Les fascistes ont des noms et des adresses

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Didier Réault

Des élus UMP vomissent leur antitziganisme

Si l’extrême-droite a assassiné un jeune antifasciste dans les rues de Paris le 5 juin, les appels à la haine raciste se banalisent. Samedi 8 juin, un conseiller général et municipal UMP de Marseille (Bouches-du-Rhône), Didier Réault, a appelé sur Twitter à jeter des cocktails Molotov sur des campements Roms de la ville. Il réagissait à un article d’Europe 1, qui annonçait que trois cocktails Molotov avaient été jetés, sans faire de blessé, dans la nuit de jeudi à vendredi contre des caravanes occupées par des familles Roms à Hellemmes (Nord), près de Lille.

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Dans ce tweet, Didier Réault écrit : « Bientôt à Marseille pour la même action. » Le hashtag #Capelette fait référence au canton de la Capelette, où près de 400 roms d’origine roumaine et bulgare vivent depuis un an dans des conditions sanitaires déplorables, selon France 3 Provence-Alpes.

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Bidonville de Roms à Marseille (Bouches-du-Rhône), début juin 2013.

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Une cinquantaine de Roms, dont plusieurs familles, vivent dans le squat de la Capelette (10e).

Largement pris à partie sur Twitter, l’homme politique n’a pas remis en question son tweet mais parlé d’une « exagération de la critique » quand ses détracteurs ont souligné qu’ils s’agissait d’un « appel au meurtre ».

La veille, le concurrent UMP du maire sortant Jean-Claude Gaudin, le député Guy Teissier, était venu rendre visite aux résidents de la Capelette. Il avait tenu des propos très durs envers les Roms, indique marsactu.fr, estimant que « 2000 Roms » présents dans cette ville, c’était « trop ». « Même s’ils étaient dix, c’est encore trop », selon lui.

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Guy Teissier – VOIR LA VIDÉO

Lorsque des « élus de la République » se permettent d’appeler au meurtre et à la violence contre un peuple, en l’occurrence les Rroms, victimes de violences et de discriminations racistes à travers toute l’Europe, victime sous le régime nazi d’un génocide, comment s’étonner que quelques gros bras se permettent d’assassiner un militant antifasciste au cœur de Paris ?

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Mémorial du génocide des Rroms et Sinti sous le régime nazi à Darmstadt

Solidarité ouvrière, 9 juin 2013

 

Hellemmes : des cocktails Molotov lancés contre le village des Roms

Ce vendredi, vers 2h30 du matin, des individus ont lancé trois engins incendiaires sur un village d’insertion de familles roms. Il n’y a ni blessés ni dégâts, mais les familles ont eu peur.

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Hier, les élus, riverains et membres des associations ont défilé au parc Engrand pour soutenir les Roms « qui ont eu très peur ».

Le village d’insertion des Roms d’Hellemmes est constitué de cinq familles installées sur le parc Engrand, depuis la fin 2012. C’est là, ce vendredi vers 2h30 du matin, qu’une voiture s’arrête, rue Jacquard en bordure du parc. Les occupants profèrent des menaces contre les villageois puis lancent trois cocktails Molotov. Les engins atterrissent dans l’herbe, l’un à moins d’un mètre d’une caravane, mais n’explosent pas. La voiture prend la fuite. Le brouhaha réveille les familles et surtout les petits. « Dans la caravane la plus proche, il y a cinq enfants dont un bébé de six mois », s’inquiète un des occupants. Il n’y a ni dégâts ni blessés. Les policiers arrivent et saisissent les restes des objets incendiaires. L’enquête est confiée à la Sûreté de Lille. Selon un papa, des attaques depuis la rue Jacquard arrivent « toutes les trois semaines. La dernière fois, on nous avait lancé des briques ».

Nombreux soutiens

Cet après-midi, les visages étaient fatigués alors que, depuis le matin, les visiteurs apportaient leur soutien. Dont le maire, Frédéric Marchand, « qui a informé le préfet et demandé que la police passe plus régulièrement », expliquait sur place Évelyne Ledez, adjointe à l’action solidaire. D’autres mesures suivront, dont le déplacement de la caravane la plus exposée.

L’attaque surprend d’autant que beaucoup d’opposants au village auraient « changé d’avis, assure un membre de l’Atelier solidaire qui assiste les villageois. Ceux qui ont fait cela (lancé les cocktails Molotov) ne sont pas d’Hellemmes. Leur but est de terroriser ». Évelyne Ledez rappelle que, au contraire, le quartier « soutient ces familles » (ainsi qu’un collectif d’Hellemmois). « Elles sont domiciliées au CCAS depuis 2009, précise sa directrice Sandra Langevin, et tous les enfants sont scolarisés. » Un papa a trouvé du travail. La ville et les associations entendent les amener à l’emploi et à un vrai logement : « Ce sont bien des habitants du quartier en parcours d’insertion. »

Leur presse (Arnaud Dufresne, lavoixdunord.fr, 8 juin 2013))

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