[Avignon] Contre la LEO et son monde !

Vaucluse : Notre-Dame-des-Landes à Avignon

Notre-Dame-de-Landes/Avignon, même combat. Ici, le collectif des “paysans sans terre” ne s’oppose pas à la construction d’un aéroport, mais d’une voie rapide, baptisée LEO pour liaison est-ouest. Ici encore, le goudron menace une zone agricole d’exception.

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Plus de 200 défenseurs des terres fertiles, comme ils aiment à se définir, ont défilé hier matin dans les rues d’Avignon pour dénoncer le projet de déviation dans la Ceinture Verte d’Avignon.

250 militants arrivés hier

Mais en dehors de quelques associations de riverains, plutôt isolées, et de quelques mouvements environnementalistes, le dossier est soutenu par une large part de la classe politique avignonnaise. Gauche et droite confondues. Tout juste s’écharpe-t-on sur le tracé de la future déviation. Seul Europe écologie-Les Verts est contre. Pour éviter que la résignation ne gagne du terrain, un groupe de “défenseurs des terres fertiles” a donc quitté Notre-Dame-des-Landes pour prêter main-forte à ses “frères d’armes” provençaux.

Une organisation parfaitement huilée. En moins de 24 heures, en effet, près de 250 militants ont investi un délaissé de la voie TGV à deux pas du futur axe routier. Ils ont débroussaillé le terrain, monté les tentes, dressé des chapiteaux, installé des toilettes, un réfectoire et une infirmerie.

Point d’orgue de cette action, la manifestation qui s’est déroulée, hier matin, dans les rues d’Avignon avant de se conclure par la plantation d’un champ de patates !

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Le collectif qui s’est donné le nom de LEO-part veut susciter les vocations. Il espère voir d’autres groupes occuper les maisons expropriées par l’État dans la Ceinture Verte d’Avignon, cultiver les terres abandonnées et entraver le projet.

Leur presse (Jean-François Garcin, Vaucluse Matin via LeDauphine.com, 28 avril 2013)

 

Avignon : « LEOpart » à la reconquête des terres agricoles

À l’appel d’un collectif, ils étaient plus de quatre cents hier à rallier un campement posté en bordure de la voie TGV pour une manif-occupation-plantation anti-LEO jusqu’à mercredi.

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Visages masqués pour certains, les manifestants étaient près de 400 une fois arrivés au campement.

La pluie ne les a pas arrêtés. Armés de bêches, de pelles et de râteaux, imperméables sur le dos et banderoles à bout de bras, une centaine de défenseurs des terres agricoles ont mis hier matin le cap sur le sud de la ville. Direction le pont-rail de la voie TGV pour une « manif-occupation-plantation », conduite par un nouveau collectif dénommé « LEOpart », en lutte contre le projet du barreau autoroutier de la Liaison Est-Ouest.

« Une dynamique »

« Gardons, préservons notre terre nourricière. Non, non au béton » lit-on sur une banderole. Ou cette autre plus sarcastique, où juste à côté du nom de Vinci Park, l’entreprise de construction, est écrit : « Un hectare occupé, le 2e offert. Semis fournis ». À 10 heures, sur fond de percussions en tout genre, producteurs, anciens exploitants, habitants de la ceinture verte, mais aussi résidants d’Avignon, des villes de la région Paca et de toute la France, parents, enfants, actifs, retraités, membres de collectifs ou d’associations environnementales, simples citoyens ont répondu massivement à l’appel de « LEOpart ».

« Une dynamique » (comme ils aiment s’identifier), emmenée par le réseau Reclaim the fields et le Collectif de défense des terres agricoles, pour former un important cortège jusqu’aux remparts de la ville et rallier un nouveau groupe posté à l’Abbaye Saint-Ruf afin de grossir à nouveau les rangs, avant de repartir du coup à plus de quatre cents personnes vers les terres délaissées de la voie TGV sur la ceinture verte.

Là, ils occuperont sous la forme d’un campement, et ce pendant quatre jours, les terres menacées par le projet de deux fois deux voies et effectueront des plantations. Hier après-midi, 200 kg de pommes de terre étaient plantées ; l’opération devrait d’ailleurs se poursuivre aujourd’hui. « C’est pour nous un acte symbolique », répètent en chœur Nicolas et Maxence qui jouent les porte-parole du nouveau collectif, même s’ils ne veulent pas officiellement de cette fonction.

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En bordure de la voie TGV, sur des terres en friches, des chapiteaux ont été dressés. Objectif de la méthode anti-LEO : occuper le terrain, faire des plantations et créer du lien.

Désobéissance civile

« Ces pratiques s’inscrivent dans le cadre d’une désobéissance civile qui nous apparaît tout à fait légitime. » Et à ceux qui dénoncent leur action, nos interlocuteurs préfèrent dire que « LEOpart » « combat la violence institutionnelle et ce mépris à l’égard des manifestants et des exploitants agricoles ». « Nous ne sommes pas des anarcho-syndicalistes comme on a pu l’entendre. » Sandre, ancienne exploitante, décrit « tout ce système qui est à bout de souffle », faisant allusion à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à l’autoroute d’Avignon ou encore à la restructuration de la ville de Rio de Janeiro pour les besoins des JO. Face au « rouleau compresseur qui bétonne tout », hier le campement « LEOpart » se formait. Six chapiteaux (dédiés au repas, à la détente, aux toilettes sèches, au bar, aux concerts, à l’infirmerie) et des yourtes se sont installés en bordure de la voie TGV.

Hier soir, c’était concert au programme. Aujourd’hui, ce sera un poulailler et un jardin partagés à créer, un atelier de taille d’arbres et un jeu de piste. Un espace qui se veut être un lieu festif de rencontres et de débats auquel tous les Avignonnais et non Avignonnais sont invités apparemment. À semer leurs idées.

Un blog : leopart.noblogs.org

Leur presse (Virginie Batailler, LaProvence.com, 28 avril 2013)

 

La ceinture verte d’Avignon, un Notre-Dame-des-Landes bis ?

Place des Corps-Saints, avenue de Tarascon… les affiches fleurissent depuis quelques semaines. On en trouverait même dans des villages retirés du Luberon et du Sud Ventoux ainsi qu’à Lyon. Elles annoncent une manifestation à Avignon le 27 avril « contre la Leo et son monde ». Une manifestation mais aussi une occupation de terrains en ceinture verte.

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Des affiches sont installées en centre ville mais aussi extra-muros et même dans des villages vauclusiens et à Lyon. Le 27 avril, la manifestation doit partir à 10 heures de la place Pie et à 11 heures de l’abbaye Saint-Ruf.

Comme à Notre-Dame-des-Landes. Le parallèle est clairement revendiqué sur le blog auquel renvoient les affiches de ce rassemblement à venir. Sur les réseaux sociaux, les liens renvoient aussi d’un événement à l’autre.

« Le mouvement contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes montre l’utilité d’occuper le terrain pour créer des espaces de résistances créatifs et permettre de construire collectivement une lutte offensive » peut-on lire sur le site de la manifestation à Avignon : leopart.noblogs.org.

La mouvance anarchiste-autonome

Pour l’instant, la préfecture n’a pas reçu de demande d’autorisation de manifestation. « Ils peuvent le faire jusqu’à trois jours avant » précisent les services. Mais il y a peu de chance que les organisateurs le fassent.

Il n’y a d’ailleurs pas vraiment d’organisateurs. « On est dans la mouvance des anarchistes-autonomes, qui prônent l’auto-gestion. Avec eux, ça peut déraper » indique une source bien informée.

« Une occupation est par définition illégale. Ceux qui préparent l’événement font partie du réseau européen “Reclaim the fields”, qui sont des paysans sans terre. Ce n’est pas une association avec des statuts en préfecture et des demandes officielles. Ce n’est pas leurs méthodes. C’est comme les faucheurs d’OGM » explique Kristell Gouillou, membre du Collectif de défense des terres agricoles, un autre opposant à la Leo, en contact avec “Reclaim the fields”.

D’ailleurs, « ce n’est pas encore tranché, mais le collectif « participera très certainement à l’opération » indique Kristell Gouillou, qui dit attendre également des résultats de l’enquête parcellaire.

Du côté de la préfecture, « on attend de voir. » Et on indique qu’il n’y a pas, pour l’instant, de veille particulière.

D’ores et déjà, pourtant, un certain nombre de questions se posent. Combien de temps va durer l’occupation ? Quatre jours comme l’indiquent les affiches ? Personne n’y croit vraiment. « Ils ont l’intention d’y rester, comme à Notre-Dame-des-Landes » affirme un observateur.

Autre question capitale : l’importance de la mobilisation : combien de militants vont-ils se déplacer ? « Une centaine ou 3000, la problématique n’est plus la même. »

L’information circule en tout cas grâce aux réseaux sociaux.

Leur presse (Mireille Martin, Vaucluse Matin via LeDauphine.com, 11 avril 2013)

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