[Justice pour Hakim Ajimi] « Les policiers qui ont tué Hakim, ont été jugés, condamnés, mais ils ne sont pas punis. Ils continuent à travailler à Grasse »

À Grasse, la famille Ajimi est toujours « en quête de justice »

La mobilisation en mémoire d’Abdelhakim Ajimi, ce garçon de 22 ans mort en 2008 lors de son interpellation par les forces de l’ordre, ne fléchit pas. Ce dimanche, quatre ans presque jour pour jour après le décès du jeune homme, la famille, les membres du comité de soutien et quelques élus locaux étaient présents à Grasse, boulevard Victor-Hugo, à l’endroit même du drame. Nombreux, recueillis et dignes, comme pour toutes les actions entreprises jusqu’ici.

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De très nombreuses personnes étaient présentes, hier, pour la marche silencieuse organisée à la mémoire de Hakim Ajimi.

« Nous sommes là pour la mémoire de mon fils mais aussi, pour demander, encore et toujours, que la justice fasse son travail, nous disait Boubakeur Ajimi. Les policiers qui ont tué Hakim, ont été jugés, condamnés, mais ils ne sont pas punis. Ils continuent à travailler à Grasse. Pour nous, c’est inadmissible. On attend toujours que Dominique Baudis, le Défenseur des droits, fasse quelque chose, comme il s’y était engagé. » Le père de la victime a, une fois de plus, remercié les membres du comité « Justice et vérité pour Hakim », toujours présents à ses côtés… « Beaucoup d’amis nous soutiennent. C’est réconfortant. Sans eux, les choses n’auraient jamais avancé. Mais, encore une fois, les policiers n’ont pas été punis. Et cela nous met en colère. »

Mêmes propos dans la bouche de Dorsaf Briki, la porte-parole du comité, qui assène : « Nous allons continuer à demander vérité et justice pour Hakim. »

Après le court rassemblement sur le boulevard Victor-Hugo, un cortège s’est formé pour une marche silencieuse en direction de l’ancien commissariat de police, là où la mort de Hakim Ajimi avait été constatée, puis du nouvel hôtel de police.

En février dernier, au terme de quatre années de procédure judiciaire, deux agents de la brigade anticriminalité (Bac) avaient été reconnus coupables et condamnés, pour homicide involontaire et non-assistance à personne en péril, à des peines de dix-huit et vingt-quatre mois de prison avec sursis. Un agent de la police municipale a également écopé de six mois avec sursis. Ces policiers ont fait appel de leur condamnation. Tous les autres prévenus dans cette affaire ont été relaxés.

Leur presse (NiceMatin.com, 13 mai 2012)

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Insurgeons-nous

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Trouvez-vous un flingue !

Trouvez-vous un flingue ! Compris ?

Trouvez-vous un flingue ! Le plus tôt sera le mieux. Achetez-en un, empruntez-en un ou volez-en un. Le fait est que vous devez être armé. Peut-être pensez-vous que la révolution sociale se fera avec des serpentins, comme lors des carnavals ? Pensez-vous que les capitalistes vont remettre les terres et les usines, comme ils livrent leurs filles aux millionnaires ? Êtes-vous si stupide pour croire en la possibilité d’une harmonie entre patrons et travailleurs ? Ne voyez-vous pas que – chaque jour, aux quatre coins du monde – quand les ouvriers exigent quelque amélioration, apparaissent aussitôt des petits soldats armés de fusils et de baïonnettes ? N’avez-vous pas vu comment, pendant la grève de nos camarades conducteurs de tram, l’armée entière a protégé les traîtres ? Eh bien, si cela se passe lorsqu’une plainte est déposée ou lorsqu’une amélioration est demandée, que se passera-t-il quand nous demanderons le droit à la terre, à la vie, à la liberté ? Pensez-y bien.

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Trouvez-vous un flingue et apprenez à vous en servir. Fabriquez-vous une cible pour apprendre à viser. Dessinez-y la tête de Astorquiza, de Zañartu, de Gonzalo Bulnes ou la vôtre si vous en avez envie. Tirez et tirez encore. Préparez-vous pour la Révolution à venir. Conseillez à vos camarades de faire de même. Celui qui parle d’« évolution pacifique » et de « solutions harmonieuses » avec la classe capitaliste vous trompe déplorablement. Ne voyez-vous pas comment les travailleurs russes ont dû s’armer eux-mêmes pour renverser les tyrans ? Ne voyez-vous pas comme ils vivent à présent à leur aise, profitant de toutes sortes de commodités ? Pendant plus de 100 ans vous avez enduré pacifiquement toutes sortes d’humiliations, et quels bénéfices avez-vous tiré de vos maîtres ? La misérable cahute dans laquelle vous vivez et pour laquelle vous payez une fortune, la maladie qui apporte une mort prématurée à vous et à vos enfants, les guerres qui apportent la faim et la douleur à votre porte, et les miettes que vous recevez quand vous demandez un peu de nourriture et de justice pour votre famille et enfants. Cela, tout cela, est la récompense pour vos efforts et sacrifices. Croyez-le.

Trouvez-vous un flingue. Achetez-en un, empruntez-en un ou volez-en un. Le fait est que vous devez être armé. Lorsque la classe ouvrière, consciente et armée revendiquera ses droits à la vie et à la liberté, vous verrez alors comment tomberont les dirigeants et les tyrans. Tant que vous tirerez dans les rues comme un idiot, suppliant du pain et la justice, vous verrez comment les balles tombent sur votre tête.

C’est tout. En vous trouvant un flingue et en conseillant d’autres de se préparer pour la Révolution, vous assisterez à la renaissance d’une nouvelle aube pour le monde

Trouvez-vous un flingue !

Pamphlet écrit par l’anarchiste chilien Efraín Plaza Olmedo. Il aurait été publié en 1921 dans le journal El Comunista, sous le pseudo de Juan Levadura.

Traduit de l’anglais (This is our job) par Contra Info, 14 mai 2012

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[Contre-révolution tunisienne] L’UGTT travaille

La centrale syndicale tunisienne cherche à apaiser la grogne sociale

L’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) comprend la légitimité de certains mouvements sociaux, mais ne peut plus justifier les atteintes aux entreprises et les blocages de la machine économique dans le pays.

Dans une déclaration rendue publique à l’issue de sa réunion, mardi, le bureau exécutif de la plus importante centrale syndicale en Tunisie réaffirme la légitimité des revendications des chômeurs qui demandent un travail, des citoyens qui réclament le développement de leurs régions et des familles des martyrs et des blessés de la révolution qui exigent la justice, mais il estime que la multiplication grèves et des sit-in dans plusieurs régions du pays ne devraient pas empêcher « le déroulement normal du service public et de l’activité économique notamment dans les secteurs stratégiques ».

Ces actions, qui ont lieu souvent autour des entreprises et des zones industrielles, expriment des revendications populaires légitimes, mais s’« il est primordial de préserver le droit au travail », la protection des entreprises contre les actes de vandalisme est tout aussi primordiale aux yeux de la direction syndicale, qui appelle à « privilégier le dialogue ».

Selon le bureau exécutif de l’Ugtt, le gouvernement provisoire doit « garantir le droit au travail, assurer la protection des entreprises nationales et trouver une solution rapide aux problèmes régionaux et aux revendications populaires légitimes ».

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis, 16 mai 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] « Teshumara », projection-débat Vendredi 18 mai à Paris

Teshumara : les guitares de la rébellion touarègue
Projection vidéo vendredi 18 mai 2012 à 19h30

Local associatif,
12, rue du Moulin des Lapins,
75014 Paris. Métro : Pernéty (Ligne 13)

Au cœur de l’actualité internationale, la question de l’Azawad, État qui se veut moderne, démocratique et laïc dont l’indépendance a été proclamée le 6 avril dernier par le MNLA, bénéficie d’un traitement pour moins particulier par différents médias.

Un traitement tellement unilatéral et partial qu’il n’est pas inutile d’apporter quelques éléments pouvant servir de rappel historique afin de rétablir certaines vérités et de « contrecarrer » la campagne de désinformation dont fait l’objet ce mouvement et la noble cause qu’il défend.

C’est à ce titre que Tamazgha propose une projection vidéo suivie d’un débat autour du film Teshumara, de Jérémie Reichenbach.

La tragédie du peuple touareg est racontée par Jérémie Reichenbach dans Teshumara, à travers la musique et les témoignages des fondateurs du groupe Tinariwen. Cette tragédie est également racontée par la musique traditionnelle et la poésie.

Venez nombreux.

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Teshumara
Les guitares de la rébellion touarègue

En 1963, peu après l’indépendance, les Touaregs du Mali se soulèvent contre les nouvelles autorités. Cette révolte est réprimée dans le sang. Elle est suivie de terribles sécheresses qui poussent sur les routes des milliers de réfugiés du Mali et du Niger vers l’Algérie et la Libye.

C’est dans la douleur de l’exil que naît la Teshumara, mouvement affirmant l’existence mais aussi la nécessaire évolution du peuple touareg.

Alors on entendit vibrer les guitares du groupe Tinariwen.

Leur musique dans laquelle se mêlent rythmes ancestraux et guitares électriques saturées, appelle à l’éveil politique des consciences et occupera un rôle capital lors de la rébellion Touareg.

Ce film par la musique et les témoignages des fondateurs du groupe Tinariwen, mais aussi par la musique traditionnelle et la poésie, conte la mémoire de la tragédie du peuple touareg.

Tamazgha le site berbériste, 16 mai 2012

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[Procès mauvaises intentions] Deuxième journée

Deuxième jour du procès antiterroriste : ADN et bouchons de bouteilles

Le tribunal a essayé de cerner les options politiques des prévenus et les a questionnés sur les traces ADN retrouvées sur un engin incendiaire.

L’ADN de Damien B., l’un des six prévenus jugés à Paris depuis lundi pour association de malfaiteurs “en vue de la préparation d’actes de terrorisme”, a été retrouvé sur le bouchon d’une bouteille. Cette bouteille et cinq autres, raccordées à des fagots d’allumettes et des cigarettes faisant office de retardateur, auraient mis le feu à une dépanneuse de police garée devant un commissariat rue de Clignancourt en mai 2007 si le dispositif avait fonctionné. Damien B. n’a “aucune explication à donner” :

“J’ai déjà été en contact avec des bouteilles. Je ne m’explique pas que mon ADN se retrouve sur un engin incendiaire.”

Il évoque la possibilité d’un ADN “volatile” puisqu’il ne connaît pas “la nature de la trace retrouvée” : salive, cheveu, poil ou autre.

Comme ses coprévenus, il assume par ailleurs sa condition de militant politique aux côtés des sans-papiers, contre les centres de rétention, contre les prisons. Chez lui, les policiers ont trouvé des tracts, des revues, des affiches, des livres “relatifs à la lutte anarchiste”. “J’ai toujours reconnu m’intéresser à ces sujets-là, pas seulement du point de vue informatif mais aussi militant”, explique Damien B. Le public, venu en soutien, pouffe de rire quand la présidente lui demande s’il a déjà adhéré à Amnesty international ou au Samu social.

Lorsqu’il est interpellé en janvier 2008, les policiers l’associent à la “mouvance anarcho-autonome francilienne”, un terme que Damien B. qualifie de “création policière apparue à un moment dans les journaux”. La présidente promet qu’elle “essaiera de voir ce qui peut se retrouver là-dedans”. Jamais condamné auparavant, il se retrouve mis en examen dans un dossier antiterroriste avec son colocataire de l’époque, Ivan H., un ami, Bruno L., et trois autres personnes accusées d’une série d’actes de sabotage.

Dans le cas de Franck F., la présidente revient longuement sur les autocollants et tracts collés sur son frigo. Accoudé au bureau, il commente la photo de son intérieur et revient sur les images de manifestations en Grèce perquisitionnées chez lui.

L’ADN de Frank F., lui, n’a pas voltigé jusque sous la dépanneuse. Quatre jours après Damien B., en janvier 2008, il est arrêté en voiture avec son amie et co-prévenue, Ines M., par des douaniers “sans doute à la recherche de stupéfiants” au péage de Vierzon. Dans le sac à dos de la jeune femme et dans la voiture sont saisis 1,7 kg de chlorate de soude, du chlorate de potassium, des plans de l’établissement pour mineurs de Porcheville et des livres en anglais et en italien sur le sabotage et les explosifs.

Franck F. a toujours dit qu’il ignorait le contenu du sac et le maintient. Mais, “bien connu des renseignements généraux depuis 2003” pour sa participation à des manifestations et sa présence lors de l’évacuation de squats, il est confié aux services antiterroristes. Même chose pour Ines M., complètement inconnue des RG. Elle s’explique sur le contenu du sac :

“Quelques jours avant, j’ai fait du rangement chez moi et trouvé ces documents, en anglais et en italien, et les plans. J’ai pensé à des affaires égarées par des personnes qui seraient passées par là, et je me suis dit que je n’avais pas très envie de garder ça chez moi.”

La veille de son interpellation, Ines B. lit dans Le Parisien un article sur trois anarchistes arrêtés avec du chlorate de soude. Il s’agit de Bruno L., Ivan H. et Damien B., mais elle dit ne pas le savoir à ce moment-là. “Prise d’une peur irrationnelle”, elle décide de se débarrasser des documents et du chlorate de soude qu’elle avait acheté “pour désherber une souche” et “faire des fumigènes”. Elle compte les transporter dans sa maison de la Creuse, pour “s’en débarrasser ou les éloigner“.

La présidente : “Saviez-vous que le chlorate de soude peut entrer dans la fabrication d’explosifs ?”
Ines M. : “Oui, mais ce n’est pas parce qu’on a entendu parler de quelque chose qu’on en connaît la fabrication et l’usage.”
La présidente : “Saviez-vous que le chlorate de potassium, lui aussi, peut servir à fabriquer des explosifs ?”
Ines M. : “Non. C’est un médicament contre la toux et les maux de gorges, en vente libre en Espagne.”

Sur l’engin incendiaire déposé sous la dépanneuse en 2007, cinq traces ADN ont été retrouvées. Trois correspondent aux ADN d’Ines M., de son frère Xavier M. et de Damien B. Les deux autres restent non attribuées. Ines M. “conteste l’utilisation de l’ADN comme preuve” :

“Je ne m’explique pas sa présence. Il se peut qu’un cheveu se déplace partout, transporté par des objets.”

Placée en détention, elle est transférée de prison en prison, à Sequedin, à Rouen, à Versailles. “On a couru toute la France pour la voir, ça a handicapé sa défense”, tonne son avocat. Mercredi, la présidente compte revenir sur les manifestations de solidarité organisées à l’extérieur pendant la détention de sa cliente [sic].

Presse terroriste (Camille Polloni, LesInrocks.com, 16 mai 2012)

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« Vive la fraude ! » Solidarité avec les inculpés des « mauvaises intentions »

À l’heure où le procès des mauvaises intentions s’ouvre à Paris, les murs de Lyon continuent de fleurir régulièrement. Ce mardi matin on pouvait par exemple lire parmi d’autres choses :

Face à la crise, le vol !

Solidarité entre pauvres

Vive la fraude

Dépouillons les riches, Partageons le butin !

Grève des loyers

Aujourd’hui à Super U, c’est gratuit – Vive le vol !

Solidaires dans la galère

Ne pas payer – son appart, son sandwich, son ticket de bus – est depuis longtemps une stratégie de plaisir, de résistance et de désertion. C’est une pratique parmi d’autres qui permet de s’affranchir des contraintes posées par l’État et le capitalisme, de moins dépendre du RSA et de moins bosser pour des patrons. Des pratiques qui, alliées à l’auto-organisation, la récupe, la solidarité collective, nous permettent de vivre bien et de lutter contre les oppressions.

Organiser une bouffe collective dans la rue, Voler ce dont on a besoin dans les magasins, Saboter les outils de l’ennemi, Ouvrir un bâtiment vide pour y habiter, Donner à voir et à entendre sa solidarité avec les sans-papiers : autant de gestes qui participent de la lutte des exploité-es contre les possédant-es. Autant de gestes qui participent de la construction de mondes solidaires.

Face à la répression, on ne s’arrêtera pas

Liberté pour les inculpés des mauvaises intentions à Paris et à Chambéry

Solidarité active avec les personnes en lutte, dehors et derrière les barreaux

Rebellyon, 16 mai 2012

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[Argenteuil, mardi 5 juin] Pédagogie et lutte de classe, réunion-débat avec Grégory Chambat

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Visite critique de saintÉtienne – Samedi 26 mai

BALADE DÉAMBULATOIRE DANS SAINT-ÉTIENNE

Saint-Étienne, une « ville en mutation », qui essaye par vagues de grands projets urbains de se faire sa place dans l’Eurométropole lyonnaise — marketing territorial oblige — afin de peser dans la « concurrence libre et non faussée » entre les grandes métropoles européennes.

Ces dernières années, à grands coups de pelleteuses et bulldozers, on chambarde les places, les parcs et les immeubles de Saint-Étienne. Nos quartiers se métamorphosent sous nos yeux et nous nous trouvons dépossédé-e-s de notre environnement.

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Pour nous, il est intéressant et primordial de revenir sur ces transformations pour nous réapproprier nos vi(ll)es et pour comprendre ce que nous préparent nos décideurs par une observation et une analyse critique de la situation.

C’est pourquoi le collectif Mur-mures / Manuela Rodriguez organise, dans la ville, une visite de quelques lieux en mutation en compagnie de Jean-Pierre Garnier, sociologue et urbaniste.

Lieu de départ et rendez-vous : place Fourneyron à 10h30. Pause pique-nique tiré du sac vers 12h30, au nouveau parc François Mitterrand, avant de poursuivre la visite dans l’après-midi.

MUR-MURES / MANUELA RODRIGUEZ :
Est un collectif anticarcéral membre de l’espace autogéré La gueule noire. Nous organisons régulièrement des manifestations autour de la question de l’enfermement au sens large et sous ses diverses facettes : psychiatrique, carcéral, technologique, policière, urbanistique, etc.

Contacts :
Mur-mures / Manuela Rodriguez,
Chez La gueule noire,
16 rue du Mont, 42100 Saint-Étienne

JEAN-PIERRE GARNIER :
Chercheur et enseignant en sociologie urbaine, Jean-Pierre Garnier est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la politique urbaine. Avec Denis Goldschmidt : La comédie urbaine ou la Cité sans classe, Rupture 1977 ; Le socialisme à visage urbain, Essai sur la locale-démocratie, Maspero, 1977.
Seul : Des barbares dans la cité, Flammarion, 1996 ; La bourse ou la ville, Paris-Méditerranée, 1997 ; Le Nouvel Ordre local, L’Harmattan, 2000 ; Préface à La cité à travers l’histoire de Lewis Mumford, Agone 2010.
Son dernier livre, Une violence éminemment contemporaine – Essais sur la ville, la petite-bourgeoisie intellectuelle et l’effacement des classes populaires (Éditions Agone, mars 2010), est une synthèse de quarante ans d’observation des réalités urbaines et d’analyse critique des discours dont elles font l’objet. D’un côté, des espaces « requalifiés » réservés aux gens de qualité, et de l’autre des couches populaires reléguées à la périphérie. « Violences urbaines », « crise du logement », « relégation » et « gentrification » sont autant de symptômes dont le « traitement » étatique se fait de plus en plus sécuritaire.
Il tient la rubrique « Le capital dans tous ses espaces » dans le mensuel Article 11 et une chronique sur le blog des éditions Agone. Il est par ailleurs membre du comité de rédaction de la revue Espaces et Sociétés dans laquelle il a co-piloté plusieurs numéros spéciaux : « Repenser l’’espace et le politique », « Les aléas de la patrimonialisation urbaine », « Où est passé le peuple ? ».

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[Turquie] Plus de 60 anarchistes en garde à vue suite au 1er Mai

Le 14 mai, prenant comme prétexte les évènements lors de la manifestation du 1er mai, et suite à des perquisitions à leurs domiciles et dans des lieux anarchistes plus de 60 anarchistes ont été mis-e-s en gardes à vue à Istanbul. Au cours des manifestations du 1er mai, le Bloc Anarchiste, disant « le 1er mai n’est pas un jour de fête mais un jour de rébellion » avait attaqué un certain nombre de banques, de compagnies internationales, et de magasins et entreprises capitalistes comme McDonald’s, Burger King et Starbucks, les billboard, panneaux publicitaires et de caméras de vidéo surveillance qui se trouvaient sur le parcours de la manifestation, avec des marteaux et des bâtons.

Voir vidéo ici

Parmi les gardé-e-s a vue, se trouvent une femme enceinte de 8 mois qui n’avait pas participé aux manifestations du 1er mai, et des personnes qui n’avaient pas participé au 1er mai avec les anarchistes. En effet, il semble qu’en ce qui concerne Z. un des gardé à vue, la raison de sa mise en garde a vue serait qu’ils s’envoyaient des messages avec les anarchistes sur internet. Toutes ces gardes à vue étant faites sous le régime de l’antiterrorisme, aucune information concernant les noms et le nombre exact des personnes mises en garde à vue ainsi que les motifs de leur garde a vue ne sont communiquées par la police, y compris aux avocat-e-s. La police, n’a pas hésité à faire une déclaration ridicule affirmant que les gardé-e-s a vue feraient partie d’un groupe nommé « les anarchistes ». D’après un texte publié sur un site d’information anarchiste « Bien que nous ne soyons pas en tant qu’anarchistes au courant de l’existence d’un tel groupe nommé “les anarchistes”, cette déclaration de la police trahit le motif de l’opération. Mais ces déclaration de la police et des médias qui les reprennent en cœur qui criminalisent les anarchistes, ne parviennent pas à cacher leur inquiétude de ce que l’anarchisme commence à s’enraciner dans les rues. Le fait que les anarchistes qui ont participé au 1er mai sous des banderoles différentes et de manière séparée selon les différents groupes, soient mis-e-s en garde à vue dans le cadre du même dossier et présenté comme s’ils/elles étaient membre d’un même groupe inexistant, est une démonstration de la tactique classique de la police de criminaliser pour neutraliser. Ils ne tarderont pas à voir qu’aucun des complots qu’ils pourront préparer ne parviendra à déraciner les anarchistes.

Parmi les endroits perquisitionnés dans le cadre de cette opération se trouve le café anarchiste 26A à Taksim et l’association Partage et Solidarité se trouvant à Kadıköy. Lors de la perquisition à l’association Partage et Solidarité, les anarchistes se trouvant à l’intérieur ont résisté un moment avant d’être arrêté-e-s. »

Déclaration de presse du groupe Mouvement Révolutionnaire Anarchiste (Devrimci Anarşist Faaliyet)

Durant la déclaration de presse qui s’est déroulée a Taksim les slogans « Insurrection, Révolution, Anarchie », « La liberté ne s’enferme pas », « Les gardes à vue, les emprisonnements, ne nous découragerons pas » ; « Vive la solidarité révolutionnaire » ont été criés à de multiples reprises. Le groupe Mouvement Révolutionnaire Anarchiste, qui a fait cette déclaration de presse en plein air avec une banderole disant « L’Anarchisme ne s’emprisonne pas, libération des gardé-e-s à vue », a mis l’accent sur le fait qu’une vague de terreur d’État venait de s’ajouter aux précédentes et que cette fois-ci elle visait l’anarchisme et les anarchistes. De nombreuses organisations révolutionnaires, du mouvement social, de la jeunesse kurde, féministes, étudiantes, ont aussi participé en soutien à cette déclaration de presse en plein air.

Dans la déclaration de presse il a été dit que les perquisitions avaient été menées de manière simultanée dans de nombreuses habitations et lieux anarchistes, par les « équipes de lutte contre le terrorisme » masquées et équipées d’armes à longue portée. « Dans cette opération, nos ami-e-s ont été arrêté-e-s et frappés, en outre de nombreux individus anarchistes ont aussi été victimes de la terreur des arrestations. » La suite de la déclaration met l’accent sur le but de l’opération : « Dans ces temps où l’anarchisme commence à devenir un mouvement plus large dans ce pays, le but de ces opérations est d’intimider l’anarchisme et les anarchistes qui luttent. Cette opération, faite par l’État turc et qui pour la première fois dans son l’histoire prend pour cible les anarchistes, vise directement l’anarchisme et les anarchistes. »

Indymedia Paris (source), 15 mai 2012

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Le boulot en débat

Le journaliste François Ruffin défend les ouvriers d’une usine chimique dont la production cancérigène est fermement condamnée par le groupe anti-industriel Pièces et main-d’œuvre. Alors, forcément, y a débat. CQFD a enfilé son bleu pour participer…

Les 4 et 5 avril, sur France-Inter, le camarade journaliste François Ruffin donnait la parole à des salariés d’Arkema en lutte contre le rachat du « Pôle vinylique » de leur boîte de Saint-Fons (Rhône) par un financier américain. D’autres camarades, ceux du « groupe » grenoblois Pièces et main-d’œuvre (PMO), ont protesté énergiquement contre ce reportage complaisant vis-à-vis d’une entreprise fabriquant du PVC, un produit hautement cancérigène. Les ouvriers doivent arrêter de produire ce poison, avancent les amis grenoblois. La question exige une réponse stratégique, réplique François Ruffin. Leur duel épistolaire amène à s’interroger : qu’est-ce qui peut pousser un individu à produire de la merde ? L’amour de la merde bien faite ? Ou de bêtes contingences matérielles ?

Conditions de travail violentes, assujettissement des fournisseurs, commercialisation de produits issus de l’industrie agroalimentaire, diffusion de marchandises surabondantes fabriquées par des salariés effectuant un travail sans intérêt… Depuis plusieurs années, Magali est caissière dans un supermarché. « Non, je n’ai aucune passion pour l’alimentaire ! J’ai trouvé ce boulot et je l’ai pris. Mon travail consiste à passer des objets devant le scanner, à raison de 35 heures par semaine. Souvent, quand je suis au boulot, je me dis : fais tes heures, rentre chez toi, et on n’en parle plus. Ce n’était pas mon projet, de travailler ici, j’ai fait ça par défaut. J’ai fait des études de langues, puis j’ai eu des enfants. Évidemment, j’aimerais faire quelque chose qui me plaise. »

Pourvoyeur d’une alimentation nocive, stratège en captation de publics accros, vecteur d’innombrables troubles de la santé, propagandiste d’une standardisation des goûts… Sandra, elle, travaille depuis dix ans dans un fast-food. « Quand mon mari est tombé malade, j’ai dû trouver du boulot. Au départ, j’ai travaillé comme équipière de jour et de nuit, puis on m’a proposé d’être hôtesse. Enfin, on m’a demandé de faire plusieurs tâches à la fois, mais sans être rémunérée davantage. Moi, je n’emmène pas mes enfants y manger. Je préfère leur faire quelque chose de plus équilibré. Le soir quand je rentre, je suis crevée, je n’ai plus de force. Mais je le fais pour nourrir mes petits, et aussi pour faire partie de la société. »

Ce ne sont que deux témoignages. Mais, existent-ils, les salariés qui ont un jour rêvé de s’abîmer l’existence en fabriquant des produits destinés à pourrir celle de leurs semblables ? La défense de l’emploi coûte que coûte appartient clairement au discours syndical. Mais l’ennui, voire le dégoût, engendrés par les tâches auxquelles soumet le salariat ne se dit qu’à mots cachés, face au banal effroi de manquer d’argent.

Selon les camarades de PMO, le choix personnel d’être de « ceux qui depuis des décennies font la grève perpétuelle, refusent de plier, d’entrer en usine ou au bureau, de prendre des crédits, de faire 2,1 enfants, d’acheter un pavillon, une bagnole, une télé, des téléphones portables, de revendiquer du “pouvoir d’achat” » [La réponse de François Ruffin] aurait valeur de programme politique auquel tous et toutes doivent se rallier sous peine d’être désignés comme acteurs d’un système mortifère. Ici, exigence d’airain, et là, soumission boueuse ?

Face à cela, reste que la « paix sociale » dont rêvent les puissants n’est pas définitivement acquise. Et que, en tant qu’opprimés, grévistes perpétuels ou salariés aliénés, on fait partie du même monde.

Gilles Lucas – CQFD n° 100, mai 2012

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[« On les présentait carrément comme des sorcières »] Bas les pattes sur les Pussy Riot !

« Pussy Riot », les féministes punk qui défient Vladimir Poutine

Cagoules et collants bariolés, robes colorées, guitares électriques et poings levés. Les images des Pussy Riot, collectif féministe et écologiste russe punk qui a multiplié les actions anti-Poutine depuis l’automne, ont fait le tour du Web. Le mouvement rappelle d’autres initiatives contestataires insolites nées à la faveur de l’élection présidentielle russe. Il a pourtant connu un écho inédit après que trois de ses membres ont été placées en détention provisoire à Moscou, en mars, pour « vandalisme commis en groupe organisé ».

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Le 21 février dans la cathédrale du Christ-Sauveur, à Moscou.

 

Le 21 février, cinq membres du collectif avaient pénétré masqués dans la cathédrale moscovite du Christ-Sauveur, haut lieu du renouveau orthodoxe en Russie, pour y déclamer, en musique et devant l’autel, un Te Deum revisité à la sauce punk demandant à la Vierge Marie de chasser Poutine (« Vierge Marie, mère de Dieu, chasse Poutine, chasse Poutine, chasse Poutine »).

Les Pussy Riot n’en étaient pas à leur coup d’essai. En octobre 2011, les jeunes femmes avaient déjà mené une série d’actions dans le métro de Moscou et sur les toits des trolleybus de la capitale pour protester contre le machisme de la société russe. En décembre, elles s’étaient produites sur le toit d’un bâtiment proche du commissariat où était détenu, entre autres, le blogueur et opposant Alexeï Navalny. Et le 20 janvier, huit d’entre elles avaient entonné sur la place Rouge une chanson intitulée « Poutine a fait dans son froc », en référence aux récentes manifestations de l’opposition.

Au terme de leur performance dans la cathédrale du Christ-Sauveur, les jeunes femmes avaient réussi à prendre la fuite. Quelques jours plus tard, la police interpellait plusieurs membres présumés du groupe. Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Saloutsevitch, toutes âgées d’une vingtaine d’années, ont depuis été placées en détention provisoire dans l’attente de leur jugement. Celui-ci, au terme de plusieurs procédures d’appel déboutées, a été repoussé au 24 juin.

Les trois jeunes femmes sont des figures connues de l’activisme politique en Russie : Nadjeda Tolokonnikova est une militante de la cause homosexuelle et membre, comme Ekaterina Saloutsevitch, du collectif d’artistes Voïna tandis que Maria Alekhina est une des principales militantes écologistes en Russie. Elles encourent jusqu’à sept ans de prison, une peine déjà prononcée en Russie dans le passé pour des accusations de « vandalisme ».

CRISE DE FOI

L’affaire a fait grand bruit en Russie et suscité un débat inédit sur les liens entre Église et pouvoir, dénoncés par la prière punk des Pussy Riot (« Le patriarche Goundiaïev (Kirill) croit en Poutine / Ce serait mieux, salope, qu’il croie en Dieu »). Si une partie de l’Église orthodoxe russe crie au sacrilège et au blasphème, exigeant que les jeunes femmes soient punies, d’autres, à l’image du diacre Andreï Kouraev, appellent à la clémence et au pardon, jugeant la peine démesurée au regard des faits.

Un avis largement partagé par l’opinion publique qui, si elle désapprouve la provocation des Pussy Riot, estime dans sa majorité la réaction des autorités excessive. Beaucoup reprochent au patriarche de l’Église orthodoxe, Kirill, au centre de plusieurs polémiques ces derniers mois, sa dureté envers les Pussy Riot. Le patriarche a qualifié leur performance de « blasphématoire », fustigeant ceux qui soutiennent leur action et la présentent comme « une plaisanterie amusante ».

« En mettant l’accent sur le caractère blasphématoire de leur action, on en tait l’aspect politique », souligne Inna Doulkina, rédactrice en chef du Courrier de Russie, journal franco-russe publié à Moscou.

Ainsi de l’émission d’Arkadi Mamontov sur Rossya 1, la première chaîne d’État russe, qui, le 25 avril, a diffusé un film documentaire sur les Pussy Riot intitulé « Les provocateurs », dans lequel l’action des jeunes femmes était décrite comme soigneusement préméditée dans le but d’offenser les sentiments des croyants et de déstabiliser la société. « On les présentait carrément comme des sorcières », ajoute Inna Doulkina.

Mais à la question de la moralité du happening des Pussy Riot se heurte celle de la dimension artistique et engagée de leur action. Pour l’artiste contemporain Oleg Koulik, interrogé par le même journal, ce qu’ont fait les jeunes femmes dans la cathédrale du Christ-Sauveur est bien de l’art et c’est précisément la raison pour laquelle Église et pouvoir ont réagi aussi violemment : « Pourquoi se retrouvent-elles en prison ? Parce que le pouvoir ne pouvait pas admettre qu’on critique l’Église, la seule institution qui, dans le cas d’une révolution, se lèvera pour sa défense. Le pouvoir a réagi de façon d’autant plus raide que l’action de Pussy Riot était douce, pratiquement inoffensive. Qu’est-ce qu’elles ont fait, ces jeunes femmes ? Elles n’ont pas haché les icônes, elles n’ont tabassé personne, elles ont juste dansé et chanté. Et c’est exactement ce que ni le pouvoir ni l’Église n’ont pu supporter. Si seulement Pussy Riot avait commis une véritable agression, cela aurait voulu dire qu’elles respectaient leur ennemi et le prenaient au sérieux. »

Si les oripeaux bariolés dont les Pussy Riot entourent leurs performances ont pu parfois occulter le sens premier de leur action, « ce sont avant tout des intellectuelles », estime Christine Pokotilova, qui anime la version française du site Freepussyriot. Dans une lettre envoyée depuis la prison n° 6, Nadejda Tolokonnikova écrit : « Nous ne sommes pas des messies. Mais qui sait, peut-être Pussy Riot est-il le signe de l’imminence d’un temps nouveau dans l’histoire spirituelle de l’humanité, le siècle de la liberté, comme prédit par les philosophes chrétiens russes ? »

Olga Kokorina, de l’association Russie-Libertés créée en janvier 2012, et la traductrice des lettres des détenues en français, partage l’analyse de Christine Pokotilova : « Les Pussy Riot représentent aussi une forme d’activisme civil. Elles ont choisi la musique punk mais ce qui est le plus important, c’est leur message politique. »

MOBILISATION INTERNATIONALE

L’inscription des Pussy Riot dans la mouvance punk, en référence notamment au mouvement Riot grrrl né aux États-Unis au début des années 1990, et l’importante médiatisation dont a bénéficié la vague de contestation anti-Poutine en Russie, a largement contribué à internationaliser le mouvement.

De nombreux comités de soutien aux jeunes femmes ont fleuri en Europe, aux États-Unis ou encore en Israël, et des témoignages d’encouragement sont arrivés du monde entier. Kathleen Hanna, la fondatrice du groupe américain Bikini Kill, a assuré les Pussy Riot de son soutien. Amnesty International a mis en ligne une pétition demandant la libération des jeunes femmes, que l’ONG qualifie de « prisonnières de conscience », et le site d’Europe Écologie-Les Verts a également publié un communiqué appelant à la mobilisation pour la libération des jeunes femmes.

Le 11 mai, la cour de justice de Moscou a confirmé le maintien en détention de Maria Alekhina. Une décision similaire avait été rendue le 19 avril au sujet de Nadjda Tolokonnikova et Ekaterina Saloutsevitch. Les avocats des jeunes femmes ont décidé de porter plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.

Leur presse (Juliette Rabat, LeMonde.fr, 15 mai 2012)

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[Fessenheim] « Se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337110409.jpgSi Fessenheim…

Mardi 8 mai 2012 : l’arrêt inopiné du réacteur 2 de Fessenheim, lors d’un exercice (essai « d’ilôtage ») semble encore inexpliqué par EDF. Pourtant, deux jours après cet évènement, l’unité de production a été recouplée au réseau électrique national.

Cet incident faisait suite à deux incendies qui se sont produits récemment dans la même unité de production, l’un le 24 janvier 2012 sur un groupe électrogène, l’autre le 25 avril sur un matériel de refroidissement de l’alternateur en salle des machines.

Même si ces évènements sont considérés comme mineurs par l’exploitant, ils confirment que la centrale est vieille et que les inquiétudes de la population menacée par la possibilité d’un accident est légitime.

Les mots restent des mots, rien ne vaut une bonne carte !

Comme « il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe » (dixit M. Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), il faut accepter de regarder une carte de contamination radioactive post-accidentelle française, telle qu’elle apparaîtra sur nos écrans de télévision quand la catastrophe aura eu lieu.

Pour comparer avec des catastrophes nucléaires connues, j’ai reporté sur la carte de l’Europe les surfaces des territoires les plus contaminés par Tchernobyl et Fukushima, à la même échelle, en prenant comme source fictive de la pollution la centrale nucléaire de Fessenheim. Evidemment, si un accident arrivait, la pollution se répandrait d’une autre manière, à cause d’autres conditions météorologiques et d’autres reliefs. C’est juste pour se donner une idée. Juste pour se préparer psychologiquement.

Si Fessenheim provoquait la pollution radioactive de Fukushima…

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… une partie de l’Alsace serait à évacuer. Le massif vosgien serait entièrement contaminé. De grandes villes comme Dijon, Lausanne, Genève, Belfort, Bâle, Besançon, seraient empoisonnées. Mais selon les vents dominants, la pollution traverserait la frontière pour arroser largement l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche (nuage grisé).

Si Fessenheim provoquait la pollution radioactive de Tchernobyl…

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… une grande partie de l’Alsace, dont la ville de Strasbourg, devrait être évacuée. Le département des Vosges également. La contamination s’étendrait jusque Nancy, Langres, Chaumont, Besançon, Dijon, Troyes. La situation serait catastrophique également pour l’Allemagne : Stuttgart, Heilbronn, Mannheim, Darmstadt, Wiesbaden et Frankfort seraient durement touchées. La contamination irait jusqu’à concerner Prague en République Tchèque.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337110787.jpgGreenpeace propose une simulation pour un accident à la centrale de Fessenheim. Pour y accéder, cliquer sur l’image et tapez 68.

Selon l’engagement de campagne du président nouvellement élu en France, la centrale nucléaire de Fessenheim, doyenne des installations françaises, devrait être fermée d’ici 2017.


En savoir plus sur la centrale de Fessenheim :

8 mai 2012 : Un réacteur de Fessenheim s’arrête durant un exercice (Libération)

Dossier sur Fessenheim (2009, Sortir du Nucléaire)

Dossier sur Fessenheim (2011, EDF)

Article Wikipédia

Le blog de Fukushima, 15 mai 2012

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DIY-Festival #3 – Week-end des 26 et 27 mai 2012 à Nancy

La troisième édition du DIY Festival aura lieu le weekend du 26-27 mai 2012 à la MJC des trois maisons, Nancy (54)

Dans une démarche d’autonomie, le Do It Yourself [Fais-le toi-même] est la volonté de se réapproprier les savoirs-faire. Dans de nombreux domaines, il est possible de faire les choses soi-même ; c’est souvent simple et plus gratifiant que de consommer un produit fini.

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Au DIY Festival, des bénévoles souvent autodidactes proposent et animent des ateliers où vous pourrez apprendre à faire toutes sortes de choses.

Au DIY Festival, il n’y a ni profs ni élèves : chacun a quelque chose à transmettre aux autres et on évite les cours magistraux.

Au DIY Festival, il n’y a ni vendeurs, ni consommateurs : l’entrée est gratuite, les ateliers à prix libre [Donnes ce que tu veux ou ce que tu peux] et les activités sont participatives.

Au DIY Festival, on fait aussi la fête : concerts et animations sont de la partie, en particulier en soirée.

Au programme cette année : cuir, tricot, couture, crochet, ceintures, badges, doudous, poterie, céramique, miniZine, linogravure, typographie, cartographie, réparation de vélo, initiation à l’autodéfense, jardinage et fais ton beurre, ta moutarde, ton dentifrice, ton réchaud à alcool, tes toilettes sèches et ton four solaire.

Pour plus d’informations et/ou pour s’inscrire aux ateliers :

diyfest.herbesfolles.org

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[Bruxelles, mardi 29 mai] Entretien avec Lutte Révolutionnaire

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De la suite dans les idées…

La Gacilly (Morbihan). Incendie criminel dans l’église Saint-Nicolas

Un incendie criminel a provoqué d’importants dégâts dans l’église Saint-Nicolas, à La Gacilly (56), dans la nuit de vendredi à samedi.

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C’est en y pénétrant hier matin que le curé de la paroisse a découvert que le chœur de l’église avait été ravagé par les flammes. Du mobilier, des stèles en bois ainsi qu’un tableau auraient été détruits. Le dégagement de fumées a également endommagé les murs de l’église.

Un suspect a été interpellé peu de temps après les faits, mais les gendarmes de la compagnie de Vannes, en charge de l’enquête, se sont refusé à faire plus de commentaires. Ils font néanmoins le lien avec des dégradations qui ont touché plusieurs distributeurs automatiques de billets, de différentes banques, constatées hier matin dans cette même commune de La Gacilly. Des distributeurs qui auraient été attaqués à coups de masse, sans toutefois que le ou les auteurs ne puissent voler de l’argent.

Leur presse (LeTelegramme.com, 13 mai 2012)


Église incendiée : « Cela va choquer tout le monde »

Samedi matin, jour de marché à La Gacilly. Depuis 9h, une vingtaine de sapeurs-pompiers des centres de secours de La Gacilly et de Redon, ainsi que de nombreux gendarmes, s’affairent autour de l’église Saint-Nicolas, située à quelques pas des étals. Dans la nuit de vendredi à samedi, un incendie a ravagé le chœur de cette église paroissiale datant de la fin du XIXe siècle.

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Yvon Castel, adjoint à la culture, au sport et à la communication, près du chœur entièrement détruit par les flammes.

L’indignation et la stupeur sont générales dans les rues de la petite commune. « C’est complètement fou. Qui a pu faire une chose pareille dans une ville aussi tranquille, réagit vivement Liliane. C’est invraisemblable. » Même consternation à la pharmacie toute proche de la place de l’Église. « Des vols dans une église, ça arrive. Mais là, c’est vraiment de la sauvagerie », regrette Jérôme Le Bescot, pharmacien.

« Tout est recouvert de suie »

En milieu d’après-midi, après le départ des gendarmes en investigation criminelle venus de Vannes, les adjoints et élus, présents en nombre depuis le début de matinée, sont autorisés à pénétrer dans l’édifice. « Il n’y a plus rien, toutes les boiseries, toutes les grandes statues et le tableau de Saint-Nicolas, c’est une valeur inestimable pour les Gacilliens de perdu, réagit avec émotion le conseiller municipal, Didier Le Brazidec, en ressortant de l’église. Tout est recouvert de suie. » « Cela va choquer tout le monde ici, pratiquant ou non », ajoute Yvon Castel, adjoint à la culture, au sport et à la communication.

Durant cette même nuit, plusieurs distributeurs de billets ont également été cassés, à La Gacilly et à Carentoir. « Ce n’est pas terrible pour nos affaires, c’est sûr, regrette cette commerçante du marché. Il y a des gens qui voulaient nous acheter des choses mais qui n’ont pas pu, faute d’argent ! »

Leur presse (Ouest-France.fr, 13 mai 2012)


Incendie à l’église de La Gacilly : le suspect hospitalisé en psychiatrie

Dans la nuit de vendredi à samedi, une personne aurait mis le feu à l’église Saint-Nicolas de La Gacilly. Dès la fin de matinée samedi, un homme de 36 ans, vivant dans le Pays de Redon a été arrêté par la gendarmerie. L’homme, qui n’a pas reconnu durant son audition être à l’origine de l’incendie, se serait donné un coup de couteau à l’abdomen avant d’être interpellé. Le parquet de Vannes indique que l’enquête est suspendue l’homme étant hospitalisé en psychiatrie.

Leur presse (Ouest-France.fr, 14 mai 2012)

Via Brèves du désordre

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[Procès mauvaises intentions] Première journée (2)

Paris : Les « anarcho-autonomes » sont-ils des terroristes ?

Depuis lundi, six jeunes gens comparaissent devant le tribunal correctionnel, pour avoir au nom de leur lutte anticapitaliste, préparé des engins explosifs. Reste un doute sur la réalité de certaines de ces intentions…

Ils sont six à comparaître. Mais derrière eux, la salle est pleine de sympathisants, rameutés par les réseaux « alternatifs », « autonomes », « de la mouvance anarcho-autonomes » pour la police. Et dehors, pendant plus d’une heure, d’autres ont crié. « Avec les sans papiers, liberté pour tous ». Comme pour dire à ces six-là, au tribunal, à la presse, à tout le monde, « nous sommes légion »

Bouteille d’essence, allume-feu et fagot d’allumettes

Ces six-là, tous âgés de 29 à 32 ans, sont soupçonnés de différents faits, tous qualifiés d’« entreprise terroriste ». Javier, 32 ans, est jugé pour avoir, en avril 2006, fabriqué et déposé un engin incendiaire (constitué d’une bouteille d’essence, d’allume-feux, d’un fagot d’allumettes et d’une cigarette en guise de système de mise à feu), dans une armoire électrique de la SNCF, entre la gare de l’Est et la gare de Pantin.

Son ADN est aussi retrouvé sur un engin incendiaire, retrouvé sous un camion-grue de la préfecture de police de Paris, garée devant le commissariat du XVIIIe arrondissement, le 2 mai 2007. Dans un sac cabas, un policier découvre six bouteilles d’essence, associée à des allume-feux, un fagot d’allumettes et une cigarette consumée. Là encore, le dispositif de mise à feu n’a pas fonctionné comme voulu. Sur la bombe, les enquêteurs découvrent quatre ADN masculins et un ADN féminin : sur le fagot d’allumettes, un cheveu, appartenant à Inès, née en 1983, la petite sœur de Javier. Sur les bouchons de bouteilles, la fermeture éclair du sac et le filtre de la cigarette-mèche, les quatre ADN masculins, dont celui de Javier et celui d’un troisième prévenu, Damien, né en 1982.

Bombe ou fumigène ?

Le même Damien qui a été interpellé, en janvier 2008, en compagnie d’Yvan, 30 ans, et Bruno, 29 ans ans, aux abords du centre de rétention administrative de Vincennes. Dans leurs sacs à dos, des pétards, des cuillères à soupe, un masque de ski, du scotch, et un boîte en plastique contenant une poudre beige. Un mélange, dira l’analyse, de chlorate de soude, de farine, de sucre et de bicarbonate de soude. Qui, selon le confinement, peut servir à composer une bombe ou un fumigène. Mais un dosage « mal fait » l’a rendu difficile à enflammer.

Quatre jours après, Inès et Franck sont contrôlés en voiture par les douanes, au niveau du péage de Vierzon. Dans le véhicule, deux sachets de chlorate de sodium, des photocopies d’un livre expliquant la fabrication d’explosifs, du chlorate de potassium et les plans d’un établissement pour mineurs en construction à Porcheville, dans les Yvelines.

Une intention terroriste ?

Les diverses perquisitions opérées par la PJ et la Sous-direction antiterroriste (SDAT) ont mis à jour l’appartenance, revendiquée, de ces six jeunes à une « mouvance anarcho-autonome ». Pèle-mêle, de la documentation sur l’enfermement des mineurs délinquants, des cours de philosophie, des tracts, des photographies de manifestations en grèce, « pas pacifistes » selon la présidente, des documents sur le groupe Action Directe, des pétards, des livres sur les explosifs…

Si le lien entre les différents protagonistes est avéré, si des éléments attestent de leur adhésion à des théories contestataires violentes, si les produits retrouvés ici et là laissent penser à une volonté d’exécution de projets violents, reste à prouver l’intention terroriste pour ces six jeunes tous célibataires et sans enfants, tous au RSA.

Lundi, deux de ces jeunes sont passés à la barre. Bruno, d’abord, puis Yvan. Bruno est « rippeur dans le cinéma », et a « un projet de documentaire ». Mais il n’a pas très envie de détailler son cursus, sa « personnalité » comme l’appelle la justice, et demande, pincé, « restons-en aux faits ». Des faits qui transpirent l’idéologie à laquelle il adhère. Le refus de prélèvement d’ADN pendant sa garde à vue ? « Par solidarité avec les sans papiers ». La rupture du contrôle judiciaire auquel il était soumis après sa détention provisoire ? « Il était important de signifier que j’étais contre ces mesures imposées ». « Je suis anticapitaliste », souligne-t-il. Retour sur les faits : pourquoi fabriquer soi-même un fumigène, alors qu’on en trouve dans le commerce ? « Pourquoi se faire à manger alors qu’il y a des plats tout préparés ? » « C’est une réponse », note la présidente, chargée de déterminer à quel point les intentions de ces jeunes gens se limitent à la confection d’un fumigène.

« Retour à l’envoyeur… »

Puis c’est au tour d’Yvan. Au RSA lui aussi. Plus doux, moins amateur de rhétorique révolutionnaire que son copain, il se contente de justifier la rupture de son contrôle judiciaire (il a rencontré l’un de ses coprévenus) par le sentiment d’une « instruction à charge ». Le fumigène ? « J’aime bien faire les choses moi-même, et le chlorate de soude ne coûte que quelques euros dans les jardineries… Il n’y a pas de raison de croire que ça pouvait servir à autre chose qu’à faire un fumigène ! » Les clous pliés retrouvés dans les poches des jeunes hommes ? « Pour bloquer la circulation », et non pour faire une bombe à fragmentation… Le bocal de répulsif à animaux trouvé dans le coffre de sa voiture ? « C’est un produit qui avait été médiatisé quand la mairie d’Argenteuil s’en servait pour repousser les SDF et les prostituées, ce que je trouve répugnant. Je prévoyais une action symbolique du type retour à l’envoyeur… »

À suivre…

Presse terroriste (FranceSoir.fr, 15 mai 2012)

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[Rennes] Invitation à une réunion publique anti-THT le samedi 26 mai

Depuis 2007 et l’annonce de la construction d’une nouvelle ligne Très Haute Tension (THT, baptisée Cotentin-Maine) devant acheminer le surplus d’énergie créé par le nouveau réacteur EPR, des individus, des collectifs, des associations se sont organisés pour lutter contre ce projet.

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Face à la violence de l’État et de RTE (Réseau de Transport d’Électricité, filiale d’EDF en charge de la réalisation du projet), les pratiques de lutte se sont diversifiées, des solidarités se sont créées mais surtout la lutte continue et notre détermination reste intacte.

Aujourd’hui un village, le Chefresne, dans la Manche, Basse Normandie, est en résistance contre le projet, refuse les travaux sur son territoire, et a favorisé l’occupation d’un bois devant être rasé pour laissé passer des cables ; des actions plus ou moins publiques ont lieu sur tout le fuseau ; un collectif de mayennais en lutte vient de se créer et surtout, le 22-23-24 juin se tiendra un week-end de résistance contre la construction de cette ligne au Chefresne.

Ce que nous proposons avec cette réunion publique, c’est de tenter de faire avec vous un état des lieux de cette lutte anti-THT, de ses enjeux, de ses perspectives mais aussi et surtout de son quotidien, de ses moyens. À cet effet, nous avons donc prévu, à partir de 16h • une exposition de documents divers et variés, • une projection d’un film réalisé par des camarades impliqués dans cette lutte, • un débat mouvant et une discussion sur les moyens, les directions d’une lutte locale comme la nôtre, • une présentation du week end de résistance des 22-24 juin • et enfin un repas. (Les détails de ce programme : horaires des différentes activités, éventuelles précisions sur les discussions, seront rendus publics via le site de la Maison de la Grève.)

Nous vous attendrons le Samedi 26 mai à partir de 16h à la Maison de la Grève (hébergée au 37 rue Legraverend, à Rennes).

Ni compromis, ni résignation, arrêtons le chantier de la ligne THT !

Pour plus d’infos sur cette lutte n’hésitez pas à consulter :

valognesstopcastor.noblogs.org/
percysoustension.pagesperso-orange.fr/
www.stop-tht.org/

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[Paris] Un compagnon perquisitionné

Ce matin du 15 mai à 6h, une équipe de quatre flics de la BRDP (Brigade de Répression de la Délinquance à la Personne) a effectué une perquisition chez Dan, un compagnon habitant à Belleville. Cette perquisition fait suite à de nombreuses tentatives restées sans réponses : courriers simples, lettres avec recommandé, coups de téléphone, convocation de proches… (Voir le texte « Nouveau coup de pression suite à un tract »)

Les flics cherchent toujours les auteurs du tract « Correspondants de nuit, des agents de la guerre aux pauvres ». Jusqu’à 7h30, ils ont réalisé une audition concernant deux procédures différentes : une enquête préliminaire pour « provocation à la commission d’une infraction non suivie d’effet », ainsi qu’une commission rogatoire pour diffamation, apparemment sous l’impulsion de la mairie de Paris, qui pour accélérer la procédure, n’aurait pas hésité à payer la justice (1500 euros, dixit les flics). L’instruction principale est menée par Anne-Julie Paschal.

Un ordinateur ainsi qu’un disque dur externe ont été saisis et placés sous scellés, quelques photos ont été prises dans l’habitation du compagnon. Ils ont également pris l’identité d’une compagnonne présente dans l’appartement.

D’une pierre, deux coups : en plus de faire chier par la saisie du matériel, les flics savent bien qu’ils vont réussir à perturber et retarder la réalisation et la sortie de Lucioles, bulletin anarchiste de Paris (qui risque fort de sortir un peu plus tard…).

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Alors que six camarades sont actuellement jugés au TGI de Paris, notamment sous l’inculpation « d’association de malfaiteurs à visée terroriste », que tant d’autres affaires s’éternisent (Chambéry, Labège, « machine à expulser »…), et que partout dans le monde, en Europe et ailleurs, des anarchistes se trouvent dans le collimateur de l’État, la répétition de ce genre de banals coups de pression n’étonnera personne.

Même pas peur !
À bas l’État et ses laquais.

Quelques contributeurs au journal Lucioles

N.B. : La BRDP, qui se présente elle-même comme une « antichambre de la section antiterroriste » (dixit les flics) est spécialisée dans la répression de la diffamation, jusqu’à la menace nominative. Ils se sont déjà illustrés pour leur enquête sur le texte « Analyse d’un dossier d’instruction antiterroriste » dans laquelle ils avaient interrogé un compagnon soupçonné d’animer le blog « Même pas peur », puis Olivier et Camille lors de leur arrestation en janvier 2011 par la section antiterroriste.

Indymedia Paris, 15 mai 2012

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Action Directe : la libération conditionnelle de Jean-Marc Rouillan confirmée

La cour d’appel de Paris a confirmé un jugement accordant la liberté conditionnelle à Jean-Marc Rouillan, ancien dirigeant de l’organisation de lutte armée Action Directe, qui vivait déjà en semi-liberté à Marseille. Cette décision prendra effet le 18 mai.

Jean-Marc Rouillan était sorti de la prison des Baumettes à Marseille il y a un an, le 19 mai 2011. Il bénéficiait, depuis, d’un régime de semi-liberté, étant muni d’un bracelet électronique.

La chambre de l’application des peines confirme dans son arrêt le jugement du 13 avril du tribunal d’application des peines (TAP) de Paris (compétent en matière de terrorisme) qui l’avait « admis au bénéfice de la libération conditionnelle », a précisé Me Jean-Louis Chalanset.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332060924.jpgJean-Marc Rouillan avait été arrêté en 1987 et condamné, avec trois autres membres, à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour les assassinats de l’ingénieur général de l’armement René Audran et du PDG de Renault Georges Besse.

Il aura passé au total 24 ans en prison, sans compter les périodes de semi-liberté.

Me Chalanset a souligné qu’il était « le dernier des quatre membres d’Action Directe à être sorti de prison », après Nathalie Ménigon et Georges Cipriani. Joëlle Aubron, qui avait bénéficié en 2004 d’une suspension de peine pour raison médicale, est morte en 2006.

Cette décision de la cour d’appel est « une suite logique, après une année de semi-liberté sans incidents. Ce qui est surprenant, c’est que l’avocat général se soit opposé, encore, à cette libération conditionnelle », a commenté l’avocat.

M. Rouillan, 59 ans, restera soumis pendant six ans à de nombreux contrôles. Il devra résider dans le département des Bouches-du-Rhône, indemniser les victimes à hauteur de 150 euros par mois, ne pas porter d’armes.

Lui qui a déjà publié une dizaine de livres ne devra pas s’exprimer publiquement au sujet des faits pour lesquels il a été condamné, ni les évoquer dans des ouvrages ou des articles. En 2008, il avait bénéficié du régime de semi-liberté pendant dix mois, mais des propos dans une interview publiée dans L’Express lui avaient valu de retourner en prison pour deux ans et demi.

Par ailleurs, obligation lui est faite de travailler. « Il continuera à travailler pour la maison d’édition Agone » qui l’employait déjà à Marseille, a déclaré son avocat.

Leur presse (tempsreel.nouvelobs.com, 15 mai 2012)

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L’enfer des bonnes intentions

Du 14 au 22 mai, à Paris, s’ouvre le premier procès sous juridiction antiterroriste de 6 camarades désignés comme appartenant à la « mouvance anarcho-autonome ».

La Justice leur reproche des faits s’inscrivant dans diverses luttes de ces dernières années : la révolte des migrants enfermés dans le Centre de Rétention Administrative de Vincennes, qui aboutit à sa destruction par le feu ; l’opposition à la construction des Établissements Pour Mineurs ; les manifestations de rage et de dégoût suite à l’élection de Sarkozy, ministre de l’intérieur devenu président ; et le mouvement de refus massif du CPE, contrat  de travail destiné aux jeunes, qui permettait de les virer à tout moment en guise de bienvenue sur le marché.

La Justice fait son travail. Isoler, constituer des groupes pour les rendre responsables de pratiques largement partagées (grèves et manifestations sauvages, sabotages…), et ainsi redéfinir la frontière entre dialogue social acceptable et pratiques de luttes à réprimer ; enfermer quelques-uns pour faire peur à tous. Mais aussi, ici par l’invocation de l’imaginaire sanglant du « terrorisme », dépolitiser toute critique radicale, en la mettant sur le terrain moral du Bien et du Mal. Car puisque des mauvaises intentions suffisent à définir « l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », le « terroriste » n’est au fond qu’un mauvais citoyen qui veut cracher dans la soupe, et mérite ainsi le régime carcéral.

Des drames comme la tuerie de Toulouse – contre lesquels l’augmentation des pouvoirs de police ne peut pas grand chose – sont pain béni pour justifier les procédures antiterroristes, et plus généralement pour renforcer tous les dispositifs de gouvernement par la peur. En créant des épouvantails (islamistes, anarcho-autonomes…), de telles procédures permettent aussi de fabriquer, en creux, une nouvelle définition de la bonne citoyenneté, où chacun est enjoint non seulement de respecter la loi, mais aussi de faire preuve de  bonne volonté, de se mobiliser activement pour la perpétuation de l’ordre social, c’est-à-dire pour l’économie, le capitalisme triomphant.

Toute institution ayant en charge de gérer des populations crée de bonnes catégories à faire vivre et de mauvaises à corriger. En tant que collectif de chômeurs et précaires, nous connaissons bien les deux faces de cette politique où s’entrelacent en permanence bonne vieille discipline et technologie high-tech du contrôle. Ce qui nous menace aujourd’hui n’est pas seulement ce qui est interdit et réprimé, mais ce que la société valorise et exige de nous ; à côté de la pénalisation des formes de refus et de résistance se renforce sans cesse une exigence de participation, de mobilisation pour l’ordre social (l’économie).

Que voyons-nous chaque jour dans ces officines de l’entreprise du « social » que sont les Pôle Emploi et les CAF ? Que le chômeur, et plus généralement tout usager d’une institution sociale, est d’emblée soupçonné de fraude, de refus d’insertion, bref de mauvaise volonté. Et que cette présomption de culpabilité transforme des droits collectifs en faveurs à mériter au cas par cas, chaque allocataire ayant  à prouver sa mobilisation dans la course à l’emploi, à donner des gages d’insertion, de bonne volonté envers « l’intérêt général », sous peine de perdre ses allocations.

Et si depuis des années, on assiste (on désigna un temps par « sarkozisme » ce phénomène) à une banalisation des arrestations, des garde-à-vue, des perquisitions, des interrogatoires, comment ne pas la rapprocher de la multiplication, dans le même temps, des contrôles domiciliaires, des rdv obligatoires d’évaluation et autres contrôles humiliants que subissent tous ceux qui touchent une allocation sociale ? Petite terreur de l’agent de la CAF s’immisçant chez nous pour chercher à nous piéger, à nous couper nos moyens de subsistances, et grande terreur du juge antiterroriste qui peut te mettre en prison des années pour des textes contestataires et des fumigènes bricolés, s’opposent moins qu’elles ne se complètent. Dans une société qui ne promet plus grand chose – on parle de « crise » – , reste le gouvernement par la peur, par l’individualisation, par l’intériorisation de force de ce qui doit être la bonne conduite, le bon comportement. Qu’importe que l’inégalité règne, que la subordination de classe reste le fondement de l’économie, puisqu’il est à la portée de chacun de s’impliquer, d’être motivé, de rester employable ou de travailler à le devenir, c’est-à-dire avoir un projet de vie inscrit dans l’horizon du travail salarié. Qu’importe si rien n’est vrai, puisque c’est (la bonne) intention qui compte.

Il nous faut construire les moyens collectifs de s’attaquer à ces dispositifs qui cherchent, au tréfonds de nous, dans un binarisme absurde, soit à nous faire plaider coupable, en faute et en dette face à cette société, prêts à subir le châtiment, soit à nous épuiser à donner des preuves de notre innocence et de notre bonne volonté.

Et si nous sommes solidaires des 6 camarades dont le procès commence en même temps que la nouvelle présidence, c’est au nom d’un refus commun de ces figures qu’on voudrait nous voir incarner : le bon citoyen et le bon pauvre, le bon français entreprenant et délateur, xénophobe et travailliste.

Nous, chômeurs et précaires, continuerons à refuser de nous faire insérer de force, et à porter de bien mauvaises intentions envers cette société qui ne promet rien que nous désirions. CRACHONS DANS LA SOUPE, ELLE EST DÉGEULASSE !

LIBERTÉ POUR TOUS LES MAUVAIS PAUVRES ET MAUVAIS CITOYENS EMPRISONNÉS !

CAFards de Montreuil, collectif de chômeurs et précaires
en route vers un paradis pavé de mauvaises intentions

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[Vive l’Azawad libre !] L’« antiterrorisme » travaille

« Touaregs Solution Finale »
Entretien imaginaire avec la Machine DRS

Insi s’est rendu ce week end à Alger où il a visité les locaux du DRS (Département du renseignement et du service). Un employé de l’institution lui a fait visiter les caves de l’édifice où il y a une énorme vieille machine rouge Made in USSR. La machine, d’après l’employé des lieux, fonctionne comme un ordinateur. C’est grâce à elle que le pouvoir algérien surveille tout ce qui se passe dans la région. La machine a pour vocation aussi de répondre à des questions. Ainsi, Insi profita de l’occasion pour lui en poser quelques-unes, et voici les réponses de la machine.

Insi : Tu m’entends ?

Machine DRS : 5/5, Camarade. Terminé.

Insi : Camarade !? T’es toujours communiste ?

Machine DRS : Non, Machine Islamiste. Terminé.

Insi : T’es déréglée alors ?

Machine DRS : Non, Mission Tromper Ennemi. Terminé.

Insi : Quel ennemi ?

Machine DRS  : Ennemi Intérieur Berbère. Terminé.

Insi : Et l’ennemi extérieur ?

Machine DRS  : Berbères Etranger. Terminé.

Insi : Je peux te poser quelques questions ?

Machine DRS : Démarre Camarade. Terminé.

Insi : Tu connais le dossier de l’Azawad ?

Machine DRS : Machine DRS Connait Tout Camarade. Terminé.

Insi : Tu connais le plan concernant ce pays ?

Machine DRS : Oui. Grand Plan. Plan Solution Finale : « DFH. » [Dune est un roman de science-fiction écrit par Frank Herbert et publié aux États-Unis en 1965. L’histoire débute en l’an 10191 après la création de la Guilde spatiale. L’empereur Shaddam IV exerce son pouvoir féodal1 sur tout l’univers connu. L’humanité a conquis une grande étendue de l’univers, notamment grâce à une mystérieuse substance dénommée « Épice » ou « Mélange ». L’Épice constitue un puissant stimulant cérébral et permet à certains humains de décupler leurs capacités psychiques. De plus, elle accroît considérablement la durée de vie et immunise le corps contre de nombreuses maladies. Son origine précise est un mystère et les quantités disponibles sont rarissimes ; elle est par ailleurs impossible à synthétiser. L’ensemble de ces paramètres lui confère une valeur monétaire particulièrement élevée.] Terminé.

Insi : Qui veut dire…

Machine DRS  : DUNE Frank Herbert. Terminé.

Insi : Quel rôle jouera l’Algérie dans ce plan ?

Machine DRS : Ver Géant Sables. Terminé.

Insi : Quand est-ce que commencera ladite opération ?

Machine DRS : Déjà Commencée. Beaucoup Soldats Allah Kidal. Terminé.

Insi : Combien de soldats ?

Machine DRS  : Beaucoup. Vraie Coalition. Nuée Sauterelles : Pakistanais, Afghans, Libyens, Marocains, Tchadiens, Algériens… Mission Renforcer Positions AQMI Ansar Ddin d’Ag Aghali. Croisade Islamique. Chefs Guerre Émirs Algériens Mokhtar Belmokhtar Abdelhamid Abou Zeid. Terminé.

Insi : Quel est son objectif ?

Machine DRS : Verdir Homme Bbleu. Terminé.

Insi : Es-tu programmée pour un génocide ?

Machine DRS  : Génocide Hallal. Terminé.

Insi : Et si le MNLA résiste ?

Machine DRS : SOS Renforts El QAÏDA Internationale. Terminé.

Insi : L’Algérie n’a-t-elle donc pas peur de la réaction internationale ?

Machine DRS  : Machine Franco-Américaine Même Programme. Terminé.

Insi : Que feras-tu des Touaregs qui refuseront de se reconvertir ?

Machine DRS  : Programme Charia : Mort Enfer. Terminé.

Insi : Et si tous les Berbères se mettent du côté des Touaregs ?

Machine DRS  : Impossible ! Terminé.

Insi : Pourquoi ?

Machine DRS  : Programme Démocrate Kabyle Oblige : Non Violence. Carte Blanche Milices Algérienne. Tuer Berbères. Retour Case Départ. Terminé.

Insi : Tu oublies le MAK et le RCD ?

Machine DRS : Communiqués Indignation Post-Opération Téléchargés. Terminé.

Insi : Et le FFS ?

Machine DRS : FFS Approuve Plan. Participation Tactique Plan Extermination Touaregs. Terminé.

Insi : Et les Archs ?

Machine DRS : Fichier Effacé. Fin Activités. Dossier Ahmed Ouyehya Scellé Négocié. Poubelle. Terminé.

Insi : Et si jamais ton plan ne marhe pas ?

Machine DRS  : Machine DRS Second Plan. Plan Djamal Abdennacer. Terminé.

Insi : Qui consiste…

Machine DRS  : Activer Virus Bérabiches. Activer FNLA (Front Libération Azawad) Zahabi Ould Sidi Mohamed Maoulay Ahmed Regani Ouled Meidoum. Terminé.

Insi : Quelle est l’objectif du FNLA ?

Machine DRS : Libérer Azawad. Instaurer République Arabe Islamique Azawad. Terminé.

Insi : Et comment comptes-tu convaincre l’opinion internationale de ta solution finale ?

Machine DRS : AFP Prépare Propagande. Terminé.

Insi : N’oublie pas qu’il y a dans l’Azawad des observateurs de l’Union Européenne ?

Machine DRS : Mêmes Observateurs Élections Législatives Algériennes 2012. Terminé.

Insi : Tu as donc toutes les données ?

Machine DRS : Toutes. Terrminé.

Insi : Que veut le Mali ?

Machine DRS : Perdu Nord. État Dépassé. Terminé.

Insi : Et la France ?

Machine DRS  : Aide Logistique Algérie. Contre Partition Mali. Touaregs Toutous Gentils. Terminé.

Insi : Que veulent les Américains ?

Machine DRS : Uranium Phosphore. Terminé.

Insi : Et les Qataris ?

Machine DRS : Qataris Financent. Beaucoup Argent. Terminé.

Insi : Et les Algériens ?

Machine DRS : Comme Habitude : Razzia Vol Misère Islam Arabe Ignorance Prostitution Mosquées Drogue Alcool Coran Crime Corruption Chaos…

La machine déroule la liste des méfaits que l’Algérie s’apprête à semer dans l’Azawad. Puis, tout se bloque.

Machine DRS : Bug. Liste Trop Longue. Mémoire Insuffisante.

L’employé du DRS à Insi : Je vais débrancher, sinon elle va exploser.

L’employé débranche la machine. Insi quitte les lieux et disparait.

Tamazgha le site berbériste, 14 mai 2012


L’Algérie, pays exportateur de terrorismes et de malheurs dans l’Azawad

Dans l’une de ses dernières sorties internationales en tant que président Français, Nicolas Sarkozy affirmait que l’Algérie est le pays qui détient la clef dans l’ensemble du Sahel. Cette affirmation n’est pas fortuite, loin de là. Par le biais du DRS, l’Algérie a une grande influence dans l’Azawad grâce à la présence d’Al Qaeda au Maghreb Islamique qui n’est qu’une émanation de ses services secrets. Retour sur ces liens dont peu de personnes s’attardent.

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Pour mieux connaitre le cartel du trafic de drogue et du crime organisé qu’est AQMI, il faut faire un retour en arrière, plus particulièrement en 1992. Lors des élections locales de cette année en Algérie, un groupe islamiste, le Front Islamiste du Salut (FIS) remporte le premier tour des élections législatives Algériennes avec 82% des 231 sièges, le Front de Libération National (FLN) n’obtenant que 6% des sièges. Se sentant en danger, l’armée oblige le Président Chadli Bendjedid à la démission dans un coup d’État militaire qui ne dit pas son nom, et interrompt immédiatement le processus électoral pour voler au FIS sa victoire électorale.

Pour recouvrer sa victoire, le FIS se lance à partir de juin 1992 dans la lutte armée par le biais de son bras armé le Groupe Islamique Armé (GIA). Formé en majorité d’Algériens ayant combattus en Afghanistan et en Bosnie-Herzégovine, le GIA mènera des actions militaires qui feront plus d’un millier de mort de 1992 à 1999.

L’exemple palpable de ce machiavélisme du gouvernement Algérien est l’assassinat des 7 moines trappistes de Tibhirine. Enlevés le 27 Mars 1996, les têtes de ces 7 moines seront retrouvées décapitées deux mois plus tard. L’assassinat sera revendiqué comme son habitude par le GIA. Dans le livre Le crime de Tibhirine, révélations sur les responsables paru en 2011, des anciens agents du DRS avouent que les moines ont été enlevés sur ordre du général Smain Lamari, ancien ****chef du DRS. L’objectif poursuivi selon ses anciens agents étaient tout simplement de non seulement d’empêcher aux moines de soigner les combattants du GIA qui n’était pas sous le contrôle des DRS, mais aussi de discréditer les islamistes du FIS.

Ces assassinats macabres commandités par le DRS Algérien n’est pas le seul exemple du machiavélisme de l’Algérie. Dans La Guerre contre la vérité, Nafeez Mosaddeq Ahmed, politologue britannique et directeur de l’Institute for Policy Research and Development, affirme au bout d’une longue étude que le gouvernement algérien a instrumentalisé la création du GIA pour non seulement discréditer les islamistes qui venaient de remporter les législatives, mais aussi pour contrôler les populations qui avaient voté en masse pour ces islamistes.

Pour confirmer ce dont beaucoup d’observateurs se doutaient, de nombreux témoignages de personnes proches des renseignements Algériens diront que de nombreux crimes durant cette décennie noire ont été commis par les services secrets Algériens, et que ces crimes furent « revendiqués » par le GIA dans des medias comme le journal Al Ansar de Londres. Questionné plus tard, le rédacteur en chef de ce journal avouera ne pas vraiment savoir si c’était vraiment le GIA ou une autre organisation qui leur envoyait les communiqués à publiés au nom du GIA.

Depuis les années 2000, des milliers de combattants du GIA ont bénéficié de l’amnistie du président Abdelaziz Bouteflika dans le cadre de la loi sur la concorde civile. La minorité restante créa le GSPC pour se spécialiser dans les activités illicites. En 2007, le GSPC est devenu « Al Qaeda au Maghreb Islamique » (AQMI) pour bénéficier du logo « Al Qaeda » pour légitimiser son trafic de drogue et de crimes organisés et tromper l’opinion internationale.

Les deux leaders du GSPC étaient Abdelmalek Droukdel (Abou Mossab Abdelouadoud) un ancien agent de la DRS et Amari Saïfi (Abdel Razak El Para) un ancien sous-officier des forces spéciales algériennes. Officiellement «détenue» en résidence surveillée en Algérie sous la protection de la DRS, El Para est en fait protégé par l’Algérie contre la justice nationale et internationale.

Interrogé par notre confrère de Rue 89 en 2010 sur les liens entre AQMI et le DRS, l’un des services les plus centralisés du monde, le Professeur Jeremy Keenan, anthropologiste à l’University of London, l’un des plus grand spécialistes de la zone Sahélo-Saharienne, est on ne peut plus clair sur ces liens :

« Divers signes montrent les liens entre DRS et AQMI. Hattab, par exemple, vit aujourd’hui sous la protection du DRS, tandis que les relations entre ce service de renseignement et le chef actuel de l’AQMI, Abdelmalek Droukdel (alias Abou Mossab Abdelwadoud), fait l’objet de multiples supputations.

« Le GSPC a commencé à faire parler de lui en 2003, lorsqu’il a enlevé 32 touristes européens : 17 avaient finalement été libérés en Algérie, 14 au Mali et l’un est mort. Comme je l’ai raconté dans Dark Sahara (2009) et dans Dying Sahara, cette opération, avait été conduite par le DRS, en association avec les services de renseignements américains. Elle a sans doute été le premier test de la politique de l’administration Bush mené par une unité baptisée Groupe pour les opérations proactives et préventives (GO2P). Une politique conçue pour « fabriquer » et/ou « provoquer » le terrorisme.

« Amari Saifi (porteur de douze pseudonymes, surnommé « Le Para »), qui a dirigé l’opération, était un agent du DRS. Le ravisseur de Pierre Camatte, Abdelhamed Abou Zaïd, était l’adjoint du « Para » et responsable, à ce titre, de la zone malienne. Il bénéficierait de l’aide de deux hommes : Yahia Djouadi (alias Abou Amar), un vétéran de l’opération de 2003 et Mokhtar ben Mokhtar, sorte de «freelance» du DRS. »

La présence d’AQMI au Mali est révélatrice à elle seule des liens entre AQMI et l’Algérie. En effet, jusqu’à récemment AQMI était présent dans la région de Tombouctou, dans les zones pétrolifères. L’objectif de leur présence était d’empêcher les explorations pétrolifères et d’autres ressources naturelles présentes dans l’Azawad. L’Algérie voit également d’un mauvais œil toute exploration car elle a en commun de nombreuses nappes pétrolifères avec l’Azawad, et une utilisation assècherait rapidement les siennes. Aussi, le no-man’s land qu’il avait instauré avait pour objectif d’écarter les visées géostratégiques de pays comme la France et les États-Unis qui souhaitent tous occuper la base militaire d’Amashash sous le contrôle du MNLA depuis le 10 mars.

Durant la manifestation de soutien à l’Azawad du 4 février à Paris, Masin Ferkal, représentant de Tamazgha a souligné une vérité claire et nette : AQMI n’agit qu’en Kabylie, et en territoires Touareg ! Ces deux peuples sont les seuls qui résistent toujours au diktat du gouvernement algérien qui à défaut de les arabiser veut les rendre docile. C’est dans ce même ordre d’idées que l’Algérie n’acceptera jamais un Azawad indépendant. Car un Azawad, libre, démocratique, et laïque donnera des idées aux Amazighs de l’Algérie, notamment les Touareg (Kal Tamasheq) et les Kabyles.

L’Azawad ayant déclaré son indépendance le 6 avril dernier, d’après discussions ont eu lieu entre le gouvernement algérien qui voulait envahir l’Azawad et le DRS qui était pour une méthode plus douce. Cette méthode douce du DRS c’est l’entrée en scène des islamistes d’AQMI et d’Ansar Adine pour miner le terrain. Et si jamais cette méthode échoue dans le futur, les services secrets algériens ont pris le soin d’avoir une excuse de taille : l’enlèvement de ces 7 diplomates algériens par AQMI. Si besoin de rappel il en est, il faut noter que tous ces 7 diplomates sont des agents de la DRS qui se retrouvent aux mains de leurs collègues de la DRS d’AQMI. L’Algérie pourra donc utiliser cela comme une excuse pour envahir l’Azawad si jamais ces Islamistes n’arrivent pas à faire le travail.

L’enlèvement des diplomates algériens le 5 avril à Gao entraîne un grand nombre de questions. La première question c’est pourquoi les diplomates algériens ont décidé de rester à Gao alors que le MNLA a demandé à tous les représentants diplomatiques étrangers de quitter Gao bien avant son assaut sur cette ville le 31 mars. Une fois libéré, et étant donné les risques quant à leur sécurité compréhensible dans un jeune État en construction, pourquoi n’ont-ils pas quitté Gao ? Dans la vidéo de l’enlèvement, entre les quatorze (14) et vingtième (20) secondes, on peut voir clairement le consul algérien, supposé déjà en otage d’AQMI, qui fait un signe des yeux au cameraman comme s’il lui disait «C’est OK maintenant, tu peux arrêter de filmer». Les images parlent d’elles-mêmes.

Dans une de nos prochaines édition, nous reviendrons sur les liens entre le gouvernement et Ansar Adine d’une part, et ensuite sur la prise d’otage d’Ansar Adine par AQMI dont l’objectif est de s’assurer qu’Ansar Adine nuit à l’indépendance de l’Azawad pour le compte de l’Algérie. En tout état de cause, il est important que l’ensemble de l’opinion Azawadienne et internationale prenne conscience du jeu macabre que joue l’Algérie dans le dossier de la décolonisation de l’Azawad.

Acherif Ag Intakwa

Toumast Press, 11 mai 2012

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Marche pour Amine Bentounsi tué par la police à Noisy-le-Sec

Nous étions une petite centaine hier soir à Noisy-le-Sec à demander dignité, vérité et justice pour Amine Bentounsi.

Avec beaucoup de ses proches, des jeunes et des moins jeunes du quartiers nous avons marché jusqu’au lieu où Amine a été abattu par la police.

Tout le long du trajet nous avons crié « que justice soit faite » … Des ballons pour la mémoire d’Amine et pour la justice ont été accrochés.

La sœur d’Amine a également dénoncé tous les autres crimes commis par la police sans que la justice n’ait été faite. À l’heure actuelle le policier qui a tiré sur Amine a (pour une fois) eu le chef d’inculpation d’homicide volontaire mais rien est encore certain quant à la suite de la procédure.

La famille a encore dû se « justifier » sur Amine. Rappeler qu’il n’était pas en prison pour avoir fait du mal à quelqu’un (il avait pris par exemple 10 ans pour un braquage sans violence d’un supermarché).

Nous rappelons qu’en aucun cas la famille d’une personne tuée par la police ne devrait avoir à se justifier de ce genre de chose. Sans cela, cela impliquerait que n’importe quelle personne jugée (au libre arbitre ou parce qu’il a un faciès qui ne revient pas aux fonctionnaires ou parce qu’il a un casier), dangereux par la police aurait le droit d’être tué.

La sœur d’Amine l’a très bien dit : « il ne faut pas inverser les rôles  »…

Pourtant beaucoup de policiers ont le culot de manifester (encore) pour que la justice ne se fasse pas. Avec cela et avec eux, les médias salissent et blessent encore un peu la mémoire et la famille d’Amine en occultant jusqu’à son nom en le nommant juste le « multirécidiviste »…

QU’ON LAISSE AMINE REPOSER EN PAIX. QUE DIGNITÉ ET JUSTICE SOIT FAITES POUR LUI, SA FAMILLE ET TOUS LES AUTRES TUÉS PAR L’ÉTAT.
RESTONS MOBILISÉS ET SOLIDAIRES.

Vidéo : www.youtube.com/watch?v=H2yOlDeVAMQ

Presse :
videos.tf1.fr/jt-we/manifestation-a-noisy-le-sec-a-la-memoire-d-amine-bentounsi-7240932.html
www.europe1.fr/France/Noisy-le-sec-rassemblement-pour-Amine-1080751/
www.francetv.fr/info/les-parents-de-l-homme-tue-par-un-policier-se-portent-parties-civiles_90263.html

Témoignages de proches d’Amine :
sonsenluttes.net/spip.php?article453
actu.orange.fr/revue/actualite/mort-d-amine-bentounsi-la-balle-aurait-ricoche-365739/#read-363818
www.wat.tv/video/morandini-zap-proches-amine-50b9n_2exyv_.html

À toutes les victimes des États policiers, 13 mai 2012

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Solidarité aux inculpés suite à l’explosion de Chambéry

APPEL à SOLIDARITÉ aux inculpés suite à l’explosion de Chambéry le 25 mai 2012 à partir de 8h00 au TGI de Chambéry (73)

Sous tous les régimes politiques, la justice a le rôle de protéger le pouvoir dominant et donc de neutraliser et détruire toutes dynamiques nuisant au contrôle de l’État sur la population.

Le 1er mai 2009, une explosion survenue suite à une maladresse lors de la manipulation d’un engin explosif à Cognin (Chambéry) causa le décès de Zoé et de multiples blessures à son compagnon. Immédiatement, la SDAT (sous direction anti-terroriste) s’empara du dossier et employa de gros moyens répressifs puis déclassa l’affaire en juridiction ordinaire après une année d’investigation. Le 25 mai 2012 au tribunal de Chambéry, une personne comparaîtra pour des infractions aux lois sur les explosifs et trois autres pour destruction de preuves.

En fonction de leurs pratiques (vols, économies parallèles, outrages, rebellions et mauvaises intentions en tout genres, etc. ) et/ou de leurs origines sociales, ethniques ou religieuses, des milliers de gens se retrouvent dans le collimateur de l’État. Ce procès est un affrontement parmi tant d’autres dans la guerre sociale se déroulant dans notre quotidien.

C’est dans ce contexte et pour montrer à la justice que les multiples murs de la répression ne sont pas infranchissables que nous vous invitons à participer au procès et soutenir les accusés ou à vous rassembler devant le tribunal afin que les nuisances de la justice ne passent pas inaperçues dans le quotidien morose de son monde métropolicien.

Vous pourrez bien entendu boire du thé et du café, de la soupe à midi, lire des brochures sur diverses thèmatiques anti-autoritaires (anti-carcérale, écologie radicale, féminisme, antispécisme, etc.), et grogner sur les sbires du pouvoirs (flics, juges, procureurs, mâtons, journalistes, citoyennistes, etc.).

Il est important de briser l’isolement du banc des accusés et des cellules carcérales en élaborant des outils collectifs pour créer un rapport de force contre l’institution judiciaire et l’administration pénitentiaire. Il est important de développer la révolte afin de déconstruire notre pacification cultivée par l’État pour maintenir ses privilèges. Un monde qui a besoin de la justice et de prisons ne peut pas être émancipatif et par conséquent doit être combattu par tous les moyens possibles. De tout cœur et rage avec celles et ceux qui se prennent ce système de merde dans la gueule.

Destruction de toutes formes d’autorités et de dominations
Solidarité active envers les personnes en lutte
Liberté pour tous/tes les prisonnier/ères

Contact

Indymedia Paris, 14 mai 2012

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L’école de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure !

Candidat, François Hollande avait axé sa campagne sur les questions d’éducation.

Président, il place sa cérémonie d’investiture sous la figure et l’héritage de Jules Ferry avec un hommage à la statue du ministre aux Tuileries.

Ce choix est un signal inquiétant.

D’abord parce que Jules Ferry est l’homme de la colonisation (« Si nous avons le droit d’aller chez ces barbares, c’est parce que nous avons le devoir de les civiliser […] Il faut non pas les traiter en égaux, mais se placer au point de vue d’une race supérieure qui conquiert » (Discours à la jeunesse, mars 1884).

Quant à « son » école, construite sur les décombres de la Commune de Paris, si elle fut bien une école « pour » le peuple, elle ne fut jamais l’école « du » peuple : « Il est nécessaire que le riche paye l’enseignement du pauvre, et c’est par là que la propriété se légitime » affirme celui qui entendait surtout, grâce à ses lois scolaires, « clore l’ère des révolutions ».

Nous profitons donc de l’occasion pour faire circuler le chapitre « Un mythe qui a la vie dure : l’école de Jules Ferry selon Foucambert », extrait de l’ouvrage Pédagogie et Révolution (Grégory Chambat, éditions Libertalia, 2011, 203 p., 14 EUR – vente en librairie et en ligne)

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