Doux sabotage (récit-recette)

DOUX SABOTAGE, récit, recette

À part un sac à dos, contenant la bombe d’hélium, on était partiEs les mains dans les poches.
Pleines de ballons.
D’humeur festive, nous nous étions bâti un itinéraire de goguette :
le métro et ses couloirs à l’acoustique étourdissante, ses rond-points pédestres brutaux, ses bousculades mollasses, les mains au cul, la RATP, quoi.

… Dans la rue des Bons Enfants…

Car nous chantions, nos refrains favoris.
Mais sans oublier notre mission : vérifier la véracité, et l’efficacité, des caméras de surveillance dans notre moyen de transport quotidien.
L’itinéraire ? Populaire, sans courants d’air de préférence.
ArrivéEs à trente, avec un seul ticket, on chante, on chante, on gonfle, on gonfle, on gonfle nos ballons de baudruche,  sous les caméras repérées de nos yeux de lynx.
À Strasbourg-Saint-Denis, des rebelles s’échappent : trop  de courants d’air. Ils s’échappent, trimballant leur poésie incongrue au nez des affiches publicitaires.

… On vend tout au plus offrant…

Flattés, pincés, caressés, mais jamais éclatés, ils s’échappent…
On serre le reste, en grappes, en groupe : par dix, ou quinze,
Hop, Hop !
Ils investissent les carrefours : Montparnasse ; Franklin Roosevelt; Champs Élysées (ouais, ouais…) ; Gare du Nord ; Odéon -( ouin-ouin)
Ils sourient, les ballons, ils sont filmés !
La caméra, ils aiment ça !
Mais c’est nous qu’on commande.
On les lâche, on les laisse, sans laisse.
Mais…
Hop ! Hop !
Ya du bruit en face, sur les quais…
c’est la merde sur les écrans,
Allez, chasse aux coupables…
À la chasse aux ballons ?

… Et maintenant il est plus là…

BOUM !

le 28 avril 2015

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