[Besançon] Contre la rénovation urbaine et ce qui va avec

La ville de Besançon est en voie d’aseptisation et d’embourgeoisement, où les pauvres se font dégager pas seulement par les bleus [On pourra aussi évoquer la construction d’un nouveau poste de police place Cassin au cœur du quartier de Planoise, avec tout son arsenal de protection (vitres blindées, caméras, etc…). Ce même secteur de Planoise, qui abritent de nombreux commerces, a désormais son lot de caméras de surveillance : il y a pas si longtemps (été 2013), des habitant-e-s ont répondu par la destruction et le feu à ce système de vidéosurveillance.] et autres CRS, mais par les urbanistes, promoteurs, architectes et commerçants en tous genres qui viennent mettre en application leurs projets qui n’ont pour but que de laisser place à l’argent et ceux qui en ont.

La rénovation urbaine passe avant tout par la construction du tramway (qui arrive début 2014) qui a été menée durant ces dernières années par l’entreprise Eurovia, filiale de Vinci [Détails sur l’entreprise Vinci et ses multiples filiales] : on peut y voir une modification de l’espace urbain avec une architecture qui ne laisse aucune place aux rencontres, à l’occupation de la voie publique, avec une surveillance et un contrôle qui s’accentuent par la multiplication des caméras (on peut aller jeter un œil sur l’emplacement des caméras ici), par les nombreux spots d’éclairage tout le long du trajet du tramway (ayant pour but de diminuer les zones franches)… La mise en place des puces électroniques pour chaque carte d’abonnement au réseau de transport en commun ‘Ginko’ fait aussi partie du contrôle sur nos vies et en l’occurrence sur nos déplacements.

Le nouveau visage de la place Flore, avec l’installation de ces sièges présents partout dans la ville sur lesquels personne ne cherchent à s’assoir, faisant partie de cette logique de chasser les indésirables :

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L’architecture et le mobilier urbain de la place Flore

La gentrification est bien sûr aussi le fait des commerçants, toujours prêts à faire dégager « zonards », SDF ou autres indésirables qui s’attarderaient sur la voie publique : nombre d’entre eux foutent des produits nocifs sur leur marche et terrasse (récemment des personnes ont rapporté que les pourritures qui gèrent le restaurant du ‘Taj Mahal’ rue Claude Pouillet versent de la javel comme repoussoir).

En matière de logements, les promoteurs immobiliers se partagent la part du gâteau. L’entreprise Eiffage, qui est aussi connue pour construire des taules, spécule entre autre sur la construction du centre commercial et de ces lofts luxueux de la place Pasteur. En effet y est prévu ce gigantesque parking souterrain qui débouchera sur la rue Claude Pouillet. Autant dire que cette rue occupée jusqu’à présent par les fêtard-e-s devra faire place nette aux habitant-es friqué-es et à leurs véhicules. On peut également parler de la construction des logements de la rue Bersot et de la rue Proudhon, qui sont construits par l’entreprise immobilière SMCI [SMCI possède son agence à Besançon rue Gambetta (en face des locaux du site de désinformation macommune.info et à côté de la direction de l’enseigne de La Poste)] à des prix exhorbitants au mètre carré (à plus de 3000 euros).

Dans le quartier Battant, par lequel le tramway passera (et qui est source d’augmentation du prix des loyers pour les promoteurs), les prix vont aussi flamber, avec la réhabilitation d’anciens logements (actuellement en état de pourriture) rue de la Madeleine et rue Battant par cette même société immobilière. Par ailleurs, un supermarché pour riches ‘Casino Shop’ est actuellement en construction au 6, rue de la Madeleine…

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Passage Rambaud dans le quartier des Chaprais, sur les nouveaux apparts construits par la société immobilière ‘Sogeprim’

Rappelons une évidence : la ville n’a pas vocation à nous appartenir (elle ne l’a jamais été historiquement), elle reste avant tout un instrument des puissants pour canaliser les révoltes contre ce monde. Cependant on peut tous agir directement contre cette ville carcérale que le pouvoir tente de nous imposer. Par des collages d’affiche, des tags, par le sabotage et la destruction des multiples tentacules de la domination capitaliste et étatique qui s’offrent à nous. Ne pas se résigner, ne pas fuir ce carcan dans lequel nous sommes embourbés mais agir collectivement (ou pas !), manifester contre ces projets en mettant en avant que c’est le fruit pourri du même processus : celui d’une gigantesque ville-prison en construction.

Tant qu’ils spéculerons sur nos vi(ll)es, qu’ils se méfient de nos mauvaises intentions !

Le Chat noir émeutier (transmis par mail, 20 janvier 2014)

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