[Comment ça marche ?] Les méthodes policières

L’ancien enquêteur de la police criminelle de Brooklyn, Louis Scarcella, est soupçonné d’avoir falsifié des témoignages pour obtenir des condamnations. Cinquante de ses affaires vont être réexaminées.

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Louis Scarcella

Quelque 50 affaires de meurtres réexaminées à New York. Dans le collimateur, l’ancien détective de la police criminelle Louis Scarcella. La récente libération de David Ranta, condamné en 1991 à 37,5 ans de prison pour le meurtre d’un rabbin, a jeté le doute sur les affaire traitées par le détective. Et pour cause, il aurait encouragé des témoignages compromettants afin d’obtenir des condamnations.

Dans le cas de David Ranta, un jeune homme a été amené à fournir un faux témoignage, explique le New York Times. Autre cas douteux : la même prostituée aurait témoigné à six reprises dans six affaires différentes.

Des méthodes de cowboy

Réputé pour tordre le cou aux affaires les plus difficiles, Louis Scarcella, qui rejoint l’équipe de police criminelle de Brooklyn Nord en 1987 alors que la criminalité battait des records à New York, aurait usé de méthodes particulières : il aurait nourri les suspects en échange d’aveux, leur aurait permis de voir des prostituées ou même d’obtenir de la drogue, d’après The Independent. L’avocat de David Ranta décrit un enquêteur aux méthodes de « cowboy ». Un cas de violences envers un suspect est également évoqué. Scarcella, lui, parle juste d’un don pour obtenir les témoignages compromettants.

Theresa Capra n’est pas de cet avis. En 2002, cette directrice adjointe d’un établissement scolaire de Brooklyn a été accusée par un enseignant de falsifier des résultats. Le principal de l’établissement et l’académie sont mis en cause. L’affaire a été confiée à Louis Scarcella, retiré de la police criminelle, bien décidé à faire plier les coupables. Au terme d’un an d’enquête — le New York Times rapporte des interrogatoires mouvementés et des menaces répétées — le rapport est accablant. Après contre-enquête, il s’avère que le dossier a été monté de toutes pièces, Scarcella ayant agi comme un « agent » de l’accusateur. Theresa Capra est lavée de tous soupçons en 2007.

Y a-t-il d’autres cas ?

Sur les quelque 175 enquêtes pour meurtre traitées par Scarcella, une cinquantaine devrait être réexaminées. Mais dans la mesure où il a travaillé main dans la main avec des procureurs, « leur confier l’enquête aujourd’hui revient à demander au renard de veiller sur le poulailler » déplore Jeffrey Deskovic, ancien détenu innocenté. Avec sa Fondation pour la Justice, il compte bien mener une enquête indépendante sur le travail de Louis Scarcella.

Si d’autres cas sont avérés, le délai de prescription devrait toutefois permettre à Scarcella d’échapper à des poursuites judiciaires.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LExpress.fr, 13 mai 2013)

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