[No Border Stockholm] Cinquième & sixième jours

No Border Stockholm : cinquième jour

Avait lieu ce jour une manifestation contre l’entreprise SAAB, compagnie de surveillance dont il est interdit de filmer les abords ou de prendre des photos du bâtiment qui abrite leurs activités sécuritaires. Tout le monde était donc invité à venir les filmer et les prendre en photos. Deux personnes, qui prenaient des photos d’une « zone interdite » ont été arrêtées, puis relâchées quelques heures plus tard à bonne distance dans des bois avoisinant Stockholm… C’est mieux que la garde-à-vue, mais c’est fatiguant, surtout quand les flics vous relâchent exprès juste après le dernier bus.

Trois personnes sont toujours enfermées dans la prison de Sollentuna. Toujours pour les mêmes motifs crées de toute pièce : « tentative de violence sur agent », « résistance violente », « émeute avec violence », « résistance à l’arrestation ». Elles sont en attente de leur présentation devant un juge pour connaître leur(s) chef(s) d’inculpation, ou de leur procès. Une personne a été présentée au tribunal en chaise roulante, tellement les flics l’avait tabassée. La personne arrêtée pour « tag » en début de semaine est toujours enfermée. Elle va devoir attendre la semaine prochaine pour être présentée au juge, puis sans doute subir encore un délai de quinze jours avant son procès. Cette sévérité est due au fait qu’elle n’est pas suédoise, et que les autorités ne veulent pas qu’elle s’enfuit…

Se tenait hier sur le camp un repas avec des gens du quartier, une trentaine d’habitant-es sont venu-es discuter, nous rencontrer, et passer la soirée sur le camp.


No Border Stockholm : sixième jour

Journée marquée principalement par une manifestation de soutien aux quatre personnes enfermées à la prison de Sollentuna, située juste à côté du tribunal (cela doit être pratique). Cela rappelle les centres de rétention à côté des aéroports, les tribunaux administratifs dans les centres de rétention… 80 personnes se mettent en route, prennent le métro, le train, sous les regards curieux des passants. À leur arrivée deux policiers « donnent » l’autorisation de rester manifester, tant que les gens restent calmes… Ce jour une samba accompagne la troupe qui s’est transmutée en black block en quelques secondes à la descente du train. Des caméras qui surveillent les abords du bâtiment sont tournées vers le ciel, des civils investissent « discrètement » les lieux. Ce jour lendemain du solstice d’été est férié en Suède. C’est donc pour certaines personnes un maigre plaisir que d’imaginer que les flics qui débarquent petit à petit ont été interrompus dans leur repos estival, et le coût supplémentaire que cela représentera pour l’État suédois. Des passants sont interpellés par cette agitation et demandent ce qui se passe. Des explications leur sont données sur le camp en cours, la répression, et les camarades enfermés. Une famille restera un temps afin de montrer à ses enfants comment se déroule une manifestation, parce que c’est important d’apprendre ce genre de choses. On entend quelqu’un crier : « Vous avez oublié le bazooka ! ». Dans ce quartier très populaire, des jeunes se mêlent aux activistes, d’autres suivent à distance. Le bâtiment est très moderne : aucun barreau, aucune barrière. Presque aucun mur non plus, car toutes les hauteurs sont vitrées. Pour peu on pourrait croire qu’il renferme des bureaux, certes sécurisés, mais pas des êtres humains. La manifestation tourne autour de la prison high tech, sans vraiment savoir si les prisonniers peuvent l’entendre. Finalement, une poignée d’individus masqués s’attaqueront au tapis de pelouse disposé en contrefort des murs. Un acte qui tient plus du défouloir que d’autre chose, mais il n’est pas question que cette manifestation puisse donner plus de prétextes ou de ressentiments aux autorités suédoises et leurs chiens vis-à-vis des activistes en attente de leur procès. Au bout d’une heure « à tourner en rond », le groupe s’engouffre entre deux tours HLM et s’en va d’où il est venu, laissant derrière lui le tableau un parterre défoncé. Encore une fois, peut-être la « presque nuit » pourra-t-elle être plus propice à plus de choses…

Feu à toutes les prisons !
Freedom for all !

Indymedia Lille, 23 juin 2012

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