[In memoriam Rémi Fraisse] Les journalistes travaillent à Athènes

Occupation de l’Agence France Presse d’Athènes. Pour Rémi Fraisse, assassiné par l’État français

Une cinquantaine de personne ont occupé ce soir les bureaux de l’Agence France Presse d’Athènes comme une minime réponse à l’assassinat de Rémi Fraisse par l’État français.

La responsable de l’A.P.F., fidèle à son métier de  journaliste, a fait tout ce qu’elle pouvait pour empêcher la diffusion de l’intervention. Comme une vrai fille de Voltaire, elle était d’accord avec ce qu’on disait, mais elle a défendu le droit de l’État français de se taire et de faire taire.

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Ci-dessous, le texte de l’intervention et quelques photos. Sur la banderole est écrit « Rémi Fraisse, l’État français assassine. La solidarité internationale est notre arme ».

La matinée du dimanche 26 octobre, Rémi Fraisse est assassiné par les flics — avec une grenade offensive — pendant une manifestation de 7000 personnes contre le recommencement des travaux pour la construction d’un barrage au long de la forêt de Sivens, dans le sud-ouest de la France. Les jours qui suivent l’assasinat des manifestations et des rassemblements  sont appelés partout en France. Même si la répression est brutale, avec des gardes à vue préventives, des flash-ball et des arrestations, sur plusieurs villes des affrontements sauvages éclatent. Les médias français essayent d’étouffer l’affaire comme ils peuvent.

La construction du barrage dans la forêt de Sivens, un projet qui remonte au lointain 1978, a pour but la création d’un réservoir de 1.500.000 mètres cubes d’eau, qui serviront à l’irrigation de vingt grandes unités de monoculture de maïs. Pour la réalisation du projet une grande partie de la forêt doit être coupée, tandis que la zone humide du Testet (une de dernières de France) avec sa rare biodiversité va évidement être détruite.

Depuis 2011 des collectifs, des habitants et des organisations écologistes de la région se battent contre la destruction de l’environnement et de leurs vies, notamment avec l’occupation de la partie de la forêt destinée à la construction du barrage. En septembre 2014, après des affrontements avec la police, les occupant.e.s de la forêt sont expulsé.e.s et la destruction de la forêt commence. L’appel à la manifestation pendant laquelle est assassiné Rémi Fraisse avait comme but la réoccupation de l’endroit et le blocage des travaux, prévus  pour le 27 octobre. Après l’assassinat le chantier a été suspendu.

Des projets comme celui de la construction du barrage dans la forêt de Sivens dans le Tarn, de la construction du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes et de toute l’infrastructure qui va avec (port maritime/axes de circulation), de la construction de la voie ferrée à grande vitesse (TAV) à travers les Alpes en France et en Italie, de la création de la plus grande mine à ciel ouvert pour l’extraction de l’or à Rosia Montana en Roumanie, la destruction de milliers d’hectares d’une forêt ancestrale pour la création d’une mine d’or à ciel ouvert à Halkidiki, au nord de la Grèce, sont des parties qui composent le puzzle d’un large effort pour sauver l’économie capitaliste. Un effort qui est basé sur le pillage des ressources naturelles et humaines, mais qui trouve et continuera à trouver face à lui des résistances sociales.

Dans les circonstances actuelles de la restructuration capitaliste les limites de la croissance se transforment en “une croissance” des limites, pas seulement par rapport à l’intervention dans la nature mais aussi par rapport à la répression contre tout.e.s ceux/celles qui choisissent de résister. Avec des perquisitions, des emprisonnements et une répression permanente qui va jusqu’à l’assassinat. La lutte de tout.e.s ceux/celles qui choisissent de résister à ces conditions fait partie de la lutte globale pour la défense de la terre et la liberté. C’est une lutte commune avec la nôtre. De la France jusqu’en Grèce, transformons les foyers de résistance en signal de révolte pour les opprimé.e.s de la terre entière.

La solidarité est notre arme

Anarchistes/Solidaires
Indymedia Nantes, 11 novembre 2014

 

Athènes : intrusion d’anarchistes à l’AFP au nom de Rémi Fraisse

Une quinzaine de personnes se réclamant de la mouvance anarchiste ont envahi les locaux de l’Agence Française de Presse (AFP) à Athènes. Les intrus ont exigé l’envoi depuis l’agence d’un texte sur la mort de Rémi Fraisse, le jeune écologiste tué sur le site de construction d’un barrage en France. Ils n’ont pas obtenu gain de cause.

Une quinzaine de personnes se réclamant de la mouvance anarchiste grecque ont fait irruption dans les bureaux de l’AFP à Athènes mardi après-midi. Ils ont exigé l’envoi depuis l’agence d’un texte sur la mort de Rémi Fraisse, un jeune écologiste tué sur le site de construction d’un barrage controversé dans le sud-ouest de la France.

Arrivés par groupes de quatre ou cinq, ils ont imposé leur présence pendant trente à quarante minutes dans les locaux de l’agence après avoir sonné à la porte.

Ils réclamaient d’envoyer depuis les ordinateurs et le mail de l’AFP un message en français pour déplorer les conditions de la mort de Rémi Fraisse. Ce message devait être adressé à une dizaine de groupes de la mouvance anticapitaliste et anarchiste en France.

N’ayant pas obtenu gain de cause, les intrus ont fini par quitter les lieux en répandant des tracts dans le bureau. Le ton initialement courtois des échanges avec les deux journalistes présentes est devenu plus menaçant en fin de visite, un membre du groupe laissant entendre que ce refus aurait des conséquences.

Une bombe artisanale avait explosé en 2008 à l’entrée des bureaux de l’Agence France-Presse (AFP) à Athènes, sans faire de blessés, un attentat revendiqué par « la Conspiration des cellules de feu », une organisation anarchiste largement démantelée depuis.

Depuis la mort de Rémi Fraisse le 26 octobre, plusieurs manifestations, parfois émaillées de violences comme à Nantes et Toulouse samedi dernier, ont été organisées dans toute la France. Son décès, le premier dans une manifestation réprimée par la police en France métropolitaine depuis 1986, a provoqué un choc dans le pays et mis dans l’embarras le gouvernement socialiste au pouvoir.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (ATS via ArcInfo.ch, 12 novembre 2014)

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