[Retour de baton] Vingt milliers d’ouvriers du textile en grève au Cambodge

Des milliers d’ouvriers du textile en grève au Cambodge

La tension est montée d’un cran lundi 28 avril au Cambodge autour des salaires dans le secteur-clé du textile qui emploie 650’000 personnes. Une grève touchait une trentaine d’usines situées dans deux zones économiques spéciales près de la frontière avec le Vietnam, selon Pav Sina, représentant du Syndicat collectif du mouvement des travailleurs, qui estime qu’environ 20’000 ouvriers sont en grève.

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Distribution de tracts appelant à la grève, le 9 avril, dans la banlieue de Phnom Penh.

Le mouvement, qui a commencé la semaine dernière avec quelques milliers de grévistes et a pris de l’ampleur lundi, est motivé par l’exigence d’une prime de 50 dollars « en récompense du fait de n’avoir pas fait grève » lors de manifestations récentes, a précisé Pav Sin. Aucun chiffre n’a pu être obtenu du côté des entreprises ou du gouvernement sur l’impact de cette grève sur la production.

UN SECTEUR EN PLEINE TURBULENCE

L’Association cambodgienne des industriels du textile (GMAC) a démenti sur son site Internet avoir fait la moindre promesse de prime aux ouvriers en échange de leur docilité. L’association est allée jusqu’à demander aux autorités d’empêcher les « activités illégales » des contestataires, assurant que des grévistes avaient jeté des pierres sur les usines et fait pression sur leurs collègues se rendant au travail. « Ces incidents vont se répandre à d’autres zones s’ils ne sont pas empêchés », a plaidé la GMAC.

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District security personnel outside Phnom Penh Municipal Court on Friday carry an activist away from a demonstration in support of the 23 people detained during January’s garment strikes.

Ce nouveau mouvement de grève intervient alors que le secteur du textile est en pleine turbulence, après un mouvement de plusieurs mois qui s’est achevé début 2014 par une intervention de la police qui avait fait au moins quatre morts. Le procès de 23 militants et ouvriers arrêtés alors a commencé vendredi à Phnom Penh, malgré les appels internationaux pour leur libération. Les ouvriers réclamaient un doublement du salaire minimal, à 160 dollars par mois (117 euros).

Les syndicats prévoient de défiler jeudi 1er mai à Phnom Penh pour rappeler leurs exigences. Sur les 650’000 ouvriers du secteur, 400’000 au moins travaillent pour des sous-traitants de grandes marques internationales, secteur vital pour l’économie du Cambodge.

Presse esclavagiste (LeMonde.fr, 28 avril 2014)

 

Cambodge : procès de 23 manifestants du secteur textile

Le procès de 23 militants et ouvriers cambodgiens, arrêtés lors de la répression sanglante d’une grève d’ouvriers du textile en janvier, a commencé vendredi à Phnom Penh, malgré les appels internationaux pour leur libération.

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Les 23 militants et ouvriers du textile cambodgiens arrêtés lors de la répression sanglante d’une grève en janvier sont escortés vers le tribunal de Phnom Penh pour leur procès, le 25 avril 2014.

Cette affaire a encore amplifié les inquiétudes des défenseurs des droits de l’Homme concernant la répression des manifestations visant à défier le Premier ministre, Hun Sen, au pouvoir depuis près de 30 ans.

Selon des groupes de défense des droits de l’Homme, les 23 accusés, dont la plupart sont détenus depuis leur arrestation, risquent cinq ans de prison, notamment pour violences volontaires.

« Les ouvriers n’ont blessé personne », a assuré Kong Athit, de la Confédération cambodgienne du travail, dénonçant des accusations « politiquement motivées ».

Après le témoignage de plusieurs des accusés, qui ont assuré n’avoir commis aucune violence, le procès a été ajourné jusqu’au 6 mai, a indiqué Am Sam Ath, de la Ligue cambodgienne de défense des droits de l’Homme (Licadho), qui suit l’affaire.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le tribunal municipal de Phnom Penh à l’ouverture du procès, aux cris de « Libérez les 23 ! ».

Début janvier, au moins quatre civils avaient été tués lorsque la police avait ouvert le feu sur des ouvriers du textile en grève qui réclamaient un doublement du salaire minimum, à 160 dollars par mois (117 euros).

Un adolescent de 16 ans blessé lors de ces événements est d’autre part toujours porté disparu, selon les militants, qui dénoncent la culture de l’impunité dans le pays.

Le secteur textile, qui produit notamment des vêtements pour des grandes marques internationales comme Gap, Nike ou H&M, est crucial pour l’économie d’un des pays les plus pauvres de la planète.

La Confédération internationale des syndicats a lancé une campagne « Libérez les 23 », appelant à faire pression sur les ambassades cambodgiennes à travers le monde.

« La justice cambodgienne doit mettre fin à ces poursuites sans fondement contre des ouvriers du textile et des défenseurs des droits de l’Homme qui ont été battus et détenus pendant plusieurs mois pour avoir manifesté pacifiquement pour demander un salaire minimum suffisant », a commenté Karim Lahidji, président de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

Deux autres personnes ont comparu séparément vendredi pour des accusations similaires en lien avec des affrontements entre des ouvriers du textile et la police en novembre, lors desquels une femme avait été tuée.

Au lendemain des morts de janvier, les autorités avaient interdit tout nouveau rassemblement dans la capitale, que ce soit des ouvriers du textile ou de l’opposition, qui réclame de nouvelles élections après celles de juillet, selon elle entachées de fraudes massives.

En février, l’interdiction de manifester avait été officiellement levée, mais le mois dernier, la police anti-émeute avait violemment dispersé des manifestants réclamant une licence pour créer une chaîne de télévision indépendante, indiquant qu’ils n’avaient pas la permission de se rassembler.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer via LExpress.fr, 25 avril 2014)

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