[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Heureusement que j’ai une conscience et une bonne éducation sinon j’aurais fini kamikaze sur un marché de Noël »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[28 novembre 2011]
Partie 75 bis

28 novembre 2011, une journée de plus à l’ombre pour moi se lève, mes yeux s’ouvrent sur mon quotidien enchaîné délimité par des murs que je rêve de faire exploser à chacun de mes soupirs, je les connais par cœur, il m’ont vu dans tous mes états, ils ont été témoins de nombreuses descentes de matons de fouilles de parties de Play de vannes entre poteaux, si seulement ils pouvaient parler ils vous décriraient mon univers de cinglé, jeté comme un mort-vivant enterré vivant, six pieds sous terre croyant que j’étais mort beaucoup m’ont tourné le dos, mais grâce à Dieu je respirais encore, un souffle de vie d’espoir s’évade de ce corps qui semblait inerte, pourtant l’État le système m’avait déclaré cliniquement mort il m’avait rayé du commun des mortels pendant des années, je donnerais tout pour m’évader de ce cercueil, mais les croque-mort l’avaient scellé avec des clous en acier.

Vous pouvez pas imaginer ce qui se passe dans la tête d’un mort-vivant, pourtant j’ai allumé les warning les feux de détresse pour montrer au monde que j’étais là bel et bien vivant, mais dans ce cimetière tu sais quand tu y rentres mais pas quand tu en sors « MAIS QU’ILS LE VEUILLENT OU NON LA PLACE D’UN HOMME EST PAS EN CAGE » même si j’ai appris à survivre parmi les morts, combien de tombes j’ai vu rester des années sans aucune visite aucune fleur déposée par même un passant, rares sont les tombes qui étaient fleuries régulièrement, mon angoisse la plus profonde c’était de finir mort parmi les morts.

Si ils savaient ce que j’avais dans les tripes je suis sûr qu’ils m’exécuteraient direct d’une balle dans la tête, le petit Oumar du fond de la classe faisait semblant de ne pas suivre en cours mais j’ai tout entendu même ce que je ne devais pas entendre, donc je me suis levé et [j’ai] rendu mon tablier d’écolier, j’ai retroussé mes manches et cédé à l’appel du fusil à pompe lui seul me comprenait, tellement que les profs avaient remarqué mon désintéressement à leurs cours d’histoire ils convoquaient mes parents chaque trimestre pour les informer « comment ils ont osé appeler mes parents pour leur dire que je n’étais pas concentré à leurs cours d’histoire alors que l’histoire de mes propres parents ne figurait dans aucun de leurs cahiers ».

« JE N’AI RIEN CONTRE CHARLEMAGNE NAPOLÉON, MAIS JUSTE EN ME REGARDANT AU PREMIER COUP D’ŒIL VOUS VERREZ QUE J’AI RIEN À VOIR AVEC EUX NOUS SOMMES ISSUS DE DEUX HISTOIRES DIFFÉRENTES ».

Certains pensent que j’ai creusé ma tombe avec un fusil à pompe car ma révolte pour certains reste une énigme, ils auraient préféré que je tienne les murs toute ma vie à tirer sur un splif de seum sur du 2pac.

IMPOSSIBLE J’AURAIS PRÉFÉRÉ MOURIR À LA GUERRE QUE À ATTENDRE LA MORT DANS MON HALL EN MANGEANT UN GREC-FRITES CHAQUE DÉFAITE JE ME DEVAIS D’EN FAIRE UNE VICTOIRE.

Trop tard je ne pouvais plus reculer le compte à rebours est déclenché, je suis parti de nulle part donc je n’avais rien à perdre, je mangeais des sandwichs pain poudre de Nesquik en imaginant que c’était du Nutella LOL le désespoir a poussé certains au crime le manque d’oseille rend fou quand à deux pas de chez toi ça roule en Ferrari, heureusement que j’ai une conscience et une bonne éducation sinon j’aurais fini kamikaze sur un marché de Noël.

J’ai appris que les vrais hommes se font rares que les filles bien se cachaient dans l’ombre de leur mère que la beauté est dans les yeux de celui qui regarde.

« JE SUIS NÉ SUR LE SABLE CHAUD DU SAHARA ENTRE LES SCORPIONS ET LES SERPENTS À L’HEURE DE L’APPEL À LA PRIÈRE DU VENDREDI JE N’OUBLIE PAS D’OÙ JE VIENS ET QUI JE SUIS, JE NE SAIS PAS COMBIEN DE TEMPS IL ME RESTE À VIVRE, MAIS J’VAIS FAIRE EN SORTE D’EN FAIRE QUELQUE CHOSE, JE NE DÉBORDERAI PLUS DU COLORIAGE, LE DESSIN RESTE LE MÊME MAIS PLUS APPLIQUÉ. »

Fini les 6 heures du mat en sueur de peur que la BRB explose ma porte, mais j’opterai pour le 6 heures du mat réveillé par les pleurs de mon fils c’est ça être un bonhomme.

Un nouveau jour se lève sur ma vie assagie par les larmes de ceux qui m’aiment épuisés par mes années de taule.

UN JOUR JE SORTIRAI DE MA TOMBE OUBLIERAI MES ANNÉES PASSÉES DANS CE CIMETIÈRE POUR ENFIN FLEURIR LE JARDIN DE CEUX QUI M’AIMENT.

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2 réponses à [Chronique de Youv derrière les barreaux] « Heureusement que j’ai une conscience et une bonne éducation sinon j’aurais fini kamikaze sur un marché de Noël »

  1. slim13 dit :

    Pourrais-je avoir son contact svp???

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