Petit mouvement à la prison angevine

Dimanche 26 juin dans l’après midi 54 détenus ont refusé de regagner leurs cellules après la promenade.

Vers 20 heures les ERIS sont intervenus (dans le calme selon les journaux). Les ERIS ce sont les brigades d’intervention, composées de matons masqués, qui se chargent de mater les révoltes dans les taules.

Les détenus réclamaient une baisse des prix des cantines, plus de 3 douches par semaine, ainsi que d’avoir accès plus facilement aux activités sportives et culturelles.

Si la direction a accepté d’élargir l’offre des cantines, elle dit ne rien pouvoir faire pour les autres réclamations, par contre punir ça elle peut. Le directeur fait comparaître actuellement 37 des détenus qui ont protesté devant le conseil de discipline, « ils doivent répondre de leur comportement, ils ont occasioné un trouble » (lu dans la presse locale). Pour l’instant selon un des avocats il n’y aurait « que » des peines de mitard avec sursis.

Les échos de cette révolte collective sont parvenus à sortir des murs. Hier soir (6 juillet) un feu d’artifice a été tiré du côté de l’aile ouest aux cris de « solidarité » et « nique la taule ».

Indymedia Nantes, 7 juillet 2011.

 

Angers – Prison : une trentaine de détenus devant le conseil de discipline

Suite à un mouvement d’humeur le dimanche 26 juin, une trentaine de détenus sur cinquante-quatre passe, depuis le début de la semaine, devant le conseil de discipline de la maison d’arrêt d’Angers.

Ce dimanche après-midi, de 16h à 20h, les cinquante-quatre détenus avaient refusé de rejoindre leurs cellules. « Ils manifestaient ainsi contre les prix des produits à cantiner, précise Me Julien Roux, avocat de plusieurs détenus. Contre aussi le manque de douches, seulement trois par semaine, et le fait d’attendre trop longtemps pour suivre une activité sportive ou culturelle. »

Les hommes de l’ERIS de Rennes, équipe régionale d’intervention et de sécurité chargée de la sécurité des prison, sont alors intervenus. Tous les détenus ont alors rejoint les cellules, sans incident.

Leur presse (Ouest-France), 6 juillet 2011.

 

Des détenus protestent contre les conditions de détention à la prison d’Angers

Une cinquantaine de détenus ont refusé de regagner leurs cellules, dimanche soir à la prison d’Angers.

Ils sont restés près de 4 heures dans la cour de l’établissement pour protester contre leurs conditions de détention.

Il n’y a eu ni blessé ni violence et ils ont rejoint dans le calme leur cellule à l’arrivée des services de sécurité.

Selon les deux avocats commis d’office pour les assister en conseil de discipline, Me Julien Roux et Me Gora Ngom, les premières sanctions se sont limitées à des peines de cellule disciplinaire avec sursis.

Leur presse (Courrier de l’Ouest), 6 juillet 2011.

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1 Response to Petit mouvement à la prison angevine

  1. solidarité says:

    [il faudra(it) aussi réclamer quelques explications aux sociaux flics zèlés du quotidien, payés pour gérer, contrôler et sanctionner nos vies : agents-es Pôle Emploi, employés-ées CAF, travailleurs sociaux, assistantes sociales, contrôleurs au SSRE…]

    Sur ceux-celles qui ont choisi d’être maton :

    Bruits de taule, à Varces (juin 2011)

    Maton-ne, tu vendrais ta mère pour un SMIC !

    Au début du mois de juin, le daubé nous informe qu’un détenu a tenté de s’échapper de la taule de Varces. Il aurait « profité d’un parloir pour s’intégrer à des visiteurs avant d’être rattrapé dans la cour d’honneur de la maison d’arrêt » daubé du 10/06/11

    Aussitôt, c’est l’alerte générale : la brigade cynophile (des keufs accompagnés de chiens) intervient pour une fouille de toutes les cellules, et la mère du détenu est embarquée par les gendarmes. C’est l’occasion de remettre un coup de pression à tout le monde, ce qui n’empêche pas que l’évènement suscite la sympathie générale ! Parce qu’on est toujours sympathisant-es des candidats-e à la belle, et que les personnes présentes au parloir à ce moment ont eu à cette occasion un parloir prolongé, et c’est toujours ça de pris ! Et aussi parce que de ce monde qui cherche à nous mettre au pas, nous voulons toujours nous échapper, et une personne qui tente de se faire la belle ouvre des possibles pour tous et toutes, ne serait-ce que de refuser la résignation.

    Depuis quelques semaines, les transferts par dizaines se multiplient dans cette taule. Du jour au lendemain, au bon vouloir de l’administration pénitentiaire, rien de bien nouveau sous ce ciel gris.

    Individuellement, les transferts éloignent les personnes de leurs proches, limitent les visites et donc le soutien (puisque c’est plus compliqué à organiser, et plus coûteux… frais liés aux trajets, parfois garde des enfants, éventuellement d’hébergement sur place), complexifient les démarches administratives, puisqu’on se trouve à distance du lieu où l’on a (à priori) le plus de repères (pour la sortie). C’est une forme de chantage et de pression exercée sur les détenu-es. A l’arrivée, il faut aussi attendre pour ses effets personnels, son courrier,.. se faire au nouveau règlement, aux nouveaux petits chefs… ou pas.

    Plus largement, les transferts sont une manière de casser les solidarités et dynamiques collectives, de rappeler à chacun-e que l’administration pénitentiaire peut le déplacer comme un pion, rappeler le pouvoir de l’institution, de l’État.

    Qu’il crève !

    Le transfert, c’est aussi celui « d’un mineur de 16 ans », « écroué à la maison d’arrêt de Chambéry », et qui aurait « agressé violemment un surveillant à la gorge », « avec un couteau » . Il a été ensuite transféré au quartier pour mineurs de Varces. daubé du 06/06/11

    Paraît qu’il a été accueilli par ceux en uniforme, qui ont voulu venger leur collègue.

    Paraît qu’il s’est fait défoncer par 6 matons, paraît qu’il est en train de croupir au mitard.

    On ne connait pas les circonstances de l’attaque de ce maton, mais on adresse tout notre soutien à celui qui lui a porté les coups. Parce que nous voyons dans ce geste une attaque contre l’autorité, et que nous voulons un monde sans pouvoir et sans prisons.

    Parce qu’être maton-ne et faire ce sale boulot, c’est choisir d’être un rouage de cette machine à enfermer les hommes et les femmes que la société juge indésirables. « Faire son métier », dans ce cas, même avec humanité, c’est dire « bonne soirée » en refermant à clé la porte d’une cellule de 10 mètres carrés, avec quelqu’un à l’intérieur… c’est dire « bon appétit » en tentant de faire avaler une bouillie infâme et remplie de calmants… c’est peut être même dire « désolé » après un tabassage pour indiscipline.

    Et les infirmièr-e,s les conseiller-es d’insertion et de probation, tout aimables qu’ils puissent être, font aussi partie de ce système de mort.

    Parce que si personne ne choisit d’aller croupir en taule, celles et ceux qui bossent pour l’administration pénitentiaire ont bien choisi leur place.

    Et on ne plaindra pas ceux qui se prennent des coups pour ça !

    Solidarité avec les détenu-es en révolte, les évasions et rebellions !

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