[Suçons des bites, pas des hosties] Rassemblements du 1er février à Besançon

Samedi 1er Février : une journée anti-réactionnaires

Samedi après-midi : rassemblement et manifestation en soutien aux femmes espagnoles défendant leur droit à l’avortement :

À partir de 15h30 place Pasteur à Besançon, malgré la pluie, plus de deux-cent personnes ont répondues à l’appel des collectifs Osez le féminisme et Solidarité Femmes pour la défense du droit à l’avortement et soutenir les femmes espagnoles (voir également l’article de Toufik de Planoise et du Libertaire Bisontin).

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À Madrid au même instant, des milliers de personnes ont défilé aux cris d’« avortement libre » pour la première grande manifestation contre le projet de loi qui supprime en Espagne le droit à l’interruption de grossesse. Projet de loi encouragé par l’Église catholique, que le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a adopté fin décembre dans un texte supprimant la loi de 2010, votée sous les socialistes et qui autorisait l’avortement jusqu’à 14 semaines de grossesse pour toutes les femmes sans justification et jusqu’à 22 semaines en cas de malformation du foetus ou de grave danger physique ou psychique pour la femme.

Si l’avortement en France est un droit, sa liberté d’accès devient quelque fois difficile : 150 centres IVG ont fermé ces dix dernières années, certains médecins et politiques militent pour son non-remboursement (voire sa suppression). Des sites de désinformations comme SOS-IVG créés par des militants religieux qui sous couvert d’aide et d’information, culpabilisent les personnes tenter par l’IVG en parlant de remords, de traumatismes post-avortement systématiques. Récemment encore, lors d’un débat parlementaire, certains élus demandaient à ce que l’IVG ne soit réservé qu’aux femmes en détresse, et que l’IVG de « confort » ne soit plus remboursé.

Faut il rappeler qu’en France, 40% des femmes auront recours à l’IVG à un moment donné de leur vie, et que 72% des femmes ayant recours à l’IVG étaient sous contraception. L’interruption volontaire de grossesse n’est donc pas seulement un événement exceptionnel (suite à un viol ou une malformation détectée sur l’embryon…) mais une composante de la vie sexuelle et doit être pris en compte comme telle que cela plaise ou non aux moralisateurs qui ne voient en la « femme » qu’un ventre, une mère, une boniche … le « complément naturel » de « l’homme » et non son égal.

Ce qui nous mène à la soirée du samedi…

Samedi 19h, rassemblement contre la venue de Civitas :

En début d’après-midi, la CNT 25 avait commencé à informer par un tract rédigé avec le collectif PDA (voir le tract ci-dessous). Le soir, nous étions une quarantaine au rendez-vous fixé à 19h dans le quartier de Saint Claude à Besançon. À 19h15, nous nous mettons tranquillement en marche dans un quartier joliment redécoré la veille grâce à des affiches remettant  en cause la société patriarcale, sexiste, inégalitaire… afin de rejoindre le bâtiment (ancien garage) qui sert de le lieu de culte à la fraternité sacerdotale saint pie X, plus couramment appeler par l’acronyme imprononçable:  FSSPX (!!?).

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C’est dans ce local, que Alain Escada, président de CIVITAS est venu présenter son bouquin Théorie du genre – L’idéologie qui voulait détruire la Création et libérer toutes les perversions humaines. En lisant ce titre, on aurait pu croire à un bon spectacle humoristique, plein de blagues belges. Mais non, ce fut prière pour bien débuter la soirée, et puis devant une foule en transe (30 personnes, des vieux et quelques jeunes aux cranes déjà chauves) Alain Escada a pu vomir son blabla habituel contre le complot judéo-maçono-lesbien : « la pédérastie est une monstruosité, le mariage gay la porte ouverte à la pédophilie, la polygamie et l’inceste, le lobby L.G.B.T. domine le monde, les démocrates sont aussi au vatican, les instits veulent créer une société d’homosexuels, la chrétienté, le monde court à sa perte… »

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Bref, l’ambiance était un peu plus marrante dehors, même si arrêtés par une ligne de policiers qui interdisait les abords de la « chapelle », nous nous sommes retrouvés une cinquantaine (avec les retardataires habituels) d’horizons divers, et de familles politiques différentes mais unis face à l’intégrisme religieux.

Quelques slogans ont fusés tel que « bouffons de la chatte, pas des hosties » et sa variante « suçons des bites, pas des hosties » ou quelques couplets du Père Duchesne : « si tu veux être heureux, nom de dieu! pend ton propriétaire, coupe les curés en deux, fout les églises par terre, sang dieu! et l’ bon dieu dans la merde, nom de dieu ! » ou plus simplement « ni Dieu, ni Maître, ni ordre moral ! ».

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Le bilan de la journée a été finalement positif car malgré la pluie, 200 personnes se sont mobilisées pour la défense de l’IVG, et en soirée malgré la nuit et le cordon de policier ce sont 50 personnes d’horizons assez divers qui ont pu venir défendre face à un ordre moral digne de l’inquisition, leur liberté à s’aimer.

… et puis nous nous sommes retirer tranquillement, et comme tous les samedis soirs (et pas seulement le samedi), nous avons contribué, nous, pauvres pêcheurs, à l’effondrement de « leur monde ».

Collectif Antifasciste de Besançon (CAB), 3 février 2014

 

Manifestation pour la défense du droit à l’avortement : « On assiste à une réelle régression »

Un rassemblement puis une manifestation se sont déroulés ce samedi 1er février au centre-ville de Besançon. Près de 200 personnes se sont mobilisées pour la défense du droit à l’avortement et soutenir les femmes espagnoles.

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Alexandra, 29 ans, nous raconte que « j’ai pu bénéficier de mon droit à l’avortement il y a quatre ans. Je ne sais pas ce que j’aurais fait si je n’avais pas pu avoir ce droit à cause d’un problème de contraception qui a mal fonctionné. J’aurais eu un enfant pas voulu, que je n’étais pas prête à élever à cette époque-là et je n’ose pas imaginer ce qu’aurait été ma vie et celle de cet enfant. Aujourd’hui et depuis quelques mois, je suis maman et heureuse. (…) Il faut que ce droit soit acquis pour toutes les femmes dans le monde entier ! Nous devons choisir ce qu’on fait avec notre corps. Ca s’appelle la liberté. »

« On assiste à une réelle régression complètement incroyable ! Vous vous rendez-compte qu’en 2014 on remet ce droit en question ? Une bande de gens de droite et de religieux se permettent de penser et même vouloir un retour en arrière alors que ce droit est la liberté de disposer de notre corps comme on le souhaite ! On croit rêver ! » se révolte Chloé, 20 ans.

Pour Grégoire, 37 ans, il s’agit également de penser aux femmes qui tombent enceinte suite à un viol : « Dans le monde, combien de jeunes femmes tombent enceinte après un viol et ne peuvent pas mettre un terme à cette grossesse non désirée ? Ce droit devrait être universel. »

Solidarité Femmes se mobilise

En Espagne, un projet de loi présenté fin 2013 remet en cause le droit à l’avortement et dans de nombreux autres pays en Europe et dans le monde, l’avortement est très difficile, voire impossible.

En France, « nos droits viennent d’être confirmés, cependant des centres d’IVG ferment, les médecins ont du mal à se former à la pratique des IVG, d’autres militent pour leur non-remboursement voire pour la suppression de la loi » explique l’association Solidarité Femmes, l’association féministe engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

À Besançon, « l’IVG se pratique au CHU jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée et deux médecins généralistes effectuent des IVG à leur cabinet médical jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée. Nous devons rester vigilants et vigilantes et notre combat continuera tant que nous n’aurons pas toutes les même droits » indique l’association.

Leur presse (Alexane, macommune.info, 1er février 2014)

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