[Révolution tunisienne] Sit-ins dans le bassin minier de Gafsa

Tunisie : la production de phosphates paralysée par des mouvements sociaux

La production de phosphates est presque entièrement paralysée dans le bassin minier tunisien à cause de la multiplication des mouvements sociaux dans la région de Gafsa, selon des employés de la Compagnie de phosphates de Gafsa (CPG) et l’agence TAP.

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L’extraction et le transport de phosphates, ressource stratégique de la Tunisie, sont régulièrement perturbées depuis la révolution de janvier 2011. Mais depuis trois semaines les mouvements sociaux se sont multipliés jusqu’à paralyser presque totalement la production, selon des employés interrogés par l’AFP et un responsable de l’entreprise cité par l’agence de presse officielle.

La société publique, filiale du Groupe chimique tunisien (GCT), n’était pas joignable vendredi après-midi.

Selon le responsable cité par la TAP, l’entreprise tourne en moyenne depuis le début de l’année à 30% de ses capacités, mais la situation s’est empirée avec la multiplication des conflits sociaux courant octobre.

Le cycle de production est notamment totalement arrêté à Metlaoui, Oum Larayes et Redayef car des manifestants bloquent les puits approvisionnant en eau les laveries de phosphates.

Les habitants du district de Berka ont coupé l’eau destiné aux laveries principales à Metlaoui, Oum Larayes et Redayef causant la paralysie totale du transport du phosphate, a expliqué à l’AFP Houcine Mel, chef de chantier à la CPG.

Des ouvriers (journaliers) ont aussi saisi des équipements, dont des camions et des pelleteuses, à Metlaoui et Oum Larayes pour réclamer leur embauche, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, des chauffeurs de camions transportant le phosphate sont en grève à Metlaoui pour réclamer leur intégration au personnel de la CPG et une hausse des salaires.

Le site de Mdhilla est lui paralysé par un mouvement social chez les employés journaliers et de sous-traitants de la CPG qui demandent leur intégration à l’entreprise et une hausse des revenus.

Depuis une semaine la production des mines de phosphates et de la laverie principale de Mdhilla est arrêté à cause d’un sit-in des ouvriers, a expliqué Msadek Ouanes, ingénieur à la CPG.

Le mouvement de gauche Front populaire appelle par ailleurs samedi à un rassemblement à Gafsa pour demander la démission du gouverneur et réclamer qu’une part accrue des revenus du phosphate revienne à la région.

La CPG est le principal employeur du gouvernorat de Gafsa (centre) très touché par le chômage. Les résultats des concours de recrutement font dès lors systématiquement l’objet d’actions de contestation.

L’industrie des phosphates est cruciale pour la Tunisie qui en était le 5e exportateur mondial jusqu’à la révolution. Depuis, les revenus de l’entreprise sont en chute libre, les bénéfices passant de 850 à 200 millions de dinars entre 2010 et 2011 (de 425 à 100 millions d’euros).

Publié par des ennemis de la révolution (Agence Faut Payer, 9 novembre 2012)


CPG : Arrêt total de de production du phosphate

Le blocage de l’extraction, la production et le transport du phosphate se poursuit depuis environ trois semaines dans les secteurs de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), à Metlaoui, Oum Larayes, Redayef, Kef Eddour et Kef Chefayer (Gouvernorat de Gafsa), à la suite des sit-ins et des mouvements de protestation.

Une source responsable de la CPG a indiqué à la correspondante de l’agence TAP dans la région que les protestataires revendiquant des opportunités d’emploi dans les sociétés de l’environnement, tiennent leur sit-in au niveau de la localité rurale d’El Baraka, de la délégation d’Oum Larayes, depuis la fin du mois de septembre. Ce mouvement a causé l’interruption de l’approvisionnement en eaux industrielles des unités de production et de traitement du phosphate à Kef Eddour et Metlaoui. D’autres protestataires observent, aussi, des sit-ins sur les sites d’extraction du phosphate à Kef Chefayer et Kef Eddour.

La même source a souligné que la CPG n’a pu produire, depuis le début de l’année et jusqu’au mois d’octobre 2012, que 2,2 millions de tonnes de phosphate commercial, contre 6,7 millions de tonnes, durant les périodes de stabilité. Elle a affirmé que la Compagnie n’a atteint, au cours de l’année 2012, que 30 pc de sa capacité de production totale. En outre, d’importantes perturbations sont enregistrées au niveau du transport du phosphate des sites d’extraction vers les unités de production du bassin minier, de la région de Gafsa vers les ports en vue de l’exportation ou des unités de transformation en engrais chimiques vers Sfax et Gabès. Cette instabilité est due aux blocage des routes et pistes traversées par les camions transportant le phosphate, en plus des arrêts à répétition du trafic sur la voie ferrée.

Publié par des ennemis de la révolution (WMC/TAP, 9 novembre 2012)


CPG et GCT : Ça « sent » la privatisation !

Rien ne va plus dans les mines ni dans les usines de transformation des phosphates. Les riverains s’acharnent depuis un certain 14 janvier 2011, à bloquer la production et à surcharger la compagnie de surplus de recrutements.

Et à chaque fois qu’on pense avoir atteint le bout du tunnel, il y a toujours, quelque part, des mécontents qui veulent gâcher la fête.

Cela se passe au niveau du bassin minier, avec des sit-ins et autres mouvements pour bloquer l’extraction du minerai. Cela se passe aussi au niveau des localités avoisinantes avec notamment, des coupures volontaires de l’eau destinée aux laveries de la matière première. Cela se passe souvent, aussi, sur le littoral avec des protestations bloquant l’embarquement des convois au niveau du port de Gabes. Comme cela s’est passé entre les points de productions et ceux de l’exportation, et tout le long de la ligne ferrée, où les habitants des localités que traverse le train exigent aussi leur part du gâteau.

Bref, rien ne va plus. Et les responsables du secteur parlent de difficultés désormais insurmontables, et de chute de 70% de la production, voire même un arrêt total depuis, disent-ils, le mois d’octobre passé. Ce qui compromet de façon fatale la trésorerie des deux compagnies.

Et comme pour rajouter de l’huile sur le feu, voila que l’agence de notation internationale Fitch, a révisé le 6 novembre, la perspective des notes attribuées à l’échelle nationale de la CPG et du GCT, de « stable » à « négative ».

L’agence Fitch propose même comme solution à cette « descente aux enfers » un désinvestissement de l’État tunisien.

Voila ! Tout est dit, il ne reste plus qu’à attendre et voir venir.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 9 novembre 2012)


Retour au calme dans la zone industrielle de Gabès

Soulagement dans plusieurs gouvernorats du sud où l’approvisionnement en gaz butane a pu reprendre ce lundi après la reprise de la production à l’usine de mise en bouteille de ce produit, à Gabès. Les forces de l’ordre sont intervenues sans ménagement, la veille, pour démanteler un barrage dressé par des jeunes à l’entrée de la zone industrielle. Plus précisément au niveau des unités de mise en bouteille du gaz butane. Le recours au gaz lacrymogène et à des charges musclées a été nécessaire pour disperser les contestataires qui réclamaient de l’emploi et plus de développement pour leur localité, Ghannouche où se concentre l’essentiel de l’industrie chimique du pays.

Quelques jets de pierres ont répondu au forcing des policiers qui ont rapidement repris le contrôle de la situation. Cependant et après une accalmie de plusieurs heures, la situation sécuritaire s’est dégradée en cours de soirée lorsqu’un grand nombre de jeunes se sont rassemblés dans le centre de la localité pour réclamer la remise en liberté de quelques uns de leurs camarades interpellés lors du démantèlement du sit in. Les choses sont cependant rentrées rapidement dans l’ordre et l’accès à la zone industrielle était dégagé ce lundi matin.

Le sit in en question durait depuis la proclamation, il y a une semaine, des résultats d’un concours d’embauche du Groupe chimique tunisien (GCT), principal groupe industriel tunisien, couplé (même PDG) au principal groupe minier, la Compagnie des phosphates de Gafsa.

Publié par des ennemis de la révolution (Leaders.com.tn, 5 novembre 2012)

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