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[Pédagogie et révolution] Rencontre avec Grégory Chambat Samedi 10 mars à Rennes
Publié dans Activités de la CNT, Éducation
Marqué avec Grégory Chambat, Rennes
Commentaires fermés sur [Pédagogie et révolution] Rencontre avec Grégory Chambat Samedi 10 mars à Rennes
Rassemblement de soutien à la Grèce Jeudi 16 février à Lyon
Face à un plan de rigueur d’une violence antisociale sans précédent, les Grecs ont le week-end dernier et depuis tenu tête tant aux politiciens qu’à la répression policière. Parce que les patrons, actionnaires, banquiers, politicards et capitalistes sont les mêmes à Athènes qu’à Lyon : Solidarité avec les Grecs en lutte !
La Coordination des Groupes Anarchistes Lyon appelle à participer au rassemblement de soutien, jeudi 16 février à 18h30 place de la Comédie.
D’Athènes à Lyon, le capitalisme n’a pas de frontières, nos luttes pour l’abattre non plus !
Les mesures prises dimanche par le parlement grec sont hallucinantes : le salaire minimum a baissé de 22 % (de 700 € à 546 € et 491 € pour les moins de 25 ans) à cause des nouvelles mesures d’austérité du FMI qui ont déjà comme conséquence un taux de chômage de 22 % (et 47 % pour les jeunes). S’y ajoutent 150.000 licenciements dans le secteur public d’ici 2015, secteur où la stabilité de l’emploi avait déjà été supprimé. Dans le secteur privé, les conditions de travail (si jamais tu en trouves un…) sont aussi difficiles : les conventions collectives sont tout simplement supprimées et les entreprises diminuent systématiquement et drastiquement les salaires et les effectifs. Tout ça pour que l’État ramasse les 300 millions d’euros que réclament les banques et la « troïka » (UE, FMI, BCE).
Le peuple, malgré le terrorisme imposé par les patrons et les médias, proteste depuis ce week-end dans les rues des centres-ville, s’émancipant pour une grande part des centrales syndicales, souvent corrompues ou aux ordres des partis politiques. Comme une masse sans âges, sans couleurs de partis politiques, utilisant des pratiques diffusées pendant les émeutes des dernières années, les Grecs ont tenu tête tant aux politiques qu’à leurs flics armés et violents.
Les grèves générales et les manifestations politiques contre les mesures d’austérité ont été fréquentes en Grèce ces derniers mois (2 novembre, 17 novembre, 1er décembre, 6 décembre, 17 janvier, 7 février, 12 février). Mais la lutte ne se limite pas à ces journées d’actions, loin de là. Par exemple, l’« Aciérie grecque » (Elliniki Chalyvourgia), entreprise située en banlieue d’Athènes, cumule déjà plus de 100 jours de grève malgré les menaces de leur patron. Ils n’ont, comme ils le proclament, « plus rien à perdre ». De nombreux employés, dont les patrons refusent de payer les salaires, ont lancé des occupations de leurs lieux de travail tantôt pour protester, tantôt pour les faire fonctionner en autogestion, les tenir ouverts et pouvoir survivre. Ainsi les caisses de l’« hôpital des enfants » d’Athènes sont fermées et le personnel prend ses décisions aux réunions quotidiennes, l’hôpital de la ville de Kilkis est occupé et autogéré par ses employées, et dans le nord du pays plusieurs restaurants et une pâtisserie célèbre ont été autogérées par leurs employés. En réaction les patrons appellent les flics et les employés sont souvent emmenés face aux tribunaux comme dans le cas de l’entreprise publique d’électricité dont les employés, qui occupaient les locaux et empêchaient les — nombreuses — coupures de courant pour défaut de payement de l’impôt supplémentaire sur l’électricité, se retrouvent aujourd’hui face à la justice.
La crise a provoqué un réveil des consciences, la multiplication des tentatives d’autoorganisation, la création des syndicats anti-hiérarchiques et des réunions à forme horizontale dans les quartiers. Le système carcéral est également touché : des textes issus de presque toutes les prisons, signés par des prisonniers, témoignent que parallèlement aux luttes dans la rue, ils continuent leur propre lutte dans les oubliettes de l’État.
L’État tente de casser les formes les plus radicales de la lutte en accentuant la violence de sa répression, particulièrement au niveau judiciaire. Ce caractère vindicatif n’est pas seulement évident dans les procès en cours contre des groupes comme « Lutte Revolutionnaire » ou les « Conspirations des Cellules du Feu » mais aussi dans les derniers évènements concernant la station de radio Flash. En soutien avec les inculpés de « Lutte Revolutionnaire » les locaux de flash fm ont été investis et les programmes interrompus pour transmettre un message de solidarité avec les inculpés, pratique relativement courante du mouvement anarchiste grec. Malgré le fait que ni la direction de la station, ni le personnel n’aient officiellement demandé l’intervention de la police, des dizaines de flics — voltigeurs, police antiémeute (MAT), flics en civil, etc. — sont rapidement arrivés sur les lieux et ont attrapé tous les militants sous le chef d’inculpation d’incitation à la violence. Leur procès aura lieu le 30 mars prochain. La répression touche aussi les squats anarchistes athéniens (comme Lelas Karagianni qui date de 1988), les locaux occupés par les anarchistes dans les universités et particulièrement la station de radio 98fm, un des principaux médias alternatifs (« contre-information » pour reprendre le vocabulaire des camarades grecques).
Si cette situation peut paraître lointaine par rapport à ce que nous connaissons aujourd’hui en France, la violente répression et les mesures antisociales qui frappent la population grecque ont des origines et des causes communes avec la France et le reste de l’Europe. Le Portugal connaissait d’ailleurs, il y a quelques jours, des manifestations monstres face à un plan de rigueur assez proche de celui voté dimanche à Athènes. Ici comme là bas ce sont les États et la « Troika », en fidèles garants des intérêts des patrons, des actionnaires et du capitalisme, qui exploitent chaque jour un peu plus une population déjà exsangue et lui font payer les frais d’une crise qui n’est pas celle des travailleurs, mais celle du capitalisme !
Il est nécessaire d’être aujourd’hui solidaire de nos camarades qui luttent ailleurs en Europe, pour soutenir leur lutte, mais aussi pour créer les nôtres ! Il ne faudrait pas croire que la France, obnubilée par l’attente d’un hypothétique sauveur comme à chaque élection présidentielle, échappera aux logiques qui affament aujourd’hui les Grecs : patrons et banquiers sont les mêmes à Athènes qu’à Lyon !
Solidarité avec les camarades grecs !
Coordination des Groupes Anarchistes – Lyon.
Publié dans L'insurrection grecque de décembre 2008 et ses suites
Marqué avec CGA, Lyon
Commentaires fermés sur Rassemblement de soutien à la Grèce Jeudi 16 février à Lyon
[Azawad] Mise au point sur le carnage d’Aguelhoc
Le MNLA respecte la personne humaine
Les exactions sommaires décrites à Aguelhoc ne font partie ni du code d’honneur ni de l’art de la guerre des Azawadiens.
Dès lors les autorités maliennes ne sauraient manifestement utiliser cette argumentation pour se soustraire au règlement du problème de l’Azawad, à celui de la bonne gouvernance, de l’état de droit, de la démocratie, de la corruption, de la lutte contre AQMI et de la drogue. Les déclarations du pouvoir malien sur des exécutions de soldats de l’armée régulière à Aguelhoc, visant à discréditer le MNLA, sont donc à écarter.
Nous avons suffisamment l’habitude de voir le Mali tenter d’assimiler les combattants de l’Azawad à AQMI, aux trafiquants de drogue et aux déserteurs de l’armée libyenne dans le souci de créer un énorme amalgame, qui serait facile à vendre aux Occidentaux en vue d’obtenir une Sainte Alliance contre le peuple de l’Azawad.
D’ailleurs, le gouvernement malien, par la démonstration qu’il vient de faire de son arsenal militaire sophistiqué à l’encontre des Azawadiens, est venu apporter un démenti fracassant à toutes ses déclarations antérieures sur son incapacité militaire à affronter AQMI sur son territoire national. La branche armée du MNLA est composée d’authentiques Azawadiens. La majorité de ses combattants ne vient pas de la Libye comme certains veulent le faire croire, mais bel et bien de l’armée malienne et des précédentes révoltes de l’Azawad de 2006 et de 2008.
Néanmoins, quelques Azawadiens retenus malgré eux en Libye, qui se sont retrouvés soudainement libres de leurs mouvements à la chute du régime de Kadhafi, sont revenus dans leurs pays. Le Mali a toujours traité les combattants de l’Azawad comme étant des mercenaires venus de l’étranger mais la réalité est toute autre.
Le chef de l’Etat lui-même n’a pas hésité le 1er février dernier à appeler les ressortissants du sud à distinguer les Azawadiens « blancs » « qui vivent avec nous » de ceux qui ont pris les armes. C’est dire l’absence de reconnaissance de la citoyenneté malienne des Azawadiens « blancs ».
Le Mouvement national de libération de l’Azawad rappelle qu’il :
— Est un mouvement révolutionnaire qui lutte pour le droit à l’autodétermination de l’Azawad ;
— Ddéfinit l’Azawad comme étant le territoire des Songhays, des Peulhs, des Arabes et des Touareg ;
— Rejette le terrorisme et l’extrémisme sous toutes leurs formes, qu’ils proviennent d’un groupe armé ou d’un Etat ;
— N’est pas non plus un mouvement touareg ni une rébellion touarègue mais bien un mouvement révolutionnaire, politico-militaire pour la défense et l’autodétermination de l’ensemble du peuple de l’Azawad et qu’il ne saurait en aucune manière représenter une seule composante de l’Azawad.
Nous réaffirmons l’indépendance du MNLA vis-à-vis d’AQMI, qui représente une réelle menace pour l’Azawad et pour la sous région et démentons fermement les rumeurs sur l’implication des éléments d’AQMI dans les combats qui ont opposé l’armée malienne au MNLA à Aguelhoc le 24 janvier dernier.
En outre, nous démentons formellement les propos de Monsieur Idrisssa Traoré, chef de la division de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) du Mali, tenus sur RFI le 13 février dernier qui confirmeraient des exécutions sommaires de militaires mais également de civils à Aguelhoc perpétrées par le MNLA.
Nous confirmons que le MNLA se conforme aux Conventions de Genève de 1949 et aux Protocoles additionnels desdites conventions. A cet effet, ses prisonniers de guerre sont très bien traités et à aucun moment il n’a exécuté des soldats maliens, ni à Aguelhoc ni dans les autres localités qui sont sous son contrôle.
Les soldats maliens dont il s’agit sont décédés lors des affrontements et lors des bombardements des hélicoptères maliens durant les opérations, et comme l’a si bien formulé Hama Ag Sid’Ahmed porte parole du MNLA sur les ondes de RFI : « les photos qui circulent sont en fait des vieux clichés qui n’ont pas été authentifiés. Nous n’avons égorgé personne, il n’y avait pas de salafistes au moment des opérations d’Aguelhoc. » Quant aux Civils, en aucune manière le MNLA aurait attenté à la vie d’un civil. Toute cette propagande est construite de toutes pièces depuis Bamako pour couvrir son incapacité sur le plan militaire vis-à-vis du MNLA. S’agissant de Monsieur Iyad Ag Aghali, qui est un notable de l’Azawad et ancien responsable de l’insurrection des années 1990, il n’est rien d’étonnant à ce qu’il soutienne l’idée d’une guerre d’indépendance de l’Azawad. Cependant Ag Aghali n’a pas participé aux affrontements entre le MNLA et l’armée malienne.
Nous précisons qu’il s’agit des informations gratuites qui traduisent tout simplement la défaite et la débâcle de l’armée malienne face aux combattants de l’Azawad, qui font montre d’une motivation même à mains nues, de conquérir leur territoire. Nous confirmons par ailleurs que plus de quarante (40) Touaregs embrigadés jadis par AQMI, ont rejoint les rangs du Mouvement depuis plusieurs semaines et ont abandonné les rangs d’AQMI. Il s’agit d’une victoire du Mouvement sur AQMI et sur l’armée malienne.
Pour le MNLA
Moussa AG Acharatoumane et Ishaq Ag Al Housseyni
Communiqué du MNLA, 15 février 2012
[Tunisie] Des chômeurs saccagent la délégation de Gafsa
Tunisie – La délégation de Gafsa Sud saccagée
Plusieurs groupes d’individus ont fait irruption, mercredi 15 février 2012, dans le siège de la délégation de Gafsa Sud en signe de protestation contre ce qu’ils considèrent comme une manière de trainer et de ne pas répondre à leurs revendications pour être bénéficiaires du programme d’appui des moyens d’existence selon une déclaration d’un des protestataires à la TAP.

Après avoir bloqué la route principale par des pneus enflammés, ce groupe a, également, saccagé les lieux par la détérioration des meubles et des dossiers d’archives ainsi que par des jets de pierre.
Ces protestataires se sont regroupés, depuis le matin, devant le siège de la délégation, suite à une annonce précédente qui stipulait la distribution d’une nouvelle tranche d’aide à cette date du 15 février.
Le SG du gouvernorat de Gafsa a indiqué à la TAP que les services de la délégation de Gafsa Sud ont reçu, au cours des derniers mois, 3.600 demandes pour bénéficier de ce programme auquel l’Etat a alloué 350 mille dinars, sachant que depuis le mois de janvier, les aides ont commencé à être distribuées.
On note également que d’autres protestataires se sont réunis devant le gouvernorat de Gafsa et ont essayé d’y faire irruption, mais l’arrivée des forces de l’ordre ont mis en échec l’attaque. Les forces de sécurité ont demandé aux manifestants de se disperser, la majorité a obtempéré, les autres sont restés pour dialoguer avec des cadres des forces de sûreté et de l’armée concernant leurs revendications.
Leur presse /BusinessNews.com.tn, 15 février 2012/
Tunisie : Des chômeurs tentent de saccager la délégation de Gafsa
Selon les sources de Tunisie Numérique, un ensemble de chômeurs, diplômés de l’enseignement supérieur ont tenté de saccager la délégation de Gafsa, ce mercredi 15 février 2012.
Les jeunes ont brûlé des pneus devant le siège de la délégation avant d’attaquer l’établissement avec un jet massif de pierres.
Ils ont cassé les vitres des fenêtres avant de prendre la fuite dès l’arrivée des forces de l’ordre. La même source a indiqué que les responsables à la délégation avaient accepté des demandes de crédits déposés par ces jeunes pour la réalisation de petits projets avec un capital de trois mille dinars.
Présents hier, à la délégation en vue de recevoir la première tranche de crédit (1000 dinars) comme il a été promis, les fonctionnaires n’ont pas voulu les recevoir.
Aussi, la promesse n’a pas été tenue aujourd’hui ; « Le délégué n’est pas ici, il n’y a personne, allez vous-en ! » leurs ont fait savoir quelques présents à la délégation. Des pratiques qui ont suscité la colère de ces jeunes qui se sont sentis marginalisés et désespérés.
Leur presse /Wafa Sdiri, TunisieNumerique.com, 15 février 2012/
Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites
Marqué avec Gafsa
Commentaires fermés sur [Tunisie] Des chômeurs saccagent la délégation de Gafsa
[Toulouse] La préfecture veut expulser le CREA
La ville appartient au peuple !
Nous ne partirons pas et nous continuerons à réquisitionner !
Ca y est, c’est parti. La préfecture vient d’engager une procédure pour faire expulser les 40 personnes qui habitent au Centre Social Autogéré du CREA, 70 allée des Demoiselles à Toulouse. Elle a donc décidé de nous remettre toutes et tous à la rue mais aussi d’écraser ce large mouvement d’entraide et de solidarité auquel vous avez peut-être pris part. Depuis bientôt un an, nous avons réquisitionné ce bâtiment laissé vide par l’Etat pour y accueillir des familles à la rue et des précaires ainsi que toutes sortes d’activités libres et gratuites, ouvertes à toutes et tous (alphabétisation, soutien scolaire, cinéma, concerts, boxe et autodéfense, ateliers d’arts plastiques, de musique, soutien juridique…). Des centaines de personnes ont utilisé ce lieu et continuent à le développer.
Depuis septembre, la campagne de réquisition « zéro enfants à la rue ! » initiée par le CREA est devenue un petit mouvement social, elle a permis de libérer 4 bâtiments et d’abriter une vingtaine de familles forcées de vivre à la rue par l’Etat et le capitalisme. Tout ça en refusant les subventions, sans coûter rien à personne et en nous organisant par nous-mêmes entre exploitéEs, aliénéEs, oppriméEs, indignéEs ou enragéEs de tous horizons.
Ce lieu nous protège, il nous donne de la force et de la joie, il nous permet de nous rencontrer, de nous entraider, de transformer collectivement les innombrables humiliations que nous inflige cette société en de multiples résistances. Il nous permet d’inventer ici et maintenant les bases d’une société basée sur l’égalité et la liberté, concrètes et réelles.
Les riches et les puissants détruisent la planète, ils pillent les ressources et mènent la guerre partout pour leurs intérêts, ils nous asservissent, ils nous trainent dans la misère et les prisons pour sauver leurs banques criminelles, ils organisent la précarité et le manque de logements pour spéculer, faire monter les loyers et baisser les salaires, ils nous insultent dans leurs télés et leurs journaux pendant qu’ils massacrent les peuples du monde qui ont commencé à se soulever.
Peuple de Toulouse, camarades d’ailleurs, l’heure est venue d’organiser la résistance ! Montrons aux riches et aux puissants qu’ils ne peuvent pas tout nous prendre et que nous sommes capables de défendre ce que nous aimons !
Le CREA et la campagne de réquisition continuent et continueront à libérer des bâtiments pour accueillir des personnes laissées à la rue et ouvrir des lieux de vie populaire. La répression ne nous paralysera pas. Continuez à nous rejoindre (réunion de la campagne de réquisition, un vendredi sur deux, au CREA).
A Toulouse et ailleurs, toutes vos initiatives pour bloquer la procédure et faire reculer la préfecture sont les bienvenues : écrivez votre refus de l’expulsion à la préfecture, apportez-nous des lettres de soutien. Créez des affiches ou récupérez les nôtres, diffusons des tracts et affichons incessamment dans toute la ville et ailleurs. Nous appelons dès à présent à lancer des occupations, réquisitions, manifestations, rassemblements, information, blocages et tout types d’actions directes qui vous sembleront pertinentes pour stopper l’oppresseur !
Rejoignez-nous, organisons-nous pour contre-attaquer.
Tout pour tou-te-s, pouvoir au peuple !
Des membres du CREA , de la campagne « zéro enfant à la rue » et leurs soutiens, 15 février 2012.
Discussion sur la campagne actuelle de chasse aux « fraudeurs », Vendredi 17 février à Paris 20e
Vendredi 17 février à 19h30 au café des Lauriers, 98 rue des Couronnes, 75020 Paris, m° Couronnes
Discussion sur la campagne actuelle de chasse aux « fraudeurs » et sur les possibilités de réponses collectives face à ces attaques.

Texte d’appel à la soirée :
RSAstes socle ou chapeau, chômeurs de fraîche ou longue date, salariés en pause ou en arrêt maladie, intermittents, intérimaires, mères ou pères isolées, précaires, étudiant avec ou sans allocation logement, employé au quart de smic, avec ou sans papier… Nous sommes des centaines de milliers rien qu’à Paris à avoir à faire aux institutions sociales. Et partout, que ce soit à la CAF, à Pôle emploi, à la sécu ou ailleurs nous sommes tous présumés coupables de fraude. Tout allocataire est pour l’institution sociale un fraudeur en puissance et contraint à se soumettre à toutes formes de contrôle s’il veut continuer à toucher ses maigres allocations de survie. Des panneaux d’affichage dans chaque antenne CAF intimident les nouveaux arrivants avec la description des amendes et peines de prison qu’ils pourraient encourir en cas de fraude.
La chasse aux fraudeurs fait évidemment partie des discours de campagne présidentielle : « Frauder c’est voler » annoncent les spots publicitaires ministériels. Le gouvernement publicise les chiffres de LA fraude et organise la confusion : la fraude patronale et la fraude aux allocations sont mises dans le même panier. On se félicité de la mise en place d’un arsenal de lutte contre la fraude et on enjoint tout le monde, toutes classes sociales confondues, à participer à cette guerre pour défendre l’intérêt commun, pour perpétuer l’ordre social. Ainsi celui qui « triche » aux allocations triche au détriment de la société-même. Les patrons et leurs salariés, Bettencourt et son facteur ou sa femme de ménage auraient le même intérêt. Il s’agit bien là de nier toute nécessité d’organisation d’ « en bas », de faire croire à la fin de la lutte des classes.
Cette campagne de chasse aux fraudeurs permet aussi aux gouvernants de montrer que des actions concrètes sont menées contre la « crise », de rassurer les classes moyennes angoissées par la dégradation de leurs conditions de vie : on construit ainsi le modèle d’un mauvais pauvre qui serait individuellement responsable de la misère organisée de cette société. On pourra bien parler de moraliser les banques et la finance mais la domination capitaliste reste une évidence intouchable elle.
La chasse aux fraudeurs est un appel à la délation, un appel à la démarcation : Montre-moi que tu es un bon pauvre, fais-toi contrôler, fais du zèle, montre ta bonne foi au prix de ta liberté et de ta dignité, cours, cours plus vite que ton collègue de taf, démarque-toi des chômeurs fainéants et l’institution tamponnera ta bonne foi, la disponibilité à accepter tout et n’importe quoi mérite une marque de reconnaissance tout de même !
La chasse aux fraudeurs est également un instrument de peur. Ça marche tellement bien que beaucoup de potentiels allocataires ne demandent même pas ce à quoi ils ont droit. Ça marche tellement bien que nous sommes trop nombreux à nous soumettre à des contrôles, à des humiliations, à des refus, sans se battre. À la CAF comme dans l’emploi, la culpabilisation, la peur de se faire radier ou virer –jusqu’à se faire criminaliser– neutralise toute forme de protestation, voire de révolte.
Ces modalités de stigmatisation et de division font évidemment fond sur la défense de la valeur travail. C’est en ce nom, « le travail, c’est la liberté », que le gouvernement prétend redonner leur dignité aux RSAstes en annonçant, en novembre dernier, le lancement dans plusieurs départements d’une expérimentation de travail obligatoire de 7 heures par semaine en échange du maintien de l’allocation. Et c’est encore au nom de la valeur travail que le candidat de la majorité a proposait il y a quelques jours la formation obligatoire et le travail obligatoire pour les chômeurs. Évidemment en cette période de campagne, toute la gauche s’est offusquée de cette proposition mais n’oublions pas qu’en 1998 en plein mouvement des chômeurs, le socialiste Lionel Jospin alors premier ministre de la cohabitation déclarait qu’il voulait « une société de travail pas d’assistance ». Alors chers assistés, il va bien falloir nous organiser contre ces attaques actuelles et à venir.
Défendons-nous.
À tous ceux qui ont déjà fait des faux dossiers pour accéder à un logement, ceux qui auto réduisent leurs horaires de travail en prenant des arrêts maladie, celles qui tout en ayant un compagnon se déclarent « mère isolée » pour garder leur indépendance et leurs revenus, ceux qui ne déclarent pas quelques heures de travail au black pour garder leur RSA en totalité etc., etc.,
Pas de honte qui tienne.
Je me débrouille, tu te débrouilles, embrouillons-les !
Des collectifs de chômeurs et précaires existent déjà de-ci de-là. Hier plusieurs Pôle emploi étaient occupés en France et des chômeurs se barricadaient dans une agence de Rennes tout en exigeant la fin des radiations. Mais pour ne pas nous laisser écraser définitivement il est temps que toutes ces questions sortent plus largement au grand jour, qu’elle ne restent pas de l’ordre du privé, il est temps que des collectifs fleurissent, partout.
Rencontrons-nous !
Un guide internet et papier des contrôles domiciliaires de la CAF est disponible ici.
Publié dans Luttes des chômeurs et précaires
Marqué avec Cafards
Commentaires fermés sur Discussion sur la campagne actuelle de chasse aux « fraudeurs », Vendredi 17 février à Paris 20e
Soutien à un camarade Lundi 5 mars à Lyon
Bonjour,
Je suis convoqué :
LE LUNDI 5 MARS 2012 A 15 HEURES
A LA MAISON DE JUSTICE ET DU DROIT DE VILLEURBANNE
52, rue RACINE – 69100 VILLEURBANNE
(face à l’Hotel-de-Ville de Villeurbanne – METRO: « Gratte-Ciel »)
POUR : « RAPPEL A LA LOI ET INDEMNISATIONS »
Suite à des tags (« antifa » et « A cerclés ») commis le 3 janvier 2012 à Villeurbanne.
Votre présence dans la salle (ou en dehors) sera toujours la bienvenue, à la fois comme soutien psychologique et pour montrer votre solidarité.
Les autocollants fascistes prolifèrent à Villeurbanne comme ailleurs mais on prélève mon ADN pour trois tags antifascistes sur des murs abandonnés… encore une fois, contre qui va la répression ?
VENEZ NOMBREUSES ET NOMBREUX !
Fraternellement,
DOMINIQUE
Mailing – 15 février 2012.
Publié dans Graffitis divers, Violences policières et idéologie sécuritaire
Marqué avec Lyon
Commentaires fermés sur Soutien à un camarade Lundi 5 mars à Lyon
[La police politique travaille] Alors, elle est réelle ou fantasmatique, cette menace terroriste anarcho-autonome ?
Les anars français formés à la violence en Grèce : histoire d’une intox
La police française est formelle : les plus radicaux des activistes français iraient se former à la violence de rue dans une Grèce en crise… Démontage d’une intox.

Un réseau “préterroriste” et “international” menace l’Europe. C’est ce que décrit un rapport classé confidentiel défense, rédigé par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) en juin 2008. D’après ce document, titré “Du conflit anti-CPE à la constitution d’un réseau préterroriste international : regards sur l’ultragauche française et européenne”, des gauchistes et des anarchistes français, nés à la politique avec les manifestations anti-CPE de 2006, se seraient depuis convertis à l’action violente en fréquentant les réunions et les manifs de Barcelone, de Milan ou d’Athènes. Surtout d’Athènes où, depuis qu’un policier a abattu le jeune Alexis Grigoropoulos (15 ans) le 6 décembre 2008, le puissant mais dispersé mouvement anarchiste affronte régulièrement la police à coups de pierres et de cocktails Molotov.
http://www.ina.fr/video/3787732001002/emeutes-en-grece.fr.html
C’est au cours des émeutes qui suivent la mort de l’adolescent qu’un incident particulier alerte les policiers de la DCRI. Le 19 décembre 2008, un groupe de vingt cagoulés force l’entrée de l’Institut français d’Athènes, casse des vitres et lance un cocktail Molotov qui explose dans le hall. Avant de repartir, ils taguent sur la façade des slogans qui s’adressent à la France : “Étincelle à Athènes, incendie à Paris, c’est l’insurrection” (en français). “Liberté pour les combattants emprisonnés par l’État français” (en grec). Il est question des neuf Français de Tarnac, arrêtés un mois plus tôt lors d’une procédure antiterroriste à grand spectacle, accusés de sabotage sur une voie SNCF.
L’ultragauche, une menace terroriste pour la France ?
Ce n’est pas le premier geste de solidarité des anarchistes grecs avec les mis en examen français. Le 3 décembre, avant le début des émeutes grecques, un engin incendiaire artisanal abîmait la façade de l’Agence France Presse à Athènes. Un groupe considéré comme terroriste en Grèce, la Conspiration des cellules de feu, revendiquait l’attentat au nom de “la solidarité avec les camarades français”. Depuis, en juillet 2011, sept membres de cette Conspiration ont été condamnés à des peines allant jusqu’à trente-sept ans de prison. Ils n’ont tué personne mais ont revendiqué plusieurs actions violentes, comme l’envoi en novembre 2010 de colis piégés à Angela Merkel, Silvio Berlusconi, Nicolas Sarkozy et des ambassades européennes.
Cependant, depuis les attentats des Cellules de feu en Grèce, aucune bombe n’a explosé en France. Mais le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, laisse entendre que c’est seulement une question de temps. En juillet 2010, dans Le Figaro, il affirme que les “mouvements contestataires” français “vivaces et se regroup(a)nt au gré des circonstances (…) ont suivi de très près les émeutes en Grèce, accompagnées d’assassinats politiques”. Cela signifie-t-il que des Français ont pris part aux émeutes grecques ? Qu’ils ont contribué aux assassinats politiques ? Squarcini ne le précise pas. Mais des ultragauchistes français anonymes lui répondent dans une lettre ouverte ironiquement signée du “comité central de l’ultragauche ultra-organisée”.
“En Grèce, écrivent-ils, ce ne sont pas des anarchistes qui ont tenté de prendre d’assaut le Parlement mais des grévistes conséquents.”
Dans le journal alternatif Article 11, on lit ceci : “Sur l’affirmation que lesdits mouvements ‘ont suivi de très près les émeutes en Grèce, accompagnées d’assassinats politiques’ – si toi aussi tu t’intéresses à la révolte grecque, envoie-moi un mail à cette adresse : j’aitrouvéunP38parterre.qu’est-cequejenfais@gmail.com”
Quatre mois après l’avertissement de Squarcini, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux à l’époque, fait monter l’ultragauche sur le podium des trois menaces terroristes qui pèseraient sur la France. Sur France 2, il déclare : “Il y a tout d’abord l’ETA”, l’organisation séparatiste basque, puis ensuite “ceux qui viennent de l’ultragauche”, en précisant : “Regardez ce qui s’est passé à Athènes avec le colis (piégé) destiné au président de la République français”. Puis il conclut en citant “l’islamisme radical”, “une menace forte”.
Le gouvernement s’en est persuadé : la Grèce agit comme foyer de contagion. Comme l’Algérie des années 1990, comme l’Irak ou l’Afghanistan des années 2000, elle mijoterait un chaudron d’activistes violents et prêts au combat au-delà de leurs frontières. Il est vrai qu’en Grèce, même si elle est loin de se généraliser, la lutte armée n’est plus un tabou. En 2010, elle fait six morts, dont deux assassinats délibérés : le chef de la sécurité du ministère de l’Intérieur tué en ouvrant un colis piégé ; un journaliste abattu par balles. Les quatre autres décès sont accidentels : trois employés de banque dans un incendie provoqué par des cocktails Molotov et un adolescent de 15 ans qui a trouvé dans une poubelle un sac contenant une bombe. Cette violence révolutionnaire grecque pourrait-elle s’exporter en France ? Aujourd’hui, comme Squarcini et Hortefeux, les polices européennes s’en inquiètent.
Chaque année, l’Office européen de police, Europol, rend un rapport sur l’état de la menace terroriste. En 2011, sans surprise, il désigne la Grèce. Derrière la vague de colis piégés attribués à la Conspiration des cellules de feu, Europol observe une “coordination internationale accrue” et prédit une extension de la violence grecque à toute l’Europe : “L’augmentation des arrestations en Grèce va déboucher sur des procès importants qui pourraient déclencher des attaques de soutien à travers l’Europe. C’est pourquoi l’on peut s’attendre à ce que la violence anarchiste continue à se développer en Europe.”
Selon son rapport de 2009, un réseau transeuropéen s’est déjà organisé pour étendre l’anarchie.
“Des liens établis existent entre anarchistes français, grecs et italiens, comme le démontre une affaire dans laquelle un citoyen grec, conduisant une voiture immatriculée en France, avec des personnes de nationalités belge, grecque et italienne à bord, a été arrêté alors qu’il taggait les murs du palais de Justice de Bruxelles.”
Certes, rien à voir avec la Conspiration des cellules de feu. Mais une conspiration des cellules du tag fait déjà fantasmer. En avril 2010, France Info diffuse un reportage intitulé “L’ultragauche à l’école grecque”. Le reporter revient d’Athènes où les manifestants accueillent de jeunes Français qui les soutiennent. L’animateur le lance ainsi : “Vous rentrez d’Athènes où des militants de la mouvance anarchiste proposent de former leurs homologues français aux méthodes, aux techniques de la guérilla urbaine.”
Dans le sujet, le reporter ne fait parler aucun “élève” ni aucun “formateur” mais introduit les notions de “filières grecques” et de “camps d’entraînement” qui rappellent l’univers djihadiste. Il termine en nous interpellant : “Vous vous souvenez, au moment de l’affaire de Tarnac, on se demandait ce que pouvait bien faire Julien Coupat à Thessalonique. Eh bien, on se pose moins la question aujourd’hui.”
Reposons-nous la question quand même. Les anarchistes français vont-ils vraiment se former à la guérilla en Grèce ? Fin novembre, nous débarquons à Athènes dans le quartier mi-popu mi-bobo d’Exarchia aux murs couverts d’affiches politiques. C’est le fief historique du mouvement anarchiste. Dans un lieu occupé, dans un café ou dans un potager urbain autogéré, des adeptes de la bataille de rue discutent sans fin avec des universitaires postsituationnistes. A Exarchia, les insurgés européens viennent parler, organiser des manifs, imprimer des journaux, préparer des banderoles, parfois des cocktails Molotov. Sur la place, des jeunes habillés en noir, leur couleur politique, vont et viennent, boivent des bières et discutent. Ce soir, cinquante personnes écoutent un concert de solidarité avec les “prisonniers politiques”. Du gros son avec Assassin de la police, reprise de NTM par un groupe grec.
Ici pas de police
Sur un scooter à l’arrêt, Jeanne (1), une Franco-Grecque anarchiste de 35 ans, les cheveux noirs et un piercing à la lèvre. Elle aime se définir comme un “pilier de la place” et nous explique le métabolisme d’Exarchia. La place représente un village fortifié, un refuge politique où l’anarchiste boit sa bière en paix. Ici, pas de distributeur de billets, pas d’agences immobilières et, surtout, pas de police.
“La police reste à l’extérieur. S’ils passent par la place et s’arrêtent un peu trop longtemps au feu rouge, ils peuvent vite recevoir des pierres.”
Comment faut-il s’y prendre pour rejoindre un camp d’entraînement ? Jeanne fait un geste de la main comme si elle éloignait une mouche : “Ici on apprend à faire des cocktails Molotov à 12 ou 13 ans mais on n’est pas organisés. Il n’existe pas de formations. C’est un fantasme des flics : ils ont tenu les mêmes propos sur les Italiens qui venaient ici que sur les Français : comme si on avait quelque chose à leur apprendre.”
Deux jours plus tard, au même endroit, une autre militante nous a fixé un rendez-vous. Réfléchie, posée, sans signe vestimentaire marqué, cette étudiante grecque passe inaperçue au milieu des groupes de jeunes en noir et de punks à chiens. Elle participe à des revues, des groupes de réflexion et des manifs. Elle s’étonne de l’importance que les juges étrangers accordent au “voyage en Grèce”. “Pendant une manif, un Italien a été blessé. Il ne voulait surtout pas que cela se sache : il craignait que les services de renseignement italiens apprennent sa présence à Athènes.”
En Italie, mais aussi en France, les services secrets accordent une attention particulière aux jeunes anars passés par la Grèce ou en lien avec des activistes grecs. Devant les tribunaux, ces liens sont présentés comme des éléments à charge. A Paris, Jérôme (1), militant anticapitaliste de 30 ans interrogé par la police dans une affaire de dégradation, s’étonne lui aussi de cette chasse aux amis des Grecs. Derrière l’épouvantail des filières grecques et des camps d’entraînement à la guérilla urbaine, il diagnostique surtout “la construction policière d’un ennemi intérieur”. “Ces dernières années, je suis allé aux Etats-Unis, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, dans plein de pays. Mais dès qu’on met le pied en Grèce, la police isole ce voyage des autres pour le considérer comme une particularité dangereuse. La Grèce n’est pourtant pas le seul pays qui connaisse des émeutes et des bombes… En Corse, au Pays basque, il y a aussi des actions violentes et des assassinats.”
A Paris, Léo (1), un autonome de 26 ans, raconte ses trois voyages en Grèce. Ce jeune homme calme à l’allure ordinaire, jean, pull-over, milite dans l’aide aux migrants. Depuis 2009, il est parti trois fois en Grèce en “vacances militantes” pour rencontrer d’autres autonomes en lutte contre les centres de rétention pour étrangers. Mais dans les squats d’Athènes, on ne l’a pas accueilli à bras ouverts.
“Ils avaient l’habitude de voir des Français et estimaient que certains venaient un peu en touristes : ils faisaient la teuf sans respecter ceux qui dormaient, ne lavaient pas leur vaisselle. Comme j’étais tout seul, ils ont quand même accepté de m’héberger mais ils étaient assez froids.”
Léo participe à des amphis anarchistes où 300 à 400 personnes débattent de solidarité avec les prisonniers politiques. Il assiste aussi à des manifestations au cours desquelles les militants démolissent “le mobilier urbain qui organise le contrôle de la ville, les banques, les agences immobilières”, explique le jeune homme. Ces comportements d’émeutier, il n’a guère eu besoin de se rendre en Grèce pour les apprendre et les pratiquer. “Ce serait naïf de considérer qu’on va sur les bancs de l’école grecque parce qu’en France on ne sait pas jeter une pierre, se défendre face à des flics ou casser une banque avec un piolet, qu’il nous faudrait donc des cours avec un peuple élu, les Grecs, des professionnels de la lutte et des formateurs… Je n’ai rien vu de tel.”
Que pense-t-il des affirmations de la DCRI sur une filière grecque “préterroriste” ? “D’après Squarcini, les anarchistes français, méchants et violents par essence, ont envie de buter des gens et vont en Grèce pour apprendre à le faire. Tu ne vas pas me dire qu’il est assez stupide pour croire à ces balivernes. Le mythe de l’anar terroriste sert à nous discréditer pour mieux nous détruire.”
« Ce qui se passe en Grèce est spectaculaire »
Mathilde (1), jeune anarchiste française de 25 ans, fait partie de ces jeunes que France Info soupçonnait de venir apprendre en Grèce la guérilla urbaine. Depuis 2007, elle passe plusieurs semaines par an dans le pays, attirée par l’ambiance politique qui y règne. Elle participe à des manifs quand il y en a, s’insère dans des groupes, traîne dans les bars, lit des livres et vit ainsi en Grèce une partie de l’année. Au départ de Paris, elle multiplie les précautions pour ne pas attirer l’attention de la police : elle paie en liquide ses billets d’avion et décolle si elle peut d’un pays voisin. Dans un café d’Exarchia, elle nous présente ses amis révolutionnaires grecs.
“Les policiers jouent sur le passé des gens ou leur avenir supposé parce qu’ils n’ont rien sur le présent. Ce qui se passe en Grèce est spectaculaire, ils l’agitent donc comme une menace. Alors que la révolte ici est tout à fait populaire et le rapport à la violence politique différent de celui que nous connaissons en France.”
Mathilde assume sa participation à des manifestations considérées comme violentes. Elle y oppose “la violence de l’Etat”, bien supérieure selon elle et contraire à la volonté du peuple grec. Les formations à la guérilla urbaine ? Les camps d’entraînement ? Mathilde et ses amis grecs, lanceurs occasionnels de cocktails Molotov, en rigolent. “Pour savoir s’il faut bloquer la rue en renversant une poubelle au milieu ou ériger une barricade, il suffit de parler entre nous.”
Selon Jérôme, le jeune anar français, les policiers fantasment les anarchistes sur un mode parano pervers : “On peut mettre au défi n’importe quel agent de la DCRI : qu’ils nous montrent ces camps d’entraînement, ces sessions de formation. Evidemment qu’ils en seraient absolument incapables. Mais les flics ne peuvent envisager les rapports humains autrement que sous l’angle du réseau, de la filière, de la conspiration. Ils sont incapables d’y penser en termes d’amitié, de sympathie. Ils n’ont d’ailleurs aucun intérêt à le faire, sinon ils ne pourraient pas justifier d’être payés à faire des rapports.”
Nous contactons la police grecque pour savoir si elle partageait les inquiétudes des services français. Apparemment non. Athanassios Kokallakis, son porte-parole, répond de manière laconique : “La police grecque n’a aucune information sur l’arrivée d’anarchistes français en Grèce pour la ‘formation’ à des actes terroristes.” Plus largement, le porte-parole ne dispose “d’aucun élément relatif à la façon dont les anarchistes européens cherchent à se structurer au niveau international”.
Banlieue d’Athènes, dans le petit bâtiment de sept étages de l’université du Pirée. La chercheuse grecque Mary Bossis donne des cours sur la sécurité internationale. Elle est affirmative : malgré “deux ou trois explosions par jour dans le pays”, la police n’a jamais arrêté un anarchiste étranger dans une affaire grecque. “Les anarchistes grecs, poursuit-elle, n’entraînent personne, pour la simple et bonne raison qu’ils ne s’entraînent pas eux-mêmes.” La chercheuse a bien constaté “des voyages à travers l’Europe”, la “participation d’étrangers à des manifestations”, des “signes de solidarité” au-delà des frontières, mais aucune trace d’entraînement méthodique à la guérilla urbaine. “Sans doute des étrangers ont jeté ici des cocktails Molotov, mais ce n’est pas du terrorisme.”
La seule “piste sérieuse de conspiration terroriste”, selon Mary Bossis, pourrait se trouver plutôt du côté de l’Italie, où depuis déjà dix ans les Italiens de la Fédération anarchiste informelle envoient par la poste des lettres piégées à des banques, des ambassades et des chefs d’Etat. Dans leurs courriers de revendication, ces terroristes italiens et la Conspiration de cellules de feu affichent un soutien mutuel.
“Il est possible qu’ils aient appris ensemble à fabriquer ces lettres piégées, explique Mary Bossis. C’est le seul exemple qu’on ait d’un possible réseau anarchiste organisé pour des actions terroristes.”
Nous demandons à la DCRI de nous expliquer ce décalage entre les alertes policières sur un “réseau préterroriste international” et ce que nous observons sur place. Le service français refuse de nous répondre : il ne “communique pas sur le sujet”. Mais, à Paris, un policier retraité du renseignement français accepte de nous parler anonymement. On le comprend : depuis la création de la DCRI en 2008, fusion des Renseignements généraux (RG) et de la Direction de la surveillance du territoire (DST), toutes les activités du renseignement sont classées secret défense et les fonctionnaires encourent de lourdes sanctions disciplinaires et pénales s’ils parlent à des journalistes.
Les « fiches S »
Dans son travail d’officier de renseignement, il a toujours vu passer cette idée de filière grecque. “On appelait ça ‘l’arc anarchiste méditerranéen’ : Espagne, Italie et Grèce.” Il nous explique qu’avant 2008 la seule manière de repérer des Français partis dans ces pays, c’était les “fiches S” établies par les RG. La lettre S signifie “individu susceptible de porter atteinte à la sûreté de l’Etat”. Si les RG repèrent un militant “anarcho-autonome” qu’ils jugent dangereux, ils demandent son inscription au fichier des personnes recherchées (FPR).
Difficile de savoir combien il existe de fiches S concernant des anarchistes en France, mais le chiffre est vraisemblablement proche de 500. Dans tout l’espace Schengen, si un policier contrôle un Français titulaire d’une telle fiche, il a pour instruction de ne pas attirer son attention, de lui demander discrètement d’où il vient et où il va, de relever l’identité de ceux qui l’accompagnent. “On savait qu’un Français se trouvait en Grèce seulement grâce aux contrôles de routine de la police locale, ou bien si des individus sur écoute avaient évoqué ce voyage dans une conversation, explique l’ancien policier. Ça représentait en tout cinq ou six personnes par an.”
Jamais des policiers français ne suivaient les anars voyageurs jusqu’en Grèce. Ignorant tout de leurs activités sur place et de leurs éventuelles “formations”, ils ne pouvaient que les supposer. Le policier antiterroriste n’a “aucun souvenir de Français contrôlés en Grèce parce qu’ils venaient de participer à une action violente ou à toute autre activité politique”. Il se souvient qu’avant la création de la DCRI, les officiers du renseignement prêtaient attention à ces voyages mais n’en faisaient pas toute une histoire.
“L’anar français va peut-être voir deux ou trois potes, termine l’ancien agent, il va solidifier des liens, discuter, éventuellement participer à des actions avec les autres. Pas se former. Ça ne présentait pas un danger. La DCRI d’aujourd’hui a complètement dérapé. Ils voient des terroristes partout. Pour eux, si le mec part en Grèce, il va dans un camp d’entraînement, comme les djihadistes au Pakistan.”
D’où vient cette angoisse policière ? Cette théorie qui suppose qu’un lanceur de pavés français peut revenir de Grèce conditionné pour tuer ? “La DCRI craint qu’au contact d’étrangers plus extrêmes, nos Français se radicalisent, explique-t-il. Cette hantise vient d’une théorie : celle de la détection précoce.”
C’est Alain Bauer, expert en sécurité et proche conseiller du président de la République, qui en a développé le concept. Le policier doit identifier à l’avance tout ce qui pourrait faire basculer un individu dans le terrorisme et du coup intervenir préventivement. Problème : avant l’action, s’il y en a une, on ne trouve souvent que des amitiés, des rencontres en manifs, des dialogues en amphi. Cela peut noircir beaucoup de pages dans un dossier de renseignement. Mais, comme le signale notre policier, “ce n’est pas ça qui permet aux juges de monter un bon dossier judiciaire”.
1. les prénoms ont été changés
Leur presse (Camille Polloni, lesinrocks.com, 7 février 2012)
[Pour mémoire] Sur la rédactrice qui présente dans son article Alain Bauer comme un « expert en sécurité » (sic), on pourra relire : « Lettre ouverte à la camarade Polloni »
Il y a un an, cette journaliste avait aussi déjà repris quelques tuyaux des flics en balançant dans la dite « affaire de la dépanneuse » les vrais prénoms de personnes souhaitant gardant l’anonymat : http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/57636/date/2011-01-19/article/lultragauche-nouvelle-menace-pour-la-police-antiterroriste
Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 7 février 2012.
La Grèce en crise, terrain de jeu solidaire pour anarcho-touristes
(D’Athènes) Depuis dix-huit mois, la colère des Grecs contre des mesures gouvernementales qui ne font qu’empirer une situation déjà catastrophique attire un nouveau genre de visiteurs : l’anarcho-tourisme. Rencontres.

Un manifestant tente de frapper deux policiers grecs, le 10 février 2012 à Athènes, Grèce
« On n’est pas des branleurs pseudo-anarchistes qui se permettent de rejeter le système capitaliste grâce à l’argent de papa. »
L’espagnol Morja, l’Allemande Chris et les Américains Ximo et Gil se sont rencontrés en arrivant à Athènes, il y a quelques semaines. Ils font partie de ces militants trentenaires et quarantenaires qui se déplacent au gré des crises dans le monde.
Certains sont allés en Egypte et en Tunisie au printemps ; d’autres ont suivi les « Indignés », des Etats-Unis à l’Espagne en passant par le Brésil.
Anarchistes revendiqués, ils ne sont pas encartés. A part Morja, ils ont tous un passé de militants au sein d’une extrême gauche « trop molle », selon Gil. Ils rêvent d’un anarcho-syndicalisme solidaire et mondial, pour une « Action directe pacifique et désarmée ».
Des pros du système D
Chez eux, ils vivent dans des squats, des fermes ou « un peu partout ». Ils travaillent au lance-pierre pour payer les billets d’avions : manutention, restauration, chantiers ou « petits trafics ».
Ils activent leurs réseaux pour se loger sur place. En Grèce, la propriété foncière n’est pas réservée aux classes aisées : il n’est pas rare que des familles même pauvres possèdent un appartement en ville.
L’hiver particulièrement froid, le prix de l’électricité largement gonflé… beaucoup de gens n’ont plus les moyens de se chauffer et vont habiter chez un parent. L’appartement où nos anarchistes sans frontières logent, en plein centre avec vue sur l’Acropole, est l’une de ces habitations désertées appartenant à « la cousine d’un ami à Berlin », précise Chris.

La rue d'Athènes où vivent les anarchistes rencontrés
Combien de temps resteront-ils ? « Pas de plan », sourit Chris, dont le budget permet de tenir jusqu’à la mi-mars. Les garçons sont journaliers sur un chantier.
« Mes convictions m’obligent à venir ici »

Un homme avec une pancarte « j'ai faim », rue Panepistimiou à Athènes en Grèce
« Professionnels des émeutes » auto-proclamés, ils viennent « par solidarité et pour partager un savoir-faire », explique Ximo.
Dimanche soir, Gil et Ximo appelaient au calme les manifestants paniqués par la police échaudée, Morja distribuait des bouteilles d’eau et Chris de la pommade contre les gaz lacrymogènes.
Est-ce qu’ils se sentent légitimes à militer dans un contexte qu’ils possèdent mal, et se fixent-ils des limites ? Ximo : « Ce n’est ni une crise grecque, ni une crise européenne : ce qui se déroule actuellement ici est la résultante d’un système mondial qui dégénère. Mes convictions m’obligent à venir ici. »
Chris ajoute : « La limite concerne l’après-crise. Que rêver pour la Grèce ? Ça appartient aux Grecs. J’aide au combat, maintenant. »
Un voyage très préparé
Activistes confirmés, ils préviennent les moins expérimentés contre le romantisme de l’action protestataire.
Morja évoque deux Espagnols qui se sont fait piéger « en débutants » : après des provocations, les policiers ont glissé des explosifs dans leurs sacs pour pouvoir les inculper. Ils passent bientôt devant le tribunal.
« Les révolutions, les protestations de grande ampleur incitent parfois des anarchistes fougueux à venir “pour en être”. Or ça ne s’organise pas au hasard. »
Eux préparent leurs voyages des semaines à l’avance, en discutant avec des Grecs de l’étranger qui les mettent en contact avec des militants locaux.
De la chair à saucisse pour la police
Le mépris du gouvernement pour une population à terre écœure Yorgos, 56 ans, un ancien du groupe anarchiste Lutte révolutionnaire. Il ne voit pas d’un bon œil cet « anarco-tourisme » : « L’effet de mode “nous sommes tous Grecs” – bien sur que non – amène des arrivages de chair à saucisse aux forces de l’ordre et aux voyous. La Grèce est corrompue, il y a des règles implicites, surtout en situation de crise. »
Oreste, manifestant grec de 36 ans, apprécie la distribution d’eau et de pommade mais doute de la transmission de savoir-faire, évoquée par Ximo : « Les scènes de guérillas urbaines comme dimanche sont impressionnantes pour ces étrangers, mais régulières à Athènes depuis un an. On sait les gérer. »
Il reconnaît cependant que le fait qu’ils soient étrangers autorise plus d’activisme : « Pour les Grecs qui ont encore un emploi, faire grève est difficile, bien que ce soit autorisé par la loi : dans le privé, on te vire le lendemain, et le dégraissage dans le public n’encourage pas à faire valoir tes droits. Là, ces militants étrangers qui viennent gonfler nos rangs au piquet sont utiles. »
Leur presse (Léa Lescure, rue89.com, 14 février 2012)
[Royaume-Uni] Renvoi de Ghanéens et action No Borders
Les No-Borders du Royaume-Uni tentent une action pour empêcher le renvoi de plusieurs Ghanéens renvoyé depuis Londres à minuit ce soir (1h du matin heure française).
Ils bloquent l’accès aux centres de Harmondsworth et Colnbrook. L’aéroport d’où seront expulsés envrion 50 maintenus n’est pas connu.
Il s’agit du deuxième vol charter vers le Ghana depuis novembre 2011. L’une des personnes en instance d’expulsion souffre de douleurs chroniques après une descente des forces de l’immigration précédent sa mise en rétention, il y a un an. Aucun soutien médical ne lui a été apporté d’après un de ses amis (qui témoigne sur le site des No Borders).
Liste Migreurop, 14 février 2012.
Publié dans Les révoltes des migrants
Marqué avec No Border, Royaume-Uni
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Montrer son cul aux monarques et aux élites
Australie – Il a montré ses fesses à Elizabeth II et se dit prêt à recommencer
BRISBANE – Un Australien devra payer une amende de plus de 600 euros pour avoir montré ses fesses à la reine d’Angleterre lors de sa visite en octobre dernier, mais il a prévenu mardi qu’il recommencerait.

Liam Warriner, 22 ans, barman à Sydney, était poursuivi pour trouble à l’ordre public, lors de la visite d’Elizabeth II en Australie à l’automne 2011. Il a comparu devant le tribunal de Brisbane et plaidé coupable.
La cour lui a infligé mardi une amende de 750 dollars australiens (609 euros).
Lorsque le cortège royal d’Elizabeth II traversait la ville de Brisbane, capitale de l’Etat du Queensland, Liam Warriner a baissé son pantalon et couru une cinquantaine de mètres à hauteur des motards de l’escorte, avec un drapeau australien fiché entre les fesses, selon l’agence Australian Associated Press.
Il a expliqué à la police que son geste était une protestation politique pour montrer son mépris envers la monarque et les élites, a-t-il été dit au juge lors du procès.
À la sortie du tribunal, le jeune homme a affirmé qu’il recommencerait lors de visites de hauts dignitaires. « À tous ceux qui se croient importants ou croient appartenir à l’élite, je montrerai mes fesses avec joie ! », a-t-il lancé.
La visite de dix jours en Australie de la reine d’Angleterre, chef d’Etat de cette ancienne colonie britannique, avait attiré les foules. Mais le débat sur l’instauration d’une République revient régulièrement dans l’actualité, les anti-monarchistes estimant que le basculement pourrait se faire après le décès d’Elizabeth.
Leur presse /Agence Faut Payer, 14 février 2012/
L’avenir du christianisme
Colombie : deux prêtres engagent des tueurs pour leur propre mort
Bogota – Deux prêtres colombiens, abattus par balles l’an dernier à Bogota, avaient eux-même engagé les tueurs à gage pour se suicider, selon les conclusions de l’enquête, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Très appréciés dans leurs paroisses, les deux religieux, âgés de 35 et 36 ans, avaient noué un pacte pour se donner la mort après que l’un d’eux eut contracté le virus du sida, a expliqué à la presse le procureur Patricia Larrota.
Leurs cadavres avaient été retrouvés à l’intérieur d’une voiture dans une rue de la capitale en janvier 2011 et la police avait dans un premier temps privilégié la thèse d’une attaque crapuleuse.
Mais après un an d’investigations, les policiers, qui ont interpellé les auteurs des coups de feu, se sont aperçus que les prêtres, qui entretenaient des liens très proches, avaient arrangé leur propre mort.
Ils avaient versé 15 millions de pesos (plus de 8.000 dollars) à leurs futurs bourreaux, qui devront eux-même répondre des chefs d’homicide et de port d’arme illégal.
Les enquêteurs ont également découvert que, dix jours avant d’engager les tueurs, les prêtres avaient tenté de se suicider en précipitant leur voiture dans un précipice, mais la barrière de sécurité avait stoppé le véhicule.
Les prêtres avaient fait savoir qu’ils allaient payer pour leur mort car ils avaient déjà étudié plusieurs options, a indiqué le procureur en lisant les déclarations des tueurs à gage.
L’enquête a établi que l’un des religieux, qui fréquentait les bars homosexuels, était bien atteint du virus du sida.
Les conclusions de l’enquête ont été contesté par la famille de l’autre prêtre, dont la soeur a dénoncé des calomnies. L’Eglise catholique ne s’est de son côté jusqu’ici pas prononcé sur ce cas.
Leur presse (Agence Faut Payer, 14 février 2012)
Publié dans Archives de l'athéisme
Marqué avec Bogota, Colombie
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[Combien ça coûte ?] Pour l’État, la vie d’un taulard vaut une année de smicard

L’État condamné à verser 15’000 euros pour le suicide d’un détenu
Le tribunal administratif de Rouen condamne l’État pour préjudice moral, après le suicide en 2009 d’un prisonnier de 27 ans.
L’État a été condamné mardi par le tribunal administratif de Rouen à verser 15’000 euros pour préjudice moral à la mère d’un détenu qui s’était suicidé à son arrivée au quartier disciplinaire de la maison d’arrêt de Rouen le 2 janvier 2009.
Le détenu, Cédric Darchicourt, 27 ans, incarcéré depuis juillet 2008, avait été placé en quartier disciplinaire le 2 janvier 2009 pour huit jours « suite à la découverte dans ses affaires d’un téléphone portable », rappelle le tribunal dans son jugement daté du 9 février.
Dès son arrivée au quartier disciplinaire, il avait demandé un rendez-vous au service médical de la prison, s’était entretenu « trente minutes avec un psychologue » mais « sa punition n’a pas été levée », précise-t-on de même source.
À 13h30 le même jour, les gardiens avaient découvert un drap accroché aux barreaux de sa cellule, et l’avaient retiré ainsi qu’un autre caché sous le lit. Le détenu leur avait expliqué « ne pas se sentir bien » et ils avaient demandé à l’infirmerie de passer.
À 13h50, lors d’un nouveau contrôle de sécurité, ils ont découvert le détenu « pendu avec ses lacets de chaussures ».
Le ministre de la Justice avait reconnu la responsabilité de l’administration « du fait d’un défaut de surveillance du détenu, à qui les surveillants avaient laissé ses lacets de chaussure » mais avait refusé l’indemnisation réclamée par la mère de 20’000 euros, et proposé 15’000 euros qu’elle avait refusés.
Leur presse (Agence Faut Payer, 14 février 2012)
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Marqué avec maison d'arrêt de Rouen
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[Justice pour Ali Ziri] Manif du 11 février à Argenteuil
« On n’enterre pas la vérité »
« Ali Ziri, 69 ans, mort le 11 juin 2009, suite à son interpellation par la police nationale, ici-même » : voici le texte de la plaque posée en hommage à Ali Ziri et qui a soulevé un tollé chez les syndicats de police, d’Alliance au SGP-FO, menaçant de manifester si la plaque n’était pas enlevée.

Et lorsque ces policiers à l’indignation sélective et déplacée sont en colère, ils ouvrent leur carnet d’adresses et utilisent la ligne directe pour s’adresser à leur sauveur suprême, Guéant. Il n’en faut pas plus à ce pourfendeur des « autres civilisations » pour appeler le préfet du Val-d’Oise qui, à son tour, met un coup de pression sur le maire d’Argenteuil, le menaçant de le poursuivre au tribunal administratif pour atteinte à la présomption d’innocence.
La municipalité avait dans un premier temps autorisé par arrêté la pose de la plaque, gagnée par les arguments de notre collectif « Justice et vérité pour Ali Ziri », composé d’une trentaine d’organisations politiques, syndicales et associatives et de citoyens ; mais elle a décidé de sa dépose le 1er février, alors même que selon plusieurs avocats, la plaque ne présentait rien de diffamatoire et ne portait aucunement atteinte à la présomption d’innocence.
L’affaire n’est pas seulement juridique, elle est d’abord politique : elle laissait entrevoir le retour dans notre ville de Sarkozy, dont la dernière visite s’était soldée par une reconduite à la frontière après les insultes qu’il avait proférées à l’encontre des habitantEs de des quartiers populaires. Mais là, le scénario était irrésistible pour l’UMP : chevaucher de nouveau les thèmes sécuritaires et racistes, remonter le moral aux intouchables que sont les policiers et dénoncer au passage le PS et son laxisme. Cela n’était évidemment pas trop du goût du staff de Hollande mis au courant de cette affaire Ali Ziri. Il n’en a pas fallu davantage pour que la municipalité jette l’éponge et scie l’arceau sur lequel était apposée la plaque.
Jacques Gaillot, qui l’a inaugurée, avait déclaré : « On n’enterre pas la vérité ». Chacun peut compter sur la détermination de notre collectif pour faire en sorte que cette vérité qu’ils ne veulent pas voir soit taguée sur les murs de la ville à coups de pochoir, et rappelée sur les badges que nous vendrons lors de notre prochaine manifestation, le samedi 11 février à 14 heures du parc de la mairie à la sous-préfecture.
Omar Slaouti – Hebdo Tout est à nous !, 9 février 2012.
Une plaque commémorative révélatrice
Dans l’affaire de la mort d’Ali Ziri, le procureur de la république a rendu début janvier un non-lieu. Le collectif « Vérité Justice » attend la confirmation, ou pas, du juge d’instruction. Le 14 janvier, avec l’accord de la mairie, une plaque commémorative a été apposée à l’endroit où Ali Ziri a été arrêté par la police ; « Ali Ziri, 69 ans, mort le 11 juin 2009 suite à son interpellation par la police nationale, ici même ». Les syndicats de police et le ministre ont fait pression auprès du maire PS d’Argenteuil qui l’a enlevée. Le collectif manifeste et fera des pochoirs en réaction. Cet interview a été diffusé sur FPP dans l’Actu des luttes le 14 février 2012.
Sons en luttes, 14 février 2012.
Argenteuil : une manif pour Ali Ziri
Le collectif « Vérité et Justice pour Ali Ziri » a manifesté samedi à Argenteuil (Val-d’Oise) pour « réclamer justice » et « dénoncer les pressions » sur la mairie, qui a retiré une plaque à la mémoire d’Ali Ziri, retraité algérien mort en 2009 après un contrôle de police.

« Nous ne lâchons rien. Nous demandons que le juge entende les policiers. Nous sommes aussi là pour dénoncer les pressions des syndicats de police et de l’État qui ont contraint la mairie à retirer la plaque », a expliqué Mohammed Nemri, membre du collectif.
Leur presse (Europe1.fr, 11 février 2012)
Riposte dans les quartiers populaires – À Argenteuil
« Ali Ziri 69 ans mort le 11 juin 2009 à la suite de son interpellation par la police nationale, ici même » tel était le texte inscrit sur la plaque commémorative posée le 14 janvier lors d’un rassemblement organisé par le « collectif vérité et justice pour Ali Ziri » pour protester contre le non-lieu des policiers prononcé le 14 décembre. La vérité n’aura été clamée au grand jour qu’une quinzaine de jours : la plaque a été retirée le 31 janvier alors que le préfet, sous la pression des syndicats de policiers qui la jugeaient « diffamatoire » (car pouvant laisser croire qu’il y avait un lien de cause à effet entre le décès d’Ali et son interpellation) en a fait l’injonction au maire PS d’Argenteuil qui a obtempéré (craignant pour la « tranquillité publique » de sa ville). Une chose est sûre les syndicats de police ont bien interprété le sens du texte, n’est-ce pas une sorte d’aveu de culpabilité ?
Résistons Ensemble n° 105, février 2012.
Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire
Marqué avec Ali Ziri, Argenteuil, Vérité et Justice
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[Mort aux El-Assad !] Homs sous les bombes
Assiégée, la ville syrienne de Homs fait appel aux pigeons voyageurs
Pratiquement coupés du reste du monde, des militants syriens dans la ville rebelle de Homs ont décidé de recourir à des méthodes ancestrales pour communiquer : des pigeons voyageurs font la navette entre quartiers transmettant les dernières nouvelles.
« Que Dieu soit avec toi, que Dieu te guide à Baba Amr » — l’un des quartiers les plus bombardés —, crie Omar, un pseudonyme, posté sur le toit d’une maison en lâchant un pigeon dans le ciel de Homs, selon des vidéos diffusées récemment sur internet.
Quelques minutes plus tôt, ce militant du quartier de Baba el-Sbaa enroulait un papier à l’aide d’un fil bleu autour de la patte de l’oiseau, dans l’espoir que les habitants de Baba Amr, situé à plus de deux kilomètres de là, accuseront bien réception.
« Militants de Baba Amr, prière de nous informer de quoi vous avez besoin en termes de médicaments et de nourriture », lit-on dans le message.
Pilonnée depuis le 4 février par les forces du régime de Bachar al-Assad, la troisième ville de Syrie, surnommée la « capitale de la révolution », est isolée et privée d’eau, d’électricté et de télécommunications, avec des chars encerclant les rues désormais désertes des quartiers sensibles.
« Merci Bachar de nous avoir faire revenir au Moyen-Âge », commente Omar, entouré de plusieurs compagnons.
Si les militants ont lancé leur révolte grâce notamment aux réseaux sociaux, ils se voient aujourd’hui obligés de recourir à une tradition ancienne en Syrie où la pratique colombophile est implantée depuis des siècles.
« Les habitants de Baba Amr nous informent des massacres commis chez eux par le régime et nous indiquent quelle route prendre pour faire parvenir les secours », explique Omar devant la caméra, la voix parfois couverte par le bruit assourdissant des explosions et des bombardements.
Les militants parviennent à envoyer leurs vidéos par voie satellitaire — un moyen qui n’est pas à la portée de tout le monde — et se servent parfois de talkies-walkies au sein d’un même quartier.
« Ils ont transformé Homs en une grande prison, les gens n’osent pas sortir de chez eux et ne peuvent rien faire, les shabbiha (milices pro-régime) sont partout », affirme Omar.
« Les boulangeries ont fermé leurs portes, j’ai vu des parents nourrir leurs enfants de pain rassis avec de l’eau, ça vous donne la chair de poule », s’indigne-t-il.
Le jour même, un pigeon revient, salué par les militants toujours postés sur les toits. « Dieu est grand, l’oiseau est revenu avec un message ! », clament-ils.
La lettre est porteuse d’un cri de secours mais aussi de défi : « des militants de Baba Amr aux militants du vieux Homs, nous avons besoin d’aides médicales et alimentaires, bien reçu votre message. Vive la Syrie ! À bas Bachar al-Assad ! »
Leur presse (Agence Faut Payer, 14 février 2012)
Publié dans La révolution syrienne
Marqué avec Homs
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[Tours] Dernière sommation
Dernière sommation
Voilà bien longtemps que nous avons cessé de croire et d’espèrer avec le Parti Socialiste et plus généralement en la « Gôche ». Elle n’aura été sur le marché des élections qu’une possibilité à peine plus « soft » de gestion des populations et rien d’autre. À vrai dire, elle a même permis et légitimer les pires avancées répressives tout en promouvant le cynisme et le fatalisme comme valeur en soi.
Marisol Touraine, en expulsant le « Canal 68 » avec le refus de tout dialogue, dans le déni total de la situation, propre à tous les sociopathes attachés au pouvoir, révèle encore une fois la vrai nature du P.S. : une marchandise électorale de plus.
Nous n’avons donc pas besoin des services de M.S.T. Qui s’est permise d’expulser ce squat juste avant Noël : la cohésion par l’habituelle répression !
De gauche ou de droite, ce sont bien les mêmes patrouilles de police qui traquent et chassent les immigré-es, expulsent les squatteur-es, répriment les manifestant-es. Notre cohésion, c’est dans la lutte contre toutes les oppressions et dans le refus de toute médiation que nous l’avons trouvé.
La gauche n’est pas simplement complice des forces de domination qui ravagent méthodiquement ce monde, mais leur caution, leur bonne conscience, l’expression d’une opposition conciliable faite pour nous désarmer… Bref, la deuxième face d’une même pièce et d’un dispositif global de neutralisation et de gestion des antagonismes sociaux au sein des « démocraties libérales ».
Ce qui se révèle aujourd’hui, de la même façon qu’en 1981, c’est que l’alternance droite-gauche est une fausse alternative : la véritable se situe dans la rue, par l’appropriation de l’espace urbain, rural, par l’occupation des terres, des logements, par la réquisition des moyens de subsister, d’exister et de vivre sans avoir à le payer comptant.
C’est donc dans la perspective d’une autonomie collective face à l’État, au capitalisme, et à tous ses gestionnaires-experts que luttons dorénavant.
Avec ou sans papiers, solidarité !
Feu aux camp de rétention !
Que brûle l’État et les patrons !
Communiqué – 14 février 2012.
Des parpaings et un tag chez Marisol Touraine
Hier matin, l’entourage de Marisol Touraine a découvert qu’un acte de vandalisme avait été commis à la permanence de Montbazon.

La permanence de la présidente du conseil général à Montbazon a été la cible d’une opération qui n’a pas été revendiquée pour l’instant.
Le message est mystérieux, le mur en parpaings manifestement monté à la hâte… C’est une opération mystérieuse qui a été menée, au cours du week-end, à la permanence de la députée et conseillère générale, Marisol Touraine, à Montbazon. Hier soir, cet acte de vandalisme n’avait pas été revendiqué et la gendarmerie avait ouvert une enquête.
En fait, c’est dans la matinée que l’entourage de la présidente du conseil général a découvert le pot-aux-roses. La porte du local a été barrée d’un mur de parpaings. Sur la façade, un message énigmatique est apposé : « Mur pour mur », peut-on y lire au-dessus d’un rond barré d’une flèche.
Immédiatement, les regards se sont tournés vers les parents d’élèves en colère dans le dossier des collèges. Mais une telle opération ne paraît pas de nature à s’inscrire dans les actions menées ces dernières semaines. « Nous avons écrit à Marisol Touraine, explique Nathalie Duplais, du collectif des parents d’élèves d’Azay-sur-Cher. Nous attendons des réponses. Mais nous n’avons jamais envisagé ce type d’actions… » Alors, cette opération est-elle l’œuvre d’un groupe précis ou d’un individu isolé ? La gendarmerie de Montbazon, la brigade de recherches de Tours et les techniciens en investigations criminelles de la gendarmerie ont débuté leurs recherches tous azimuts.
Marisol Touraine, elle, a donné son sentiment sur cet acte de vandalisme : « Je regrette que des gens préfèrent s’exprimer par des actes agressifs plutôt que par le dialogue. Il semble que certains propos aient été tenus récemment qui laissent entendre qu’on ne me lâchera pas sur certains dossiers. En tout cas, ce n’est pas très courageux mais je suis sereine. Cela fait partie de la vie politique. »
C’est la première fois que Marisol Touraine est visée par ce type d’opération. Pour l’instant, le message reste mystérieux.
Leur presse (Caroline Devos, NR, 14 février 2012)
[Clermont-Ferrand] La mobilisation pour Wissam El-Yamni continue…
Samedi 11 février, plus de 300 personnes se sont réunies malgré un froid plus que glacial devant le commissariat central de Pélissier à Clermont-Ferrand à l’appel du Comité « Justice & Vérité pour Wissam ». Objectif : exiger une fois de plus « Justice et Vérité » pour Wissam El-Yamni décédé suite à des violences policières le 1er janvier 2012.

PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX ! POUR WISSAM ON LÂCHERA PAS !
À l’intérieur : une délégation, composée des parents de Wissam El-Yamni, d’une délégation du comité et des deux avocats de la famille, Me Borie et Me Canis, a été reçue près d’une heure par la directrice départementale de la sécurité publique du Puy-de-Dôme. Celle-ci a refusé de présenter des exuses aux parents de Wissam alors que la responsabilité de la police est aujourd’hui avérée :
1) Wissam a été violemment frappé par les policiers,
2) Il a subi un « pliage », ce qui est interdit depuis 2003 parce que mortel,
3) Que quoi qu’il en soit, dès lors que l’on est interpellé, on est placé sous la responsabilité de la police (cf. art. 10 du code de déontologie de la police nationale),
4) Qu’il a été interpellé vers 3h et conduit à l’hôpital vers 6h alors que le malaise serait survenu durant son transport.
L’attitude des pouvoirs publics est plus qu’insultante pour la mémoire de Wissam et sa famille. Nous la condamnons et exigeons de nouveau des excuses publiques et officielles de l’institution policière, aux côtés de la famille et des proches de Wissam.

MAIS OÙ SONT LES « BONS FLICS » ?!
Dehors, pendant ce temps, les manifestants, pour la plupart vêtus des tee-shirts blancs siglés « Justice et vérité pour Wissam ! Pas de justice, pas de paix ! » ont scandé des slogans pour soutenir la famille, les avocats et nos camarades dans cette épreuve. Les « slogans anti-police » qu’a décrit la presse étaient : « personne au-dessus des lois », « pas de justice, pas de paix », « on est là, on lâchera pas », « policiers assassins », « on est avec vous » (la famille). Rien d’anti-policier donc. Les orateurs ont d’ailleurs plusieurs fois rappelé que la police est indispensable dans notre société. Mais pour mériter le titre de police, elle ne doit pas être au-dessus des lois, elle ne doit pas faire ce que précisément elle est censée combattre, elle doit assurer la sécurité de tous les citoyens et non pas être dans une logique guerrière… Elle doit être propre et ne pas rendre justice elle-même. Les « bons flics » doivent parler, ils doivent lâcher les brebis gâleuses, c’est ce que disait le rassemblement. Si ils ne le font pas, ils sont complices et ne méritent pas le titre de « bons flics ». Des policiers de ce commissariat ont vu ce qui s’est passé, il doivent parler.
PERSONNE AU-DESSUS DES LOIS
Vers 15h30, la délégation est ressortie du commissariat. « La famille attendait de la part des policiers des excuses, mais il n’y en a pas eu », a indiqué au micro Me Canis, qui a ajouté « vouloir agir pour que des sanctions administratives soient prises » contre les policiers ayant procédé à l’interpellation de Wissam El-Yamni lors de la nuit de la Saint-Sylvestre.
Me Borie a déclaré, lui, que « les contrôles de police ne devaient pas systématiquement viser ceux dont la couleur de la peau n’était pas parfaitement blanche » et que certains policiers « se croyaient au-dessus des lois », appelant « les plus républicains » à ne pas cautionner les fonctionnaires « agissant dans une logique de guerre et de répression ».
« La seule « zone de non-droit », c’est là, derrière ces grilles, dans ce commissariat. C’est là qu’on a retrouvé Wissam inanimé et menotté face contre terre dans un couloir. Ce sont des policiers d’ici qui l’ont tué et aujourd’hui ils sont en congés. Il faut que les autres policiers parlent. Il faut la justice » a martelé le Président du Comité.

FINI LE SILENCE… MAINTENANT ON VA FAIRE DU BRUIT !
Le Comité a indiqué que désormais, il changeait de stratégie. « Jusque là nous faisions des marches silencieuses, des rassemblements silencieux et des minutes de silence… Mais il y a trop de silence : silence des médias, silence de la police, silence de la justice, silence des pouvoirs publics… Donc maintenant on va faire du bruit. Il faut qu’ils entendent notre exigence de justice et de vérité pour Wissam (ayr), mais aussi pour toutes les victimes des violences policières ! Il faut qu’ils entendent qu’on veut que ça change ! Assez des violences, assez des mensonges, assez des humiliations, des contrôles au faciès, des comparutions immédiates et de tous les contrôles, fouilles, etc. illégales ! On veut la justice et la vérité, la fin des violences policières et d’une justice à deux vitesses… On est libres ! Libres de penser, de parler et de manifester ! Libre de se réunir et de les défier ! Notre liberté, on va l’utiliser. »
Le Comité a également rappelé sa détermination : « Tant que nous n’aurons pas la justice, ils n’auront pas la paix ! Nous recouvrirons leurs murs avec nos affiches, nous briserons leur « bonne conscience » avec nos tracts, nous pourchasserons leur « politiquement correct » (et hypocrite) dans nos discours, nous occuperons la rue avec nos rassemblements et nos marches ! »
Des actions seront mises en place d’ici à la Journée Internationale contre les violences policières du 17 mars. REJOIGNEZ-NOUS POUR LES METTRE EN PLACE !

Le Comité « Justice & Vérité pour Wissam » continue sa « tournée des consciences » et vous invite à une projection-débat mercredi 15 février 2012 à la fac de Lettres (amphi 2 – Tram « Universités »).
AU PROGRAMME :
> Projection de films témoignages sur la disparition de Wissam (ayr) et sur les résistances contre les violences policières.
> Débat en présence de militants du comité, sur les violences policières et le combat des comités qui partout en France exigent « Justice et Vérité » pour des citoyens abattus par la police.
> Moment convivial autour de boissons chaudes et de gâteaux. Stand d’information, pétitions, tracts, T-shirt, affiches, autocollants, cartes d’adhérent au comité… seront disponibles à ce moment-là.
Venez nombreux et faites passer le message ! Sans notre mobilisation, on en serait resté à la première version policière (on a trouvé Wissam inanimé dans un caniveau) qui aujourd’hui est démentie par tous les premiers rapports. La vérité jaillit de notre mobilisation citoyenne. Ce n’est qu’un début, continuons le combat !
Comité « Justice et Vérité pour Wissam », 13 février 2012.
Affaire El-Yamni : rassemblement à Clermont-Ferrand un mois après son décès
Cent quarante à cent cinquante personnes, selon la police, se sont rassemblées samedi après-midi devant le commissariat de Clermont-Ferrand, un mois après le décès de Wissam El-Yamni, qui avait été interpellé de façon mouvementée la nuit de la Saint-Sylvestre.
Ce sit-in s’est déroulé dans le calme, malgré des slogans hostiles à la police.
Des membres du comité « Justice et Vérité pour Wissam », organisateur de la manifestation, ainsi que de la famille de Wissam El-Yamni et ses avocats ont été reçus par le directeur départemental de la sécurité publique.
« La famille voulait des excuses, ils ont reçu des condoléances », selon Me Jean-Louis Borie, avocat de l’épouse de la victime.
Le corps de Wissam El-Yamni, qui fait l’objet d’examens complémentaires, n’a pas encore été rendu à la famille.
Le jeune homme de 30 ans est mort le 9 janvier, neuf jours après être tombé dans le coma à la suite d’un malaise cardiaque lors de son interpellation à Clermont-Ferrand. L’affaire avait provoqué plusieurs nuits de tension dans la ville et une forte colère contre la police.
Une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte. Les deux policiers visés sont toujours en congés et n’ont pas été suspendus à ce stade.
L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a mis en cause une immobilisation irrégulière, appelée « pliage », employée par les policiers lors du transport du jeune homme au commissariat.
Le comité « Justice et Vérité pour Wissam » entend poursuivre sa mobilisation et lutter de façon générale « contre les violences policières ». Il édite un journal, organise des réunions et prévoit diverses actions dont la création d’une place « Wissam El-Yamni, décédé suite à des violences policières le 1er janvier 2012 », samedi prochain dans le quartier de la Gauthière où s’était déroulée son interpellation.
Leur presse (Agence Faut Payer, 11 février 2012)
Affaire Wissam El-Yamni : rassemblement devant le commissariat de Clermont
Un mois après le décès de Wissam El-Yamni, un rassemblement, était organisé, samedi après-midi, par le comité Justice et vérité pour Wissam devant les grilles — fermées — du commissariat.

Une délégation de huit personnes, composée des parents de Wissam, de membres du comité et des deux avocats de la famille, Me Jean-Louis Borie et Me Jean-François Canis, a été reçue pendant une heure par la directrice départementale de la sécurité publique du Puy-de-Dôme. Pendant ce temps, à l’extérieur, les participants — 150 selon la police, 300 selon le comité Justice et vérité — ont réclamé que « la justice avance » dans ce dossier.
Des excuses
« Nous avons, jusqu’à maintenant, organisé des marches silencieuses, mais nous avons décidé de changer de stratégie : désormais, on va faire du bruit pour que les policiers soient sanctionnés : on ne lâchera pas l’affaire ! », a clamé, au micro, l’un des organisateurs. Vers 15h30, la délégation est ressortie du commissariat. « La famille attendait de la part des policiers des excuses, mais il n’y en a pas eues », a regretté Me Jean-François Canis, qui a ajouté « vouloir agir pour que des sanctions administratives soient prises » contre les policiers ayant procédé à l’interpellation lors de la nuit de la Saint-Sylvestre (NDLR, les deux fonctionnaires mis en cause sont toujours officiellement en congé). Me Borie a déclaré, lui, que les contrôles de police devaient être les mêmes pour toute la population, quelle que soit « la couleur de la peau ».
Une information judiciaire pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner a été ouverte début janvier. Rendu public fin janvier, le rapport de pré-autopsie, s’il a exclu un décès directement traumatique, évoquait une compression des artères carotides « lors du maintien en hyperflexion » dans la voiture de police, laquelle « pourrait avoir entraîné » un ralentissement du flux sanguin « à l’origine d’une perte de connaissance. » L’enquête de l’IGPN confirme que la méthode du pliage, non enseignée dans les écoles de police et donc prohibée, a été utilisée lors du transport de Wissam El-Yamni au commissariat.
Le comité Justice et vérité pour Wissam a appelé à la poursuite de la mobilisation et au visionnage d’un film consacré à l’affaire, à la faculté de lettres de Clermont-Ferrand, le 15 février.
Leur presse (LaMontagne.fr, 11 février 2012)
Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire
Marqué avec Clermont-Ferrand, Vérité et Justice, Wissam El-Yamni
Un commentaire
Manif pour la régularisation des sans-papiers Mercredi 22 février à Lausanne


Publié dans Les révoltes des migrants
Marqué avec Lausanne, Suisse
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[Chroniques grecques] N° 8 : La conscience révolutionnaire en gestation
Il n’y aura pas eu de deuxième soir d’insurrection à Athènes, de nombreuses petites manifestations ont eu lieu dans la plupart des villes, des attaques de banques, des occupations d’hôtels de ville, des procès en accéléré (on dénombre 70 arrestations au total), mais la capitale connaîtra la terreur répressive : les migrants coursés dans les rues par les flics un peu partout, des arrestations sans aucun prétexte, des perquisitions, un quadrillage sévère autour d’Exarchia avec des coups de tension (un bâtiment a cramé sur la bordure pour les tenir en respect). La moindre tentative de rassemblement a donné lieu à des arrestations, tandis que la ville « panse ses plaies » comme aime à dire la démocratie bourgeoise : des bâtiments fumaient encore en journée, avec plusieurs brigades de pompiers qui parvenaient enfin à maîtriser le « sinistre », et c’est le recyclage des traces de combat. Quelques graffitis anarchistes révolutionnaires effacés, les ruines de bâtiments incendiés déblayés et protégés par les flics, les banques défoncées protégées également avec la construction de nouvelles palissades en tôle pour les bâtiments définitivement détruits (banques essentiellement), les entassements de matériaux de barricades et des bouts de marbre-pavés dans des bennes, etc.

Les gens se promènent : les bourgeois cachés apeurés dans leurs chambres toute la nuit sortent avec une violente insolence sous la protection policière à s’indigner en gloussant avec quelques photos des ruines des combats de la veille, des touristes en quête de sensation, et la misère qui reprend ses droits avec les toxicos à moitié morts par terre ou poursuivis en groupes par des flics dans des courses-poursuites au milieu de la circulation, des rafles, et les affamés qui meurent sur le trottoir.
Les centrales syndicales n’auront pas appelé à une nouvelle grève générale ce lundi. Évidence que la grève générale de 48 heures devait commencer aujourd’hui au lendemain de la grande bataille que tous savaient avoir lieu ce dimanche, et non les vendredi et samedi. Trahison. Et les gens qui étaient dans la rue hier soir en prennent conscience.
La conscience de classe. La conscience révolutionnaire. Qui germe, qui fermente, qui se fortifie. Dans les communiqués, les tracts, les affiches, les slogans, sur le terrain. Voilà la grande victoire de la nuit insurrectionnelle du 12 février.

Les gens se promènent dans la ville en ruine, et parmi eux des camarades combattants prudents et déguisés en citoyen qui jaugent la présence policière et, surtout, beaucoup des gens présents dans les rues cette nuit. Le langage des regards, ceux indignés des bourgeois consommateurs, ceux euphoriques et apeurés des touristes, ceux durs et concentrés des quelques camarades combattants, ceux enfin fiers et pétillants des gens qui ont goûté au combat. Le sentiment collectif de marcher en terrain semi-conquis, en terrain de combat, avec des sourires face aux pompiers et flics, avec la joie face aux banques éventrées et les boutiques de luxe démolies, et la rage contenue face aux grands titres de journaux qui condamnent les « casseurs fous » et justifient leur démocratisme répressif face à cela.
Une conscience révolutionnaire en gestation. Voilà ce qui se passe en ce moment à Athènes comme partout en Grèce. Avec les camarades combattants, nous sommes forcés de rester en retrait aujourd’hui, d’être dispersés et invisibles, enragés de ne continuer directement le combat, mais ce n’est pas pour autant un « petit matin » suivant tristement les faux « grands soirs ». Ce qui se passe en ce moment est le premier déclic qui en amènera encore et encore, jusqu’à devenir un élan irréversible. Les communiqués le montrent, les témoignages, les discussions, la force solidaire d’une poignée de main avec le vendeur du kiosque à journaux ou les vendeurs de matériel de jardin (qui sont les premiers fournisseurs en masques à gaz), les petits commerçants et les barman. Une complicité populaire qui se cherche et se trouve petit à petit. Le sourire en lisant que 68 flics sont à l’hôpital, gravement blessés.

Finalement, à Athènes même, les seuls qui pourront défiler bruyamment dans les rues sans s’en inquiéter sont les staliniens. Différents cortèges de 500 stals défilaient en lignes de petits soldats sans crainte d’une quelconque répression, avec leurs drapeaux rouges, escortés par une simple estafette de flics pour la circulation. Mais ils ne sont que 500, seuls, isolés, les gens détournent à peine le regard, ne les soutiennent pas.
La nuit insurrectionnelle du 12 février fut une étape décisive en cela, une grande victoire pour les anarchistes révolutionnaires et une défaite certaine pour la « démocratie » bourgeoise et les staliniens. Nous avions rapidement parlé du peuple acclamant et applaudissant le cortège de combattants anarchistes montant en renforts sur la zone de front au Parlement au tout début de la bataille, mais il est crucial de bien comprendre ce que signifie cela. Et nous choisissons pour illustrer cette phase décisive, peut être loin encore d’être générale et consciente mais effectivement en gestation, de diffuser ce texte très important qui circule sur Indymedia Athens, écrit par un syndicaliste de Syriza (gauche classique) qui a pris le courage de le rédiger avec rigueur et de le publier sur Indymedia (les camarades l’ont d’ailleurs mis en une). Nous en proposons la meilleure traduction possible (voici la version grecque) :
[À préciser que la place Syntagma est la grande place centrale d’Athènes devant le Parlement et que le rassemblement devant ce dernier était appelé partout et officiellement à partir de 18h.]
LA PREMIÈRE GRANDE VICTOIRE DES ANARCHISTES ET LE PRISME DÉFORMANT DES MÉDIAS
Hier, c’était une défaite de la démocratie bourgeoise à bien des égards. Nous n’insisterons pas sur le fait que le gouvernement a nommé un banquier comme Premier ministre sans être élu par le peuple. Ni que la partie qui l’a nommé Premier ministre a déjà perdu sa majorité parlementaire (le début d’une déclaration) et gouverne encore.
Mais je ne peux pas fermer les yeux sur le fait que, dès le début de la protestation pandémie en mai dernier, hier les gens ont choisi comme leurs protecteurs non ceux qui leur demandent de payer pour cela et qui sont réglementées par la loi, mais les anarchistes. Ni en être surpris. Ne fermez pas vos yeux quand je vois et quand j’ai lu que ce qui restait du grand rassemblement d’hier et de la foule sont les cendres des bâtiments et des banques.
Permettez-moi être plus précis. Hier après-midi, contrairement à toutes les dizaines de manifestations et grèves générales dans les 10 derniers mois, tout le monde s’est rassemblé à la place Syntagma deux heures avant l’appel. Alors que d’autres fois l’appel était à 17h et la plupart venaient à partir de 18h, c’était le seul endroit à être bondé dès 17h seulement. À 17h pas sonnée dans la place Syntagma ou dans les rues environnantes, il y avait déjà quelques milliers de gens venant de Omonia et de l’Acropole et du monde s’amassait constamment à la place Omonia, et à la station de métro Monastiraki et l’Acropole (un autre signe clair est que le gouvernement craignait la réaction des gens et je pensais désespérément à l’accès difficile pour les gens, que même s’ils avaient déjà fermé les stations de métro Syntagma, Evangelismos Université et, suivant des ordres injustifiables ont fermé la station de métro Acropole et que l’accès devenait donc encore plus difficile !).
Dès 17h donc, les choses étaient belles, pacifiques et pourrait-on dire que la démocratie est célébrée dans toute sa splendeur. Mais, tout à fait ouvertement et sans provocation, les forces de répression ont commencé à lancer des produits chimiques dans la foule, sans distinction, afin de provoquer la dispersion avant même que la manifestation ait atteint le pic d’affluence. Il n’est pas un hasard que les perroquets de la chaîne Sky ont rapporté que le monde ne va pas à Syntagma alors qu’il n’était pas encore 18h. La tentative de terroriser les médias électroniques et les journaux ont commencé il y a deux jours avec assez de téléviseur pour regarder quelqu’un ou voir les gros titres dans les tribunes. Les journaux Glezos et Theodorakis étaient seulement le nom de famille de ceux qui ont accepté des exemples de produits chimiques, mais des milliers de gens savent comment parler de la sensation d’étouffement mieux que tout le monde.
Et puis l’inattendu s’est produit. Un groupe vêtu de noir, de l’Université a commencé à crier des slogans et en pointant l’endroit où la police anti-émeute expulsait par elle tout le monde. Les gens, de côté, se mirent à applaudir, les gens criaient « bravo », « eux gamiste », « jusqu’à la victoire » et des trucs comme ça et on entendait les anarchistes nous crier de « nous rejoindre ». En effet, lorsque le peuple entier vient pour applaudir, vos stands de journaux ne peut être poursuivis avec une vigueur renouvelée depuis le début de ce que vous vouliez faire. La même chose s’est produite lorsque la police, après de nouvelles attaques de produits chimiques anti-émeute contre les gens craintifs, et que les gens tombaient (et les témoins de la foule et d’ambulances ou de scooters près des ambulances réunis sont ceux qui ont survécu à l’attaque). Et le summum de cette situation s’est passée quand l’incendie du Starbucks a commencé. Une salve d’applaudissements et des acclamations de Klathmonos, la place de l’Université est remplie sans plus d’espace. Catastrophes dans le monde des banques, pour ceux qui n’ont pas activement participé aux batailles, le battement rythmé des places a fait assez de bruit pour qu’ils disent que 50 ou 40 masqués ont cassé le marbre et ont donné les anarchistes comme ceux qui étaient responsables de l’attaque frontale.
Et pas seulement cela. Une fois l’attaque commencée sur les forces de répression à 17h, jusqu’à ce que le slogan monopolisé d’ordinaire par les anarchistes recouvrent les lèvres de milliers de manifestants, le fameux « flics, porcs, assassins » et pas des slogans classiques sur le mémorandum ou sur la politique économique. La colère du peuple pour traiter ceux qui allaient soi-disant les protéger a été débordante. Monastiraki sonnèrent les cloches, toutes les routes sortant de l’Acropole, Athènes, la place Omonia, l’Académie et de Syntagma était pleine de gens qui refusaient de quitter les lieux. D’où en essayant de monter de Monastiraki à Syntagma, vous trouverez des groupes de façade à l’émeute qui ont su éviter le premier coup de pulvérisateur indifféremment utilisé du gaz lacrymogène et des grenades flash-bang. Périodiquement, la police a attaqué les citoyens, puis un nouveau départ de la foule, protégée par les jets de pierres.
Le soir, 23h, plusieurs milliers de personnes étaient encore sur la route. A Amalia, au moins 10 000 personnes laissées sur le chemin de l’avenue quand elle a été contrainte à l’abandon, à nouveau à coups d’attaques chimiques importantes laissant peine à survivre. Sur la place il y avait encore des gens. Dans le Monastiraki, les Jupiter-Delta ont brisé des fenêtres avant de battre la foule. Il y a des vidéos qui affirment et montrent comment ils ont essayé (une fois de plus) à frapper les gens avec leurs machines.
L’aberration incroyable pour la démocratie, cependant, c’est que les gens se tournent maintenant vers les anarchistes pour se protéger. En effet, la grande majorité des gens ne veulent pas et n’ont pas participé à la violence, mais ils acceptent cette violence, car elle les protège. Ce qui montre la première grande victoire des anarchistes et de leur attitude. Leur principal argument était que par des moyens pacifiques nous ne pouvons pas faire quelque chose et que nous devons chercher une collision frontale. Et le slogan « pour foutre le bordel » ne sont pas des anarchistes. Après des dizaines de manifestations pacifiques, après l’attitude de la non-violence et, bien qu’ils savaient que les gens acceptent les produits chimiques, continuent à sortir dans les rues, mais ne se sentent pas capable de gagner dans la république. L’opinion est indifférente aux machinations de l’élite politique et économique qui écrit sur les vieilles chaussures journalistiques. Aucun politicien n’est puni, aucun incident de violence policière n’est puni et même les complices du tueur de Alexis Grigoropoulos sont déjà hors de prison. La poursuite déposée par plus de 100 personnes sur le week-end du 28-29 juin chimique n’a pas encore trouvé son chemin vers la salle d’audience et personne ne se donne jamais de tenir compte des blessures des citoyens innocents qui protestaient pacifiquement. Le peuple n’a plus foi dans les institutions démocratiques parce qu’ils se sentent moqués. Ils ont convoqué des élections afin de faire co-décision, en demandant de ne pas voter sur le protocole et le vote avec une majorité accrue au Parlement du corps que vous ne pouvez pas être réélu et ne représente pas tout le monde (sauf peut-être les membres de la gauche et le Laos).
Et voici venir la responsabilité et le sale rôle joué par les PAME depuis le début de cette histoire de deux ans et demi de protocoles. (Qui, selon les anarchistes, est également confirmé ici, et arrive tout le temps) : toute la nuit dernière centrée sur le vandalisme et les incendies. Distraire le monde de la question principale fait du vote une monstruosité contraire à la Constitution (non je dis ce que cinq professeurs d’université disent). Ils assument le rôle de la terreur pour la « dernière » chance de sauver le pays, une fois de plus. Confondre délibérément la valeur par défaut, qui peut faire tomber la Grèce à la faillite. Connectez-vous à la sortie par défaut de la zone euro, des choses que même les Varoufakis (et pas un économiste de gauche) condamnent comme irréalistes et faux. Et en signe de grande protestation hier, ne pas diriger les caméras vers le peuple parmi les milliers de personnes qui s’étaient répandues dans la ville, mais à travers les bâtiments incendiés.
Il y eut beaucoup de discussions sur les bâtiments de tous les cris kyratsa refroidisseur. Les mêmes canaux ont blâmé lamogia tant que citoyens et membres de la société ont mangé ensemble, et ils savent très bien que dès le début (un début comme celui-ci), personne n’a rien à foutre de l’architecture et de l’urbanisme de la ville (comme en témoigne la construction monstrueuse à Athènes et la fermeture arbitraire des espaces semi-ouvert), invitent les gens à dire « non » aux actes de vandalisme des bâtiments historiques. Les mêmes canaux avec les journalistes incultes de la Plaka [zone historique et vieille ville] ou les dimosiografiskous Sophomoric ont dû être guidés pour découvrir des bâtiments historiques abandonnés, seulement sinon quand ils sont habités par des immigrants et autre « source de contamination », et dans le reste du temps à faire moko pour faire leur travail dans le lamogia réel succession. À Athènes et autour de la Grèce, des milliers de bâtiments appartenant au gouvernement, aux banques et dévastés de l’Église, et beaucoup d’entre eux sont d’une grande valeur architecturale. Il est temps de dizaines que les propriétaires eux-mêmes sont détruits lentement afin de ne pas devenir cotées et être en mesure de construire un bâtiment. Le dédain des moyens souterrains et bientôt atteint au point d’être à moitié détruits (lentement), tous dôté dangereux et démoli, puis soulevez-blocs.
Des villes entières telles que Patras et d’autres villes démolies durant la nuit pendant la junte et Karamanlis, divers classique et intégré de grande hauteur monstruosité. Les édifices publics sont réalisés avec des concours d’architecture et incomplets évier avec d’autres la gouttière d’abord construit (comme récemment la Tour Hôpital) parce que quelqu’un konomise épaisseur de la vente de la terre ou parce qu’il y avait des actions de soutien appropriées. Les routes sont de nouveaux en miettes. Projets olympiques qui coûtent une fortune encore méprisée à être vendus pour une bouchée de pain sur leur propre terre. Une société qui ignore complètement l’espace bâti découvre maintenant que les anarchistes détruisent des « bâtiments historiques ». Et tout cela enfonça dans l’obscurité le fait que des centaines de milliers de personnes dans la misère ont dit NON aux dirigeants et les bien-nourris.
Pour moi, les fauteurs de troubles ne sont pas les anarchistes ni même le problème. Les plus grands fauteurs de troubles sont les médias et la lentille déformante. S’ils voulaient se concentrer sur la substance il le ferait, ce serait d’augmenter immédiatement les images des attaques des forces de répression. Le ciel serait plein d’hélicoptères qu’ils ne vous montreraient pas les hordes de gens qui luttent, pour ftochopoiithoun de ne pas satisfaire le souhait de la grande entreprise qui seront les seuls gagnants de la descente des salaires.
La distorsion de la réalité, le seul éclairage dans les bâtiments incendiés, les commentaires sclérosés et la honte du bon sens dans les studios de télévision sont la norme. Il occupent actuellement les médias par des hommes d’affaires peu scrupuleux et des politiciens, ou vice versa, ce qui rend leur vérité à eux. L’attaque sur les salaires des pauvres est pour eux l’occasion de profits insensés. Et ils vont jouer toutes leurs cartes afin de ne pas perdre. Et les gens qui sont sensibles aux bâtiments historiques seront assis sur leur canapé et devant leur ordinateur alors que les anarchistes maudits sont ceux qui ont encore une âme et celle de résister.
La différence est que quiconque voit les événements à la télévision, ne sait plus les faits réels. Il vit dans une réalité virtuelle. Celui qui n’a pas été poursuivi par un flic et n’a pas été sauvé par un anarchiste qui a jeté une pierre, ne sait pas ce qu’est un flic. Celui qui ne se relève pas d’une attaque de produits chimiques et n’a pas été secouru par des vêtements noirs révolutionnaires recouverts de malox (même trompé ou stupide si vous voulez) ne sait pas ce que cela signifie la solidarité. Les anarchistes dans la solidarité et les réseaux de soutien sont ceux qui se préparent pour les jours de la faillite, ce qui sera fait avant d’avoir décidé que de leurs propres intérêts. Ils font de l’auto-organisation des collectifs et des réseaux de soutien leur arme. Vous aurez simplement à regarder l’écran et secouer votre doigt et vous croyez ressentir la faim de Olga qui tremble quand ils disent que les anarchistes, les gauchistes blêmes, SYRIZA, la « colère », l’âne volant, ne sont pas tous ceux d’entre eux qui vont vous voler quatre décennies de vie.
Mon cher, allez sur la route pour voir la réalité, fermez les téléviseurs et goûtez aux lacrymogènes. Recherchez une information alternative avec les médias indépendants et les publications sur Internet et pensez un peu au-delà à la fois de l' »évident ». Ensuite, vous pourrez peut-être faire pression sur leurs dirigeants afin de créer un ministère pour protéger le citoyen et non pas une pâle imitation d’une démocratie chancelante, est réel et vos représentants.
Alors peut-être vous avez raison de vous en remettre aux anarchistes, mais pas maintenant.
P.-S. 1 : Je ne suis ni un anarchiste, ni « anarchiste », je n’ai jamais jeté de pierre. Mais les gens qui les mettent directement comme mes ennemis sont ceux qui protègent ceux qui veulent travailler comme esclave et d’être payé comme un esclave et désinformer les gens que j’aime les transformer en TV-niais et pas raciste dans cette course, même temporairement, est le plus proche et chaque calé mon chaque ellinara. Et oui, je suis désolé pour les bâtiments qui ont été perdus, qui a couru dans l’architecture des conférences longtemps avant découvert le nom de l’trembler Ziller, mais je ne suis pas désolé de sacrifier l’Acropole plutôt que la vie de toute la dignité humaine. Ces bâtiments, avec de l’argent, seront reconstruits en six mois. Tandis que les vies de millions de personnes prendront des années et des années à se reconstruire.
P.-S. 2 : le PAME, et par la suite le Parti communiste, hier, a perdu une belle occasion de démontrer sa capacité à mener la bataille contre le pouvoir capitaliste de la ploutocratie qui se plaint sans cesse. Alors il a dit qu’il atteindrait la Chambre en aucune façon, juste au vu des difficultés et rejoint l’arrière avec larmes (bien que le peuple était allé du côté de l’Université) et même l’ordre très coordonné chez eux de reculer a provoqué une pirouette que même l’armée grecque envie. Ils raillent ceux qui étaient dans l’avant-garde alors qu’ils reculaient avant même de commencer à défiler.
P.-S. 3 : À ceux qui se rappellent soudain que des emplois sont perdus à partir des magasins brûlés, vous oubliez que tous les mois des dizaines de milliers d’emplois sont perdus et que le chômage a dépassé le million pendant ces derniers mois.
Mardi 14 février 2012.
Résumé chronologique des événements du 12 février
Un eurocorps des forces spéciales contre-insurrectionnel a débarqué en Grèce
Publié dans L'insurrection grecque de décembre 2008 et ses suites
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[Nique la Saint-Valentin] Faites l’amour et la guerre des classes

Stencil sur un mur d'Athènes
L’En Dehors, 14 février 2012.
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Résistons Ensemble n° 105 – février 2012
Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire
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[Grèce] Manif solidaire à Copenhague
Today, February 12th, over 50 people in solidarity with the Greek movement from Greece and other countries, people that live, work or study in Denmark, gathered in front of the Greek embassy in Copenhagen in order to show our opposition towards what is being planned for us and without us.
More specifically, we oppose the new measures that have been decided by international financial terrorists (IMF, ECB, EU) in cooperation with the local intermediates of power (Corporate Media, Greek Government) and are being voted on at this moment. These measures, apart from being economically ineffective, have the sole purpose of ensuring the profits of the local and international capital markets and the reproduction of the « casino-style » capitalism; they are leading a whole society into even deeper poverty. Concepts like democracy and legitimacy of authority have been long forgotten and bypassed.
It’s more obvious than ever that struggle against this system is the only solution. Consequently, we decided to become active and to organize, knowing that the crisis is global and systemic. Over 50 people gathered for two hours in front of the Greek embassy, shouting chants and holding banners. The police, as always, demanded from us a representative and to follow all the formal procedures. Naturally, we denied all these demands from the police and continued our manifestation. We concluded our action by marching around the city center of Copenhagen and along the main market street (Strøget).
Not a step back.
Kick out the banksters, IMF, the govenment and the monetary monarchs.
Solidarity to the struggle of the Greek people.
One world – one revolution.
Indymedia Athènes, 13 février 2012.
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Manifestation anti-répression Samedi 3 mars à Nancy

Contre la répression policière
Depuis 2 ans, à Nancy, des militant-e-s d’extrême gauche prenant part aux diverses luttes sociales sont les victimes d’une répression policière de plus en plus accrue. Entre les nombreuses convocations parfois officielles souvent officieuses de militant-e-s voire de leurs proches, les coups de pressions tant physiques que psychologiques visant des personnes isolées dans la rue, ou pendant les manifestations, les contrôles d’identité quasi systématiques, les moyens de contrôle se multiplient…
De plus en plus les forces de l’ordre répriment l’engagement politique et s’apparentent à une police politique. L’année 2012 s’ouvre sur une série de procès à venir, qui sont autant de coups portés au milieu militant nancéen.
Dernier exemple en date, l’intrusion par la force de policiers chez des militant-e-s, la semaine dernière. Ils sont entrés l’arme au poing, après avoir défoncé la porte d’entrée. Ils ont frappé puis menacé d’un pistolet sur la tempe un individu n’opposant aucune résistance et dont le seul tort est d’avoir été présent à ce moment-là. Justifiant leur intervention abusive par la recherche d’une personne non domiciliée à cette adresse, et qui surtout n’était même pas présente.
Aujourd’hui à Nancy, la répression se concentre sur quelques militant-e-s, revêtant ainsi un caractère personnel et arbitraire.
Tandis qu’à l’échelle nationale, en cette période de crise économique et sociale aigüe, les forces de l’ordre répriment et stigmatisent en toute impunité les catégories sociales les plus défavorisés.
Pour dénoncer, condamner et combattre les violences policières :
MANIFESTATION LE SAMEDI 3 MARS 15H, PLACE STANISLAS
Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 5 février 2012.
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Brûler les prisons de l’apartheid
Extraits de l’avant-propos du livre de Natacha Filippi, Brûler les prisons de l’apartheid. Révoltes de prisonniers en Afrique du Sud, Syllepse, 2012
Tous les événements du récit qui suit sont reconstruits sur la base des archives de la prison de Pollsmoor, en Afrique du Sud, de documents d’organisations de résistance, de compte-rendus de procès, de la presse régionale et nationale ainsi que d’entretiens. Chaque action, chaque expérience précisément datée a donc réellement eu lieu. Les paroles de prisonniers, de gardes et de juges sont des extraits d’entretiens réalisés en février 2008 à la prison de Medium B, en mars 2010 à la prison pour femmes et à la prison de sécurité maximale de Pollsmoor, ainsi qu’en avril 2010 dans plusieurs lieux de la ville du Cap. Les lettres de prisonniers et les communiqués sont des documents d’archive. Ces recherches ont été effectuées dans le cadre d’un mémoire et d’une thèse. Seuls quelques lieux et mois ont été modifiés pour la cohérence du fil narratif. Elroy est un personnage fictif, bien que tout ce qui lui arrive soit inspiré de faits réels et de rencontres avec des prisonniers et ex-prisonniers de Pollsmoor. La forme narrative de cet essai, entrecoupée de « voix directes », n’est pas seulement due à une volonté de rompre avec le style académique pour rendre ces informations accessibles. Elle vise également à mettre en valeur l’importance des trajectoires personnelles dans les événements historiques. Les prisonniers, trop souvent présentés comme de simples objets dénués de toute volonté, reprennent ainsi leur place d’acteurs, de sujets de l’histoire.
Dans ce livre, les termes « race » et « racial » sont utilisés pour refléter les constructions et les structures sociales qui résultent de la colonisation et du régime d’apartheid en Afrique du Sud. La loi sur le recensement de la population (Population Registration Act) de 1950 instituait quatre catégories raciales : les « Blancs », les « Noirs », les « Coloureds » et les « Asiatiques ». Officiellement, les « Noirs » étaient également appelés les « Africains » ou les « non-Européens ». Dans ce texte, par simplicité, le terme « Noir » sera utilisé dans un sens générique pour qualifier tous les Sud-Africains discriminés par les lois de l’apartheid. Le terme « non-Blanc » ne sera employé que pour refléter le discours de l’apartheid, dans la mesure où il reprend le Blanc comme référentiel premier. Les différentes catégories raciales comme « Coloureds » ou « Asiatiques » ne seront précisées que lorsque cette distinction sera nécessaire. « Coloured » est une catégorie raciale extrêmement controversée, qui désigne les descendants du métissage, aux débuts de la colonisation, entre les Européens, les esclaves en provenance de Malaisie, les Khoisans – les premiers habitants de l’Afrique du Sud – et les « Noirs ». Pour le gouvernement d’apartheid, les « Coloureds » représentaient plus simplement tout individu qui ne pouvait être classé ni comme « Blanc », ni comme « Noir », ni comme « Asiatique ». Les Coloureds sont majoritairement présents dans les régions du Cap-Ouest et du Cap-Nord. Ils parlent afrikaans, une langue dérivée du néerlandais, d’abord utilisée par les colons puis institutionnalisée comme langue officielle au début de l’apartheid. Elle fait désormais partie des onze langues officielles de l’Afrique du Sud.
Les Coloureds sont majoritairement présents dans les régions du Cap-Ouest et du Cap-Nord. Ils parlent afrikaans, une langue dérivée du néerlandais, d’abord utilisée par les colons puis institutionnalisée comme langue officielle au début de l’apartheid. Elle fait désormais partie des onze langues officielles de l’Afrique du Sud.
La première fois que j’ai noué des liens avec des détenus de la prison de Pollsmoor, en 2005, ils m’ont d’abord demandé s’il y avait aussi des prisons en France, puis si les détenus devaient également porter un niforme, et enfin, si en France aussi, les prisonniers se révoltaient et faisaient brûler les prisons. Lorsque j’ai dû partir pour revenir en France, ils m’ont demandé que je libère leurs voix de prison et que je rapporte en Europe l’histoire de leur lutte et de leur survie.
C’est ce que j’ai tenté de faire dans ce livre.
[…]
En étudiant les révoltes carcérales de 1994 à partir de Pollsmoor, il est possible d’analyser la prison dans ses manifestations concrètes comme dans sa portée symbolique, car au moment des révoltes se cristallisent de nombreuses logiques habituellement plus difficiles à observer. L’objectif est de déchiffrer sous le désordre apparent de la mutinerie, le sens inventé et ressenti sur le moment par les acteurs. Tout en restant au plus près des gestes et des revendications des révoltés, il est possible de relater ces événements à la lumière des diverses conceptions de la population sud-africaine de l’époque. En cherchant à comprendre pour quelles raisons et grâce à quels moyens des détenus aussi divers que ceux de Pollsmoor ont tenté de mettre un terme à leur rejet de la société au moment même où celle-ci s’engageait dans un processus de reconstruction, la question de savoir pourquoi les sociétés jugent nécessaire d’enfermer ceux qu’elles n’arrivent pas à contrôler émerge à nouveau. Essayer d’y répondre en examinant les révoltes carcérales sud-africaines de 1994, en particulier à Pollsmoor, c’est également découvrir les moyens à notre portée pour modifier radicalement cette configuration qui se proclame en état de fait. Ce livre cherche à répondre à ce défi. Plus simplement, l’objet de ce livre est de briser le silence qui a enseveli les paroles des révoltés enfermés.
Publié dans Beau comme une prison qui brûle
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