[Mauritanie] Le militant contre l’esclavage Biram Ould Abeid libéré de prison

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/034.jpgMauritanie : le militant contre l’esclavage Biram Ould Abeid libéré de prison

Biram Ould Abeid, le fervent activiste contre l’esclavage en Mauritanie est sorti de prison dans la nuit de lundi. Le président du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA-Mauritanie), avait été mis en détention préventive durant quatre mois pour avoir brûlé des ouvrages religieux légitimant l’esclavage.

C’est avec un Coran à la main que Biram Ould Abeid est sorti de prison lundi soir. L’infatigable militant contre l’esclavage en Mauritanie, avait été inculpé d’avoir brûlé des ouvrages religieux légitimant les thèses esclavagistes. Le président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA), avait alors été placé en détention préventive le 3 mai pour quatre mois. Six autres activistes de son mouvement ont également été libérés par la justice mauritanienne.

C’est lors d’une mobilisation contre l’esclavage que ces derniers ont avec Biram Ould Abeid incinéré des ouvrages fondateurs du rite malékite, qu’ils accusent de valider l’esclavage. Un crime passible de trente ans de prison en Mauritanie.

« Les autorités cherchaient un prétexte pour l’emprisonner »

Pour les avocats du leader de l’IRA, sa libération est une première victoire. Youba Dianka, ex-secrétaire général de l’organisation contre la violation des droits humains (OCVIDH) en Mauritanie contacté par Afrik.com, estime que « c’est une bonne nouvelle et un désaveu du pouvoir ». D’après lui, « le pouvoir a tout fait pour influencer la justice. Mais il faut croire que les juges ont pris leur courage à deux mains ». Les accusations que les autorités ont portées sur « Biram étaient juste un prétexte pour le mettre en prison. Il a brûlé ces livres, dont les auteurs approuvaient l’esclavage, pour marquer les esprits. C’est un acte politique. Mais les autorités ont joué sur la religion pour monter l’opinion publique contre Biram », explique Youba Dianka.

Leur presse (Assanatou Baldé, Afrik.com, 5 septembre 2012)


Persistance de l’esclavage en Mauritanie

Des ONG dénoncent la persistance de l’esclavage en Mauritanie — Les responsables de SOS Esclaves et de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) en Mauritanie ont dénoncé la persistance de l’esclavage dans le pays et « l’absence de volonté des autorités visant son éradication », au cours d’une conférence de presse organisée jeudi dans le cadre de la célébration, le 23 août, de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition.

Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, a vivement condamné l’attitude des autorités mauritaniennes « qui ont passé sous silence cette date importante, preuve de leur persistance dans la honteuse attitude de déni de l’esclavage ».

« Face à tant de mépris manifesté par les autorités vis-à-vis de toutes les victimes qui portent dans leur chair et leur âme les empreintes indélébiles des affres de l’esclavage mauritanien au fil des siècles, SOS Esclaves et IRA Mauritanie réaffirment leur solidarité et détermination à poursuivre le combat », souligne leur déclaration.

Les ONG antiesclavagistes ont par ailleurs relevé « qu’au lieu de commémorer les victimes de l’esclavage, les autorités mauritaniennes s’emploient à saborder les actions des antiesclavagistes et cherchent à les réduire au silence par tous les moyens ».

Une loi adoptée en 2007 criminalise la pratique de l’esclavage en Mauritanie. Toutefois, les ONG antiesclavagistes font régulièrement état de cas et dénoncent « l’impunité » dont bénéficient les présumés auteurs.

On rappelle que c’est dans la nuit du 22 au 23 août 1991 [sic], qu’une insurrection des esclaves a éclaté à Saint Domingue (actuels Haïti et République dominicaine), qui devait jouer un rôle déterminant dans l’abolition de la traite négrière transatlantique.

Leur presse (AfriqueJet.com, 23 août 2012)

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