[Révolution tunisienne] Grèves générales à Gafsa, Gabès et Siliana

Grèves en Tunisie : les locaux d’Ennahdha incendiés à Gafsa, heurts à Siliana

Alors que trois régions du centre de la Tunisie étaient en grève générale, mercredi, des violences ont éclaté à Siliana et Gafsa. Dans cette dernière ville, les locaux du parti islamiste Ennahdha (au pouvoir) ont été incendiés.

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Alors que plusieurs régions de Tunisie sont paralysées par des grèves, les violences se multiplient dans le pays. Stratégique en raison de ses mines de phosphates, la région de Gafsa a montré qu’elle était toujours à la pointe de la contestation. Mercredi, plusieurs centaines de manifestants ont d’abord tenté de forcer l’entrée du siège du bureau du gouverneur. Repoussés par la police, ils ont ensuite attaqué le siège du parti islamiste au pouvoir, Ennahdha.

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http://juralib.noblogs.org/files/2013/12/07.jpgEn l’absence de la police, ils ont sorti des dossiers des locaux ainsi que des meubles et les ont brûlés dans la rue, empêchant les pompiers d’intervenir. Le déclencheur de la grève et de la colère dans la région a été la décision du gouvernement de ne pas inclure Gafsa dans la liste des gouvernorats où des facultés de médecine et centre hospitaliers universitaires seront bâtis dans les années à venir. Pour l’antenne locale de la centrale syndicale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), cette décision illustre les disparités de traitement entre les différentes régions du pays, un des facteurs de la révolution de 2011.

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Jets de pierre et gaz lacrymogène

Deux autres régions sont concernées par les grèves : Gabès et Siliana. Dans cette dernière, à 150 km au sud-ouest de Tunis, de violents heurts entre policiers et manifestants se produisaient dans l’après-midi, un an jour pour jour après les émeutes qui y avaient fait plus de 300 blessés. Des dizaines de manifestants ont jeté des pierres sur la police, qui a répliqué avec violence avant de pourchasser en voiture les protestataires. Lesquels se sont ensuite de nouveau rassemblés aux abords du siège de la garde nationale où ils ont recommencé à jeter des pierres, sous les gaz lacrymogène des forces de l’ordre. Un photographe de l’AFP présent sur les lieux a été légèrement blessé à la tête par un jet de projectile.

À Siliana, la grève générale a été organisée pour marquer le premier anniversaire du mouvement social qui avait été violemment réprimé pendant trois jours, au prix de plus de 300 blessés, notamment touchés par des tirs de chevrotine. Les organisateurs de la grève, le puissant syndicat UGTT en tête, reprochent aux autorités de ne pas avoir tenu leur promesse d’aider les blessés et d’investir pour lutter contre la pauvreté et le chômage.

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Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 27 novembre 2013) via Brèves du désordre

 

50 agents des forces de l’ordre et un journaliste blessés à Siliana dans des actes de vandalisme

En marge de la marche pacifique qui a eu lieu à Siliana, hier, cinquante agents de l’ordre et un journaliste ont été blessés par des délinquants, annonce aujourd’hui le ministère de l’Intérieur dans un communiqué publié sur sa page Facebook.

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Selon le ministère de l’Intérieur, des délinquants ont tenté de prendre d’assaut le district de la sécurité nationale de la ville, et y ont jeté des pierres et autres objets et ce jusqu’après la tombée de la nuit puisque ces actes de vandalisme se sont poursuivis jusqu’à 21 heures.

Ces attaques ont fait cinquante blessés parmi les forces de l’ordre dont deux sont dans un état grave. Le journaliste Abdelfatteh Belaid a été agressé au niveau de la tête.

Ces délinquants ont également tenté de piller et vandaliser des commerces, ils ont vandalisé des moyens de transport public, le bureau du délégué de la région et la station de transport.

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Le ministère de l’Intérieur aussi qu’il a fermement l’intention de poursuivre en justice ces délinquants et félicite par ailleurs, les agents présents à Siliana et qui ont fait preuve de retenue et de professionnalisme, n’ayant recours au gaz lacrymogène que dans les cas extrêmes [« 73 agents de sureté ont été blessés lors des derniers incidents de Siliana, rapporte le journal Le Maghreb, sur la base d’une déclaration qui lui a été faite par Riadh Rezgui, porte- parole du Syndicat National des Forces de la Sécurité Intérieure (SNFSI). D’énormes dégâts ont été affichés a indiqué la même source précisant que les unités sécuritaires se sont empêchées d’utiliser la force ou du gaz lacrymogène conformément aux instructions. » Presse contre-révolutionnaire (AfricanManager.com, 30 novembre 2013)].

Reste maintenant à connaître le nombre de personnes qui ont été arrêtées lors de ces actes de vandalisme ?!

Presse contre-révolutionnaire (Webdo, 28 novembre 2013) via Brèves du désordre

 

Gafsa : Le ministère de la Défense ouvre une enquête contre les agresseurs d’une unité militaire

Le ministère de la Défense nationale a condamné « avec force » l’agression qui a eu pour cible un détachement militaire, le 27 novembre 2013 devant le siège du gouvernorat de Gafsa.

Ce jour là, des fauteurs de troubles avaient tenté de s’en prendre à cette unité, d’agresser ses membres et de s’attaquer à ses véhicules dans le but de la dissuader de remplir sa mission, d’après le porte-parole du ministère, le colonel-major Taoufik Rahmouni, qui en a fait état à l’agence TAP.

Le colonel-major Rahmouni a confirmé l’appel lancé par le ministère à toutes les parties, les engageant à « cesser de tenter de fourvoyer l’armée nationale dans les querelles politiques ou de l’amener à riposter à des provocations injustifiables ». « L’unité concernée avait pour mission d’aider à la protection du siège du gouvernorat en tant que bien de la communauté nationale », a-t-il rappelé.

Le porte-parole a, en outre, réaffirmé l’engagement de « l’ensemble des membres des forces armées à respecter le serment fait au peuple de protéger le pays et la population en toutes circonstances, avec honneur et loyauté, dans la discipline, avec retenue et dans le respect constant des lois de l’État et des règlements de l’armée nationale ». « Le ministère public militaire a pris sur lui de diligenter une information judiciaire, afin de faire la lumière sur les faits incriminés et de déterminer les responsabilités pénales des parties concernées et de leurs éventuels commanditaires », a-t-il ajouté.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/12/08.jpgLe gouvernorat de Gafsa avait connu, mercredi dernier, une grève générale régionale, destinée à revendiquer « le droit légitime à un développement équitable et à une vie décente » et à dénoncer la persistance de la politique de marginalisation et d’exclusion.

Ce mouvement s’est accompagné de manifestations, au cours desquelles un groupe de protestataires ont investi le siège du gouvernorat.

Presse contre-révolutionnaire (TAP via AfricanManager.com, 29 novembre 2013)

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