Solidarité avec les barricadiers d’Amiens-Nord ! (2)

Amiens-Nord. Grosses émeutes mais tout petit procès

Trois des émeutiers d’Amiens Nord ont renoncé à leur appel, mercredi. Les autres campent sur leurs dénégations. L’arrêt sera rendu le 7 janvier prochain.

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La journée a commencé par un coup de chaud entre prévenus.

LES FAITS

Sur huit appelants, trois se sont désistés dès le début d’audience, devant la Sixième chambre de la cour d’appel d’Amiens.

Quatre prévenus ont à nouveau nié toute participation aux violences urbaines d’août 2012 à Amiens Nord. Le cinquième n’est poursuivi que pour recel de téléphone en prison.

L’arrêt de la cour sera rendu le 7 janvier.

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Comme on dit au stade, il ne fallait pas manquer le coup d’envoi, mercredi, devant la cour d’appel d’Amiens. Les secondes les plus excitantes du procès des émeutiers présumés d’Amiens Nord se sont en effet égrenées en début d’audience. Dans le box vitré des accusés devaient cohabiter trois hommes liés par une affaire en cours d’instruction : l’un d’entre eux, soupçonné d’être une balance, s’est fait tirer dessus à la Kalachnikov et l’on suspecte les deux autres de ne pas être étrangers à l’expédition punitive. Évidemment, leur rencontre sentait la poudre. Regards qui se défient, insultes qui fusent et début d’échauffourée : les forces de l’ordre ont dû manu militari plaquer un assaillant au sol.

L’autre sensation suivait de près, quand trois des huit prévenus se désistaient de leur appel. « Ils ont eu peur d’une aggravation de peine », indique Me Houria Zanovello, avocate de deux d’entre eux.

Forte nervosité

Et après ? Après, plus rien, ou presque, sinon quelques signes de forte nervosité entre membres du public. Car sur les quatre jeunes gens accusés d’avoir participé aux violences de la nuit du 13 au 14 août 2012, nul n’a varié : ils nient farouchement, soulignent la faiblesse des témoignages qui les accablent et réclament une relaxe.

La déception est inéluctable ; dès lors qu’ils réfutent, aucune chance d’entendre une réponse à la seule question qui vaille : pourquoi ? Pourquoi, comme le rappelle l’avocate générale Françoise Pieri-Gauthier, Amiens Nord a-t-il été le théâtre d’une « guerre préparée ? Tout sauf une explosion spontanée de violence »  ? Pourquoi une nuit d’enfer où le but de « cent assaillants » était « de se faire du flic », à coups de mortier, de cartouches et de cailloux ? Pourquoi brûler ces lieux « où les esprits peuvent s’élever » (Me Pourchez) : école maternelle, centre de loisirs, collège, salle de sport ? Comme personne n’avoue, personne ne pourra expliquer.

« Tourner la page »

Mme Pieri-Gauthier a demandé hier une confirmation des peines prononcées en mai et juin, sauf pour un appelant qui risque de passer de huit mois à deux ans (l’appel est un jeu à risque).

Quant au dernier, il est vraiment la cinquième roue du carrosse, condamné comme émeutier en tant que mineur mais poursuivi comme majeur uniquement pour usage d’un téléphone portable en prison. Il ne se retrouve dans ce dossier que pour avoir tenté d’influencer des témoins depuis la maison d’arrêt. Sèchement condamné en mai à un an ferme, il aspire à « tourner la page » comme le souligne Me Combes, qui indique que son client est maintenant, en tant qu’animateur pour les scolaires, employé de la ville d’Amiens, laquelle a subi selon son avocate Me Maury « plus d’un million de préjudice en août 2012 ».

Presse porte-clefs (Tony Poulain, Courrier-Picard.fr, 18 décembre 2014)

 

Violences urbaines : les émeutiers mineurs d’Amiens Nord condamnés en appel

Mercredi, s’ouvrait à Amiens le procès en appel de 8 jeunes identifiés comme ayant pris part aux émeutes d’Amiens Nord en août 2012. Ils avaient déjà été condamnés en mai et juin derniers. Parmi les accusés, 3 mineurs dont les peines sont différentes de celles prononcées en première instance.

L’un des 3 prévenus mineurs s’est désisté de cet appel. Il reste donc condamné à sa peine initiale de 30 mois de prison dont 6 avec sursis.

Le deuxième a été condamné à 12 mois ferme. En première instance, il avait écopé de 18 mois d’emprisonnement dont 9 avec sursis et d’une mise à l’épreuve 24 mois. Il n’a pas été placé sous le mandat de dépôt pourtant demandé et devrait donc bénéficier d’un aménagement de peine dans les conditions requises.

Le troisième voit sa peine diminuée : 12 mois dont 6 avec sur sursis.

Presse porte-clefs (Jennifer Alberts, france3-regions.francetvinfo.fr, 18 décembre 2014)

 

Violences urbaines : procès en appel des émeutiers d’Amiens Nord

Le mercredi 17 décembre s’ouvre à Amiens, le procès en appel de huit des émeutiers d’Amiens Nord. Ils ont été condamnés en mai et juin dernier.

Le tribunal correctionnel d’Amiens avait condamné en mai et juin dernier plusieurs prévenus. Le 16 mai, six personnes majeures, âgés de 23 à 28 ans, avaient écopé de peines allant de 12 mois, dont un ferme, à 5 ans d’emprisonnement ferme pour des dégradations et des violences lors des émeutes qui ont embrasé Amiens Nord, en 2012. Quatre prévenus ont été reconnus coupables de complicités de violences volontaires sur les forces de l’ordre, ayant participé à l’achat d’armes, et ont été condamnés à des peines allant de 12 mois, dont un ferme, à trois ans dont deux ferme. Et le 5 juin Le tribunal correctionnel d’Amiens a prononcé vendredi des peines allant de 3 mois à 5 ans de prison ferme à l’encontre de six prévenus qui comparaissaient pour des tirs contre des policiers. Huit des condamnés ont fait appel. Ils seront de nouveau jugés.

Au total, 27 personnes avaient été mises en examen en 2013 dans le cadre des deux procédures. L’une pour dégradations de bâtiments publics et violences sur les agents, l’autre pour tentatives d’assassinat de policiers. Seulement quinze personnes ont été renvoyées devant la justice, les autres ont bénéficié d’un non-lieu.

Dans la nuit du 13 au 14 août 2012, dix-sept policiers avaient été blessés, dont certains par arme à feu, lors de heurts avec une centaine de jeunes d’Amiens-Nord, quelques jours après le classement du quartier en zone de sécurité prioritaire (ZSP). Plusieurs bâtiments publics, dont une école maternelle, avaient été incendiés, suscitant le déplacement dès le 14 août de Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur.

Presse porte-clefs (Halima Najibi, france3-regions.francetvinfo.fr, 17 décembre 2014)

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