[Grande-Bretagne] La police appelle à dénoncer les anarchistes

La police anti-terroriste de Westminster appelle à dénoncer les anarchistes

Les terroristes islamistes sont aussi visés, les anarchistes se plaignent d’être criminalisés pour leurs opinions.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1312191739.jpg

Que feriez-vous si vous découvriez que votre voisin est anarchiste ? Époussèteriez-vous vos vieux albums des Sex Pistols et suspendriez-vous un drapeau rouge et noir pour qu’ils se sentent à la maison ? Inviteriez-les vous à débattre des mérites du communisme libertaire de Peter Kropotkine contre l’anarchisme d’individualiste d’Émile Armand ? Non — la réponse, selon une note anti-terroriste officielle qui a circulé à Londres la semaine dernière, est que vous devriez les dénoncer à la police sans délai.

Ceci était l’injonction surprenante de la Police de Londres publiée à l’intention des milieux d’affaires et du grand public à Westminster la semaine dernière. Il n’y avait aucun avertissement contre d’autres groupes politiques, mais à côté d’une image de l’emblème anarchiste, « le bureau du contre-terrorisme » de la police de Westminster en a appelé aux dénonciateurs anti-anarchistes en ces termes : «L’anarchisme est une philosophie politique qui considère l’État indésirable, inutile et nuisible et promeut au lieu de cela une société apatride, ou l’anarchie. Toutes les informations concernant les anarchistes devraient faire l’objet d’une dénonciation à votre poste de police local. »

Cette annonce a irrité quelques anarchistes qui se sont plaints expliquant qu’être anarchiste n’implique pas un comportement criminel. Ils ont dit qu’ils se sentent injustement criminalisés en raison de leurs opinions politiques.

Le sentiment de disproportion créé par l’auteur  de la note se retrouve quelques lignes plus loin, à propos du terrorisme islamiste. Sous l’image d’un drapeau avec un point doré sous une écriture arabe la légende est ainsi libellée : « Souvent vu et utilisé par Al-Qaida en Irak. Toute apparition d’une telle image devrait faire l’objet d’une dénonciation à votre poste de police local. »

« Cela implique de manière injuste, que toute personne engagée dans le mouvement anarchiste devrait être connue de la police, étant investie dans une activité dangereuse », a déclaré Jason Sands, un anarchiste du sud de Londres. « Il n’y a rien en soi de criminel dans cette philosophie politique. Le travail de la police est en infraction avec  la convention des droits de l’Homme, qui rejette la discrimination contre les gens à cause de leurs opinions politiques, sur cette simple demande d’information. Ils ne sont  concentrés sur rien de spécifique et ils demandent juste des informations générales. Imaginez-vous les appeler et dire “il y a un anarchiste dans mon immeuble. Que dois-je faire ?” Cela n’a aucun sens. »

La note a été publiée par le commissariat de Belgravia dans le cadre du projet Griffin qui vise « à conseiller et familiariser l’encadrement, les agents de sécurité et les employés du secteur public comme du secteur privé dans la capitale, à propos de la sécurité, de l’anti-terrorisme, de la prévention et de la lutte contre le crime ».

Sean Smith, mandaté aux relations extérieures de Solfed, la section britannique de l’Association Internationale des Travailleurs (anarcho-syndicaliste), a dit de l’appel à la délation : « C’est assez absurde, mais pas surprenant, quand l’État cherche à criminaliser des idées, il les montre comme étant dangereuses à sa propre survie. »

« Nous sommes une union de révolutionnaires, explique-t-il. Les membres de notre organisation croient que le changement social radical viendra de l’organisation sur les lieux de travail et les quartiers, pas par des actes de terrorisme. Nous avons mis un grand nombre d’informations sur nos idées et notre stratégie, en ligne. »

Les petits groupes d’anarchistes masqués et habillés de noir ont vraiment causé quelques dégâts aux vitrines dans le centre de Londres pendant les manifestations contre les coupes budgétaire ce printemps, mais il y a eu peu d’activité depuis. Le prochain grand événement anarchiste semble peu à même d’intéresser la police. C’est un salon du livre en octobre avec « du cabaret toute la journée mettant en vedette des poètes, des chanteurs et des bandes dessinées, des projections de films et deux espaces pour enfants ».

 

Anarchists should be reported, advises Westminster anti-terror police

Islamist terrorists also mentioned in briefing, as anarchists complain of being criminalised for their beliefs.

What should you do if you discover an anarchist living next door? Dust off your old Sex Pistols albums and hang out a black and red flag to make them feel at home? Invite them round to debate the merits of Peter Kropotkin’s anarchist communism versus the individualist anarchism of Emile Armand? No — the answer, according to an official counter-terrorism notice circulated in London last week, is that you must report them to police immediately.

This was the surprising injunction from the Metropolitan Police issued to businesses and members of the public in Westminster last week. There was no warning about other political groups, but next to an image of the anarchist emblem, the City of Westminster police’s “counter terrorist focus desk” called for anti-anarchist whistleblowers stating: “Anarchism is a political philosophy which considers the state undesirable, unnecessary, and harmful, and instead promotes a stateless society, or anarchy. Any information relating to anarchists should be reported to your local police.”

The move angered some anarchists who complained that being an anarchist should not imply criminal behaviour. They said they feel unfairly criminalised for holding a set of political beliefs.

The feeling of disproportion was compounded by the briefing note author making a similar request about Islamist terrorists a few lines further down. Under an image of flag with a gold dot beneath some Arabic script it added: “Often seen used by al-Qaida in Iraq. Any sightings of these images should be reported to your local police.”

“It unfairly implies that anyone involved in anarchism should be known to the police and is involved in an dangerous activity,” said Jason Sands, an anarchist from South London. “There is nothing inherently criminal about political philosophy whatever it is. The police work under the convention on human rights which disallows discrimination against people because of their political beliefs and even the request for information would seem to be in breach of that. It also seems to be a bit useless as a way of gathering intelligence. It isn’t focused on anything specific and they are just asking for general information. Imagine calling up and saying ‘there’s an anarchist in my building. What should I do?’ It doesn’t make sense.”

The note was issued from Belgravia Police Station as part of Project Griffin which aims to “advise and familiarise managers, security officers and employees of large public and private sector organisations across the capital on security, counter-terrorism and crime prevention issues”.

Sean Smith, external relations officer for Solfed, the British section of the anarcho-syndicalist International Workers’ Association, said of the call for whistleblowers: “It’s pretty absurd, but not surprising, when the state seeks to criminalise ideas it deems to be dangerous to its own survival”.

“We are a revolutionary union initiative,” he explained. “Members of our organisation believe in bringing about radical social change through workplace and community organising, not acts of terrorism. We have made extensive information about our ideas and strategy freely available online.”

Small groups of anarchists masked and dressed in black did cause some damage to shop windows in central London during anti-cuts demonstrations in the Spring, but there has been little activity of late. The next big anarchist event in London appears hardly likely to concern the police. It is a book fair in October with “all-day cabaret starring assorted ranters, poets, singers and comics; all-day film showings and two kids’ spaces”.

Leur presse (Robert Booth, guardian.co.uk), 31 juillet 2011.

This entry was posted in La liberté est le crime qui contient tous les crimes, Violences policières et idéologie sécuritaire and tagged . Bookmark the permalink.

2 Responses to [Grande-Bretagne] La police appelle à dénoncer les anarchistes

  1. luc says:

    eh bien, de quoi vous plaignez-vous ? La Metropolitan Police en est encore à distinguer entre anarchisme, d’une part, et Al-Qaida, d’autre part. Tandis que dans certains milieux universitaires on en est carrément, à la faveur du 11 septembre 2001, à des tentatives d’amalgame entre les deux…

  2. cyn says:

    Aide la police, tape toi dessus!

Comments are closed.