[La révolution continue] Tu es Égyptien ou Ikhwan ?

Tu es Égyptien ou Ikhwan ?

Au Caire depuis quelques jours, la tension monte ; outre la fronde des Frères contre l’institution de l’Azhar et son vénérable Cheikh, le maintien du procureur général des Ikhwans à son poste en dépit du verdict du tribunal administratif qui l’a destitué, la situation économique se détériore de plus en plus.

À la pénurie du fuel s’est ajoutée l’augmentation du prix de la bonbonne de gaz qui est passée de 5 LE à 35 ; ce qui va se répercuter sur le prix de la nourriture essentielle du petit peuple, l’assiette de Kouchari et les sandwich de fèves et de Tamya. Les coupures d’électricité sont de plus en plus nombreuses, cela peut durer 4 heures par jour dans les quartiers riches et moyens pour atteindre 8 heures dans les quartiers informels. Le gouvernement nous annonce des coupures régulières de 4 heures et plus en été.

Samedi 6 avril, une grande manifestation est prévue pour fêter le premier appel à la grève générale lancé par le mouvement du 6 Avril en 2008, à Mahalla El Kobra une journée de grève est prévue.

Aujourd’hui j’étais dans un taxi, et j’ai remarqué que le chauffeur avait une barbe, je lui ai demandé s’il était Ikhwan, il m’a dit non je suis Égyptien. La détestation des Frères est générale ; même dans le villages les plus reculés d’après certains activistes. Ceux-ci, en plus des jeunes des partis commencent à focaliser leurs actions dans les provinces du sud, et touchent les populations locales en mobilisant leurs patrimoines artistiques. Il s’agit de ressusciter les traditions musicales et de chant basées sur l’improvisation et la participation du public sur fond de l’actualité politique et sociale. Cette nouvelle forme de résistance, de sensibilisation et de mobilisation par le chant populaire a eu un impact très positif à Assouan. Elle se reproduira dans d’autres gouvernorats tels que Luxor et Qena, très touchées par le chômage à cause de la disparition du tourisme. Les jeunes activistes collaborent de plus en plus avec la jeunesse des partis politiques et inventent plein de formes de sensibilisation et de résistance adaptés aux contextes locaux, ce qui commence à inquiéter les Frères ; qui, après avoir perdu leur crédibilité commencent à perdre la tête. Aujourd’hui, des inconnus ont mis le feu dans le tribunal du sud du Caire, on y voit les doigts des Ikhwans, tant les dossiers en cours de traitement dans cet organisme les accablaient.

La révolution continue.

Galila El Kadi – mailing, 4 avril 2013

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