[Toulouse] Quand la ZAD débarque en ville

Quand la ZAD débarque en ville

Depuis plus d’un mois, le mouvement qui prend forme au Mirail est de l’avis de tous difficile à définir.

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« Leur proximité avec le mouvement Zadiste, pour Zone à Défendre, qui agrège des marginaux revendiqués, depuis le combat contre l’aéroport Notre-Dame-des Landes et celui de Sivens, s’est incarnée rapidement sur le campus du Mirail avec l’installation d’une ZIC, pour Zone d’Intervention Citoyenne ou Zone d’Information et de Conversation… Cabanes en bois, tentes, et slogans libertaires ont donné le ton, d’une « occupation » désordonnée assez éloignée des préoccupations de la majorité des étudiants. Le président de l’université, Jean-Michel Minovez, qui a été au contact des bloqueurs a constaté « l’hétérogénéité de ces groupes » aux motivations et aux revendications très fluctuantes. « Lors de leur irruption, hier matin, dans la salle du conseil d’administration, certains étaient cagoulés. Ils se présentent clairement en adversaires de la démocratie représentative, pour des modes d’organisation autogérées ». À la limite de la violence. » Publié par des larbins de la maison Poulaga (Gilles-R. Souillés, LaDepeche.fr, 10 décembre 2014)

Un mouvement contre la police suite à la mort de Rémi Fraisse ? Les différentes manifs, massives et déterminées qui ont lieu chaque semaine dans les rues de Toulouse en attestent.

Un mouvement étudiant contre l’austérité budgétaire ? La tenue d’AG de 1200 personnes décidant d’actions de jour en jour montre le lien avec les luttes des dernières années dans les facs.

Surtout, la ZAD est passée par là. D’emblée la grève qui se met en place s’est accompagnée d’une installation effective sur des lieux arrachés à leur normalité : construction de cabanes, occupation de salles de cours.

Comme pour attester de ce lien que l’on sent avec les occupations sur les lieux des grands projets, un chantier Vinci nous nargue à quelques mètres des lieux occupés. Un chantier Vinci qui reconstruit la fac, détruit les lieux qui ont historiquement fait de la fac du Mirail une fac de lutte, pour ériger à la place des bâtiments neufs plus facilement contrôlables. Pour ancrer cette transformation, ils tentent même de changer le nom de la fac. Le Mirail reste le Mirail !

Cette occupation prend de l’ampleur avec l’ouverture de nouvelles salles, où des personnes se retrouvent, dorment dans l’université. Différentes stratégies et manières d’envisager l’occupation se côtoient selon les lieux, et se retrouvent pour envisager ensemble la forme que peut prendre le mouvement. Une hétérogénéité des pratiques qui fait que ce mouvement est directement l’affirmation d’une autre manière de s’organiser, d’une autre manière de vivre. ZAD partout !

De la ZAD, nous prenons la détermination à rester quoi qu’il arrive, à tenir ensemble des lieux que nous avons détournés et auxquels nous tenons maintenant pour ce qui s’y passe.

Des mouvements étudiants, nous savons comment les blocages permettent une grève effective et libèrent des espaces pour donner de l’ampleur au mouvement.

Cette hybridation fait peur.

Que les barricades soient faites de troncs d’arbres, de barrières de chantiers, ou de tables et de chaises, la réaction est la même partout. L’occupation du Mirail est expulsable, les flics peuvent venir nous déloger dès aujourd’hui.

Nous appelons chacun à venir rejoindre cette occupation, parce que comme dans n’importe quelle ZAD, ce sont les réactions de partout qui ont permis des victoires effectives sur le terrain.

Le Mirail a aujourd’hui voté en AG de lutte le blocage de la fac pour toute la semaine, jusqu’à la prochaine AG de mardi. Il va permettre à tous de pouvoir se mobiliser, de tenir un rapport de force et de s’organiser pour tenir cette occupation.

Nous appelons chaque université à rejoindre ce mouvement et à porter une solidarité en acte avec le Mirail.

Reçu le 9 décembre 2014

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