[Notre-Dame-des-Landes] Suite au passage en force de la Préfecture, recours et détermination

Communiqué du 12 décembre 2012, 15h45 – Suite au passage en force de la Préfecture, recours et détermination

Nous avons appris que le Tribunal de Saint-Nazaire, suite à une ordonnance sur requête, a rendu hier une décision de justice « autorisant l’expulsion de tous les opposants sans droits ni titre présents » sur la parcelle de la Châtaigne. Le principe d’une ordonnance sur requête est celui d’une procédure anonyme, sans débat contradictoire, qui ne peut fonctionner que dans la mesure où les habitant-e-s ne sont pas nommé-e-s et identifié-e-s. Dans le cas présent les habitant-e-s de la Châtaigne s’étant officiellement identifiés par voie de fax et lettre recommandée aux avocats d’AGO et de la Préfecture avant l’ordonnance, celle-ci devrait être invalidée. Les habitant-e-s de la Châtaigne mettent dès maintenant en place les recours juridiques nécessaires à ce sujet. Dans ce contexte, tout recours à la force publique et expulsion constituerait clairement un passage en force sur le plan juridique et politique.

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Sur la ZAD et en cas d’expulsion, de très nombreux opposant-e-s à l’aéroport, paysans, occupant-e-s, associatifs, soutiens sont mobilisés avec la plus grande détermination.

Suite aux tensions de ce matin autour des barricades, la Préfecture parle de « rétablir le contrôle de la situation ». Ceci est un vœu pieux tant qu’elle continuera à occuper militairement la zone, à harceler les habitants et opposants, à empêcher les déplacements, à menacer de nouvelles destruction et à tenter sans succès d’endormir le mouvement avec des propositions de dialogue factice. Outre la Châtaigne, de nombreux autres habitats sont toujours menacés d’expulsion et prêts à résister en cas d’attaque.

Quoi qu’il arrive, des rencontres nationales de plus de 150 comités locaux auront lieu ce samedi et dimanche au bourg de Notre-Dame-des-Landes. Nous rappelons qu’en cas d’expulsion de la Châtaigne, un appel a été lancé ces derniers jours par l’assemblée de la manifestation de réoccupation du 17 novembre : appel aux comités locaux à se rassembler en réaction immédiate et à occuper les lieux de pouvoir dans toute la France. Pour toute nouvelle opération d’ampleur sur la zone un appel a été lancé à une grande manifestation quelques semaines plus tard à Nantes.

Des occupant-e-s de la ZAD


N-D. Landes : l’expulsion des opposants ordonnée

Le tribunal de grande instance de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) a ordonné l’expulsion des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes occupant « sans droit ni titre » les cabanes construites sur la zone visée, selon le texte de la décision obtenu aujourd’hui par l’AFP.

Dans un communiqué publié ce matin pour dénoncer des « actions violentes » des opposants à l’encontre des gendarmes, la préfecture de Loire-Atlantique estime que, cumulée à la décision du tribunal d’autoriser la destruction des cabanes, rendue publique hier matin, « ces décisions disent l’État de droit. Les occupants n’ont plus de protection juridique ».

Volaille aéroportée (Agence Faut Payer, 12 décembre 2012, mis à jour à 15h01)


Notre-Dame-des-Landes : les opposants vont être expulsés

Le tribunal de grande instance de Saint-Nazaire a autorisé l’expulsion des opposants et la destruction des cabanes construites sur la zone du projet d’aéroport. Mercredi, des gendarmes ont été la cible d’« actions violentes », selon la préfecture.

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Les opposants à l’aéroport auraient fait usage de cocktail Molotov selon la préfecture

Le tribunal de grande instance de Saint-Nazaire a ordonné l’expulsion des opposants à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Le texte, révélé mercredi mais renvoyant à une décision prise dès la veille, prévoit la démolition des cabanes occupées « sans droit ni titre » sur la parcelle de la Châtaigne, site clé de la contestation. Par cette ordonnance, le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, est autorisé à faire usage « du concours de la force publique » pour déloger les occupants. Selon les autorités, les opposants n’ont plus de protection judiciaire. « Cela signifie que le préfet peut décider une intervention quand il le jugera opportun », a indiqué une source proche des pouvoirs publics.

Pour Julien Durand, porte-parole de l’Acipa, principale organisation d’opposants, la rapidité de la prise de décision du tribunal est « bizarre ». Il dénonce « une justice expéditive au service de la préfecture et une justice très lente qui laisse passer les affaires des citoyens ».

Des gendarmes tombés dans un « guet-apens »

Mercredi, la zone du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été une nouvelle fois le théâtre de violences. La préfecture de Loire-Atlantique a dénoncé des « actions violentes » commises contre des gendarmes par des opposants. Dans un communiqué, l’administration évoque « un guet-apens » orchestré dans la matinée « par une quarantaine d’individus, les uns disposant une herse sur la route tandis qu’un autre groupe tentait d’attaquer les gendarmes à revers ». Aucun gendarme n’a été blessé, tandis qu’un opposant a été soigné pour une blessure légère à la tête.

Une heure après cette attaque, une deuxième charge a eu lieu sur le lieu-dit « Le Rosier », site emblématique de l’opposition au projet d’aéroport. Cette fois-ci, ce sont « une cinquantaine d’assaillants casqués et munis de boucliers, de frondes et de cocktails Molotov qui se sont attaqués à un autre peloton de surveillance », rapporte la préfecture qui parle de violences « particulièrement irresponsables et contre-productives ».

Michel Tarin, membre historique de la coordination des opposants a confirmé les heurts. « Ça a canardé des deux côtés. La violence, il ne faut pas que ça continue, ça dessert tout le monde. Mais la violence vient du fait que ce territoire est occupé tant qu’on maintient la pression comme ça. Faut pas croire que ce sera sans problème », a-t-il déclaré. « Les forces de l’ordre sont considérées comme forces ennemies, nous sommes sous la menace perpétuelle d’une expulsion : ici ils ne sont pas chez eux, les forces de l’État ne sont pas les bienvenues », a-t-il ajouté.

Des membres de la « commission du dialogue », mise en place par le gouvernement, sont arrivés à Nantes mardi. Ils vont tenter de trouver une sortie de crise, mais ne remettrons pas en cause le projet d’aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes. « Nous avons proposé il y a une semaine au chef de l’État la mise en place d’une commission de dialogue, mais qui aille au fond du dossier. Nous n’avons pas encore eu de réponse », a conclu Michel Tarin.

Volaille aéroportée (Gary Assouline, LeFigaro.fr, 12 décembre 2012, 16h57)


Notre-Dame-des-Landes : « Tant qu’on sera là, les travaux pour l’aéroport ne pourront pas commencer »

Reportage Squatteurs et paysans opposés au projet d’aéroport près de Nantes attendent, dans la crainte d’une opération policière, alors que la justice a autorisé mardi la démolition des cabanes.

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Une barricade sur le site de Notre-Dame-des-Landes, mardi 11 décembre.

C’est une petite boîte aux lettres en bois, plantée devant la première barricade du chemin de Suez, en plein coeur du bocage nantais. Elle symbolise le nouvel épisode de la lutte entre les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et l’État. Sur une feuille de papier, les noms de plusieurs « zadistes », les squatteurs installés ici, pour certains depuis plusieurs années. Depuis quelques jours, les intéressés se sont domicilés dans les cabanes de la Châtaigneraie, une clairière « réoccupée » malgré les expropriations.

La stratégie est claire : faire valoir, face à la justice, que les lieux sont habités. Et qu’en conséquence, les forces de l’ordre ne peuvent intervenir pour déloger les squatteurs. C’est ce qu’explique « Camille » — le prénom d’emprunt des militant(e)s du site — qui fait la visite à la presse en ce mardi après-midi ensoleillé : « La justice a autorisé ce matin la démolition des cabanes édifiées le 17 novembre. Mais pour nous, cela ne peut intervenir sans qu’un juge n’ait statué auparavant sur l’expulsabilité des occupants, explique-t-il. À moins que la préfecture ne s’asseoie sur le droit… » C’est d’ailleurs la grande crainte des occupants de la ZAD. Tous redoutent que les gardes mobiles n’interviennent, à l’aube, au cours des prochains jours.

« Ils repèrent les lieux avant d’intervenir »

Un hélicoptère tournoie dans le ciel de longues minutes. Du sol, on distingue un homme qui filme les installations. « C’est la tactique habituelle de la gendarmerie, croit savoir un squatteur [Mercredi à la mi-journée, une équipe de France 2 a contacté Libération pour expliquer qu’un des hélicoptères aperçu mardi après-midi filmant au-dessus de la Châtaigneraie était le sien. Un deuxième appareil, aperçu plus brièvement, n’a pas été formellement identifié.]. Ils repèrent les lieux avant d’intervenir. C’est ce qu’ils avaient fait la dernière fois. » Un autre explique : « Si les autorités veulent nous dégager, il faut le faire avant la semaine prochaine. Parce qu’avec les fêtes de fin d’année, les effectifs policiers vont être insuffisants. » Les « zadistes » espèrent tout de même que la temporisation gouvernementale perdurera en 2013. Certains comptent même sur la trêve hivernale pour éviter toute expulsion. Ce qui les laisseraient « tranquilles » jusqu’au printemps…

Mais en cas de « passage en force », tous se disent prêts à « résister », « sans tomber dans la violence extrême ». « On sait bien qu’on ne pourra pas retenir les flics longtemps. Mais on a quand même prévu un tas de choses pour les ralentir. Le but, c’est de protéger notre matériel, pour pouvoir fuir, et reconstruire à un autre endroit. Car tant qu’on sera là, les travaux pour l’aéroport ne pourront pas commencer. » Fidèles à leur tactique, les squatteurs tiennent le terrain. Les barricades ont été renforcées, des guérites ont été bâties dans les arbres. À la Châtaigneraie, des boucliers sont prêts à l’emploi.

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Une barricade près de « La Châtaigneraie », à Notre-Dame-des-Landes, mardi.

« Une façon de résister »

Le soutien des paysans locaux ne faiblit pas non plus. Un cordon d’une quarantaine de tracteurs entoure toujours la clairière. La semaine passée, les moteurs ont été démarrés, histoire de vérifier que « l’outil de travail » des agriculteurs ne se dégradait pas. Certains d’entre eux ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Dans un champ voisin de la Châtaigneraie, plusieurs dizaines de personnes s’affairent autour de tubes métalliques. Occupants et paysans ont entrepris de construire une serre afin de relancer un potager. Le dernier, au lieu-dit Le Sabot, a été mis hors d’état par les grenades lacrymogènes il y a quelques semaines.

Pas de quoi décourager Daniel Monnier, agriculteur à Avessac, un bourg voisin. « Si les forces de l’ordre veulent détruire cette serre, on en reconstruira une autre ailleurs », prévient-il. Et de détailler le projet : « En cette saison, on ne peut planter que de l’ail. Mais au printemps, on mettra des légumes. Il faut bien nourrir tout ce monde », sourit-il. Son collègue Gérard Thoméré, installé à Fégréac, précise : « Cette action est la continuité de notre soutien aux jeunes qui occupent les lieux. C’est aussi une façon de résister, de défendre la terre nourricière, de réfléchir au modèle de société que nous voulons. Il est important de relocaliser les productions. »

La visite se poursuit, montre en main. Une petite heure pour la presse – caméras et appareils photos compris – a été négociée entre « zadistes ». Depuis la dernière visite de Libération, les lieux ont changé : la « No Tavern », une guinguette, a été édifiée. On distingue des guirlandes et des sapins de Noël dans certaines cabanes, perchées dans les arbres. Malgré le dernier arrêté préfectoral, qui interdit tout transport de matériel de construction, ainsi que d’essence ou de feux d’artifice, des « ponts » de palettes de bois ont été installés. Une manière de ne pas patauger dans la boue continuellement.

Le gros de la nourriture est désormais stocké dans un chapiteau spécialement érigé le long de la route départementale. « On croule sous les légumes », confie un agriculteur. De l’avis des membres de l’Acipa, la principale association d’opposants, la mobilisation ne faiblit pas. « Les dons sont quotidiens », explique une femme. Julien Durand, le porte-parole de l’Acipa, renchérit : « La lutte est de tous âges, ça fait chaud au coeur pour les anciens comme nous. » Ce week-end, l’association accueillera à Notre-Dame-des-Landes la centaine de comités de soutien créés dans le pays. Une manière de maintenir la pression face au gouvernement. « Nous y déciderons quoi faire nationalement s’il y a une intervention policière ici. »

Volaille aéroportée (Sylvain Mouillard envoyé spécial à Notre-Dame-des-Landes, Liberation.fr, 11 décembre 2012, 19h12 – mis à jour le 12 décembre 2012, 12h38)

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