La police appelle à dénoncer des policiers

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/015.jpgLa police appelle à dénoncer des policiers

Les citoyens pourront dès le 2 septembre signaler des abus ou dérapages policiers sur Internet, dans le cadre de la réforme de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) dont la patronne, Marie-France Monéger, a tiré vendredi le bilan.

En quoi consiste cet appel à la population ?

Une plateforme de signalement, via le site internet du ministère de l’Intérieur, permettra à des témoins, victimes, usagers ou même des agents ayant vu ou subi des comportements policiers « incompatibles avec la fonction » de les dénoncer. « L’objectif n’est pas de favoriser la délation », explique la commissaire Monéger, « car les déclarations anonymes ne seront pas exploitées et les dénonciations mensongères » punies. Il faut s’identifier, donner l’heure, le lieu, les circonstances et le résumé des faits, voire des documents photo ou vidéo. Aujourd’hui, les polices des polices (IGS et IGPN) reçoivent 2300 signalements par an, par courrier, mail, téléphone ou déclarations. Si la plateforme provoque une explosion des dénonciations, « tant mieux » dit la chef de l’IGPN, car « cela permettra de comprendre ce que la population n’aime pas chez sa police » afin de monter des stratégies pour remédier à des situations qui peuvent se réitérer. Pour apaiser les résistances internes et la « peur des syndicats » que cet outil « stigmatise » les policiers, la patronne de l’IGPN leur montrera chaque mois les signalements reçus.

Quelles sanctions ?

Chaque année, 3000 sanctions sont prononcées, à 85% par les chefs de services, et à 15% par l’IGPN, qui a proposé pour 202 policiers un avertissement ou un blâme, et dans 154 cas un renvoi devant le conseil de discipline.

Quel contrôle de l’usage des armes de service ?

Un logiciel du traitement relatif au suivi de l’usage des armes (TSUA) oblige le policier ayant utilisé son arme à le déclarer en détail dans la base, afin de « vérifier à terme si l’armement n’est pas adapté ou s’il faut plus de formation ou revoir la doctrine d’emploi de ces armes ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Patricia Tourancheau, Liberation.fr, 28 juin 2013)

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