[Vive l’Azawad libre !] « Peu importe la difficulté du combat, il ne s’arrêtera que le jour où l’Azawad sera un État libre, indépendant et démocratique, entre les mains de ses véritables enfants »

Azawad : Magdi Ag BOHADA, officier de l’État major du MNLA, rejette l’alliance avec Ansar Dine

Magdi Ag BOHADA, officier de l’État major et membre du bureau politique du MNLA exige l’annulation pure et simple de l’accord passé avec Ansar Dine et appelle le peuple de l’Azawad a poursuivre la lutte dans le sens de sa libération qui ne saurait s’accommoder des objectifs obscurantistes de Ansar Dine et de ses alliés.

Dans une déclaration parvenue à notre rédaction, Magdi Ag BOHADA, officier de l’État major et membre du bureau politique du MNLA exige l’annulation pure et simple de l’accord passé avec Ansar Dine et suspend son activité politique au sein du MNLA. Nous reproduisons sa déclaration dans son intégralité :

« Magdi Ag BOHADA,
Officier de l’État major du MNLA
Membre du Bureau Politique,
Chargé des relations spéciales MNLA au Nord de l’Afrique

Appel au peuple de l’Azawad

Consterné par le scandaleux accord que certains membres du MNLA se sont permis de passer avec l’organisation salafiste « Ansar Dine », je lance un appel solennel aux membres lucides du MNLA, à la jeunesse, aux femmes et aux sages de l’Azawad afin de déjouer le piège tendu par Ansar Dine au valeureux peuple de l’Azawad dans l’objectif de lui voler à jamais sa liberté.

En tant que combattant, puis en tant que leader politique et militaire de l’Azawad, cela fait des décennies que je me bat pour l’Azawad et rien que pour l’Azawad. C’est une mission à laquelle jamais je ne renoncerai, encore moins aujourd’hui que des hordes d’intégristes projettent de l’asservir après tant d’années de lutte et de sacrifices.

Je demande au MNLA de se ressaisir le plus rapidement et exige l’annulation pure et simple de cette alliance contre-nature, contraire aux valeurs et aux aspirations légitimes du peuple de l’Azawad.

En attendant, je suspend toute activité politique au sein du MNLA et appelle l’ensemble des militants, des combattants, des cadres, des femmes et de la jeunesse de l’Azawad à se joindre à mon appel pour continuer le combat pour la liberté de l’Azawad dans le cadre de ses valeurs ancestrales, à l’opposé des idéologies obscurantistes prônées par Ansar Dine et ses alliés.

Peu importe la difficulté du combat, il ne s’arrêtera que le jour où l’Azawad sera un État libre, indépendant et démocratique, entre les mains de ses véritables enfants.

Magdi Ag BOHADA« 

Par ailleurs, Nina Walet Intalou, également membre de la direction du MNLA, a déclaré dans un article publié dans l’agence de presse touarègue Toumast presse « Je rejette catégoriquement cet accord car éviter une guerre tribale et fratricide dans l’Azawad ne doit pas être synonyme de l’acceptation d’un diktat imposé par des groupes obscurantistes. La recherche de l’unité Azawadienne ne doit pas nous conduire au plus profond du précipice. »

SIWEL agence kabyle d’information, 31 mai 2012


Pour un État démocratique dans l’Azawad

Le Congrès Mondial Amazigh (CMA), Organisation internationale de défense des droits du peuple Amazigh (Berbère), a toujours été du côté du peuple Touareg, marginalisé, chassé de ses territoires traditionnels, spolié de ses ressources naturelles, violemment réprimé et abandonné de tous.

C’est pourquoi lorsque le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) a été créé et a porté la revendication de l’autodétermination de l’Azawad en vue de fonder un État indépendant démocratique et laïque, le Congrès Mondial Amazigh l’a immédiatement reconnu et soutenu. Dans un communiqué daté du 7/04/2012, le CMA déclarait qu’il « assure l’État indépendant de l’Azawad de son total soutien (…) tant qu’il adoptera la démocratie, la laïcité, le respect des droits humains et des libertés fondamentales ».

Depuis, le CMA a entrepris plusieurs initiatives dans le but de faire connaitre le projet politique du MNLA et de lui trouver des soutiens notamment au niveau international. La position du CMA s’explique tout simplement par le fait que le projet du MNLA est justifié, légitime et légal eu égard au droit international et respectueux des principes démocratiques et des droits humains tels qu’ils sont universellement admis.

Le 26 mai 2012, les dépêches de la presse internationale nous apprennent que le MNLA aurait signé un protocole d’accord avec le groupe islamiste Ansar-Eddine en vue de l’instauration d’un « État islamique » dans l’Azawad. S’il était confirmé, cet accord constituerait un reniement total du projet initial porté par le MNLA et créerait une nouvelle perspective que nous pensons désastreuse pour l’Azawad. Le projet islamiste qui comporte l’application de la Chari’a islamique, est en effet à la fois rétrograde et incompatible avec la démocratie et le nécessaire respect des libertés fondamentales. Il constitue également une grave menace à la diversité culturelle et particulièrement à la culture plurimillénaire des Kel-Tamacheq (Touaregs). Musulmans depuis des siècles, les Touaregs ont toujours pratiqué leur religion librement et à leur manière. Qu’est-ce qu’un État « islamique » leur apporterait de plus sur ce plan ? De toutes façons, une question aussi fondamentale ne peut être tranchée sans la consultation du peuple, le moment venu.

Cela étant, le CMA n’ignore pas que cette concession faite à la mouvance islamiste n’est pas le résultat d’un libre choix mais s’inscrit dans un contexte exceptionnellement contraint pour le MNLA qui se trouve cerné de toutes parts par des forces hostiles et terriblement menaçantes : Al-Qaeda, l’Algérie, les États islamistes (Arabie-Saoudite, Qatar…) pourvoyeurs de l’islamisme international, l’État Malien et la Cedeao soutenus par la France et l’Union Européenne.

Au lieu d’ouvrir un dialogue serein et sincère avec le MNLA, les États de la région opposés à toute forme d’émancipation de l’Azawad, ont adopté la logique machiavélique consistant à favoriser l’introduction et le renforcement des Djihadistes internationaux (Al Qaeda, Mujao, Boko Haram…) afin de semer la discorde, voire la guerre entre les combattants Touaregs et de torpiller le projet indépendantiste du MNLA.

Parallèlement, suite aux révoltes populaires de l’année 2011, tout le nord de l’Afrique s’est soumis à la vague islamiste qui a porté des gouvernements religieux au pouvoir au grand désespoir des forces démocratiques et progressistes. Et le monde occidental dit libre et démocratique, s’est très bien accommodé de cette situation et porte même un grand respect à des États islamistes fondamentalistes uniquement parce que ces États sont riches en pétrodollars. La démocratie, les droits humains et les libertés fondamentales ne pèsent décidément rien devant les appétits économiques et les visées géostratégiques.

Face à autant d’hypocrisie et de fronts puissamment dotés, le MNLA résiste courageusement et cherche avant tout à épargner des vies humaines en évitant le piège de l’affrontement fratricide dans lequel on veut le faire tomber.

Tout en rejetant fermement toute idée de création d’un État « islamique » dans l’Azawad comme dans tous les pays de Tamazgha (nord de l’Afrique), le Congrès Mondial Amazigh réitère son soutien indéfectible au peuple Kel-Tamacheq (Touareg) et invite ses représentants à ne pas céder aux chantages et à rester fidèles à leurs valeurs et à leur culture ancestrale qui rejettent toute forme de terrorisme et d’extrémisme.

Le Congrès Mondial Amazigh renouvelle instamment son appel au monde libre, y compris ce qu’il compte de peuples et de sociétés civiles, à prêter main forte au Mouvement National de Libération de l’Azawad afin d’éliminer définitivement les organisations terroristes et ensuite à réunir dès que possible, les conditions du dialogue direct entre l’État Malien et les représentants du MNLA, comme l’a préconisé le Parlement Européen dans sa résolution du 19 avril dernier dans laquelle il appelait à « une solution par la voie des négociations ». Le temps et l’isolement politique du MNLA jouent en faveur du chaos et de la mouvance terroriste islamiste. Il est urgent d’agir dans l’intérêt de la paix et des peuples de cette région.

Paris, 18/05/2962 – 30/05/2012 Le Bureau du CMA

Temoust


Mali : le MNLA rejette la fusion avec Ansar Dine

C’est une information RFI : la fusion entre les rebelles touaregs du MNLA et les islamistes d’Ansar Dine n’est plus d’actualité. Dans un communiqué du bureau politique et du bureau exécutif, le MNLA rejette catégoriquement l’accord signé le 26 mai avec Ansar Dine à Gao. Le texte élaboré par les deux mouvements faisait mention d’un Etat islamiste de l’Azawad indépendant régi par la loi islamique. Le MNLA dénonce ce texte jugé trop radical, contraire à ses valeurs.

Depuis dimanche de nombreuses voix se sont élevées à Gao, Tombouctou, mais aussi dans les diasporas tamacheks pour dénoncer un accord jugé inacceptable. Selon des cadres du MNLA présents à Gao, ce texte est incompatible avec les valeurs du MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad : il y est question d’État islamique entièrement fondé sur le Coran, et sur la sunna.

Hamma Ag Mahmoud, membre du bureau politique du MNLA, s’en explique :

« Aujourd’hui, nous mettons fin totalement à cet accord. Ansar Dine veut absolument appliquer la charia, et nous nous sommes un mouvement laïque. Il n’a jamais été question de mouvement intégriste (…) Cette rupture peut coûter cher au MNLA. Mais nous sommes les seuls à pouvoir combattre les islamistes dans cette région. Nous savons le faire. »

Au MNLA, on se défend d’avoir cru à cet accord « en se rapprochant d’Ansar Dine, on voulait éviter à des jeunes de chez nous d’aller se perdre chez Aqmi, mais finalement», reconnaît ce cadre de Gao « nous avons été floués ».

Certains accusent l’intransigeance d’Ansar Dine sur la question de la charia mais accusent aussi des responsables du MNLA qui ont joué depuis le début, un double jeu vis-à-vis du groupe de Iyad Ag Ghali : ce rejet unilatéral va faire tomber les masques et clarifier les positions mais le MNLA joue gros.

Parmi les dirigeants, on ne cache pas l’inquiétude de voir partir des combattants vers Ansar Dine, plus riche et plus fort. Mais, on se dit prêt à prendre ce risque pour démontrer à la communauté internationale que le MNLA peut être un partenaire crédible pour lutter contre les terroristes d’Aqmi, Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Publié par des ennemis de l’Azawad (RFI, 1er juin 2012)

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