[Kairouan / banlieue de Tunis] Commentaires sur la répression des « salafistes »

Les forces de l’ordre se sont confrontées à des manifestants dimanche dans la ville sainte de Kairouan. L’interdiction du meeting d’Ansar al-Charia, mouvement salafiste, a généré un renforcement sécuritaire qui n’est pas du goût des habitants. Des affrontements ont opposé dimanche policiers et manifestants dans la ville de Kairouan, au centre de la Tunisie, où devait se tenir un congrès du mouvement salafiste Ansar al-Charia. Vers 11 heures du matin, les forces de l’ordre ont lancé des gaz lacrymogènes dans la foule près de Bab Jelladine, dans le centre-ville. (…)

http://juralib.noblogs.org/files/2013/05/1.jpg

Les partisans d’Ansar al-Charia ont néanmoins essayé de tenir leur congrès à Hay Ettadhamen, quartier populaire situé en banlieue ouest de la capitale. Là aussi, ils ont été dispersés avec des gaz lacrymogènes, les autorités parlant de 11 policiers et de trois manifestants blessés.

France24, 19 mai 2013

 

En détails : La police a procédé à une rafle dans l’hôtel Sabra [à Kairouan] pour arrêter deux salafistes (dans la continuité des arrestations de ces deux derniers jours), il y a eu une altercation devant l’hôtel pour contester l’arrestation suite à cela un jeune homme dans le café à côté a reçu un coup et tous ceux qui y étaient ont été maltraités de façon assez désobligeante et agressive. Réaction-Action-Confrontation. Tout le monde petit à petit a débarqué des quartiers alentours…

Page Facebook de Sophia Baraket, 19 mai 2013

 

« Il y a eu deux morts cité Ettadhamen », a déclaré à l’AFP un officier de la garde nationale de cette banlieue de Tunis où les heurts ont fait rage dimanche.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/05/2.jpg

Un représentant de l’organisation salafiste jihadiste Ansar Ashariaa a lui aussi assuré que deux personnes avaient été tuées en marge des affrontements avec la police.

« Mais ce ne sont pas nos militants », a-t-il déclaré (…)

http://juralib.noblogs.org/files/2013/05/3.jpg

Agence Faut Payer, 20 mai 2013

 

Les funérailles de Moez Dahmani, décédé dimanche dans les affrontements survenus à Cité Ettadhamen entre forces de l’ordre et habitants, se sont déroulées dans le calme ce lundi 20 mai au cimetière de Douar Hicher (gouvernorat de La Manouba), après une prière à la mosquée Ennasr.

(…) Un des membres de la famille du défunt a indiqué que ce dernier était âgé de 37 ans, et a été atteint par une balle alors qu’il était à bord d’une moto, durant les affrontements, auxquels il n’a pas pris part.

La même source ajoute que Moez Dahmani se trouvait en Tunisie en vacances, et qu’il n’appartenait pas au courant salafiste.

TAP, 20 mai 2013

 

Voilà, le dialogue « national » [entre les différents partis politiques, ainsi que le sacro-syndicat UGTT, évidemment – NdJL] a débouché sur la cession par tous ses participants de la solution du problème politique du salafisme à la police, officiellement blanchie de toutes ses responsabilités dans la répression de décembre 2010-janvier 2011. Est-ce le prestige de l’État ou la continuité de l’État de Ben Ali que l’on défend, à un moment où le ministre de l’intérieur est devenu un héros national, parce qu’il a su réprimer ?

http://juralib.noblogs.org/files/2013/05/4-Bi-kolli-hazm-Avec-toute-la-fermet%C3%A9-fameuse-phrase-du-discours-de-Ben-Ali-le-28-d%C3%A9cembre-2010.jpg

‘Bi kolli hazm’ – ‘Avec toute la fermeté’ (fameuse phrase du discours de Ben Ali le 28 décembre 2010)

[en commentaire :] Défendre l’État contre les libertés d’opinion, et de réunion, n’est-ce pas le début de la justification de la dictature ? Ce sont les mêmes arguments ressortis ici pour justifier la répression qui avaient été utilisés contre la gauche en 1968 et après, qui avaient justifié la création de la cour de sûreté de l’État et les nombreuses condamnations, qui avaient atteint 16 ans de prison… Décidément, on manque de mémoire, en ce moment.

[en commentaire :] Je répète ce que j’ai écrit : je reproche aux acteurs politiques d’avoir démissionné au profit du seul ministère de l’intérieur. S’ils avaient appelé à une mobilisation populaire pour faire face aux salafistes, on n’en serait pas là. Mais peuvent-ils compter sur le peuple, eux qui, depuis plus de deux ans, sont restés sourds à ses demandes, faisant ainsi le lit des extrémistes ?

http://juralib.noblogs.org/files/2013/05/5.jpg

Page Facebook de Gilbert Nacache, 20 mai 2013

Ce contenu a été publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.