[Bordeaux] « Tout le monde déteste la police »

Récit manif Bordeaux 22/11

Le samedi 22 novembre à Bordeaux, place de la Victoire, entre 500 et 700 personnes se retrouvent pour une manif sauvage contre la police. Comme il a été appelé, aucun drapeau d’aucune sorte, la plupart des gens sont venus masqués. On y trouve des masques de tous genres, de la cagoule aux masques à frou-frou et plumes. Le rassemblement a des airs bonne ambiance, les gens sont déterminés et joyeux.

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Puis l’on part assez vite dans la rue Sainte Catherine, grosse artère commerçante de la ville. Il y aura peu de flics jusqu’à la fin ; on dirait qu’ils se sont fait surprendre par le nombre, ne peuvent que nous suivre de loin car ils ne connaissent pas notre trajet, et aussi peut-être ne veulent-ils pas qu’un gros dispositif chauffe les esprits. Quelques fumis sont craqués, pétards, sono, tags au sol.

Ayant le choix du parcours, nous prenons le cours Victor Hugo, en scandant des slogans : « Tout le monde déteste la police », « Flics, porcs, assassins », mais aussi « Assassins de la police » ou encore « Mais qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? ». On rencontre sur le trajet pas mal de gens, normal pour un samedi dans les rues commerçantes. On croise pas mal de réactions différentes, étonnement, peur, sourires complices, des gens le poing levé aux fenêtres qui nous surplombent et même certains nous rejoignent. Une patrouille qui nous escorte essuie un jet de pavé.

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Les tags sur les murs et sur le tram commencent, nous bifurquons sur le cours Pasteur pour arriver place de l’Hôtel de Ville, Pey Berland ; le centre de recrutement de la gendarmerie se retrouve redécoré de peinture, sa vitrine brisée par une poubelle. Les tags sont nombreux et rythment la manif : beaucoup contre la police, en soutien à la ZAD, certains en turc… C’est un joyeux bordel, qui permet des pratiques de manif assez diverses.

Le tram transportant ses passagers sera aussi tagué rue Vital Carles, artère difficile d’habitude à emprunter pendant les manifs, maison du Préfet oblige. D’ailleurs, ça devait bien faire 5 ans qu’un parcours comme celui-ci n’avait pas été tenté avec autant de succès, ce qui renforçait encore l’enthousiasme. Puis on s’engouffre dans le cours de l’Intendance, quartier chic de chez chic. Tags sur les boutiques de luxe, quelques distributeurs pétés, une porte de banque tombe, un flic-épouvantail est brûlé. La population de ce secteur là est plutôt hostile.

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Nous revoilà rue Sainte Catherine ; toujours des tags, le Mac Do prend cher, nous avançons à travers la foule de gens venue faire les boutiques puis prenons le cours Alsace-Lorraine, où une voiture de flics est caillassée. Nous terminons vers 17h30 place Fernand-Lafargue, endroit très fréquenté la nuit, où les gens se dispersent assez vite ; pourtant une bouffe aux flambeaux et un punch gratos nous y attendent, un concert commence avec une sono ramenée sur place. On reste environ deux heures avec une cinquantaine de personnes à boire, discuter, danser. Puis les flics se casquent et avancent, fin de la musique, on se disperse ensemble doucement. Certains ne veulent pas partir et restent à danser et jongler et se font arrêter, 9 personnes en tout qui ressortiront sans procès. Ce n’est que partie remise, la fête promettait d’être belle, la manif l’était. Personne ne compte en rester là et se prépare à la suite.

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Reçu ce 28 novembre 2014

 

Manifestation contre les violences policières à Bordeaux : 9 jeunes interpellés

Ils s’étaient regroupés après la manifestation. Des amis ont attendu toute la nuit devant le commissariat jusqu’à leur libération.

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Leurs compagnons de lutte attendent leur sortie près du commissariat.

Ils ne voulaient pas bouger tant que leurs copains ne seraient pas sortis du commissariat central. Une poignée de jeunes du collectif ZAD ont passé la nuit devant la patinoire de Bordeaux Mériadeck pour être au plus près de leurs compagnons de lutte, placés en garde à vue samedi soir. Réunis à côté d’ une banderole « un décès et après », jouant de la guitare aux corde[s] cassées la veille, il appellent à un rassemblement à 16 h devant le commissariat.

Au total, une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel et c’est sous les applaudissements que les jeunes gardés à vue sont sortis libres du commissariat.

Dans l’après-midi de samedi, la manifestation pour la journée nationale contre les violences policières avait réuni quelque 500 personnes selon les participants et 200 selon la police dans les rues de Bordeaux. Hormis quelques tags et dégradations légères, la ville ne déplore pas de dégâts.

Après la manifestation, quelques militants s’étaient rassemblés place Fernand Laffargue, toujours à Bordeaux. « On jouait de la musique, on faisait des sketches, des clowneries, c’était bon enfant », assure un membre du collectif. Pour les policiers, la sono installée rapportait au contraire des propos outrageants envers les forces de l’ordre.

Une premier ordre de dispersion avait fait partir quelques manifestants. « Au second, ils ont chopé les copains », témoigne une zadiste dans l’attente de nouvelles. Les jeunes avaient été placés en garde a vue pour provocation à la rébellion et outrage.

À Toulouse, des incidents ont également émaillé la manifestation samedi.

Commentaire de kayou | 23/11/2014 à 12h21
Il n’y a eu aucun propos outrageant dans la sono c’est faux ! La sono nous jouaient du reggae, on était tranquilles en mode bon enfant quand les crs ont décidé qu’on s’était assez amusés. De plus ils n’ont embarqué personne sur la place mais on embarqué les gens dans une petite rue, alors qu’ils dansaient et jonglaient. Et de toute manière c’est une manif contre les violences policières, alors bien sur on ne va pas leur susurrer de jolis mots d’amour !! Je connais une partie des personnes embarqué-e-s, ce sont des gens tranquilles qui n’avaient rien fait de mal ! Quant au soi-disant ordre de dispersion, trouvez moi quelqu’un autre qu’un flic pour en témoigner parce que moi, à moins d’être sourde, je ne l’ai pas entendu !

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Florence Moreau, SudOuest.fr, 23 novembre 2014)

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