[Justice pour Hakim Ajimi] « Les policiers qui ont tué Hakim, ont été jugés, condamnés, mais ils ne sont pas punis. Ils continuent à travailler à Grasse »

À Grasse, la famille Ajimi est toujours « en quête de justice »

La mobilisation en mémoire d’Abdelhakim Ajimi, ce garçon de 22 ans mort en 2008 lors de son interpellation par les forces de l’ordre, ne fléchit pas. Ce dimanche, quatre ans presque jour pour jour après le décès du jeune homme, la famille, les membres du comité de soutien et quelques élus locaux étaient présents à Grasse, boulevard Victor-Hugo, à l’endroit même du drame. Nombreux, recueillis et dignes, comme pour toutes les actions entreprises jusqu’ici.

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De très nombreuses personnes étaient présentes, hier, pour la marche silencieuse organisée à la mémoire de Hakim Ajimi.

« Nous sommes là pour la mémoire de mon fils mais aussi, pour demander, encore et toujours, que la justice fasse son travail, nous disait Boubakeur Ajimi. Les policiers qui ont tué Hakim, ont été jugés, condamnés, mais ils ne sont pas punis. Ils continuent à travailler à Grasse. Pour nous, c’est inadmissible. On attend toujours que Dominique Baudis, le Défenseur des droits, fasse quelque chose, comme il s’y était engagé. » Le père de la victime a, une fois de plus, remercié les membres du comité « Justice et vérité pour Hakim », toujours présents à ses côtés… « Beaucoup d’amis nous soutiennent. C’est réconfortant. Sans eux, les choses n’auraient jamais avancé. Mais, encore une fois, les policiers n’ont pas été punis. Et cela nous met en colère. »

Mêmes propos dans la bouche de Dorsaf Briki, la porte-parole du comité, qui assène : « Nous allons continuer à demander vérité et justice pour Hakim. »

Après le court rassemblement sur le boulevard Victor-Hugo, un cortège s’est formé pour une marche silencieuse en direction de l’ancien commissariat de police, là où la mort de Hakim Ajimi avait été constatée, puis du nouvel hôtel de police.

En février dernier, au terme de quatre années de procédure judiciaire, deux agents de la brigade anticriminalité (Bac) avaient été reconnus coupables et condamnés, pour homicide involontaire et non-assistance à personne en péril, à des peines de dix-huit et vingt-quatre mois de prison avec sursis. Un agent de la police municipale a également écopé de six mois avec sursis. Ces policiers ont fait appel de leur condamnation. Tous les autres prévenus dans cette affaire ont été relaxés.

Leur presse (NiceMatin.com, 13 mai 2012)

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