[Qui a tué Clément Méric ?] « Tandis que FN et UMP rivalisent dans l’ignominie raciste, Valls et le gouvernement continuent la même politique xénophobe que le précédent gouvernement »

Après la mort de Clément

Dans la nuit du 5 au 6 juin 2013, Clément Méric, jeune militant syndicaliste et antifasciste de 18 ans, est mort suite à une violente agression commise par des néo-nazis proches des JNR. Militant à l’Action Antifasciste Paris et Banlieue et au syndicat SUD Étudiant de Sciences Po, Clément Méric a été assassiné pour son engagement antifasciste et antiraciste.

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Les agresseurs ont rapidement été arrêtés, les JNR, groupe néo-nazi, devraient être très rapidement dissous… Et pourtant, si les meurtriers doivent bien entendu être jugés et condamnés, cela donne l’impression que n’ont été arrêtés que les bras et pas la tête. Quoiqu’en dise Marine Le Pen, les JNR et autres néo-nazis aux crânes rasés, s’ils apparaissent de moins en moins sur les photos de famille, sont loin d’être des inconnus pour la direction du Front National. Le 1er Mai 2012 encore, des membres des JNR étaient présents à la manifestation du FN, et pas comme simples participants, mais comme garde rapprochée du millionnaire borgne et de sa fille.

La mort de Clément n’est en rien un « tragique fait divers », « une bagarre qui a mal tournée » ou l’œuvre de psychopathes dans une douce France. Cela fait des années que les violences néo-nazies, racistes et homophobes se multiplient dans bien des villes et villages de France. À Lyon, plusieurs fois, des jeunes antifascistes ont été hospitalisés suite à des agressions de l’extrême-droite. En août, c’est à balles réelles que des racistes ont tiré sur des jeunes Arabes à Aigues-Mortes dans le Gard. À Marseille et à Lille, de véritables pogroms ont eu lieu contre des campements Rroms. Récemment, droite et extrême-droite manifestaient aux côtés de néo-fascistes hurlant des slogans homophobes. Et ce ne sont là que quelques exemples les plus marquants, on ne compte plus le nombre d’agressions racistes, de profanations de cimetières musulmans ou juifs, de tags nazis sur les murs de mosquées ou de synagogues, d’attaques contre des bars gays, etc.

Le racisme se banalise et cela fait des années déjà que les plus violents appels à la haine contre des êtres humains sous prétexte de leurs couleurs de peau, de leurs origines ou de leurs nationalités ne sont plus l’apanage de la seule extrême-droite. Pendant cinq longues années, depuis les plus hauts sommets de l’État, ont été déversés les plus réactionnaires discours et politiques nationalistes contre les immigrés et les Rroms. Sarkozy surfant sur les discours du FN avec la viande hallal lors des dernières élections, Copé avec son pain au chocolat et plus récemment c’est Didier Réault, conseiller municipal et général UMP de Marseille, qui lance un appel au pogrom anti-rroms sur son compte twitter, tandis que son comparse le député Guy Teissier avait déclaré que « dix Rroms c’est déjà trop ».

Et tandis que FN et UMP rivalisent dans l’ignominie raciste, Valls et le gouvernement continuent la même politique xénophobe que le précédent gouvernement. Le lendemain de la mort de Clément, ce sont des centaines d’agents de police qui ont été dépêché à Barbès pour y effectuer une des plus grande rafle de ces dernières décennies.

Les gros bras de l’extrême-droite ne tombent pas du ciel, ils ne sont pas une « folie » dans un monde rationnel, ils sont la création de cet ordre social, le produit des discours racistes et nationalistes, le produit aussi de la crise du capitalisme qui cherche des boucs-émissaires et des politiciens qui préfèrent diviser les travailleurs entre eux plutôt que de s’en prendre aux patrons et aux actionnaires. Les néo-nazis qui ont assassiné Clément ont été arrêtés et seront jugés pour leur crime. C’est une bonne chose, mais le ventre duquel sort la bête immonde de l’extrême-droite est non seulement encore fécond, mais cette fécondité est renforcée jour après jour par les capitalistes et politiciens de droite comme de gauche.

Camille Boudjak – Initiative Communiste-Ouvrière, 13 juin 2013

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