[Tarbes & Pau] Ploum Ploum Tralala

Jets de cocktails Molotov à Tarbes et Pau : deux ans de prison ferme

Damien C…, un Tarbais de 31 ans se disant « anarchiste d’extrême gauche », a été condamné, hier lundi, pour trois « attaques » en décembre et au début du mois.

Hormis une poignée de journalistes et de policiers, la salle des audiences des comparutions immédiates devant le tribunal correctionnel de Tarbes n’accueillait aucun public pour Damien C…, hier lundi. Qu’importe pour ce Tarbais de 31 ans se revendiquant « anarchiste d’extrême gauche », proche de tels mouvements espagnols et posant devant les photographes : les lieux semblent parfaitement lui convenir pour disposer d’une tribune qu’il n’a, sans doute, jamais eue.

Poursuivi pour dégradations par moyens dangereux, ce trentenaire intérimaire dans le bâtiment, ancien toxicomane connu de la justice pour de menus délits, doit répondre de trois « attaques » aux cocktails Molotov perpétrées contre des bâtiments publics et une église, provoquant quelques dégâts, mais ne faisant aucune victime.

Débutant mais déterminé

Le 25 décembre, un engin explosif est lancé contre une porte de la maison d’arrêt de Tarbes. Trois jours plus tard, c’est au tour d’un local du 35e régiment d’artillerie parachutiste, toujours dans la capitale haut-pyrénéenne. Enfin, le 8 février, l’église de la Science chrétienne, située rue Montpensier, à Pau, juste en face des locaux du Front national, est visée. Des faits pour lesquels le parquet antiterroriste de Paris a d’abord été saisi, avant de passer le relais aux magistrats tarbais, l’enquête de l’antenne paloise de la PJ ayant conclu à des actes commis par un individu isolé qui avait confectionné lui-même ses explosifs [Le militant espagnol d’extrême gauche hébergé par Damien C… et arrêté en même temps que lui a finalement été mis hors de cause]. Et laissé pas mal de traces derrière lui.

D’abord, des revendications postées sur le site Internet « contra info » au nom du Gadi (Groupe d’action directe internationale, appellation en référence aux Gari de Jean-Marc Rouillan), un mouvement totalement inconnu jusque-là, dont Damien C… serait l’unique membre. Puis, sa Mégane grise, repérée à proximité de l’église paloise, juste avant l’explosion, et filmée, quelques minutes plus tard, par les caméras de surveillance de l’autoroute A 64. Munis de l’immatriculation, les enquêteurs sont remontés sans difficulté au propriétaire qui n’a usé d’aucun stratagème pour brouiller les pistes et a même réglé le péage avec sa carte bleue.

Des erreurs de débutant qui ne doivent pas masquer la détermination du jeune homme, en rupture familiale. Interrogé sur ses motivations, il sort une feuille de sa poche, prévient qu’il s’agira de son « unique déclaration » et se lance dans une lecture où il dénonce, pêle-mêle, « la violence du capitalisme », « l’explosion du chômage », « la théorie fumeuse de l’ascenseur social par le mérite », « les médias de masse » et dit avoir agi « en solidarité avec tous les compagnons anarchistes incarcérés ».

« Pas un terroriste »

Un « homme exalté aux convictions politiques profondes », mais « pas un terroriste », insiste son avocate. « On ne lui reproche que de petites explosions qui n’ont pas fait grand mal, plaide Me Balespouey. Il n’a jamais voulu s’en prendre aux personnes. Pour preuve, il a renoncé à viser les locaux palois du FN quand il a vu que des voitures étaient garées devant. C’était pourtant sa cible, à l’origine. »

Mais pour le ministère public, qui revient sur « la dangerosité criminologique » et « le risque de récidive » du prévenu pointé par l’expert psychiatre, « ces faits sont très graves ». Quatre ans de prison ferme sont requis. Une peine finalement divisée par deux par le tribunal. Damien C… a néanmoins rejoint sa cellule, un mandat de dépôt ayant été décerné à l’audience.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Élisa Artigue-Cazcarra, SudOuest.fr, 18 février 2014)

 

Attentats anarchistes à Tarbes et Pau : deux hommes en garde à vue

Deux hommes ont été arrêtés et placés en garde à vue dans l’enquête sur des attaques avec des engins incendiaires commises récemment à Tarbes et Pau revendiquées par un groupe anarchiste.

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Les deux hommes, un Français de 31 ans et un Espagnol de 39 ans, ont été interpellés à Tarbes (Hautes-Pyrénées) dans le cadre d’une enquête dirigée par le parquet antiterroriste de Paris. En matière antiterroriste, une garde à vue peut être prolongée jusqu’à 96 heures.

Les investigations, désormais menées par la Sous-direction antiterroriste (SDAT) et la direction interrégionale de la police judiciaire de Bordeaux, avaient été lancées après deux attaques incendiaires à Tarbes en décembre.

La première, le jour de Noël, avait visé la prison de Tarbes. La seconde, deux jours plus tard, le 35e régiment d’artillerie parachutiste (RAP). Ces attaques, qui n’avaient fait que peu de dégâts, avaient été revendiquées début février par un groupe anarchiste, intitulé Groupe d’action directe international (Gadi).

« Venger la mort de Clément Méric dans le sang »

Publié sur le site « Contra info », le texte de revendication expliquait ces actions par solidarité avec « tous les frères anarchistes incarcérés dans les centres d’extermination des États terroristes ». Il appelait également à « venger la mort de Clément Méric dans le sang », en référence au militant antifasciste mort en juin 2013 après une bagarre avec des skinheads à Paris.

Sur le site internet, les auteurs des attentats signent clairement leurs gestes : « Nous revendiquons l’attaque incendiaire contre un bâtiment de l’armée française (35 RAP Tarbes, France) du 27 décembre 2013. Nous revendiquons aussi l’attaque incendiaire contre la prison (Tarbes, France) du 25 décembre 2013. Les deux attaques en solidarité et à l’appel international des 5 anarchistes de Barcelone », écrivent les militants anarchistes. Plus inquiétant, ils n’hésitent pas à inciter leurs sympathisants à « s’organiser et à s’armer » avant de conclure par un lugubre « Mort à l’État, mort aux fascistes, mort au capitalisme ».

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Une troisième attaque incendiaire a visé dans la nuit de vendredi à samedi un édifice religieux de Pau (Pyrénées-Atlantique), l’Église de la Science chrétienne, un courant religieux fondé aux États-Unis au XIXe siècle. Ce jet de cocktail molotov, qui n’a fait que peu de dégâts, a également été revendiqué par le Gadi sur le site « Contra Info », dans un texte lançant : « Mort au fascisme et à ses symboles ». Pour le Gadi, cette église « sert de base d’arrière-garde pour les fascistes du Front National ».

On ignore si le nom du « Gadi » se veut une référence aux « Gari », les Groupes d’action révolutionnaires internationalistes, qui ont été particulièrement actifs dans le sud-ouest de la France en 1974-1975 où ils commirent des dizaines d’attentats à la bombe et des braquages de banque en relation avec les antifranquistes espagnols. Jean-Marc Rouillan avait été membre des Gari avant de créer Action directe.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr avec l’Agence Faut Payer, 13 février 2014)

 

Tarbes. Gadi, un groupe terroriste, revendique deux attaques incendiaires

Le Groupe action directe international a revendiqué avoir tenté d’incendier la maison d’arrêt et un bâtiment voisin du 35e RAP, fin décembre. Des revendications « prises au sérieux » par le parquet.

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L’incendie du cercle Foch, bâtiment voisin du 35e RAP, survenu le 27 décembre dernier et photographié par ses auteurs. Comme pour la maison d’arrêt deux jours plus tôt, cet acte n’avait provoqué que des dégâts minimes.

Entre Noël et le Premier de l’An, les deux incendies n’avaient guère attiré l’attention. Certes, deux enquêtes avaient été ouvertes, l’une concernant l’attaque incendiaire de la maison d’arrêt survenue le 25 décembre et confiée à la PJ de Pau, l’autre, deux jours plus tard, visant le bâtiment du Cirfa attenant au 35e RAP, le cercle Foch, et dont l’enquête avait été confiée à la communauté de brigades de Tarbes. Deux actes volontaires qui n’avaient fait que peu de dégâts et aucun blessé. « Cela n’a pas eu d’incidences sur le fonctionnement de la maison d’arrêt. D’autant que nous n’avions été alertés ni avant ni après cet incendie », précise-t-on à la prison. Même discours au régiment où la porte, toujours condamnée, porte les stigmates des flammes, sans « qu’aucune menace ou revendication » n’ait pu renseigner sur l’origine de cet acte.

« Venger dans le sang »

Il y avait bien cette rumeur pointant l’action de « corpuscules » d’extrême droite. Mais rien de significatif jusqu’à ce mardi et ce communiqué publié sur internet. Le Groupe action directe international (Gadi) y revendique ces deux attaques aux conséquences mesurées, « en solidarité et à l’appel international des cinq anarchistes de Barcelone [Le 13 novembre, cinq militants anarchistes espagnols étaient arrêtés, accusés d’être les auteurs de l’attaque à la bombe contre la basilique del Pilar de Zaragoza le 02 octobre 2013. Depuis, un mouvement de solidarité internationaliste de soutien s’organise.]. En solidarité aussi à tous nos frères anarchistes incarcérés dans les centres d’exterminations des états terroristes. Par ces actions, nous voulons aussi prouver aux fascistes français que la rue n’est plus à eux. Le temps où ils tuaient impunément est révolu. » Le Gadi fait ensuite référence à Clément Méric, étudiant et militant d’extrême gauche, mort en juin 2013 lors d’une rixe avec un groupe de skinheads. « Nous appelons les nôtres à venger la mort de Clément Méric dans le sang, poursuit le Gadi. Nous appelons les nôtres à s’organiser et à s’armer. » Le groupe explique ne pas avoir communiqué avant « par sécurité » et détaille même le procédé utilisé, précisant « qu’un explosif n’a pas sauté lors de l’attaque de la prison ».

Un groupe inconnu

Suite à cette revendication, la procureure de la République de Tarbes, Chantal Firmigier-Michel, a expliqué que les deux enquêtes ouvertes initialement suite à ces attaques aux cocktails molotovs avaient été regroupées sous une même procédure confiée à la section de recherches de la police judiciaire de Pau, en lien avec les services antiterroristes. « Ce groupe, qui semble appartenir à la mouvance d’extrême gauche anarchique, n’était pas connu des services spécialisés, précise la procureure. Si les charges n’ont pas occasionné de dégâts, cela ne veut pour autant pas dire que telle était l’intention de leurs auteurs. Il s’agit là de revendications qu’il convient de vérifier et de prendre au sérieux. » Les enquêteurs sont notamment à la recherche de faits similaires commis dans le Grand Sud.

Depuis ces deux attaques fin décembre, aucun autre acte semblable n’a été recensé sur Tarbes.

Le spectre d’Action directe

Qui se cache derrière Gadi ? Inconnu des services spécialisés, le Groupe action directe international s’assimile « à un groupe d’extrême gauche », selon le parquet. Il fait ressurgir le spectre du groupe armé anarcho-communiste Action directe dont les membres avaient revendiqué plus de 80 attentats ou assassinats sur le territoire français entre 1979 et 1987. Les derniers militants de l’organisation ont été arrêtés en 1987, puis jugés et condamnés. Parmi eux, l’Auscitain Jean-Marc Rouillan, condamné en 1989 puis 1994 à la réclusion criminelle à perpétuité. Il est en liberté conditionnelle depuis le 18 mai 2012. Jean-Marc Rouillan avait également contribué à la création des Groupes d’action révolutionnaires internationalistes, les Gari, très proches phonétiquement du Gadi.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Andy Barréjot, LaDepeche.fr, 7 février 2014)

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