[Do It Yourself] Niquer la vidéosurveillance, mode d’emploi

Les caméras installées par la Ville de Besançon ne plaisent pas à tout le monde
Bras de fer autour des caméras

Besançon. La décision d’installer des caméras de vidéosurveillance, ou de vidéo-protection pour les âmes sensibles, dans les rues bisontines, a été prise dans la douleur. Talonnée par l’opposition, la municipalité a finalement créé une commission de réflexion pour en évaluer la portée, déterminer au mieux les emplacements et ne surtout pas froisser les susceptibilités de sa majorité, parfois frileuse face à de tels équipements.

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Ici, se dressait une caméra de vidéosurveillance.

Cailloux et clef à boulons

Enfin, début juillet, les sept premières caméras ont été installées. Il y en aura 32 au total, placées à des points stratégiques de la ville et des quartiers. Visiblement, à Planoise, l’intrusion de ces yeux numériques ne plaît pas. Faut-il y voir facétie de sauvageons ou réponse du berger à la bergère de délinquants dérangés dans leur activité quotidienne ? Toujours est-il que les caméras de Planoise sont la cible, depuis début août, des casseurs. Une première a été proprement caillassée place de l’Europe, dans la nuit du 2 au 3 août. Fraîchement posée sur son mat, elle n’avait même pas eu le temps d’être branchée qu’il a fallu la remplacer.

Visiblement un peu gênée aux entournures, la Ville n’a pas médiatisé la seconde mésaventure subie par une autre caméra, dimanche 11 août, en plein milieu d’après-midi, devant de nombreux témoins, avenue du Parc.

Sous les yeux des badauds

Quatre jeunes déterminés s’en sont pris d’une autre manière en déboulonnant cette fois le poteau la soutenant. Une fois celui-ci à terre, ils ont démonté la caméra et sont partis avec, sans provoquer aucune réaction des badauds. Ce dont attestent les images de la scène, prises depuis la caméra de la place de l’Europe, désormais en service.

Malheureusement, au moment de ce sacrilège, ladite caméra victime, si elle enregistrait bien les faits, n’était pas connectée au centre de supervision urbain où trois agents de la police municipale se relaient. L’alerte n’a donc pu être donnée à temps. Cependant, depuis hier matin, les policiers disposent des images qui devraient leur permettre d’identifier les auteurs de ce vol audacieux.

Reste que sur les six caméras toujours en service, une seconde campée place Cassin a failli être la cible d’une autre tentative d’effraction. Vendredi soir, un mineur a été interpellé par la Bac, averti par le centre de supervision, alors qu’il venait d’ôter les cache- boulons du poteau. Il en a été quitte pour un rappel à la loi. Et Jean-Louis Fousseret, dans une sainte colère, a exigé que désormais les boulons soient soudés et les mats noyés dans le béton. Hier soir, c’est cependant avec optimisme qu’il commentait ces exactions en notant : « On s’aperçoit que les caméras dérangent et si elles dérangent, tant mieux. Cela conforte notre analyse et nous ne baisserons pas les bras. »

Leur presse (Fred Jimenez, EstRepublicain.fr, 20 août 2013)

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