Un 15 Août au Japon

http://juralib.noblogs.org/files/2013/08/01.gifLe 15 Août. Le jour où les touristes envahissent les plages et mangent des glaces en famille, au Japon aussi. Mais ce jour est aussi un jour particulier pour les nationalistes. À Tokyo, le jour, où des milliers de nervis fascistes rendent hommages aux soldats de guerre tombés pour l’empereur. Tout en exprimant leur envie du retour de ce dernier comme pouvoir absolu. Donc, comme vous l’aurez compris, des gros cons complètement dégénérés, enfin des fachos quoi. Tout ça se déroule dans le sanctuaire nationaliste du nom de Yasukuni, construit spécialement pour cet événement.

C’est aussi un jour pour s’organiser contre ces crevures. La journée est divisé en deux parties, le matin, une action avec très peu de gens pour interférer avec leur minute de silence. La deuxième, l’après-midi, une manifestation anti-empereur, plus officielle réunissant plus de monde. Dans les deux cas, on me prévient que ça risque d’être dangereux et bien tendu.

9:30, je retrouves trois ami-e-s, et camarades à la fois. On y rejoint ensuite un groupe d’une petite vingtaine de personnes dans un bâtiment pour y faire une réunion. À l’extérieur, on peut déjà y apercevoir des flics en civil (encore plus grillés qu’en France, je vous assure). Comment ils ont eu l’info, aucune idée. Je commence à bien flipper, car on me dit que les autres années, ils ont déjà attaqué le groupe de façon assez violente, et puis 20 contre un millier, c’est pas très rassurant. Mais bon, au final, l’action fut un échec total, arrivé sur place, on a pas pu aller à destination, bloqué par les keufs, qui étaient 4 fois plus nombreux que nous.

Pause déjeuner, à déguster un bon curry. On en profite pour y changer nos impressions et on décompresse avant la manif’ de l’après-midi. Là encore, on me dit que ça risque d’être assez chaud.

Le ventre bien plein, on se bouge sur le lieu de la manifestation, précédé par un tour de paroles dans une salle d’un immeuble. Déjà que je trouve ça bien chiant en France, alors en plus, quand je comprends rien à ce qui se dit, c’est bien pire. Mais bon, le plus relou c’est pas ça. Dans la salle en face de la notre, il y a un meeting d’un autre groupe fasciste, du nom de Zaitokukai, un groupe anti-Coréens, qui rejoindront leurs vermines de potes ensuite. Déjà une tension bien présente et des échanges verbaux houleux. Avec une pote, un peu ennuyé, on s’en va fumer une clope dans l’espace fumeur. Deux minutes plus tard, on y est rejoint par 4-5 fachos, silence palpable, échange de regards, j’ai une bonne boule au ventre, mais rien ne se passera.

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C’est parti pour la manif’. Le cortège est bien compact et tassé entre deux rangées de flics. Pas de drapeaux de partis politiques, et pas de récupération, ça me fait bien plaisir. Les gens qui m’ont dit que ça allait être tendu n’ont pas eu tort, je pense que c’est la manif antifa la plus flippante de ma vie. Pour être honnête, je ne pensais pas vivre ça à Tokyo. On est une centaine. Il y a des fachos partout, surexcités, qui essaye tout le temps de nous attaquer et qui arrive à porter des coups à des gens. Ils sont bien vénères, nombreux, et sans déconner, je fais pas mon malin. Ils nous lancent des canettes, des bouteilles d’eau et on peut même apercevoir, quelques fois, des pavés voler sur nous. J’hallucine bien et je suis bien choqué. C’est en arrivant près de Yasukuni qu’ont prend vraiment conscience du nombre qu’ils sont, ça fait froid dans le dos. De leurs côtés, on peut même y apercevoir quelques punks… On peut rien faire, on est vraiment impuissant face à cette situation. C’est vachement frustrant. Cela va durer tout le parcours jusqu’à la fin, dans un petit parc. Maintenant, le truc, c’est de rester grouper et de pas se faire attaquer en partant du rassemblement. Un moment de stress en plus. En allant prendre notre train, on y croise des groupes de fachos partout dans les rues. On fait gaffe et on essaye de se faire discret. On en sortira indemne mais avec une dose d’émotions intenses. C’est maintenant le temps de boire un coup, d’échanger nos ressentis, de se relaxer et de se changer un peu les idées.

Malgré que les keufs ai empêché que les nationalistes nous défoncent la gueule, si ils me tendent la main, je leur cracherai toujours dedans. Car la question est de savoir, qui protègent-ils vraiment ? Pour moi, tout ce nationalisme ambiant qui conduit à la haine, émane de l’État, qui créé une espèce de fierté nationale dans la tête des gens. Ce même État, aider de ses sbires, la police, qui expulse les sans papiers, qui enferme et qui exerce sa répression quand on s’oppose à lui.

Que brûle les drapeaux et les nations, que crève les flics et les fachos.

Quelqu’un à Tokyo

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