappe phréatique à cause de l’utilisation massive de l’eau pour le traitement du minerai, notamment après le creusement en 2004 du puits que les villageois ont fermé. « Depuis 2004, l’eau de nos puits a considérablement baissé. Nous sommes de petits agriculteurs depuis la nuit des temps et on n’a plus d’eau alors que notre région était connue pour la richesse de sa nappe », s’indigne Moha Ouberka.

Un document réalisé pour le compte de la commune d’Imiter par le bureau d’études Innovar, dont l’AFP a obtenu une copie, précise que les débits en eau dans cette région « ont connu une baisse importante entre juin 2004 et août 2005 », avec des régressions, dans certains cas, « de 61% et 58% ». Mais selon Youssef El Hajjam, une « étude d’impact a été réalisée et il n’y a pas de lien entre la nappe exploitée et le système d’irrigation ». La SMI n’a toutefois pas souhaité fournir cette étude. L’autre problème soulevé par les habitants d’Imiter est l’utilisation d’eau polluée pour le traitement du minerai. Selon eux, le stockage de cette eau après son utilisation n’obéit pas aux normes de sécurité. « L’année dernière une famille a perdu son troupeau de moutons qui a bu de cette eau, et la SMI a été obligée de l’indemniser pour éviter le scandale », explique Omar Moujane, un étudiant de ce village. Mais selon Youssef El Hajjam, cette eau est « recyclée dans des bassins appropriées et il n’y a aucun risque à ce niveau ». Sur le mont Ablan, à la fin de l’après-midi, les villageois rejoignent les abris de fortune qu’ils ont dressés depuis août. « Nous sommes déterminés. Nous n’avons rien à perdre », souligne Brahim Oudaoud.

Leur presse (Agence Faut Payer, 9 mars 2012)


Maroc : Les habitants d’un village berbère dénoncent l’abus d’une société de mine liée à la SNI

Ça s’enflamme en terre berbère. Dans un petit village tout près de Ouarzazate, la Société métallurgique d’Imider (SMI) exploite depuis 43 ans la mine d’argent, seule richesse de cette terre quasiment déserte, au détriment des habitants, selon ces derniers. Ils sont alors monté au créneau et réclament plus de considération de la part des exploitants de la mine.

À 200 km de Ouarzazate, dans le petit village d’Imider, les habitants sont en colère. Ils se révoltent contre l’exploitation d’une mine d’argent par la Société métallurgique d’Imider (SMI), une filiale du groupe Managem indirectement contrôlée par l’ONA. La SMI exploite ce gisement depuis 1969 et produit chaque année plus de 240 tonnes d’argent, rapporte AFP. Cette mine est l’une des plus grandes mines d’argent d’Afrique et ils veulent partager les bienfaits matériels. Les manifestations ont commencé depuis le mois d’août 2011. La population, toute catégorie confondue, organise des sit-in au sommet du mont Ablan, face à la mine, où se trouve le principal puits qui alimente depuis 2004 la mine en eau. « Nous avons fermé les vannes de ce puits pour protester contre notre misère. Regardez autour de vous : on vit à l’âge de pierre. Cela fait 7 mois qu’on est là avec nos enfants. On n’a pas d’hôpital, pas de routes, ni d’école pour nos enfants », déclare à l’AFP Moha Ouberka, l’un des habitants qui travaille à la mine. Selon Ahmed Sadqi, député de la région, les habitants ne profitent pas de cette mine. Dans toute la région, il n’y a aucun hôpital. Le plus proche est à Ouarzazate.

Multiples revendications

Les manifestants réclament que 75% des recrutements soient réservés aux habitants de la région, mais la société juge cette demande irréaliste. « Pour nous c’est impossible, indique à Yabiladi Youssef El Hajjam, l’un des directeurs du groupe Managem. Parce que cela va compromettre nos accords avec nos partenaires sociaux. D’après nos accords, nous  donnons la priorité aux enfants des ouvriers  qui travaillent dans la mine en termes de recrutement. » Il précise que 40% des ouvriers de la SMI sont issus de villages voisins à Imider. « Nous leur avons proposé que 60% des recrutements d’ouvriers soient réservés aux gens de la région, mais ils ne veulent rien entendre », affirme M. El Hajjam. « Nos ouvriers sont allés les voir pour qu’ils revoient un peu leurs revendications afin de ne pas défavoriser leurs enfants, ils n’ont toujours rien voulu entendre… Franchement, leur niveau de demande est irréaliste », ajoute-t-il.

Les habitants se plaignent également de l’asséchement de la nappe phréatique à cause de l’utilisation massive de l’eau pour le traitement du minerai, notamment après le creusement en 2004 du puits que les villageois ont fermé. « Nous sommes de petits agriculteurs depuis la nuit des temps et on n’a plus d’eau alors que notre région était connue pour la richesse de sa nappe », s’indigne Moha Ouberka, l’un des habitants qui travaille à la mine de la SMI. À cela, M.El Hajjam répond qu’une étude d’impact a été réalisée et il n’y a pas de lien entre la nappe exploitée et le système d’irrigation.

En plus de tous ces soucis, les villageois se plaignent de la montée croissante de la pollution. « Notre petite ville est menacée par la pollution de cette mine qui ne nous sert plus à rien sinon à salir notre ville et altérer les poumons de nos enfants de cyanure et de mercure, produits chimiques utilisés dans le traitement de l’argent. Une nouvelle approche s’impose dans la gestion des mines du sud-est. Que ce soit à Bouâzar, Imini ou encore à Imider, l’on doit penser que l’environnement naturel, écologique et social ne supporterait plus ces fuites en avant. Une taxe s’avère nécessaire en faveur des démunis de cette région. Autrement, la situation sociale risque de s’envenimer », plaidait récemment un jeune manifestant dont les propos ont été rapportés par Libération.

Refus de coopérer

Pour Managem, des efforts sont fournis. La société fait plutôt face au refus de coopérer des manifestants.  « Nous avons tenu plusieurs réunions avec les manifestants. Nous leur avons proposé de réaliser un forage pour l’eau potable, mais ils ont refusé », affirme M. El Hajjam, rappelant tous les efforts fournis par la société comme la construction des classes dans un lycée du village, ainsi que l’octroi par la SMI de transports pour des élèves.

Petits et vieux prennent part aux manifestations à l’image de cet enfant de 11 ans qui affirme d’être prêt à défendre sa terre natale jusqu’au bout.

Leur presse (Ristel Edimo, Yabiladi.com, 9 mars 2012)


Les révoltés d’Imider

Rares sont ceux et celles qui connaissent vraiment la commune d’Imider. Normal. Rien dans cette zone située à 36 km de Tinghir, au sud-est du pays, n’attire l’attention. À moins que ce soit la pauvreté extrême de sa population. Mais aussi et surtout sa proximité de la très riche mine d’argent d’Imider. Les habitants de ces sept douars constituant la commune d’Imider (Anou N’Izem, Ait Brahim, Ait Mhand, Ait Ighir, Izoumgan, Taboulkhirt et Ikiss) ne peuvent plus supporter le paradoxe. Dimanche après-midi encore, et comme ces derniers mois, les populations ont déserté leurs douars, où personne ne bougeait, excepté les personnes inaptes physiquement. Et comme d’habitude, une grande marche a été organisée à destination du mont Alebban. Là, ces indignés ont exprimé et manifesté, à leur manière, toute leur colère. Ils ont ainsi bloqué le réservoir qui alimente la mine en eau. Une pression, disent-ils, pour attirer l’attention des autorités centrales. Par file de quatre, ils ont constitué un serpentin de près de deux cents mètres. Pour eux, la commune d’Imider mérite un meilleur sort. Les revenus financiers de cette riche mine devraient servir aussi au développement régional. Managem (holding SNI) qui est la société mère de la Société métallurgique d’Imiter (SMI) a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires de 35,6 % au premier semestre de 2011. « Nous avons de simples doléances, d’abord l’infrastructure routière, l’eau potable et l’électrification pour tous et enfin une bonne école et un centre sanitaire pour que nos femmes et enfants soient à l’abri des aléas, et enfin, pourquoi pas, du travail pour ceux qui en veulent, après tout ce sont nos terres qui sont exploitées ici », fait remarquer un jeune trentenaire, dans un dialecte marqué d’un accent amazigh. Pour expliquer aux usagers de la route reliant Ouarzazate à Tinghir, ces indignés lèvent d’abord les trois doigts de la main, signe d’appartenance à l’amazighité, et commencent à expliquer, autant que faire se peut, qu’il s’agit d’une « hogra » qu’ils subissent depuis quatre mois déjà, dans l’indifférence de la part des responsables de la mine et des autorités. Déterminés, les habitants d’Imider font clairement savoir qu’ils ne céderont pas d’un iota, face à l’intimidation et à la cooptation des autorités. « Nous sommes des Marocains, et nous avons des droits. Pourquoi donc, le Makhzen vient-il nous voir quand il a besoin de nous, c’est-à-dire pour voter, que ce soit lors du scrutin constitutionnel et législatif ? », crie à haute voix un jeune. Et si ces modestes villageois amazighs réclament une justice sociale, les associations et autres acteurs politiques et syndicaux de Tinghir soulèvent une autre question : celle de l’environnement. La nappe phréatique, source hydrique des fellahs de l’oasis, est dans un état de dégradation, tellement polluée et asséchée.  L’administration de la mine est surtout accusée d’avoir délaissé les déchets contaminés à l’air libre. « Notre petite ville est menacée par la pollution de cette mine qui ne nous sert plus à rien sinon à salir notre ville et altérer les poumons de nos enfants de cyanure et de mercure, produits chimiques utilisés dans le traitement de l’argent. Une nouvelle approche s’impose dans la gestion des mines du sud-est. Que ce soit à Bouâzar, Imini ou encore à Imider, l’on doit penser que l’environnement naturel, écologique et social ne supporterait plus ces fuites en avant. Une taxe s’avère nécessaire en faveur des démunis de cette région. Autrement, la situation sociale risque de s’envenimer », a-t-il plaidé.

Leur presse (Mustapha Elouizi, Libe.ma, 30 janvier 2012)

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[PCC dégage !] Résistance et répression au Xinjiang (2)

Chine : La police abat quatre personnes dans un raid au Xinjiang

Quatre personnes soupçonnées de fabriquer des bombes dans la région du Xinjiang, théâtre de troubles ethniques meurtriers en juillet 2009, ont été abattues par la police, rapporte Radio Free Asia, samedi.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325158152.jpgLes forces de sécurité ont mené un raid contre une ferme jeudi après qu’un homme a été blessé par l’explosion d’une bombe artisanale qui avait provoqué des soupçons.

La Chine affirme que les violences commises au Xinjiang sont le fait de séparatistes islamiques qui entendent établir un État indépendant qu’ils ont baptisé Turkestan oriental.

La police a procédé aux interpellations de 21 personnes lors de son intervention. L’un des suspects a tranché la main d’un policier à l’aide d’une hache, ajoute la radio.

Le mois dernier, le gouvernement chinois avait annoncé que des assaillants armés de couteaux avaient tué 13 personnes dans la province avant que la police intervienne et tue sept d’entre eux.

Le Xinjiang abrite une forte communauté d’Ouïghours qui représentent 40% des 21 millions d’habitants de la région.

En juillet 2009, ces Ouïghours s’étaient révoltés contre les résidents han chinois à Urumqi, capitale de la province où les troubles avaient fait 197 tués, principalement des hans.

Leur presse (Reuters, 10 mars 2012)

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[Scientifiquement prouvé] Les flics sont inférieurs aux chimpanzés

Des primatologues de l’université de Zurich ont montré que les chimpanzés se comportaient comme des policiers pour maintenir la paix et l’ordre au sein de leur groupe, selon le site Physorg.

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Les médiateurs Digit et Cess - zoo Walter de Gossau (Suisse)

Quand une tierce partie intervient dans un conflit, on parle de « police », et cela est vrai également chez les chimpanzés. Ces forces de l’ordre un peu particulière sont des mâles ou des femelles qui tiennent une place importante dans le groupe parce qu’ils sont le plus en mesure de mettre fin au conflit avec succès.

Les chercheurs ont observé pendant plus de 600 heures réparties sur deux ans le comportement de quatre différents groupes de chimpanzés évoluant en captivité, notamment dans le zoo de Walter en Suisse où les animaux ont connu des bouleversements dans leur groupe :

« Nous avons eu la chance de pouvoir observer un groupe de chimpanzés dans lequel de nouvelles femelles ont récemment été introduites et dans lequel la hiérarchie des hommes a également été redéfinie. La stabilité du groupe a commencé à vaciller. Cela se produit également à l’état sauvage. »

Cette forme police a également été observée chez les orangs-outangs et les gorilles entre autres, mais les chimpanzés sont les seuls primates à ne pas intervenir de façon partiale et agressive, relève le site Live Science.

Selon le site Science Daily, cette police animale « peut être considérée comme une forme précoce de l’évolution du comportement moral ». En effet, les chercheurs montrent que les primates interviennent de façon plus impartiale si la querelle implique un grand nombre de chimpanzés parce que le risque de déséquilibre est plus important dans ce cas, et que le but de ces policiers à quatre pattes est de maintenir la cohésion.

Ces conclusions concernant les primates pourraient « faire la lumière sur les racines de la police chez les humains » selon MSN :

« L’intérêt pour ce qui concerne la communauté, qui est très développé chez les humains et constitue la base de notre comportement moral, est profondément enraciné. Il peut également être observé chez nos plus proches parents. »

Publié par des amis de la police (Slate.fr, 8 mars 2012)

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[Caen] Expulsion du Mât Noir

Évacuation du Mât Noir, à Caen : retour sur trois mois de squat

Le squat de l’avenue de Creully, à Caen, a été évacué, ce vendredi matin, très tôt, par des policiers et des gendarmes. Retour sur trois mois de squat.

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Les faits

Depuis la mi-décembre, une vaste demeure en pierre du XIXe siècle, sur trois étages, située au 26 avenue de Creully, à Caen (près du Jardin des plantes), était occupée par des militants qui dénonçaient la spéculation immobilière…

Baptisé le Mât Noir, ce « squat politique autogéré » faisait l’objet, depuis plusieurs semaines, d’une ordonnance d’expulsion immédiate. Il a été évacué, ce vendredi matin, très tôt, par des policiers et des gendarmes. Selon le collectif, « trois personnes ont été interpellées, puis relâchées rapidement ». Elles seraient soupçonnées de « vol d’électricité », selon une source judiciaire.

Les squatteurs (Ndlr : dont certains étaient déjà à l’origine du squat Le Pavillon Noir, boulevard Raymond Poincaré, sur la rive droite de Caen, dont ils avaient été expulsés à l’été 2010) n’acceptaient pas, notamment, que « des grands financiers et promoteurs agencent nos cadres de vie à leur guise »…

La justice avait été saisie par l’association L’Arbalète, qui représente les intérêts de la congrégation religieuse Notre-Dame-de-la-Fidélité, basée à Douvres-la-Délivrande, et propriétaire des lieux, inoccupés depuis plusieurs années. Une plainte avait été déposée au commissariat de Caen, mais les squatteurs s’estimaient dans leur « bon droit », jugeant « insupportable » de voir des logements vides comme celui-ci, et ce, « depuis 2006 ! »

L’institut Saint-Joseph envisageait, un temps, de construire une école sur le site, mais le projet n’a jamais vu le jour.

Qui étaient ces squatteurs ?

Le collectif le Mât Noir regroupait environ 50 personnes. Il s’agissait « d’un rassemblement de personnes et de collectifs politiques réunis au sein d’une même entité autonome, afin de tenter une mise en pratique d’une critique globale de la société », décrivent-ils.

« Nous avions décidé d’occuper cette maison afin d’expérimenter collectivement des formes de vie plus libres (non marchandes et sans hiérarchie) et d’ouvrir des espaces de coordinations, de réflexions et de luttes, et ne plus payer de loyer (qui augmente de plus en plus comme la précarité) », poursuit un membre du collectif.

Ils dénoncent un monde « capitaliste, que ce soit par ses aspects économiques et sociaux de paupérisation de certaines classes en France, comme partout dans le monde ; ou encore par ses autres aspects oppressifs politiques, psychologiques, industriels, urbanistiques… et par ses répercussions sécuritaires et environnementales désastreuses ».

Ce squat de l’avenue de Creully, à Caen, était, pour eux, « un outil créé avec les moyens du bord arrachés à ce système, ouvrant des espaces et du temps pour réfléchir et lutter (…) S’y sont réunis divers collectifs qui luttent pour un monde émancipé de toutes oppressions dans lequel chacun avait réellement sa place et pouvait véritablement en jouir pleinement dans le respect de tous (Collectif radicalement anti-nucléaire, collectif médecine libertaire, assemblée libertaire, indignés…) ».

Des débats et des projections y ont été organisés (sur la révolte tunisienne, chilienne, sur le théâtre de l’opprimé indien…), et ce, « dans le but de développer un esprit critique, de donner des idées pratiques, d’informer, et de provoquer des liens entre les personnes », insistent-ils.

Des ateliers permanents (vélo, artistiques, repas partagés…) et des activités plus ponctuelles « ont aussi été mis en place dans l’objectif de se débrouiller, d’apprendre, de se détendre, de créer et de se rencontrer au maximum par soi-même, à notre manière, autrement que par la façon dont il nous est proposé habituellement de le faire dans telles ou telles institutions gérées par l’État et le capitalisme ».

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Comment réagissent-ils à cette expulsion ?

C’est « une tentative de nous bâillonner politiquement, mais d’autres espaces fleuriront, avec toujours ces mêmes convictions », annoncent-ils.

« Nous avons été évacués avant la fin de la trêve hivernale (…) Cette expulsion s’est faite à l’aide d’une compagnie de gardes mobiles, la Brigade anti-criminalité, la DCRI (anciennement Renseignements Généraux) et le tout sous l’œil d’une caméra afin d’enrichir les fichiers et d’intensifier le flicage. Les policiers n’ont pas hésité non plus à murer une maison avec les affaires des gens encore à l’intérieur », s’indignent-ils. (…)

« Une fois encore, l’État policier est intervenu pour protéger le sacro-saint droit de propriété » (…)

« Partout en France, des personnes ne correspondant pas au « bon » schéma du « bon » ordre social sont visées. Que ce soient les squats de sans-papiers, les squats politiques, les locations non payées faute d’argent, des yourtes posées sur des terrains. » (…)

« Partout en France, les lieux récupérés et permettant d’expérimenter d’autres rapports sociaux sont expulsés par des politiciens de gauche comme de droite. Nous ne laisserons pas faire et nous ne plierons pas face à la répression policière », écrivent-ils, annonçant une réunion, ce vendredi soir, « pour organiser la riposte ».

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Visiblement, peu ou pas de personne dormait dans ce squat, cette nuit… Pour Boru, qui réagit sur notre site internet, il s’agit de « 148 chambres stupidement gâchées par des personnes qui jouent au squatteur et rentrent chez papa-maman le soir venu », écrit-il. « N’aurait-il pas été plus judicieux d’essayer de loger un maximum de famille ou de personne à la rue (…) Et ce, à l’heure où le problème des logements inoccupés et des personnes mises à la rue devient un réel problème de société ? », s’interroge-t-il.

Nore, « un sympathisant du Mât Noir qui parle en son nom », explique qu’il y avait « quelques étudiants ou non, mais aussi des chômeurs et précaires de tous âges, des salariés et des retraités, et quelques voisins qui passaient ».

Ouvrir un hôtel pour les sans-abri ? Cela n’a pas été fait, répond-il, toujours sur notre site internet : « tout d’abord parce que nous n’en avions pas les moyens (physiques, moraux, etc.) et ensuite parce que nous n’avons pas pour vocation d’apaiser le malaise social que le système capitaliste a crée, c’est lui-même que nous voulons abattre ». « Faire l’assistante sociale, serait, en terme révolutionnaire, contre-productif », estime-t-il.

Leur presse (Côté Caen, 9 mars 2012)


Le squat politique autogéré évacué du 26, avenue de Creully à Caen

Le squat politique autogéré qui s’était installé dans une ancienne école privé, 26, avenue de Creully à Caen, a été évacué ce matin par la police et un demi escadron et gendarmes mobiles. « Mais personne ne dormait au squat cette nuit », explique un des membre du collectif politique. Les Caennais avaient connu un autre squat appelé le Pavillon Noir, sur la Presqu’île, ainsi qu’à La Guérinière le long de la voie du tram.

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Leur presse (Ouest-France.fr, 9 mars 2012)

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[Révolution égyptienne] À bas le pouvoir militaire

Égypte : heurts entre manifestants et soldats au Caire

Une centaine de manifestants opposés aux militaires au pouvoir en Égypte se sont heurtés vendredi à des soldats positionnés aux environs de l’ambassade des États-Unis au Caire.

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Les manifestants, dont certains scandaient « À bas le pouvoir militaire », ont jeté des pierres sur les soldats, qui les ont renvoyées.

Les militaires ont tenté de disperser la foule avant de reprendre leur position. Des civils se sont ensuite joints à eux pour lancer des pierres sur les manifestants.

En début de soirée, les violences s’étaient calmées. Les manifestants étaient moins nombreux mais restaient sur place, tout comme les soldats.

Plus tôt, deux groupes de civils s’étaient opposés à coups de pierres devant l’ambassade, selon des journalistes de l’AFP.

Le premier groupe, qui comptait dans ses rangs le présentateur de télévision Tawfiq Okasha, un partisan des militaires, exigeait l’expulsion de l’ambassadrice des États-Unis après le départ d’Égypte de 13 accusés étrangers, dont plusieurs Américains, dans l’affaire des ONG accusées de financement illégal.

Des violences les ont ensuite opposés à des manifestants hostiles au Conseil suprême des forces armées, à qui le président Hosni Moubarak a remis le pouvoir en démissionnant l’an dernier sous la pression de la rue.

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Dans la journée, environ 200 personnes ont manifesté sur l’emblématique place Tahrir, dans le centre du Caire, pour commémorer les violences qui y ont eu lieu l’an dernier.

Le 9 mars 2011 au soir, l’armée avait dispersé par la force un rassemblement place Tahrir et arrêté un groupe de manifestantes. Après avoir été battues, elles avaient été soumises à des « tests de virginité », une pratique qualifiée de torture et de violence sexuelle par des organisations égyptiennes et internationales de défense des droits de l’Hommme, comme Amnesty International et Human Rights Watch.

Pour Amnesty, le verdict attendu dimanche dans le procès du médecin militaire accusé d’avoir procédé à ces tests dira « si la justice militaire égyptienne est prête à offrir des réparations aux femmes victimes de violences de la part de l’armée ».

La justice égyptienne a déjà ordonné à l’armée l’an dernier de ne plus procéder à ces tests.

Amnesty a également appelé vendredi à l’ouverture d’enquêtes « impartiales et indépendantes » sur toutes les plaintes déposées par des femmes ayant fait l’objet de violences de la part de l’armée et des forces de l’ordre au cours de l’année passée.

Leur presse (Agence Faut Payer, 9 mars 2012)

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Anarchy In Sarkozie

Un manifestant violent en marge d’un meeting de Nicolas Sarkozy poursuivi en correctionnelle

Un manifestant de 19 ans, interpellé jeudi à Saint-Just-Saint-Rambert (Loire) pour avoir lancé des pierres sur les forces de l’ordre en marge du déplacement du président-candidat Nicolas Sarkozy, sera poursuivi en correctionnelle, a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Saint-Étienne.

Le jeune homme, remis en liberté vendredi, sera convoqué le 4 juillet devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne pour y répondre du chef de « violence sur agents de la force publique à l’occasion d’une manifestation », précise-t-on de même source.

Jeudi en fin d’après-midi, il faisait partie d’un groupe d’une soixantaine de personnes scandant des slogans hostiles à Nicolas Sarkozy, dont certains ont lancé de gros graviers en direction des forces de l’ordre alors que ces derniers les repoussaient à l’aide gaz lacrymogène.

Le jeune homme interpellé et placé en garde à vue arborait un tee-shirt noir avec la lettre « A » inscrite dans un cercle, symbole de l’appartenance au mouvement anarchiste.

Inconnu de la justice, il effectue actuellement un service civique au sein d’une collectivité territoriale de la plaine du Forez.

Leur presse (AP, 9 mars 2012)

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[Révolution tunisienne] Reprise des sit-in dans le bassin minier et affrontements à Tataouine

La reprise du travail au sein de l’usine d’El M’dhilla de production des engrais chimiques relevant du Groupe chimique tunisien n’aura duré que 24 heures. L’activité au sein de cette unité a été, à nouveau, suspendue, jeudi.

Des travailleurs de la société de l’environnement à El M’dhilla ont empêché les ouvriers de cette usine, qui vient juste de reprendre son activité après une interruption de trois mois, de rejoindre leurs postes de travail.

Les protestataires revendiquent, notamment, de changer la nature des sociétés de l’environnement créées par le GCT, dans le bassin minier, fin 2011 et de bénéficier d’une majoration salariale et d’une couverture sociale.

Pour sa part, le directeur général adjoint de la compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) a indiqué, à la correspondante de la TAP dans la région, que l’échec des négociations qui ont eu lieu, récemment, au ministère de l’industrie et du commerce à Tunis avec une délégation représentant ces travailleurs, est à l’origine de la reprise, depuis trois jours, des protestations et des sit-in dans le bassin minier.

Il a indiqué que ces protestations ont totalement paralysé l’activité des laveries et des unités de production du phosphate commercial à Métlaoui, Om Larayes, Mdhilla et Kef Eddour, les manifestants ayant suspendu l’approvisionnement des laveries de la compagnie en eau. Il s’agit des laveries de Métlaoui, Kef Eddour et Kef Chefayer. (…)

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 9 mars 2012)


Les commerçants de carburant de contrebande en provenance de la Libye se sont réunis ce matin [lundi 5 mars] devant le local du gouvernorat de Tataouine en protestation contre la fermeture des passages frontaliers. Radio Tataouine rapporte que comme les commerçants n’ont aucune autre source de revenus, ils ont exigé la réouverture des frontières afin qu’ils puissent se livrer, de nouveau, à leur commerce et nourrir leur familles.

Publié par des ennemis de la révolution (Tuniscope, 5 mars 2012)


Deux soldats ont été attaqués, jeudi à Tataouine, lors d’un mouvement de protestation de commerçants d’essence de contrebande de Libye. Plusieurs suspects ont été arrêtés.

Les troubles ont été déclenchés jeudi dans la région suite à l’interdiction de la commercialisation de l’essence de contrebande de Libye.

La situation a dégénéré et des pneus ont été incendiés devant le siège du gouvernorat et au centre de la ville.

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 9 mars 2012)

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[Union de la Mafia Présidentielle] Roberto Saviano : « Voilà ce qu’est la France, aujourd’hui : un carrefour, un lieu de négociations, de réinvestissement et d’alliances entre cartels criminels »

Roberto Saviano : « Nicolas Sarkozy et la France semblent indifférents au problème de la Mafia »

Dans Le combat continue (Robert Laffont), l’auteur du formidable Gomorra persiste et signe, dans sa volonté de « résister à la Mafia et à la corruption ». Sa préface s’interroge sur l’inattention de la France au problème. Extraits.

(…)

Un boss arrêté à Eurodisney

Nous sommes en 2004, et don Vincenzo vit à Eurodisney, non loin du château de la Belle au Bois Dormant. Pendant la journée, il croise les personnages de Disney, Mickey et Minnie, se fait photographier à leur côté et envoie les photos en Italie, à Naples, à ses enfants. Peut-être ces derniers le rejoignent-ils parfois, mais l’enquête ne dispose d’aucun élément à ce sujet. Durant cette même période, des policiers français, sur les traces d’un groupe de Sénégalais qui recyclent des diamants en les échangeant contre de la cocaïne, sont alertés par la présence fréquente de ces trafiquants à Eurodisney.

C’est ainsi que, les ayant pris en filature — l’un d’eux était en possession d’un passeport diplomatique sénégalais — ils tombent sur Vincenzo Mazzarella, considéré comme un représentant éminent du clan camorriste homonyme, qui sévit à Naples et dans sa province. Mazzarella fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour association de malfaiteurs à caractère mafieux, blanchiment et un certain nombre d’autres délits. Au moment de son arrestation à Eurodisney, Vincenzo était l’un des boss les plus importants de Naples, et les investigations ont démontré qu’ils contrôlait, par le biais d’investissements illicites et de prête-noms, plusieurs entreprises en charge de paris sur les matches de foot et sur d’autres événements sportifs, via Internet. Un réseau légal, ce qui laisse supposer — même si, sur le territoire français, ces activités n’ont pas donné lieu à l’ouverture d’une enquête judiciaire — l’existence de matches truqués, peut-être au niveau de la Ligue 2 et du championnat National.

La ’Ndrangheta aussi

Depuis les années 1980, la ’Ndrangheta aussi est active sur le territoire français. Les ’ndrine de Reggio Calabre recyclent de l’argent. Celles de la Locride, de Platì notamment, sont très impliquées dans le trafic de drogue. D’après le repenti Giovanni Gullà, chaque village de la Côte d’Azur possède un locale de la ’Ndrangheta. Les locali les plus importants sont ceux de Marseille, de Toulon et de Clermont-Ferrand. Dans le jargon de la ’Ndrangheta, le terme “locale” ne désigne pas un lieu, un restaurant ou un appartement, mais une organisation structurée qui agit sur un territoire donné.

En France, de nombreux ’ndranghetistes ont été arrêtés : Paolo De Stefano, chef du clan homonyme, l’un de ceux qui ont contribué à transformer la ’ndrangheta, phénomène à l’origine rural, pour lui donner une dimension industrielle ; Domenico Libri, dit “Don Mico”, arrêté à l’aéroport de Marseille le 17 septembre 1992 ; le tueur mafieux Natale Rosmini, dit “Pluis”, arrêté à Vintimille, et Luigi Facchineri, recherché sur la Côte d’Azur pendant des années avant d’être arrêté à Cannes en 2002.

Liens avec la mafia sicilienne

Les liens avec la mafia sicilienne ne manquent pas. En juin 2010, à Marseille, a été arrêté Giuseppe Falsone, “superboss” de la mafia d’Agrigente, qui figurait sur la liste des trente mafieux les plus recherchés. Falsone avait eu recours à la chirurgie esthétique ; en garde à vue, face à la police marseillaise, il niait toujours être le “superboss” recherché. Il se trouvait en France pour y ouvrir une entreprise de construction. Les entreprises locales sont en proie à des difficultés grandissantes : en manque de liquidités, les banques hésitent à leur accorder des prêts, ouvrant la brèche à des organisations criminelles qui s’y engouffrent avec de l’argent liquide, pour faire fructifier leurs affaires. Giuseppe Sardino, bras droit et pourvoyeur de Falsone, révélera par la suite aux magistrats que le “superboss”, surnommé le “comptable” circulait toujours armé et ne se séparait jamais de son téléphone portable et de son ordinateur. Dans son attaché-case, il avait toujours une Bible et des textes de philosophie.

Depuis que l’Afrique — aujourd’hui, en jargon criminel, on parle d’ “Afrique blanche” — est au centre du trafic de cocaïne, la France joue un rôle essentiel dans le transit des cargaisons. Ferdinando Cifariello, l’un des chefs les plus importants du clan camorriste Di Lauro — clan impliqué de longue date dans le trafic de cocaïne et désormais démantelé, après une série de règlements de compte et d’arrestations — s’était ainsi installé à Nice. Grâce au rôle joué par les anciennes colonies françaises africaines dans le trafic de cocaïne, la France est devenue, dans ce domaine, un carrefour et un débouché essentiel, en concurrence avec l’Espagne.

Le gouvernement de Nicolas Sarkozy se focalise sur la microcriminalité

La France et l’Espagne sont inondées par l’argent de la drogue ; mais la France, pour des raisons difficiles à comprendre [sic], investit très peu dans la lutte contre les organisations criminelles. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy semble être pratiquement indifférent à ce problème : l’attention se focalise sur la microcriminalité, ou sur une criminalité organisée, mais non mafieuse, sur le problème des banlieues, et les projecteurs n’ont pratiquement jamais été braqués sur les trafics des organisations criminelles. La France commence toutefois à payer son indifférence. La crise a érodé tous les garde-fous, et les capitaux mafieux peuvent désormais s’attaquer à l’État et aux entreprises. En dépit des efforts de la police française, la classe politique demeure profondément myope ; elle ignore le problème criminel, car elle ne le perçoit pas comme une urgence sociale. L’attention est sporadique, et, le cas échéant, ces faits sont relégués à la rubrique des faits divers. Trafic de drogue, homicides, hold-up.

Pourtant, l’histoire de l’économie française est fortement liée au pouvoir économique criminel. En France, la cocaïne ne doit pas être considérée uniquement sous l’angle de la consommation et de la toxicomanie : la coke est un carburant, le “white oil”, comme l’appelle désormais la mafia nigériane. Paris, Versailles, Marseille, Bordeaux, Dijon, Lille, Lyon, Reims, Rouen, Strasbourg, la Bretagne, le Languedoc, sont des territoires et des régions vers lesquels convergeaient, dans les années 1990, de grosses cargaisons de drogue, et où ont eu lieu des prises importantes.

La France, le pays où la cocaïne est moins chère

En novembre 2011, 500 kilos de cocaïne ont été découverts et saisis alors qu’ils entraient en France ; ils provenaient de Guadeloupe, donc, d’un territoire français d’outre-mer. Les dossiers relatifs au trafic de drogue, établis par la police française, évoquent les itinéraires empruntés : en provenance d’Afrique équatoriale, via le Mali, la cocaïne arrive en France. Elle provient également de Guinée-Bissau — un territoire pratiquement colonisé par les narcotrafiquants mexicains et colombiens — et la synergie entre la Guinée-Bissau et la France a donné naissance à une structure criminelle qui parvient à placer, sur le marché français, jusqu’à 20.000 doses qui seront vendues 50 euros l’unité. Un tel prix rend la France compétitive en matière de vente au détail, par rapport au reste de l’Europe. Ici, il est possible de trouver la meilleure coke, aux tarifs les plus bas.

[…]

Voilà ce qu’est la France, aujourd’hui : un carrefour, un lieu de négociations, de réinvestissement et d’alliances entre cartels criminels. D’alliances entre des cartels criminels et des entrepreneurs qui tirent profit du trafic de stupéfiants, qui fraudent et recyclent, grâce aux organisations criminelles. En France, il n’existe aucun contrôle sur l’argent recyclé, qui est introduit dans le système bancaire. La seule tentative réelle d’affronter le phénomène criminel sur le plan international, et pas seulement comme s’agissant d’un problème qui ne concernerait que la police, remonte aux années 1980. Je veux parler de la MILDT, “Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie”, créée par François Mitterrand ; son objectif n’était pas seulement répressif, mais aussi, et surtout, préventif.

En France, aujourd’hui, c’est une action coordonnée qui fait défaut : celui qui s’engage dans cette voie-là risque fort de se trouver isolé. Et malgré la grande proximité que j’ai souvent constatée, entre les spécialistes des questions criminelles et les policiers français, il est évident que les outils sont inexistants, et les investissements très insuffisants.

Leur presse (bibliobs.nouvelobs.com, 8 mars 2012)

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Résistons ensemble n° 106 – mars 2012

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Résistons Ensemble.

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Dimanche 11 mars 2012. Journée d’action contre les lignes THT et RTE

À Villedieu (50), Ernée (53), partout en France et même ailleurs

Déchaînons-nous contre la ligne THT Cotentin-Maine :
Journée d’action contre les lignes THT et RTE.

Deux points de RDV publics sont organisés pour celles et ceux qui souhaitent se retrouver pour agir ensemble, l’un en Mayenne sur la place de l’hôtel de Ville de Erné et l’autre dans la Manche sur le parking de l’HyperCasino (sortie 38 de l’A84) à Villedieu.

APPEL DE L’ASSEMBLÉE DU CHEFRESNE :
RÉSISTONS À LA LIGNE THT COTENTIN-MAINE

Depuis sept ans, des dizaines de milliers de personnes (de la Manche, de la Mayenne, de l’Ille et Vilaine et du Calvados) vivent avec l’épée de Damoclès d’une ligne Très Haute Tension programmée pour être installée de Raids (50) à Beaulieu (53).

Depuis décembre 2011, les chantiers de pylônes ont démarré et avec eux la violence d’État et de RTE (signatures forcées, travaux de destruction engagés légalement ou pas, etc…). Face à cette situation, nombre d’individus ont décidé que l’heure était à l’action directe pour tenter d’enrayer ce « rouleau compresseur » et appellent chacun à y participer avec les moyens qu’il jugera bon pour nuire matériellement à l’avancée du chantier. Si nous sommes contraints à ces pratiques c’est que l’opposition populaire à ce projet n’a, depuis que le projet est connu, rencontré uniquement que mépris et arrogance de la part de l’État et de RTE. Chacun aura compris qu’il n’y avait rien à attendre de ces institutions. C’est seulement en s’organisant par nous-mêmes avec nos moyens que nous pourrons freiner la toute puissance de l’État. Les habitants du Val Susa en Italie, qui luttent contre la construction de la ligne TGV Lyon-Turin, l’ont compris depuis longtemps. Ils arrivent pour l’heure à freiner sérieusement la destruction de leur vallée.

Depuis le 14 janvier 2012 et la réunion publique de Coutances, qui faisait suite à l’action de perturbation du convoi de déchets radioactifs de Valognes, une assemblée s’est constituée autour du village du Chefresne (50), terre de résistance depuis des années à ce projet de ligne THT. Cette assemblée, composée autant d’habitants proches du projet que d’individus en lutte contre toutes les politiques de gestion de nos vies par l’aménagement des territoires, assume entièrement l’héritage de l’action de Valognes, autant sur les pratiques de luttes, les formes d’organisation que sur le sens politique de ces luttes.

L’actualité nous montre avec bonheur que personne n’a attendu la constitution de cette assemblée pour agir sur le terrain. Déjà quelques pylônes déboulonnés, des engins en panne, des piquets de signalisation des chantiers systématiquement enlevés… Si les chantiers avancent bien trop rapidement, chacun peut constater que la panoplie des actions de nuisances reste ouverte et que les effets ne sont pas négligeables. L’État et RTE savent désormais que leur arrogance n’a d’égal que notre détermination.

Si l’assemblée du Chefresne entre aujourd’hui en résistance ce n’est pas seulement contre les dégâts sur la santé que RTE reconnaît implicitement en rachetant les maisons à moins de 100 m de son réseau THT. Ce réseau THT est intimement lié à la production nucléaire et assumé comme telle par EDF justifiant cette ligne THT par l’EPR en construction. C’est donc également une résistance à l’industrie nucléaire que nous poursuivons aujourd’hui. Mais ces lignes THT et la centralisation de la production électrique dont elles sont la résultante ont également une autre signification. Avec la multiplication de ces projets en France et en Europe, nous savons aujourd’hui que l’État et l’industrie ont décidé de faire de l’électricité un marché spéculatif international se donnant les moyens d’un réseau international de distribution pour vendre l’électricité de l’EPR au Maroc, en Angleterre ou ailleurs. On est bien loin du souci affiché par EDF de sécuriser la distribution en France et notamment dans l’Ouest. C’est donc aussi contre la démence productiviste et le règne de l’économie que nous rentrons en résistance.

Si ce qui se vit aujourd’hui du côté de la Manche et de la Mayenne trouve écho chez les opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes, à la centrale à gaz du Finistère, à la ligne TGV Paris-Cherbourg, c’est que nous partageons le sentiment d’une même dépossession face à la gestion de masse dont participent ces projets d’aménagement des territoires.

Ce que nous a appris l’action de Valognes de fin novembre c’est que lorsque de la détermination se double d’une organisation collective horizontale (autrefois nommée démocratie directe), ce que nous récoltons n’est pas seulement de la confiance et de la force, c’est aussi le sentiment profond de reprendre nos affaires en main. Quelle meilleure réponse aux expropriateurs de nos vies et aux aménageurs de notre survie ?

La présente assemblée se veut être un soutien (plus que nécessaire) pour les habitants et habitantes qui se trouveraient démunies face au travail de destruction qu’effectue RTE contre ce qui a été, pour elles et eux, des lieux dans lesquels il et elles ont toujours vécu et/ou travaillé. L’assemblée souhaite accompagner leur colère et les prémunir de tout acte de désespoir qui pourrait s’ajouter à leur sentiment d’impuissance, et souhaite également effectuer un travail d’information de la population contre la propagande produite par RTE quant à l’avancée, soi-disant sans « incidents », des travaux. L’assemblée souhaite la réappropriation de cette lutte par la population afin qu’elle y participe activement, et souhaite travailler contre toutes les formes de résignation.

Afin que les habitants et habitantes ne se sentent pas dépossédé-e-s de la lutte, ils et elles seront informé-e-s, par le biais des affichages, des prochaines dates auxquelles se réunira l’assemblée. Le collectif se veut ouvert à toutes les initiatives et à toutes les personnes souhaitant s’informer ou participer à cette lutte.

L‘assemblée refuse toutes formes de récupération politique. Toutes les initiatives ne devront, en conséquence, afficher aucune appartenance politique ou syndicale.

L’assemblée assumera toutes les formes d’actions, sans distinction de leur « violence », tant qu’elles n’atteignent pas l’intégrité physique des personnes travaillant à la construction ou à la protection des lignes. Qu’elles soient produites par les habitants de la région ou les personnes venant de l’extérieur, les actions seront assumées également. Le Collectif veut éviter les rivalités, peu constructives, entre des locaux et des non locaux.

NI RÉSIGNATION, NI COMPROMIS, SABOTONS LE CHANTIER DE LA THT

L’assemblée du Chefresne, le 4 mars 2012

Contact – Infos : valognesstopcastor.noblogs.org et stop-tht.org

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Un « barbare » agressé par le gérant d’un U Express

12 septembre, 11h30, magasin U Express de Beaucaire (30), il y a du monde aux caisses. Vido remarque, rigolard, qu’avec 2,7 milliards d’euros de bénéfices reversés aux actionnaires, le groupe U pourrait se permettre d’embaucher plus de personnel. Quand le tour de Vido arrive, le gérant du magasin, visiblement énervé par ces propos, refuse d’encaisser et reprend la marchandise. Vido tente de récupérer son repas de midi, le gérant s’interpose, le panier tombe par terre et l’emballage de la barquette d’échine de porc explose ! Vido, blasé, sort du magasin, poursuivi par le gérant qui lui réclame le prix de la viande soit 5,95 euros et tente de le bloquer en lui demandant de le frapper. Abasourdi, Vido s’en va. Le gérant, abandonnant caisses, clients et magasin, lui emboîte le pas en téléphonant aux flics. Ils déboulent en moins de cinq minutes et embarquent Vido. Sa déposition enregistrée, on lui demande de se soumettre au relevé signalétique (empreintes digitales et photos). Vido refuse. Il ressort du commissariat muni d’une convocation au tribunal pour dégradation et refus de se soumettre au relevé signalétique « nécessaire à l’alimentation et à la consultation des fichiers de police… »

Un gérant de magasin, probablement quelque esclave franchisé, épuisé par le stress,  pète un plomb tant il s’identifie au groupe commercial qui l’exploite. Les flics embarquent Vido d’office : son aspect et son accents barbares en font un client idéal. Le procureur, malgré l’absence de plainte du gérant (et pour cause…) renvoie Vido devant le tribunal. Une blague ? Non, on assiste juste, poussé au ridicule, à l’application d’une logique sécuritaire et policière, basée sur l’exploitation, le contrôle, la discrimination. Cette situation grotesque n’est pas un « bug » du système judiciaire. Les salles d’audiences du tribunal sont pleines de laissés pour comptes, de pauvres, d’immigrés, chair à justice de la machine à ficher et à punir. On se fout pas mal de savoir si les victimes de cet État sont « coupables » ou non. Les crimes et délits sont taillés sur mesure par un système social, économique et politique qui nous broie tous au quotidien et dont la Justice n’est que l’un des rouages.

La chasse aux pauvres, le contrôle au faciès, le fichage généralisé, ça suffit ! Ne nous laissons plus faire. Ne restons pas seuls face à la machine judiciaire. Soyons solidaires.

RDV au tribunal de Nîmes le vendredi 16 mars à 9h
Spectacle assuré !

Support by Kalimero sous le soleil (Collectif contre la répression)

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[Révolution syrienne] Morituri te salutant

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A child flashes the V-sign for victory as a rebel of the Free Syrian Army is seen in the Syrian village of Jussiyeh March 6, 2012, just across from Lebanon's eastern Bekaa region.

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Demonstrators protest against Syria's President Bashar Al-Assad in the town of Hula near the city of Homs March 5, 2012. The placard read "Hula salutes the Saudi stand with the Syrian revolution".

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A child holds up a placard during a demonstration against Syria's President Bashar Assad in the town of Hula near the city of Homs on Monday. The placards read "Oh world, listen, we will topple the regime with or without you."

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A man teaches Bilal, 11, how to use a toy rocket propelled grenade in Idlib, north Syria, Sunday, March 4, 2012.

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A girl whose father was killed during the recent shelling on the Bab Amro district holds a placard at a protest against Syria's President Bashar al-Assad in Al Qusour, Homs March 3, 2012. The placard reads, "The hypocritical international community wants to send aid to Bab Amro. Where were you oh traitors, when the barrage of shells did not stop for 27 days?"

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Demonstrators protest against Syria's President Bashar Al-Assad in Marat al-Numan near the northern province of Idlib March 2, 2012. The bannr reads, "The children Marar Al-Numan, sacrifice our lives for you Bab Amro".

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Demonstrators gather during a protest against Syria's President Bashar al-Assad, after Friday prayers in Yabroud near Damascus March 2, 2012.

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A boy shows empty shells and cartridges after government forces shelled Sermeen, Syria February 28, 2012.

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Children take part in a protest against Syria's President Bashar al-Assad in Kafranbel, near Idlib, Feb. 27. The writing on the girl reads: "Freedom, leave."

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"Step down the regime" … a girl, with this slogan written on her palms, takes part in a protest against Syria's President.

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(s.d.)

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Children chant slogans during a demonstration against President Bashar al-Assad in Hazzano, Idlib province March 2, 2012.

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[Vocations] Le profil du postulant policier

[Bruxelles] Plus de 84% d’échecs pour les candidats policiers

Alors qu’elle compte six zones bruxelloises en manque d’effectifs, la police éprouve énormément de mal à recruter.

Selon Charles Picqué, ministre-président de la Région, 12.000 candidats en moyenne se présentent chaque année aux épreuves mais le taux de réussite oscille seulement entre 10 et 16%, peut-on lire mercredi dans La Libre Belgique et La Dernière Heure. Les aptitudes cognitives éliminent en général 45% des postulants, tout comme l’épreuve de personnalité. (…)

Leur presse (LeVif.be, 7 mars 2012)


[Genève] « La police a besoin de colosses »

Le lieutenant-colonel Alain Bergonzoli va s’occuper de la formation des policiers genevois. Il nous dit ce que doit être le policier d’aujourd’hui. Rencontre à l’Académie de police de Savatan.

(…) Il faut arriver à comprendre pourquoi Genève n’arrive pas à trouver des candidats. (…)

Comment expliquer qu’un jeune avec une matu ne réussisse pas son examen de français pour entrer à la police ?

Si c’est vrai, c’est incompréhensible. Je ne suis pas encore arrivé à Genève mais l’idée est, peut-être, d’avoir des cours préparatoires de culture générale, de civisme et de français. Une préparation spécifique comme pour entrer à l’École hôtelière, par exemple.

Reste que le métier de policier ne fait quand même plus rêver…

Il faut sortir de cette spirale négative qui a une influence sur l’engagement. En Suisse, contrairement à la France, nous ne sommes pas très cocardiers. Mais ne pourrait-on pas institutionnaliser la reconnaissance professionnelle et introduire une culture du mérite, en décernant des distinctions et des citations, par exemple, aux policiers qui ont arrêté les agresseurs de la septuagénaire de Chêne-Bourg quelques heures seulement après qu’elle a été attaquée à son domicile ?

Pour vous, que doit être un policier ?

On a besoin de gens bien dans leur tête, aptes à répondre aux situations les plus sensibles. Chacun son métier. Les pasteurs ou les curés ont le leur, les policiers aussi ! On va me prêter l’image du casque et du bouclier, j’assume. Et puis je ne parle pas de Rambo mais de gens forts dans leur tête, à l’image des colosses ! (…)

Leur presse (Valérie Duby, LeMatin.ch, 6 mars 2012)

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[Stop THT] Les petites mains ont encore frappé !

Un train de déchets radioactifs hollandais vient de traverser la France, de Lille à Valognes. La SNCF a, de nouveau, dissimulé son trajet à toutes les municipalités, et de fait à la population riveraine, afin d’éviter toute mobilisation hostile.

Si la SNCF, Areva et consor ont réussi sur ce (bas) coup, ils ne peuvent surveiller tous les pylônes en (difficile) construction de la (feu) future ligne THT Cotentin-Maine, ni les lignes existantes. Or, de toute évidence, sans THT, point d’EPR à Flamanville. Train de déchets, lignes THT, centrales nucléaires sont les cibles les plus emblématiques des opposant-e-s à la société nucléaire.

En ce jour d’un énième passage de convoi radioactif, des petites mains ont décidé de déposer des boulons, provenant de pylônes de ligne très haute tension, devant le siège de la filiale d’Aréva (Euriware) à Saint-Grégoire (35).

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Ni THT, ni EPR, ni Castor ! Guerre au nucléaire et son monde !

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À Paris, le siège de la RAI occupé en solidarité avec le mouvement NoTAV

7 mars.

Aujourd’hui, à midi nous sommes entrés au siège de la RAI à Paris, et l’avons occupé symboliquement pour protester contre la manière dont les grands médias italiens, y compris la RAI, participent à la criminalisation du mouvement NoTAV, sans jamais donner d’espace aux raisons qui poussent tant de monde, dans le Val di Susa, mais pas seulement, à s’opposer à des travaux non seulement inutiles mais nuisibles.

Une fois à l’intérieur nous avons demandé et obtenu que le fax du siège de la RAI publie un texte écrit par nous, que nous reproduisons ci-dessous. L’action intervient quelques jours après le rassemblement de samedi, où une centaine de manifestants se sont retrouvés devant le Centre Pompidou en signe de solidarité avec le mouvement italien NoTAV, puis sont partis en une petite manifestation jusqu’à la Place du Châtelet.

Ci-joint le texte publié.

De Lyon à Athènes, en passant par Turin

Si nous sommes ici aujourd’hui, ce n’est pas parce que nous manquons de luttes « chez nous », mais parce que le NoTAV est une belle histoire et, comme l’on dit dans le dialecte hybride italo-français de la vallée, « une fa piasi cuntela » (ça nous plaît de la raconter).

L’histoire débute il y a 20 ans lorsque quelques centaines de personnes ont commencé à s’organiser pour dire non à un projet inutile. Elle se poursuit aujourd’hui avec un peuple en lutte, dans toutes les régions de l’Italie, qui est en mesure de mettre en crise les processus de décision de la politique institutionnelle. L’histoire NoTAV est l’histoire d’un petit groupe d’« irréductibles » qui, grâce à leur obstination et à la force de leurs idées, devient de plus en plus grand et veut ruiner les plans mis en œuvre par le gouvernement toujours plus orientés vers la spéculation financière et aveugle aux exigences populaires.

Le peuple NoTAV, à partir de l’année 2000 jusqu’à aujourd’hui, a tant de batailles épiques à raconter (comme la libération de Venaus en 2005, la manifestation avec 70.000 personnes qui ont traversé la vallée…), tant d’histoires tristes (comme celle du suicide / homicide en prison de Sole et Baleno, celle du G8 à Gênes, celle de la violence des bulldozers et de la police). Les personnes âgées et les familles présentes dans les campements de défense du Val Susa peuvent raconter comment la vallée avait construit un nouveau type de socialité et de démocratie réelle et qu’aucune évacuation ne pourra jamais éliminer. Ils peuvent aussi décrire la confluence et la résonnance qui se sont construites dans les luttes pour les biens communs (pour l’eau publique, contre le nucléaire).

Le mouvement NoTAV a su sortir des vallées et parler à l’Italie (et aujourd’hui, nous voulons parler aussi à la France). Cela a été rendu possible parce que le mouvement NoTAV parle du gaspillage de l’argent public en l’insérant dans le débat actuel sur la dette et la crise financière. Le TAV est le symbole matériel de la volonté de faire payer la crise à ceux d’en bas, en défendant les intérêts des élites et les lobbies. Le Non au TAV est la réponse à ces classes politiques incapables de représenter nos besoins. C’est la réaction propositive à ceux qui, en Italie comme en Grèce et en France, parlent de sacrifice et d’austérité, en disant qu’il n’y a pas d’alternative et qu’il est nécessaire de les appliquer. Notre réponse à la logique de la crise se trouve dans ces équations, qui, clairement, n’ont pas besoin d’économistes pour les expliquer : 1 cm de TAV = 1 bourse d’étude, 1 m de TAV = 1 école, 1 km = un hôpital, etc.

Et même si les gouvernements, avec la complicité des médias et du pouvoir judiciaire, cherchent à nous arrêter, nous voulons réaffirmer, y compris à partir d’ici, que cela ne suffira pas. Ils ont essayé le petit jeu de la division, d’isoler « le bon grain de l’ivraie », mais le mouvement a démontré son unité et son intelligence en affirmant que derrière chaque acte de résistance nous avons toujours été tous présents que nous le serons toujours !

Le peuple NoTAV continue d’avancer la tête haute. Avec joie, sans peur, avec courage, sans crainte, avec force, sans panique, nous ne reculerons pas d’un pouce. Aujourd’hui, nous occupons le bureau de presse de la RAI à Paris pour joindre notre solidarité avec ceux qui depuis 8 jours consécutifs sont dans une mobilisation constante, dans la Vallée de Susa et dans toute l’Italie.

Nous voulons également signaler aussi que, de ce côté-ci des Alpes, un front du NON commence à prendre forme et à s’exprimer. En outre, ici comme en Italie, nous dénonçons une fois de plus le rôle des médias, qui ont décidé, dans cette bataille comme dans beaucoup d’autres, de rester du côté des intérêts politiques des palais, en participant activement aux mécanismes de la criminalisation et à la construction de la figure du terroriste.

NoTAV Paris

OCL, 7 mars 2012.

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[Les nouvelles des détenus politiques au Maroc] Journal de la torture d’Ezedine Erroussi

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331139611.jpgBonsoir,

Certainement, vous connaissez le Maroc qui ne brille pas que par son soleil. Derrière cette beauté naturelle se cachent des bagnes qui continuent à exister, encore actuellement, au vu et au su de tout le monde. Nous avons reçu et traduit la lettre ci-dessous du détenu politique Ezedine Erroussi, en grève de la faim depuis le 19 décembre 2011. Oui depuis plus de deux mois et demi. Torturé, blessé, harcelé. sa vie tient à un tuyau qui le transfuse et des piqures dont on ignore la nature. Il est en permanence entre l’Hôpital de Taza et la prison de la même ville, isolé du monde extérieur. Ces derniers jours, sa famille et ses amis ignorent où il est exactement.

Il a pu trouver la force pour écrire au monde extérieur, peut être pour une dernière fois. Nous vous sollicitons de bien vouloir nous aider pour le libérer en informant largement vos amis, connaissances, élus, journalistes, tout le public de sa situation,

Nous faisons appel à votre conscience de citoyen avant tout, pour diffuser la lettre d’Ezedine et ses nouvelles, afin de lui sauver la vie.

D’autres prisonniers politiques sont à plus de quarante jours de grève de la faim, depuis le 23 janvier 2012, dans la prison de Ain Kadouss à Fès : Mohamed Ghloud, Mohamed Zghdidi, Mohamed Fetal et Ibrahim Saidi, tous des étudiants militants de l’UNEM enlevés et incarcérés depuis plusieurs mois sans jugement ; d’autres sont en grève de la faim à la prison de Taza, Errachidia et ailleurs. Un mouvement de grève de la faim dans les prisons du Royaume, ami de la France, la Haute France.

Veuillez, agréer, madame monsieur, nos salutations distinguées.

Moha Oukziz, pour le comité de soutien, 5/2/2012


LA LETTRE :

Ezedine ERROUSSI, détenu politique
Prison locale de Taza numéro d’écrou 7000096

Journal de la torture

Salutations militantes aux étudiants(tes),

Salutations à tous les nobles militants du Maroc blessé, Salutations de résistance à mes camarades de la prison de sinistre réputation Aïn Kadouss à Fès qui sont en grève de la faim à mes côtés depuis le 23/01/2012.

Salutations à tous les prisonniers politiques du Maroc notamment les prisonniers de la révolte de Taza la glorieuse avec, à leur tête, les grévistes de la faim depuis le 14/02/2012.
Salutations aux martyrs du peuple marocain qui resteront immortels.

Je vais parler dans ce qui suit de quelques épisodes de la torture que j’ai subie depuis mon arrestation. Ce récit ne sera pas exhaustif car mon état de santé s’est détérioré suite à ma grève de la faim et à mes va et vient entre l’hôpital et la prison. Pour ces raisons je ne peux pas relater tous les détails en vue d’informer l’opinion publique, tous les militants et les masses étudiantes et populaires. Je ne peux vous informer de tout ce qui a trait aux violations de mes droits commises à mon encontre par le régime en place.

J’en ai parlé auparavant en date du 09/01/2012 dans une chronique intitulée « chronique d’une torture » subie dans ma cellule.

Comme tout le monde le sait, j’ai été arrêté le jeudi 01/12/2011, quand les forces de l’ordre de tous bord sont intervenues alors que nous menions notre glorieuse bataille avec un cahier de revendications bien précises. La réponse du régime a été d’envoyer ses espions et ses agents pour épier nos actions. Les forces de l’ordre ont commis une boucherie à notre encontre. Elles ne cessent de militariser l’université et continuent à s’opposer violemment à notre mouvement contestataire, celui des étudiants et du peuple marocain en général.

J’ai été arrêté par trente agents répressifs, ils m’ont tabassé à coups de matraque jusqu’à ce que je m’évanouisse. Ils m’ont ligoté et tiré par les pieds jusqu’à la voiture blindée, stationnée devant la fac porte ouest du coté du cimetière. Là ils m’ont déshabillé. Ils ont commencé à m’insulter et à me frapper violemment. À plusieurs reprises, ils ont piétiné ma tête et mon ventre avec leurs pieds. Ensuite un des agents m’a mis un pistolet dans ma bouche en disant « une seule balle et c’en est fini de toi, les années de plomb ne sont pas terminées et tu verras les horreurs que tu n’as jamais vues depuis ta venue au monde ». Soudain, l’estafette blindée a redémarré, elle s’est arrêtée plus loin devant la station d’essence OL LYBIA qui est située en face de l’autre porte de la FAC du côté de l’institut de technologie appliquée. Les agents ont ouvert la porte de la voiture, j’ai vu des agents qui ont l’air haut gradés, ils étaient officiers, un des leurs a dit aux autres « voilà un de ces morveux qui vient de tomber » ; ils reprirent alors les insultes, les injures et les coups.

Après quinze minutes, je fus transporté au commissariat. À mon arrivée, ils m’ont poussé de toutes leurs forces. Je suis tombé par terre et mon visage s’est cogné. Ils ont ligoté mes pieds et m’ont roué de coups de pied. Ensuite ils ont bandé mes yeux, ils ont ligoté mes pieds et mes mains.

Ils m’ont fait rentrer dans une chambre et ont commencé l’interrogatoire. J’ai refusé de parler et j’ai gardé le silence. Alors un des agents a mis encore une fois un pistolet dans ma bouche et sur ma tempe, il m’insultait et me menaçait « je vais t’exploser la tête si tu ne parles pas ». J’ai quand même gardé le silence, alors ils ont commencé à arracher mes cheveux à tel point qu’il arrachait mon cuir chevelu. Les questions se sont concentrées sur des détails de l’organisation de la mouvance des basistes. J’ai gardé le silence et là, ils se sont tous mis à me tabasser. Ils se sont mis à me provoquer pour m’amener à parler. Comme ils n’ont pas réussi, ils ont repris la torture. Ils ont mis un torchon plein de boue et d’huile de moteurs dans ma bouche. J’ai failli m’étouffer car ils ont continué à me rouer de coups sur la totalité de mon corps surtout sur les parties sensibles. Tout ça était accompagné de provocations verbales et de mots injurieux. Face à mon mutisme, ils m’ont transporté dans la cave, là ils ont trempé ma tête dans un seau d’eau et la torture a continué longtemps à ce rythme. J’ai gardé le silence, ils m’ont alors tiré, ont mis ma tête parterre et ont compressé ma poitrine avec leurs pieds ; ils ont mis encore un torchon plein d’eau de la cuvette des WC sur mon visage et ma bouche. Cette torture a duré plus de six heures non-stop sans que je dise un mot. Ils m’ont alors transporté dans ma cellule. Là, ils m’ont déshabillé encore une fois, et ont refusé de me donner des couvertures avec le temps glacial qu’il fait à cette époque de l’année ; cette séance de torture a perduré pendant tout le temps que j’ai passé au commissariat. Ils me sortaient de ma cellule, j’avais les pieds et les mains ligotées avec les yeux bandés, ils me torturaient et me ramenaient de nouveau dans la cellule. J’avais refusé de parler et mon corps me faisait mal. Tout mon corps était dévoré de douleurs. J’avais les mains et les pieds cassés. Je ne savais pas ce qui était arrivé à mes mains, ils ne m’avaient pas amené à l’hôpital. Je ne pouvais pas bouger et des douleurs aiguës ravageaient mon corps. J’ai refusé de signer leur procès verbal (je ne savais pas ce qu’ils y avaient écrit.) Alors, ils se sont mis à me taper dessus, à me donner des coups de pieds, m’insulter et m’injurier.

Je n’ai pas signé et je ne sais pas s’ils ont signé à ma place.

Est-ce que c’est ça la constitution avancée, la constitution des droits et libertés, la constitution qui garantit les droits de l’homme et les droits des détenus, c’est ce qu’a promis le discours historique du 9 mars ?

Nous étions convaincus de la démagogie de ces étendards et nous ne nous sommes jamais leurrés. Seuls les ennemis du peuple marocain, tous les collabos et traîtres les ont applaudis.

La torture psychologique et physique épuisée, le régime en place a eu recours à d’autres méthodes plus perverses et plus criminelles, me sous-estimant et croyant que tous les Marocains sont du bétail. Le régime a même recours à des parlementaires et à des gens qui se prétendent des défenseurs des droits de l’homme et qui ont essayé d’influencer ma famille. J’ignore pour qui ils travaillent.

Dans le cadre de ces pratiques perverses, j’ai reçu, il y a trois semaines, la visite du procureur du roi en présence de mon père. C’était une tentative pour atteindre mon père psychologiquement : ils l’ont convoqué devant le procureur pour me faire du chantage. Ils m’ont promis une bourse permanente comme c’est dû aux étudiants sahraouis. J’ai obtenu le baccalauréat à Esmara dans le Sahara occidental ; j’y ai été scolarisé pendant six ans ; le procureur m’a également promis un droit de visite ouvert à tous mes amis et à tous ceux qui souhaitent me voir ; il m’a promis de me « choyer ». Il est allé loin dans le chantage en me promettant de me trouver un travail stable à condition que je mette un terme à ma grève de la faim, d’arrêter la fronde et de m’éloigner des contestataires.

J’ai refusé et j’ai réitéré ma demande de satisfaire les revendications des étudiants et de libérer les détenus politiques, seules conditions à laquelle je mettrai fin à ma grève de la faim. Il a répondu en s’adressant à mon père « regardez votre fils à qui j’ai voulu du bien, il gâche tout et me le rend en mal ». Mon père lui a répondu : « je préfère que mon fils meure plutôt que de vivre humilié, il sait ce qu’il fait, et si moi-même je faisais des études, j’aurais été avec lui ici en prison ».

Mercredi dernier, le procureur auprès de la cour d’appel de Taza est venu me voir avec d’autres illusions à me proposer ; Il m’a appelé « MONSIEUR ERROUSSI» et m’a demandé de rédiger une demande de grâce, seule solution, selon lui, pour ma libération.

J’ai répondu clairement que je n’écrirai pas de demande de grâce, je ne m’inclinerai pas, je ne baiserai pas leurs pieds pour ma liberté. Je ne solliciterai personne et je ne me soumettrai à quiconque, quelque soit son pouvoir.

Notre cause est juste et légitime. Nous seuls, les militants, nous décidons de nos outils démocratiques pour mener nos combats en face des politiques que mène le régime collaborateur, régime qui est contre les intérêts de la nation, anti-démocratiques et antipopulaires. Il sera toujours l’ennemi historique de notre peuple qui trime et qui, pourtant, souffre de la pauvreté et de la répression.

Jeudi dernier, évanoui, j’ai été transféré à l’hôpital régional « Ibn Bayah » comme ça s’est produit à plusieurs reprises. À mon réveil, j’étais crucifié comme le fut Jésus sur sa croix : ils m’avaient ligoté les pieds et les mains avec huit menottes. J’avais auparavant refusé la perfusion. Pour m’en administrer, ils m’ont ligoté. J’ai alors reçu trente sachets de sérum en soixante-douze heures à l’hôpital ; j’étais sous surveillance très rapprochée. Six personnes alternaient pour me surveiller, m’injurier, m’insulter, me provoquer et m’ajuster les menottes. Ils étaient en extase et jouissaient de leur toute puissance en me demandant « il ne veut pas mourir celui-là encore ! » Ils m’ont en outre envoyé un psychiatre pour me faire douter de mes capacités mentales.

À force d’ajuster mes menottes fortement, mes muscles ont été gravement abîmés et je ne peux plus bouger mes pieds.

Il est clair que le régime est dans l’impasse ; il s’acharne sur moi, en me maintenant en vie sous sérum. Tout ça pour briser ma volonté à mener ma grève de la faim illimitée. Jusqu’à quand le sérum me maintiendra-t-il en vie, jusqu’à quand j’aurai des veines et des vaisseaux sanguins pour continuer à me donner la vie ? Ceci ne durera pas longtemps dans quelques jours ce sérum n’aura plus d’effet ; j’indique aussi qu’on m’a administré des injections dont je ne sais pas l’intérêt ni le besoin. Actuellement, mon état de santé s’est détérioré, j’ai perdu vingt quatre kilos et les derniers jours je vomis et je pisse du sang. Je suis un cadavre couché jour et nuit.

Ce comportement est naturel au régime. Je ne m’attendais pas à des roses de sa part ni de jolis parfums. Ce régime ne peut offrir au peuple que plus d’appauvrissement et de liquidation.

Nous sommes convaincus que notre sacrifice jusqu’au dernier souffle n’est qu’une modeste participation à la libération de notre peuple. Nous offrirons notre vie pour notre cause.

Partant de nos convictions et de nos positions, la prison pour nous est la continuité de la lutte et non un moment de repos. Notre évaluation des expériences des détenus politiques dans notre pays, nous a appris que les quelques concessions que peut accorder le régime ne sont que des tentatives pour nous aliéner et nous dissuader de continuer notre lutte. Nous sommes en phase avec la conjoncture actuelle et nous nous inscrivons dans la voie de nos héros, de nos martyrs, des célèbres grévistes de la faim tel Belhouari, Saïda, Douraïdi, Chbada…

« Ici nous continuons la lutte, comme disait notre martyr Saïda, pour que personne ne se retrouve demain en prison. »

Notre objectif est d’abord de dénoncer les crimes du régime et sa nature antidémocratique. Nous ne faisons pas de la surenchère politique comme peuvent être accusés tous ceux qui ont comme ambition un changement révolutionnaire.

Loin de toute surenchère, ce sont mes convictions comme militant de la voie démocratique basiste. Je les défendrai jusqu’au dernier souffle. Aucune concession, aucun compromis avec ce régime qui tue, affame, spolie notre peuple depuis plus de cinq décennies, depuis l’indépendance formelle.

De là, je déclare à l’opinion publique nationale et internationale la continuité de ma grève de la faim illimitée jusqu’à la satisfaction des revendications des étudiants et la libération de tous les détenus politiques.

Je salue chaleureusement mes camarades de la voie démocratique à la prison de Ain Kadouss à Fès qui entament leur 28e journée de grève de la faim. Je salue également les prisonniers politiques et essentiellement les détenus de la révolte de Taza la glorieuse.

Je salue plus spécialement les grévistes de la faim de Taza. Je meurs d’envie de les voir, de les rencontrer, d’échanger des sourires avec eux et leur faire signe de victoire. Malheureusement, mon isolement en cellule, mon état de santé détérioré, mes va et vient entre l’hôpital et la leur isolement aussi, tout ça ne me permet pas de réaliser ce souhait.

Je salue tous les hommes et femmes dignes de ce pays blessé, ses révolutionnaires fidèles et tous les révolutionnaires du monde et des peuples qui se sont soulevés pour la liberté et la justice.

Je vous étreins, mes camarades de la voie démocratique, honorables de ce pays, je vous étreins dans ce long chemin de fidélité à nos martyrs, à notre histoire et à notre pensée de basiste. Oh combien je suis fier d’être de cette école révolutionnaire qui a tenu tête pour arriver à nos objectifs stratégiques : bâtir un régime démocratique au service des intérêts de notre peuple et de son épanouissement, débarrasser l’humanité de l’exploitation de l’homme par l’homme. Je sais, malgré tout, que le chemin est semé d’embûches, qu’il est dur. Je sais encore plus que notre peuple est généreux et qu’il y aura toujours des militants dignes pour continuer la mission. Certains tomberont et d’autres viendront pour continuer ce chemin aux côtés de notre peuple. Nous sommes convaincus de la victoire ;

Je salue toutes mes camarades, tous mes camarades qui luttent contre l’asservissement de notre peuple en ce moment historique du printemps arabe ; nous avons l’honneur de vivre cet instant historique et d’être de ces combattants. Je sais que tous mes camarades et tous ceux qui prennent part à cet instant, vont payer de leur personne afin d’offrir ce qui permettra à notre lutte de se radicaliser et d’avancer. Vous pouvez être fiers d’avoir été aux côtés du peuple dans sa révolte à Taza et dans toutes les régions de notre pays. Je n’omets pas de saluer tous ceux qui m’ont manifesté leur solidarité de près ou de loin, de l’intérieur ou de l’extérieur du pays ; tous ceux qui ont soutenu ma famille, en particulier les étudiants.

J’appelle tous les étudiants de Taza sans exception à participer au boycott des examens décidé le 21/02/2012 jusqu’à satisfaction de nos revendications ; l’essentiel est de satisfaire les revendications. Ma libération n’a pas d’importance, c’est ma conviction. Je vous assure que je continue la grève de la faim tant que nos revendications n’ont pas abouti. La lutte jusqu’à la victoire !

Je ne renonce à rien jusqu’à la mort et je reste optimiste jusqu’au bout. Ce ne sont pas les moyens militaires de pression qui vont vous terroriser ni les pistolets ni les armes des serviteurs du régime, ni même les matraques ni les arrestations qui vont vous faire peur.

Nous avons la foi dans les masses résistantes et militantes au sein du bastion rouge de Taza. Il se pourrait que ce soit la dernière force que j’aurai pour m’adresser à vous.

On est vivant si on mène une vie avec un objectif.

J’appelle les étudiants à boycotter les examens jusqu’à satisfaction des revendications.

Restez, restons toujours fidèles aux luttes jusqu’à la victoire ou la mort !

Probablement le 20/02/2012

Solidarité Maroc.

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Second Appel de Poitiers

Appel de Poitiers à une Journée nationale d’actions, le 17 mars 2012, contre la répression et les violences policières, et, entre le 10 et le 17 décembre 2011, à une initiative locale contre la répression sévissant à Toulouse

Le troisième forum antirépression organisé à Poitiers par le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux a rassemblé plus d’une centaine de personnes les 26 et 27 novembre. Après le bilan positif qui a été tiré de la Journée nationale d’actions faite le 19 mars 2011 à l’appel du deuxième forum antirépression poitevin, et alors que la multiplication des intimidations, violences policières, interpellations, condamnations de toutes sortes continuent de dessiner un peu partout un ordre policier généralisé, s’est imposée l’idée d’une nouvelle journée de mobilisation en France contre les politiques sécuritaires en cours ou à venir.

Les participant-e-s au forum de Poitiers appellent donc tous les collectifs et toutes les personnes luttant contre la répression à faire du samedi 17 mars 2012 une Journée nationale d’actions contre les politiques sécuritaires, au travers d’initiatives décidées localement, afin de faire connaître et de développer les diverses luttes existantes en favorisant leur coordination, et de construire une mobilisation contre toutes les formes de répression.

Les personnes assemblées lors du forum antirépression soutiennent également l’appel du Collectif liberté pour les inculpé-e-s du 15 novembre de Toulouse et ont décidé de le relayer pour multiplier les initiatives dans le cadre d’une semaine de mobilisation, du 10 au 17 décembre. Ce afin d’exiger, d’une part, la libération des quatre personnes mises en détention depuis le 16 novembre à la maison d’arrêt de Muret (sur l’accusation d’avoir mené à Labège, le 5 juillet dernier, l’action contre la Protection judiciaire de la jeunesse visant à dénoncer l’accentuation de la répression contre les mineurs) ; et, d’autre part, l’arrêt des inculpations pour ces personnes ainsi que pour une cinquième actuellement en liberté sous contrôle judiciaire.

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, 4 décembre 2011.

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[Paris] Assemblée Générale No-TAV/No-TGV !!!

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Assemblée Générale No-TAV/No-TGV, dimanche 11 mars à 18h30, Espace Louise Michel, 42 rue des Cascades, métro Pyrénées/Joudain, Paris.

No Tav France.

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La lutte contre la TAV représente aujourd’hui toutes les luttes

Il serait facile, aujourd’hui (28 février N.D.T.), de tomber dans de banals extrémismes bons peut-être pour attirer le consensus verbal de quelques-uns mais bien plus difficile à mettre en pratique. Mais ce qui s’est passé hier (la chute de Luca N.D.T.) représente le point exemplaire de non-retour. À peine deux jours plus tôt 100 mille personnes étaient descendues dans la rue, pacifiquement — tout à fait comme l’aime les libéraux — qui ont traversé la vallée de Suse. Camarades et citoyens provenant de toute l’Italie, mais surtout l’écrasante majorité de la population valsusaine. Sans divisions ni affrontements internes, non seulement toute la Vallée a manifesté son opposition à la construction du TAV, mais elle a aussi défendu et revendiqué les camarades arrêtés les semaines précédentes, sans distinctions ni prises de distances artificielles.

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Devant tout cela, la réponse de la politique a été de démarrer les expropriations, d’expulser le mouvement des espaces qu’il occupait, de mettre en route, sans médiations et en usant de la force, la construction du chantier. À peine démarrées les expropriations, survenait la tentative d’homicide de Luca Abbà. Sans même comprendre les conditions physiques de Luca, tous les politiques se sont empressés de nous rappeler que la construction de la TAV devait continuer et que bien sûr, cet accident ne ralentirait pas le parcours. La police a continué les évacuations, comme si rien ne s’était passé, comme on n’était pas entrain d’agir avec le poids d’un homme qui était, et qui, en train de lutter contre la mort.

Quoique synthétiquement décrits, les événements d’hier confirment diverses choses : par exemple, que la politique ne représente plus ce lieu de médiation où faire valoir ces rapports des forces sociales que nous cherchons de mettre en jeu chaque fois de manière pacifique et partagée. Samedi, dans le Val de Suse, il y aurait bien pu avoir trois millions de personnes à manifester, que ça n’aurait pas fait bouger d’une virgule les rapports de force présents sur le territoire, justement parce qu’il n’y a plus d’espace pour une médiation possible. La TAV n’est pas une question italienne, et encore moins peut-elle être évaluée par quelque gouvernant de cette province toujours moins importante de l’Empire. La TAV a été imposée par l’Europe, le Val de Suse n’est qu’un micro-territoire inconnu qui doit accueillir le passage d’une ligne à Grande Vitesse (et à Grands Profits) qui part de Lisbonne et finit à Kiev. En Europe, on ne sait même pas où est le Val de Suse, et aucune manifestation politique ne pourra changer les plans que le capital international a déjà arrêtés : éliminer les trains à vitesse normale, économiques et garantissant le libre déplacement des citoyens sur le territoire, pour les remplacer par des trains de classe, pour riches, superrapides et supercoûteux.

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Une autre chose que nous apprenons des événements entre samedi et aujourd’hui, c’est que la manifestation de la vallée a été fondamentale, elle a confirmé le cadre dans lequel nous pouvons intervenir. Elle a rappelé, si jamais il en était besoin, que sur ce territoire, le refus du projet européen de grande vitesse constitue une majorité numérique et culturelle. Mais une fois cela dit, les conditions changent. La manifestation a défini le terrain de légitimité, maintenant, il nous revient d’intervenir efficacement pour faire avancer la lutte contre la Grande Vitesse. Samedi, nous avons compris que nous sommes la majorité et que nous avons l’appui de la population valsusaine. Maintenant, nous devons transformer cet appui en une lutte victorieuse, pratiquer les objectifs adéquats, comprendre que la logique du nombre n’est pas la seule dans laquelle nous pouvons intervenir. La logique du nombre a un sens beaucoup plus élevé quand nous devons faire valoir notre rapport de force à l’intérieur de la médiation politique. Mais celle-ci n’existe plus.  Ce ne sont certes pas les partis parlementaires les interlocuteurs qui décident si on fait ou pas le TAV ; et si Monti est certainement quelqu’un qui a un pouvoir de décision, ce n’est pas pour son rôle de président du conseil italien, mais bien plutôt parce qu’il est un des pions fondamentaux du programme néo-libéral international.

La lutte contre la TAV représente aujourd’hui toutes les luttes.

Allons-y.

Traduit de l’italien (Militant, 28 février 2012) – No Tav France.

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L’occupation policière de la ZAD doit cesser ! Bref retour sur la bataille des Ardillières

Quelques nouvelles rapides de la ZAD :

Il y a actuellement besoin de soutien sur la ZAD pour tenir une maison investie par des copain-ne-s de la ZAD et des camarades de l’extérieur.

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Les flics sont venus à deux fois pour expulser les camarades, mais à chaque fois nous avons montré notre détermination à ne pas les laisser faire, et sommes revenu-e-s sur les lieux.

Nous étions à chaque fois entre 100 et 200 personnes à venir en soutien aux camarades et a nous opposer à la répression autoritaire des forces armées.

Des barricades, du harcèlement “gentillet” ou non… 🙂 , ainsi que notre présence active sur les lieux leur a montrés concrètement que la ZAD ne leur appartient pas; autant qu’elle n’appartient pas à Vinci, au Conseil général, aux autorités… mais bien à ceux/celles qui y vivent, la cultivent, la rendent vivante et qui souhaitent la préserver du bétonnage à grande échelle qui menace tous nos territoires !

Nous continuerons le combat quoi qu’ils fassent pour nous intimider : 14 camions de gendarmes mobiles mobilisés, de multiples charges, utilisation de gaz lacrymogène, 7 gardes à vue et plusieurs blessé-e-s…

Leur occupation policière doit cesser !

Réapproprions-nous collectivement la ZAD !

Venez nombreux/ses soutenir les occupant-e-s de la ZAD et les camarades d’ici et d’ailleurs qui participent à cette occupation !

Et pourquoi pas venir vous installer à votre tour, ne serait-ce que pour quelque temps !

Des membres du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL

N.B. : La maison occupée appartient au Conseil général (PS), et non à Vinci, puisqu’elle se trouve à quelques centaines de mètres de la ZAD et qu’elle serait concernée par les nuisances du projet d’aéroport.

Le Conseil général souhaite d’ailleurs porter plainte pour “les violences” (sic). Nous savons surtout que le Conseil général défend les intérêts de la multinationale Vinci pour qu’elle puisse tranquillement réaliser son projet et amasser du profit !

Mais nous ne les laisserons pas faire !

(…)

Indymedia Nantes, 7 mars 2012.

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[Italie forteresse] Évasion massive au CIE de Trapani

Vendredi 23 février il y a eu une grosse évasion du centre de rétention administrative de Trapani.

Pour le peu qu’on sait, tout aurait commencé par une émeute. Après avoir tenté de calmer les révoltés avec des coups, des lances à eau et des gaz lacrymogènes, la police a fini par se retirer. À ce moment-là, les premiers retenus qui étaient sortis des sections ont ouvert les portes aux autres.

Au final, il semblerait qu’ils soient une soixantaine à s’être évadés des horribles barreaux de cette prison.

Traduit de l’italien (Macerie, 25 février 2012) – liste Migreurop.

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[Bayonne] Les identitaires se réunissent, la police charge les antifas

Les Identitaires entraînent des échauffourées

Bayonne – Environ 80 personnes se sont rassemblées hier soir devant l’hôtel Amatcho de Bayonne où se tenait une réunion du Bloc identitaire (BI) dans une ambiance tendue après la visite de Nicolas Sarkozy (voir pages 2 à 4). Des échauffourées se sont produites entre policiers et manifestants antifascistes. Des jets de gaz lacrymogènes et des incendies de containers ont eu lieu. Au moins trois personnes auraient été blessées et il semblerait qu’il y ait également eu une arrestation.

Le Journal du Pays Basque, 2 mars 2012.


Rassemblement antifasciste : pas de bilan officiel

Le bilan du nombre d’arrestations et de blessés au cours des affrontements entre militants antifascistes et les forces de police, jeudi soir, à Bayonne, à l’occasion de la présentation de l’antenne locale du Bloc identitaire (BI), reste encore flou.

Alors que les premiers chiffres publiés (cf. notre édition d’hier) faisaient état d’une interpellation possible et de trois blessés, il semblerait que le bilan soit plus lourd. Les affrontements se sont en effet prolongés après le rassemblement, dans les rues du Petit Bayonne notamment, et place Saint-André.

“Je ne peux pas vous donner d’informations, décision de la hiérarchie”, indique-t-on au commissariat central de Bayonne, qui, contacté par téléphone, a refusé de nous transmettre son bilan des échauffourées.

Le groupe IparEH Antifaxista, organisateur du rassemblement, comptabilise, lui, les arrestations de trois personnes (une pendant le rassemblement, deux après : devant l’hôpital et place Saint-André), ainsi que quatre manifestants blessés, dont un par un tir de flashball. Il dénonce également “les provocations” des Identitaires qui auraient déposé des tracts devant l’appartement d’un antifasciste pendant la nuit, selon un membre du groupe.

Joint par téléphone, le Bloc identitaire, condamnant les agissements d’une “bande d’asociaux, de punks à chiens, crasseux, ridicules et malodorants”, déclare de son côté ne pas pouvoir fournir de bilan.

“Asociaux”

Jeudi, aux alentours de 19h30, 80 militants antifascistes environ s’étaient rassemblés au rond-point Saint-Léon de Bayonne dans le but de manifester contre la soirée de lancement de la branche locale du Bloc identitaire, qui se tenait non loin de là, à 20 heures, à l’hôtel Amatcho.

Le rassemblement, qui avait lieu quelques heures seulement après la visite de Nicolas Sarkozy à Bayonne, a rapidement tourné court laissant place à des affrontements entre antifascistes et forces de l’ordre venues en nombre.

Le Journal du Pays Basque, 3 mars 2012.


Bayonne : à l’assaut du Bloc Identitaire

Des « antifascistes » ont lancé jeudi des projectiles sur l’hôtel où était réuni le Bloc Identitaire. Trois personnes ont été interpellées.

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ll faut voir le voir pour le croire. La vidéo sur le blog des « antifascistes du Pays basque nord » offre un aperçu saisissant des affrontements qui ont opposé forces de l’ordre et militants antifascistes jeudi soir, à Bayonne, à proximité de l’hôtel Amatcho, au rond-point Saint-Léon. Ambiance rose fumigène, slogans criés, bannière « Euskal Herria Antifaxista », gaz lacrymogène, et coups échangés.

Un peu avant 20 heures, une dizaine d’individus appartenant au mouvement IPEH Antifaxista se sont regroupé devant l’hôtel où le parti politique le Bloc Identitaire organisait une réunion pour créer sa section Pays basque. Le groupe de manifestants a rapidement grossi. D’abord une trentaine, à s’organiser en deux groupes, puis une cinquantaine à sortir les cagoules. Le commissariat a alors déployé la Section d’intervention départementale (SID), preuve que l’ambiance était montée d’un cran.

Policier blessé

Selon la police, les manifestants ont jeté pierres et peinture sur la façade de l’établissement. Les forces de l’ordre les ont fait reculer. Plusieurs individus ont mis le feu à trois conteneurs poubelle. Un représentant des forces de l’ordre s’est retrouvé à terre, blessé suite aux affrontements. Un individu a alors été interpellé pour dégradation, violence contre personne dépositaire de l’autorité publique.

L’homme a été placé en garde à vue, puis laissé libre pour la poursuite de l’enquête. Né en 1981, il réside à Anglet, et il est sans emploi. Au total, la chaude soirée s’est soldée par trois interpellations. La police a identifié et interpellé le lendemain des faits un autre individu, qui avait jeté des pierres. Il fera l’objet d’une convocation par officier de police judiciaire (COPJ) ce mois. Né en 1992, il est sans emploi et connu des services de police.

« Prise de guerre »

Un troisième individu a été interpellé le soir même par la Brigade anticriminalité dans le Petit Bayonne, place Paul-Bert, où il tentait de mettre le feu à des poubelles. Il était détenteur d’une cagoule et de plusieurs briquets. L’homme né en 1982 est sans domicile et sans emploi. Il a été présenté samedi devant le magistrat et placé sous contrôle judiciaire. Il sera jugé ce mois à l’audience correctionnelle.

Les membres du Bloc Identitaire n’ont pas participé aux affrontements. Alain de Peretti et Christophe Pacotte, coordinateurs régionaux du parti politique étaient dans l’hôtel, avec une dizaine d’adhérents.

« Ce sont des punks à chien, crassouilles hirsutes, dont le cerveau est limité par l’usage de stupéfiants », lance Christophe Pacotte. Et encore : « Des asociaux. On est tombé sur des fous. » Alain de Peretti confie que la bannière des manifestants trône désormais dans le local du Bloc Identitaire à Bordeaux. « Une prise de guerre. »

Car après notamment Bordeaux, ou Pau, le parti politique entend bien transformer son essai d’implantation d’une section locale. Le Bloc Identitaire est classé à l’extrême droite de l’échiquier politique. Alain de Peretti, qui a été élu du Front national, le décrit comme porteur d’« un combat pour les identités ». « Le Bloc Identitaire ne rentre pas dans les classifications simplificatrices du passé (fasciste – antifasciste). »

Alain de Peretti entend bien vendre le label identitaire en Pays basque. « C’est une région à forte identité. Nous voulons apporter des réponses locales, dans le cadre d’une philosophie générale », prône le coordinateur régional.

« Tout le monde est d’accord que la politique, c’est du grand guignol. Les vrais sujets ne sont pas évoqués. Nous souhaitons établir une démocratie locale, par des votations, comme dans le système suisse. Si l’on organisait une votation sur la Ligne à grande vitesse, cela résoudrait tous les problèmes. »

Leur presse (Emmanuelle Fère, SudOuest.fr, 5 mars 2012)

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[Melbourne] Graffiti de solidarité avec le soulèvement grec


En solidarité avec le soulèvement grec et avec la détermination de faire en sorte qu’il touche nos villes également, des anarchistes ont peint quelques messages tard dans la nuit dans les environs de Northcote, à Melbourne.

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Sur la façade du bâtiment de la Fraternité Pankoaki (une assocation grecque nationaliste) a été inscrit : “Solidarité avec le soulèvement grec”.

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Sur le mur à côté, se trouve un message concernant la situation en Australie : “Vengeance pour Terrence D. Briscoe, feu aux prisons”, une référence au décès récent de cet Aborigène, tabassé à mort par la police pendant sa détention en garde-à-vue dans l’État du Northern Territory.

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Sur High Street, la principale rue qui traverse Northcote, les fenêtres de Byron Employment annoncent : “Derrière [avec] le mouvement, pas derrière le bureau”. Parce que nous voulons l’anarchie, pas l’esclavage ; nous voulons travailler au renversement du capitalisme, de l’esclavage et de l’élite riche ; nous voulons faire ce qui est nécessaire pour rester libres. Nous ne voulons pas être payé-e-s des miettes, enchaîné-e-s à des contrats qui permettent à des managers de nourrir à la petite cuillère les quelques riches privilégiés.

Aussi, bien que ceux-ci aient été effacés le matin suivant, des tags “Brûlons les banques” (au bas d’un des larges murs d’une école catholique), “Solidarité avec l’insurrection grecque”, “Brûlons le capitalisme” et “Détruisons le capitalisme” ont décoré les murs pendant la nuit.

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Australie, nous t’exhortons – garde un œil sur la Grèce – rien n’est impossible – la révolution est parmi nous.

Nous sommes partout.

Traduit de l’anglais (Disaccords), 5 mars 2012.

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Teknival autogéré du 27 avril au 1er mai

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