[Hôpital de Douai] Le ras-le-bol du personnel a jailli au cours d’une mobilisation syndicale

Le ras-le-bol du personnel a jailli au cours d’une mobilisation organisée par la CGT, ce jeudi

Comme nous vous l’indiquions déjà hier sur notre site, le personnel de l’hôpital s’est mobilisé, ce jeudi.

Un verrou a sauté hier à l’hôpital : l’assemblée générale organisée par la CGT devant l’entrée s’est terminée à l’étage de la direction, avec le dialogue des syndicalistes avec la directrice des ressources humaines, puis surtout, ne pouvant résister, la prise de parole de salariés qui ont fait part, dans une ambiance plutôt empreinte d’émotion et de gravité que tendue, de leur ras-le-bol en direct.

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Ce ras-le-bol, la CGT l’avait bien résumé quelques heures plus tôt. Le syndicat, pour toucher le plus grand nombre de salariés, avait réservé une large plage horaire, débutant à 11h pour finir, a priori, à 13h30, avec un même discours syndical répété tous les trois quarts d’heure. Dans un lieu ouvert aux quatre vents la mobilisation a été au rendez-vous. La CGT estime que 350 à 400 personnes sont venues. Nous ne sommes pas en mesure de confirmer ce chiffre mais à 13 heures, on pouvait estimer à 200 le nombre de salariés regroupés sous l’auvent devant l’entrée. « Des gens de tous les corps de métier sont là, à l’exception des médecins », se félicitait Richard Verez, le délégué syndical.

Ce qui alimente ce malaise n’est pas nouveau et la CGT s’est déjà exprimée sur ce sujet : absence depuis plusieurs années de titularisation des contractuels et changements de grades au compte-gouttes, le tout coiffé par une « absence de politique sociale dans l’établissement ». Devant le personnel, les discours des délégués syndicaux étaient plus parlant : « Nous en avons assez de nous serrer la ceinture, de travailler pour des salaires de misère », a dénoncé Leila Blervaque, faisant entre autres allusion à des contractuels payés 25 € au-dessus du SMIC depuis des années. Mais ces revendications, qui couvaient simplement jusque-là, n’ont rien de nouveau. Ce qui l’est, c’est qu’une centaine de personnes ont suivi les syndicalistes dans l’hôpital quand ceux-ci sont allés porter la lettre-pétition que la CGT fait circuler au directeur, Renaud Dogimont.

Après des sifflets et des huées devant sa porte fermée (M. Dogimont n’était pas là), le cortège s’est mis à la recherche de la directrice des ressources humaines (DRH), Sylvie Choquet, qu’il a trouvée, avec une autre cadre supérieure, dans la salle où allait commencer une réunion. Une salle longue et étroite que les salariés ont investie, encerclant de fait les deux occupantes. Dans une ambiance plutôt grave que tendue, les syndicalistes ont fait part de leurs revendications. Et ne pouvant y tenir, les salariés ont eux aussi entamé un dialogue, demandant des comptes à Mme Choquet. « On sait très bien que c’est dur, on sait très bien que cela vous semble injuste (la non-titularisation des contractuels). Je ferai remonter ce sentiment d’injustice à la direction générale », n’a pu que répondre Mme Choquet. Ce dialogue non prévu a duré une bonne demi-heure.

Hervé Beaumont, permanent CGT de l’hôpital est sorti excédé dans le couloir. « On a recentré le débat en disant qu’on ne veut plus de promesses. La DRH dit qu’elle fera remonter au directeur. Mais il n’y a rien à faire remonter, il sait déjà tout. Il y en a marre du mépris dans lequel on nous tient. En 5 ans, l’activité de l’hôpital a augmenté de 25 %. Cette production de soins, c’est nous qui l’avons assurée ! Il faut une juste rémunération à notre travail ! » La mobilisation s’est terminée par un vote sur l’engagement de poursuivre le mouvement et le durcir si besoin. Le ton du dialogue social a changé.

La direction a souhaité s’exprimer dans un second temps.

Leur presse (J.-L. R., lavoixdunord.fr, 17 mai 2013)

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