Les luttes de classes en Afrique du Sud

La police sud-africaine dit avoir dispersé 3.000 grévistes violents

La police sud-africaine a indiqué avoir utilisé mardi matin grenades assourdissantes et balles en caoutchouc pour disperser quelque 3.000 grévistes « violents » qui bloquaient une route menant à une mine de platine du numéro un mondial du secteur Amplats près de Rustenburg (nord).

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Les mineurs brandissaient « des armes dangereuses comme des cannes traditionnelles et des bâtons (ce qui est désormais interdit, ndlr), bloquaient la route et menaçaient de déloger les travailleurs non grévistes à la mine », a dit la police dans un communiqué, précisant que l’incident s’était produit vers 08H00 (06H00 GMT devant un puits de la mine de Khuseleka.

La police a selon elle tenté de négocier avec des permanents du syndicat Amcu, organisateur du mouvement, pour leur rappeler les règles à respecter en cas de grève, qui prévoient notamment le libre accès au lieu de travail des non-grévistes. Elle a finalement dispersé les manifestants, dont certains menaçaient ses agents avec des pierres.

Deux personnes ont été arrêtées et devront comparaître devant la justice pour violence publique.

Il s’agit du premier incident sérieux depuis le début d’une grève qui a été jusqu’à présent relativement pacifique, bien loin des violences de la vague de grèves sauvages qui avaient secoué les mines sud-africaines en 2012.

Anglo American Platinum (Amplats) est très affecté depuis le 23 janvier, de même que ses concurrents Impala Platinum (Implats) et Lonmin, par un conflit sur les salaires mené par le syndicat radical Amcu.

Des négociations ont repris mardi pour tenter de régler cette grève, alors que les ouvriers des raffineries et des fonderies sud-africaines du groupe ont emboîté le pas aux mineurs et cessé le travail depuis lundi.

Leur presse (Agence Faut Payer, 4 février 2014)

 

Afrique du Sud : rupture des négociations entre mineurs et patronat

Les producteurs sud-africains de platine ont annoncé mercredi la rupture des négociations avec les mineurs en grève depuis deux semaines, sans fixer aucune date pour la reprise des discussions.

Les pourparlers avec le syndicat Amcu, majoritaire dans le secteur du platine, « ont été ajournés, les parties étant incapables de s’entendre sur un accord », ont indiqué les trois principales sociétés productrices de platine dans un communiqué.

Quelque 80.000 mineurs de la « ceinture de platine » sud-africaine autour de Rustenburg (nord) sont en grève depuis le 23 janvier, à l’appel d’Amcu, chez les trois principaux producteurs de platine mondiaux, Anglo American Platinum (Amplats), Impala Platinum (Implats) et Lonmin.

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A miner gestures as they gather at Wonderkop stadium outside the Lonmin mine in Rustenburg, northwest of Johannesburg January 30, 2014.

Ils réclament un salaire de base de 12.500 rands (830 euros), plus du double du niveau actuel, ce que les directions des trois groupes concernés jugent totalement irréaliste. Les dirigeants d’Amcu ont répété à plusieurs reprises que le mouvement pourrait durer longtemps.

Ils ont proposé des augmentations de salaires de 7% pendant trois ans.

Les compagnies dénoncent « l’absence de volonté » d’Amcu dans la négociation.

Selon eux, la grève a déjà coûté 266 millions d’euros.

Le président du syndicat, Joseph Mathunjwa a appelé à un « médiateur indépendant », mais la Commission de conciliation, médiation et arbitrage (CCMA) n’a pas retenu cette proposition.

« Nous continuerons la grève tant que les ouvriers nous en donneront le mandat. Ils disent toujours que c’est trop tôt pour eux (de s’arrêter, ndlr). Ils veulent débloquer le statu quo », a dit M. Mathunjwa.

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‘BETTER PAY.’ South African miners hold up sticks and umbrellas during a strike in Marikana on January 30, 2014.

Les directeurs généraux des trois groupes touchés s’étaient engagés ce week-end à tout faire pour trouver une solution, mais ont brandi le spectre de restructurations et de licenciements si la grève devait se prolonger. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 5 février 2014)

 

Manifestations violentes en Afrique du Sud

JOHANNESBURG – Des manifestants sud-africains qui dénoncaient entre autres le manque de services dans leurs communautés ont notamment incendié une bibliothèque et une clinique médicale lors de démonstrations violentes, au cours des derniers jours.

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La police reproche aussi aux manifestants d’avoir impliqué des enfants dans leur mouvement, les transformant à toutes fins utiles en boucliers humains.

La violence a notamment éclaté à Sebokeng, au sud de Johannesbourg. Les manifestants ont bloqué les routes avec des pierres et des pneus enflammés. Un militant a été tué et un autre blessé quand des bandes rivales se sont affrontées.

Dans le district de Bronkhorstspruit, à l’est de la capitale, Prétoria, des manifestants ont incendié mercredi plusieurs édifices, dont une clinique médicale, pour protester contre le coût apparemment trop élevé des services publics. Plusieurs dizaines de personnes y avaient été arrêtées la veille et d’autres édifices incendiés la semaine dernière.

Des dizaines d’enfants, dont certains portaient leur uniforme d’écolier, ont participé à la manifestation de Bronkhorstspruit mardi, pendant laquelle une bibliothèque publique a été incendiée. (…)

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Le commissariat de Bronkhorstspruit

Leur presse (The Associated Press, 5 février 2014)

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