Aurore Martin : tentative d’arrestation échouée du fait de la forte mobilisation

Des policiers ont tenté d’approcher Aurore Martin qui se trouvait dans un appartement bayonnais. Ils ont dans un premier temps neutralisé la militante de Batasuna faisant l’objet d’un mandat d’arrêt européen pour ensuite la relâcher cédant ainsi à la pression des gens rassemblés autour d’elle. Les policiers sont repartis chercher des renforts. Aurore Martin et les manifestants en ont profité pour se rendre au petit Bayonne pour une conférence de presse improvisée. Ils ont ensuite été encerclés par les policiers. Passées 16 heures, les policiers ont quitté les lieux.

Le Journal du Pays Basque, 21 juin 2011.

 

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Cuisant échec d’une tentative d’arrestation de la militante Aurore Martin

Une tentative d’arrestation à Bayonne d’Aurore Martin, jeune militante devenue icône de l’indépendantisme au Pays basque français, s’est soldée mardi par un cuisant échec après l’intervention d’autres militants basques accourus à son secours en plein centre-ville.

Mais ce n’est que partie remise, a laissé entendre le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.

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La SDAT cagoulée en action ce 21 juin…

Aurore Martin, 32 ans, promise à un transfert en Espagne en vertu d’un mandat d’arrêt européen, se trouvait dans l’appartement de sa sœur à Bayonne lorsqu’une demi-douzaine de policiers cagoulés y ont fait irruption, selon le récit du porte-parole du Comité de défense des prisonniers basques Askatasuna, Anaïz Funosas, sur les lieux au moment des faits.

Alors que les policiers s’apprêtaient à conduire la jeune femme vers leurs fourgons, une empoignade les a opposés à quelques dizaines de militants qui sont parvenus, en pleine rue, à libérer la militante puis à l’escorter vers un bistrot du Petit Bayonne.

« J’ai refusé de me rendre alors ils ont défoncé la porte », a expliqué Aurore Martin à l’AFP, précisant avoir été descendue du troisième étage « par les mains et les pieds ». L’empoignade au rez-de-chaussée a été « assez violente », selon elle. Elle a eu une « éraflure » au bras, mais il n’y a pas eu de blessés, a-t-elle assuré.

Militants, élus de la région et sympathisants d’Aurore Martin ont alors convergé sur les lieux. Dans le même temps, le regroupement d’un important dispositif policier semblait annoncer une opération imminente pour récupérer la fugitive.

La tension du face-à-face entre police et sympathisants, auquel de nombreux journalistes ont assisté en pleine préparation de la fête de la musique, est brusquement retombée avec le départ des cars de police. Un responsable de la police a confirmé l’arrêt de l’opération, pour « trouble à l’ordre public ».

Aurore Martin fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis à son encontre le 13 octobre 2010 par un magistrat de Madrid en vue de poursuites pénales pour des « faits de participation à une organisation terroriste, et terrorisme », commis en Espagne de 2005 à 2008.

Militante du parti radical Batasuna, légal en France mais interdit en Espagne, elle se cachait depuis le 21 décembre pour échapper à l’exécution de ce mandat d’arrêt. Elle était réapparue le 18 juin devant une salle comble à Biarritz, sous les applaudissements d’un millier de personnes venues dénoncer l’utilisation « politique » de cette législation.

« Je ne suis pas dupe, je sais que la police va venir me livrer aux autorités espagnoles, cette justice qui utilise la torture », avait déclaré la militante dans un discours au cours duquel elle a clamé le slogan « gora Euskadi askatuta » (vive le Pays basque libre).

Un grand nombre de personnalités du monde politique et associatif, parmi lesquels le maire centriste de Biarritz, Didier Borotra, et les responsables des organisations de défense des droits de l’Homme ont ont signé un manifeste « Pour l’abrogation des législations d’exception en Europe ».

Une des signataires, Catherine Grèze, députée Vert européenne, a indiqué à l’AFP avoir eu « la chair de poule » en apprenant la tentative d’arrestation, dénonçant un usage « totalement anti-démocratique » du mandat d’arrêt européen.

Cette décision de justice « sera mise en œuvre », a prévenu de son côté le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, après l’échec de l’opération de Bayonne. « Cette dame est sous le coup d’un mandat d’arrêt européen. Il est du devoir de la police française de (le) mettre en œuvre », a-t-il déclaré en marge d’une visite à Maisons-Alfort (Val-de-Marne).

Leur presse (Le Nouvel Observateur), 21 juin 2011.

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