[Sud-Algérien] « Nous sommes pauvres, malades, nous ne voulons pas d’hôpitaux de logements, du travail, de l’argent, nous voulons seulement qu’ils ferment leurs puits et qu’ils partent ! »

« La bourgade maudite d’In Salah »

C’est ainsi que la mission colonisatrice Foureau-Lamy est partie à l’assaut d’In Salah il y a plus d’un siècle après l’effondrement du repaire des pirates, la Régence, plusieurs décennies plus tôt.

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Les gendarmes face aux opposants au gaz de schiste d’In Salah

Aujourd’hui, Alger est toujours aux mains des mêmes spécimens avec la cervelle en moins. La malédiction est donc à son apogée. Avec tout l’argent généré par le sous-sol saharien, il y avait de quoi faire la fortune de tous les Deys allongés sur leur divan en réservant quelques miettes pour vaincre l’hostilité du désert et préserver l’hospitalité de ses habitants. À défaut d’en faire un paradis, les vampires ont multiplié des enfers à ciel ouvert avant même l’existence du gaz de schiste. Au moindre soupir, ils exhibent illico la « main étrangère », pendant que le petit peuple à la conscience constamment torturée se fait hara-kiri en se demandant où est passée la sienne, « la main de Fatma ». Certes pour n’importe quel observateur blasé, la perfide main est visible aux quatre points cardinaux de l’Algérie. Sûrement pas avec la complicité de la bourgade d’In Salah. Ses prestigieuses marques s’exhibent avec fierté autour de la poule aux œufs d’or noir et les 2% du territoire où végètent les 80 % de la populace. Contrairement aux colons, les nouveaux envahisseurs sont accueillis sur un tapis rouge par des potentats autoproclamés qui crient au loup quand les moutons résistent à l’anesthésie. La bourgade a fini par vieillir en bourgade. Elle ne se bat plus pour sa liberté, mais pour sa survie. Un manifestant a lancé à la caméra : « Nous sommes pauvres, malades, nous ne voulons pas d’hôpitaux de logements, du travail, de l’argent, nous voulons seulement qu’ils ferment leurs puits et qu’ils partent ! » Sait-il au moins qu’il y a des gens qui font des procès en Amérique contre les pompeurs du schiste et deviennent millionnaires. Comme cette femme qui a eu le réflexe d’analyser l’eau de son puits avant et après, une preuve irréfutable pour le juge. Mais en Algérie, le juge n’est élu que par Dieu et ses saints, les femmes ne font au mieux que des analyses de sang et le sous-sol appartient au mirage appelé Nation représentée par le Club des Pins et la Résidence de Zeralda. Dès l’annonce du PDG par intérim que les forages d’exploration ne seront pas interrompus, le « comité des 22 » meneur de la contestation s’est scindé en deux (El Watan, 9 février 2015). Le noyau dur probablement bien infiltré par la Pieuvre d’Alger consciemment ou inconsciemment, s’est fissuré dès le froncement des sourcils du Pouvoir. Bienvenue aux bonnes questions : Pour ou contre le gaz de schiste ? Ses dangers sont-ils réels ou surfaits ? Suis-je manipulé par les pros ou les antis ? Suis-je un vrai Algérien ou un vrai harki ? Vais-je sauver mes enfants en obéissant ou les condamner à la guerre civile, à la famine en m’opposant ?… On rappelle le cas de cette universitaire de Tizi-Ouzou qui avait critiqué les autorités locales au micro d’Al Maghribia. Menacée, elle a expliqué sur Facebook sa « trahison » : « … si j’étais seule, j’irais jusqu’au bout, mais j’ai un mari et un petit garçon à protéger… » Méthode infaillible d’après la psychologie contemporaine et les spécialistes du renseignement, section la torture : viser le faible pour faire tomber le fort. Les cobayes d’In Salah dont les pieds reposent sur les braises depuis belle lurette ne se posent pas ce genre de questions. Leur revendication n’a aucune chance d’aboutir lorsqu’on sait qu’ils se battent contre le duo : Sonatrach-Total.

En 1978, l’Exterminator a contaminé les réserves d’eau de l’une des plus grandes et des plus fertiles oasis du Sud, Ouargla, avec l’effondrement de son puits pétrolier bien conventionnel. Des hydrologues du monde entier ont été sollicités en vain. D’après ceux de l’Unesco, ce désastre écologique menace la nappe profonde, une réserve vitale pour l’Algérie et les pays voisins. Avec ce genre de calamités, cratères et radiations, plus ça dure plus ça s’empire et moins on en parle. En 1998, « forcés » d’en parler Total a déclaré « C’est de l’histoire ancienne » et Sonatrach par la voix de son directeur adjoint de la communication a conclu : « Je ne suis pas autorisé à parler au nom de la Sonatrach, mais quand la Sonatrach estimera opportun de réagir, la Sonatrach réagira… » Traduction : Sonatrah s’appartient et possède l’Algérie, ses puits et ses serfs. Sur Google on peut lire que la Banque mondiale avait voulu s’engager, mais a refusé de verser l’argent directement à la Sonatrach craignant son détournement. Que dire de plus sur la réputation sulfureuse et toxique de l’Unique l’Omniprésente Compagnie. Contrairement aux monarchies arabes, dans son dictionnaire maison, le pot-de-vin à deux chiffres n’a rien à voir avec la part du butin réservé à l’émir. « Pourquoi In Salah ne serait pas comme Dubaï, avec une forêt de gratte-ciel alors qu’elle fournit le pays en gaz ? Pourquoi nos routes sont-elles défoncées, les délestages en plein été ? Pourquoi notre eau, l’eau que nous buvons est salée à nous rendre hypertendus ? Pourquoi In Salah ne ressemble pas aux grandes villes pétrolières de par le monde ? Pourquoi notre hôpital n’a pas de spécialistes ? Pourquoi nos femmes meurent pendant le trajet vers Adrar ? Pourquoi y a-t-il un cimetière à Adrar réservé aux gens de In Salah qui meurent dans les hôpitaux de la ville ?… » [El Watan, 10 février 2015] Dans ces amères interrogations de l’enseignant-photographe du Collectif, beaucoup d’Algériens se reconnaîtront avec résignation et soulagement. Quand on a commencé à exploiter le gaz de la bourgade maudite dans les années 50, Dubaï n’était qu’un bourg de pêcheurs de perles ignoré du monde, d’après Wikipédia. Il est devenu l’un des principaux pôles mondiaux des affaires, du tourisme de luxe, du sport, du commerce… Le «génie» de la Compagnie nationale c’est d’avoir initié les pots-de-vin à deux chiffres qui tuent illico les affaires dans l’œil sans perte ni tracas. Pour « cuire » le festin, on a démoli la maison (version Ibn Khadoun) et pris la précaution d’éliminer les témoins sous les ruines. Pas besoin de faire la liste de ce que le deuxième chiffre du pot-de-vin coûte à la masse. La camelote, l’arnaque, le vol, la mauvaise foi, les mirages du navire rempli de gravats, des Japonais qui ne savent plus construire des autoroutes, ces accidents causés à 80 % par des voitures neuves … la pollution omniprésente, le cancer incurable, le terrorisme chronique, l’oxygène des poubelles et les produits ratés que la Chine au lieu de jeter, envoie au port d’Alger pour les recycler dans les poumons et les estomacs des bougnoules. Sans oublier les sempiternels classements internationaux en compagnie du trio Soudan-Somalie-Yémen. Quant à Total, il suffit de taper sur le clavier scandale et de lire la presse française pour s’apercevoir que c’est vraiment la totale. Même en France, accusé de pollution, il gagne ses procès. Total est le 3e plus gros émetteur de CO² et la République française en est si fière qu’elle oublie de lui demander une taxe exceptionnelle contrairement aux USA, à l’Angleterre et la Chine. Pourtant, c’est « la première entreprise française et le champion des profits et le roi des dividendes ». Elle réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’étranger.

Depuis 2010, le patron de Total a vu son salaire grimper de 13%, 3 millions d’euros, 185 ans de SMIC bruts. Pour ce traitement de nabab, Total a ses astuces. Par exemple de 2002 à 2005, les investissements ont augmenté de 22% alors que les profits de 106% pendant que les travailleurs ont vu leur salaire diminué de 8%. Elle est impliquée depuis des décennies dans le désastre au sud du Nigeria. « … Entre 9 et 13 millions de barils y ont été déversés depuis 50 ans … loin des caméras, 30 millions d’habitants du delta du Niger, région pauvre quadrillée d’oléoducs et parsemée de puits, ont vu leurs ressources se dégrader au fil des ans … une épaisse nappe de mazout lèche le sable … il y a 20 ans, il y avait du poisson… la terre n’est plus fertile à cause du pétrole. Nous inhalons cette chose, nous l’inhalons chaque jour et cela nous rend malades… Il y a des centaines de sites contaminés… » [Dans le delta du Niger, la pollution pétrolière est quotidienne (AFP, 2 juillet 2010)] D’après les Amis de la Terre : « la situation est dramatique, qu’il s’agisse d’environnement ou de dialogue avec les populations impactées par les activités de Shell, ENI et Total ». Tellement dramatique qu’en avril 2012, des milliers de militants et sympathisants d’Amnesty International de plus de 16 pays se sont mobilisés pour aider le Nigeria et le Niger. La pollution écologique ouvre la voie à d’autres pollutions. Au Nigeria, des milliers de personnes trouent les pipelines pour voler du pétrole brut qu’ils raffinent avant de le vendre. D’après le blog environnement du Guardian : « il y a de plus en plus de preuves que les vols les plus importants ne viennent pas des villageois et des agriculteurs du delta, mais des rackets sophistiqués, venant de gangs organisés au cœur du gouvernement local et même national et de l’armée qui volent et déversent le pétrole à grande échelle… » En Somalie, on a vu de paisibles pêcheurs se transformer en Shebabs parce que leur mer a été polluée et l’Algérie qui a à peine une génération d’indépendance se réveille en plein terrorisme de masse pour finir avec Aqmi et Compagnie en Seigneurs du Sahel… D’après le Monde.fr (5 août 2011), le vaste système de corruption mis en place par Saddam Hussein, le scandale « Pétrole contre nourriture », on retrouve le PDG de Total, des ministres français et des cadres de l’ONU. Total a fui les USA en « laissant des plumes » expression de son PDG. Chassé de Pologne, interdit de gaz de schiste en France et sur tout le territoire européen, il voit son eldorado dans la maudite bourgade. Sous le titre : « Quand les anciens « cobayes » veulent un statut de citoyens » on peut lire sur El Watan : « Début 2000, les experts de la compagnie In Salah Gaz (BP, Sonatrach, Statoil) nous annonçaient qu’ils allaient faire du stockage de monoxyde de carbone … prétendant que la compagnie avait tous les moyens, la technologie, l’imagerie satellite, la 3D et la 4D. En dépit des mises en garde des experts algériens quant au risque de pollution de l’aquifère, la compagnie persistait qu’il n’y avait aucun risque. Nous, on s’est dit qu’il s’agit d’abord de Sonatrach, entreprise nationale, qui maîtrise la technologie et qui plus est a un partenaire étranger qui a de l’expérience. Après dix ans, on apprend qu’il y a eu une fuite importante de CO²… » On parle ici d’énergie dite conventionnelle qui a pompé au Sahara toute sa beauté multimillénaire. On a cru longtemps que les touristes l’avaient déserté à cause du terrorisme, le voilà effacé de la « planète bleue » avant de libérer son schiste. Pendant qu’on inaugurait le gaz d’In Salah, à 250 km, à Reggane, explosa la première bombe atomique 4 fois celle d’Hiroshima et des déchets nucléaires magnifiant le soleil pour l’éternité : « Sauf qu’hier c’était le colonisateur et aujourd’hui c’est l’État qui veut se remplir les poches au risque de nous exterminer. » L’Algérie est un pays à 90% aride 70% hyperaride, le Sahara abrite dans ses profondeurs abyssales dit-on les réserves aquatiques les plus importantes au monde et quand on y parle d’eau, c’est pour dénoncer sa pénurie ou sa contamination par les pétroliers. Pour se suicider, le sudiste n’a qu’à étancher sa soif. Pour se justifier face à la Bourgade, la Sonatrach parle de ses experts en gaz de schiste bio, étant donné son pedigree et les casseroles de son « casier judiciaire », la raison exige des preuves. Un seul moyen pour convaincre les ignares têtus. Que les génies de notre « boîte de Pandore » aillent fissa confirmer le miracle en décrochant le prix Nobel en la matière. Ils sauveront ainsi le monde d’une pénurie énergétique. Une revanche vis-à-vis de la France qui avoue par la voix de son ex-ministre de l’écologie, Delphine Batho, n’avoir aucune expertise que celle des USA : « 3 milliards de m³ d’eau polluée à l’air libre, des nappes phréatiques empoisonnées par le mercure jusqu’au manque d’eau et la provocation de séismes… » [LePoint.fr, 3/03/11]

Dans le site français « Stop Gaz de Schiste ! (Ni ici Ni ailleurs) » (21 décembre 2012) on peut lire : « … quelle que soit la technique utilisée pour libérer les minuscules concentrations de gaz et de pétrole, la roche-mère doit être fracturée et les fissures gardées ouvertes, à l’aide de particules injectées par un liquide porteur. Les risques de remontée à la surface des contaminants naturellement présents dans la roche (métaux lourds, arsenic, éléments radioactifs, etc.) restent donc inchangés. De même, ni la fracturation au méthane, ni la fracturation pneumatique, ni la fracturation par arc électrique, ni la fracturation au CO², techniques extrêmement complexes en soi, ne permettront d’éviter les fuites de méthane et n’inverseront la tendance à l’aggravation de l’effet de serre … le Président avoue la responsabilité de l’ancienne métropole d’avoir instauré en Algérie un système colonial « profondément injuste et brutal », dans la réalité, la France considère toujours ses ex-colonies comme des laboratoires pour les sales besognes impossibles à mener sur le territoire national. Les Algériens peuvent remercier les dirigeants français et algériens qui s’entendent sans vergogne pour envisager ces projets au mépris de leur avenir. Mais nous considérons que leur avenir est aussi le nôtre. Les collectifs français en lutte contre l’exploitation et l’exploration des gaz et pétrole de schiste se joignent aux Algériens et à tous les Maghrébins ; Ni ci ni ailleurs, ni chez vous ni chez nous ! Ni aujourd’hui, ni demain ! NON, c’est NON, quelle que soit la technique ! » Ni ici ni ailleurs parce que des études européennes sur le pic de pollution en Corse à Paris et à Londres ont démontré qu’ici c’est ailleurs et ailleurs c’est ici. On a trouvé des particules fines (cancérigènes) véhiculées par le vent du Sahara. De mars 2002 à décembre 2004 à Barcelone, des chercheurs du Creal, centre espagnol en épidémiologie environnementale, ont constaté une augmentation de 8,4% de la mortalité quotidienne quand souffle le vent du Sahara chargé de poussière. Qui pourra nous chiffrer cette augmentation concernant la population d’In Salah et des 40 millions d’Algériens ? Sans parler de la Méditerranée, « véritable réceptacle de toutes les pollutions ». Les Européens reconnaissent avoir sous-estimé la pollution du Sahara et en bons capitalistes, ils avouent qu’elle coûte cher. On estime que 25 villes européennes économiseraient 31,5 milliards d’euros par an si elle suivait les recommandations de l’OMS pour diminuer la pollution. La Cour européenne de justice menace la France de 100 millions d’euros si elle ne réduit pas avant 2025 ses particules cancérigènes. Que représente cette somme face aux milliards par an engrangés par Total ? Que représente cette somme face aux avoirs des caïds de Sonatrach en Suisse ? Le philosophe et psychanalyste Cornelius Castoriadis, mort avant la crise économique de 2008, dans Une société en dérive parle de l’Occident comme d’une démocratie sans démocrates, que dire quand on n’a ni démocratie ni démocrates. Le duo Total-Sonatrach fonctionne bien, il ne reste qu’à l’imiter : un duo « Bourgade-Ni Ici Ni Ailleurs ». Les chiffres le confirment : ici c’est ailleurs. Ils vont hurler aux harkis, et ils ont raison. La pire trahison n’est-elle pas celle que les Algériens se sont faites à eux-mêmes en les subissant ? On le sent, il y a un avant et après In Salah, les colons ont été de bons prophètes : elle est maudite. Maudite pour maudite, dans l’impossibilité de vaincre, il ne reste aux gueux de la bourgade qu’à copier leurs frères Syriens. Se déplacer avec femmes enfants et bêtes vers le Nord de préférence le plus près du Club des Pins pour dresser les tentes. En Afrique, les Pygmées ont résisté à l’esclavage et à la colonisation, mais ils sont en train de disparaître avec leur forêt… Si dans le doute, il faut s’abstenir ; pour le gaz de schiste, on craint de ne jamais pouvoir méditer sur ce proverbe faute de survivant. Ferhat Abbas rappelle [Ferhat Abbas, Une autre Algérie (Benjamin Stora-Zakya Daoud)] : «Un vieux Kabyle qui faisait grief à Amirouche de la triste « nuit rouge » de la Soummam : « Nous avons raison de châtier les traîtres, répondit Amirouche. Dieu est avec nous. » Et le vieillard de répliquer : « Si tu continues dans cette voie, il ne restera en Algérie que toi et Dieu. » Parlant du désastre de la forêt amazonienne, un vieil indien a murmuré à un journaliste : « Quand ils arracheront le dernier arbre, ils se rendront compte qu’ils ne peuvent pas manger l’argent. »

Presse antiémeute (Mimi Massiva, LeMatindz.net, 12 février 2015)

 

Gaz de schiste : Alerte maximale à In Salah !

Des milliers de personnes ont pris part dans la matinée de ce jeudi 12 février 2015 au grand rassemblement tenu sur la “Place de la résistance”, devant le siège de la daïra, à l’appel du collectif citoyen anti-gaz de schiste d’In Salah.

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Deux résolutions phares ont été prises à l’issue de ce conclave. La première consiste au “lancement d’une pétition pour l’instauration d’un moratoire sur les opérations de forage de gaz de schiste”, a-t-on appris de sources locales. La seconde prévoit “le déplacement de tous les habitants d’In Salah sur le lieu des forages, à Gour Lahmar, à une trentaine kilomètres de la ville”. Si ce moratoire n’est pas décidé d’ici dimanche, “les 40’000 habitants que compte In Salah” rejoindront les quelques dizaines de concitoyens qui y manifestent depuis quelques jours déjà.

Les pouvoirs publics, de leur côté, semblent loin d’être prêt à faire machine arrière et à renoncer aux “forages-pilotes” de cet hydrocarbure non conventionnel. Preuve en est, d’après nos sources, le renforcement du dispositif sécuritaire au niveau des champs gaziers de la région. “Hier, il y a eu un renfort de gendarmes, la mobilisation de deux avions (militaires) et des chiens policiers (brigade canine, ndlr). Ce matin, des policiers anti-émeute ont été déployés sur la route menant vers les puits gazier”, affirme un citoyen d’In Salah. Un autre activiste souligne, pour sa part, que des “escarmouches ont eu lieu hier soir entre les gendarmes et les manifestants et la situation a failli dégénérer. La sagesse de quelques citoyens a pu heureusement calmer les esprits”. Au champ de gaz conventionnel de Hassi Moumène, “des éléments et des engins lourds de l’armée ont été déployés”, ajoutent nos sources.

Nos tentatives pour joindre le chargé de communication de la Gendarmerie nationale n’ont pas abouti. Celui de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), quant à lui, nous a dit en milieu d’après midi qu’il nous rappellerait lorsqu’il aura contacté ses subalternes à In Salah. À l’heure où nous mettons sous presse, il n’a toujours pas rappelé.

Presse antiémeute (Yacine Omar, Algerie-Focus.com, 12 février 2015)

 

In Salah : Un grand rassemblement des anti-gaz de schiste demain

Un appel à un grand rassemblement demain, jeudi 12 février 2015 à 10h, sur la “Place de la résistance”, sise en face du siège de la daïra, a été lancé aujourd’hui par le comité citoyen contre le gaz de schiste d’In Salah.

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Les rédacteurs de l’appel, qui ne sont autres que le groupe dit “des 22″, invitent ainsi leurs concitoyens à venir “se concerter et décider des actions à mener en réponse à la hogra dont nous sommes victimes de la part de l’État”, apprend-on de source sûre. “Les citoyens d’In Salah s’indignent face au mépris qu’affichent les pouvoirs publics à leur encontre. Aucune suite n’a été donnée à notre demande d’installation d’une commission de suivi et de surveillance des opérations de forage de gaz de schiste. Le président de la République n’a pas daigné, lui aussi, répondre à nos nombreuses sollicitations qui lui ont été transmises à travers son représentant personnel (le DGSN, Abdelghani Hamel, ndlr) ou par le biais des mille et un émissaires du gouvernement envoyés sur place depuis le début du mouvement d’opposition au gaz de schiste”, explique-t-on.

D’après nos sources, les meneurs du mouvement estiment donc qu’il est plus que jamais temps “de répondre, d’une seule voix, aux provocations répétées et à la tergiversation délibérée de l’État qui s’entête à poursuivre son projet d’exploitation de ce gaz non conventionnel en Algérie, faisant fi de l’opposition citoyenne et pacifique à In Salah et ailleurs”. Des délégations issues d’autres communes, notamment de celle d’In Ghar, sont également attendues à ce grand meeting, à l’issue duquel seront arrêtées les actions à mener dans les jours à venir.

Presse antiémeute (Yacine Omar, Algerie-Focus.com, 11 février 2015)

 

Gaz de schiste : La tension monte à In Salah

Depuis les dernières déclarations du PDG par intérim de Sonatrach, Saïd Sahnoune, qui a affirmé le maintien des forages expérimentaux de gaz de schiste, la tension est montée d’un cran chez les manifestants d’In Salah qui expriment leur opposition à ce projet depuis fin décembre dernier. Depuis, ces derniers multiplient les actions de protestation tant au niveau de la ville qu’à proximité des lieux de forage.

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Ce mercredi 11 février, plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés devant les puits-pilotes de gaz de schiste dans le bassin d’Ahnet, à une trentaine de kilomètres de la ville d’In Salah, où un autre groupe de citoyen poursuit toujours le sit-in permanent entamé le 1er janvier dernier devant le siège de la daïra. Des sources locales concordantes affirment également que “des chemins menant aux champs gaziers de la région, y compris ceux de gaz conventionnel, comme celui de Hassi Moumène, ont été fermés”. “Les citoyens empêchent ainsi tout véhicule transportant de matériels ou équipements soupçonnés d’être destinés à la fracturation hydraulique de gagner sa destination finale”, affirme-t-on.

Mieux encore, des délégations des protestataires se sont rendues sur les lieux de forage où elles ont averti les responsables des firmes étrangères présentes sur place quant à toute velléité de procéder à la fracturation dans le deuxième puits d’Ahnet. “Les manifestants ont sommés les responsables de ces sociétés de transmettre le message à leurs directions respectives, basées à Hassi Messaoud ou à Alger, et d’assumer les conséquences éventuelles au cas où elles s’aventureraient dans une telle entreprise destructrice”, ajoute-t-on.

D’après les mêmes sources, d’importants dispositifs sécuritaires ont été déployés au niveau des bases d’exploitation gazière de la région. Ce dispositifs, précise-t-on, sont composés d’”éléments et de véhicules anti-émeutes de la Gendarmerie nationale, qui sont sur leur garde et prêts à intervenir si l’ordre leur sera donné”.

Presse antiémeute (Yacine Omar, Algerie-Focus.com, 11 février 2015)

 

Poursuite des forages de gaz de schiste
Les manifestants d’In Salah répondent au PDG de Sonatrach

La protestation antigaz de schiste prend l’allure d’un combat frontal entre une population organisée et hautement consciente des implications écologiques de l’industrie pétrolière et gazière et le gouvernement.

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Les citoyens d’In Salah sont à leur quarantième jour de manifestation antigaz de schiste

En réaction au maintien des forages d’exploration des hydrocarbures non conventionnels annoncé par Saïd Sahnoun, PDG par intérim de la compagnie nationale des hydrocarbures, dimanche à Alger, lors d’une conférence de presse, la population d’In Salah a décidé de déplacer son sit-in tenu place Somoud sur le site des forages dits expérimentaux.

C’est carrément un mur humain qui a été constitué, hier vers midi, devant le forage Dar Lahmar. Sous une pluie fine, qui s’est accentuée au fur et à mesure que la journée avançait, des autobus, des véhicules utilitaires et de tourisme ont transporté hommes, femmes et enfants vers les puits de gaz de schiste décriés depuis 40 jours en vain.

La protestation antigaz de schiste dans la capitale du Tidikelt, du gaz et désormais du schiste, prend l’allure d’un combat frontal entre une population organisée et hautement consciente des implications écologiques de l’industrie pétrolière et gazière conventionnelle et non conventionnelle, dont son territoire est le terrain d’expérimentation et d’exploitation depuis 2009, selon les dernières déclarations officielles.

Des annonces contradictoires se sont succédées depuis le début de cette contestation citoyenne qui a migré d’In Salah à Ouargla, de plus en plus mobilisée et seule face à Sonatrach. À In Salah, les réactions sont unanimes aux derniers propos de Saïd Sahnoun, qui annonçait dimanche « le maintien des forages de puits-pilotes dans l’Ahnet ».

« Nous sommes sur le point d’achever cet ouvrage, c’est une question de quelques jours. Dès que nous terminerons, l’appareil (de forage) sera transporté vers un autre site d’exploration pour lequel il est programmé », a affirmé M. Sahnoun, qui a omis de donner le nom du deuxième site d’exploration, sans doute pour éviter une nouvelle polémique. Réagissant aux propos du PDG de Sonatrach, le président de l’association Shems d’In Salah décrit « une nouvelle opération de maquillage pour embellir un singe qui n’en sera pas plus beau, c’est tout simplement l’esthétique de l’horreur qui a commencé parce que nous avons osé réagir ».

Emboîtant le pas à In Salah qui a donné une leçon de savoir et de savoir-faire écologique au pays grâce à sept associations de l’environnement pour 45’000 habitants, Ouargla a pu imposer son mode de contestation désormais permanent avec une kheïma en plein souk El Hedjar, où s’organisent chaque jour des débats à ciel ouvert où des citoyens bravent le froid et la pression des autorités pour venir écouter des experts prêcher contre « le danger qui guette les eaux souterraines du Sud, son sol et son ciel ».

Presse antiémeute (Houria Alioua, ElWatan.com, 10 février 2015)

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