[Témoignage] Fachos en uniforme à Argenteuil

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/015.jpgArgenteuil. CR de la victime : ça craint la police provoque

ET NOTRE RÉSEAU IL FAIT QUELQUE CHOSE ?
Urgent !!! ça craint ! la police d’Argenteuil au lieu d’arrêter les skinheads qui ont agressé Rabia la jeune musulmane avec foulard âgée de 17 ans, ont agressé à leur tour la sœur Sofia qui porte le Niqab et ont failli déclencher une émeute avec leurs provocations et leurs violences, CRI va organiser un rassemblement Vendredi 21 Juin à 15 heures devant la Mairie d’Argenteuil.
Lisez ce récit c’est édifiant et je vous envoie aussi le témoignage d’un jeune qui était présent lors de cette bouffée de violence policière.
On va lancer une campagne par mail en direction des ministres de la justice de l’intérieur et de la présidence de la république pour exiger des sanctions et de retrouver les agresseurs et examiner la vidéo surveillance.

 

Mercredi 12 juin 2013, 19h11

Asalam’aleykom

Voici mon récit de mon « interpellation » du mardi 11 juin 2013 aux environs de 19h/19h10 à la basilique d’Argenteuil, je tiens à m’excuser pour les fautes d’orthographe [Corrigées par nos soins – NdJL]

Je suis sortie de chez moi (rue X) pour aller faire des courses sur la rue piétonne, arrivée au niveau d’un magasin portant le nom de « Belle et zen » dans mon dos j’ai entendu quelqu’un crier « Madame, madame » Ne sachant pas qu’on m’appelait je ne me suis pas retournée alors un policier en uniforme continua de crier et est venu me couper la route et s’écria « Madame arrêtez-vous contrôle mettez-vous sur le côté » J’ai repondu « Oui monsieur » et en me retournant je vis deux autres collègues en uniforme. En le suivant dans un petit renfoncement de bâtiment juste à côté, en même temps il disait « En même temps on peut pas savoir si c’est un homme ou une femme », je lui dis qu’il entendait le son de ma voix toujours très calmement mais le monsieur me cria dessus de me taire et m’arracha mon sac violemment Je lui dis « Vous voulez mes papiers monsieur, vous n’avez pas à m’arracher mon sac je peux vous les donner » Il me cria dessus et me demanda de retirer mon niqab, ce que je fis tout de suite en lui redemandant s’il voulait voir mes papiers mais il me recria dessus au même moment Vu qu’il ne faisait que crier un atroupement s’était formé et des passants criaient « qu’il n’avait pas le droit c’est injuste elle a rien fait… » Un ami d’enfance qui avait été là dès le début essaya très poliment de leur parler en leur demandant pourquoi ils agissaient ainsi mais des policiers lui crièrent dessus, d’autres jeunes le rejoignirent et ils ont vu les policiers m’encercler à plusieurs (quatre je crois) Moi je pleurais parce qu’ils m’ont fait très peur et qu’ils continuaient à crier et le policier du début me poussa dans le renfoncement, ils appela des renforts et je lui redemanda Pourquoi je n’ai rien fait monsieur. Vous avez mon sac et mes papiers et de là tout s’est envenimé Les gens ont crié de me lâcher de ne pas le laisser me toucher qu’ils avaient pas le droit, Ils ont gazé la foule et la dame m’emmena par le bras jusqu’à un fourgon qui était à l’angle de la rue face au tabac Sur le chemin juqu’au camion elle me dit de ne pas répondre à son collègue et d’attendre d’être entendue une fois au poste Je lui repondis d’accord, j’entendis des coups de feu et des cris Cela me fit très très peur On aurai dit une guerre Il revenait prendre des armes dans le camion et repartait en me criant dessus que c’était ma faute « T’es contente de toi, fallait y réflechir avant, mécréante, c’est ta faute tout ça » parce qu’il me voyait que je pleurais J’étais vraiment choquée de l’ampleur de ce qui se déroulait Je voyais des gens par terre qu’ils ont frappé à plusieurs Ça courrait de partout. Ensuite ils sont revenus en criant de démarrer mais une voiture de leurs collègues leur barrait la route, un policier ouvrit la porte coulisante J’étais assise face à la route et un monsieur âgé qui me connaît depuis que je suis petite est venu près du camion en leur disant qu’ils devaient me relâcher je n’avais rien fait, Ils lui crièrent dessus et fermèrent la porte… Ensuite les gens continuèrent de protester dehors et un homme ouvrit la porte du conducteur et j’ai entendu qu’il avait dit Pourquoi vous faites ça Elle a rien fait Laissez ma sœur…, Les policiers criaient et les gens aussi. Des policiers étaient dehors Il y avait au moins six/sept voitures de police en plus du camion. Ensuite quand ils refermèrent les portes plusieurs me criaient dessus dont celui du début qui n’a fait que m’insulter « Mecréante, sale pute, de toute façon je comprends pourquoi t’es voilée t’es moche » et les autres rigolèrent, Moi je ne parlais pas et regardais par la fenêtre près de moi. Ce fut comme ça jusqu’au commissariat avec les sirènes et une conduite très mouvementée N’ayant pas de ceinture de sécurité je devais me cramponner de mes deux mains au siège…

Arrivée au commissariat, des collègues en civil se mirent par la fenêtre des étages et les ont applaudi avec des grands rires et parlaient mais je n’y ai pas prêté attention et suis rentrée directement voir le jeune homme (Mounir) qu’il ont interpellé et était arrivé avant moi au commissariat. Il saignait de la tête et avait l’air très sonné Je me mis à pleurer directement car je voyais du sang derrière lui sur le mur et sur sa tête… J’ai eu vraiment très peur pour lui. Il était menoté. Ils m’ont crié de ne pas lui parler et le policier qui m’avait arrêtée cria « On la fouille, on l’a pas encore fouillée, elle est peut-être armée » Une femme m’emmena dans une cellule (de garde à vue) et le policier resta à la porte J’écartai les bras et elle commença à me palper tout le corps, Lui continuait à me crier dessus mais je l’ignorais Un momen elle leva mon jilbab très haut et vu qu’il était là je voulu tenir mon jilbab mais il retira mon bras violemment et me cria tu bouges pas et des insultes mais avec le choc je vous assure je me souviens pas exactement de ses paroles mais il me dit Tu vois il fallait coopérer et je fus surprise vu que dès le début j’avais coopéré Je lui fit savoir et il me cria très très fort de me taire Il me fit peur il avait l’air d’être hysterique « TAIS TOI J’T’AI DIT » alors que c’est lui qui me posait la question De là un collègue a dit que je mentais et je ne voulu plus parler car c’etait leurs paroles contre la mienne… À plusieurs reprises quand on m’emmenait au camion, et une fois dans la cellule avec la policière je demandais les noms des agents qui m’avaient contrôlée et particulierement du premier mais soit on me disait On a pas le droit ou carrément Nan je te le donne pas… Ensuite une policière se mit en travers de la porte avec moi à l’intérieur et c’est elle qui me dit Nan je te donne pas et je lui dit que ça n’allait pas se passer comme ça, ils outrepassaient leurs droits et que je porterais plainte Elle ne repondit pas (et ne me regardait même pas depuis le début) Ensuite on me demanda mes papiers Je leur dis que c’était eux qui avaient mon sac et que mes papiers étaient à l’intérieur Au même moment j’entendais Mounir qui demandait de voir un médecin et qu’on lui desserre les menotes car il avait très mal mais un policier lui répondit sèchement « Nan tu restes comme ça » et il répéta « Nan » à plusieurs reprises…

Moi entre-temps la policière m’enferma dans la cellule et je lui demandai pourquoi je pourrais être reçue par leur responsable et elle me dit qu’on allait me recevoir pour mon audition, J’attendis… Au bout d’une heure je pense je m’impatientais car vivant seule avec ma sœur je venais de l’avoir au téléphone avant d’aller faire les courses On s’était dit je prépare à manger pour quand elle rentre on mange et je me suis dit qu’elle s’inquiétait sûrement de ne pas me trouver à la maison et de ne pas réussir à me joindre, Je demandai au policier qui passait et repassait devant ma cellule de prévenir au moins ma sœur et que je devais rentrer chez moi On me repetait On va vous recevoir attendez… J’attendis… mais passé encore un moment je n’avais pas d’horloge mais le temps me paraissait long je redemandai à être entendue et leur réitérai mes droits que ce n’était pas normal je n’avais rien fait et que je porterais plainte… J’étais vraiment inquiète de ce qui m’arrivait Je n’ai jamais été arrêtée auparavant dans ma vie… Un monsieur plus gentil que les autres et en uniforme blanc vient me demander mon identité Je lui dis qu’il avait mes papiers et il me dit « C’est l’autre service qui les a on va faire comme ça en attendant » alors je lui donnai mon identité ma date de naissance ville adresse et numéro de téléphone… Il me dit qu’il m’auditionnerait bientôt et je le remerciai. On me renferma et j’attendis encore, Au bout d’un moment des policiers se mirent à crier « On retourne à la basilique ça a « re-pété » » et plein de policiers se mirent à courrir vers la sortie, Cela me remit un coup car j’avais peur de ce qui se passait dehors… Entre-temps j’ai oublié qu’ils ont emmené Mounir et je crois bien avoir entendu « On le transfère à Cormeilles »… J’attendis encore et je redemandai Quand pourrai-je rentrer chez moi Je n’avais rien fait les choses ne devaient pas se passer comme ça Je connaissais mes droits et un homme en civil vint me dire que j’allais être entendue très rapidement Je le remerciai et attendis jusqu’à la venue de l’homme en uniforme blanc qui avait pris mon identité sur un papier il m’auditionna très calmement en me rappelant que j’étais passible d’une amende Je lui répondis que je savais et il me dit « Çava vous connaissez » et je lui repondis que oui je connaissais mes droits et que ses collègues avaient outrepassé les leurs et lui demandai si je pouvais avoir le nom de l’agent qui avait pris mon sac car j’avais entraperçu mon sac qui était tout dechiré… Il me répondit avec un sourire qu’il ne pouvait pas et j’ai dit C’est pas grave ça ne m’empêchera pas de porter plainte et il me dit C’est votre droit mais un conseil ne portez pas plainte à Argenteuil ou Bezons Je dis que non j’appelerai mon avocat et je porterai sûrement plainte directement sur Paris. Il me posa beaucoup de questions pourquoi je portais le voile depuis quand combien de fois j’avais lu le Coran si j’étais au courant de ce qui s’était passé en Afghanistan une femme et un homme ont été lapidés Je lui repondais à toutes ses questions calmement et posément et qu’il ne fallait pas faire d’amalgame et que chacun est libre de ses choix et que je ne causait aucun tord à autrui, Il me dit Mais vous savez c’est interdit et je lui dis que oui mais j’ai essayé de vivre sans mais je me sentais mieux avec et que je trouvais cette loi liberticide, on est en France et le principe de Liberté Égalité Fraternité était violé par cette loi qui nous contraint à nous dévêtir alor que des femmes ont tous les droits quasiment nue et on ne leur fait rien mais dès qu’on choisit de se vêtir ça pose probleme… pourquoi ?? Il ne parla pas…

Ensuite on me dit que ma sœur attendait Il partit la voir et revint étonné de la voir non voilée et habillée à « l’occidentale » Il me dit Mais votre sœur est pas du tout comme vous Je lui dis qu’elle avait les mêmes convictions mais que chacun avance à son rythme Elle m’a dit plus tard qu’il lui a posé tout plein de questions sur moi mais aussi sur elle. Il me fit signer ma déposition et je demandai mes affaires On alla chercher mon sac Je lui montrai qu’il était déchiré de partout et que c’était son collègue qui avait fait ça Je regardai à l’intérieur et constatai que mon téléphone était cassé ainsi que mon porte-clés et un livre qui était tout neuf abimé de partout… Il ne répondit pas Je dis Ok je le mentionnerai dans ma plainte il me dit Oui faites ça. Il me ramena auprès de ma sœur et de deux amies qui m’attendaient à l’entrée et me dit d’attendre qu’on me ramène mon passeport que je n’avais toujours pas recupéré, mais il revint me chercher 5 minutes après et me dit de venir chercher mon passeport Alors je le suivis et on me fit me rasseoir au bureau où il avait pris ma déposition J’attendis 2 minutes et un policier en uniforme avec une très grosse douille je pense (car ça sentait la poudre enfin l’arme je compris que c’était ça) la posa face à moi toucha l’ordi 5 secondes retourna la douille et la reprit et partit… 5 minutes après le policier me ramena mon passeport et me raccompagna en me disant que je serais sûrement convoquée que je risquait l’amende et même un stage (il m’en avait parlé lors de l’audition de ce que je risquai) Il était environ 21h et quelques.

(Je vous envoie ce qui s’est passé ce matin de suite, j’ai été assez longue et confuse je m’en excuse sincèrement mais je suis encore sous le choc de tout ça…)

M’étant couchée très tard ce matin à 4h30, moi ma sœur et une amie nous dormions lorsque vers 11h30 ont entendit taper très violemment à la porte On se leva en sursaut et on entendit FBI ouvrez FBI Je regardai dans le judas et vis la police… Premier choc… Ma sœur alla ouvrir pendant que moi je suis allée me voiler Je revint et ils rentrèrent en posant des questions C’est chez qui ? Y a qui dans l’appartement ? Où est Monsieur X ? Sachant que je suis la locataire et que mon père ne vit même plus ici il est au Maroc donc on leur dit qu’il était au Maroc et nous demanda nos papiers Je suis allée chercher les miens et en revenant je les trouvais très froids et agressifs dans leurs propos Je leur dis que j’avais été arrêtée hier soir et qu’ils devaient très certainement savoir qui j’étais et pourquoi ils seraient là sinon, Ils se contentèrent de me demander pourquoi j’avais été arrêtée Je leur dit Voile intégral, Je posai plein de questions je demandai pourquoi ils voulaient ma pièce d’identité et un des trois celui qui était dehors me repondit qu’ils voulaient être sûrs que c’était moi Je lui dit Mais vous venez jusqu’à chez moi Il me dit Ça peut être quelqu’un d’autre Je ne repondis plus. Un des deux policiers qui était dans mon entrée passa sa tête et scruta mon salon Je dis à ma sœur de rentrer dans le salon et je fermai la porte pour qu’il ne regarde pas chez moi Je me suis mise à leur redemander pourquoi ils étaient chez moi ils n’avaient pas le droit de rentrer, Il mentit en disant que c’était ma sœur qui les avait autorisé chose qu’elle a démenti et je repondis Mais c’est chez moi et moi je ne vous ai pas autorisé Ils m’ont demandé sèchement Ah bon c’est vous la propriétaire Je dis Non locataire et il me dit Vous avez un bail j’ai dit Oui quelque part et il me demanda d’appeler ma sœur et lui demandèrent ses papiers Elle chercha pendant 10 minutes sans arriver à les trouver et il prirent simplement ce qu’elle leur dit sur un bout de papier et ils m’ont dit de me présenter au commissariat à 14h au service CAR apparemment c’est ceux qui m’ont interpellée hier J’ai demandé pourquoi ils m’ont dit Vous verrez et voilà je pense avoir oublié plein de détails et espère que ça ne portera pas préjudice à votre dossier toutefois si je me souviens de quoi que ce soit je vous enverrai un mail désolée d’être brouillon… et je vous remercie profondément de votre aide et soutien. Qu’Allah SWT vous en récompense.

 

Mardi 11 juin, 19h  

Nous étions sur la place de l’église à Argenteuil, nous avons vu la police s’arrêter au croisement où il y a le stop et courrir en direction opposée du véhicule.

Nous avons été voir ce qu’il se passait, ils procédaient au contrôle d’une femme en niqab, un policier a avancé à grande vitesse vers elle, puis a tiré son sac avec une violence telle que celui-ci s’est brisé, puis a crié sur elle méchamment et ses collègues l’ont encerclée.

Elle a levé son voile et s’est mise à pleurer.

Un attroupement de commerçants et de riverains s’est fait.

Des renforts sont arrivés, le policier en question l’a tirée violemment par le bras pour l’emmener à leur camion, le ton est monté certains sont intervenus demandant de la lâcher, ses collègues, qui étaient environ 60 ont alors gazé en direction de la foule en disant reculez-vous.

Puis ils se sont mis à tirer en direction de la foule composée de femmes, enfants… ils ont tiré à l’aide de flash-ball et de lacrymogène.

Ils ont attrapé deux riverains dont un qu’ils ont violemment battu alors qu’il n’avait pas été violent ne leur avait que demandé de la laisser.

Puis ils sont partis avec la femme et ces deux riverains.

Deux [minutes] après une brigade est venue pour interpeller un riverain connu de leurs services qui lui était arrivé après les faits.

La tension est remontée, ils ont tiré à nouveau et ont menacé les médiateurs de la ville présents de ne pas s’interposer.

À noter que le directeur général des services d’Argenteuil était présent lors de ces violences policières.

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 13 juin 2013

 

Argenteuil : une femme voilée agressée

Une jeune femme voilée a été agressée ce jeudi matin rue de Calais, à Argenteuil (Val-d’Oise). Ses agresseurs « lui ont arraché son voile et lui ont tiré les cheveux », confirme une source proche du dossier. Elle se trouve actuellement aux urgences de l’hôpital d’Argenteuil.

Fin mai [le 20 mai], une jeune fille de 17 ans, voilée, avait déjà été victime de violences. Alors qu’elle rentrait chez elle, rue du Nord, dans le quartier pavillonnaire des Coteaux, deux hommes lui avaient arraché son voile, l’avait insultée puis jetée à terre avant de la rouer de coups. Elle s’était vue prescrire sept jours d’incapacité.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr, 13 juin 2013)

This entry was posted in La police travaille, Violences policières et idéologie sécuritaire and tagged . Bookmark the permalink.

1 Response to [Témoignage] Fachos en uniforme à Argenteuil

  1. YaBasta says:

    Après avoir lu ces deux témoignages qui concordent, en tapant Argenteuil, je suis tombé sur l’article sur LeMonde, c’est juste affligeant. Ca se lit en 2 minutes (c’est écrit en 2 minutes aussi).

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/12/affrontements-a-argenteuil-apres-le-controle-d-une-femme-en-niqab_3428901_3224.html

Comments are closed.