[Révolution ukrainienne] Aperçu de la situation en Ukraine, par deux camarades ukrainiens

Paroles d’anarchistes ukrainiens

Le 7 mars 2015 à Paris, le public était convié à la librairie-local syndical « L’Émancipation » pour y rencontrer deux acteurs et témoins clés du mouvement social, dit « Euromaidan », qui a ébranlé le monde en libérant l’Ukraine des valets de Moscou qui la rackettaient au nom de la loi, mouvement de la société civile auto-organisée, indépendamment de tout parti politique ou leader charismatique, dans un but de défense des droits humains et des droits civiques : précisément ce que prônaient et faisaient déjà, depuis des années, de trop rares individus, parmi lesquels Maxime Boutkévitch, à Kiev, et Constantin Réoutsky à Louhansk.

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« Libérez Kolchenko et tous les prisonniers politiques de Crimée ». Place Maïdan à Kiev, juin 2014. Photo/Barbara Serré-Becherini

Chacun conviendra que la parole de tels hommes de principe et de terrain, vaut infiniment mieux que celle de cent journalistes de passage, de mille politiciens ou de cent mille Bernard-Henri-Lévys ; et qu’elle mérite donc d’être entendue au-delà du cercle restreint d’ultra-minoritaires déjà relativement bien informés qui formait ce jour-là l’essentiel de l’auditoire. L’intégralité de la rencontre ayant duré cinq heures (dont une partie a été filmée et peut être consultée en ligne), le montage son ici publié en trois parties/fichiers par Radio.Graphie se propose d’en rendre l’écoute plus aisée et confortable, en une heure vingt environ, dans la traduction française faite à l’attention des non-russophones par deux interprètes bénévoles, Igor et Anna. La prise de son et le montage sont l’ouvrage de Barbara.

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Maxime Boutkévitch, militant anarchiste, antifasciste et antiraciste de Kiev. À Paris le 7 mars 2015. Photo/Barbara Serré-Becherini

Dans la première partie, Maxime Boutkévitch, militant anarchiste, antifasciste et antiraciste de Kiev, cofondateur en 2006 de l’association « No Borders Project » de soutien et d’assistance aux migrants, évoque ce qu’a été pour lui le Maïdan, et développe comment il a été amené à mettre son expérience et ses connaissances au service de la grande masse de « déplacés internes » ayant fui la Crimée et le Donbass, dans le cadre d’un Comité d’assistance aux déplacés internes qui, prenant acte de la faillite de l’État ukrainien, s’est trouvé prendre en charge le plus gros de l’aide d’urgence indispensable aux plus démunis de ces réfugiés, et directement confronté à d’autres questions sociales brûlantes. Maxime Boutkévitch présente aussi rapidement l’activité du Comité de solidarité avec les otages de Crimée (qui soutient notamment la cause d’Alexandre Kolchenko, ce jeune activiste de sensibilité libertaire et écolo, illégalement incarcéré à Moscou depuis mai 2014, inculpé sans rire d’avoir pris part au complot terroriste nazi du Praviy Sektor caché dans les manifestations pacifiques de protestation contre le coup d’État militaire « antifasciste » des amis du gang des Loups de la Nuit), la poursuite du travail de documentation des abus et crimes policiers de l’ancien régime, enfin le cas méconnu de ces Russes qui, en nombre croissant, se réfugient en Ukraine.

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Constantin Réoutsky, médiactiviste de l’association « Vostok-SOS » de Louhansk. Paris 7 mars 2015. Photo/ Barbara Serré-Becherini

Dans la deuxième partie, Constantin Réoutsky, médiactiviste de l’association « Vostok-SOS » initialement créée pour venir en aide aux enfants des rues de Louhansk, et dont l’activité s’est élargie à la défense plus générale des droits humains, raconte comment il a contribué à l’« Euromaidan » de Louhansk – réputé n’avoir pas pu exister –, comment les pseudo-« séparatistes », en réalité les hommes de main de l’« oligarque » local Efremov, ont surgi pour que rien ne change dans ce bastion de la puissante Mafia connue sous le nom de « Parti des Régions », et comment les négociations menées dans l’espoir d’éviter une escalade de la violence ont été sabotées par l’intervention directe de l’État russe, qui envoya ses chiens de guerre en « touristes » missionnés pour réceptionner les premières livraisons d’armes et lever ces milices présentées comme « antifascistes » qui régnèrent par la terreur et le chaos jusqu’à ce que, mises en déroute par la contre-attaque des bataillons de volontaires ukrainiens, elles furent réduites au rôle de supplétifs des divisions blindées de l’armée russe accourues à la rescousse. La description de la vie des habitants de cette région en proie à une guerre qui ne dit pas son nom sert ici d’ouverture à la communication de Constantin Réoutsky.

Dans la troisième partie, Maxime Boutkévitch et Constantin Réoutsky répondent avec précision à diverses questions qu’ont posées diverses personnes dans le public, d’ordre principalement sémantique et politique. Ils signalent plusieurs sources d’information ukrainiennes dignes de foi, et concluent en appelant de leurs vœux le réveil de la société russe, seul espoir d’enrayer la machine de guerre contre-révolutionnaire et le bourrage de crânes totalitaire.

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont rendu possible cette rencontre. Ce n’est pas si fréquent d’entendre s’exprimer publiquement à Paris des combattants de la dignité et de la vérité.

F.W. – Radio.Graphie, 1er mai 2015

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