[Chronique de Youv derrière les barreaux] « La force de nos bourreaux c’est qu’ils nous craignent »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[10 mars 2012]
Partie : Le sourire du mauvais perdant

LE JOKER

Je chausse du 42 c’est là que j’ai logé une balle tirée à bout touchant je connais très très bien la rue et je dis que nous sommes nos meilleurs ennemis j’ai fait la bise et en retour on m’a balafré pourtant on m’avait prévenu avant de prendre la route on m’avait dit que ainsi font font font les mecs des bas-fonds, on dit que ce qui ne tue pas nous rend plus forts si ce dicton est vrai je suis en acier, j’avance mais comment se débar­rasser de ce passé ? Pas grave j’irai loin pour me faire oublier même si pour certains c’est déjà fait…!! Du haut de ma colline je compte les morts pour rien enterrés dans un cercueil de stupéfiants, ma cagoule est devenue plume je me cache derrière chacun de mes mots Youv te glisse sa vision du monde en sauce banlieusard, bah ouais le sale gosse s’est assagi je te prends par la main et te fais traverser mon désert de ciment j’ai mangé du sable en temps de crise c’est pour ça que j’ai eu parfois le cœur de pierre. Là d’où je viens l’essentiel n’est pas de participer quand tu participes c’est marche ou crève la réussite t’est indispensable…!! Faut faire attention où tu mets les pieds car si tu dépasses on te coupe les orteils derrière un salam se cache des fois ton futur ex-pote jaloux de ta paire de pompes je suis sur un fil suspendu au ghetto menotté à ma cité j’ai tenté de m’évader à plusieurs reprises, on dit que tous les chemins mènent à Rome moi tous les chemins m’ont mené aux tours HLM et ses multitudes de problèmes, reconnaître ses torts pour certains c’est signe de faiblesse !!! OK bah va tester un volcan que tu soupçonnes de dormir le jour où il se réveille sa lave te brûle même à l’intérieur de ta maison, je prends mon souffle entre quatre murs sous haute surveillance la force de nos bourreaux c’est qu’ils nous craignent j’ai le sourire du mauvais perdant comme le Joker un tsunami d’émotions m’envahit quand je repense à l’air pur trop privé de vivre je survis du rire aux larmes, arme au poing j’ai signé aucun armistice ! Si c’était à refaire je ne changerais rien j’assume tout mes joies et mes peines même si long et dur fut le périple je reste insoumis…

GHETTO POÉSIE je te fais gamberger je ne souhaite à personne mon exil forcé, profite de ta vie, si t’as le mal de vivre mets un pansement sur tes souffrances car tout passe je te promets qu’il existe quelque part des gens qui gémissent encore tellement leur drame est insupportable dans certains lieux du monde atteindre la majorité est un exploit une bénédiction donc ne rêve pas ta vie vis tes rêves c’est beaucoup mieux ma plume m’a sauvé d’une mort annoncée je suis un miraculé des temps modernes j’en suis conscient donc je m’abstiens de me plaindre combien de fois j’ai voulu jeter l’éponge mais mon joker la carte du mauvais perdant je l’ai ressortie à temps pour compléter le jeu de cartes que la croupière m’avait mal servi j’avoue j’ai triché le pire c’est que en sortant j’ai vidé les coffres du casino en hommage à mes 20 piges LOL ne sois pas choqué par ma verve je décris juste l’atmosphère de mon vécu sans censure et ce sans rancune.

Quand le bitume s’exprime un conseil écoute.

This entry was posted in Beau comme une prison qui brûle and tagged , . Bookmark the permalink.