Grève générale en Bolivie

http://juralib.noblogs.org/files/2013/05/029.jpgTensions et affrontements en Bolivie autour des retraites

En Bolivie, la tension s’aggrave après onze jours de conflit social pour une hausse des retraites. Des affrontements entre grévistes et partisans du pouvoir ont eu lieu jeudi 16 mai. La grève générale accompagnée de manifestations et blocages de routes se réalise à l’appel de la Centrale ouvrière bolivienne, le principal syndicat de salariés du pays. Il réclame que les travailleurs puissent toucher comme retraite l’équivalent de 100% de leurs derniers salaires, contre 70% actuellement. Dans un climat de manifestations quotidiennes dans les rues, le gouvernement du socialiste Evo Morales dénonce des motifs politiques derrière le mouvement de grève. Il appelle ses partisans à le défendre.

« Mouvement subversif », « déstabilisation politique », « scénario de conspiration » : ce sont les mots choisis par le ministre bolivien de l’Intérieur pour qualifier l’actuelle protestation sociale. Carlos Romero en veut pour preuve une tentative de prise d’un aéroport au nord du pays, et la saisie de centaines de tonnes de dynamite dans plusieurs convois de grévistes, qui ont par ailleurs fait sauter un pont à l’explosif au début du conflit.

Des accusations rejetées par la COB, la Centrale ouvrière bolivienne, qui accuse à son tour le gouvernement de « trahir le peuple » et de chercher par tous les moyens à décrédibiliser le mouvement de grève. Le centre-ville de La Paz a connu jeudi 16 mai son troisième jour consécutif de paralysie totale et de manifestations violentes, alors que les blocages de routes au niveau national feraient perdre l’équivalent d’environ 6 millions d’euros par jour au pays.

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Des travailleurs bloquent l’autoroute depuis El Alto jusqu’à La Paz, le 14 mai 2013.

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Dans ce contexte, le gouvernement a appelé ses partisans à sortir dans les rues pour « défendre la démocratie et le président Morales » et un premier affrontement entre les deux camps a fait jeudi sept blessés dans la région de Potosi, au sud du pays. Pendant ce temps, un dialogue fragile se poursuit tout de même entre dirigeants de la COB et gouvernement, alors que le secteur de la Santé publique a décidé de se joindre au mouvement de grève.

Presse esclavagiste (Reza Nourmamode, correspondant à La Paz, RFI.fr, 17 mai 2013)

 

Bolivie : manifestations et violences pour une hausse des retraites

Le gouvernement du socialiste Evo Morales affronte ce vendredi 10 mai un cinquième jour de grève générale et à durée indéterminée à l’appel de la Centrale ouvrière bolivienne, principal syndicat de salariés du pays, qui réclame une augmentation du montant des retraites.

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Manifestation de mineurs à La Paz, le 9 mai 2013.

« Nous gagnons 280 euros mensuels et nous allons toucher environ 140 euros pendant notre retraite », explique Ninoska Aramayo, employée à la Caisse nationale de la Santé. « Personne ne peut vivre avec ça ! Nous demandons donc une retraite équivalente à 100 % de notre salaire après 35 années de cotisation », ajoute-t-il.

Avec Ninoska, ils sont environ 3000 à défiler dans les rues de La Paz pour exiger que le gouvernement fasse au minimum appliquer les textes actuels. « La loi parle clairement de 70 %, mais on est très loin du compte dans la pratique. Un mineur de base touche aujourd’hui une retraite équivalente à 25 ou 30 % de son salaire moyen », rapporte David Ramos, secrétaire général de la Fédération nationale des mineurs.

Impossibles négociations

Pour le gouvernement bolivien, les demandes de la Centrale ouvrière bolivienne (COB) sont impossibles à satisfaire. « Nous ne mettrons pas en danger l’économie du pays. Nous ne mettrons pas en danger le système de financement des pensions pour les gens qui gagnent le moins dans le pays », a ainsi déclaré le ministre de la Présidence, Juan Ramon Quintana.

Le ministre de l’Économie, Luis Arce Catacora, a de son côté formulé une offre qu’il a qualifiée de « non négociable » : monter le plafond des retraites pour qu’elles puissent atteindre un maximum de 435 euros mensuels pour le secteur minier et 350 euros pour les autres salariés.

Une proposition que les grévistes jugent insuffisante. Mercredi, ils ont bloqué les routes sur sept des neuf régions du pays et ont même fait sauter à la dynamite un pont sur la route entre La Paz et Santa Cruz, la capitale économique bolivienne. La coupure de cet axe routier, qui unit l’Amazonie bolivienne aux ports chiliens et péruviens sur le Pacifique, coûterait au pays plus de 4 millions d’euros de pertes par jour, d’après la chambre nationale des exportateurs.

Une dizaine de blessés

Les affrontements entre grévistes et forces de l’ordre ont fait une dizaine de blessés et entraîné plus de 300 arrestations. Par ailleurs, le gouvernement a annoncé avoir saisi 400 tonnes de dynamite et autres explosifs dans un convoi de mineurs. Juan Ramon Quintana dénonce une tentative de déstabilisation du pouvoir : « Nous avons entendu des dirigeants syndicalistes dire qu’ils allaient chasser du pouvoir le président Evo Morales de la même manière qu’ils l’y avaient installé. Ça, c’est un langage de coup d’État, c’est un langage anti-démocratique. »

Des accusations balayées par Octavio Urquizo, de la COB. « Le gouvernement devrait au contraire nous remercier. Nous nous sommes battus contre les dictatures, contre les gouvernements de droite. Et c’est grâce à ces batailles, à ces guerres, qu’existe le gouvernement actuel. Nous pensions que ce gouvernement allait justement œuvrer pour le peuple bolivien et pour les travailleurs. Au lieu de cela, il nous accuse de comploteurs quand nous ne faisons que manifester pour des revendications sociales », dénonce-t-il.

Ce jeudi, de nouvelles violences ont eu lieu lors de manifestations dans la région d’Oruro, au sud de La Paz, et le gouvernement accuse les grévistes de retenir en otage trois policiers en civil « qui étaient de repos ». Cet incident se serait produit près de Huanuni, la plus grande mine d’État du pays et dont les 4700 travailleurs participent à la grève générale. L’arrêt forcé du complexe minier entraînerait près de 400’000 euros de pertes par jour pour les finances de l’État.

C’est dans ce contexte extrêmement tendu que le dialogue entre le gouvernement et les dirigeants de la COB devait reprendre la nuit dernière.

Presse esclavagiste (Reza Nourmamode, correspondant à La Paz, RFI.fr, 10 mai 2013)

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