[Esclavage made in China] « La diligence et l’économie doivent être partout observées, dans la gestion des usines, des magasins, des entreprises d’État et coopératives, comme dans tout autre travail. C’est le principe de stricte économie, un des principes fondamentaux de l’économie socialiste. La Chine est un grand pays, très pauvre encore cependant, et il lui faudra plusieurs décennies pour devenir prospère. Et même alors, le principe de diligence et d’économie devra toujours être appliqué » (Mao, en 1955) – 2

Une New-Yorkaise retrouve le SOS d’un bagnard chinois dans ses emplettes

Une jeune femme a découvert en achetant des bottes à New York la lettre de Tohnain Emmanuel Njong, un Chinois forcé de travailler 13 heures dans une prison.

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La lettre appelant à l’aide signée Tohnain Emmanuel Njong.

Un appel à l’aide caché dans un sac. Alors qu’elle cherche son reçu dans le sac qui contient les bottes qu’elle vient d’acheter chez Saks, un grand magasin de la prestigieuse 5e Avenue new-yorkaise, Stephanie Wilson découvre une lettre qui ne la laisse pas de marbre. « À l’aide, à l’aide, à l’aide », a écrit Tohnain Emmanuel Njong au stylo bleu. Le message est accompagné de la photo de cet homme en tenue orange qui explique être détenu illégalement dans une prison chinoise.

« Nous sommes maltraités et travaillons comme des esclaves treize heures chaque jour pour fabriquer ces sacs dans l’usine de la prison », assure Tohnain Emmanuel Njong avant de conclure sa lettre par un « Merci, et désolé de vous embêter ».

Après avoir trouvé ce cri du cœur, la jeune femme de 28 ans, qui ne « pouvait pas croire ce qu'(elle) lisai(t) », prévient aussitôt l’ONG basée à Washington qui lutte pour les droits des prisonniers chinois, la Laogai Research Foundation. L’organisation se sert alors de l’adresse e-mail laissée au dos de l’appel à l’aide pour tenter de retrouver le prisonnier chinois. En vain, puisque l’adresse ne fonctionne plus.

Des cas similaires

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Letter from prisoner in China inside a box of Kmart Halloween decorations.

Mais l’ONG, fondée par Harry Wu, un homme qui a passé 19 ans dans l’usine d’une prison chinoise, ne se laisse pas abattre. Elle adresse la lettre de Tohnain Emmanuel Njong au Département américain de la sécurité intérieure, qui a déjà eu connaissance de cas similaires. Notamment celui d’une Américaine qui a trouvé en 2012 dans des décorations achetées pour Halloween une lettre identique, mais anonyme cette fois, détaillant les abus et le travail illégal dans une prison chinoise.

Le magasin Saks, qui vendait le sac dans lequel Stephanie Wilson a trouvé la lettre de Tohnain Emmanuel Njong, a lui aussi mené sa petite enquête sans pour autant parvenir à déterminer l’origine du sac.

Les journalistes se sont également mis sur l’affaire. Grâce à l’adresse e-mail laissée par Tohnain Emmanuel Njong et les réseaux sociaux, des reporters du site internet américain DNAinfo ont retrouvé un homme assurant être l’auteur du message découvert par Stephanie Wilson. Cet ancien prisonnier leur a alors indiqué au cours d’un entretien téléphonique de près de deux heures avoir écrit la lettre lors d’une peine d’emprisonnement de trois ans à Qingdao, une ville de la province de Shandong. Tohnain Emmanuel Njong, aujourd’hui âgé de 34 ans, a précisé qu’il avait rédigé cinq lettres au total derrière les barreaux, dont certaines en français.

Leur presse (6Medias via LePoint.fr, 2 mai 2014)

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